Лист за преговор: Histoire et évolution des solidarités

📋 Plan du Cours

  1. Origines anciennes de la solidarité
  2. Solidarité dans le droit romain
  3. Solidarité religieuse et juridique
  4. Développement du solidarisme français
  5. État-Providence après 1945
  6. Transformation des solidarités
  7. Crise de l’État-providence
  8. Mondialisation et déclin des solidarités
  9. Nouvelles formes de solidarités
  10. Repli national et régionalisme
  11. Solidarités numériques et globales
  12. Crise et résilience des solidarités

📖 1. Origines anciennes de la solidarité

🔑 Notions clés & Définitions

maât : Principe de justice et d’équilibre dans l’Égypte ancienne, qui incarne la pratique de la solidarité par la recherche de l’harmonie sociale et la justice collective.

évergétisme : Comportement de dons et de bienfaits réalisés par des particuliers riches, notamment dans l’Antiquité, pour embellir la cité, assurer des divertissements ou distribuer des ressources, en réponse à un devoir moral ou social.

trépanation préhistorique : Intervention chirurgicale ancienne consistant à percer le crâne, attestant de soins, de solidarité et de compassion envers les personnes souffrantes ou handicapées, pratiquée il y a environ 31 000 ans.

solidarités villageoises : Formes de liens sociaux très locales qui se développent au Moyen Âge autour de la famille, de la paroisse et du village, par des pratiques communautaires, des institutions locales, et des usages communs, visant à renforcer la cohésion face aux défis extérieurs et internes.

archéologie du handicap : Discipline qui étudie les traces archéologiques de personnes ayant subi des opérations comme la trépanation ou des blessures cicatrisées, révélant la pratique ancienne de soins, d’assistance et de solidarité envers les faibles ou les malades.

📝 Points essentiels

La solidarité est une constante dans l’histoire humaine, attestée dès la préhistoire par des pratiques de protection et d’assistance aux plus faibles. Chez les Néandertaliens, par exemple, la présence de squelettes avec des blessures cicatrisées ou des handicaps lourds montre que ces individus n’ont pas été éliminés d’office, mais ont été pris en charge, témoignant d’un souci de care ancien. La découverte de traces d’amputation datant de 31 000 ans sur l’île de Bornéo, ainsi que la pratique de trépanation, renforcent cette idée que soin, solidarité et compassion existaient déjà à cette époque, souvent au sein d’un cercle restreint, celui de la famille ou du groupe immédiat.

Au Moyen Âge, la vie villageoise en France révèle des solidarités très locales, structurées autour de la famille, de la paroisse et du village. La famille constitue le premier cercle de solidarité, avec la cellule conjugale comme norme. La paroisse, par ses pratiques de dévotion et ses institutions charitables (hôpitaux, léproseries), joue un rôle central dans l’aide aux plus démunis, sous l’autorité du curé. Les solidarités villageoises se manifestent aussi par des usages communs, comme la gestion collective des ressources (moulins, fours, terrains communaux) et par des actions communautaires pour la défense, la justice ou la gestion des relations avec le seigneur. Ces pratiques renforcent le sentiment d’appartenance et d’identité commune, tout en opposant souvent cette communauté à l’extérieur, à la différence ou à la méfiance.

L’évergétisme, pratique de dons par des notables, illustre une forme ancienne de solidarité encadrée par la morale et la loi. Dans l’Antiquité grecque et romaine, il devient une obligation morale, puis légale, pour les riches, qui doivent contribuer à l’aménagement de la cité, à l’organisation de divertissements ou à la distribution de ressources. Ces actes, souvent récompensés par des honneurs ou des privilèges, ont aussi une visée politique, permettant aux élites de renforcer leur prestige et leur influence.

La religion a également joué un rôle fondamental dans la structuration de la solidarité, notamment par la pratique de la charité. Dans le judaïsme, la justice et la charité sont liées, tandis que dans le christianisme, la charité est une vertu théologale essentielle, incarnée par l’amour du prochain. La parabole du bon Samaritain illustre cette solidarité active, où la compassion et l’aide concrète (soins, hébergement, dépense d’argent) sont privilégiées. La charité, souvent exercée par les Églises, s’adresse aux pauvres, aux malades, aux étrangers, et constitue une réponse morale et religieuse à la souffrance collective.

La philanthropie, apparue à la fin du XVIIIe siècle, se distingue par une démarche plus organisée, souvent laïque et humaniste, visant à atténuer la pauvreté et à promouvoir le progrès social. Elle privilégie l’altruisme, mais dans une optique parfois intéressée, où les grands capitalistes, comme Andrew Carnegie, voient dans la philanthropie un investissement social et une manière d’améliorer leur image. La philanthropie moderne se veut également une gestion stratégique des ressources, avec une visée non confessionnelle, souvent associée à des œuvres de mécénat ou à des actions humanitaires.

L’émergence de la solidarité comme idée politique résulte de la nécessité de penser le lien social dans un contexte de mutation après la Révolution. La société devient plus individualiste, mais la question du maintien du lien social se pose avec acuité. La métaphore du corps, notamment dans la tradition judéo-chrétienne et chez Saint-Simon, illustre cette volonté de voir la société comme un organisme vivant, où chaque membre doit jouer un rôle pour assurer l’harmonie collective. La solidarité devient alors un principe fondamental pour renforcer la cohésion, dépasser l’individualisme et organiser la responsabilité collective.

Les premiers socialistes, comme Pierre Leroux ou Hippolyte Renaud, théorisent la solidarité comme un principe fondamental de l’organisation sociale, visant à remplacer la charité religieuse par une solidarité humaine universelle. Chez Fourier, cette idée se traduit par la conception du phalanstère, une communauté coopérative où la solidarité est intégrée dans la vie quotidienne, à travers la mutualisation des ressources, la coopération et le partage. La solidarité y devient un principe d’organisation sociale, visant à éliminer l’individualisme et à promouvoir l’égalité dans un cadre coopératif.

Enfin, la solidarité soulève aussi des ambiguïtés et des débats. Certains la voient comme une force naturelle, inscrite dans l’ordre divin ou naturel, tandis que d’autres dénoncent ses instrumentalisation ou ses limites. La question de l’échelle de la solidarité, de sa conscience volontaire ou de son extension mondiale, reste ouverte. La solidarité peut aussi se heurter à des enjeux territoriaux, culturels ou politiques, et sa mise en œuvre dépend souvent de la volonté collective ou des choix politiques.

💡 À retenir

La solidarité, présente depuis la préhistoire, s’est manifestée à travers des actes de protection, de soins et d’entraide, puis s’est structurée au fil des siècles autour de pratiques communautaires, religieuses et politiques, illustrant une nécessité fondamentale de lien social pour la survie et la cohésion collective.

📖 2. Solidarité dans le droit romain

🔑 Notions clés & Définitions

Solidarité active : relation juridique où plusieurs personnes ont une obligation ou une créance commune, de telle sorte que chaque membre peut être tenu responsable de la totalité de l’obligation ou peut réclamer la totalité de la créance. Elle implique une responsabilité collective permettant d’assurer l’exécution complète de l’obligation ou la satisfaction intégrale de la créance.

Solidarité passive : situation où plusieurs personnes sont débitrices d’une même obligation, et où chacune peut être poursuivie pour la totalité de cette obligation, garantissant ainsi la réalisation de l’engagement.

In solidum : expression latine désignant la responsabilité ou l’obligation qui peut être exigée en totalité de chacun des membres d’un groupe solidaire. Elle indique que chaque débiteur ou créancier peut être tenu responsable ou peut réclamer la totalité de l’obligation, indépendamment des autres.

Obligation solidaire : engagement juridique dans lequel plusieurs personnes sont responsables ensemble d’une même dette ou d’une même obligation, permettant à chaque créancier de demander la totalité de la somme due ou à chaque débiteur d’être tenu responsable de l’intégralité de la dette.

Solidarité juridique : principe selon lequel chaque membre d’un groupe peut être tenu responsable de la totalité de l’obligation, ou peut réclamer la totalité de la créance, garantissant ainsi l’exécution complète de l’obligation ou la satisfaction intégrale de la créance. Elle repose sur une technique juridique héritée du droit romain, qui organise la responsabilité collective ou la dette mutuelle entre plusieurs parties.

📝 Points essentiels

Le terme solidarité trouve ses racines dans le droit romain, où il désignait une technique juridique permettant de régler les obligations entre plusieurs créanciers ou débiteurs. Cette origine conceptuelle établit que la solidarité est une relation juridique qui garantit la responsabilité collective, assurant la réalisation de l’obligation ou la satisfaction de la créance dans le cadre d’un groupe d’individus liés par une obligation commune.

La solidarité juridique implique que chaque membre d’un groupe peut être tenu responsable de la totalité de l’obligation, ou peut réclamer la totalité de la créance. Cela signifie que, dans le cas d’une obligation solidaire, le créancier peut demander le paiement intégral à n’importe lequel des débiteurs, et chaque débiteur peut être poursuivi pour la totalité de la dette. De même, si plusieurs créanciers détiennent une créance solidaire, chacun peut demander la totalité de la somme due.

Ce principe garantit l’exécution complète de l’obligation, même si un ou plusieurs membres du groupe ne peuvent ou ne veulent pas payer. La responsabilité in solidum est la manifestation concrète de cette solidarité, permettant à chaque partie d’être responsable ou de réclamer la totalité, indépendamment des autres membres. La technique juridique de la solidarité assure ainsi une sécurité dans l’exécution des obligations, en permettant une responsabilité ou une action collective efficace.

💡 À retenir

La solidarité, héritée du droit romain, constitue une responsabilité collective permettant d’assurer la réalisation complète des obligations ou la satisfaction des créances, en garantissant que chaque membre peut être tenu responsable de la totalité ou peut réclamer la totalité, selon le rôle qu’il occupe dans le groupe.

📖 3. Solidarité religieuse et juridique

🔑 Notions clés & Définitions

Solidarité morale : Relation de dépendance entre individus ou groupes qui repose sur un devoir moral, un sentiment d’appartenance ou une reconnaissance mutuelle, sans nécessairement s’appuyer sur une base juridique ou contractuelle. Elle se manifeste par des comportements altruistes, des aides spontanées ou des engagements volontaires, souvent liés à des valeurs religieuses ou éthiques.

Solidarité chrétienne : Forme spécifique de solidarité morale qui trouve ses racines dans la doctrine chrétienne, valorisant l’entraide, la charité et le devoir d’aimer son prochain. Elle s’inscrit dans une tradition religieuse qui encourage l’aide aux plus démunis, souvent illustrée par des actes concrets d’assistance et de compassion, en particulier dans la Bible, notamment dans les actes des apôtres.

Actes des apôtres : Textes bibliques qui relatent les premières actions de solidarité chrétienne, notamment l’aide mutuelle entre communautés face à la famine. Ces actes illustrent la mise en pratique de la solidarité morale dans le contexte de la communauté chrétienne primitive, en insistant sur le partage, la fraternité et l’entraide.

Devoir moral envers autrui : Obligation éthique ou conscience individuelle qui pousse à agir pour le bien d’autrui, indépendamment de toute obligation légale ou contractuelle. Il s’agit d’un principe fondamental qui guide les comportements altruistes, souvent renforcé par des convictions religieuses ou morales, et qui peut se traduire par des actes d’aide, de soutien ou de reconnaissance.

Solidarité affective : Dimension de la solidarité basée sur les liens affectifs, l’attachement, la reconnaissance mutuelle et le sentiment d’appartenance. Elle se manifeste par des comportements d’entraide et de soutien qui découlent de relations personnelles ou familiales, mais aussi de sentiments d’appartenance à un groupe ou une communauté.

📝 Points essentiels

Les premiers actes de solidarité documentés dans la Bible illustrent une aide mutuelle entre communautés chrétiennes face à la famine, ce qui témoigne de l’importance de la solidarité dans la tradition religieuse. La solidarité dépasse ainsi le cadre juridique pour inclure un devoir moral et un sentiment d’appartenance, fondé sur l’identité et la reconnaissance mutuelle. Elle ne se limite pas à des obligations légales, mais s’inscrit dans une dimension éthique et affective, valorisée par les pratiques religieuses et les textes fondateurs. La solidarité morale, notamment chrétienne, s’appuie sur des principes de charité, de partage et d’entraide, qui se traduisent dans des actes concrets, comme ceux relatés dans les actes des apôtres, où l’aide aux démunis et la cohésion communautaire sont centrales. Elle constitue ainsi un fondement essentiel des pratiques religieuses, renforçant la cohésion sociale par des devoirs moraux et des sentiments d’appartenance, en dehors du cadre juridique strict. La solidarité affective, quant à elle, repose sur des liens personnels, familiaux ou communautaires, qui favorisent l’entraide spontanée et la reconnaissance mutuelle, renforçant la cohésion au sein des groupes ou des réseaux familiaux.

💡 À retenir

La solidarité, à la fois morale et affective, s’enracine dans des pratiques religieuses qui valorisent l’entraide et le devoir envers autrui, illustrant une dimension éthique et affective qui dépasse le seul cadre juridique pour renforcer la cohésion sociale.

📖 4. Développement du solidarisme français

🔑 Notions clés & Définitions

Solidarisme : courant idéologique et politique qui valorise la solidarité comme principe fondamental d’organisation sociale, notamment en France au 19e et 20e siècles, en s’appuyant sur la théorisation et l’institutionnalisation de cette notion. Il insiste sur le rôle de l’État dans la mise en place de mécanismes de solidarité pour réduire les inégalités et promouvoir l’intérêt général.

Sécurité sociale française : système de protection sociale instauré en 1945, visant à garantir une couverture universelle contre les risques sociaux (maladie, vieillesse, famille, accidents du travail). Elle constitue une réalisation majeure du solidarisme français, incarnant l’intervention de l’État pour assurer la solidarité entre toutes les générations et classes sociales.

Solidarité nationale : principe selon lequel la cohésion sociale repose sur un engagement collectif de tous les citoyens, notamment à travers des dispositifs publics comme la sécurité sociale. Elle reflète la volonté de l’État républicain de fédérer la société autour d’un principe d’entraide et de responsabilité partagée, en particulier dans le contexte de la république et de la révolution industrielle.

Révolution industrielle : transformation économique et sociale majeure qui, en France comme ailleurs, a favorisé la généralisation de la solidarité comme principe d’organisation sociale. Elle a entraîné une industrialisation rapide, des changements dans la structure du travail et des inégalités accrues, ce qui a nécessité la mise en place de mécanismes de solidarité pour faire face aux nouvelles problématiques sociales.

État républicain : forme d’État caractérisée par la souveraineté populaire, la laïcité, l’égalité devant la loi et la citoyenneté. La construction de l’État républicain en France a été un contexte favorable à la théorisation et à l’institutionnalisation de la solidarité, notamment avec la création de la sécurité sociale en 1945, comme principe structurant de l’organisation sociale moderne.

📝 Points essentiels

La France a théorisé et institutionnalisé la solidarité durant les 19e et 20e siècles, illustrant cette démarche par la création de la sécurité sociale en 1945, qui constitue une étape clé dans la mise en œuvre concrète du solidarisme. Ce processus s’inscrit dans un contexte économique et politique marqué par la révolution industrielle et l’avènement de la République. La révolution industrielle, en transformant profondément l’économie et la société, a favorisé la généralisation de la solidarité comme principe d’organisation sociale, en réponse aux inégalités croissantes et aux nouveaux risques sociaux. La mise en place de la sécurité sociale a été une réponse à ces enjeux, incarnant la volonté de l’État républicain de garantir une protection collective et de promouvoir la cohésion nationale. Par ailleurs, le contexte politique de la république a permis de légitimer cette conception de la solidarité comme un principe fondamental, structurant la société moderne française. La transformation de la solidarité en principe politique et social structurant s’est ainsi traduite par une intervention active de l’État, qui a voulu assurer une justice sociale et réduire les inégalités, tout en renforçant le lien entre les citoyens autour d’un intérêt commun.

💡 À retenir

Le solidarisme français illustre la transformation de la solidarité en un principe politique et social structurant, incarné par l’État-providence moderne, notamment à travers la création de la sécurité sociale en 1945, dans un contexte marqué par la révolution industrielle et l’affirmation de l’État républicain.

📖 5. État-Providence après 1945

🔑 Notions clés & Définitions

État-providence : système institutionnel dans lequel l’État intervient activement pour assurer la protection sociale de ses citoyens, notamment face aux risques sociaux, en organisant la solidarité nationale. Il repose sur la mise en place de mécanismes visant à réduire les inégalités et à garantir une sécurité collective.

Sécurité sociale : ensemble des dispositifs publics ou privés destinés à couvrir les risques sociaux tels que la maladie, la vieillesse, la famille, le chômage, la maternité, la invalidité, la dépendance, etc. Elle constitue une composante essentielle de l’État-providence, assurant une prise en charge collective des risques sociaux.

Solidarité nationale : principe selon lequel la société organise une répartition collective des ressources et des risques pour garantir la cohésion sociale. Elle implique que les citoyens contribuent selon leurs moyens pour soutenir ceux qui sont dans le besoin, assurant ainsi une cohésion entre les différentes classes sociales.

Protection sociale universelle : modèle de protection sociale visant à couvrir l’ensemble de la population sans distinction, en assurant une prise en charge collective et égalitaire des risques sociaux. Elle se fonde sur la solidarité à l’échelle nationale, garantissant un filet de sécurité pour tous les citoyens, indépendamment de leur situation individuelle ou de leur contribution spécifique.

📝 Points essentiels

Après 1945, l’État-providence français a instauré un système de protection sociale universelle fondé sur la solidarité nationale. Ce modèle vise à garantir la prise en charge collective des risques sociaux, assurant un filet de sécurité pour tous les citoyens. La mise en place de ce système s’inscrit dans une volonté de renforcer la cohésion sociale, en organisant une redistribution des ressources et des risques à l’échelle nationale. La solidarité nationale, principe central de cette organisation, permet de faire en sorte que chaque citoyen bénéficie d’un accès équitable aux prestations sociales, qu’il soit en situation de précarité ou non. La sécurité sociale, en tant que mécanisme clé, couvre une large gamme de risques, notamment la maladie, la vieillesse, la famille et le chômage, en assurant une prise en charge collective et solidaire. La protection sociale universelle, quant à elle, vise à étendre cette couverture à l’ensemble de la population, sans distinction, en se fondant sur la solidarité nationale. Ce système repose sur des mécanismes institutionnels tels que la fiscalité, les cotisations sociales, et la redistribution via des prestations sociales, afin de réduire les inégalités et de garantir un minimum vital à tous. Il constitue une réponse à la fois économique et morale à la nécessité de protéger les individus face aux aléas de la vie, en affirmant la valeur de la solidarité à l’échelle nationale.

💡 À retenir

L’État-providence après 1945 concrétise la solidarité à l’échelle nationale par des mécanismes institutionnels de protection sociale universelle, visant à garantir à chaque citoyen une sécurité collective face aux risques sociaux.

📖 6. Transformation des solidarités

🔑 Notions clés & Définitions

Solidarités multiples : formes variées de liens sociaux qui se sont développées pour répondre aux évolutions sociales, passant d’un modèle unique à une diversité de formes, notamment entre pairs (solidarité horizontale) et entre classes sociales (solidarité verticale).

Solidarité horizontale : relation de soutien et d’entraide entre individus ou groupes qui occupent une position équivalente dans la société, souvent caractérisée par des échanges entre pairs ou collègues, sans hiérarchie.

Solidarité verticale : relation de soutien entre des groupes ou individus situés à différents niveaux sociaux ou économiques, notamment entre classes sociales, où les plus favorisés peuvent soutenir ou aider les moins favorisés, ou inversement, dans une logique de redistribution ou de responsabilité sociale.

Individualisme : courant ou attitude qui privilégie la priorité à l’autonomie, à la liberté et à l’indépendance de l’individu, souvent perçu comme une force contraire à la solidarité, en remettant en cause les liens collectifs traditionnels.

📝 Points essentiels

La solidarité a connu une diversification significative, passant d’un modèle unique à des formes multiples, notamment par l’émergence de solidarités horizontales entre pairs et de solidarités verticales entre classes sociales. Ces évolutions reflètent les transformations sociales profondes, où la cohésion traditionnelle basée sur des liens communautaires ou familiaux s’est complexifiée pour s’adapter aux nouvelles configurations de la société. La solidarité horizontale favorise l’entraide entre individus ou groupes partageant une même position ou situation, comme les collègues ou les membres d’un même réseau. Elle permet de renforcer la cohésion dans des contextes où la solidarité verticale, souvent incarnée par l’État ou les institutions, se trouve fragilisée ou remise en question. La solidarité verticale, quant à elle, concerne les relations entre différentes classes sociales ou strates économiques, où la responsabilité de soutenir les plus faibles ou de réduire les inégalités repose souvent sur des dispositifs institutionnels ou des politiques publiques. Cependant, la montée de l’individualisme, qui valorise l’autonomie et la liberté personnelle, apparaît comme une force contraire à la solidarité, remettant en cause les liens sociaux traditionnels et la responsabilité collective. Ce repli sur soi ou cette priorité donnée à l’individu peut fragiliser la cohésion sociale, accentuant les inégalités et les divisions. La tension entre ces formes de solidarité et l’individualisme constitue un enjeu majeur dans l’évolution des sociétés contemporaines, où la nécessité de préserver des liens collectifs tout en respectant la liberté individuelle devient un défi constant.

💡 À retenir

Les solidarités évoluent en réponse aux transformations sociales, oscillant entre le renforcement des liens collectifs par la diversification des formes de solidarité (horizontale et verticale) et la montée de l’individualisme qui tend à fragiliser ces liens. Ces dynamiques reflètent la complexité des sociétés modernes, où la cohésion doit s’adapter aux nouveaux enjeux de justice, d’égalité et de liberté.

📖 7. Crise de l’État-providence

🔑 Notions clés & Définitions

Crise de l’État-providence : phénomène désignant la déstabilisation ou le déclin du modèle de protection sociale étatique, souvent lié à des pressions économiques, politiques ou sociales, qui remet en question la capacité de l’État à assurer ses missions de solidarité et de redistribution.

Ultra-libéralisme : courant économique et politique qui privilégie la réduction de l’intervention de l’État dans l’économie, favorise la dérégulation, la privatisation et la libre concurrence, et qui, depuis les années 1980, influence fortement la politique de réduction des dépenses sociales, contribuant ainsi à la crise de l’État-providence.

Démantèlement social : processus progressif par lequel les dispositifs de solidarité nationale, tels que les services publics, les allocations ou la protection sociale, sont remis en cause ou supprimés, entraînant une fragilisation du modèle social et une augmentation des inégalités.

Résistance sociale : ensemble des actions, mobilisations ou mouvements qui s’opposent aux politiques de réduction des dépenses sociales et au démantèlement de l’État-providence, visant à préserver ou à rétablir un modèle de solidarité nationale, malgré des pressions économiques et politiques croissantes.

📖 8. Mondialisation et déclin des solidarités

🔑 Notions clés & Définitions

Solidarité internationale : dimension collective qui dépasse les frontières nationales, visant à coordonner et à soutenir les efforts entre États, organisations ou populations pour faire face à des enjeux mondiaux, tout en étant fragilisée par la complexification des relations internationales.

Mondialisation : processus d’élargissement et d’intensification des échanges économiques, culturels, politiques et sociaux à l’échelle planétaire, qui modifie la configuration des solidarités en étendant leur portée mais en fragilisant les liens locaux et nationaux.

Mobilisation des ressources globales : action de rassembler, de répartir et d’utiliser des moyens financiers, humains ou matériels à l’échelle mondiale pour répondre aux catastrophes ou crises mondiales, impliquant souvent la coopération entre différents acteurs internationaux.

Catastrophes mondiales : événements exceptionnels affectant simultanément ou successivement plusieurs régions du monde, tels que des crises sanitaires, climatiques ou humanitaires, qui nécessitent une solidarité internationale renforcée pour leur gestion.

📝 Points essentiels

La mondialisation, en élargissant la portée des solidarités, complexifie leur organisation en multipliant les acteurs et les enjeux à l’échelle globale. Elle favorise la multiplication des appels à la solidarité internationale, notamment face aux catastrophes mondiales, qui mobilisent diverses ressources au-delà des frontières nationales. Cependant, cette extension de l’échelle de solidarité a pour conséquence de fragiliser les solidarités traditionnelles, qu’elles soient locales ou nationales. La globalisation remet en question la cohésion des liens sociaux à l’intérieur des États en diluant la proximité et l’unité qui caractérisaient autrefois ces solidarités. La diffusion des médias et des industries socio-culturelles contribue à cet affaiblissement en favorisant un divertissement qui peut détourner l’attention des enjeux de solidarité réelle. Par exemple, Guy Debord dans La société du spectacle (1967) analyse comment la société du divertissement entretient un oubli de la nécessité de solidarité, tout en diffusant paradoxalement des messages qui rappellent son importance, comme lors du téléthon. La crise de l’État providence, accentuée par les politiques néo-libérales depuis les années 1970, illustre cette fragilisation. La remise en cause du système de sécurité sociale, la réduction des politiques sociales et le désengagement de l’État ont conduit à une délégation de la solidarité à la société civile, notamment à travers la multiplication des associations et ONG. La triple crise de l’État providence — financière, d’efficacité et de légitimité — reflète cette évolution. La crise financière, liée à la montée du chômage et de l’inflation, a fragilisé le financement des systèmes de solidarité, tandis que leur efficacité à résorber le chômage de masse et à relancer la mobilité sociale s’est dégradée. La légitimité de l’intervention publique a été remise en question par la montée du paradigme néolibéral, qui prône un État minimal, renforçant la responsabilité individuelle et la responsabilisation des bénéficiaires. La question du coût de la solidarité, notamment en France où la dépense sociale représente une part importante du PIB, alimente le débat : certains considèrent cette dépense comme un poids excessif, alors que d’autres soulignent qu’un laisser-aller pourrait engendrer des coûts sociaux et économiques plus élevés, notamment en termes de justice et de cohésion. Par ailleurs, les politiques de solidarité tendent à demander davantage de contreparties aux bénéficiaires, ce qui peut renforcer la stigmatisation et la marginalisation, notamment des chômeurs ou des populations vulnérables. La réforme du RSA, par exemple, introduit des obligations d’activité et des sanctions, dans une logique d’incitation à l’emploi, mais soulève des questions sur la justice et l’efficacité de telles mesures. La décentralisation des politiques sociales, confiée aux départements, illustre aussi cette évolution, avec une territorialisation qui peut fragmenter la solidarité nationale et compliquer la mise en œuvre de politiques cohérentes à l’échelle du pays. Enfin, la montée du phénomène de sécession des élites, selon Jérôme Fourquet, témoigne d’un éloignement croissant entre les classes favorisées et le reste de la population, renforçant la fragmentation sociale et la défiance à l’égard des institutions. La mondialisation, en favorisant ces processus, contribue ainsi à un déclin des solidarités universelles, remplacées par des solidarités choisies, souvent privées ou communautaires, qui tendent à exclure une partie des populations vulnérables.

💡 À retenir

La mondialisation redéfinit les formes de solidarité en étendant leur échelle tout en fragilisant les liens traditionnels, ce qui entraîne une transformation des solidarités universelles en solidarités choisies, souvent plus inégalitaires et localisées.

📖 9. Nouvelles formes de solidarités

🔑 Notions clés & Définitions

Vente solidaire : Action concrète qui consiste à organiser une vente où les bénéfices sont reversés à une cause sociale ou environnementale, valorisant ainsi l’engagement volontaire et la participation active des individus pour soutenir une cause.

Tourisme solidaire : Forme de voyage qui privilégie l’engagement volontaire et la participation active des touristes envers des projets locaux, souvent dans des pays en développement, afin de favoriser un développement durable et une solidarité participative.

Bénévolat : Engagement volontaire et non rémunéré d’un individu dans une activité au service d’une cause sociale ou environnementale, exprimant une solidarité participative par l’action concrète et volontaire.

Solidarité participative : Modalité de solidarité qui valorise l’engagement volontaire et la participation active des individus dans des actions concrètes, renouvelant ainsi le lien social au-delà des cadres institutionnels traditionnels.

📝 Points essentiels

La solidarité contemporaine s’exprime aujourd’hui par des actions concrètes telles que les ventes solidaires, le tourisme solidaire et le bénévolat. Ces formes innovantes valorisent l’engagement volontaire et la participation active des individus, permettant de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels. Elles incarnent une nouvelle manière de faire société, en renouvelant le lien social au-delà des structures classiques, en privilégiant l’action directe et la participation citoyenne. Ces pratiques participatives favorisent une implication personnelle dans la résolution des problématiques sociales, renforçant ainsi la dimension collective et active de la solidarité. Elles traduisent également une volonté de dépasser les formes traditionnelles de solidarité, en intégrant des démarches plus accessibles, concrètes et souvent localisées, tout en étant souvent portées par des acteurs associatifs, citoyens ou locaux. En somme, ces formes de solidarité participative illustrent la capacité des citoyens à s’engager directement dans des actions concrètes pour le bien commun, renouvelant le lien social à l’échelle locale, nationale ou globale.

💡 À retenir

Les solidarités contemporaines se manifestent par des pratiques innovantes et participatives, qui renforcent le lien social en dépassant les cadres institutionnels traditionnels, à travers l’engagement volontaire et la participation active des individus.

📖 10. Repli national et régionalisme

🔑 Notions clés & Définitions

Repli national : mouvement de retrait ou de renforcement de l’attachement à l’identité nationale face aux transformations globales, qui se traduit par une volonté de préserver ou de renforcer la cohésion et la souveraineté nationales, souvent en réponse à une perception de menace extérieure ou d’érosion des valeurs nationales.

Régionalisme : attitude ou courant politique qui privilégie la valorisation, la défense ou le renforcement des spécificités, des intérêts ou des identités propres à une région ou un territoire particulier, souvent en opposition à une centralisation nationale ou à une mondialisation perçue comme déstabilisante.

Identité communautaire : ensemble des caractéristiques, valeurs, traditions, symboles, et sentiments d’appartenance qui unissent un groupe social ou ethnique, permettant à ses membres de se reconnaître mutuellement et de se différencier des autres groupes. Elle s’appuie sur des éléments culturels, linguistiques, religieux ou historiques, et peut se renforcer en période de crise ou de transformation.

Exclusion sociale : processus par lequel certains groupes ou individus sont marginalisés ou rejetés du tissu social, économique ou politique, souvent en raison de différences perçues (ethniques, sociales, économiques, culturelles), ce qui entraîne leur isolement, leur pauvreté ou leur incapacité à accéder aux droits et aux ressources fondamentales.

📝 Points essentiels

Face aux transformations globales, certains groupes se replient sur des identités nationales ou régionales renforcées. Ce phénomène de repli peut s’expliquer par une volonté de protéger ou de préserver une identité perçue comme menacée par la mondialisation, l’immigration ou l’ouverture économique. Le repli national se manifeste par un attachement accru à la souveraineté, à la culture et aux valeurs propres à la nation, souvent dans un contexte de crise ou de défiance envers les institutions internationales ou l’Union européenne. Par exemple, la valorisation de la souveraineté nationale dans certains discours politiques ou la mise en avant de symboles nationaux lors de crises identitaires illustrent cette tendance.

Le régionalisme, quant à lui, se traduit par une volonté de défendre ou de promouvoir les spécificités culturelles, linguistiques ou économiques d’une région. Il peut prendre la forme de revendications autonomistes ou fédéralistes, ou simplement d’un renforcement des identités locales face à une centralisation perçue comme déconnectée des réalités territoriales. Ce mouvement peut aussi s’accompagner d’une volonté de décentralisation ou de reconnaissance accrue des particularismes régionaux.

Ce repli identitaire, qu’il soit national ou régional, peut engendrer des exclusions sociales. En effet, la mise en avant d’une identité communautaire forte peut conduire à marginaliser ou stigmatiser ceux qui ne partagent pas ces mêmes caractéristiques ou valeurs. L’exclusion sociale résulte alors d’un processus de différenciation ou de rejet, qui fragilise la cohésion sociale à l’échelle locale ou nationale. Elle peut aussi alimenter des tensions ou des conflits, notamment lorsque ces revendications identitaires se confrontent à une conception universaliste ou à l’intégration dans un cadre plus large.

Ce phénomène de repli peut également contribuer à une fragmentation des solidarités, en privilégiant des solidarités de groupe plutôt que des solidarités d’ensemble. La solidarité communautaire se renforce au sein de groupes identitaires, mais peut se faire au détriment de la solidarité nationale ou transnationale. Ainsi, la montée du régionalisme ou du nationalisme peut fragiliser la cohésion sociale en accentuant les divisions et en renforçant les oppositions entre groupes.

💡 À retenir

Les dynamiques de repli identitaire, qu’elles soient nationales ou régionales, illustrent la tension entre la nécessité d’ouverture face aux enjeux globaux et la volonté de protection des spécificités communautaires. Ce phénomène peut renforcer les exclusions sociales et fragmenter les solidarités, tout en étant une réponse aux perceptions de menace ou de déclin des identités traditionnelles.

📖 11. Solidarités numériques et globales

🔑 Notions clés & Définitions

Solidarité numérique : Ensemble des formes de soutien, d’entraide ou de mobilisation qui se développent grâce aux technologies de l’information et de la communication, permettant la création de solidarités nouvelles, instantanées et globales. Elle repose sur l’utilisation des outils numériques, notamment les réseaux sociaux, pour organiser, diffuser ou amplifier des actions solidaires.

Réseaux sociaux solidaires : Plateformes ou espaces virtuels où se nouent des solidarités à travers des échanges, des campagnes ou des mobilisations collectives. Ces réseaux favorisent la diffusion rapide d’informations, la mobilisation immédiate et la coordination d’actions à l’échelle mondiale, permettant de soutenir des causes sociales, politiques ou humanitaires.

Globalisation des solidarités : Processus par lequel les liens de solidarité dépassent le cadre local ou national pour s’étendre à l’échelle mondiale. Elle permet la mobilisation rapide de ressources, de soutiens et d’actions à l’échelle planétaire, favorisant une solidarité transfrontalière face à des enjeux communs tels que les discriminations, les crises humanitaires ou environnementales.

Technologies de l’information : Ensemble des outils, logiciels, réseaux et dispositifs permettant la collecte, le traitement, la transmission et la diffusion de l’information. Leur développement a permis la naissance et l’expansion de la solidarité numérique, en facilitant la communication instantanée et la mobilisation globale.

📝 Points essentiels

Les technologies numériques favorisent l’émergence de solidarités nouvelles, instantanées et globales via les réseaux sociaux. Ces outils numériques ont transformé la manière dont les individus ou groupes peuvent se mobiliser, en permettant une communication immédiate et une organisation rapide d’actions collectives. Par exemple, la mobilisation lors des mouvements sociaux comme #NuitDebout ou la révolte des Gilets jaunes illustrent cette capacité à agir rapidement grâce aux réseaux sociaux, qui diffusent des images, des messages et des appels à la solidarité en temps réel.

La solidarité numérique permet également de mobiliser rapidement des ressources et des soutiens à l’échelle mondiale. Elle facilite la coordination d’actions humanitaires ou sociales, comme lors des printemps arabes, où les images et témoignages diffusés sur les réseaux sociaux ont permis de montrer la mobilisation populaire dans des pays où la censure était forte. Cette capacité à agir à distance et en temps réel contribue à une forme de solidarité globale, dépassant les frontières géographiques et institutionnelles.

Le développement des réseaux sociaux solidaires a ainsi bouleversé les modes traditionnels d’engagement social, en rendant la solidarité plus accessible, plus immédiate et plus étendue. La rapidité de la diffusion de l’information et la viralité des campagnes solidaires permettent de sensibiliser rapidement un large public, d’organiser des actions de soutien ou de collecte de fonds, ou encore de faire pression sur les acteurs politiques ou institutionnels. En somme, la révolution numérique offre une nouvelle dimension à la solidarité, en la rendant plus dynamique, plus collective et plus mondiale.

💡 À retenir

Le numérique révolutionne les solidarités en créant des liens globaux instantanés, permettant une mobilisation rapide et efficace à l’échelle mondiale. Cette transformation modifie profondément les modes d’engagement social, en favorisant une solidarité plus immédiate, plus large et plus connectée.

📖 12. Crise et résilience des solidarités

🔑 Notions clés & Définitions

Résilience sociale : Capacité des solidarités à faire face aux crises en se transformant et en se renouvelant, afin de préserver la cohésion sociale malgré les fragilités mises en lumière par ces crises.

Crise des solidarités : Période durant laquelle les mécanismes de solidarité traditionnels sont mis à rude épreuve ou apparaissent défaillants, révélant leur vulnérabilité face aux défis sociaux, économiques, politiques ou environnementaux contemporains.

Adaptation collective : Processus par lequel une société ou un groupe social modifie ses pratiques, ses institutions ou ses valeurs pour répondre efficacement aux crises des solidarités, en se réinventant face aux nouveaux enjeux.

Transformation sociale : Changement profond et durable dans les structures, les pratiques ou les valeurs de la société, permettant de renouveler ou de renforcer les solidarités afin de mieux répondre aux défis du présent et de l’avenir.

📝 Points essentiels

Les solidarités traversent des crises qui mettent en lumière leurs fragilités mais aussi leur capacité d’adaptation. La société contemporaine connaît une crise généralisée des solidarités, alimentée par des facteurs tels que la dégradation du rôle de l’État, la mondialisation, ou encore la montée du repli identitaire. Cependant, cette crise n’est pas uniquement une fin, mais aussi une étape vers une résilience qui repose sur la transformation et le renouvellement des formes de solidarité. La résilience des solidarités se manifeste par leur capacité à se réinventer face aux défis sociaux, notamment par l’émergence de nouvelles formes d’engagement, de solidarités à différentes échelles, ou par l’intégration de nouveaux enjeux comme la transition écologique ou la solidarité européenne. La capacité d’adaptation collective, en réponse à ces crises, constitue un processus dynamique, permettant à la société de maintenir un vivre ensemble cohérent et solidaire malgré les turbulences.

💡 À retenir

La solidarité est un processus dynamique, capable de se réinventer et de résister aux crises pour maintenir la cohésion sociale. Sa résilience repose sur sa capacité à se transformer face aux défis contemporains, assurant ainsi la pérennité du lien social dans un monde en mutation.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
Il y a environ 31 000 ansPratique de trépanation préhistorique attestée
Fin du XVIIIe siècleApparition de la philanthropie moderne

📊 Tableaux de Synthèse

Notions clés & DéfinitionsOrigines anciennes de la solidaritéSolidarité dans le droit romain
MaâtPrincipe de justice et d’équilibre dans l’Égypte ancienne
ÉvergétismeComportement de dons par des notables dans l’Antiquité grecque et romaine
Trépanation préhistoriqueIntervention chirurgicale attestée il y a 31 000 ans, témoignant de soins et solidarité
Solidarités villageoisesLiens locaux autour de la famille, paroisse, usages communs au Moyen Âge
Archéologie du handicapÉtude des traces archéologiques de soins anciens
Rôle religieuxLa charité dans judaïsme et christianisme, parabole du bon Samaritain
PhilanthropieApparue à la fin du XVIIIe siècle, démarche organisée et laïque
Organisation socialeLa société comme organisme vivant, responsabilité collective
Théories socialistesSolidarité comme principe d’organisation sociale (Leroux, Fourier)

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre solidarité religieuse (charité, parabole du bon Samaritain) et solidarité civile ou politique.
  2. Croire que la solidarité est uniquement volontaire ou consciente ; elle peut aussi être implicite ou institutionnelle.
  3. Confondre solidarité active (obligation ou responsabilité) et solidarité passive (poursuite pour la même obligation).
  4. Incompréhension entre solidarité naturelle (inscrite dans l’ordre divin ou naturel) et solidarité construite socialement.
  5. Assimiler toutes formes de solidarité à une seule origine ou à un seul cadre historique.
  6. Confusion entre solidarité individuelle (ex. évergétisme) et solidarité collective ou institutionnelle.
  7. Négliger l’évolution historique, notamment l’émergence de la philanthropie à partir du XVIIIe siècle.

✅ Checklist Examen

  1. Connaître la notion de maât dans l’Égypte ancienne et son rôle dans la justice sociale.
  2. Expliquer ce qu’est l’évergétisme dans l’Antiquité grecque et romaine.
  3. Identifier la pratique de trépanation préhistorique et son lien avec la solidarité.
  4. Décrire les solidarités villageoises au Moyen Âge en France.
  5. Comprendre le rôle de l’archéologie du handicap dans l’étude des pratiques anciennes.
  6. Expliquer comment la religion, notamment le judaïsme et le christianisme, a structuré la solidarité par la charité.
  7. Définir la philanthropie moderne et ses caractéristiques principales.
  8. Illustrer comment la société antique envisageait la solidarité comme un organisme vivant.
  9. Citer des théoriciens socialistes ayant théorisé la solidarité comme principe d’organisation sociale.
  10. Différencier solidarité active et solidarité passive dans le droit romain.
  11. Expliquer le concept d’"in solidum" en droit romain.
  12. Définir une obligation solidaire en droit romain.
  13. Identifier les enjeux liés à l’échelle et à la conscience volontaire dans le développement de la solidarité.
  14. Connaître les principales formes de solidarités anciennes : villageoises, religieuses, politiques.
  15. Comprendre comment la philanthropie s’inscrit dans une démarche non confessionnelle à partir du XVIIIe siècle.
  16. Savoir que la responsabilité collective est un principe central dans l’organisation sociale ancienne et moderne.

Fin de la checklist

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1. Quelle est la fonction principale des solidarités horizontales et verticales dans la société ?

2. Qu'est-ce que la crise de l’État-providence ?

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Maât — définition ?

Principe de justice et d’équilibre dans l’Égypte ancienne

Évergétisme — rôle ?

Dons de riches pour embellir la cité, en réponse à un devoir moral

Trépanation préhistorique — preuve de ?

Soins, solidarité et compassion envers les malades il y a 31 000 ans

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