Лист за преговор: Le langage, reflet et pouvoir social

📋 Plan du Cours

  1. Spécificité du langage humain
  2. Définition du langage au sens large et étroit
  3. Communication animale et signaux biologiques
  4. Signe linguistique et évocation en absence
  5. Arbitraire du signe et évolution de la langue
  6. Double articulation des langues naturelles
  7. Paroles performatives et efficacité du langage
  8. Pouvoir des mots externe et interne au langage
  9. Langage reflet des hiérarchies sociales
  10. Rhétorique des sophistes et domination par la parole
  11. Novlangue et contrôle politique des pensées
  12. Penser avec les mots selon Hegel

📖 1. Spécificité du langage humain

🔑 Notions clés & Définitions

  • Langage (sens large) : Le langage, au sens large, désigne tout système de signes permettant la communication.
  • Langage (sens étroit) : Le langage, au sens étroit, est une faculté humaine qui permet d’exprimer sa pensée à l’aide de signes.
  • Communication animale : La communication animale regroupe les signaux transmis par les êtres vivants pour échanger des informations utiles à la vie.
  • Vor K. V. Frisch : Vor K. V. Frisch est un chercheur cité pour avoir étudié la communication des abeilles.
  • Ferdinand de Saussure : Ferdinand de Saussure est présenté comme un fondateur de la linguistique ayant analysé la nature du signe linguistique.

📝 Points essentiels

  • Le langage sert à communiquer, mais sa spécificité dépasse l’échange quotidien d’informations.
  • Dans le sens large, communiquer suppose un émetteur, un récepteur et un code (ex. braille, morse, langue des signes).
  • Dans le sens étroit, l’humain exprime sa pensée grâce à des signes linguistiques comme la parole et l’écriture.
  • La communication animale est liée aux fonctions biologiques et vise notamment la conservation de l’espèce (présence, danger, nourriture).
  • Les signaux animaux peuvent être visuels, sonores, olfactifs ou chimiques (phéromones).
  • Les signaux du langage animal sont dits naturels/innés : l’animal les possède dès la naissance ou peu après (avec exceptions possibles chez certains oiseaux).

💡 Astuce mémo

Inné → Espèce → Peu d’évolution → Signaux limités (I-E-P-S)

📖 2. Définition du langage au sens large et étroit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Langage humain : Le langage humain désigne un système de signes permettant d’exprimer et d’évoquer du sens, pas seulement de réagir à des stimuli.
  • Signe linguistique : Le signe linguistique est l’unité formée par l’association d’un signifiant et d’un signifié.
  • Signifiant : Le signifiant est la face matérielle du signe, constituée par le son ou le mot écrit.
  • Signifié : Le signifié est la face immatérielle du signe, correspondant au sens ou à l’idée associée.
  • Arbitraire du signe linguistique : L’arbitraire du signe linguistique signifie que le lien entre signifiant et signifié n’a pas d’attache naturelle dans la réalité.

📝 Points essentiels

  • Saussure distingue la spécificité du signe linguistique par rapport aux autres systèmes de signes.
  • Le signe linguistique associe des éléments de natures différentes : une matérialité (son/écrit) et un sens (idée).
  • Le passage du signifiant au signifié repose sur une opération mentale : la compréhension du sens transforme des mots en signes.
  • La faculté symbolique permet de remplacer le mot par son sens et s’acquiert très tôt.
  • Le cas des enfants sauvages illustre qu’au-delà d’un certain âge, l’accès au signifié peut échouer malgré l’éducation.
  • Le langage permet d’évoquer une chose en son absence, contrairement à la communication animale liée à la réaction au stimulus.

💡 Astuce mémo

Signe = Son/Écrit (signifiant) + Sens (signifié) ; Arbitraire = pas de lien naturel.

📖 3. Communication animale et signaux biologiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Arbitraire du signe linguistique : L’arbitraire du signe linguistique désigne l’absence de lien naturel entre un mot et la chose qu’il désigne, ce qui rend le choix du signe non motivé par la nature.
  • Conventionnel : Le conventionnel renvoie à ce qui dépend d’accords ou d’usages partagés, même si la langue peut ensuite évoluer avec la pratique sociale.
  • Double articulation : La double articulation est un trait du langage humain où les messages se construisent d’unités significatives combinées entre elles, elles-mêmes composées d’unités non signifiantes.
  • Signifiant et signifié : Le signifiant et le signifié sont les deux faces d’une unité linguistique, l’une portant la forme et l’autre portant le contenu.
  • Fonctions du langage : Les fonctions du langage désignent les différents rôles que remplit la parole selon l’intention de l’émetteur et l’effet recherché sur l’interlocuteur ou le message.

📝 Points essentiels

  • Le signe linguistique est arbitraire : il n’existe aucune obligation naturelle d’appeler « pomme » ce qui est une pomme, et on pourrait dire autrement sans changer la réalité.
  • On ne peut pas modifier le sens d’un mot sans être incompris, car le sens dépend de l’usage partagé plutôt que du caprice individuel.
  • La langue évolue malgré l’arbitraire, car elle est une production sociale construite par les pratiques des locuteurs.
  • Première articulation : les unités significatives (morphèmes) combinées permettent de former un très grand nombre de messages.
  • Deuxième articulation : les phonèmes, en petit nombre (environ 20 à 50), permettent de construire des milliers d’unités significatives.
  • Jakobson décrit six fonctions du langage, et la grammaire indique le sens tandis que les fonctions révèlent l’intention du destinateur.

💡 Astuce mémo

Arbitre = pas de lien naturel ; Double = morphèmes + phonèmes ; Jakobson = 6 intentions.

📖 4. Signe linguistique et évocation en absence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Langage orné : Le langage orné est un usage du discours enrichi par des procédés stylistiques pour produire un effet sur le lecteur ou l’auditeur.
  • Fonction poétique : La fonction poétique met en avant la forme du message pour produire un effet esthétique, notamment dans les citations et certaines expressions.
  • Fonction métalinguistique : La fonction métalinguistique utilise le langage pour parler du langage, définir des mots et clarifier des ambiguïtés ou jeux de mots.
  • Signe linguistique : Le signe linguistique unit un concept abstrait et une image acoustique, sans lien direct imposé par la nature des choses.
  • Énoncé performatif : L’énoncé performatif est une parole qui accomplit l’action qu’elle énonce, plutôt que de décrire un état du monde.

📝 Points essentiels

  • Le langage peut être embelli par des figures de style, ce qui correspond à un registre « orné, fleuri ».
  • La fonction poétique est repérable quand la forme du message sert l’effet produit, par exemple dans des citations.
  • La fonction métalinguistique sert à définir les mots, lever des ambiguïtés et commenter des jeux de mots intentionnels.
  • La fonction métalinguistique intervient aussi quand on traduit ou reformule des mots étrangers pour donner un sens particulier ou insister sur un élément.
  • La langue ne relie pas directement mots et choses : elle découpe le réel au moyen de signes.
  • Chaque signe associe un signifié (concept) et un signifiant (sensation acoustique).

💡 Astuce mémo

Poétique = « forme qui brille » ; Métalinguistique = « je parle du mot » ; Signe = signifié + signifiant.

📖 5. Arbitraire du signe et évolution de la langue

🔑 Notions clés & Définitions

  • Niveaux de langue : Les niveaux de langue sont des registres de parole (familier, courant, soutenu) qui influencent la manière dont un discours est perçu.
  • Catégorisation par la façon de parler : La catégorisation par la façon de parler est le classement social immédiat d’une personne à partir de son registre et de ses mots.
  • Autorité des experts : L’autorité des experts est la reconnaissance sociale accordée aux scientifiques et spécialistes, qui renforce la valeur perçue de leurs paroles.
  • Inégalités d’accès à la parole : Les inégalités d’accès à la parole désignent une distribution sociale inégale du droit de s’exprimer selon le sexe, le statut et le niveau socio-culturel.
  • Bâton de parole : Le bâton de parole est un dispositif rituel qui règle la prise de parole en conseil, en donnant la parole à celui qui le tient.

📝 Points essentiels

  • Les niveaux de langue (familier, courant, soutenu) servent de repères et déclenchent souvent une valorisation ou une dévalorisation du locuteur.
  • La manière de parler entraîne un jugement implicite qui varie selon les milieux sociaux et peut pénaliser un discours jugé trop « technocratique » dans un milieu populaire.
  • La valeur accordée à la parole dépend de l’autorité perçue du locuteur, notamment quand il s’agit d’experts et de scientifiques.
  • Les hiérarchies sociales attribuent une autorité différente aux personnes, ce qui se traduit par une inégalité d’accès à la parole.
  • Les expressions « prendre la parole » et « donner la parole » montrent que la parole fonctionne comme un « bien » disputé avec des enjeux politiques.
  • Le bâton de parole, dans des conseils nord-amérindiens, limite la parole à celui qui le tient afin d’assurer l’écoute de tous, y compris des membres qui hésitent à parler.

💡 Astuce mémo

Registre + statut = valeur : plus le locuteur est « autorisé », plus sa parole pèse.

📖 6. Double articulation des langues naturelles

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rhétorique : La rhétorique est l’art de produire des discours capables de persuader et d’agir sur les auditeurs.
  • Sophistes : Les sophistes sont des penseurs antiques qui valorisent la maîtrise du discours et de la persuasion.
  • Gorgias : Gorgias est un sophiste présenté comme un représentant majeur de la puissance du langage.
  • Cicéron : Cicéron est l’auteur qui, à la suite d’Aristote, expose des préceptes codifiés pour l’orateur.
  • Inventio : L’inventio est la partie de la rhétorique consacrée à trouver les arguments du discours.

📝 Points essentiels

  • Gorgias affirme que le plus grand bien procuré aux hommes est la liberté et la capacité de dominer les autres par le discours.
  • La persuasion permet de faire agir les autres dans divers domaines (tribunal, conseil, assemblée) en remplaçant la compétence par la parole.
  • Socrate conteste la toute-puissance de la rhétorique : le sophiste ne sait pas, à proprement parler, faire autre chose que parler.
  • Dans une démocratie, le pouvoir du langage devient décisif car le suffrage dépend largement des capacités oratoires des dirigeants.
  • Cicéron décrit l’orateur comme devant connaître les passions humaines, car le but du discours est d’émouvoir ou de calmer les âmes.
  • Cicéron distingue cinq tâches de l’orateur : trouver, ordonner, embellir, mémoriser, puis prononcer avec noblesse et grâce.

💡 Astuce mémo

Persuader = 3 leviers (docere/delectare/movere) + 5 étapes (inventio/dispositio/elocutio/memoria/actio).

📖 7. Paroles performatives et efficacité du langage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Parole (logos) : La parole est la capacité humaine d’exprimer et de discuter ce qui concerne l’utile, le juste et l’injuste.
  • Phonè : La phonè désigne la voix qui exprime surtout la douleur et le plaisir, sans viser le juste et l’injuste.
  • Cité (polis) : La cité est l’espace politique où les citoyens débattent des règles de vie commune et des conditions d’une vie bonne.
  • Bien commun : Le bien commun est l’objectif politique visant une vie partagée meilleure, plutôt que la simple survie ou l’intérêt privé.
  • Isonomie : L’isonomie est l’égalité des citoyens devant la loi, rendue possible par des débats et un cadre commun.

📝 Points essentiels

  • La rhétorique mobilise trois ressources pour agir sur l’auditoire : instruire par la rigueur, plaire par le style, émouvoir par l’humour et le pathétique.
  • Le langage n’est pas seulement un outil de persuasion : il organise aussi le pouvoir dans la vie politique et démocratique.
  • Chez Aristote, la parole permet de formuler l’utile et le nuisible, puis le juste et l’injuste, contrairement aux cris animaux.
  • La politique devient possible parce que la cité vise une vie bonne et heureuse, pas seulement la survie économique.
  • La loi issue des débats est connue des citoyens et sert de cadre commun favorisant l’isonomie.
  • Les institutions politiques sont des lieux de parole où chacun peut débattre, s’exprimer et se défendre, afin d’éviter le recours à la force.

💡 Astuce mémo

Logos = Juste/Injuste ; Phonè = Douleur/Plaisir.

📖 8. Pouvoir des mots externe et interne au langage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Langage et pouvoir (Bourdieu) : Le langage est un moyen qui exprime et contribue à structurer les rapports de pouvoir dans une société.
  • Prise de pouvoir par le discours (Gorgias, Cicéron) : Le discours peut servir à influencer et à conquérir une position de pouvoir, au-delà de la force brute.
  • Vie politique et exercice du langage (Aristote) : Le langage est la condition de l’activité politique, car il permet d’organiser le débat et la décision collective.
  • Novlangue : La novlangue est une langue imposée dans une société totalitaire pour réduire les nuances et renforcer le contrôle idéologique.
  • Manichéisme linguistique : Le manichéisme consiste à opposer deux camps sans nuance, ce qui empêche de penser la complexité d’un problème.

📝 Points essentiels

  • Le langage remplace la violence par des échanges de paroles capables de rendre possible un dialogue pour résoudre les conflits.
  • Aristote distingue les domaines où l’avis des experts est plus pertinent de ceux où chaque citoyen peut juger du bien et du juste ainsi que de l’utile.
  • Dans la cité démocratique grecque, les magistrats doivent rendre compte de leur gestion devant le peuple ou un jury populaire en fin de mandat.
  • Le pouvoir des mots ne se limite pas à exprimer des rapports sociaux : il permet aussi d’exercer une influence et de « prendre le pouvoir » par le discours.
  • Dans 1984, le ministère de la Vérité réécrit l’Histoire selon les décisions du Parti pour consolider l’emprise du système.
  • La novlangue vise à supprimer les nuances afin de ne conserver que des oppositions binaires qui facilitent le raisonnement affectif et réduisent le débat critique.

💡 Astuce mémo

Binaire = pensée bloquée : moins de nuances → moins de réflexion → plus d’emprise.

📖 9. Langage reflet des hiérarchies sociales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pacification : La pacification désigne une opération de violence présentée comme un objectif politique, visant à contrôler une population.
  • Transfert de population : Le transfert de population désigne le déplacement forcé de groupes humains, souvent présenté comme une conséquence administrative ou territoriale.
  • Reconfiguration des frontières : La reconfiguration des frontières désigne un changement de découpage territorial qui entraîne des effets concrets sur les populations concernées.
  • Suppression d’éléments indésirables : La suppression d’éléments indésirables désigne l’élimination de personnes jugées indésirables, formulée comme une mesure administrative ou sécuritaire.
  • Étiquettes sur le monde : Les étiquettes sur le monde sont des catégories générales que les mots collent aux choses et qui remplacent la perception directe du réel.

📝 Points essentiels

  • Les formulations euphémisées transforment des violences concrètes en termes administratifs, ce qui masque la réalité des actes.
  • Le vocabulaire peut présenter des expulsions et déplacements comme des opérations neutres, alors qu’ils impliquent fuite et perte de biens.
  • Les changements territoriaux sont décrits comme des ajustements de frontières, mais ils produisent des conséquences humaines immédiates.
  • La violence extrême peut être reformulée en « suppression » ou « mesures », ce qui réduit la portée morale et la visibilité des victimes.
  • Chez Bergson, le langage ne traduit pas fidèlement la pensée : il appauvrit et falsifie ce qu’on veut dire.
  • Les mots renvoient à des idées générales, si bien que l’interlocuteur reçoit une catégorie vague plutôt que la singularité vécue par le locuteur.

💡 Astuce mémo

Euphémisme = violence déguisée : des actes deviennent des « étiquettes » administratives.

📖 10. Rhétorique des sophistes et domination par la parole

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rhétorique : La rhétorique est l’art de produire et d’organiser le discours pour agir sur l’auditoire.
  • Domination par la parole : La domination par la parole désigne le pouvoir exercé grâce au langage, capable d’orienter la pensée et l’action des autres.
  • Langage : Le langage est le système de signes (sons, mots, écrits) qui rend la pensée objectivable et communicable.
  • Pensée : La pensée est l’activité intérieure qui devient déterminée et réelle lorsqu’elle prend une forme objective.
  • Ineffable : L’ineffable est l’idée d’une pensée qui resterait sans expression verbale, donc non formulable par des mots.

📝 Points essentiels

  • Chez Hegel, la pensée n’est pleinement consciente et réelle qu’une fois donnée une forme objective par les mots.
  • Le mot est un « son articulé » : il se distingue d’un simple cri par des différences et des règles de distinction.
  • Chercher à penser sans mots est présenté comme une tentative insensée, car l’union de l’interne et de l’externe passe par le langage.
  • L’ineffable n’est pas une pensée supérieure : c’est une pensée obscure et indéterminée qui ne devient claire qu’en trouvant le mot.
  • On peut se perdre dans un flux de mots sans saisir la chose : la difficulté vient alors d’une pensée imparfaite, pas du mot.
  • La critique vise l’idée romantique que les mots trahiraient la pensée : l’expression verbale est au contraire ce qui donne à la pensée sa clarté et sa réalité.

💡 Astuce mémo

Mots = pensée « en acte » : sans mots, pensée obscure ; avec mots, pensée claire et réelle.

📖 11. Novlangue et contrôle politique des pensées

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ineffable : L’ineffable désigne ce qui paraît ne pas pouvoir être exprimé par les mots, car il reste indéterminé et inabouti.
  • Pensée en fermentation : La pensée en fermentation est une pensée inachevée, qui n’est pas encore « faite » au sens où elle n’a pas atteint sa maturation.
  • Adéquation : L’adéquation est une définition de la vérité où la pensée doit correspondre à la chose pour être dite « vraie ».
  • Signe linguistique : Le signe linguistique est ce qui rend présente dans l’intelligence la chose nommée, en la faisant passer de l’extériorité à l’idée.
  • Langage intérieur : Le langage intérieur est l’activité expressive silencieuse qui donne l’illusion d’une pensée purement intérieure.

📝 Points essentiels

  • Bergson soutient que la pensée ne se laisse pas traduire entièrement par les mots, car le langage juxtapose des états au lieu de les faire se pénétrer.
  • Bergson explique que le langage fixe surtout un aspect objectif et impersonnel des sentiments, alors que l’expérience vécue est plus singulière et totale.
  • Hegel ne nie pas l’ineffable, mais affirme que la pensée devient claire seulement quand elle trouve des mots pour se dire.
  • Pour Hegel, le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie, car il permet la coïncidence entre pensée et réalité.
  • Nommer une chose, c’est l’intégrer à l’esprit et en faire une connaissance, ce qui fait disparaître en partie son étrangeté.
  • Merleau-Ponty affirme que la pensée n’existe pas hors du monde et des mots : ce qu’on croit « intérieur » est un langage intérieur bruissant de significations déjà disponibles.

💡 Astuce mémo

Ineffable = pas mûr ; Mot = maturation : sans mots, la pensée reste indéterminée et inachevée.

📖 12. Penser avec les mots selon Hegel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Langage : Le langage est une faculté humaine qui permet de produire et d’organiser des significations grâce à des signes et à une structure.
  • Double articulation : La double articulation décrit le fait que le langage se décompose en unités de sens et en unités de sons combinables.
  • Signe linguistique : Le signe linguistique associe un signifiant à un signifié de manière arbitraire et dépendante de la langue et de la culture.
  • Ineffable : L’ineffable désigne ce qui ne peut pas être exprimé adéquatement par les mots, notamment le singulier ou le non rationnel.
  • Pensée : La pensée est l’activité qui produit des contenus mentaux, dont le rapport aux mots fait débat dans le chapitre.

📝 Points essentiels

  • Selon Hegel, la pensée se forme avec les mots : on ne pense pas “avant” le langage, on pense “dans” le langage.
  • Les mots jouent un rôle de mise en forme : ils éclairent et structurent ce que la pensée peut atteindre.
  • Si les mots manquent, la pensée ne peut pas se déployer pleinement, car les contenus restent sans support linguistique.
  • Bergson défend l’idée inverse : les mots fonctionnent comme des étiquettes et ne capturent pas tout, surtout le singulier non rationnel.
  • La conséquence bergsonienne est de chercher ailleurs que dans le langage pour approcher l’ineffable, notamment par le silence ou l’art.
  • Comparaison : Hegel vs Bergson — Hegel : pensée avec les mots ; Bergson : mots comme étiquettes, donc part de l’expérience reste ineffable.

💡 Astuce mémo

Hegel = “mots = matière de la pensée” ; Bergson = “mots = étiquettes” → une part échappe aux mots (ineffable).

📊 Tableaux de synthèse

Bergson vs Hegel sur le rapport langage-pensée

AuteurThèseConséquence
BergsonLe langage appauvrit et falsifie la pensée en plaquant des étiquettes généralesUne part de l’ineffable reste indéterminée : on ne peut pas tout exprimer par les mots (silence/art)
HegelOn n’a de pensée déterminée et réelle que lorsqu’elle prend forme objective dans les motsLe mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie (pensée claire via les mots)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre langage au sens large (tout système de signes) et au sens étroit (faculté humaine d’exprimer la pensée).
  2. Croire que l’arbitraire du signe signifie que chacun peut choisir librement les mots : la langue est instituée dans un groupe.
  3. Mélanger arbitraire et conventionnel : l’arbitraire concerne l’absence de lien naturel signifiant/signifié, le conventionnel dépend d’usages partagés.
  4. Penser que la double articulation décrit seulement la grammaire : elle concerne la construction des messages par morphèmes (unités significatives) puis phonèmes (unités non signifiantes).
  5. Réduire les fonctions du langage à la communication utilitaire : Jakobson distingue aussi émotive, conative, phatique, poétique, métalinguistique.
  6. Croire que les énoncés performatifs sont “des opinions” : ce sont des paroles qui accomplissent l’action énoncée (pas de vrai/faux).
  7. Opposer Bergson et Hegel en les caricaturant : Bergson ne dit pas que tout est ineffable, et Hegel ne nie pas qu’on puisse se perdre dans un flux de mots.

✅ Checklist Examen

  1. Définir le langage au sens large et au sens étroit, puis donner les trois éléments nécessaires à la communication (émetteur, récepteur, code).
  2. Comparer communication animale et langage humain à partir des quatre caractéristiques : signaux naturels/innés, communs à une espèce, peu d’évolution, nombre limité de signaux.
  3. Expliquer la nature du signe linguistique chez Saussure : arbitraire du signe, double face signifiant/signifié, et l’idée que le signe est présence d’une absence (évocation en l’absence).
  4. Justifier la distinction arbitraire/conventionnel et montrer pourquoi on ne peut pas changer le sens d’un mot sans être incompris, tout en rappelant que la langue évolue comme production sociale.
  5. Décrire la double articulation (Martinet) : première articulation par morphèmes, seconde par phonèmes, et le rôle de cette double économie dans la quantité de messages possibles.
  6. Présenter la diversité des fonctions du langage (fonctions utilitaire, sociale, émotive, cognitive, réalisante) et relier la description technique à Jakobson (six fonctions).
  7. Donner les six fonctions de Jakobson avec leur idée directrice (référentielle, émotive, conative, phatique, poétique, métalinguistique) et un exemple pour au moins deux d’entre elles.
  8. Expliquer “parler et agir” avec Austin : distinguer constatifs et performatifs, et donner un exemple de performatif (mariage, promesse, déclaration).
  9. Exposer les deux thèses sur le pouvoir des mots : pouvoir externe (institutions/position sociale) et pouvoir interne (rhétorique, influence, placebo).
  10. Montrer comment le langage reflète les hiérarchies sociales chez Bourdieu : niveaux de langue, catégorisation, autorité des experts, inégalités d’accès à la parole, et rôle du bâton de parole.
  11. Expliquer comment le langage permet d’exercer une influence (sophistes, Gorgias) et pourquoi la démocratie rend le pouvoir oratoire décisif (suffrage dépendant des capacités oratoires).
  12. Présenter l’organisation du discours chez Cicéron : trois ressources (docere/delectare/movere) et cinq parties (inventio, dispositio, elocutio, memoria, actio), puis les quatre moments (exorde, narration, argumentation,
  13. Conclure sur le rapport parole-pensée : exposer Bergson (ineffable, étiquettes) puis Hegel (pensée déterminée seulement dans les mots) et dire ce que cela implique pour “penser sans langage”.

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Spécificité du langage humain

Permet d’évoquer en absence et d’organiser la pensée.

Langage au sens large

Système de signes pour communication

Langage au sens étroit

Faculté humaine d’exprimer sa pensée avec des signes.

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