Revision sheet: Droit international public

Plan du Cours

  1. Évolution historique du droit international
  2. Théories volontaristes
  3. Théories objectivistes
  4. Crise du modĂšle onusien
  5. Droit international et droit interne
  6. Primauté du droit international en Belgique
  7. État et acquisition du territoire
  8. ÉlĂ©ments et formes de l’État
  9. Domaine terrestre et souveraineté
  10. Territoire et délimitation des frontiÚres
  11. Population et nationalité
  12. PersonnalitĂ© et souverainetĂ© de l’État
  13. Fin de l’État et unions politiques
  14. Sources du droit international
  15. Organes et immunités diplomatiques
  16. Responsabilité et rÚglement des différends
  17. Asile territorial et réfugiés
  18. Asile diplomatique et mécanismes modernes

RepĂšres chronologiques

  1. 1945La Charte de San Francisco crĂ©e l’Organisation des Nations unies, avec le Conseil de sĂ©curitĂ© et la Cour internationale de Justice.
  2. 1951La Convention de GenÚve encadre la protection internationale des réfugiés.
  3. 1960La rĂ©solution 1514 reconnaĂźt le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes.
  4. 14 dĂ©cembre 1960La rĂ©solution 1514 (XV) de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale affirme que tous les peuples ont le droit de dĂ©terminer librement leur statut politique et leur dĂ©veloppement Ă©conomique, social et culturel.
  5. 1970Jusqu’aux annĂ©es, la jurisprudence belge exigeait une loi de rĂ©ception pour qu’un traitĂ© produise effet en droit interne.
  6. 27 mai 1971Par l’arrĂȘt Franco-suisse Le Ski, la Cour de cassation belge reconnaĂźt la primautĂ© du droit international directement applicable sur les lois nationales, mĂȘme postĂ©rieures.
  7. 16 juillet 1998La crĂ©ation d’une juridiction pĂ©nale internationale permanente a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e Ă  Rome.

1. Évolution historique du droit international

★ À maütriser

  • La DĂ©claration universelle des droits de l’homme est adoptĂ©e en 1948, tandis que les deux Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits Ă©conomiques, sociaux et culturels sont adoptĂ©s en 1966.

  • Les tribunaux pĂ©naux internationaux ad hoc sont créés pour l’ex-Yougoslavie en 1993 et pour le Rwanda en 1994, puis le Statut de Rome de 1998 institue la Cour pĂ©nale internationale, entrĂ©e en fonction en 2002.

Compléments

  • Les Accords de Paris de 2015 et la COP28 de 2023 illustrent l’internationalisation du droit de l’environnement.

Astuce mémo

ONU → dĂ©colonisation → droits humains → pĂ©nal international → fragmentation

2. Théories volontaristes

Notions clés & Définitions

  • ThĂ©orie de l’autolimitation : Affirme que l’État se limite volontairement lorsqu’il entre en relation avec d’autres États et que le droit international dĂ©coule de sa propre volontĂ©.
  • Vereinbarung : Soutient que le droit international naĂźt de la rencontre de deux volontĂ©s souveraines et qu’un acte international n’est contraignant qu’en prĂ©sence d’un consentement rĂ©ciproque.

Points essentiels

  • Le traitĂ© de Westphalie de 1648 illustre une norme fondĂ©e sur l’accord mutuel entre États souverains.

  • La thĂ©orie de l’autolimitation considĂšre que la modification de la volontĂ© Ă©tatique peut remettre en cause les engagements internationaux.

  • L’interdiction du gĂ©nocide constitue, selon le cours, un exemple de rĂšgle non nĂ©gociĂ©e difficile Ă  expliquer par une approche purement volontariste.

3. Théories objectivistes

Notions clés & Définitions

  • Normativisme : Conçoit le droit comme un systĂšme hiĂ©rarchisĂ© de normes dont chaque rĂšgle tire sa validitĂ© d’une norme supĂ©rieure, la Grundnorm internationale Ă©tant rattachĂ©e au principe pacta sunt servanda.
  • École sociologique : ConsidĂšre que la norme internationale est obligatoire parce que la sociĂ©tĂ© la reconnaĂźt comme juste et qu’elle Ă©volue avec les transformations de la sociĂ©tĂ© mondiale.
  • Droit naturel : L’école du droit naturel fonde la lĂ©gitimitĂ© du droit international sur des valeurs morales universelles telles que la bonne foi, l’équitĂ© et le respect des droits fondamentaux.

★ À maütriser

  • Les thĂ©ories objectivistes rompent avec l’idĂ©e que le droit international est le produit de la seule volontĂ© des États.

Compléments

  • La difficultĂ© commune des thĂ©ories objectivistes consiste Ă  dĂ©terminer la source concrĂšte de l’objectivitĂ©, qu’il s’agisse d’une norme, d’une conscience sociale ou d’une morale.

4. Crise du modĂšle onusien

Notions clés & Définitions

  • ModĂšle onusien : Repose sur l’interdiction du recours unilatĂ©ral Ă  la force et sur un multilatĂ©ralisme institutionnalisĂ© destinĂ© Ă  garantir la sĂ©curitĂ© collective.

★ À maütriser

📌 L’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies interdit le recours unilatĂ©ral Ă  la force.

Compléments

  • L’intervention en Irak en 2003 est prĂ©sentĂ©e comme une intervention sans mandat onusien.

  • L’annexion de la CrimĂ©e en 2014 et l’invasion de l’Ukraine en 2022 sont prĂ©sentĂ©es comme des violations de la Charte des Nations unies.

  • Les vetos des membres permanents du Conseil de sĂ©curitĂ© illustrent la crise du multilatĂ©ralisme et la crise de lĂ©gitimitĂ© de l’ONU.

5. Droit international et droit interne

★ À maütriser

📌 Le dualisme considùre que le droit international et le droit interne appartiennent à deux ordres juridiques distincts, tandis que le monisme les intùgre dans un ordre juridique unique.

  • Dans une tradition dualiste, une norme internationale ne produit d’effet en droit interne qu’aprĂšs un acte de rĂ©ception ou de transformation, comme l’adoption d’une loi de mise en Ɠuvre.

  • L’arrĂȘt Costa c. ENEL de la CJCE, rendu en 1964, affirme la primautĂ© du droit de l’Union europĂ©enne sur les droits nationaux.

Compléments

  • Au Royaume-Uni, un traitĂ© n’est opposable aux particuliers qu’aprĂšs l’adoption d’une loi interne de mise en Ɠuvre.

  • L’article 55 de la Constitution française reconnaĂźt la primautĂ© des traitĂ©s sur les lois internes sous les conditions prĂ©vues par la Constitution.

Astuce mémo

Dualisme = réception ; monisme = ordre unique

6. Primauté du droit international en Belgique

★ À maütriser

  • Selon l’arrĂȘt Le Ski, le conflit entre un traitĂ© et une loi interne n’est pas un conflit entre deux lois, de sorte que la rĂšgle « la loi postĂ©rieure abroge la loi antĂ©rieure » ne s’applique pas.

Compléments

  • La Convention europĂ©enne des droits de l’homme et les traitĂ©s de l’Union europĂ©enne peuvent ĂȘtre invoquĂ©s directement devant les juridictions belges lorsqu’ils ont un effet direct.

Astuce mémo

ArrĂȘt Le Ski (1971) → Ă©cartement de la loi contraire au traitĂ©

7. État et acquisition du territoire

Notions clés & Définitions

  • Domaine terrestre : Comprend le sol et le sous-sol situĂ©s Ă  l’intĂ©rieur des frontiĂšres, sur lesquels l’État exerce le plus complĂštement sa souverainetĂ©.
  • Occupation effective : L’occupation d’une terra nullius ne peut fonder un titre territorial que si elle est effective, paisible et continue et accompagnĂ©e de l’intention d’exercer la souverainetĂ©, l’animus domini.
  • Cession conventionnelle : Le transfert volontaire de tout ou partie d’un territoire par un État Ă  un autre au moyen d’un accord international formel et non imposĂ© par la contrainte.
  • Prescription acquisitive : Internationale repose sur une occupation prolongĂ©e, effective, paisible et non contestĂ©e, accompagnĂ©e de l’intention souveraine de l’occupant.

★ À maütriser

  • La conquĂȘte, autrefois admise sous certaines conditions, est aujourd’hui prohibĂ©e par le droit international moderne.

Compléments

  • La contiguĂŻtĂ© gĂ©ographique ne constitue pas un mode autonome d’acquisition territoriale, mais seulement une prĂ©somption auxiliaire qui ne peut remplacer un titre ou l’effectivitĂ©.

Astuce mémo

EffectivitĂ© → accord → dĂ©cision juridictionnelle ; jamais la conquĂȘte moderne

8. ÉlĂ©ments et formes de l’État

Notions clés & Définitions

  • État : La conception classique de l’État repose sur trois Ă©lĂ©ments constitutifs : un territoire dĂ©limitĂ©, une population et une organisation politique exerçant une autoritĂ© souveraine.
  • SouverainetĂ© nationale : DĂ©signe, dans les relations extĂ©rieures, l’autoritĂ© exercĂ©e par l’organisation politique de l’État.

★ À maütriser

  • L’État unitaire possĂšde un seul centre de pouvoir, l’État unitaire dĂ©centralisĂ© dĂ©lĂšgue certaines compĂ©tences aux collectivitĂ©s locales, et l’État fĂ©dĂ©ral rĂ©partit les compĂ©tences entre le niveau fĂ©dĂ©ral et les entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es.

Compléments

  • La France illustre l’État unitaire, l’Italie l’État unitaire dĂ©centralisĂ©, et la Belgique ainsi que l’Allemagne l’État fĂ©dĂ©ral.

9. Domaine terrestre et souveraineté

★ À maütriser

  • Dans l’affaire de l’üle de Palmas, la sentence arbitrale Max Huber du 8 avril 1928 a reconnu la souverainetĂ© des Pays-Bas en raison de leur exercice effectif et continu de l’autoritĂ© depuis le XVIIe siĂšcle.

  • L’accession agrandit naturellement le territoire par l’alluvion, l’avulsion ou l’assĂšchement naturel d’une baie.

  • L’adjudication attribue un territoire ou reconnaĂźt un titre de souverainetĂ© par une juridiction internationale ou un arbitre, comme dans les affaires de l’üle de Palmas et du Temple de PrĂ©ah-VihĂ©ar.

Compléments

  • Dans l’affaire des Minquiers et des ÉcrĂ©hous du 17 novembre 1953, la CIJ a attribuĂ© la souverainetĂ© au Royaume-Uni en raison de ses actes administratifs et juridiques continus, notamment la police, les juridictions et les impĂŽts.

  • En 1990, la Belgique a incorporĂ© 15 hectares gagnĂ©s sur la mer Ă  l’avant-port de Zeebrugge, opĂ©ration reconnue par la loi du 21 dĂ©cembre 1990.

  • La rĂ©solution 181 de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, adoptĂ©e le 29 novembre 1947, prĂ©voyait la crĂ©ation d’un État juif et d’un État arabe en Palestine.

10. Territoire et délimitation des frontiÚres

★ À maütriser

  • La conquĂȘte est l’acquisition d’un territoire par la force armĂ©e et l’imposition de la souverainetĂ© de l’État conquĂ©rant.

  • La contiguĂŻtĂ© gĂ©ographique est une prĂ©somption auxiliaire selon laquelle un territoire proche ou limitrophe peut prolonger le territoire d’un État.

  • Le TraitĂ© de Washington de 1959 a gelĂ© les revendications territoriales en Antarctique, imposĂ© sa dĂ©militarisation et rĂ©servĂ© son usage Ă  la science.

  • Le principe de l’uti possidetis juris maintient pour les nouveaux États les frontiĂšres administratives hĂ©ritĂ©es de la puissance coloniale, notamment en Afrique et en AmĂ©rique latine.

Compléments

  • Avant 1945, la conquĂȘte devait notamment s’appuyer sur l’occupation effective, la debellatio, l’animus domini et une consolidation par le temps.

  • Dans l’avis consultatif sur le Sahara occidental du 22 mai 1975, la CIJ a rejetĂ© la continuitĂ© gĂ©ographique comme fondement suffisant d’un titre territorial.

  • Une frontiĂšre fluviale peut suivre la ligne mĂ©diane ou le thalweg, c’est-Ă -dire le chenal le plus profond, comme dans l’affaire Botswana/Namibie de 1999.

11. Population et nationalité

Notions clés & Définitions

  • NationalitĂ© : Le lien juridique qui unit une personne Ă  un État selon les rĂšgles internes de cet État.

★ À maütriser

  • La nationalitĂ© peut ĂȘtre attribuĂ©e selon le droit du sang, le droit du sol ou par naturalisation volontaire.

  • Chaque État dĂ©termine en principe librement les personnes auxquelles il accorde sa nationalitĂ© et les modalitĂ©s de cet octroi.

  • L’État exerce sa souverainetĂ© territoriale sur les Ă©trangers, notamment en rĂ©glementant leur entrĂ©e, leur sĂ©jour, leur emploi et leur dĂ©part.

  • Un conflit positif de nationalitĂ©s correspond Ă  la bi- ou pluripatridie, tandis qu’un conflit nĂ©gatif correspond Ă  l’apatridie.

Compléments

  • Les protections accordĂ©es aux Ă©trangers reposent notamment sur la protection diplomatique de leur État d’origine et sur la protection internationale des droits de l’Homme.

12. PersonnalitĂ© et souverainetĂ© de l’État

Notions clés & Définitions

  • Reconnaissance d’État : L’acte par lequel un ou plusieurs États constatent l’existence d’une sociĂ©tĂ© humaine politiquement organisĂ©e, indĂ©pendante, capable d’observer le droit international et admise comme membre de la sociĂ©tĂ© internationale.
  • SouverainetĂ© : La puissance exclusive de commandement suprĂȘme exercĂ©e par l’État au niveau interne, sans qu’une autoritĂ© extĂ©rieure puisse en principe lui imposer sa volontĂ©.

Points essentiels

  • Selon la thĂ©orie de l’effectivitĂ©, un État existe principalement parce qu’il existe dans les faits, avec une indĂ©pendance, un territoire, une population et un gouvernement.

📌 ReconnaĂźtre un État consiste Ă  admettre son existence juridique, tandis que reconnaĂźtre un gouvernement consiste Ă  admettre que les personnes au pouvoir reprĂ©sentent lĂ©gitimement cet État.

  • L’égalitĂ© des États signifie que chaque État possĂšde la mĂȘme valeur juridique, mĂȘme si les États acceptent des diffĂ©rences de poids institutionnel par traitĂ© ou systĂšme de vote pondĂ©rĂ©.

  • L’État possĂšde une compĂ©tence plĂ©niĂšre et gĂ©nĂ©rale, tandis qu’une organisation internationale ne dispose que des compĂ©tences fonctionnelles prĂ©vues par ses statuts.

  • Un État bĂ©nĂ©ficie d’une immunitĂ© pour ses actes de souverainetĂ©, ou iure imperii, mais peut ĂȘtre jugĂ© pour ses actes commerciaux, ou iure gestionis.

13. Fin de l’État et unions politiques

Notions clés & Définitions

  • Disparition de l’État : La disparition d’un État peut rĂ©sulter de la perte de sa population, de son territoire ou de son pouvoir, la perte du pouvoir Ă©tant la cause la plus dĂ©terminante en pratique.

★ À maütriser

  • Les principaux modes de disparition d’un État sont l’annexion, la fusion volontaire, le dĂ©membrement et la disparition physique due Ă  des causes naturelles.

  • Selon la Convention de Vienne du 23 aoĂ»t 1978, les traitĂ©s Ă©tablissant des frontiĂšres subsistent automatiquement lors d’une succession d’États, tandis que les traitĂ©s politiques et militaires cessent de plein droit.

📌 Dans une union personnelle, plusieurs États partagent seulement un souverain, tandis que dans une union rĂ©elle ils disposent aussi d’institutions communes pour certains domaines.

  • Une confĂ©dĂ©ration repose sur un traitĂ© international, conserve la souverainetĂ© des États membres et leur permet en principe de se sĂ©parer, tandis qu’un État fĂ©dĂ©ral repose sur une constitution.

Compléments

  • Lors d’une annexion ou d’une fusion volontaire, l’État absorbant assume les dettes et emprunts de l’État disparu.

14. Sources du droit international

Notions clés & Définitions

  • TraitĂ© : Une convention internationale conclue entre deux ou plusieurs sujets de droit international, notamment des États, des unions d’États ou des organisations internationales.
  • Coutume internationale : Une rĂšgle non Ă©crite issue d’une pratique gĂ©nĂ©rale et constante des États accompagnĂ©e de la conviction d’agir en vertu d’une obligation juridique, l’opinio juris.

★ À maütriser

  • La procĂ©dure d’élaboration d’un traitĂ© comprend la nĂ©gociation, la signature, la ratification, l’enregistrement et l’entrĂ©e en vigueur.

📌 Un traitĂ© doit avoir un objet dĂ©terminĂ©, possible et licite, et ne peut dĂ©roger au jus cogens, qui constitue l’ordre public international impĂ©ratif.

Compléments

  • Les vices du consentement susceptibles d’affecter un traitĂ© sont l’erreur de fait portant sur un Ă©lĂ©ment essentiel, le dol, la corruption et la contrainte par violence.

📌 La nullitĂ© d’un traitĂ© peut ĂȘtre partielle lorsque les clauses sont sĂ©parables, que la volontĂ© des parties le permet et que l’exĂ©cution partielle n’est pas injuste.

  • La jurisprudence, la doctrine, l’équitĂ© et les actes unilatĂ©raux des États ou des organisations internationales sont des sources supplĂ©tives ou des moyens d’inspiration du droit international.

  • Dans l’affaire des Essais nuclĂ©aires de 1974, la CIJ a considĂ©rĂ© que des dĂ©clarations françaises pouvaient crĂ©er une obligation juridique internationale.

15. Organes et immunités diplomatiques

Points essentiels

  • Les agents diplomatiques reprĂ©sentent leur État, nĂ©gocient, recueillent des renseignements et protĂšgent leurs ressortissants.

  • L’entrĂ©e en fonction d’un ambassadeur suppose sa nomination par l’État accrĂ©ditant et l’agrĂ©ment de l’État accrĂ©ditaire, gĂ©nĂ©ralement confirmĂ© par la remise des lettres de crĂ©ance.

  • L’agent diplomatique est inviolable et ne peut faire l’objet d’une arrestation, d’une dĂ©tention ou d’une mesure de contrainte par l’État accrĂ©ditaire.

  • Les locaux de la mission diplomatique sont inviolables et les agents de l’État accrĂ©ditaire ne peuvent y pĂ©nĂ©trer sans consentement.

📌 Les agents diplomatiques bĂ©nĂ©ficient en principe d’immunitĂ©s pĂ©nale, civile, administrative et d’exĂ©cution complĂštes, tandis que les fonctionnaires consulaires bĂ©nĂ©ficient principalement d’immunitĂ©s fonctionnelles.

Astuce mémo

L’immunitĂ© diplomatique protĂšge la fonction, tandis que l’immunitĂ© consulaire est fonctionnelle.

16. Responsabilité et rÚglement des différends

Notions clés & Définitions

  • ResponsabilitĂ© internationale : Tout fait internationalement illicite d’un État engage sa responsabilitĂ© internationale lorsqu’il lui est imputable et cause un dommage prĂ©sentant un lien de causalitĂ© direct.
  • DiffĂ©rend international : Un dĂ©saccord sur un point de fait ou de droit, ou une opposition de thĂšses juridiques ou d’intĂ©rĂȘts entre deux sujets de droit international.

★ À maütriser

  • Le fait internationalement illicite peut rĂ©sulter d’une action ou d’une omission, ĂȘtre instantanĂ©, continu, composite ou successif, et la volontĂ© de nuire n’est pas requise.

  • La consĂ©quence principale de la responsabilitĂ© internationale est l’obligation de rĂ©parer intĂ©gralement toutes les consĂ©quences de l’acte illicite.

  • Les moyens diplomatiques de rĂšglement pacifique comprennent les nĂ©gociations directes, les bons offices, la mĂ©diation et la conciliation.

📌 Les États ne recourent Ă  l’arbitrage que s’ils l’ont voulu avant ou aprĂšs la naissance du diffĂ©rend, mais la sentence arbitrale est obligatoire pour les parties.

📌 La compĂ©tence contentieuse de la CIJ est ouverte aux États ayant acceptĂ© sa juridiction, tandis que sa compĂ©tence consultative est accessible Ă  certains organes autorisĂ©s mais pas aux États.

Compléments

  • Les causes exonĂ©ratoires comprennent notamment le consentement de l’État, la faute de la victime, la lĂ©gitime dĂ©fense, la force majeure, la dĂ©tresse et l’état de nĂ©cessitĂ©.

  • Les modalitĂ©s de rĂ©paration comprennent la rĂ©paration morale, la restitutio in integrum, l’indemnitĂ© compensatoire, la compensation et le forfait.

  • La Cour internationale de Justice comprend 15 juges Ă©lus pour 9 ans, renouvelĂ©s par tiers tous les 3 ans, et siĂšge au Palais de la Paix Ă  La Haye.

17. Asile territorial et réfugiés

★ À maütriser

  • Chaque État dispose du droit discrĂ©tionnaire d’accorder l’asile territorial Ă  la personne de son choix.

  • Les clauses d’inclusion concernent les personnes persĂ©cutĂ©es en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalitĂ©, de leur appartenance Ă  un groupe social ou de leur opinion politique.

  • L’article 1er F exclut les personnes dont il existe des raisons sĂ©rieuses de penser qu’elles ont commis des crimes contre la paix, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanitĂ©, des crimes graves de droit commun ou des actes contraires aux buts et principes de la Charte des Nations Unies.

Compléments

  • La Convention exclut les personnes bĂ©nĂ©ficiant dĂ©jĂ  d’un autre statut de protection des Nations Unies en vertu de l’article 1er D.

📌 L’article 1er C prĂ©voit la cessation de la protection lorsque les motifs de fait ou de droit qui avaient fondĂ© le droit Ă  protection ont disparu.

18. Asile diplomatique et mécanismes modernes

Notions clés & Définitions

  • Asile diplomatique : Consiste Ă  accueillir une personne dans une ambassade ou Ă  bord d’un navire de guerre.
  • ResponsabilitĂ© pĂ©nale individuelle : Permet de tenir des personnes physiques pĂ©nalement responsables en droit international.
  • CompĂ©tence universelle : Permet Ă  un État de poursuivre et de juger certaines infractions graves commises Ă  l’étranger par des Ă©trangers contre des victimes Ă©trangĂšres, sans lien territorial ou national avec l’État poursuivant.
  • Cour pĂ©nale internationale : Une institution permanente et indĂ©pendante des Nations Unies.

Points essentiels

📌 L’asile diplomatique doit rester exceptionnel et suppose l’existence d’un risque rĂ©el et actuel pour l’intĂ©ressĂ©.

  • La protection internationale des droits de l’homme peut s’exercer au sein de la Cour europĂ©enne des droits de l’homme.

  • Le droit pĂ©nal international a progressivement admis la responsabilitĂ© pĂ©nale individuelle, d’abord pour la piraterie, puis surtout au XXe siĂšcle.

  • Les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo Ă©taient compĂ©tents pour juger les crimes contre la paix, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanitĂ©.

  • MalgrĂ© les critiques portant sur la justice des vainqueurs et la rĂ©troactivitĂ©, les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo ont consacrĂ© la responsabilitĂ© pĂ©nale des individus en droit international.

  • La compĂ©tence universelle repose sur l’idĂ©e que certains crimes portent atteinte Ă  la communautĂ© internationale dans son ensemble et peuvent ĂȘtre commis par des hostis humani generis.

  • Les chefs d’État, chefs de gouvernement et ministres des affaires Ă©trangĂšres en exercice, ainsi que les personnes bĂ©nĂ©ficiant d’une immunitĂ© internationale ou invitĂ©es officiellement par la Belgique ou une organisation internationale disposant d’un accord de siĂšge, ne peuvent pas ĂȘtre poursuivis selon ce mĂ©canisme.

📌 En Belgique, la poursuite est possible si l’auteur est belge, s’il rĂ©side effectivement, habituellement et lĂ©galement en Belgique depuis au moins trois ans, ou si la Belgique est tenue de juger par une obligation conventionnelle ou coutumiĂšre selon le principe aut dedere aut judicare.

  • Des tribunaux pĂ©naux internationaux ad hoc ont Ă©tĂ© créés plusieurs fois depuis 1945, notamment pour Nuremberg, le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, mais cette technique est critiquĂ©e comme une justice des vainqueurs.

  • La CPI est compĂ©tente pour le gĂ©nocide, les crimes contre l’humanitĂ©, les crimes de guerre et le crime d’agression, qui sont les quatre types d’infractions les plus graves et imprescriptibles mentionnĂ©s par le cours.

  • Le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie a Ă©tĂ© spĂ©cialement créé pour juger les crimes commis en ex-Yougoslavie.

Tableaux de synthĂšse

Théories du fondement du droit international

ThéorieFondementLimite principale
AutolimitationVolontĂ© propre de l’ÉtatFragilitĂ© et remise en cause des engagements
VereinbarungConsentement rĂ©ciproque des ÉtatsExplique mal les normes universelles
NormativismeHiĂ©rarchie des normes et GrundnormOrigine de la norme suprĂȘme inexpliquĂ©e
École sociologiqueConscience sociale reconnueConsensus international instable
Droit naturelValeurs morales universellesValeurs universelles difficiles Ă  identifier

Rapport entre ordres juridiques

ApprocheRelation entre ordresEffet en droit interne
DualismeDeux ordres distinctsRéception ou transformation nécessaire
Monisme à primauté interneUn ordre juridique uniqueLe droit interne prime
Monisme à primauté internationaleUn ordre juridique uniqueLe droit international prime
Belgique depuis Le SkiPrimauté du droit international directement applicableLe juge peut écarter la loi contraire

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1. Quel événement juridique majeur est associé à la résolution 1514 adoptée en 1960 ?

2. Qu'est-ce que l'évolution historique du droit international ?

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Quelle organisation la Charte de San Francisco crée-t-elle en 1945 ?

L’Organisation des Nations unies.

Évolution - DĂ©claration universelle

Adoptée en 1948, droits fondamentaux universels

Que reconnaßt la résolution 1514 de 1960 ?

Le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes.

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