📋 Plan du Cours
- Économie industrielle et pouvoir de marché
- Marché : allocation, prix et définition
- Concurrence pure et parfaite et hypothèses
- Élasticité-prix de la demande et interprétation
- Élasticités croisées et élasticité-revenu
- Fixation du prix selon le coût et la demande
- Prix psychologique et consentement à payer
- Taux de marge et pouvoir de marché
- Discrimination tarifaire du troisième degré
- Discrimination intertemporelle et tarification de pointe
- Prix d’écrémage et fixation face à la concurrence
- Collusion, cartel et abus de position dominante
📖 1. Économie industrielle et pouvoir de marché
🔑 Notions clés & Définitions
- Économie industrielle : Domaine qui étudie le fonctionnement des marchés et des industries ainsi que les interactions stratégiques entre entreprises.
- Pouvoir de marché : Capacité d’acteurs à influencer les prix, les quantités ou les conditions de concurrence, ce qui s’écarte de la concurrence pure et parfaite.
- Stratégies tarifaires : Ensemble d’actions sur les prix visant à capter de la valeur ou à modifier l’intensité de la concurrence.
- Stratégies non tarifaires : Actions hors prix (différenciation, publicité, R&D, collusion) qui influencent la concurrence et les choix des clients.
- Structure-Comportement-Performance : Cadre d’analyse reliant la structure d’un marché aux comportements des firmes puis à la performance observée.
📝 Points essentiels
- L’économie industrielle s’intéresse aux marchés où le nombre d’offreurs est limité et où la concurrence n’est pas celle de la concurrence pure et parfaite.
- Le pouvoir de marché apparaît quand les acteurs disposent d’un contrôle plus élevé sur les résultats du marché que des price-takers.
- L’analyse couvre à la fois des stratégies tarifaires (discrimination, mark up, prix limite) et des stratégies non tarifaires (collusion, différenciation, publicité, R&D).
- L’économie industrielle sert à la décision privée (tarification, positionnement, entrée ou maintien) et à la décision publique (concurrence, industrie, aménagement).
- Les autorités de régulation et de concurrence interviennent pour limiter les effets négatifs du pouvoir de marché (exemples cités : ARCEP, CRE, AMF, Autorité de la concurrence).
- Le contrôle public peut viser les structures (fusions/rachats) ou les comportements (ententes, alliances, pratiques en position dominante).
💡 Astuce mémo
Pouvoir de marché = contrôle des règles du jeu (prix/conditions) → donc stratégies tarifaires + non tarifaires.
📖 2. Marché : allocation, prix et définition
🔑 Notions clés & Définitions
- Marché : Un marché est un lieu de rencontre, réel ou fictif, entre acheteurs et vendeurs qui permet l’échange et la formation d’un prix.
- Prix de marché : Le prix de marché est le prix qui résulte de la rencontre entre offre et demande et qui s’applique aux biens, services ou au travail.
- Marché des biens : Le marché des biens est l’espace où s’échangent les biens et services produits dans l’économie.
- Marché du travail : Le marché du travail est l’espace où s’échange le facteur travail, notamment via le salaire.
- Marché des capitaux : Le marché des capitaux centralise les besoins et les capacités de financement.
📝 Points essentiels
- Le marché sert de mécanisme d’allocation des ressources dans une économie de marché, en organisant la répartition des biens et services.
- Un marché détermine à la fois la quantité échangée et le prix de vente, qui devient le prix de marché.
- La définition d’un marché dépend des produits échangés, de la zone géographique et de l’étendue considérée.
- On distingue classiquement trois marchés : biens et services, travail, et capitaux (financement).
- Le prix de vente correspond au prix des biens pour le marché des biens et au salaire pour le marché du travail.
💡 Astuce mémo
Marché = Quantité + Prix (Q&P) : rencontre acheteurs-vendeurs → échange et formation du prix.
📖 3. Concurrence pure et parfaite et hypothèses
🔑 Notions clés & Définitions
- Concurrence pure et parfaite : Modèle théorique décrivant un marché où les agents prennent leurs décisions uniquement via les prix, sans influence individuelle sur le prix ni interactions stratégiques.
- Marché des biens : Marché où s’échangent les biens et services entre producteurs et consommateurs.
- Marché du travail : Marché où s’échange le facteur travail entre offreurs et demandeurs de travail.
- Marché des capitaux : Marché où se centralisent les besoins et capacités de financement.
- Homo economicus : Hypothèse selon laquelle les décisions des agents se font par comparaison des prix, sans dimension sociale dans la consommation.
📝 Points essentiels
- La concurrence pure et parfaite suppose que le système de prix réalise les arbitrages des producteurs et des consommateurs.
- Le modèle repose sur 5 hypothèses : atomicité des agents, produit homogène, libre entrée et sortie, information parfaite, mobilité parfaite des facteurs.
- L’atomicité implique qu’aucun agent ne peut influencer individuellement le prix et les quantités, donc pas de pouvoir de marché.
- Le prix résulte de la confrontation entre l’offre totale et la demande totale, et ne provient pas d’un choix individuel.
- En cas de pertes, une entreprise ne peut pas modifier son prix et doit ajuster ses décisions via facteurs de production, quantités, techniques ou arrêt de production.
- La demande d’un bien dépend du prix : un achat est envisagé si le prix est inférieur à la satisfaction retirée, les autres déterminants étant supposés fixés au moment du choix.
💡 Astuce mémo
Atomicité + Homogénéité + Entrée/Sortie libres + Info parfaite + Mobilité des facteurs = aucun agent ne pilote le prix (il subit le marché).
📖 4. Élasticité-prix de la demande et interprétation
🔑 Notions clés & Définitions
- Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix de la demande mesure la variation relative de la quantité demandée quand le prix varie, toutes choses égales par ailleurs.
- Interprétation de l’élasticité : L’interprétation relie le signe et la valeur de l’élasticité à la hausse ou baisse attendue des quantités demandées après un changement de prix.
- Marché concurrentiel (CPP) : La CPP désigne un cadre où l’ajustement du marché suit des mécanismes compatibles avec l’équilibre offre-demande, rendant souvent les prix plus réactifs.
- Ajustement par les quantités : Quand les prix s’ajustent lentement ou imparfaitement, l’équilibre se rétablit d’abord via des variations de quantités échangées avant de se refléter dans les prix.
📝 Points essentiels
- Si la demande diminue avec l’offre inchangée, le prix d’équilibre doit baisser pour rétablir l’équilibre offre-demande.
- Si la demande diminue, la quantité échangée baisse aussi lorsque les prix sont flexibles.
- Si l’offre augmente avec la demande inchangée, le prix d’équilibre diminue et la quantité échangée augmente.
- Les conséquences d’un choc (demande ou offre) peuvent être peu visibles si le marché ne respecte pas les conditions de la CPP ou si l’ajustement est long.
- L’ajustement se fait d’abord par les quantités avant de se traduire par les prix, ce qui peut masquer l’effet sur les prix à court terme.
- Exemple de calcul : si ep=−0,5 et que le prix augmente de 10%, alors la demande varie de −0,5×10=−5% (toutes choses égales par ailleurs).
💡 Astuce mémo
ep relie %prix → %quantité : signe négatif = prix↑ ⇒ demande↓ ; valeur 0,5 = demi-réponse (en %).
📖 5. Élasticités croisées et élasticité-revenu
🔑 Notions clés & Définitions
- Élasticité prix-croisée : L’élasticité prix-croisée mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le prix d’un autre bien varie de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
- Élasticité-revenu : L’élasticité-revenu mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le revenu varie de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
- Biens substituables : Les biens substituables sont des produits utilisés à la place les uns des autres, ce qui rend la demande sensible au prix relatif.
- Biens complémentaires : Les biens complémentaires sont consommés ensemble, de sorte que la demande d’un bien dépend du prix de l’autre.
📝 Points essentiels
- L’élasticité prix-croisée s’interprète comme une sensibilité de la demande du bien A au prix du bien B, avec une variation de 1% de B.
- Si l’élasticité prix-croisée est positive, les biens sont substituables car une hausse du prix de B augmente la demande de A.
- Si l’élasticité prix-croisée est négative, les biens sont complémentaires car une hausse du prix de B réduit la demande de A.
- L’élasticité-revenu s’interprète comme une sensibilité de la demande du bien au revenu, avec une variation de 1% du revenu.
- Une hausse du revenu augmente la demande des biens dont l’élasticité-revenu est positive, toutes choses égales par ailleurs.
- Dans l’exemple, une hausse fictive du pouvoir d’achat de 0,3% suite à une baisse de taxe d’habitation sert à prévoir l’effet sur les ventes de billets Nantes-Paris via l’élasticité-revenu.
💡 Astuce mémo
Croisée = « prix de l’autre » ; Revenu = « pouvoir d’achat » : croisée → substitution/complémentarité, revenu → sensibilité au niveau de vie.
📖 6. Fixation du prix selon le coût et la demande
🔑 Notions clés & Définitions
- Elasticité-prix croisée : L’élasticité-prix croisée mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le prix d’un autre bien change de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
- Elasticité-revenu : L’élasticité-revenu mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le revenu varie de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
- Prix psychologique : Le prix psychologique désigne le niveau de prix perçu comme cohérent par les consommateurs avec une certaine qualité attendue.
- Compétitivité prix : La compétitivité prix correspond à la capacité d’une entreprise à proposer un prix attractif par rapport aux concurrents pour conserver des parts de marché.
📝 Points essentiels
- Le prix influence le volume des ventes, la rentabilité et aussi l’image de l’entreprise via la communication.
- La fixation du prix de vente repose sur trois facteurs : coûts, demande (attentes prix/qualité) et concurrence.
- Si l’élasticité-prix croisée eX/Y>0, les biens sont substituables.
- Si eX/Y=0, les biens sont indépendants.
- Si eX/Y<0, les biens sont complémentaires.
- Si l’élasticité-revenu eR<0, le bien est inférieur ; si 0<eR<1, il est normal ; si eR>1, il est supérieur.
💡 Astuce mémo
Croisée : signe = relation ( + substituts, 0 indépendants, − complémentaires ) ; Revenu : inférieur <0, normal entre 0 et 1, supérieur >1.
📖 7. Prix psychologique et consentement à payer
🔑 Notions clés & Définitions
- Prix psychologique : Le prix psychologique est le niveau de prix jugé acceptable par le consommateur selon sa valeur perçue et ses seuils de rejet.
- Consentement à payer : Le consentement à payer correspond au prix maximal que les consommateurs sont prêts à accepter pour obtenir le produit.
- Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée aux variations de prix.
- Taux de marge : Le taux de marge est un coefficient reliant le prix proposé au coût total moyen pour capter une partie du consentement à payer.
📝 Points essentiels
- Le prix psychologique combine deux seuils perçus : trop cher et mauvaise qualité, obtenus via des enquêtes auprès de plusieurs personnes.
- Le prix psychologique se déduit en croisant la part de répondants qui jugent le prix trop élevé et celle qui le jugent de mauvaise qualité.
- Le taux de marge sert à capter tout ou partie du consentement à payer quand l’entreprise a un pouvoir de marché.
- Le prix proposé augmente quand les consommateurs sont peu sensibles aux variations de prix, donc quand la demande est peu élastique.
- Le taux de marge est inversement proportionnel à l’élasticité-prix de la demande, via la relation t=1−e1.
- Le prix se calcule par P=(1+t)×CTM, où CTM est le coût total moyen (coût total moyen).
💡 Astuce mémo
Seuils (trop cher / mauvaise qualité) → prix psychologique ; Pouvoir de marché + faible élasticité → marge plus forte via t=1−e1 et P=(1+t)CTM.
📖 8. Taux de marge et pouvoir de marché
🔑 Notions clés & Définitions
- Monopole : Un monopole est une situation où l’entreprise n’a pas de substituts proches, ce qui rend la demande relativement inélastique.
- Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix.
- Discrimination tarifaire : La discrimination tarifaire consiste à fixer des prix différents pour le même bien selon les acheteurs, la quantité ou les conditions de vente.
- Discrimination au 1er degré : La discrimination parfaite au 1er degré fait payer à chaque consommateur un prix égal à sa disponibilité à payer.
- Discrimination au 2ème degré : La discrimination imparfaite au 2ème degré fait varier le prix avec la quantité consommée (par lots), car la disponibilité à payer baisse avec la quantité.
📝 Points essentiels
- En monopole, l’absence de substituts proches rend la demande relativement inélastique, ce qui donne du pouvoir sur le prix et la quantité.
- Le prix de vente est déterminé par la disponibilité à payer des consommateurs le long d’une courbe de demande décroissante.
- Si le monopole augmente le prix, l’effet quantité réduit les ventes tandis que l’effet prix augmente la marge unitaire, et l’arbitrage dépend de l’élasticité.
- Le prix optimal est d’autant plus élevé que l’élasticité-prix de la demande est faible (demande peu élastique).
- Exemple de calcul : avec t=1−e1 et e=−0,5, on obtient t=1−(−0,5)1=1,51≈0,67, puis P=(1+t)×CTM.
- La discrimination tarifaire vise à maximiser le profit en proposant des prix adaptés aux caractéristiques des acheteurs, à la quantité ou aux clauses de vente.
💡 Astuce mémo
Monopole = demande peu élastique ⇒ hausse du prix rentable car l’effet prix domine l’effet quantité.
📖 9. Discrimination tarifaire du troisième degré
🔑 Notions clés & Définitions
- Discrimination intertemporelle : Stratégie de prix qui segmente les consommateurs selon le moment d’achat, en faisant varier le prix dans le temps.
- Tarification de pointe : Tarification qui fait payer des prix différents selon les périodes, pour refléter des variations de coût et/ou de demande.
- Prix d’écrémage : Stratégie consistant à fixer un prix initial élevé, au-dessus de la concurrence, pour capter une clientèle à fort pouvoir d’achat.
- Prix de pénétration : Stratégie qui lance un nouveau produit avec un prix bas afin de capter rapidement des clients des concurrents.
- Prix limite : Prix maximal permettant de dissuader l’entrée de nouveaux concurrents dans un marché.
📝 Points essentiels
- La discrimination du troisième degré consiste à pratiquer des prix différents selon des groupes de consommateurs, ce qui peut augmenter le profit total par rapport à un prix unique.
- La discrimination intertemporelle rapproche le 3ème degré en distinguant les consommateurs selon leur impatience, avec des prix élevés au lancement puis une baisse ensuite.
- Les consommateurs les plus impatients ont un consentement à payer élevé et une élasticité-prix faible, ce qui rend la baisse de prix ultérieure rentable.
- La tarification de pointe vise l’efficacité économique car le coût de production varie avec la quantité demandée, par exemple via des capacités supplémentaires.
- Transport : ajouter des trains ou avions selon les périodes peut accroître les coûts, ce qui justifie des prix différenciés selon le départ.
- Électricité : la tarification de pointe sert à gérer des pics de demande, avec des prix plus élevés aux heures de forte consommation.
💡 Astuce mémo
Impatience → prix haut d’abord, puis baisse : les plus pressés paient plus.
📖 10. Discrimination intertemporelle et tarification de pointe
🔑 Notions clés & Définitions
- Coefficient Cm : Le coefficient Cm mesure la concentration en additionnant les parts de marché des m plus grandes entreprises d’un secteur.
- Indice de Herfindahl-Hirschman : L’indice HHI mesure la concentration en sommant les carrés des parts de marché de toutes les entreprises du secteur.
- Marge : La marge correspond à l’écart entre le prix de vente et le coût unitaire de production.
- Monopole : Un monopole est une entreprise qui est l’offreur unique sur un marché, ou plus largement qui domine presque tout le marché.
- Barrière à l’entrée : Une barrière à l’entrée est un avantage des firmes installées qui leur permet de maintenir des prix durablement au-dessus du coût moyen minimum sans attirer de nouveaux entrants.
📝 Points essentiels
- Cm additionne les parts des m plus grandes entreprises, mais ne renseigne pas sur la répartition des parts entre toutes les entreprises.
- HHI se calcule en sommant les carrés des parts de marché, ce qui pénalise davantage les entreprises ayant de grandes parts.
- Exemple chiffré : HHI = 35² + 21,4² + 16,2² + 17,3² = 2244,98.
- Repères américains : HHI < 1000 non concentrée, 1000 < HHI < 1800 peu concentrée, HHI > 1800 concentrée.
- La marge = prix de vente − coût unitaire de production et dépend des conditions de concurrence.
- Définition stricte : un monopole est l’offreur unique sur le marché, ce qui impose de préciser le produit et le marché pertinent (marché de référence).
💡 Astuce mémo
HHI = « carrés » : plus une entreprise domine, plus son poids explose dans l’indice.
📖 11. Prix d’écrémage et fixation face à la concurrence
🔑 Notions clés & Définitions
- Écrémage des prix : Stratégie de fixation d’un prix initial élevé, visant à capter d’abord les clients peu sensibles au prix avant de baisser progressivement.
- Monopole : Structure de marché où une seule entreprise fait face à la demande et peut influencer le prix de vente.
- Marché contestable : Marché où la concurrence potentielle suffit à discipliner les prix, même si une entreprise domine effectivement le marché.
- Position dominante : Situation où une entreprise peut fixer le prix du marché tout en coexistant avec une frange concurrentielle de petites firmes.
- Abus de position dominante : Usage d’une position dominante pour extraire un surprofit ou empêcher l’arrivée de concurrents, au-delà d’une simple supériorité d’efficacité.
📝 Points essentiels
- Si l’élasticité-prix de la demande est faible, le monopole restreint la production et pratique un prix plus élevé que dans une concurrence pure et parfaite.
- Par rapport à la concurrence pure et parfaite, le monopole génère un « surprofit » et opère une redistribution des revenus des consommateurs vers les producteurs.
- Le monopole peut néanmoins être socialement efficace dans certains cas, notamment quand il s’agit d’un monopole naturel qui rend la production possible.
- Des profits importants peuvent aussi financer l’innovation et améliorer le bien-être futur du consommateur.
- Un monopole peut être économiquement discutable quand il correspond surtout à une entreprise concurrentielle « victorieuse » dont les raisons de domination disparaissent.
- Dans un marché contestable, l’élément clé est la menace d’entrée, pas le nombre d’entreprises présentes sur le marché actuel.
💡 Astuce mémo
Demande peu élastique → Monopole = moins de quantité + prix plus haut (surprofit).
📖 12. Collusion, cartel et abus de position dominante
🔑 Notions clés & Définitions
- Cartellisation : La cartellisation est une coordination entre entreprises visant à restreindre la concurrence, notamment en fixant des conditions de marché ou en organisant des comportements communs.
- Cartel : Un cartel est une entente entre entreprises qui coordonne leurs actions commerciales pour limiter l’intensité concurrentielle et influencer les résultats du marché.
- Coûts de coordination : Les coûts de coordination désignent les difficultés pratiques et organisationnelles qui rendent une entente plus ou moins facile à maintenir dans le temps.
- Échanges d’informations stratégiques : Les échanges d’informations stratégiques sont des communications portant sur des données commerciales sensibles qui réduisent l’incertitude entre concurrents.
- Abus de position dominante : L’abus de position dominante correspond à l’exploitation déloyale d’une puissance de marché pour évincer ou contrôler le jeu concurrentiel.
📝 Points essentiels
- La cartellisation est d’autant plus simple que le nombre d’entreprises concernées est faible et que la demande du bien est peu élastique.
- La cartellisation devient plus facile quand le marché présente de fortes barrières à l’entrée, ce qui limite l’arrivée de nouveaux concurrents.
- Un exemple de secteur où des cartels sont observés est la téléphonie mobile, avec des pratiques d’entente entre opérateurs.
- Une étude citée porte sur un échantillon exhaustif de 111 cartels détectés et condamnés par la Commission entre 1969 et 2009.
- Selon P. Chalmin, l’OPEP n’aurait connu que 12 années de « vraie vie » entre 1973 et 1985, période pendant laquelle elle a fixé le prix du pétrole, puis aurait eu plus de difficulté à influer le marché.
- Dans l’entente sur la téléphonie mobile, le Conseil de la concurrence sanctionne Orange France, SFR et Bouygues Télécom pour un total de 534 millions d’euros (256, 220 et 58 millions).
💡 Astuce mémo
Moins d’acteurs + demande peu élastique + barrières fortes = cartel facile ; plus de coordination coûteuse = cartel instable.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1776 | Citation d’A. Smith sur la collusion (La richesse des nations, livre I, chap. 10, partie II). |
| 1954 | Définition des barrières à l’entrée attribuée à Bain (Bain, 1954). |
| 1956 | Modèle Structure-Comportement-Performance attribué à Bain (Bain 1956). |
| 1969 | Période de l’étude sur 111 cartels détectés et condamnés par la Commission (entre 1969 et 2009). |
| 2001 | Autosaisine du Conseil de la concurrence (28 août 2001) dans l’affaire de téléphonie mobile. |
| 2003 | Période des échanges d’informations stratégiques sur les nouveaux abonnements et résiliations (de 1997 à 2003). |
| 2004 | Affaire Microsoft : remontée à 2004 (demande de livrer une information « complète et adéquate » sur Windows). |
| 2005 | Communiqué de presse du 1er décembre 2005 : entente sur le marché de la téléphonie mobile (sanctions 534 millions d’euros). |
| 2007 | Affaire Microsoft : première amende de 497 millions d’euros en 2007. |
| 2008 | Affaire Microsoft : Bruxelles réclame 899 millions d’euros supplémentaires en février 2008 ; ouverture de deux nouvelles enquêtes en 2008. |
📊 Tableaux de synthèse
Types de discrimination tarifaire
| Type | Principe | Effet sur le prix |
|---|
| 1er degré | Discrimination parfaite : prix égal à la disponibilité à payer de chaque consommateur | Prix individualisé (selon chaque consommateur) |
| 2ème degré | Discrimination imparfaite : le prix varie avec la quantité consommée (par lots) | Prix dépend de la quantité achetée |
| 3ème degré | Discrimination imparfaite : prix différents selon des groupes de consommateurs | Prix plus élevé pour le groupe à demande moins élastique |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre CPP et concurrence pure et parfaite : la CPP est un cadre compatible avec l’équilibre offre-demande, alors que la CPP au sens strict correspond aux hypothèses de la concurrence pure et parfaite.
- Croire que l’élasticité-prix croisée mesure l’effet du prix du bien A sur la demande de A : elle mesure la variation de la demande de A quand le prix de B varie.
- Interpréter le signe de l’élasticité-prix croisée à l’envers : positif = substituables, négatif = complémentaires, nul = indépendants.
- Penser que le prix psychologique est un prix « réel » unique : c’est un niveau jugé acceptable, déduit en croisant les seuils « trop cher » et « mauvaise qualité ».
- Oublier que le taux de marge dépend de l’élasticité-prix : plus la demande est peu élastique, plus la marge (et donc le prix proposé) peut être élevée via t=1/(1−e).
- Dire qu’un monopole existe sans préciser le marché pertinent : la définition exige de définir le produit et l’étendue (marché de référence).
- Croire que la cartellisation est facile dès qu’il y a peu d’entreprises : elle dépend aussi des barrières à l’entrée et des coûts de coordination, et les firmes ont des incitations à tricher.
✅ Checklist Examen
- Définir l’économie industrielle et expliquer pourquoi elle s’éloigne de la concurrence pure et parfaite (pouvoir de marché, nombre d’offreurs limité).
- Lister les intérêts de l’économie industrielle : décision privée (stratégies) et décision publique (concurrence, industrie, aménagement) avec exemples d’autorités.
- Expliquer le cadre Structure-Comportement-Performance (structure → comportements stratégiques → performance) et rappeler les critiques (déterminisme, causalité inversée).
- Définir un marché (lieu réel ou fictif) et préciser comment il détermine quantité échangée et prix de marché, puis distinguer biens, travail, capitaux.
- Présenter les 5 hypothèses de la concurrence pure et parfaite et conclure pourquoi elles impliquent l’absence de pouvoir de marché (price-takers).
- Décrire la demande et l’offre : déterminants (autres facteurs supposés fixés), loi de la demande (courbe descendante) et loi de l’offre (courbe ascendante).
- Expliquer la loi de l’offre et de la demande : si offre > demande alors prix baisse, si offre < demande alors prix augmente, et pourquoi l’effet peut être peu visible hors CPP.
- Définir l’élasticité-prix de la demande et interpréter les cas |ED|>1, |ED|=1, |ED|<1, puis appliquer le calcul d’effet en % (ex : ep=-0,5 et prix +10%).
- Définir et interpréter l’élasticité-prix croisée (substituables/complémentaires/indépendants) et l’élasticité-revenu (inférieur/normal/supérieur).
- Expliquer la fixation du prix selon coûts, demande et concurrence, puis relier prix psychologique et consentement à payer (seuils « trop cher » / « mauvaise qualité »).
- Calculer et interpréter le taux de marge et le prix proposé : t=1/(1−e) et P=(1+t)×CTM, en reliant marge et pouvoir de marché.
- Expliquer les stratégies de prix et la discrimination tarifaire : types (1er/2ème/3ème degré), discrimination intertemporelle et tarification de pointe, puis prix d’écrémage/pénétration/prix-limite.
- Mesurer la concentration et le pouvoir de marché : définir marché pertinent, Cm, HHI (avec seuils US), et relier marge à conditions de concurrence.
- Définir monopole, barrières à l’entrée (légales/structurelles/stratégiques) et marché contestable, puis expliquer le comportement du monopole (effets quantité/prix, arbitrage via élasticité).
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