📋 Plan du Cours
- Transformation de Paris sous Napoléon III
- Opéra Garnier : projet et contexte
- Attentat de la rue Le Peletier
- Charles Garnier : ambition et matériaux
- Façade et parcours d’entrée de l’opéra
- Styles Second Empire et éclectisme
- Immeubles haussmanniens : principes de la rue-mur
- Haussmannisation : hygiène, circulation et épidémies
- Gare Saint-Lazare et modernité industrielle
- La Curée : destruction urbaine et spéculation
- Le Cygne : nostalgie de l’ancien Paris
- Synthèse : art et modernisation parisienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Napoléon III : Empereur français qui lance et supervise de grands travaux pour moderniser Paris à la fin du XIXe siècle.
- Georges-Eugène Haussmann : Préfet chargé de diriger les transformations urbaines menées sous le règne de Napoléon III.
- Transformation urbaine de Paris : Ensemble des changements du tissu urbain parisien qui remplacent les rues étroites par de grands boulevards et modifient l’architecture.
- Opéra Garnier : Édifice majeur de Paris, construit sous Napoléon III, conçu par Charles Garnier et inauguré en 1875.
- Charles Garnier : Architecte associé à la conception de l’Opéra Garnier, dont la construction commence en 1862.
📝 Points essentiels
- Au XIXe siècle, Paris connaît de profondes transformations urbaines qui modernisent le paysage et ouvrent la ville au monde.
- Sous Napoléon III, de grands travaux sont lancés pour remplacer les rues étroites par de larges boulevards et faire émerger une nouvelle architecture.
- Les changements influencent les artistes, qui témoignent de la modernisation par leurs œuvres (beauté et modernité, conséquences sociales, nostalgie).
- Le projet de l’Opéra Garnier s’inscrit dans un programme lancé par Napoléon en 1853 pour redonner vie à la capitale.
- Les travaux de l’Opéra Garnier débutent en janvier 1862 et l’inauguration a lieu le 5 janvier 1875, après la mort de Napoléon III.
- Napoléon III supervise la construction de l’opéra, mais l’édifice est achevé ensuite, ce qui marque un décalage entre décision impériale et réalisation.
💡 Astuce mémo
Napoléon III = « grands travaux » ; Haussmann = « directeur du chantier » ; Opéra Garnier = « 1862→1875 ».
📖 2. Opéra Garnier : projet et contexte
🔑 Notions clés & Définitions
- Tentative d’assassinat du 14 janvier 1858 : Événement tragique où Napoléon III est visé lors d’une attaque à la rue Le Peletier, près de la salle d’opéra Le Peletier.
- Felice Orsini : Républicain italien à la tête de l’attaque qui utilise des dispositifs explosifs contre la procession et la foule.
- Arrêté impérial du 29 septembre 1860 : Décision officielle déclarant d’utilité publique la construction d’une nouvelle salle de spectacles dans un lieu jugé plus sûr.
- Concours d’architecture de 1861 : Compétition organisée par Napoléon III pour choisir un architecte et un projet de théâtre à la hauteur de Paris.
- Charles Garnier : Architecte (1825–1898) désigné gagnant du concours de 1861 et auteur du projet de l’Opéra Garnier.
📝 Points essentiels
- Le 14 janvier 1858, des républicains italiens menés par Felice Orsini lancent plusieurs « machines infernales » lors de la procession à la rue Le Peletier.
- L’attaque fait huit morts et près de cent quarante-deux blessés, tandis que le couple impérial échappe à la catastrophe.
- Après l’incident, Napoléon III décide de construire une salle de spectacles dans un lieu plus sûr.
- L’arrêté impérial du 29 septembre 1860 déclare le projet d’utilité publique pour ériger un théâtre digne de la capitale.
- Le 30 mai 1861, la ville de Paris désigne Charles Garnier gagnant à l’unanimité du concours.
- Garnier, premier grand prix de Rome en 1848, soumet un projet audacieux numéroté 38 avec la devise « J’aspire à beaucoup, j’attends peu ».
💡 Astuce mémo
Orsini 1858 → Le Peletier (huit morts) ; 1860 arrêté ; 1861 Garnier (numéro 38).
📖 3. Attentat de la rue Le Peletier
🔑 Notions clés & Définitions
- Bourdes scellées au bitume : Élément de fixation décrit comme des bourdes scellées dans le bitume sur des sols incombustibles.
- Structure métallique de l’Opéra Garnier : Structure porteuse interne qui supporte les charges des étages, même si le revêtement peut donner une autre impression.
- Grand escalier de l’Opéra Garnier : Escalier monumental emblématique en marbre blanc, orné de balustrades sculptées, reliant les niveaux du bâtiment.
- Foyer de l’Opéra Garnier : Galerie somptueuse au décor de fresques et de sculptures, pensée comme espace de rencontre avant et après les spectacles.
- Façade principale de l’Opéra Garnier : Façade donnant sur la place de l’Opéra, utilisée comme décor de la perspective de l’avenue en projet.
📝 Points essentiels
- Les bourdes sont scellées au bitume sur des sols incombustibles, ce qui conditionne la tenue du dispositif au feu.
- La salle de spectacle repose sur une structure métallique porteuse, et non sur le seul aspect suggéré par son revêtement.
- Garnier valorise le métal pour sa facilité et sa rapidité d’installation, ainsi que pour sa légèreté, tout en le dissimulant sous des décors (pierre, plâtre, stuc).
- Le grand escalier permet aux spectateurs d’accéder aux différents niveaux, en participant à une performance visuelle.
- Les lustres en cristal, dorures et miroirs produisent un effet féerique grâce au jeu de lumière dans le grand escalier.
- Le foyer est une vaste galerie décorée de fresques et de sculptures évoquant des récits mythologiques et des scènes allégoriques célébrant les arts.
💡 Astuce mémo
Bitume + incombustible = base sûre ; métal caché = pratique visible seulement par l’usage.
📖 4. Charles Garnier : ambition et matériaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Charles Garnier : Architecte associé à l’Opéra Garnier, dont l’œuvre combine ambition monumentale et choix de matériaux luxueux.
- Loggia de l’Opéra Garnier : Galerie ouverte prolongeant le hall, pensée pour l’harmonie du plan et des façades avant et latérales.
- Style Second Empire : Courant du XIXe siècle reconnaissable à une ornementation très riche et à l’usage abondant de bronzes dorés et d’incrustations.
- Style baroque : Style marqué par la grandeur, le caractère dramatique, le contraste (notamment dans l’éclairage) et des formes courbes très travaillées.
- Néo-classicisme : Courant inspiré des temples grecs, reconnaissable notamment par l’usage de colonnes à l’antique.
📝 Points essentiels
- La loggia prolonge le vaste hall donnant sur la place de l’Opéra et s’appuie sur un étage supérieur orné d’un portique.
- La loggia est inspirée de la Renaissance italienne (Vignole, Serlio, Palladio) et du classicisme français des XVIIe-XVIIIe siècles (Claude Perrault, Jules Hardouin-Mansart, Ange-Jacques Gabriel).
- La polychromie est liée aux envois des lauréats des Grands prix de Rome à la Villa Médicis, destinés aux membres de l’Académie des beaux-arts.
- Le style Second Empire se distingue par l’ornementation, les bronzes dorés et des incrustations (nacre, écaille) sur bois noirci.
- L’industrialisation introduit des matériaux comme le papier mâché et la fonte, ce qui rend le luxe plus accessible à la bourgeoisie.
- Le baroque se reconnaît à la grandeur, au dramatique, aux contrastes d’éclairage, aux courbes et à une profusion de traitements de surface et d’éléments sinueux.
💡 Astuce mémo
Second Empire = « doré + incrusté + industriel » (bronzes dorés, nacre/écaille, papier mâché/fonte).
📖 5. Façade et parcours d’entrée de l’opéra
🔑 Notions clés & Définitions
- Opéra de Paris : Œuvre architecturale majeure du monde, associée à un fort prestige architectural et culturel.
- Gaston Leroux : Écrivain dont l’œuvre Le fantôme de l’opéra s’inspire de l’imaginaire lié à l’opéra.
- Immeubles haussmanniens : Ensemble de bâtiments parisiens du XIXe siècle, reconnaissables à leur façade claire et à leur organisation urbaine.
- Baron Haussmann : Administrateur chargé par Napoléon III de transformer et assainir Paris au XIXe siècle.
- Napoléon III : Empereur qui lance les grands travaux parisiens à partir de 1850 et commande la transformation urbaine.
📝 Points essentiels
- L’opéra est présenté comme un symbole du génie architectural et comme une source d’inspiration littéraire, notamment pour Gaston Leroux.
- Napoléon III charge le baron Haussmann en 1853 de mener un projet urbain ambitieux pour rendre Paris plus monumentale sur la scène internationale.
- Avant les travaux, Paris est décrite comme une ville insalubre et peu sûre, avec rues étroites, sombres, surpeuplement et épidémies comme le choléra.
- La transformation urbaine est reliée à l’art par l’apparition de nouveaux courants architecturaux et par la construction d’œuvres monumentales.
- Un immeuble haussmannien typique compte cinq à six étages, chacun ayant une fonction distincte.
- La façade en pierre de taille claire est la marque visuelle principale du style haussmannien et contribue à l’effet lumineux et imposant.
💡 Astuce mémo
Haussmann = Pierre claire + étages fonctionnels + hauteur réglée : « lumière, ordre, unité ».
📖 6. Styles Second Empire et éclectisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Toit en mansarde : Le toit en mansarde est un type de couverture à forte pente qui augmente l’espace habitable sous les combles.
- Moulures et corniches : Les moulures et corniches sont des éléments décoratifs en façade qui structurent visuellement les niveaux d’un immeuble.
- Style haussmannien : Le style haussmannien est un courant architectural qui impose une organisation urbaine et une unité visuelle à grande échelle.
- Rue-mur : La rue-mur est un principe d’urbanisme où des immeubles distincts forment un paysage cohérent sur la rue.
- Gare Saint-Lazare : La Gare Saint-Lazare est une gare parisienne dont l’évolution et la modernité servent de sujet à des œuvres, notamment chez Monet.
📝 Points essentiels
- Le toit en ardoise ou en zinc en mansarde présente une pente de 45° pour optimiser l’espace des étages supérieurs.
- Les façades peuvent rester uniformes tout en recevant des embellissements comme moulures, corniches et sculptures, surtout autour des fenêtres de l’étage noble.
- Le style haussmannien vise une homogénéité forte grâce à une construction ordonnée et à une unité architecturale.
- Le principe de la rue-mur produit un paysage cohérent sur la rue avec des immeubles autonomes mais architecturalement compatibles.
- Les proportions des immeubles sont adaptées à la largeur de la voirie pour maintenir l’équilibre urbain.
- La transformation de Paris à la fin du XIXe siècle se reflète aussi dans l’art par l’apparition de nouveaux courants architecturaux, dont le style haussmannien.
💡 Astuce mémo
Mansarde 45° = plus de place ; Rue-mur = immeubles séparés mais même “ligne” sur la rue.
📖 7. Immeubles haussmanniens : principes de la rue-mur
🔑 Notions clés & Définitions
- Rue-mur : Principe urbain où l’alignement des façades crée un mur continu qui encadre la rue et donne une impression d’unité.
- Immeubles haussmanniens : Ensemble d’immeubles typiques du Paris du Second Empire, conçus pour donner une image monumentale et régulière aux rues.
- Second Empire : Période politique au cours de laquelle Paris subit de vastes transformations urbaines, notamment sous l’impulsion de grands travaux.
- Baron Haussmann : Administrateur à l’origine de grands chantiers parisiens qui transforment l’esthétique de la capitale et ses usages.
- Critique sociale zolienne : Démarche naturaliste qui met en évidence les effets sociaux et économiques des transformations urbaines à travers des scènes concrètes.
📝 Points essentiels
- Les transformations parisiennes de la fin du XIXe siècle sont présentées comme à la fois architecturales et industrielles, modifiant le paysage urbain et les activités.
- Le principe de rue-mur repose sur l’effet de continuité des façades, qui rend la rue plus structurée et donne une impression d’ensemble.
- Les immeubles haussmanniens servent à montrer que la ville change globalement, pas seulement par des bâtiments isolés comme les gares.
- Dans La Curée, Zola décrit un quartier en chantier pour faire sentir l’intensité des transformations matérielles de Paris.
- Le chantier attire des spéculateurs, ce qui relie l’aménagement urbain à des bouleversements sociaux et économiques.
- La démarche naturaliste de Zola vise à révéler les mécanismes des mœurs et à formuler une critique sociale à partir du réel du chantier.
💡 Astuce mémo
Rue-mur = façades en ligne → rue “encadrée” comme un mur continu.
📖 8. Haussmannisation : hygiène, circulation et épidémies
🔑 Notions clés & Définitions
- Paris nouveau : Le Paris nouveau désigne la capitale modernisée, plus vaste et recomposée, qui remplace progressivement l’ancien tissu urbain.
- Grands boulevards : Les grands boulevards sont les axes percés qui structurent la ville moderne et symbolisent l’élargissement de Paris sous le Second Empire.
- Chantier urbain : Le chantier urbain correspond à la phase de travaux intenses où la ville est détruite et reconstruite, rendant visibles les transformations.
- Spéculateurs : Les spéculateurs sont des acteurs économiques qui profitent des mutations urbaines pour acheter et revendre rapidement.
- Enrichissement opportuniste : L’enrichissement opportuniste décrit l’accumulation de profits tirée de la situation, sans considération pour les conséquences sociales ou urbaines.
📝 Points essentiels
- Zola fait apparaître un « Paris nouveau » qui s’élargit, renvoyant aux grands boulevards percés sous le Second Empire.
- La disparition de l’ancien Paris est suggérée par l’idée de quartiers entiers qui s’effacent au profit d’un renouveau urbain.
- Le chantier est rendu par des images de destruction (maisons éventrées, terrains nus, échafaudages) et par un vocabulaire de la démolition.
- La modernisation est présentée comme violente : le fracas des pierres abattues et les façades béantes donnent une impression de mutilation et de chaos.
- La critique sociale vise la spéculation : des hommes d’affaires rôdent autour des terrains et réalisent des profits en achetant puis en revendant rapidement plus cher.
💡 Astuce mémo
Chantier = bruit + blessures : pierres abattues, façades béantes, puis spéculateurs qui “achètent aujourd’hui, vendent demain”.
📖 9. Gare Saint-Lazare et modernité industrielle
🔑 Notions clés & Définitions
- Spéculateurs : Personnes qui profitent des transformations urbaines pour réaliser un gain rapide, en achetant puis en revendant.
- Rôder : Verbe qui décrit une présence insistante et opportuniste, suggérant une attitude presque prédatrice autour des terrains.
- Modernisation haussmannienne : Ensemble des grands travaux qui transforment Paris par la rénovation des immeubles et la création de nouveaux espaces et bâtiments.
- Immeubles haussmanniens : Immeubles rénovés ou construits dans le cadre des transformations urbaines menées sous Haussmann.
- Le Cygne : Poème de Baudelaire où le narrateur exprime la mélancolie face à la disparition de l’ancien Paris.
📝 Points essentiels
- Zola critique la logique financière des transformations urbaines en montrant des hommes d’affaires opportunistes.
- Le verbe « rôder » suggère un comportement prédateur, presque honteux, autour des terrains en transformation.
- La formule « acheter aujourd’hui pour vendre demain au double du prix » insiste sur la rapidité et l’avidité du système.
- La transformation de Paris est présentée comme un espace de profit où l’urbanisme sert les intérêts des spéculateurs.
- Zola relie la modernisation urbaine à la corruption et à la recherche du gain propres, selon lui, au Second Empire.
- Baudelaire décrit la mutation de Paris sous Haussmann comme une source de désespoir, notamment par des comparaisons et une tonalité sombre.
💡 Astuce mémo
Spéculateurs = « rôder » + « double demain » : ils traquent le profit pendant que la ville change.
📖 10. La Curée : destruction urbaine et spéculation
🔑 Notions clés & Définitions
- Immeubles haussmanniens : Ensemble d’immeubles remodelés selon le style haussmannien, qui transforme durablement le paysage urbain parisien.
- Opéra Garnier : Bâtiment emblématique construit à Paris, présenté comme un nouveau repère architectural et culturel de la modernisation.
- Nostalgie : État affectif tourné vers un passé idéalisé, qui domine quand la ville change et rend le retour impossible.
- Mélancolie : Tonalité émotionnelle durable faite de tristesse et de regret, utilisée pour exprimer le choc face à la transformation de Paris.
📝 Points essentiels
- La rénovation massive transforme non seulement les immeubles, mais aussi d’autres structures urbaines, ce qui modifie profondément le paysage parisien.
- Les espaces verts sont multipliés, et de nouveaux bâtiments apparaissent, dont l’Opéra Garnier.
- Baudelaire critique la transformation de Paris en recourant à des comparaisons qui opposent la vitesse du changement urbain à la fragilité humaine.
- Baudelaire s’adresse aux éléments météorologiques pour qu’ils se déchaînent contre ce qu’il refuse, ce qui traduit une souffrance intense.
- Le poème fait surgir un souvenir au Carrousel : un cygne « s’était évadé de sa cage » cherchant son « beau lac natal », symbole d’un passé perdu.
- La nostalgie est renforcée par l’idée que « Paris change » mais que la mélancolie du poète ne bouge pas, ce qui installe une posture d’exilé face au changement.
💡 Astuce mémo
Cygne + cage = exil : la ville change, mais le cœur reste en arrière-plan (nostalgie et mélancolie).
📖 11. Le Cygne : nostalgie de l’ancien Paris
🔑 Notions clés & Définitions
- Le Cygne : Poème de Charles Baudelaire qui utilise l’image du cygne pour exprimer la mélancolie face à la disparition d’un Paris ancien.
- Charles Baudelaire : Poète du XIXe siècle dont l’écriture traduit le bouleversement des Parisiens devant la modernisation de la ville.
- Paris haussmannien : Paris transformé au XIXe siècle par l’urbanisme et l’architecture, qui modifie durablement le visage de la capitale.
- Nostalgie de l’ancien Paris : Sentiment de regret et de tristesse provoqué par la disparition des formes urbaines anciennes au profit du nouveau Paris.
📝 Points essentiels
- Baudelaire emploie Le Cygne pour dire sa mélancolie devant l’ancien Paris qui s’efface.
- Le poème sert de témoignage artistique du choc ressenti par les Parisiens face aux transformations urbaines.
- La modernisation de Paris est présentée comme un passage vers un « nouveau » Paris, visible dans la ville et ressenti dans l’art.
- L’image du cygne fonctionne comme un symbole du décalage entre mémoire et réalité urbaine transformée.
- La transformation du XIXe siècle se lit aussi dans d’autres arts, mais Le Cygne met surtout l’accent sur la dimension affective et narrative du changement.
- La gare Saint-Lazare, associée à la fumée et aux cheminots, illustre la révolution industrielle qui continue de marquer la peinture et complète le tableau de la modernité.
💡 Astuce mémo
Cygne = « chant du regret » : quand le vieux Paris disparaît, le poème pleure la mémoire.
📖 12. Synthèse : art et modernisation parisienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Le Cygne : Le Cygne est un poème où un cygne mythique sert d’allégorie du poète, de la douleur et de l’exil face à un monde qui change.
- Paris nouveau : Paris nouveau désigne la ville en chantier, transformée par les travaux et la modernisation, visible dans les ruines et les constructions.
- Le vieux Paris : Le vieux Paris correspond à la ville disparue, évoquée par la mémoire et associée à des images de pertes irréparables.
- Allégorie : L’allégorie est un procédé où des images concrètes (cygne, ruines, personnages) renvoient à des idées abstraites comme la mélancolie et le deuil.
- Modernisation sous le Second Empire : La modernisation sous le Second Empire renvoie aux transformations urbaines rapides qui bouleversent les quartiers et accélèrent la ville.
📝 Points essentiels
- Le poème oppose un Paris qui change matériellement à une mélancolie intérieure qui ne bouge pas.
- Le cygne évadé, traînant son plumage sur le pavé, devient un mythe fatal qui exprime l’exil et l’impuissance.
- Le regard du poète transforme les baraques, chapiteaux, flaques et bric-à-brac en signes d’une perte et d’une ruine.
- Devant le Louvre, les souvenirs se superposent au présent et deviennent des allégories plus lourdes que la pierre.
- Les références à Andromaque, Pyrrhus, Hector et Hélénus font du deuil un modèle universel de ce qui ne se retrouve jamais.
- La modernisation est décrite comme une fièvre de bâtir : démolitions, tracés d’avenues, terrains nus et spéculateurs en quête de profit.
💡 Astuce mémo
Cygne→exil : la ville change, mais le deuil reste ; ruines→allégories : chaque chantier réveille un souvenir impossible à récupérer.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1853 | Napoléon III lance le projet pour redonner vie à la capitale (programme lié à l’Opéra Garnier). |
| janvier 1862 | Début des travaux de l’Opéra Garnier. |
| 5 janvier 1875 | Inauguration de l’Opéra Garnier. |
| 14 janvier 1858 | Tentative d’assassinat de Napoléon III sur la rue Le Peletier (Felice Orsini). |
| 29 septembre 1860 | Arrêté impérial déclarant d’utilité publique la construction d’une nouvelle salle de spectacles. |
| 30 mai 1861 | La ville de Paris désigne Charles Garnier gagnant du concours à l’unanimité. |
| 1848 | Charles Garnier est premier grand prix de Rome. |
| 1850 | Napoléon III affirme vouloir ouvrir de nouvelles rues et assainir les quartiers populaires. |
| 1854 | La Gare de l’Ouest prend le nom de Gare Saint-Lazare. |
| 1877 | Claude Monet réalise une série de tableaux de la Gare Saint-Lazare (janvier 1877). |
📊 Tableaux de synthèse
Acteurs et rôles dans la transformation parisienne
| Acteur | Rôle | Ce que ça produit |
|---|
| Napoléon III | Supervise et lance les grands travaux | Modernisation de Paris (rues, équipements, projet de l’Opéra) |
| Georges-Eugène Haussmann | Dirige les transformations urbaines | Remplacement des rues étroites par de larges boulevards, nouvelle architecture |
| Charles Garnier | Architecte de l’Opéra | Édifice éclectique (Second Empire, baroque, néo-classicisme) et solutions techniques (métal dissimulé) |
| Zola (La Curée) | Observateur critique naturaliste | Montre “Paris nouveau”, destruction et spéculation |
| Baudelaire (Le Cygne) | Poète de la nostalgie | Oppose Paris qui change et mélancolie qui ne bouge pas |
| Monet (Gare Saint-Lazare) | Peintre de la modernité | Représente l’industrialisation (acier, fumée, verrière) et la ville haussmannienne |
Trois regards artistiques sur la modernisation
| Œuvre | Angle | Message dominant |
|---|
| Opéra Garnier | Architecture et spectacle | Modernité monumentale et raffinement (Second Empire, éclectisme) |
| La Curée | Roman naturaliste | Violence des chantiers et critique de la spéculation |
| Le Cygne | Poésie | Nostalgie/mélancolie : Paris change, mais le cœur du poète reste |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la date de début des travaux de l’Opéra (janvier 1862) avec l’inauguration (5 janvier 1875).
- Croire que Napoléon III a fait achever l’Opéra : la construction est supervisée par lui mais achevée après sa mort.
- Penser que la salle de spectacle repose sur le seul revêtement : la charge est portée par une structure métallique.
- Oublier le rôle du bitume : les planchers visibles sont installés sur des lambourdes scellées au bitume sur des sols incombustibles.
- Confondre “rue-mur” (continuité visuelle par alignement des façades) avec une simple rue commerçante ou un style de façade isolé.
- Réduire la modernisation à l’esthétique : dans La Curée, elle est aussi violente (destruction/chaos) et liée à la spéculation.
- Confondre nostalgie et simple tristesse : chez Baudelaire, “Paris change” mais “rien dans ma mélancolie n’a bougé”, avec allégorie (cygne, exil).
✅ Checklist Examen
- Savoir expliquer comment Napoléon III et Haussmann transforment Paris : rues étroites remplacées par de larges boulevards, nouvelle architecture et ouverture au monde.
- Connaître le rôle de l’Opéra Garnier dans le projet lancé en 1853 et rappeler que Napoléon III supervise la construction malgré une réalisation après sa mort.
- Maîtriser la chronologie de l’Opéra : 14 janvier 1858 (attentat), 29 septembre 1860 (arrêté d’utilité publique), concours 1861 (désignation de Garnier), travaux janvier 1862, inauguration 5 janvier 1875.
- Savoir identifier Felice Orsini et l’attaque de la rue Le Peletier : “machines infernales”, huit morts et près de cent quarante-deux blessés.
- Expliquer pourquoi Garnier utilise le métal : facilité/rapidité/légèreté, tout en le dissimulant sous pierre, plâtre ou stuc.
- Décrire les espaces emblématiques : grand escalier (performance visuelle, marbre blanc, balustrades, effet lumineux), foyer (fresques/sculptures, rencontre avant et après).
- Rappeler la façade et l’entrée sud : rôle de décor de la perspective, loggia inspirée Renaissance italienne et classicisme français, et parcours initiatique vers la grande salle.
- Connaître les caractéristiques d’un immeuble haussmannien : pierre de taille claire, hauteur proportionnelle à la largeur, hiérarchie sociale (magasins/étage noble/chambres de bonne), toit en mansarde à 45°, moulures/cor
- Savoir définir et utiliser “rue-mur” : façades en continuité créant un paysage cohérent avec immeubles autonomes mais compatibles, proportions adaptées à la voirie.
- Expliquer comment Monet fait de la Gare Saint-Lazare un symbole de modernité : acier/rails au premier plan, locomotives et fumée au deuxième, ville haussmannienne au troisième, et série peinte en janvier 1877.
- Savoir analyser La Curée : “Paris nouveau” qui s’élargit, occultation du vieux Paris, images de destruction, et critique de la spéculation (“rôdaient”, “acheter aujourd’hui pour vendre demain au double du prix”).
- Savoir analyser Le Cygne : comparaisons et exclamations, adresse aux éléments, souvenir du cygne “s’évade de sa cage”, allégorie de l’exil, et formule “Paris change ! mais rien dans ma mélancolie n’a bougé” avec allégor
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