Lernzettel: Anatomie et traumatologie du rachis

Plan du Cours

  1. Anatomie du rachis et de la moelle
  2. Épidémiologie et secours préhospitaliers
  3. Bilan neurologique et imagerie
  4. Traitement du rachis et soins postopératoires
  5. Complications du rachis opéré
  6. Traumatismes du bassin et de la hanche
  7. Fractures du fémur et du genou
  8. Fractures de jambe et cheville
  9. Infection orthopédique et prévention
  10. Infections de la main
  11. Amputation: indications et conséquences

1. Anatomie du rachis et de la moelle

Notions clés & Définitions

  • Plans anatomiques : Les plans anatomiques décrivent les vues du corps en coupe pour localiser les structures au scanner ou à l’IRM, soit en transverse, frontal ou sagittal.
  • Secteurs rachidiens : Les secteurs rachidiens regroupent les vertèbres par région anatomique, comprenant cervical, thoracique, lombaire et sacrococcygien fusionné.
  • Disque intervertébral : Le disque intervertébral maintient un espace entre deux corps vertébraux et participe à l’appui antérieur pendant que les facettes en arrière se touchent via leur cartilage.
  • Espace mobile de Junghans : L’espace mobile de Junghans est un volume délimité par le disque, les cartilages et les ligaments, centré sur les éléments neurologiques.
  • Moelle épinière : La moelle épinière s’étend du foramen magnum jusqu’au cône médullaire, puis se prolonge par la queue de cheval sous L1-L2.

Points essentiels

  • Le rachis comprend 33 vertèbres au total : 7 cervicales, 12 thoraciques, 5 lombaires et 9 sacrococcygiennes fusionnées.
  • Les 3 plans majeurs sont transverse (axial), frontal (coronal) et sagittal, utilisés pour l’imagerie en coupe.
  • Le disque intervertébral contient environ 70% d’eau et 30% de protéoglycanes.
  • La moelle s’étend du foramen magnum jusqu’à L1 et se termine au niveau du cône médullaire avant la queue de cheval.
  • La moelle se termine en L1-L2, avec en dessous des racines de la queue de cheval, et les courbures majeures sont lordose cervicale, cyphose dorsale et lordose lombaire.

Astuce mémo

7-12-5-9 = cervical-thoracique-lombaire-sacrococcygien (total 33).

2. Épidémiologie et secours préhospitaliers

Notions clés & Définitions

  • Traumatismes médullaires : Ensemble des lésions de la moelle épinière survenant après un traumatisme, dont l’incidence et les mécanismes varient selon les populations étudiées.
  • Conduite à tenir préhospitalière : Démarche de prise en charge initiale visant à limiter l’aggravation médullaire et les complications vitales avant l’accès au centre spécialisé.
  • ASIA : Score neurologique utilisé pour évaluer de façon structurée l’atteinte médullaire lors du bilan préhospitalier.
  • Immobilisation du rachis : Mesure de protection visant à limiter les mobilisations du rachis et éviter un déplacement secondaire lors du transport.

Points essentiels

  • En France, on estime environ 2000 nouveaux cas par an, soit 30–40 cas par an et par million d’habitants, avec un sex-ratio proche de 4 hommes pour 1 femme.
  • Les causes principales sont les accidents de la voie publique (54%), les chutes (20%), le sport (10%) notamment plongeon en eau peu profonde, l’autolyse (9%) et les causes iatrogènes (0,1–0,5%).
  • Le retard diagnostique est rapporté à 24% et le transport sans immobilisation à 16%, avec une aggravation lors du transport dans 3% des cas.
  • La moelle se termine classiquement vers L1–L2 et, en préhospitalier, l’orientation vers un centre de référence et une prise en charge spécialisée multidisciplinaire doit être précoce.
  • En cas de blessé médullaire suspecté, le but initial inclut une hémodynamique stable (PAm ≥ 80 mmHg, limiter le remplissage et éviter les variations tensionnelles), une oxygénation SpO2 ≥ 97% et un réchauffement.

Astuce mémo

Think “PAM 80 / SpO2 97 / Chaud”: stabiliser la perfusion, l’oxygène et la température dès le ramassage.

3. Bilan neurologique et imagerie

Notions clés & Définitions

  • ASIA score : Le score ASIA quantifie le déficit neurologique médullaire en détaillant les composantes motrices et sensitives pour suivre l’évolution.
  • Score de Frankel : Le score de Frankel classe le degré d’atteinte médullaire, avec un stade A pour atteinte complète et un stade E pour examen normal.
  • Syndrome de la queue de cheval : Le syndrome de la queue de cheval correspond à une atteinte radiculaire lombosacrée, reconnue notamment par des troubles neurologiques périnéaux.
  • Classification de Magerl : La classification de Magerl regroupe les lésions rachidiennes selon trois mécanismes lésionnels, compression, distraction et rotation.
  • Imagerie par résonance magnétique : L’IRM est une imagerie utile pour analyser finement les lésions médullaires et expliquera parfois une discordance entre symptômes et aspect osseux en TDM.

Points essentiels

  • Le bilan neurologique doit être fait minutieusement et par écrit dès la prise en charge, puis répété régulièrement même chez le blessé conscient.
  • La présence de troubles neurologiques impose le plus souvent une prise en charge chirurgicale urgente.
  • La TDM est l’imagerie de première intention et doit étudier la totalité du rachis avec reconstructions sagittales et frontales.
  • Pour la sténose du canal au scanner, la mesure se fait au niveau de la coupe pédiculaire et un recul > 50% expose à un risque neurologique important.
  • En cas de discordance entre l’atteinte neurologique et l’absence de lésion osseuse visible, l’IRM permet de rechercher des lésions médullaires et ligamentaires.

Astuce mémo

ASIA/Frankel = sévérité; Magerl = mécanisme (A compression, B distraction, C rotation); TDM d’abord, IRM si “symptômes sans lésion osseuse”.

4. Traitement du rachis et soins postopératoires

Notions clés & Définitions

  • Analyse lésionnelle : L’analyse lésionnelle classe la lésion pour estimer son potentiel évolutif avant de choisir le traitement.
  • Sténose du canal rachidien : La sténose du canal rachidien correspond à une diminution du calibre où se trouve le tissu nerveux, avec retentissement neurologique possible.
  • Corset : Le corset peut être utilisé sans réduction ou après réduction pour immobiliser et corriger la déformation selon la stratégie choisie.
  • Soins postopératoires : Les soins postopératoires visent à protéger la stabilité, surveiller la peau et la fonction urinaire, et prévenir escarres et thromboembolies.

Points essentiels

  • Le traitement doit répondre à 3 impératifs : réduction de la déformation rachidienne, correction de la cyphose, puis stabilisation par ostéosynthèse.
  • La libération du canal rachidien (laminectomie) est facultative et réservée aux cas avec troubles neurologiques ou sténose importante.
  • Le traitement non chirurgical peut inclure un corset sans réduction ou une réduction sous corset, tandis que le traitement chirurgical utilise réduction préopératoire/peropératoire et instrumentation.
  • En postopératoire : prévention ++ escarres et thromboembolies (anticoagulant et bas à varices) avec mobilisation selon le schéma prescrit (pas de corset au lit).
  • Chez le patient neurologique : mobilisation au lit ++, matelas anti-escarre +++, surveillance cutanée, et sonde urinaire sans clampage avec décision médicale pour l’ablation.

Astuce mémo

3 R : Réduction + Correction de cyphose + Stabilisation.

5. Complications du rachis opéré

Notions clés & Définitions

  • Déficit neurologique postopératoire : Un trouble moteur ou sensitif qui apparaît après l’opération et peut nécessiter une reprise en urgence s’il s’aggrave rapidement ou s’il existe des signes compressifs.
  • Hématorachis : Un hématome rachidien compressif post-opératoire pouvant survenir avec un intervalle libre d’environ 6 heures et imposer une prise en charge urgente.
  • Brèche durale : Une ouverture accidentelle de l’enveloppe du LCR, provoquant une fuite et donnant un tableau clinique pouvant associer céphalées positionnelles et cervicalgies.
  • Suintement clair au drain : Un aspect de contenu clair (type LCR) pouvant orienter vers une brèche durale quand il est observé après chirurgie et motivera une évaluation complémentaire en cas de doute.
  • Infection du site opératoire : Une complication infectieuse du site chirurgical avec fièvre, douleur, et signes cutanés ou biologiques, dont le traitement repose sur prélèvements et antibiothérapie après identification du germe.

Points essentiels

  • En cas d’aggravation neurologique, le diagnostic doit rechercher un élément compressif par examen répété (sensibilité, motricité, territoire périnéal) avec appel du médecin en urgence si atteinte périnéale.
  • Le hématorachis est une urgence diagnostique et chirurgicale, classiquement avec décompression idéalement dans les 3 heures et IRM (ou scanner selon contexte) pour confirmer la cause.
  • La brèche durale donne typiquement des céphalées positionnelles et peut s’accompagner de cervicalgies, nausées/vomissements, parfois troubles visuels, avec suspicion renforcée si le redon revient clair.
  • En cas de découverte de brèche durale post-opératoire, la prise en charge est souvent conservatrice (suture cutanée, pansement compressif, surveillance rapprochée) avec options comme blood patch ou injection de fibrine si échec ou selon équipes.
  • L’infection du site opératoire survient environ dans 1 à 4% des chirurgies du rachis et se confirme par prélèvements/cultures avec antibiogramme avant antibiothérapie, avec conduite incluant drainage/excision si aiguë.
  • L’antibioprophylaxie est débutée avant l’induction avec réinjections peropératoires selon les demi-vies jusqu’à la fermeture cutanée, et l’organisation du bloc vise à limiter les risques (pas de chirurgie septique).

Astuce mémo

Hématorachis = “H” d’urgence : intervalle libre ~6 h puis déficit rapide → penser décompression ≤3 h.

6. Traumatismes du bassin et de la hanche

Notions clés & Définitions

  • Bassin : Ensemble osseux formé de 2 os coxaux avec le sacrum et le coccyx, qui peut être le siège de fractures avec retentissement vital et fonctionnel.
  • Fracture extra-articulaire : Fracture du bassin qui ne touche pas l’articulation de la hanche, avec une localisation différente de la fracture du cotyle.
  • Fracture du cotyle : Atteinte articulaire du cotyle, c’est-à-dire l’articulation coxo-fémorale, avec risque d’arthrose précoce et douleurs à la marche.
  • Fracture des branches ilio-ischio-pubiennes : Fracture des branches ischio- et ilio-pubiennes, souvent observée chez le sujet ostéoporotique après une chute de sa hauteur.
  • Fracture du col fémoral : Fracture située au niveau du col fémoral qui met en jeu la vascularisation de la tête fémorale, avec risque de nécrose.

Points essentiels

  • Le traumatisme du bassin est classé grave ou pas grave selon le pronostic vital (souvent lié au polytraumatisme et au choc hémorragique) puis au pronostic fonctionnel (notamment nerveux, genito-urinaire et ostéo-articulaire).
  • En cas de suspicion de lésion vésicale/urétrale lors d’un traumatisme du bassin, ne pas sonder et préférer un KT sus-pubien pour éviter l’aggravation.
  • La fracture des branches ilio-ischio-pubiennes chez le sujet âgé ostéoporotique est la plus fréquente et souvent la plus bénigne, avec douleur et impotence plus ou moins marquées.
  • Dans la fracture du cotyle, le traitement vise d’abord à sauver la vie (monitoring, remplissage/transfusions, KT sus-pubien, embolisation ou procédures associées) puis à traiter la fracture une fois le patient stable.
  • Dans la fracture du col fémoral, la prise en charge dépend de l’âge et du type, avec possibilités de vissage ou prothèses (intermédiaire ou totale) et, si prothèse, une remise en charge rapide.

Astuce mémo

Bassin = penser “saigne + urine + nerfs” : rechercher choc hémorragique, rupture vésicale/urètre (KT sus-pubien, pas de sondage) et atteinte nerveuse.

7. Fractures du fémur et du genou

Notions clés & Définitions

  • Fracture pertrochantérienne : Fracture extra-capsulaire située autour des trochanters, avec peu de risque de dévascularisation de la tête fémorale.
  • Entorse grave du genou : Entorse du genou correspondant aux lésions du pivot central, associée à une instabilité importante et à un risque ligamentaire majeur.
  • Fracture du plateau tibial : Fracture du genou traumatique touchant les plateaux tibiaux, associée à une hémarthrose et à la recherche systématique de lésions vasculo-nerveuses.
  • Fracture de la rotule : Fracture du genou après choc direct, évaluée en radiographie pour déterminer la stabilité et le traitement orthopédique ou chirurgical.

Points essentiels

  • La fracture du col fémoral survient avec mise en jeu de la vascularisation de la tête fémorale et expose à un risque de nécrose de la tête fémorale.
  • Les fractures trochantériennes sont extra-capsulaires, avec peu de risque de dévascularisation de la tête fémorale.
  • Le traitement d’une fracture du col fémoral peut être le vissage ou une prothèse intermédiaire de hanche ou totale selon l’âge et le type, avec remise en charge rapide si prothèse.
  • L’entorse grave se suspecte devant un craquement, un déboîtement et une impotence totale immédiate, avec mécanismes évocateurs (valgus+LCA, varus+rotation, hyperextension+LCA).
  • Une fracture du plateau tibial entraîne un genou douloureux, déformé, avec impotence totale et hémarthrose, et impose de rechercher des atteintes vasculaires et nerveuses (phlébite ++).
  • Une fracture de la rotule non déplacée est traitée de façon orthopédique, tandis qu’une fracture déplacée nécessite une ostéosynthèse.

Astuce mémo

Col fémoral = caput fragile : vascularisation atteinte → nécrose; pertrochanter = extra-capsulaire → caput mieux protégé.

8. Fractures de jambe et cheville

Notions clés & Définitions

  • Fracture de jambe : Fracture strictement extra-articulaire de la jambe, où l’atteinte porte sur le tibia et la fibula.
  • Syndrome de loge : Complication pouvant survenir après fracture de jambe, imposant une palpation des masses musculaires à la recherche de compression.
  • Fracture bi malléolaire : Fracture de la cheville touchant à la fois les deux malléoles, souvent associée à douleur, craquements et impotence fonctionnelle.
  • Réduction en urgence : Intervention urgente à programmer quand la peau est menacée au niveau d’une fracture bi malléolaire, pour permettre la prise en charge.
  • Rupture du tendon achiléen : Rupture du tendon d’Achille, suspectée devant une douleur brutale « coup de fouet » et une faiblesse de flexion plantaire.

Points essentiels

  • La fracture de jambe représente environ 20% des fractures et survient classiquement chez l’adulte jeune après AVP ou sport avec mécanisme direct ou indirect par torsion.
  • En fracture de jambe, l’ouverture cutanée correspond à une urgence chirurgicale et l’infection est un facteur de mauvais pronostic nécessitant une prise en charge adaptée.
  • En cas de fracture de jambe, il faut rechercher un syndrome de loge par la palpation des masses musculaires, surtout dans le cadre de lésions associées.
  • La fracture bi malléolaire présente un risque cutané rapide (<6 h) avec ecchymoses puis signes de souffrance, ce qui peut empêcher la chirurgie si la peau est menacée.
  • Quand la peau est menacée pour une fracture bi malléolaire, une réduction en urgence est indiquée pour traiter avant la nécrose cutanée.
  • En rupture du tendon achiléen, le test de Thompson peut être positif si la pression des masses musculaires n’entraîne pas la flexion plantaire, et le diagnostic est le plus souvent clinique.

Astuce mémo

VARUS ÉQUIN + malléole externe + « œuf de pigeon » : faux pas = cheville en varus équin avec hématome sous malléolaire externe.

9. Infection orthopédique et prévention

Notions clés & Définitions

  • Infection en orthopédie : L’infection en orthopédie est une pathologie grave qui peut compromettre un membre et laisser un handicap durable.
  • Infection primaire : L’infection primaire survient en dehors de l’hôpital, souvent sous forme d’abcès ou d’infection cutanée comme panaris ou phlegmon.
  • Infection secondaire : L’infection secondaire apparaît après un soin, par exemple après une intervention chirurgicale ou sur une perfusion veineuse ou un sondage urinaire.
  • Infection nosocomiale : L’infection nosocomiale se déclare après 48 heures d’hospitalisation sans signe présent à l’admission.
  • Infection du site opératoire ISO : L’ISO est une infection qui survient dans les 30 jours après l’opération sans matériel, ou dans l’année s’il existe un matériel.

Points essentiels

  • Les infections en orthopédie sont rares mais graves, et leur fréquence sert de critère de qualité pour les établissements.
  • Les taux donnés pour les prothèses sont d’environ 0,5 à 2% pour PTH et PTG, soit plus de 1000 prothèses infectées par an en France.
  • Les germes le plus souvent retrouvés sont les staphylocoques (50 à 60%), puis les streptocoques (10 à 15%) et les BGN (10 à 20%).
  • La recherche doit inclure des prélèvements bactériologiques sur le site infecté et des examens adaptés au contexte, notamment mycobactéries si nécessaire.
  • La prévention par l’environnement inclut la vérification du nettoyage cutané et du rasage avec tondeuse, ainsi que l’application du protocole au bloc opératoire.

Astuce mémo

Période + Source : ISO = 30 jours sans matériel, 1 an avec matériel; nosocomiale = après 48 h.

10. Infections de la main

Notions clés & Définitions

  • Panaris : Infection aiguë cutanée ou sous-cutanée d’un doigt, avec risque d’évolution vers abcès puis complications comme phlegmon, ostéite ou arthrite.
  • Phlegmon des gaines : Infection des gaines des tendons, plus rare mais plus grave, évoluant en synovite purulente puis nécrose tendineuse purulente.
  • Staphylocoque : Groupe de bactéries le plus souvent retrouvé dans les infections de la main, particulièrement mentionné pour le panaris et le phlegmon.
  • Trois stades du panaris : Progression décrite du panaris en stade débutant, stade de collection avec abcès, puis stade de complications avec atteintes profondes.
  • Amputation : Traitement exceptionnel en cas de défaillance majeure, comportant des conséquences fonctionnelles et psychologiques importantes.

Points essentiels

  • Les panaris évoluent en trois stades : début (rougeur, douleur, œdème, réversible), collection (abcès avec douleur pulsatile, insomnie, ADNP, lymphangite) puis complications (phlegmon, ostéite, arthrite).
  • Le phlegmon des gaines est une urgence : début par douleur rougeur œdème et point d’inoculation, puis synovite purulente avec hyperextension/attitude en flexion, fièvre et ADNP.
  • Dans le phlegmon, le stade de nécrose tendineuse purulente donne un doigt en crochet.
  • Le traitement du panaris en début repose sur des soins locaux sans antibiothérapie ni AINS, tandis que la phase de collection nécessite une chirurgie.
  • Le phlegmon impose un traitement chirurgical avec lavage de la gaine et du point d’inoculation au début, puis ouverture du doigt non refermée, lavage et pansement aux stades ultérieurs.

Astuce mémo

Panaris = 3 temps (Début → Abcès → Complications) ; Phlegmon = 2 urgences (Synovite purulente → Nécrose en crochet).

11. Amputation: indications et conséquences

Notions clés & Définitions

  • Amputation en urgence : Amputation réalisée immédiatement quand le membre est très atteint, avec lésions majeures des tissus et de la perfusion ou un risque infectieux rapide.
  • Amputation différée : Amputation prévue avec un délai quand l’indication est de nécessité (échec du traitement ou terrain fragile) plutôt que vitale à court terme.
  • Amputation de nécessité : Amputation justifiée par l’échec d’un traitement ou un sepsis précoce, avec parfois une reconstruction complexe sur terrain fragile.
  • Amputation de confort : Amputation envisagée pour soulager des douleurs importantes et une impotence majeure lors d’un problème chronique difficile à traiter.
  • Membre fantôme : Douleur ou sensation ressentie après une amputation, liée au maintien des impressions nerveuses du membre perdu.

Points essentiels

  • En urgence, l’amputation est indiquée devant des fracas de membre avec atteinte peau, os, artère et nerf.
  • Une amputation de nécessité est dite « heures » si l’échec de pontage ou un sepsis précoce entraîne une gangrène.
  • Une amputation de nécessité est dite « jours » en cas d’infection difficile à traiter, reconstruction majeure sur terrain fragile, ou état neurologique en cause.
  • Une amputation de confort survient après des mois ou des années lors d’infection chronique avec douleurs importantes et impotence majeure.
  • Dans le membre inférieur, il faut « garder le genou » en priorité car l’amputation distale est mieux tolérée.

Repères chronologiques

DateÉvénement
2002- 2003Enquête IRME (traumatismes médullaires) à l’origine d’estimations épidémiologiques
155 mnDélai moyen de prise en charge hospitalière (délai accident-hôpital)
24%Retard diagnostique rapporté en prise en charge (SOFCOT 2002)

Tableaux de synthèse

Classification de Magerl

TypeMécanisme lésionnelExemple
ACompressionCompression pure
BDistractionDistraction postérieure
CRotationRotation

Infections en orthopédie : périodes de définition

PériodeDéfinition (ISO / nosocomiale)Sens clinique
NosocomialeAprès 48 heures d’hospitalisation, sans signe à l’admissionDébut à l’hôpital
ISO (sans matériel)Dans les 30 jours post-opératoireSite opératoire
ISO (avec matériel)Dans l’année si matérielSite opératoire avec risque prolongé

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre le nombre de vertèbres (33 au total) et les chiffres par régions (7 cervicales, 12 thoraciques, 5 lombaires, 9 sacrococcygiennes fusionnées).
  2. Penser que la moelle s’étend jusqu’en dessous de L1-L2 alors qu’elle se termine classiquement au niveau du cône médullaire (queue de cheval ensuite).
  3. Oublier qu’en préhospitalier, un blessé médullaire suspect doit être traité comme polytraumatisé jusqu’à preuve du contraire et que l’évaluation neurologique doit être écrite et répétée.
  4. Se tromper sur l’imagerie : croire que la TDM n’étudie pas tout le rachis, alors que l’étude de la totalité avec reconstructions est demandée.
  5. Rater une aggravation neurologique postopératoire en ne recherchant pas un élément compressif (et donc en ne faisant pas reprendre en urgence).
  6. Sonder un traumatisé du bassin suspect de lésion vésicale/urétrale au lieu d’utiliser un KT sus-pubien.
  7. Mélanger les urgences cutanées : réduire d’urgence une fracture bi malléolaire quand la peau est menacée (<6 h), mais ne pas confondre cela avec le traitement conservateur “immédiat” du panaris de début (sans AB ni AINS).

Checklist Examen

  1. Décrire les plans anatomiques (transverse/axial, frontal/coronal, sagittal) et les secteurs rachidiens (cervical, thoracique, lombaire, sacrococcygien fusionné).
  2. Donner l’essentiel sur le disque intervertébral (espace entre corps vertébraux, ~70% eau / 30% protéoglycanes) et définir l’espace mobile de Junghans.
  3. Indiquer l’étendue de la moelle épinière (foramen magnum à L1, puis fin au cône médullaire; prolongement par la queue de cheval en L1-L2) et les 3 courbures (lordose cervicale, cyphose dorsale, lordose lombaire).
  4. Citer les grands repères épidémiologiques (≈2000 nouveaux cas/an; 54% AVP; 20% chutes; 10% sport; 4 H/1 F) et les chiffres SOFCOT (24% retard, 16% transport sans immobilisation, 3% aggravation au transport).
  5. Lister la conduite à tenir préhospitalière : ramassage en rectitude/immobilisation; évaluation (fiche écrite) et ASIA; hémodynamique (PAm≥80, limiter remplissage, éviter variations); oxygénation (SpO2≥97); réchauffement.
  6. Expliquer le bilan neurologique et l’imagerie : ASIA et score de Frankel; bilan par écrit puis répété; TDM première intention (totalité du rachis avec reconstructions) et IRM en cas de discordance neurologie/absence lésion osseuse.
  7. Rappeler l’analyse lésionnelle (stabilité, déformation, sténose du canal) et la classification de Magerl (A compression, B distraction, C rotation) ainsi que la mesure de sténose sur coupe pédiculaire (recul >50% = risque neurologique important).
  8. Décrire les principes thérapeutiques du rachis : 3 impératifs (réduction déformation, correction de la cyphose, stabilisation par ostéosynthèse) et la libération du canal rachidien (facultative, troubles neurologiques ou sténose importante).
  9. Surveiller et reconnaître les complications postopératoires : hématorachis (urgence; intervalle libre ~6 h; décompression ≤3 h), brèche durale (céphalées positionnelles; redon clair), infection de site (fièvre/douleur; prélèvements/cultures puis antibiothérapie).
  10. Pour le traumatisme du bassin/hanche : classer gravité (vital puis fonctionnel) et retenir les mesures “à ne pas faire” (ne pas sonder; KT sus-pubien) et les principes (vie d’abord pour cotyle; prise en charge col fémoral selon âge/type avec possibilité vissage/prothèse et remise en charge rapide si prothèse).
  11. Pour le membre inférieur : distinguer col fémoral vs trochantériens (vasculaire/capsulaire), entorse grave du genou (pivot central; LCA) vs lésions méniscales, et en jambe/cheville reconnaître syndrome de loge et les urgences cutanées des fractures bi malléolaires (<6 h).
  12. Pour infection et amputation : définir infection nosocomiale (après 48 h) et ISO (30 jours sans matériel, 1 an avec matériel), reconnaître la conduite de diagnostic (prélèvements bactériologiques) et les contextes d’amputation (urgence vs différée de nécessité “heures/jours” vs confort “mois/années”).

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1. Quel est le couple de cibles physiologiques recommandé au ramassage d’un blessé médullaire suspecté ?

2. Quelle est la principale fonction du disque intervertébral dans la colonne vertébrale?

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Vertèbres cervicales — nombre ?

7 vertèbres cervicales.

Plans anatomiques du rachis

Transverse, frontal, sagittal pour imagerie.

Moelle épinière — terminaison ?

Au niveau de L1-L2.

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