Lernzettel: Histoire et enjeux de l'éducation physique

Plan du Cours

  1. Enjeux pluriels de l’obligation de gymnastique
  2. Deux écoles scolaires et publics différenciés
  3. Textes de 1869, 1880 et 1882
  4. Santé, hygiène et sédentarité des élèves
  5. Gymnastique pour prévenir la dégénérescence
  6. Guerre de 1870 et revanche à l’école
  7. Propagande scolaire et préparation militaire
  8. Stabilisation de la IIIe République par l’école
  9. Gratuité, obligation et laïcité de l’école
  10. Manuels scolaires et exercices de commandement
  11. Reconstruction d’après 1944 et jeunesse en danger
  12. État providence, unification scolaire et sport

1. Enjeux pluriels de l’obligation de gymnastique

Notions clés & Définitions

  • Bataillons scolaires : Dispositif scolaire visant à former des garçons à l’école du soldat, notamment pour les défilés, sous l’impulsion des professeurs de gymnastique.
  • Obligation de la gymnastique : Mesure légale imposant la pratique de la gymnastique à l’école, d’abord au secondaire pour les garçons puis au primaire et au secondaire pour les filles.
  • Espérance de vie : Indicateur de durée de vie utilisé pour souligner l’urgence sanitaire de l’époque et la place possible de l’éducation physique dans l’amélioration de la santé.
  • IIIe République : Régime politique instauré en 1870, dont la stabilisation passe aussi par l’école et l’éducation des enfants à l’unité nationale.

Points essentiels

  • 1869 : le secondaire impose la gymnastique aux garçons.
  • 27 janvier 1880 : la loi George rend la gymnastique obligatoire au primaire pour les filles et les garçons.
  • 18 janvier 1882 : le secondaire impose la gymnastique aux filles.
  • 1870 : la santé est jugée préoccupante faute d’un système de soins efficace, ce qui renforce l’idée d’utiliser l’éducation physique comme outil sanitaire.
  • Années 1900 : l’espérance de vie est donnée autour de 40 ans, ce qui justifie la gymnastique comme moyen de prévention et de lutte contre les difficultés de santé.
  • Secondaire : les élèves des lycées sont décrits comme trop sédentaires, et l’école est présentée comme un lieu d’enfermement à compenser par le mouvement.

Astuce mémo

Textes→Santé→Armée→République : 1869/1880/1882 puis 4 enjeux qui se superposent.

2. Deux écoles scolaires et publics différenciés

Notions clés & Définitions

  • École laïque : École qui devient laïque en 1886, avec la crainte que l’influence religieuse ne « pervertisse » la pensée des enfants.
  • Manuels militaires : Manuels d’éducation physique conçus comme une préparation à l’armée, structurés en suites de commandements pour les élèves.
  • Manuel des garçons 1880 : Manuel de 1880 centré sur des exercices sans appareils, avec travail anatomique, assouplissements et sauts.
  • Manuel des garçons 1881 : Manuel de 1881 intégrant des appareils et des exercices à visée militaire, dont position de tir et repérage sur carte.
  • Manuel des filles 1881 : Manuel des filles de 1881 au modèle identique à celui des garçons mais simplifié, avec pédagogie stricte et exercices plus simples.

Points essentiels

  • En 1886, l’école devient laïque, motivée par la peur que les religieux influencent la pensée des enfants.
  • Les manuels d’éducation physique sont présentés comme purement militaires et organisés en commandements donnés par le professeur.
  • Le manuel de 1880 (garçons) propose des exercices sans appareils : anatomie, assouplissement, sauts.
  • Le manuel de 1881 (garçons) ajoute des appareils et englobe des exercices militaires : position de tire et repérage sur carte.
  • Les garçons pratiquent des exercices issus des deux livres, même si les types d’exercices diffèrent entre 1880 et 1881.
  • Les séances sont organisées pour viser environ 30 minutes par jour chez les garçons, avec des exemples comme l’apprentissage de la natation sur un banc (selon le cours).

Astuce mémo

Garçons 1880 = sans appareils (corps/assouplir/sauter) ; Garçons 1881 = avec appareils + militaire (tir/carte) ; Filles 1881 = même cadre mais simplifié et sans militaire.

3. Textes de 1869, 1880 et 1882

Notions clés & Définitions

  • Éclectisme de Démeny : L’éclectisme est une posture pédagogique qui consiste à sélectionner et combiner le meilleur de plusieurs méthodes d’éducation physique.
  • Finalités hygiéniques : Les finalités hygiéniques visent l’entretien de la santé et le développement normal de l’enfant (croissance et posture) grâce aux exercices.
  • Finalités morales : Les finalités morales cherchent à renforcer la volonté, fortifier le caractère et rendre l’enfant plus adroit par l’exercice.
  • Plan de leçon en 7 temps : Le plan de leçon en 7 temps est une organisation fixe des cours d’éducation physique qui structure le déroulement des séances.
  • USFSA : L’USFSA est une fédération qui gère à l’époque plusieurs sports avant d’éclater en fédérations spécialisées.

Points essentiels

  • Démeny devient une figure majeure grâce à ses recherches sur le mouvement humain menées dans une station physiologique au Parc des Princes.
  • Le manuel de 1907 s’appuie sur l’idée qu’il existe plusieurs méthodes en France et qu’on peut en tirer le meilleur en les analysant et en les combinant.
  • Les méthodes éclectiques de Démeny reposent sur des exercices de développement et des exercices d’application.
  • Démeny associe les jeux aux applications dans son manuel.
  • Le manuel de 1907 propose des finalités hygiéniques (santé, développement normal, énergie physique) et des finalités morales (volonté, caractère, adresse).
  • La nouveauté pédagogique majeure est l’organisation des leçons avec un plan de cours en 7 temps immuables, incluant types d’exercices et durée.

Astuce mémo

Éclectisme = « meilleur de plusieurs méthodes » ; 7 temps = « cours verrouillé ».

4. Santé, hygiène et sédentarité des élèves

Notions clés & Définitions

  • Brevet sportif populaire : Le brevet sportif populaire est une évaluation scolaire visant à vérifier l’état de santé des enfants par de petites épreuves physiques.
  • Règlement général méthode Français : Le Règlement général méthode Français est un manuel de référence qui organise l’EP en s’appuyant sur des principes physiologiques et des méthodes existantes.
  • Fiche physiologique : La fiche physiologique est un document utilisé pour classer les élèves selon leur niveau de santé et adapter l’EP à leur état.
  • Méthode naturelle de Georges Hébert : La méthode naturelle de Georges Hébert est une approche de l’EP fondée sur des actions motrices (marcher, sauter, grimper) organisées en familles d’exercices.
  • Méthode suédoise : La méthode suédoise est une méthode d’EP centrée sur des exercices rigoureux, notamment l’assouplissement et le travail postural.

Points essentiels

  • Le brevet « sportif populaire » (1937) doit être passé à l’école vers 14 ans et sert à juger l’état de santé des enfants.
  • Dans le primaire, le brevet est obligatoire pour permettre la présentation aux examens (notamment le certificat d’étude) et concerne plus de 3 millions d’enfants.
  • Les épreuves du brevet sont de petites performances d’athlétisme (course, saut, lancé) et de grimper à la corde, sans compétition entre enfants.
  • Le manuel de 1925 renvoie aux Instructions officielles de 1923 et affirme que les choix d’EP doivent être guidés par la physiologie et l’anatomie.
  • Le manuel propose une pédagogie fondée sur le niveau physiologique des enfants et prévoit une fiche physiologique pour orienter les groupes d’élèves.
  • L’évaluation de l’EP repose sur des tests physiques et quelques épreuves de course, mais sans logique de compétition jugée dangereuse.

Astuce mémo

Santé d’abord : « tests sans compétition » + « fiche physiologique » pour classer et adapter l’EP.

5. Gymnastique pour prévenir la dégénérescence

Notions clés & Définitions

  • Pédagogie active : Approche éducative où l’enfant apprend en bougeant et en participant, plutôt qu’en restant passif.
  • Demi-journées de pleine air : Organisation scolaire prévoyant des sorties et des jeux en extérieur, encadrées par l’enseignant selon le niveau.
  • Méthode suédoise : Méthode de gymnastique rationnelle centrée sur la santé, fondée sur des connaissances médicales et un travail structuré.
  • Méthode naturelle : Méthode de gymnastique basée sur des actions variées et l’expérience de l’enfant, visant une éducation par le mouvement.
  • Code de la force : Ouvrage qui propose un modèle d’évaluation de l’éducation physique à partir de tests de force et de barèmes.

Points essentiels

  • En primaire, des demi-journées de pleine air sont mises en place à partir de 1937 et gérées par l’instituteur pour promenades et jeux traditionnels.
  • Au secondaire, la journée en extérieur est gérée par le professeur d’EPS, avec une logique d’ouverture pédagogique.
  • L’objectif affiché de l’EPS est de prendre du plaisir, et la compétition est jugée potentiellement dangereuse et peu éducative par certains législateurs.
  • Philippe Tissié publie en 1904 le « précis de gymnastique rationnelle » : l’ambition unique est le développement de la santé, organisé à partir de connaissances médicales.
  • La posture dans la méthode suédoise s’appuie sur cinq positions fondamentales : debout, assis, allongé, accroupi et quatre pattes, structurées en 12 séries d’exercices.
  • George Hébert publie en 1911 le « code de la force » : il décrit comment tester la force des enfants et propose un premier système de barèmes, avec la « nullité physique » pour l’enfant ayant la performance la plus basse

Astuce mémo

Pleine air = plaisir ; Suédois = santé (5 postures → 12 séries) ; Hébert = force (barèmes).

6. Guerre de 1870 et revanche à l’école

Notions clés & Définitions

  • Loisel : Personnalité liée à l’éducation physique qui défend la méthode naturelle de George Hébert plutôt que la seule méthode suédoise de Tissié.
  • Maurice Baquet : Formateur et responsable de la formation sportive en éducation physique, ancien entraîneur d’athlétisme de haut niveau et directeur technique de l’ENEP.
  • ENEP : École normale d’éducation physique qui forme les enseignants d’éducation physique et sert de cadre à la formation sportive.
  • EGS : Texte-cadre de l’éducation générale et sportive qui fixe ce que les enseignants doivent appliquer en éducation physique.
  • Carcopino : Ministre de l’Éducation nationale placé au-dessus de Borotra, dont l’objectif est de redresser le peuple par la discipline.

Points essentiels

  • Loisel estime qu’on ne peut pas faire d’éducation physique uniquement avec la méthode suédoise de Tissié et privilégie la méthode naturelle de George Hébert.
  • Loisel meurt en résistant et n’est pas collaborateur du régime de Pétain, tout en écrivant à J. Borotra pour défendre la meilleure méthode d’éducation physique.
  • Maurice Baquet entraîne des athlètes des JO de 1936 à Berlin et devient ensuite directeur technique de l’ENEP, responsable du sport.
  • Pour Baquet, le sport est éducatif car il forme physiquement et moralement (règles, vie de groupe) et développe des qualités psychologiques (respect, courage, rigueur).
  • Baquet affirme dans son livre que le sport a des vertus, mais que ces vertus s’enseignent.
  • Baquet considère la compétition comme essentielle pour éduquer les enfants et investit la guerre pour diriger la formation à l’initiation sportive des enseignements.

Astuce mémo

Hebert = jeu + expérience ; Baquet = sport éducatif qui s’enseigne ; EGS = texte imposé.

7. Propagande scolaire et préparation militaire

Notions clés & Définitions

  • Pédagogie transmissible : Approche où l’enseignant transmet une méthode et contrôle l’exécution, avec une forte hiérarchie en classe.
  • Méthode naturelle : Méthode pédagogique présentée comme adaptée aux enfants jugés en bonne santé et supposés suivre facilement le programme.
  • Méthode suédoise : Méthode pédagogique destinée aux enfants à rééduquer, opposée à la méthode dite naturelle.
  • Textes instructions : Documents qui précisent comment enseigner en EPS, en décrivant les modalités de mise en œuvre.
  • Textes certificats : Documents qui précisent comment évaluer les élèves en EPS, en encadrant les modalités de certification.

Points essentiels

  • L’enseignant commande et l’élève obéit, avec une surveillance de la tenue, de la posture et de l’attitude des enfants.
  • Le sport n’est pas présenté comme un temps de plaisir, mais comme un moyen d’ambition de pouvoir et de contrôle par l’activité.
  • En EPS, la pédagogie distingue des élèves jugés en bonne santé (méthode naturelle) et ceux à rééduquer (méthode suédoise).
  • Une différenciation fille/garçon existe, avec des intensités différentes même si l’écart est présenté comme moindre qu’avant.
  • Les filles doivent rester mères et épouses, avec interdiction des sports jugés trop masculins (ex. box, sports collectifs comme foot et rugby).
  • Pour les filles, la pratique met davantage l’accent sur la rythmique et la danse que sur les sports considérés masculins.

Astuce mémo

Contrôle d’abord : enseignant commande, sport sans plaisir, et la méthode change selon santé (naturelle) ou rééducation (suédoise).

8. Stabilisation de la IIIe République par l’école

Notions clés & Définitions

  • Filières scolaires : Système de classement des élèves en filières selon leurs capacités et efforts, avec des parcours différenciés jusqu’à la fin du secondaire.
  • Gratuité du secondaire : Principe d’accès gratuit au niveau secondaire, remis en place en 1944 après la reprise du pouvoir par De Gaulle.
  • Méthode suédoise : Méthode d’éducation physique centrée sur des exercices de construction et de développement corporel, utilisée surtout chez les plus jeunes et certains groupes physiologiques.
  • Méthode naturelle : Méthode d’éducation physique fondée sur le geste naturel et le grand air, mobilisée davantage chez les plus grands et dans des groupes intermédiaires.
  • Groupes physiologiques : Découpage des élèves en 4 groupes selon leur niveau physiologique évalué par des médecins, pour adapter les cours d’EP.

Points essentiels

  • Le système de filières prévoit une orientation par « attribut intellectuel » en fin de 3e, avec filière d’élite, intermédiaire et filière pour difficultés.
  • Le plan est socialement jugé « juste » car il limite l’accès au BAC à environ 1/3 des enfants, mais il est abandonné pour des raisons de coût et de stabilité politique.
  • Les professeurs et instituteurs s’opposent au plan car ils craignent de gérer des classes socialement mélangées et de perdre leur position.
  • En 1944, la gratuité d’accès au secondaire est remise en place, avec reconduction du système de 1939 et organisation par des instructions de 1945.
  • Les finalités de l’EP (1945) sont : santé prioritaire, geste naturel et grand air, altruisme/courage/virilité, puis affinement technique du geste.
  • Le texte impose 4 groupes physiologiques identifiés par les médecins : compétition (groupe 1), sport sans compétition (groupe 2), suédoise + un peu naturel (groupe 3), rééducation hors cours d’EP (groupe 4).

Astuce mémo

Filières → BAC limité (1/3) ; 1945 → 4 groupes médecins ; plus jeune = suédoise ; plus grand = naturel puis sport.

9. Gratuité, obligation et laïcité de l’école

Notions clés & Définitions

  • État providence : Modèle d’action publique où l’État prend en charge davantage de domaines sociaux, notamment l’éducation et la santé, grâce à des moyens budgétaires plus importants.
  • Massification scolaire : Processus de démocratisation de l’école qui augmente fortement le nombre d’élèves scolarisés et transforme le système en le rendant plus accessible.
  • Principe méritocratique : Idée selon laquelle l’accès aux niveaux élevés dépend des dons et des efforts, plutôt que de l’origine sociale.
  • Carte scolaire : Organisation qui oblige les élèves à fréquenter le collège et le lycée de secteur, afin de structurer l’accès aux établissements.
  • Scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans : Règle qui impose une durée minimale de formation pour tous les élèves, afin d’étendre l’accès à l’école.

Points essentiels

  • La période de l’État providence s’accompagne d’un budget plus favorable, permettant de soutenir des secteurs sociaux comme l’éducation et la santé.
  • Les réformes Berthoin et Cappelle-Fouchet visent à unifier le parcours scolaire et à réduire l’injustice liée au double système primaire/secondaire.
  • Le système repose sur une logique de sélection et d’orientation, présentée comme méritocratique (dons + travail), sans viser une réussite totale au bac.
  • Berthoin (accès jusqu’à la 6e/5e) puis Cappelle-Fouchet (à l’intérieur du cursus 6e-3e) structurent des filières après la scolarité commune.
  • La carte scolaire impose l’inscription dans le collège de secteur puis le lycée de secteur, ce qui encadre les parcours.
  • La scolarité devient obligatoire jusqu’à 16 ans, renforçant la massification et l’accès prolongé à l’école.

Astuce mémo

Mérite = dons + efforts ; Accès = secteur + 16 ans (méritocratie encadrée).

10. Manuels scolaires et exercices de commandement

Notions clés & Définitions

  • Initiation entraînement compétition : Initiation entraînement compétition : intitulé qui structure l’EPS autour d’une progression allant des techniques vers l’entraînement puis la compétition.
  • Demi journée de plein air : Demi journée de plein air : appellation initiale d’un temps scolaire consacré surtout à des activités extérieures, avant d’être requalifiée.
  • Demi journée de sport : Demi journée de sport : requalification d’un temps scolaire en créneau orienté entraînement, exercices sportifs et compétitions.
  • IO 1967 : IO 1967 : textes juridiques complexes qui transforment les pratiques d’enseignement et fixent des finalités et intentions éducatives de l’EPS.
  • Conduite motrice : Conduite motrice : notion mobilisée dans les IO 67 pour décrire l’organisation des réactions et comportements du sujet en situation.

Points essentiels

  • IO 1959 : les professeurs doivent écrire leurs leçons, ce qui renforce un cadre où l’éclectisme sert de rappel à l’ordre.
  • IO 1969 : les inspecteurs ne suivent pas entièrement les indications de Herzog et privilégient la politique de Pierre Seurin, avec priorité à la santé et contenu éclectique.
  • Sport : dans les IO 1959, il est relégué à la demi journée de plein air, et la natation est présentée comme une épreuve surtout performative.
  • IO 1961 : la demi journée de plein air devient une demi journée de sport, et Herzog ajoute un titre « initiation entraînement, compétition » pour développer des techniques.
  • IO 1962 : Herzog rédige seul et ne confie plus la rédaction aux inspecteurs, ce qui modifie concrètement les pratiques des enseignants.
  • IO 1967 : les finalités de l’EPS sont reformulées, avec une santé définie comme capacité à ajuster ses réactions aux conditions du monde extérieur et à s’accoutumer à l’effort pour se dépasser soi-même.

Astuce mémo

Herzog = Sport qui remplace le plein air : 1959 plein air → 1961 sport + initiation/entraînement/compétition → 1967 finalités réécrites.

11. Reconstruction d’après 1944 et jeunesse en danger

Notions clés & Définitions

  • Pédagogie hyper autoritaire : Approche d’enseignement très directive, où l’organisation et les contenus sont imposés davantage qu’élaborés avec les élèves.
  • IO de 67 : Instructions officielles de l’EPS qui structurent les contenus par classes et activités et orientent fortement les choix des enseignants.
  • Autonomie et travail de groupe : Finalités attendues en EPS pour les sports collectifs, visant à faire apprendre l’organisation collective et la responsabilité.
  • Sécurité en sport de plein air : Objectif prioritaire en EPS lors des activités de plein air, d’abord centré sur la sécurité des autres puis renforcé au fil des niveaux.
  • Orthodoxie scolaire : Principe visant à aligner l’EPS sur les logiques des autres disciplines scolaires, après une période jugée instable.

Points essentiels

  • Certains sports (rugby, football) ne sont pas considérés comme conseillés pour les filles dans le cadre décrit.
  • Les programmes sont écrits par des spécialistes d’activité, mais peuvent diverger et ne pas respecter l’organisation prévue par les IO de 67.
  • En sports collectifs, l’APS doit viser l’autonomie, le travail de groupe, la mise en place du matériel et l’arbitrage.
  • Pour les groupes homogènes, la question de leur construction est explicitement posée dans la mise en œuvre des APS.
  • En gym et athlétisme, l’accent est mis sur la technique via répétition et apprentissage technique, tandis que la natation est décrite comme plus « pédagogique ».
  • En sport de plein air, la sécurité est enseignée dès la 6e, puis « sécuriser les autres » devient l’enjeu aux niveaux supérieurs (5e, 4e, 3e).

Astuce mémo

IO 67 = « cadre par classe + activité » ; si les enseignants s’écartent, c’est souvent parce qu’ils enseignent surtout ce qu’ils maîtrisent.

12. État providence, unification scolaire et sport

Notions clés & Définitions

  • SNEP : Syndicat national représentant les professeurs d’EPS, qui défend la place de l’éducation physique dans l’école.
  • Robert Merand : Auteur défendant l’idée d’un sport éducatif, avec une priorité donnée à l’APSA dans la construction des programmes.
  • PUGIABE-RENAUD : Spécialiste de l’EPS qui critique le modèle sportif et soutient une orientation plus scolaire de la discipline.
  • Quête d’orthodoxie scolaire : Orientation visant à aligner l’EPS sur les finalités et les pratiques de l’école, pour la rendre comparable aux autres disciplines.
  • CCF : Contrôle en cours de formation introduit au bac, qui permet d’évaluer pendant le cycle plutôt qu’uniquement sur une performance finale.

Points essentiels

  • Le SNEP cherche à faire revenir l’EPS au ministère de l’Éducation nationale et à convaincre l’institution que l’EPS relève de l’éducation, pas du sport.
  • Le SNEP distingue l’EPS du monde sportif et défend une séparation progressive de l’EPS d’avec les logiques du sport.
  • Dans les années 80, l’EPS évolue vers des solutions pour lutter contre l’échec scolaire en rendant la discipline plus scolaire (finalités, programme, pédagogie, évaluations).
  • En 1981, Alain Savary impose le respect des missions de l’école : l’EPS doit partager les finalités scolaires et disposer d’un programme et d’une pédagogie adaptés.
  • La logique d’évaluation change : on évalue ce qui a été enseigné (et non seulement des techniques apprises puis une performance).
  • Le bac 1983 introduit le CCF, et l’EPS devient une discipline évaluée via ce dispositif, avec des notes attribuées par le professeur d’EPS.

Astuce mémo

EPS = École : Finalités + Programme + Pédagogie + Évaluation (ce qu’on enseigne).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1869Décret (loi) instaurant l’obligation de la gymnastique dans le secondaire pour les garçons.
27 janvier 1880Loi George rendant la gymnastique obligatoire au primaire pour les filles et les garçons.
18 janvier 1882Décret instaurant l’obligation de la gymnastique pour les filles dans le secondaire.
1886L’école devient laïque (peur que les religieux pervertissent la pensée des enfants).
1937Mise en place du brevet « sportif populaire » (passage à l’école vers 14 ans).
1904Publication du « précis de gymnastique rationnelle » de Philippe Tissié.
1911Publication du « code de la force » de George Hébert.
1939Début de la période de guerre (septembre 1939 : déclaration de la guerre à l’Allemagne).
1945Retour à l’éclectisme et organisation de l’EPS de la période de reconstruction (IO de 1945).
1959Période de sportivisation des textes (1959-1967) avec retour de De Gaulle au pouvoir.

Tableaux de synthèse

Obligation et publics de la gymnastique (textes)

TexteNiveauPublic
1869secondairegarçons
27 janvier 1880primairefilles et garçons
18 janvier 1882secondairefilles

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre les objectifs : l’EPS n’est pas seulement militaire ; elle devient aussi un outil de santé, puis redevient progressivement plus scolaire (IO 67 puis années 80).
  2. Croire que les filles suivent exactement les mêmes exercices que les garçons : dans les manuels, la méthode et les contenus sont simplifiés et sans exercices militaires.
  3. Mélanger les manuels 1880 et 1881 : 1880 = sans appareils (anatomie/assouplissements/sauts) ; 1881 = avec appareils et exercices à visée militaire (tir, repérage carte).
  4. Penser que l’éclectisme de Démeny signifie « tout faire » : c’est sélectionner/combiner le meilleur, avec développement + application, et associer jeux aux applications.
  5. Oublier que l’évaluation du brevet « sportif populaire » vise la santé sans compétition entre enfants, contrairement à une logique de performance sportive.
  6. Confondre les finalités : en IO 67, la santé change de sens (ajuster ses réactions, s’accoutumer à l’effort, se dépasser), pas seulement « être en bonne santé ».
  7. Croire que les IO 67 sont appliquées uniformément : le cours insiste sur le fait que les enseignants s’écartent selon ce qu’ils maîtrisent (pédagogie hyper autoritaire, groupes homogènes).

Checklist Examen

  1. Savoir dater et caractériser 1869/1880/1882 : obligation de gymnastique, niveaux (primaire/secondaire) et publics (garçons puis filles).
  2. Expliquer les 4 enjeux superposés : santé/hygiène (1870, espérance de vie ~40 ans), militaire (revanche), stabilisation de la IIIe République (patrie/unité/langue), et préparation de la force physique.
  3. Décrire la logique des bataillons scolaires : garçons, école du soldat, défilés, obéissance aux ordres, rôle des professeurs de gymnastique.
  4. Comparer les manuels de garçons 1880 vs 1881 : sans appareils (anatomie/assouplissements/sauts) contre avec appareils et exercices militaires (tir, repérage carte).
  5. Comparer le manuel des filles 1881 : modèle identique mais simplifié, pédagogie ultra stricte, exercices plus simples, suppression des exercices militaires.
  6. Retenir l’idée d’Amoros et l’origine de l’évaluation : évaluer en début/fin de cours, apparition de la fiche physiologique, et lien avec l’EP militaire puis l’école de Joinville.
  7. Présenter l’éclectisme de Démeny (1891/1907) : développement + application, jeux associés aux applications, finalités hygiéniques et morales, et plan de leçon en 7 temps immuables.
  8. Expliquer la période 1918-1939 : disparition du militaire à l’école, rôle du contexte sanitaire (grippe espagnole), démocratisation du sport, et brevet « sportif populaire » (1937) au primaire.
  9. Maîtriser le manuel de 1925 (« Règlement général méthode Français ») : physiologie/anatomie, fiche physiologique, groupes physiologiques, contenus (6 formes) et tests sans compétition.
  10. Décrire Tissié (1904) et Hébert (1911) : suédois = santé (5 postures, 12 séries) ; Hébert = force (barèmes, « nullité physique »).
  11. Expliquer la période 1940-1944 : EGS/EGS, pédagogie transmissible et cadre autoritaire, différenciation santé (naturelle vs suédoise), et spécificités filles/garçons (intensité, interdictions).
  12. Présenter la reconstruction 1945 : IO 1945, 4 finalités (santé, geste naturel/grand air, altruisme-courage-virilité, affinement technique), 4 groupes physiologiques, et logique méthode suédoise/naturelle/sport selon âge,

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1. Quel était l’un des enjeux majeurs de l’obligation de gymnastique dans le secondaire pour les garçons dès 1869 ?

2. Quelle est la principale raison pour laquelle l'obligation de gymnastique a été instaurée en France au XIXe siècle ?

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Obligation de gymnastique — date ?

1869, imposée dans le secondaire pour garçons.

Bataillons scolaires

Former des garçons à l’école du soldat.

Deux écoles — publics ?

Laïque en 1886, différenciée filles/garçons.

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