Lernzettel: Les Représentations Sociales : Concepts et Dynamiques

Plan du Cours

  1. Introduction à la représentation sociale
  2. Origines et évolution
  3. Définition et caractéristiques
  4. Processus de construction
  5. Noyau central et périphérique
  6. Transformation des représentations
  7. Études expérimentales
  8. Représentations et pratiques sociales
  9. Représentations de la folie

1. Introduction à la représentation sociale

Notions clés & Définitions

  • Représentation sociale : perception partagée par un groupe, permettant une reconstruction de la réalité à partir d’éléments plus ou moins nombreux, souvent issus de l’environnement médiatique et social. Elle n’est pas une connaissance scientifique mais une façon commune de penser les choses, les événements ou les individus.
  • Objet de la représentation sociale : tout ce à quoi on pense avoir des connaissances, qu’il soit matériel (ex : objet, personne) ou imaginaire (ex : fantômes).
  • Utilité pour l’intégration sociale : elle facilite la cohésion et l’action collective en orientant les conduites et en permettant aux individus de savoir comment agir dans leur environnement social.
  • Représentation comme reconstruction de la réalité : il n’existe pas de réalité objective ; toute réalité serait reconstruite à travers ces représentations sociales.
  • Notion carrefour : cette notion se situe à l’interface entre psychologie sociale et sciences humaines, intégrant des processus psychiques, sociaux et culturels.

Points essentiels

  • La représentation sociale est élaborée par le groupe pour combler le manque d’informations scientifiques, en utilisant des éléments issus des médias et des échanges sociaux.
  • Elle peut évoluer dans le temps sous l’effet de nouvelles informations ou expériences, illustrant une dynamique entre stabilité et changement.
  • La diffusion des représentations sociales se fait par simplification : les éléments pertinents sont retenus tandis que d’autres sont abandonnés, ce qui réduit leur complexité initiale.
  • Moscovici a montré comment une représentation (ex : la psychanalyse) est diffusée et modifiée dans la société, introduisant les notions de « savoir de sens commun » et « connaissance naïve ».
  • La construction des représentations sociales repose sur quatre niveaux explicatifs selon Willem Doise : processus individuels, interindividuels, intergroupes et idéologiques.
  • La représentation sociale est influencée par l’environnement culturel, les expériences personnelles, ainsi que par les échanges sociaux.
  • Elle sert à orienter la perception et le comportement social en fournissant un cadre commun de compréhension.

À retenir

La représentation sociale est une reconstruction partagée de la réalité qui facilite l’intégration sociale en orientant nos perceptions et actions dans un cadre commun, tout en étant susceptible d’évoluer avec le temps et les échanges sociaux.

2. Origines et évolution

Notions clés & Définitions

  • Représentations collectives : Selon Durkheim, ce sont des représentations transmises et reproduites de génération en génération, considérées comme stables, dépassant l’individu, et formant une base sociale commune. Elles sont transmises par héritage et considérées comme immuables, ce qui limite leur capacité à évoluer.
  • Représentations sociales : Introduit par Moscovici pour remplacer le terme de représentations collectives, elles désignent une forme de connaissance de sens commun, socialement élaborée et partagée, visant à organiser la perception de la réalité et à orienter les comportements. Elles sont dynamiques, évolutives, influencées par l’environnement culturel et les expériences individuelles.
  • Origines des représentations : La notion trouve ses premières bases dans le travail de Durkheim, qui insiste sur la transmission intergénérationnelle et la stabilité des représentations sociales. Moscovici s’inspire également des travaux de Piaget (représentations du monde chez l’enfant) et de Freud (poids des représentations dans certaines pathologies), pour souligner leur aspect évolutif et leur influence sur la société.

Points essentiels

  • La conception de Durkheim oppose les représentations collectives aux représentations individuelles, en insistant sur leur transmission héritée, leur stabilité et leur caractère déterministe social. Il considère que ces représentations sont peu modifiables car elles sont passives face à la société, ce qui limite leur évolution.
  • La critique de Durkheim par Moscovici porte sur le fait que les représentations sociales ne sont pas statiques mais évolutives. La société change constamment (scientifique, politique), entraînant une transformation des savoirs de sens commun.
  • Moscovici s’appuie sur les travaux de Piaget (représentations chez l’enfant) et de Freud (impact des représentations dans la santé mentale), pour montrer que ces représentations sont influencées par l’environnement culturel et les expériences personnelles.
  • La notion d’évolution est centrale : alors que Durkheim voit une transmission statique, Moscovici insiste sur la dynamique des représentations sociales, qui se modifient avec le temps sous l’effet d’informations nouvelles et d’expériences.

À retenir

Les représentations sociales ont une origine dans la transmission collective selon Durkheim mais évoluent avec le temps grâce à l’influence des expériences individuelles et du contexte culturel, comme le montre Moscovici.

3. Définition et caractéristiques

Notions clés & Définitions

  • Représentation sociale (Jodelet) : Forme de connaissance de « sens commun », socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique d’organisation, de maîtrise de l’environnement et d’orientation des conduites et communications. Elle contribue à établir une vision commune de la réalité dans un groupe ou une culture.

  • Contenus organisés : La représentation comporte des éléments structurés, pouvant varier en complexité (mot, système organisé d’opinions, attitudes), issus de processus sociocognitifs.

  • Relation objet-sujet : La représentation sociale établit une relation entre un objet (personne, événement, idée) et le sujet qui l’élabore, dans un contexte historique précis.

  • Marquage social : Processus par lequel les contenus de la représentation sont influencés par les conditions sociales, culturelles, communicationnelles et contextuelles.

  • Caractéristiques des représentations sociales :

    1. Toujours relatives à un objet.
    2. Aspect imageant : double structure image/signification.
    3. Caractère symbolique et signifiant.
    4. Processus constructif : reconstruction active du réel.
    5. Autonomie et créativité : expression du rapport individuel ou collectif à l’objet.

Points essentiels

  • La représentation sociale est une forme de connaissance pratique orientée vers la communication et la maîtrise du monde social, matériel et idéel.
  • Elle résulte de processus socialement marqués, intégrant des éléments cognitifs et affectifs influencés par l’âge, la personnalité ou le parcours de vie.
  • Elle se définit toujours par la conjonction d’un objet et d’un groupe dans un contexte historique spécifique.
  • La structure de la représentation comporte un noyau central stable (ex: caractéristiques essentielles) entouré d’éléments périphériques plus flexibles.
  • La représentation possède un aspect imageant (renvoie à une image mentale) ainsi qu’un aspect signifiant (porte du sens).
  • Elle est construite activement plutôt que passive, intégrant une part créative individuelle ou collective.
  • L’objectivation permet de rendre concret ce qui est abstrait par phases successives : sélection, schématisation structurante et naturalisation.
  • L’ancrage situe la nouvelle représentation dans un système déjà existant de connaissances ou croyances préalables.

À retenir

La représentation sociale est une connaissance collective élaborée à partir d’un processus actif combinant images, significations et contexte social, qui structure la perception et l’interprétation du monde par le groupe ou l’individu.

4. Processus de construction

Notions clés & Définitions

  • Représentation : Aspect imageant et signifiant, inséparable de son sens, qui ne se limite pas à une simple copie du réel mais comporte une dimension symbolique et signifiée (exemple : « corrida » évoque à la fois barbarie ou art).
  • Caractère constructif : La représentation n’est pas passive mais un processus d’élaboration du réel, impliquant une appropriation et une reconstruction par l’individu ou le groupe. Selon Abric, toute réalité est représentée, appropriée, reconstruite dans le système cognitif, valeurs, contexte social et idéologique.
  • Caractère autonome et créatif : Toute représentation comporte une part de création individuelle ou collective, exprimant le rapport propre de l’individu ou du groupe à l’objet représenté, en utilisant leurs propres éléments descriptifs et symboliques.

Points essentiels

  • La représentation est un processus dynamique comportant deux phases majeures :

    • Objectivation : opération imageante et structurante visant à rendre concret ce qui est abstrait. Elle comprend trois phases :
      • Construction sélective : tri inconscient des informations selon critères socioculturels, décontextualisation qui détache ces informations de leur sens initial.
      • Schématisation structurante : formation d’un noyau figuratif donnant une forme schématique à l’objet représenté (exemple : opposition inconscient/conscient en psychanalyse).
      • Naturalisation : généralisation collective où la schématisation devient cohérente et remplace la réalité même, rendant la représentation compréhensible et perçue comme réelle.
    • Ancrage : intégration de la nouvelle représentation dans un système de connaissances préexistant. Elle s’inscrit dans un réseau de significations déjà présent chez l’individu ou le groupe, permettant une interprétation cohérente du monde social.
  • La relation entre objectivation et ancrage montre leur interdépendance dans la construction sociale des représentations.

  • La reproduction sociale repose sur deux aspects :

    • Le contenu (information, attitude, champ) analysé selon sa quantité, qualité et dimension évaluative.
    • La structure (organisation interne) qui guide la lecture et l’interprétation des représentations sociales.

À retenir

La construction des représentations sociales est un processus dynamique combinant objectivation pour concrétiser l’abstrait et ancrage pour l’insérer dans un système de connaissances existant, permettant ainsi leur stabilité tout en étant susceptible d’évoluer avec le temps.

5. Noyau central et périphérique

Notions clés & Définitions

  • Noyau central : Élément essentiel et stable d’une représentation sociale, qui détermine sa signification, sa cohérence et sa stabilité. Selon Abric, il possède une fonction génératrice (création ou transformation de la signification) et une fonction organisatrice (définition des liens entre éléments). Il constitue la base commune, fortement consensuelle, résistante au changement. Son modification entraîne une transformation de la représentation (source : analyse d’Abric et Moscovici).

  • Éléments périphériques : Composants plus flexibles, dépendants du contexte immédiat, permettant l’adaptation de la représentation sociale. Ils assurent la concrétisation, l’individuation et l’adaptation au changement. Ils s’organisent autour du noyau central, étant hiérarchisés selon leur proximité avec celui-ci. Leur rôle est d’intégrer les variations individuelles et les évolutions contextuelles.

Points essentiels

  • La structure d’une représentation sociale comprend un système central (noyau central) et un système périphérique. Le noyau central est déterminé par les valeurs et normes du groupe, il est stable, résistant aux changements, et évolue lentement. Les éléments périphériques sont dépendants du contexte, plus souples, et permettent l’adaptation progressive sans modifier le noyau.

  • La stabilité du noyau central repose sur sa forte ancrage dans le système de valeurs partagé par le groupe. Toute modification du noyau entraîne une transformation profonde de la représentation.

  • La dynamique des représentations sociales repose sur la tension entre stabilité (noyau central) et souplesse (éléments périphériques). La capacité d’adaptation dépend de la perception de la situation (réversible ou irréversible) et de la compatibilité ou contradiction des nouvelles pratiques avec le noyau.

  • La transformation des représentations sociales peut être progressive ou brusque selon les cas :

    • Pratiques compatibles et situation réversible → pas de changement.
    • Pratiques contradictoires mais situation réversible → modification superficielle (périphérie).
    • Pratiques compatibles mais situation irréversible → évolution progressive du noyau.
    • Pratiques contradictoires et situation irréversible → rupture profonde.

À retenir

Le noyau central constitue l’élément stable qui assure la cohérence globale de la représentation sociale, tandis que les éléments périphériques offrent une flexibilité permettant son adaptation aux changements contextuels sans remettre en cause ses fondements essentiels.

6. Transformation des représentations

Notions clés & Définitions

  • Transformation résistante : Processus par lequel une représentation sociale évolue lentement, en cherchant à rendre compatibles de nouvelles pratiques avec le noyau central par justification et rationalisation. La modification du noyau central est rare car déstabilisante, mais lorsqu’elle se produit, elle entraîne une nouvelle représentation sociale (Mamontoff, 1996).
  • Transformation brutale : Changement rapide de la représentation sociale lorsque les rationalisations ne suffisent pas à résoudre la contradiction entre pratiques nouvelles et noyau central, qui est alors directement remis en cause.

Points essentiels

  • La transformation résistante repose sur des processus cognitifs de justification et de rationalisation pour intégrer progressivement de nouvelles pratiques sans bouleverser le noyau central.
  • La modification du noyau central est rare car elle est déstabilisante, mais lorsqu’elle se produit, elle modifie profondément la représentation sociale.
  • Exemple de transformation résistante : chez les Gitans, la sédentarisation justifiée par des arguments comme la scolarisation des enfants, modifiant l’identité du groupe.
  • La transformation brutale intervient lorsque les rationalisations échouent, provoquant un changement immédiat et radical du noyau central.
  • Exemple de transformation brutale : à Madagascar, la révolution socialiste a transformé une organisation communautaire en une organisation administrative.
  • La nature de la transformation dépend de la compatibilité des nouvelles pratiques avec le noyau central et de la perception de leur caractère réversible ou irréversible.
  • Les transformations peuvent être inexistantes, superficielles, progressives ou brutales selon le contexte.

À retenir

La transformation des représentations sociales peut être progressive ou brutale, mais sa nature dépend toujours du degré d’impact sur le noyau central et de la perception de sa réversibilité.

7. Études expérimentales

Notions clés & Définitions

  • Approche monographique : méthode d’observation approfondie d’un ou quelques cas sur une longue période pour comprendre leur fonctionnement psychologique, utilisant techniques ethnographiques, enquêtes sociologiques, analyses historiques et techniques psychosociologiques (Jodelet, 1983).
  • Représentations sociales de la folie : visions partagées au sein d’une communauté rurale concernant la maladie mentale, caractérisées par une stabilité across âges et types de personnes, et marquées par une séparation nette avec les autres maladies (Jodelet, 1983).

Points essentiels

  • L’étude menée par Jodelet en milieu rural français explore la perception de la maladie mentale à travers une approche monographique combinant ethnographie, enquêtes statistiques, analyses historiques et entretiens.
  • Résultats principaux : représentations sociales stables et spécifiques de la folie, perçue comme un processus de détérioration organique avec un caractère magique et inquiétant.
  • Ces représentations influencent concrètement les comportements des nourriciers : discrimination, éloignement des malades, séparation dans la vie quotidienne.
  • La stabilité des représentations sociales montre leur forte dimension sociale et leur lien avec la communication, conformément à la théorie de Moscovici.
  • Méthodes employées pour étudier ces représentations : approche expérimentale, enquête, monographie.

À retenir

Les représentations sociales de la folie sont profondément ancrées dans le contexte social et influencent directement les comportements discriminatoires ; leur étude nécessite une démarche pluridisciplinaire combinant observation approfondie et méthodes quantitatives.

8. Représentations et pratiques sociales

Notions clés & Définitions

Représentation sociale : Selon Jodelet, c’est un savoir de sens commun élaboré socialement, partagé par un groupe, visant à comprendre et agir sur le monde. Elle est construite à partir d’informations médiatiques, d’expériences personnelles et d’émotions, et possède une dimension morale et sociale.

Influence des représentations sociales sur les comportements : Les représentations façonnent nos actions en orientant nos perceptions, nos jugements et nos pratiques quotidiennes. Par exemple, dans le contexte du sida dans les années 80, la représentation morale (punition) ou biologique (transmission) a influencé la façon dont les individus se comportaient face à la maladie.

Rôle des médias dans la formation des représentations sociales : Les médias sont le point de départ de la construction des représentations. Ils véhiculent une information qui est reprise et échangée entre individus, contribuant à l’élaboration collective d’une représentation sociale.

Dimension morale et sociale des représentations : Les représentations peuvent contenir une composante morale (jugement de valeur) ou sociale (rejet ou acceptation). Par exemple, la conception morale du sida comme punition a entraîné le rejet des malades, tandis que la conception biologique a influencé les comportements à risque.

Points essentiels

  • Lors des années 80, face au manque d’informations scientifiques claires sur le sida, deux représentations sociales ont émergé : une morale (punition divine pour débauche sexuelle) et une biologique (transmission par le sang ou sperm).
  • La représentation morale encourageait le rejet social et le jugement moral des malades, tandis que la représentation biologique soulignait la transmission via certains canaux, mais alimentait aussi des rumeurs (transmission par salive ou transpiration).
  • La construction de ces représentations s’appuie fortement sur les médias qui diffusent l’information initiale. Ces représentations sont ensuite renforcées par l’échange oral entre individus.
  • La dimension affective joue un rôle clé dans leur évolution ; une expérience personnelle ou un vécu peut modifier la perception collective (exemple : décès d’un proche).
  • Les représentations sociales sont souvent partagées par un groupe entier, ce qui rend leur changement difficile même face à de nouvelles informations.
  • L’étude expérimentale montre que lorsqu’un élément central d’une représentation est remis en cause, la majorité des individus modifient leur perception ; en revanche, ils tendent à maintenir les éléments périphériques plus facilement.

À retenir

Les représentations sociales se forment principalement par l’intermédiaire des médias et de l’échange social, influençant profondément les comportements individuels et collectifs tout en étant souvent ancrées dans des dimensions morales et sociales.

9. Représentations de la folie

Notions clés & Définitions

Représentations collectives (Durkheim) : Ensemble de représentations transmises et reproduites de génération en génération, considérées comme stables et supra-individuelles. Elles seraient héritées dès la naissance, peu modifiables, et au-dessus des représentations individuelles, incarnant la stabilité sociale.

Représentations sociales (Moscovici) : Concept évolutif désignant des représentations qui se construisent et se transforment à travers les échanges sociaux. Elles intègrent la transmission mais aussi la capacité d’évolution, avec une marge d’autonomie pour l’individu dans leur élaboration.

Poids des représentations dans certaines pathologies (ex : hystéries) (Freud) : Les représentations jouent un rôle central dans le développement de pathologies telles que l’hystérie, notamment par leur influence sur la perception et le comportement du sujet.

Élaboration des représentations liées à la sexualité et naissance chez l’enfant (Freud) : Processus par lequel l’enfant construit ses représentations en rapport avec sa sexualité et sa naissance, influençant son développement psychique.

Points essentiels

  • Durkheim oppose les représentations collectives aux individuelles, insistant sur leur transmission intergénérationnelle, leur stabilité et leur caractère supra-individuel. Il considère qu’elles sont intégrées dès la naissance et peu modifiables, ce qui peut conduire à un déterminisme social.
  • La limite majeure des représentations collectives est leur caractère statique : elles ne seraient pas facilement modifiables, rendant les individus passifs face à elles.
  • La société évolue, donc selon Durkheim, les représentations sociales devraient aussi évoluer, mais il ne parle pas explicitement de cette dynamique.
  • Moscovici introduit le concept de représentations sociales, plus dynamique que celui de Durkheim. Elles sont influencées par l’histoire sociale mais restent sujettes à transformation par l’individu.
  • La transmission n’est pas centrale pour Moscovici ; il insiste sur la dynamique évolutive des représentations.
  • Inspiré par Piaget et Freud, Moscovici considère que les représentations façonnent la perception du monde dès l’enfance et jouent un rôle dans certaines pathologies comme l’hystérie.
  • La représentation de la folie est influencée par ces processus sociaux et individuels ; elle peut alimenter la stigmatisation ou le traitement social.

À retenir

Les représentations sociales de la folie sont des constructions évolutives influencées par la société et l’individu, jouant un rôle clé dans la perception sociale, la stigmatisation et le traitement des personnes considérées comme folles.

Tableaux de Synthèse

CritèreReprésentation sociale (Jodelet, Moscovici)Représentation collective (Durkheim)Auteur cléCaractéristiques principales
NatureConnaissance de sens commun, partagée, pratiqueTransmission et reproduction, immuableJodelet, MoscoviciStructurée, relation objet-sujet, symbolique
ÉvolutionDynamique, évolutive avec le tempsStatique, transmissible par héritageDurkheimInfluence par environnement social et culturel
ConstructionActive, processus sociocognitifPassive, héritée et stabiliséeDoise (niveau explicatif)Noyau central stable + éléments périphériques
FonctionOrienter perceptions et comportementsMaintenir cohésion sociale-Facilite intégration sociale et communication

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre représentation sociale et représentation collective : la première est dynamique et évolutive, la seconde est considérée comme immuable selon Durkheim.
  2. Croire que la représentation sociale est une connaissance scientifique : elle est de sens commun, non scientifique.
  3. Confondre le noyau central avec l’ensemble de la représentation : le noyau est stable, les éléments périphériques sont flexibles.
  4. Omettre l’aspect actif de la construction : la représentation n’est pas passive mais construite par des processus sociocognitifs.
  5. Négliger l’influence du contexte social et culturel sur la représentation.
  6. Confondre transmission intergénérationnelle (Durkheim) et évolution dynamique (Moscovici).
  7. Ignorer que la diffusion des représentations se fait par simplification et sélection.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la représentation sociale selon Jodelet.
  2. Identifier les caractéristiques principales d’une représentation sociale : relation objet-sujet, aspect imageant, symbolique.
  3. Expliquer la différence entre représentation sociale et représentation collective selon Durkheim.
  4. Citer les auteurs clés : Moscovici (savoir de sens commun), Durkheim (transmission collective), Piaget (représentations chez l’enfant), Freud (impact des représentations).
  5. Décrire le processus de construction d’une représentation sociale : sélection, schématisation, naturalisation.
  6. Comprendre le rôle du noyau central dans une représentation.
  7. Savoir que la représentation sociale facilite l’intégration sociale en orientant perceptions et actions.
  8. Identifier les facteurs influençant la formation et l’évolution des représentations sociales : environnement culturel, expériences personnelles.
  9. Expliquer comment Moscovici voit l’évolution des représentations sociales par rapport à Durkheim.
  10. Maîtriser le concept d’objectivation dans la construction des représentations.
  11. Connaître le concept de marquage social dans la formation des contenus représentatifs.
  12. Savoir que la diffusion des représentations sociales se fait par simplification et sélection des éléments pertinents.

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Représentation sociale — définition ?

Perception partagée par un groupe, construite socialement.

Objet de la représentation

Tout ce à quoi on pense avoir des connaissances.

Utilité pour l’intégration

Facilite cohésion et action collective.

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