Revision sheet: Histoire du droit en Europe

Plan du Cours

  1. Christianisme dans l’Empire romain
  2. Crise de l’Empire romain
  3. Royaumes barbares romanisés
  4. Conciles mérovingiens et wisigothiques
  5. Réformes carolingiennes et capitulaires
  6. Renaissance juridique médiévale
  7. Droit canonique médiéval
  8. Coutumes et législation capétienne
  9. Droit savant et droit coutumier
  10. Seconde renaissance du droit romain
  11. Légicentrisme révolutionnaire
  12. Codification napoléonienne

1. Christianisme dans l’Empire romain

2. Crise de l’Empire romain

Notions clés & Définitions

  • Crises du IIIe siĂšcle : En droit et en histoire, l’Empire romain subit au IIIe siĂšcle une accumulation de crises territoriales, Ă©conomiques, migratoires, militaires, sanitaires et politiques qui le fragilise jusqu’à sa chute.
  • Chute de 476 : La chute de 476 aprĂšs J.-C. marque l’effondrement officiel de l’Empire romain d’Occident avec le renversement du dernier empereur d’Occident par Odoacre.
  • Droit post-classique : Le droit post-classique dĂ©signe le droit romain aprĂšs sa pĂ©riode classique, quand l’Empire en crise produit moins de rĂšgles nouvelles et les rend moins claires.
  • DĂ©cadence du droit : La dĂ©cadence du droit correspond Ă  la dĂ©gradation de la qualitĂ© du droit par rapport Ă  l’ñge classique, avec une organisation et une prĂ©cision moindres.

Points essentiels

  • La crise territoriale vient de l’excĂšs de taille de l’Empire, rendant la gestion trop lente et laissant certaines rĂ©gions incontrĂŽlables.
  • La crise Ă©conomique s’aggrave quand les conquĂȘtes cessent d’enrichir Rome tout en restant coĂ»teuses, ce qui entraĂźne endettement et inflation.
  • La crise migratoire est liĂ©e Ă  l’absence de contrĂŽle suffisant des frontiĂšres, permettant des installations de populations Ă©trangĂšres sans affrontement direct.
  • La peste et d’autres Ă©pidĂ©mies peuvent tuer jusqu’à 10% de la population, affaiblissant l’ensemble de la sociĂ©tĂ© et rĂ©duisant impĂŽts et capacitĂ©s militaires.
  • La crise politique prend la forme d’un effondrement du pouvoir, avec des empereurs renversĂ©s successivement, souvent par l’armĂ©e, jusqu’au chaos de direction.
  • AprĂšs 476, le droit continue d’exister mais devient moins structurĂ© : moins de lois nouvelles et une application moins rigoureuse.

Astuce mémo

6 crises Ă  retenir : Terrain, TrĂ©sor, Migrations, Militaires, Maladies, Pouvoir (les “6 T” : Trop grand, Trop cher, Trop entrants, Trop instable, Trop mortel, Trop renversĂ©).

3. Royaumes barbares romanisés

4. Conciles mérovingiens et wisigothiques

Notions clés & Définitions

  • Concile : Un concile est une assemblĂ©e d’évĂȘques rĂ©unis pour dĂ©cider de rĂšgles ecclĂ©siastiques face aux problĂšmes des chrĂ©tiens.
  • Concile provincial : Un concile provincial rĂ©unit des responsables d’une mĂȘme rĂ©gion et fixe des rĂšgles Ă  portĂ©e locale pour l’Église.
  • Concile gĂ©nĂ©ral ƓcumĂ©nique : Un concile gĂ©nĂ©ral ƓcumĂ©nique rĂ©unit de hauts responsables de toute l’Église et fixe de grands principes pour l’ensemble des chrĂ©tiens.
  • Canons conciliaires : Les canons conciliaires sont les rĂšgles votĂ©es en concile qui constituent la lĂ©gislation propre aux chrĂ©tiens.

Points essentiels

  • Les quatre conciles ƓcumĂ©niques majeurs sont NicĂ©e en 325, Constantinople en 381, ÉphĂšse en 431 et ChalcĂ©doine en 451.
  • Les canons conciliaires s’appliquent aux chrĂ©tiens et servent Ă  rĂ©gler discipline, dogmes et organisation de l’Église.
  • Le pape complĂšte la lĂ©gislation conciliaire en publiant des dĂ©cisions Ă©crites appelĂ©es dĂ©crĂ©tales.
  • Un concile provincial vise surtout des ajustements locaux, tandis qu’un concile gĂ©nĂ©ral fixe des orientations fondatrices pour toute l’Église.

Astuce mémo

NicĂ©e-325, Constantinople-381, ÉphĂšse-431, ChalcĂ©doine-451 : 4 dates en chaĂźne pour mĂ©moriser les conciles ƓcumĂ©niques.

5. Réformes carolingiennes et capitulaires

Notions clés & Définitions

  • Capitulaire : Un capitulaire est une loi en chapitres créée par le roi carolingien pour complĂ©ter et uniformiser les rĂšgles dans l’empire.
  • Lex Salica Emendata : La Lex Salica Emendata est la loi salique corrigĂ©e (802) par Charlemagne, rĂ©organisĂ©e pour devenir plus claire et utilisable.
  • LĂ©gislation des lois nationales barbares : La lĂ©gislation des lois nationales barbares regroupe les rĂšgles Ă©crites propres Ă  chaque peuple germanique, maintenues sous les Carolingiens.
  • Missi dominici : Les missi dominici sont des envoyĂ©s du roi, laĂŻc et ecclĂ©siastique, chargĂ©s de diffuser les capitulaires et d’en contrĂŽler l’application.

Points essentiels

  • Charlemagne rĂ©forme la loi salique avec la Lex Salica Emendata en 802 en rĂ©organisant le texte plutĂŽt qu’en le modernisant entiĂšrement.
  • Les Carolingiens maintiennent les lois nationales barbares, mais rĂ©digent aussi de nouvelles lois pour les peuples conquis.
  • Les capitulaires valent pour tout le monde dans l’empire et peuvent crĂ©er des rĂšgles nouvelles, au-delĂ  des coutumes reprises par les lois nationales.
  • Les capitulaires sont rĂ©digĂ©s Ă  la chancellerie puis soumis Ă  une consultation des grands du royaume avant approbation lors d’un plaid plus large.
  • La diffusion des capitulaires passe par les missi dominici, qui font lire publiquement les textes et assurent leur copie dans les registres officiels.

Astuce mémo

802 = “corrigĂ©e” (Lex Salica Emendata) : Charlemagne remet en ordre la loi salique pour qu’elle se lise facilement.

6. Renaissance juridique médiévale

Notions clés & Définitions

  • Renaissance juridique : Ensemble des renouveaux qui relancent l’étude et l’application du droit en Europe, notamment Ă  partir de la redĂ©couverte des textes romains et de nouvelles mĂ©thodes d’enseignement.
  • École de Bologne : Centre universitaire nĂ© Ă  Bologne vers 1075, oĂč des juristes enseignent le droit romain Ă  partir des manuscrits des compilations de Justinien et attirent des Ă©tudiants d’Europe.
  • Glossateurs : Methode d’étude fondĂ©e sur la glose, oĂč le maĂźtre explique le texte de Justinien mot par mot en accumulant des explications sur les manuscrits.
  • Grande glose : Glose de rĂ©fĂ©rence publiĂ©e par Accurse aprĂšs un travail entre 1228 et 1234, qui fixe durablement le modĂšle des glossateurs autour du texte de Justinien.
  • Postglossateurs : Courant d’enseignement qui, Ă  partir de la fin du XIIIe siĂšcle hors d’Italie (notamment OrlĂ©ans), prĂ©fĂšre le commentaire thĂ©matique Ă  l’explication littĂ©rale.

Points essentiels

  • À partir de 1075, la circulation des manuscrits des compilations de Justinien en Italie permet l’essor d’un enseignement Ă  Bologne, qui se diffuse ensuite dans toute l’Europe de l’Ouest.
  • La mĂ©thode des glossateurs consiste Ă  arrĂȘter l’explication Ă  chaque mot important pour produire une glose, qui finit parfois par se stratifier en couches plus nombreuses que le texte.
  • Le travail d’Accurse pour remettre en ordre les gloses dure entre 1228 et 1234, et aboutit Ă  la glose ordinaire appelĂ©e Grande glose.
  • Vers la fin du XIIIe siĂšcle, l’école d’OrlĂ©ans dĂ©veloppe une mĂ©thode de commentaire synthĂ©tique par thĂšmes (mariage, contrat, dĂ©lit) plutĂŽt qu’une explication mot Ă  mot.
  • Vers 1219, la dĂ©crĂ©tale « super speculam » d’Honorius III intervient contre l’enseignement du droit romain Ă  Paris, tandis qu’OrlĂ©ans devient un grand pĂŽle d’études.

Astuce mémo

Bologne = mot à mot (glose), Accurse = grande glose (1228-1234), Orléans = thÚmes en commentaire (mariage/contrat/délit).

7. Droit canonique médiéval

Notions clés & Définitions

  • Droit canonique : Le droit canonique est l’ensemble des rĂšgles de l’Église qui s’imposent aux chrĂ©tiens et structurent la vie juridique et morale.
  • Canons : Les canons sont des rĂšgles fixĂ©es par les conciles, qui servent de base pour Ă©tablir et faire Ă©voluer le droit ecclĂ©siastique.
  • DĂ©crĂ©tales : Les dĂ©crĂ©tales sont des dĂ©cisions ou lettres officielles du pape qui crĂ©ent du droit en rĂ©pondant Ă  des questions concrĂštes.
  • Collections canoniques : Les collections canoniques rassemblent des textes ecclĂ©siastiques pour organiser, conserver et diffuser plus facilement le droit canonique.
  • PĂ©nitentiels : Les pĂ©nitentiels sont de petits manuels pour les prĂȘtres, listant les pĂ©chĂ©s et la pĂ©nitence associĂ©e afin d’aider Ă  la confession.

Points essentiels

  • La conversion de Clovis au christianisme vers 496-498 favorise l’imposition d’un droit commun Ă  tous les chrĂ©tiens, donc un facteur d’unitĂ© lĂ  oĂč les autres lois varient selon les peuples.
  • Le droit canonique repose sur deux sources principales, les canons issus des conciles et les dĂ©crĂ©tales Ă©manant des papes, ensuite rassemblĂ©es en collections.
  • Entre les MĂ©rovingiens et l’époque suivante, la lĂ©gislation pontificale dĂ©cline car les pontificats sont souvent trop courts et le pouvoir des papes reste faible, malgrĂ© des exceptions comme Vigile (537-555) et GrĂ©goire le Grand (590-604).
  • AprĂšs la chute de l’Empire romain, la lĂ©gislation conciliaire se rĂ©gionalise car l’Empire se fragmente en royaumes et le manque d’unitĂ© politique rend difficiles de grands conciles rĂ©unissant toute la chrĂ©tientĂ©.
  • Les collections canoniques du VIe siĂšcle comme la Dionysiana, l’Avellana, la Vetus Gallica et l’Hispana diffusent des rĂšgles de l’Église Ă  travers l’Europe, tandis que les pĂ©nitentiels relient faute religieuse et faute considĂ©rĂ©e comme juridique (peccatum et culpa) lors des confessions.

Astuce mémo

Conversion → communautĂ© de chrĂ©tiens : papes en baisse, conciles en hausse; collections diffusent; pĂ©nitentiels sanctionnent en confession.

8. Coutumes et législation capétienne

Notions clés & Définitions

  • Coutume : La coutume est un usage oral consacrĂ© par le temps, acceptĂ© par la population et propre Ă  un territoire donnĂ©.
  • Consuetudo : La consuetudo dĂ©signe d’abord, dans les textes, un prĂ©lĂšvement seigneurial, puis sert Ă  nommer des usages considĂ©rĂ©s comme obligatoires.
  • Statuts urbains : Les statuts urbains sont des documents qui mettent par Ă©crit la coutume d’une ville, souvent sous l’impulsion des autoritĂ©s locales.
  • Per venerabilem : Per venerabilem est une dĂ©crĂ©tale du pape Innocent III qui exclut le pape de la compĂ©tence sur certaines affaires temporelles et renforce la position du roi.

Points essentiels

  • La coutume est thĂ©orisĂ©e comme devenant juridiquement obligatoire aprĂšs 10 ans quand elle est conforme au droit romain, 20 ans si elle comble un silence, et 30-40 ans si elle va Ă  l’encontre du droit romain.
  • Dans la pratique, la coutume n’est pas uniquement « populaire » : le pouvoir central et les juges la filtrent en l’acceptant ou en la refusant.
  • Dans le Nord, le droit royal impose la preuve de la coutume par « enquĂȘte par turbe » oĂč un groupe d’au moins 10 personnes dĂ©libĂšre sur la rĂšgle Ă  appliquer.
  • Louis VII promulgue une ordonnance contre le « retour » au judaĂŻsme (juifs relaps) avec une peine de bannissement en 1144.
  • En 1155, Louis VII Ă©dicte une seconde ordonnance pour des sujets devant Ă©chapper Ă  la seigneurie afin d’ĂȘtre soumis Ă  la justice du roi.
  • Vers le dĂ©but de l’époque capĂ©tienne, l’unification lĂ©gislative est freinĂ©e par l’absence de consentement gĂ©nĂ©ral des seigneurs, ce qui retarde l’apparition de lois gĂ©nĂ©rales jusqu’au milieu du XIIe siĂšcle.

Astuce mémo

Roi=juge et loi: sans consentement des seigneurs au départ, puis Louis VII impose des rÚgles générales et encadre la preuve des coutumes (turbe).

9. Droit savant et droit coutumier

Notions clés & Définitions

  • Droits savants : Les droits savants dĂ©signent les deux droits enseignĂ©s Ă  l’universitĂ© qui produisent une doctrine, Ă  savoir le droit romain et le droit canonique.
  • Utrumque juis : L’utrumque juis dĂ©crit l’idĂ©e que le droit romain et le droit canonique entretiennent des liens Ă©troits malgrĂ© des diffĂ©rences de sources.
  • DĂ©crĂ©tistes : Les dĂ©crĂ©tistes sont les enseignants qui se spĂ©cialisent dans l’étude du dĂ©cret de Gracien et dĂ©veloppent des commentaires universitaires.
  • DĂ©crĂ©talistes : Les dĂ©crĂ©talistes sont les enseignants qui se spĂ©cialisent dans l’étude des dĂ©crĂ©tales pontificales apparues aprĂšs le dĂ©cret de Gracien.

Points essentiels

  • Le droit canonique adopte des mĂ©thodes et un vocabulaire venus du droit romain grĂące aux juristes formĂ©s Ă  Bologne travaillant Ă  la chancellerie pontificale.
  • À partir de la fin du XIIe siĂšcle, Jean Teutonique formule l’idĂ©e que le droit romain joue un rĂŽle supplĂ©tif quand le droit canonique ne tranche pas une question.
  • Le droit coutumier se dĂ©veloppe comme un droit territorial thĂ©orisĂ© par des juristes Ă  partir des pratiques locales, notamment via l’influence de concepts romains.
  • La coutume est prĂ©sentĂ©e comme un usage oral consacrĂ© par le temps et acceptĂ© par la population d’un territoire, mĂȘme si le texte insiste sur l’intervention du pouvoir dans sa crĂ©ation et sa reconnaissance.

Astuce mémo

Utrumque juis = « deux savants ensemble » (Rome + Église) ; quand ça manque en canon, on complĂšte par Rome.

10. Seconde renaissance du droit romain

Notions clés & Définitions

  • Vague de rĂ©ception : La vague de rĂ©ception dĂ©signe la nouvelle diffusion pratique des rĂšgles romaines vers le nord, accĂ©lĂ©rĂ©e par des moyens techniques et adoptĂ©e dans le vocabulaire juridique.
  • Humanisme juridique : L’humanisme juridique est un courant d’étude qui prĂŽne un retour aux sources romaines “pures” et une lecture critique pour mieux comprendre le droit justinien.
  • Mos gallicus : Le mos gallicus est la mĂ©thode humaniste d’étude du droit romain qui s’appuie sur la philologie, la grammaire et l’histoire pour reconstruire l’évolution du droit dans les compilations de Justinien.
  • Mos italicus : Le mos italicus est la mĂ©thode mĂ©diĂ©vale des grands commentateurs, caractĂ©risĂ©e par la rĂ©pĂ©tition et la paraphrase, qui s’essouffle avant d’ĂȘtre contestĂ©e par l’humanisme.
  • DĂ©clin du droit romain : Le dĂ©clin du droit romain est la baisse progressive de son rĂŽle comme droit applicable, car il devient surtout un objet thĂ©orique dans l’enseignement et perd du terrain face au droit national.

Points essentiels

  • La seconde renaissance s’accompagne d’une diffusion facilitĂ©e par l’imprimerie, qui rend plus accessible la rĂ©ception des rĂšgles romaines dans le nord de la France.
  • L’annĂ©e 1453 marque un basculement intellectuel avec la chute de Constantinople, qui fait fuir des juristes et fait circuler des ouvrages antiques mal compris jusque-lĂ  en Occident.
  • Le mos italicus entre en crise au XVe siĂšcle quand les disciples de grands commentateurs produisent moins et surtout rĂ©pĂštent sans grande nouveautĂ©.
  • Les humanistes critiquent les hĂ©ritages doctrinaux en repartant des textes, en utilisant grammaire/philologie et en cherchant Ă  retracer l’évolution interne des rĂšgles dans les compilations de Justinien.
  • AprĂšs cet essor, le droit romain recule car il est moins enseignĂ© comme droit applicable et devient davantage un exercice intellectuel, dans un contexte de nationalisme juridique.
  • La diffusion de concepts romains s’observe aussi dans la pratique et la lĂ©gislation, y compris dans le nord, oĂč certains concepts comme la patria potestas sont repris de façon ajustĂ©e.

Astuce mémo

1453 (fuite + livres antiques) + imprimerie (diffusion) = droit romain “rechargĂ©â€, puis l’humanisme le “dĂ©cortique” et le droit romain finit par dĂ©cliner vers le droit national.

11. Légicentrisme révolutionnaire

Notions clés & Définitions

  • LĂ©gicentrisme : Doctrine selon laquelle la loi doit devenir la source centrale unique du droit et dominer toutes les autres sources.
  • VolontĂ© gĂ©nĂ©rale : IdĂ©e selon laquelle la loi exprime la volontĂ© gĂ©nĂ©rale, donc qu’elle tire sa lĂ©gitimitĂ© du peuple.
  • RĂ©fĂ©rĂ© lĂ©gislative : ProcĂ©dure par laquelle le juge, en cas de difficultĂ© pour interprĂ©ter la loi, doit saisir le lĂ©gislateur.
  • SĂ©paration stricte des pouvoirs : Principe selon lequel le juge doit appliquer la loi sans pouvoir crĂ©er de rĂšgles gĂ©nĂ©rales ou complĂ©ter le droit.
  • Juges automates : Expression dĂ©signant un juge tenu d’appliquer la loi mĂ©caniquement, sans interprĂ©tation crĂ©atrice ni normes supplĂ©mentaires.

Points essentiels

  • La DDHC du 26 aoĂ»t 1789 affirme que la loi est l’expression de la volontĂ© gĂ©nĂ©rale, fondant la suprĂ©matie de la loi.
  • Le lĂ©gicentrisme encadre le juge en interdisant les arrĂȘts de rĂšglement et l’interprĂ©tation judiciaire de la loi en dehors d’une saisine du lĂ©gislateur via le rĂ©fĂ©rĂ© lĂ©gislative.
  • Le dĂ©cret du 5 aoĂ»t 1789 supprime les privilĂšges, y compris territoriaux (donc les coutumes), au nom d’un droit uniforme centrĂ© sur la loi.
  • MalgrĂ© la loi des 16 et 24 aoĂ»t 1790 et la Constitution de 1791, la codification rĂ©volutionnaire Ă©choue Ă  ĂȘtre menĂ©e jusqu’au bout, laissant de grandes lacunes.
  • En 1792, l’AssemblĂ©e crĂ©e un ComitĂ© de lĂ©gislation prĂ©sidĂ© par CambacĂ©rĂšs pour prĂ©parer un code, mais plusieurs projets sont rejetĂ©s ou s’enlisent faute de stabilitĂ© politique et de travail abouti.

Astuce mémo

Loi = VolontĂ© gĂ©nĂ©rale : le juge n’invente rien, si besoin il renvoie au lĂ©gislateur (rĂ©fĂ©rĂ©) plutĂŽt que de crĂ©er.

12. Codification napoléonienne

Notions clés & Définitions

  • Code civil de 1804 : Ensemble codifiĂ© du droit privĂ© adoptĂ© en 1804, organisĂ© pour devenir la source principale en matiĂšre civile.
  • Commission de rĂ©daction : Groupe de juristes chargĂ© de prĂ©parer un projet de Code civil, puis soumis Ă  l’examen des juridictions et des instances du gouvernement.
  • Article 4 du Code civil : Disposition du Code civil qui oblige le juge Ă  statuer sur l’affaire qui lui est soumise, sous peine de dĂ©ni de justice.
  • Article 5 du Code civil : Disposition du Code civil qui interdit au juge d’édicter des rĂšgles gĂ©nĂ©rales et rĂ©glementaires pour les causes dont il connaĂźt.
  • École de l’exĂ©gĂšse : Courant doctrinal du dĂ©but du XIXe siĂšcle qui commente surtout le Code civil en le paraphrasant article par article.

Points essentiels

  • La Commission de prĂ©paration du Code civil est nommĂ©e le 12 aoĂ»t 1800 et comprend Portalis, Maleville, Bigot de PrĂ©ameneu et Tronchet.
  • Le projet est examinĂ© par le Tribunal de cassation puis les tribunaux d’appel, avant d’ĂȘtre fixĂ© par le Conseil d’État avec 87 sĂ©ances, dont 35 prĂ©sidĂ©es par Bonaparte.
  • Le Code civil est votĂ© en bloc par une loi du 21 mars 1804 et promulguĂ© ; il prend le nom de Code napolĂ©on avant de redevenir Code civil en 1815.
  • Le Code civil compte 2281 articles et se compose notamment de personnes, biens, puis des maniĂšres d’acquĂ©rir la propriĂ©tĂ©.
  • L’article 4 impose au juge de trancher l’affaire sous peine de dĂ©ni de justice, tandis que l’article 5 lui interdit de prononcer des dispositions gĂ©nĂ©rales et rĂ©glementaires.
  • Sous l’Empire, d’autres codifications suivent : code de procĂ©dure civile (1806), code d’instruction criminelle (1808) et code pĂ©nal (1810).

Astuce mémo

12/08/1800 Commission → 21/03/1804 Code civil ; art 4 juge tranche, art 5 pas de rĂšgles gĂ©nĂ©rales.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
476Chute de l’Empire romain d’Occident
325Concile de Nicée
381Concile de Constantinople
431Concile d’Éphùse
451Concile de Chalcédoine
802Lex Salica Emendata (réforme de la loi salique)
1075Naissance de l’école de Bologne (circulation des manuscrits en Italie)
1228-1234Travail d’Accurse aboutissant à la Grande glose
1219Décrétale « super speculam » (enseignement du droit romain à Paris)
496-498Conversion de Clovis au christianisme

Tableaux de synthĂšse

Glossateurs vs postglossateurs (mĂ©thodes d’enseignement)

CourantMécanismeObjectif
GlossateursGlose explication mot Ă  mot, arrĂȘt Ă  chaque mot importantProduire une glose et fixer durablement le modĂšle autour du texte de Justinien
PostglossateursCommentaire synthĂ©tique par thĂšmes (mariage/contrat/dĂ©lit) hors d’Italie (notamment OrlĂ©ans)Passer de l’explication littĂ©rale Ă  l’explication thĂ©matique et plus pratique

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre droit post-classique (droit en déclin de qualité) et droit postérieur à 476 sans changement automatique des rÚgles.
  2. Croire que les dĂ©crĂ©tales sont seulement des “rĂ©ponses” sans valeur normative gĂ©nĂ©rale, alors qu’elles deviennent des rĂšgles valables pour toute l’Église.
  3. MĂ©langer concile provincial et concile gĂ©nĂ©ral ƓcumĂ©nique: le premier vise des ajustements locaux, le second fixe des principes pour l’ensemble.
  4. Oublier que les capitulaires valent pour tout le monde dans l’empire carolingien (pas seulement les “lois nationales” reprises des peuples).
  5. Confondre personnalité des lois (jugement selon la loi du peuple) avec territorialisation progressive des coutumes (droit coutumier local puis statut urbain).
  6. Penser que la coutume s’impose “par le peuple” sans filtres: le pouvoir et les juges interviennent (preuve, enquĂȘte, reconnaissance).
  7. Croire que la jurisprudence au sens romain (jurisprudentia) correspond Ă  l’ensemble des dĂ©cisions des juges comme aujourd’hui: Ă  Rome, c’est la science/les Ă©crits des juristes.

Checklist Examen

  1. Lister les 5 sources du droit aujourd’hui et dire en quoi chacune consiste (constitution, loi, jurisprudence, coutume, doctrine).
  2. Dans la chronologie du droit romain, associer AntiquitĂ© (dĂ©but/fin) et Moyen Âge (476 → 1453 ou 1492) puis Époque moderne (XVe siĂšcle → 1789) et contemporaine (depuis 1789).
  3. Pour les crises du IIIe siÚcle, présenter les 6 crises (terrain, trésor, migrations, militaires, maladies, pouvoir) et rappeler la chute de 476 avec Odoacre.
  4. DĂ©finir et distinguer concile, concile provincial et concile gĂ©nĂ©ral ƓcumĂ©nique, puis mĂ©moriser les 4 conciles ƓcumĂ©niques majeurs et le rĂŽle du pape (dĂ©crĂ©tales).
  5. Expliquer le systÚme carolingien: Lex Salica Emendata (802), capitulaire (portée et création), missi dominici (diffusion et contrÎle).
  6. Décrire la Renaissance juridique médiévale: Bologne (1075), glossateurs (glose mot à mot), Grande glose (1228-1234) et postglossateurs (commentaire thématique), + rappeler « super speculam » (1219).
  7. Présenter le droit canonique médiéval: sources (canons + décrétales), collections canoniques au VIe siÚcle, et la régionalisation (Mérovingiens vs Wisigoths).
  8. Expliquer la coutume: thĂ©orisation (dĂ©lais 10/20/30-40) et pratique (filtrage par pouvoir/juges, “enquĂȘte par turbe” au Nord avec turbe ≄ 10).
  9. Relier droit savant et droit coutumier: droits savants (droit romain + canonique), utrumque juis (liens), et l’idĂ©e du droit romain supplĂ©tif quand le canonique ne tranche pas (Jean Teutonique).
  10. Expliquer la seconde renaissance du droit romain : vague de réception (imprimerie), 1453, mos gallicus/mos italicus et le mécanisme de recul (droit davantage théorique puis déclinaison).
  11. DĂ©crire le lĂ©gicentrisme rĂ©volutionnaire: DDHC 26 aoĂ»t 1789 (volontĂ© gĂ©nĂ©rale), rĂ©fĂ©rĂ© lĂ©gislative, interdiction des arrĂȘts de rĂšglement, dĂ©cret du 5 aoĂ»t 1789 (suppression des privilĂšges/coutumes).
  12. Montrer comment s’opĂšre la codification napolĂ©onienne: Commission de rĂ©daction (12 aoĂ»t 1800), vote en bloc du Code civil (21 mars 1804), articles 4 et 5 (juge doit trancher / interdit rĂšgles gĂ©nĂ©rales), puis rappeler les autres grands codes sous l’Empire.

Test your knowledge

Test your knowledge on Histoire du droit en Europe with 11 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel effet la conversion de Clovis au christianisme vers 496-498 a-t-elle sur le droit des populations chrétiennes ?

2. Qu'est-ce que le christianisme dans l’Empire romain ?

Take the quiz →

Review with flashcards

Memorize the key concepts of Histoire du droit en Europe with 9 interactive flashcards.

Crise du IIIe siĂšcle — dĂ©finition ?

Accumulation de crises fragilisant l’Empire romain.

Crise du IIIe siĂšcle

Crises territoriales, économiques, militaires, sanitaires, politiques.

Chute de 476 — Ă©vĂ©nement clĂ© ?

Effondrement officiel de l’Empire romain d’Occident.

See flashcards →

Similar courses

Create your own revision sheets

Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.

Sheet generator