Revision sheet: Histoire politique du sport en France

Plan du Cours

  1. Gouvernance étatique du sport en France
  2. Naissance du sport moderne en Angleterre
  3. Pierre de Coubertin et l’idĂ©al olympique
  4. Diversification des pratiques sportives avant 1920
  5. Éclatement fĂ©dĂ©ral et premiĂšres politiques publiques
  6. Front populaire et sport pour tous
  7. Politisation des Jeux et contre-olympiades
  8. Vichy et encadrement de la jeunesse sportive
  9. Sport-roi et structuration de l’aprùs-guerre
  10. Logiques politiques contemporaines du sport

1. Gouvernance étatique du sport en France

Notions clés & Définitions

  • Sport d’État : Le sport d’État dĂ©signe un modĂšle oĂč l’État structure et finance fortement l’activitĂ© sportive, au point d’en faire un domaine public.
  • Financement public du sport : Le financement public du sport correspond Ă  la part des ressources provenant de l’État et des acteurs publics dans le budget global du sport.
  • CollectivitĂ©s locales : Les collectivitĂ©s locales sont les administrations territoriales qui portent des politiques sportives et financent des Ă©quipements et services.
  • Sport fait public : Le sport fait public est l’idĂ©e que le sport devient un objet de politiques publiques, traitĂ© par l’action de l’État sur le long terme.
  • Sport instrument politique : Le sport instrument politique dĂ©signe l’usage du sport comme levier d’action publique et de stratĂ©gie politique.

Points essentiels

  • En France, le sport est prĂ©sentĂ© comme un « sport d’État » avec des services et des composantes, et il est financĂ© par l’État.
  • Dans des pays plus libĂ©raux comme les États-Unis, le financement public du sport ne couvrirait pas plus de 20% selon le cours.
  • Les collectivitĂ©s locales couvrent 10,5 milliards d’euros dans le domaine du sport et sont dĂ©crites comme les premiers financeurs.
  • Le cours donne un ordre de grandeur : 92 milliards d’euros sont dĂ©pensĂ©s dans le sport en France, prĂ©sentĂ© comme une exception en Europe et dans le monde.
  • Le sport est dĂ©crit comme une affaire d’État : des politiques publiques orientent son dĂ©veloppement depuis plus d’un siĂšcle.
  • Exemple de gouvernance locale : dans certaines villes, le sport de haut niveau peut ĂȘtre gĂ©rĂ© par le service du Maire, tandis que dans d’autres il relĂšve des services de l’État du sport.

Astuce mémo

France = « sport d’État » : État + collectivitĂ©s + Ă©cole → dĂ©penses trĂšs Ă©levĂ©es (92 Md€) ; ailleurs (USA) = plafond public ~20%.

2. Naissance du sport moderne en Angleterre

Notions clés & Définitions

  • Pierre de Coubertin : PersonnalitĂ© aristocratique et intellectuelle qui promeut l’éducation par le sport et s’inspire de l’Angleterre pour transformer les pratiques sportives.
  • Un inconnu cĂ©lĂšbre : Figure visionnaire associĂ©e Ă  une vision Ă©litiste et excluante du sport, rĂ©servĂ©e aux riches et jugĂ©e inadaptĂ©e aux femmes.
  • Anglomanie : Tendance Ă  se tourner vers les modĂšles anglais, notamment clubs et formes d’organisation sportive comme le football et les clubhouse.
  • USFCP : Union De SociĂ©tĂ©s Françaises de Course Ă  pied, premiĂšre fĂ©dĂ©ration citĂ©e pour regrouper les pratiquants d’athlĂ©tisme.
  • USFSA : Union des SociĂ©tĂ©s Françaises de Sport AthlĂ©tiques, structure issue de l’USFCP qui Ă©largit la gestion des sports.

Points essentiels

  • Coubertin passe 3 ans en Angleterre pour s’inspirer et dĂ©velopper une Ă©ducation sportive en France plus proche du modĂšle anglais.
  • La vision Ă©litiste attribuĂ©e Ă  « un inconnu cĂ©lĂšbre » exclut les femmes du sport et le rĂ©serve aux personnes aisĂ©es.
  • Vers la fin du XIXe siĂšcle, des clubs sportifs français apparaissent (Racing Club de France en 1882, club français en 1883) et rassemblent des lycĂ©ens de grands lycĂ©es parisiens.
  • Le sport bourgeois se pratique dans des enceintes fermĂ©es et isolĂ©es pour prĂ©server un espace privĂ©, avec une morale centrĂ©e sur l’excellence, l’amateurisme et la perfection humaine.
  • L’anglomanie favorise l’importation de formes d’organisation et d’adhĂ©sion (clubs, football, clubhouse) et l’essor d’équipes autour de ports comme Le Havre et Marseille.
  • 1887 : crĂ©ation de l’USFCP, fĂ©dĂ©ration d’athlĂ©tisme qui devient ensuite l’USFSA pour gĂ©rer plus largement les sports avant la crĂ©ation de fĂ©dĂ©rations sportives au sens plus gĂ©nĂ©ral en 1920.

Astuce mémo

Coubertin = « 3 ans en Angleterre » → modĂšle anglais → clubs et fĂ©dĂ©rations (USFCP puis USFSA).

3. Pierre de Coubertin et l’idĂ©al olympique

Notions clés & Définitions

  • IdĂ©al olympique : Vision des Jeux olympiques centrĂ©e sur la paix et la fraternitĂ© entre nations, opposĂ©e Ă  une logique de rivalitĂ© guerriĂšre.
  • Jeux de la guerre : Expression dĂ©crivant des Jeux qui reflĂštent des tensions entre États plutĂŽt qu’un esprit de coopĂ©ration.
  • Gaston Vidal : Auteur citĂ© pour caractĂ©riser la transformation du sport en domaine Ă©tatique aprĂšs les Jeux d’Anvers de 1920.
  • Pierre de Coubertin : Figure associĂ©e Ă  l’idĂ©al olympique, utilisĂ©e ici comme repĂšre pour comprendre l’évolution du sens des Jeux.

Points essentiels

  • AprĂšs les JO d’Anvers en 1920, des alliĂ©s sont interdits, ce qui marque un tournant vers une logique de rivalitĂ© entre États.
  • Gaston Vidal formule l’idĂ©e que le sport devient un « sport d’État » Ă  la suite de ces Ă©volutions.
  • Le basculement des Jeux est prĂ©sentĂ© comme un passage de la paix vers une forme de « jeux de la guerre ».
  • L’exclusion d’États lors des JO est prĂ©sentĂ©e comme une premiĂšre dans l’histoire des Jeux, selon le cours.
  • Le lien entre idĂ©al olympique et Ă©tatisation est traitĂ© Ă  travers la question : le sport relĂšve-t-il de l’État, de l’école, de l’armĂ©e ou de la santĂ© ?
  • Le cours prĂ©pare la suite en montrant que l’État s’immisce ensuite davantage dans l’organisation et la rĂ©glementation du sport.

Astuce mémo

Anvers 1920 = exclusion d’alliĂ©s → Jeux moins « paix », plus « guerre » → sport qui glisse vers l’État.

4. Diversification des pratiques sportives avant 1920

Notions clés & Définitions

  • Service provisoire de l’EPS : Dispositif de 1922 qui organise temporairement l’éducation physique et les sports dans les Ă©tablissements d’enseignement sous l’autoritĂ© du ministĂšre de l’instruction publique.
  • FĂ©dĂ©rations reconnues d’utilitĂ© publique : Statut ouvert en 1923 permettant aux fĂ©dĂ©rations sportives d’ĂȘtre reconnues officiellement comme d’utilitĂ© publique.
  • Commissariat gĂ©nĂ©ral Ă  l’éducation physique : Institution créée en 1924 (janvier-mars) sous Henry PatĂ© pour prĂ©parer les Jeux olympiques et structurer l’éducation physique.
  • Instituts rĂ©gionaux d’EP (IREP) : Structures créées en 1927 pour former des acteurs de l’éducation physique, ancĂȘtres des UFR STAPS.
  • Sous-secrĂ©tariat Ă  l’éducation physique : Structure instaurĂ©e en 1928 sous Henry PatĂ©, intĂ©grĂ©e Ă  l’intĂ©rieur d’autres ministĂšres.

Points essentiels

  • 1922 : le service provisoire de l’EPS et des sports s’inscrit dans une logique de formation et d’organisation de la pratique sportive Ă  l’école.
  • 1923 : la reconnaissance d’utilitĂ© publique ouvre un cadre institutionnel plus solide aux fĂ©dĂ©rations sportives.
  • 1924 (janvier-mars) : le commissariat gĂ©nĂ©ral Ă  l’éducation physique (Henry PatĂ©) prĂ©pare les JO avec une programmation Ă©talĂ©e sur environ 5 mois.
  • 1924 : des concours culturels (poĂ©sie, littĂ©rature, sculpture) sont intĂ©grĂ©s pour montrer le lien entre sport et culture nationale.
  • 1927 : les IREP structurent la formation des Ă©ducateurs et des profs, en rupture avec les formations antĂ©rieures centrĂ©es sur Joinville pour les militaires spĂ©cialisĂ©s.
  • 1928 : le sous-secrĂ©tariat Ă  l’éducation physique (Henry PatĂ©) fonctionne comme une structure rattachĂ©e Ă  d’autres ministĂšres, avant une montĂ©e en puissance ultĂ©rieure de l’État.

Astuce mémo

RepĂšre la chaĂźne 1922→1923→1924→1927→1928 : Ă©cole (EPS) → fĂ©dĂ©rations reconnues → JO + culture → formation rĂ©gionale (IREP) → structure dans les ministĂšres.

5. Éclatement fĂ©dĂ©ral et premiĂšres politiques publiques

Notions clés & Définitions

  • Colonies de vacances : Dispositifs d’accueil encadrĂ©s par des rĂšgles et une lĂ©gislation qui structurent l’organisation des activitĂ©s de jeunesse.
  • Conseil supĂ©rieur des sports : Instance créée en 1936 pour orienter et coordonner les dĂ©cisions publiques liĂ©es au sport.
  • Brevet sportif populaire : DiplĂŽme de niveau sportif destinĂ© Ă  Ă©largir la pratique, avec une validation par des jeunes en formation et une exigence pour certaines professions.
  • Éducation physique scolaire : Enseignement obligatoire Ă  l’école primaire et secondaire, dont les horaires et l’organisation Ă©voluent avec les politiques publiques.
  • Office du sport scolaire et universitaire : Organisation créée en 1938 pour structurer le sport scolaire et universitaire et favoriser la pratique des jeunes.

Points essentiels

  • En 1935, l’État finance fortement les Ă©quipements sportifs avec 4 millions de francs, puis 24 millions en 1936 et 39 millions en 1937.
  • Le Conseil supĂ©rieur des sports est installĂ© le 20 juillet 1936 pour soutenir la structuration de la politique sportive.
  • Le brevet sportif populaire (1937) est validĂ© par des jeunes en cours et devient obligatoire pour certaines professions, notamment les professeurs d’éducation physique Ă  l’école.
  • L’éducation physique scolaire (primaire et secondaire) passe Ă  un volume compris entre 2h et 5h, avec un temps de plein air liĂ© Ă  l’arrĂȘtĂ© du 22 mai 1937.
  • L’OSSU est créé en 1938 et l’USEP en 1939 afin de donner aux enfants un cadre pour dĂ©couvrir le plein air et pratiquer l’éducation physique.
  • Les politiques publiques des annĂ©es 1930 dessinent un modĂšle de “sport pour tous” qui laisse de cĂŽtĂ© le haut niveau et la logique de performance.

Astuce mémo

Financement→cadre→diplĂŽme→horaires→structures : 1935-1936-1937 (millions) puis Conseil (20/07/1936), brevet (1937), arrĂȘtĂ© plein air (22/05/1937), OSSU (1938) et USEP (1939).

6. Front populaire et sport pour tous

Notions clés & Définitions

  • Jeux Olympiques de Berlin 1936 : Édition des JO organisĂ©e Ă  Berlin en 1936, marquĂ©e par une mise en scĂšne et une instrumentalisation politique par le rĂ©gime nazi.
  • Front populaire : Coalition politique française de gauche au pouvoir en 1936, mobilisĂ©e pour contester la montĂ©e de l’autoritarisme en Europe.
  • Boycott des JO : Refus collectif d’envoyer des sportifs ou de participer aux JO, ici discutĂ© comme rĂ©ponse Ă  la politisation nazie des Jeux.
  • Contre-olympiades de Barcelone : Jeux alternatifs organisĂ©s en parallĂšle des JO de Berlin, portĂ©s par des partis socialistes pour proposer un autre modĂšle olympique.
  • FSGT : FĂ©dĂ©ration sportive française liĂ©e au mouvement socialiste, qui envoie des sportifs aux contre-olympiades de Barcelone.

Points essentiels

  • En 1936, la France du Front populaire dĂ©bat au Parlement l’envoi de la dĂ©lĂ©gation sportive Ă  Berlin, avec un vote en juillet quelques jours avant le dĂ©part.
  • Le vote est prononcĂ© Ă  l’unanimitĂ© pour l’envoi des sportifs, sauf Pierre MendĂšs France qui vote contre l’envoi vers Berlin.
  • La France justifie l’absence de boycott par l’idĂ©e que les JO ne seraient pas un espace politique, alors que la rĂ©alitĂ© est jugĂ©e politisĂ©e.
  • Hitler finit par politiser les JO de Berlin, car il n’est pas convaincu au dĂ©part que Berlin corresponde Ă  son programme.
  • Le boycott est discutĂ© Ă  partir de garanties donnĂ©es au CIO, notamment la neutralitĂ© affichĂ©e de responsables allemands (dont un prĂ©sident de comitĂ© olympique juif) et l’engagement du CIO via des figures comme le comte B
  • Le rĂ©gime nazi lance une organisation spectaculaire : stade d’environ 100 000 places, village olympique, retransmission radio en direct et promesse des premiĂšres retransmissions tĂ©lĂ©visĂ©es des JO.

Astuce mémo

Front populaire = débat parlementaire + envoi majoritaire, mais MendÚs France vote contre; Berlin = JO politisés + garanties au CIO; Barcelone = contre-Jeux socialistes.

7. Politisation des Jeux et contre-olympiades

Notions clés & Définitions

  • Jeux olympiques de Berlin 1936 : Édition des JO organisĂ©e Ă  Berlin en 1936, marquĂ©e par une mise en scĂšne politique et une forte fascination populaire.
  • Contre-olympiades : ÉvĂ©nements sportifs alternatifs aux JO, pensĂ©s comme un modĂšle diffĂ©rent et politiquement opposĂ©, notamment en contexte de tensions internationales.
  • FSGT : FĂ©dĂ©ration sportive et gymnique du travail, qui envoie des participants français aux contre-olympiades.
  • Contre-olympiades de Barcelone : Édition des contre-olympiades organisĂ©e Ă  Barcelone, structurĂ©e avec des logiques rĂ©gionales selon les nations.
  • Jeux de la guerre froide : JO organisĂ©s dans un contexte de rivalitĂ© Est-Ouest, oĂč la prĂ©sence simultanĂ©e de certains pays devient un indicateur politique.

Points essentiels

  • La candidature de Berlin pour les JO de 1936 sert de contexte Ă  la politisation, avec une mise en valeur de l’évĂ©nement par l’État.
  • Les contre-olympiades visent un autre modĂšle de JO, prĂ©sentĂ© comme politiquement diffĂ©rent et centrĂ© sur la solidaritĂ© et la culture.
  • La FSGT envoie de nombreux Français aux contre-olympiades, ce qui montre l’implication de rĂ©seaux sportifs dans les choix politiques.
  • À Barcelone, l’organisation s’appuie sur des rĂ©gions, car l’expression du mouvement varie selon les nations (exemples citĂ©s : Corse, Alsace).
  • Les contre-olympiades de Barcelone s’arrĂȘtent car le 18 juillet 1936 correspond au dĂ©clenchement de la guerre d’Espagne, qui fait s’effondrer le projet.
  • À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport n’est pas prĂ©sentĂ© comme un facteur de paix mais comme un miroir des affrontements entre États, donc comme un instrument politique indirect.

Astuce mémo

Berlin = vitrine politique ; contre-olympiades = alternative solidaire ; 18/07/1936 = rupture par la guerre d’Espagne.

8. Vichy et encadrement de la jeunesse sportive

Notions clés & Définitions

  • Éducation physique intensive : Discipline visant une formation du corps trĂšs rĂ©guliĂšre, pensĂ©e comme aussi morale et intellectuelle pour renforcer la nation.
  • Vie de plein air : Ensemble d’activitĂ©s de nature (camping, feu) prĂ©sentĂ© comme un support Ă©ducatif et hygiĂ©nique.
  • Sports (rugby et boxe) : Volet sportif de l’éducation physique, utilisĂ© comme outil d’entraĂźnement et de cohĂ©sion.
  • École d’Uriage : Centre de formation masculine de la jeunesse encadrĂ©e, liĂ© Ă  la diffusion nationale de l’EPS en contexte vichyste.
  • École d’Ecully : Centre de formation fĂ©minine de la jeunesse encadrĂ©e, participant Ă  la formation nationale des cadres.

Points essentiels

  • La discipline associe entraĂźnement du corps et dimension morale/intellectuelle, en considĂ©rant que les savoirs abstraits affaiblissent la France face Ă  l’éducation physique.
  • La nature sert de rĂ©fĂ©rence et se dĂ©cline en plusieurs pratiques : plein air, hygiĂšne, chant, travaux manuels, ateliers et sports (rugby, boxe).
  • L’EGS est diffusĂ© dans des Ă©coles de cadres nationales, aussi dĂ©clinĂ©es rĂ©gionalement en France libre sous le rĂ©gime de Vichy.
  • Les Ă©coles d’Uriage (masculine) et d’Ecully (fĂ©minin) forment la jeunesse encadrĂ©e et visent la prise en charge des chantiers de jeunesse.
  • Les centres nationaux Ă©laborent de grandes lignes de la RĂ©sistance Ă  partir de 1942-1943, ce qui crĂ©e un contraste avec la finalitĂ© affichĂ©e de formation.
  • Les dĂ©clinaisons rĂ©gionales des dispositifs sportifs prennent la forme des GREGS, qui fusionnent avec les UFR STAPS pour devenir les vĂ©ritables UFR STAPS.

Astuce mémo

Nature → hygiĂšne/chant/travaux/ateliers/sports : la nature “contient” les modules de l’éducation physique vichyste.

9. Sport-roi et structuration de l’aprùs-guerre

Notions clés & Définitions

  • Éducation populaire : Notion d’action sociale oĂč le sport sert de levier central pour former et Ă©duquer les personnes, notamment via des formations de cadres.
  • Marie ThĂ©rĂšse Eyquem : Militante socialiste et fĂ©ministe qui structure le sport fĂ©minin et occupe des responsabilitĂ©s institutionnelles majeures entre les annĂ©es 1940 et 1960.
  • Rayon sportif fĂ©minin : FĂ©dĂ©ration sportive fĂ©minine qui organise le dĂ©veloppement du sport des femmes et sert de relais Ă  l’action d’Eyquem.
  • Politique gaullienne : Orientation de l’État sous De Gaulle visant Ă  renforcer l’image et la grandeur de la France Ă  l’international, notamment par le sport de haut niveau.
  • BEES : DiplĂŽme d’État créé en 1963 pour encadrer et professionnaliser les mĂ©tiers liĂ©s au sport.

Points essentiels

  • AncĂȘtre du CNOSF : le conseil supĂ©rieur des sports et le comitĂ© olympique français servent de base Ă  la structuration institutionnelle du sport.
  • 1928 : premiĂšres femmes participant aux Jeux olympiques, ce qui marque une entrĂ©e visible des femmes dans le sport de compĂ©tition.
  • Marie ThĂ©rĂšse Eyquem devient premiĂšre inspectrice des sports fĂ©minins en 1947 et publie en 1944 La femme et le sport.
  • IdĂ©e d’Eyquem : pour exister dans le champ sportif, les femmes doivent dĂ©fendre un sport spĂ©cifique fĂ©minin plutĂŽt que rĂ©clamer l’égalitĂ©.
  • 1958 : De Gaulle nomme Maurice Herzog et crĂ©e le Haut-commissariat Ă  la Jeunesse, aux sports et aux loisirs pour donner un cadre Ă  l’action sportive.
  • 1960 : aprĂšs les JO, les Français reviennent sans mĂ©daille, ce qui conduit Ă  renforcer l’organisation du haut niveau par l’État et la prĂ©paration olympique (rĂ©organisation autour du haut niveau).

Astuce mémo

Eyquem = « sport à soi » ; De Gaulle = « grandeur par médailles ».

10. Logiques politiques contemporaines du sport

Notions clés & Définitions

  • Loi Mazeaud : Loi de 1975 qui encadre l’organisation du sport en France et concrĂ©tise des orientations Ă©tatiques dĂ©jĂ  prĂ©sentes.
  • CNOSF : ComitĂ© national chargĂ© d’organiser le sport français, notamment le haut niveau et la prĂ©paration aux olympiades.
  • Sports-Ă©tudes : Dispositif visant Ă  intĂ©grer le sport de haut niveau dans le parcours scolaire via des structures dĂ©diĂ©es.
  • INSEP : Institut national du sport et de l’éducation physique, issu d’une fusion, devenu un lieu de performance.
  • STAPS : UFR universitaire de formation et de recherche orientĂ©e vers les mĂ©tiers et la recherche au service du sport.

Points essentiels

  • La loi Mazeaud du 29 octobre 1975 inscrit le sport dans la culture nationale et impose sa prise en compte par l’État via ministĂšres et institutions avec les clubs.
  • Cinq mesures associĂ©es Ă  cette dynamique : harmonisation des cadres lĂ©gislatifs des fĂ©dĂ©rations, crĂ©ation du CNOSF, gĂ©nĂ©ralisation des sports-Ă©tudes, fusion INS-ENSEP en INSEP, et crĂ©ation des STAPS.
  • Le CNOSF est prĂ©sentĂ© comme garant de la prĂ©paration aux olympiades et comme acteur de la promotion du « sport pour tous » (Spirit pour tous).
  • Les sports-Ă©tudes reposent sur l’idĂ©e que la performance scolaire peut accueillir le haut niveau via des structures comme section sportive, pĂŽle français et pĂŽle espoir.
  • L’INSEP, issu de la fusion INS-ENSEP, est dĂ©crit comme un lieu de performance, tandis que les STAPS structurent une formation et une recherche tournĂ©es vers le sport de haut niveau.
  • Le sport est aussi abordĂ© comme un outil politique : symbole de supĂ©rioritĂ© nationale, moyen de s’opposer aux dictatures, vecteur de revendications et levier d’accĂšs Ă  l’échiquier olympique mondial.

Astuce mémo

Mazeaud = 29/10/1975 : État + 5 leviers (fĂ©dĂ©s, CNOSF, sports-Ă©tudes, INSEP, STAPS).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
15/01Début du cours n°1 (Histoire des institutions sportives en France)
1887CrĂ©ation de l’USFCP (puis USFSA)
1920JO d’Anvers : exclusion des alliĂ©s et tournant vers une logique de rivalitĂ©
1er juillet 1901Loi Waldeck-Rousseau : cadre de l’association (but non lucratif)
20 juillet 1936Installation du Conseil supérieur des sports
22 mai 1937ArrĂȘtĂ© liĂ© au plein air dans l’éducation physique scolaire
18 juillet 1936DĂ©clenchement de la guerre d’Espagne : arrĂȘt des contre-olympiades de Barcelone
31 juillet 1940Création des chantiers de jeunesse (remplacement du service militaire)
7 aoĂ»t 1940CrĂ©ation du Commissariat GĂ©nĂ©ral Ă  l’Education GĂ©nĂ©rale Sportive (CGEGF)
20 décembre 1940Charte des sports (contrÎle/agrément des dirigeants et sociétés)

Tableaux de synthĂšse

Financement public : ordre de grandeur

ZonePart du financement public
France92 milliards d’euros dĂ©pensĂ©s dans le sport
Pays libéraux (USA)20% maximum du sport

ChaĂźne d’étatisation avant 1930 (repĂšres)

AnnéeMesure
1920Gaston Vidal : le sport devient un sport d’État (suite aux JO d’Anvers)
1921Haut commissariat Ă  l’éducation physique (ministĂšre de la guerre)
1922Service provisoire de l’EPS et des sports (ministùre de l’instruction publique)
1923Reconnaissance d’utilitĂ© publique pour les fĂ©dĂ©rations
1924 (janvier-mars)Commissariat gĂ©nĂ©ral Ă  l’éducation physique (Henry PatĂ©)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « sport d’État » (modĂšle français avec services/financement public) et « sport fait public » (idĂ©e que le sport devient un objet de politiques publiques sur le long terme).
  2. Croire que les JO de Berlin 1936 sont seulement une question sportive : le cours insiste sur leur politisation (propagande, mise en scĂšne, garanties au CIO).
  3. MĂ©langer les dates et dispositifs de l’entre-deux-guerres : 1922/1923/1924 (EPS, utilitĂ© publique, commissariat) ne sont pas la mĂȘme chose que 1936-1939 (Conseil, brevet, OSSU/USEP).
  4. Penser que les contre-olympiades de Barcelone Ă©chouent pour des raisons sportives : le cours donne la rupture du 18 juillet 1936 (guerre d’Espagne).
  5. Oublier que Vichy n’est pas prĂ©sentĂ© comme une simple parenthĂšse : le cours dit qu’il peut devenir un accĂ©lĂ©rateur aprĂšs 40-44, avec continuitĂ©s de structures et d’investissements.
  6. Confondre les rĂŽles : Coubertin (idĂ©al olympique/Ă©ducation) n’est pas l’auteur de la loi Mazeaud (1975) ni le responsable direct de l’étatisation institutionnelle aprĂšs 1920.
  7. Croire que « sport pour tous » signifie haut niveau : le cours dit que la politique des années 1930 laisse de cÎté la performance et le haut niveau.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi la France est dĂ©crite comme un « sport d’État » (services, financement public) et donner l’ordre de grandeur des dĂ©penses (92 Md€) et la comparaison USA (~20%).
  2. DĂ©crire le rĂŽle des collectivitĂ©s locales comme premiers financeurs (10,5 Md€) et donner l’exemple municipal (stade/emplois municipaux).
  3. RĂ©pondre Ă  la question « sport instrument politique » : montrer comment l’État s’insĂšre progressivement et ce que signifie « sport fait public ».
  4. Expliquer l’origine du sport moderne en Angleterre victorienne via Thomas Arnold (High-school de Rugby, euphĂ©misation, self-government).
  5. PrĂ©senter l’influence de Pierre de Coubertin (3 ans en Angleterre) et l’idĂ©e attribuĂ©e Ă  « un inconnu cĂ©lĂšbre » (Ă©litisme, exclusion des femmes).
  6. Citer les repĂšres de la structuration fĂ©dĂ©rale : 1887 USFCP puis USFSA, et l’éclatement vers des fĂ©dĂ©rations unitaires aprĂšs 1920.
  7. Expliquer le tournant de 1920 (JO d’Anvers) : alliĂ©s interdits, jeux de la guerre plutĂŽt que paix, et la formule de Gaston Vidal (« sport d’État »).
  8. Maßtriser la chaßne 1920-1924 : 1921 (haut commissariat), 1922 (service provisoire EPS/sports), 1923 (utilité publique), 1924 (commissariat général, préparation JO, concours culturels).
  9. DĂ©crire l’entrĂ©e en scĂšne de l’État 1936-1939 : Conseil supĂ©rieur des sports (20/07/1936), brevet sportif populaire (1937), arrĂȘtĂ© plein air (22/05/1937), OSSU (1938) et USEP (1939).
  10. Expliquer la politisation des JO de Berlin 1936 et la position française (Front populaire, vote parlementaire en juillet, MendÚs France contre) ainsi que le rÎle des garanties au CIO.
  11. Raconter l’alternative des contre-olympiades de Barcelone : objectif, rĂŽle de la FSGT, logique rĂ©gionale, et arrĂȘt le 18 juillet 1936.
  12. PrĂ©senter Vichy et l’éducation physique : chantiers de jeunesse (31/07/1940), CGEGF (07/08/1940), charte des sports (20/12/1940), EGS (1er juin 1941) et ses modules (vie de plein air, hygiĂšne, chant, travaux manuels, at.

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1. Quelle fĂ©dĂ©ration apparaĂźt d’abord en 1887 avant d’évoluer vers une structure plus large ?

2. Qu'est-ce que le modÚle de gouvernance étatique du sport en France?

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Sport d’État — dĂ©finition ?

ModĂšle oĂč l’État structure et finance fortement le sport.

Sport d’État en France

ModĂšle oĂč l’État structure et finance fortement le sport.

Naissance du sport moderne — pays ?

Angleterre, au XIXe siùcle, avec l’influence de Thomas Arnold.

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