Revision sheet: Les Fondements de la Justice

Plan du Cours

  1. ThÚse conventionnaliste et relativité des normes
  2. Relativisme moral et conventions de justice
  3. IntĂ©rĂȘt du plus fort et idĂ©ologie de la justice
  4. Loi des faibles et morale du ressentiment
  5. Droit naturel et droit positif
  6. Arguments de Leo Strauss pour le droit naturel
  7. Raison, progrÚs moral et équité
  8. Kant : respect de la personne humaine
  9. Rawls : voile d’ignorance et sociĂ©tĂ© juste
  10. Justice et égalité : égalité proportionnelle

1. ThÚse conventionnaliste et relativité des normes

Notions clés & Définitions

  • ThĂšse conventionnaliste : ThĂšse selon laquelle le juste et l’injuste ne valent pas en dehors de ce que les usages, coutumes et lois Ă©tablissent comme tels.
  • RelativitĂ© des normes : IdĂ©e que les normes morales et juridiques varient selon les Ă©poques et les lieux, donc ne dĂ©crivent pas un absolu unique.
  • Usages et coutumes : Ensemble des pratiques sociales qui servent de repĂšres collectifs et peuvent dĂ©finir ce qui est tenu pour juste.
  • Lois positives : RĂšgles formelles Ă©dictĂ©es par une autoritĂ©, qui fixent concrĂštement ce qui est considĂ©rĂ© comme juste ou injuste.

Points essentiels

  • Le sentiment d’injustice peut sembler Ă©vident au moment oĂč on l’éprouve, mais il peut ĂȘtre subjectif.
  • Les notions de bien/mal et de justice/injustice peuvent ne pas avoir de sens absolu si elles dĂ©pendent des mƓurs et des lois.
  • Les pratiques jugĂ©es choquantes dans une culture peuvent ĂȘtre acceptĂ©es ailleurs (exemples antiques et contemporains citĂ©s).
  • En Rome antique, le pĂšre pouvait avoir (sous conditions) un droit de vie et de mort sur ses enfants, sa femme et ses esclaves.
  • Le code d’Hammourabi (1792–1750 av. J.-C.) prĂ©voit une peine touchant les enfants de l’architecte en cas d’effondrement, illustrant une logique d’équivalence stricte.
  • La loi du talion exprime cette Ă©quivalence dommage→peine avec l’idĂ©e « Ɠil pour Ɠil, dent pour dent ».

Astuce mémo

Convention = « ce que la sociĂ©tĂ© Ă©crit et pratique » : si les mƓurs changent, le « juste » change aussi.

2. Relativisme moral et conventions de justice

Notions clés & Définitions

  • Relativisme moral : Doctrine selon laquelle il n’existe pas de vĂ©ritĂ© morale universelle, donc aucun acte n’est juste ou injuste « en soi ».
  • Talion : Principe de justice fondĂ© sur une stricte Ă©quivalence entre le dommage subi et la peine infligĂ©e au coupable.
  • Loi du talion : Formule de justice par Ă©quivalence exprimĂ©e par l’idĂ©e « Ɠil pour Ɠil, dent pour dent ».
  • HospitalitĂ© conjugale : Pratique sociale mentionnĂ©e comme exemple de mƓurs variant selon les cultures, ici chez les Inuits.
  • Pyrrhon (scepticisme) : Scepticisme attribuĂ© Ă  Pyrrhon, prĂ©sentĂ© comme prĂ©figurant l’idĂ©e qu’on ne peut pas trancher moralement de façon absolue.

Points essentiels

  • Le relativisme moral s’appuie sur l’observation que lois, mƓurs et coutumes changent avec les Ă©poques et les lieux.
  • Dans une logique de talion, la justice vise une Ă©quivalence stricte entre le dommage et la peine, comme dans « Ɠil pour Ɠil, dent pour dent ».
  • Le texte oppose la comprĂ©hension du talion Ă  l’incomprĂ©hension de pratiques jugĂ©es choquantes, en rappelant que l’étiquette de « barbarie » dĂ©pend du point de vue.
  • La formule de Montaigne est utilisĂ©e pour critiquer l’idĂ©e qu’une culture puisse juger les autres avec ses propres normes comme Ă©talon.
  • Pascal distingue l’absence de fondement rationnel des lois comme coutumes et le maintien d’un sens pour les notions de bien et de mal.
  • Le relativisme moral affirme qu’il n’y a pas de vĂ©ritĂ© morale et qu’on ne peut donc pas dire bien ou mal, juste ou injuste « dans l’absolu ».

Astuce mémo

Talion = « Ă©quivalence » ; relativisme = « pas d’absolu » : justice = convention variable selon les cultures.

3. IntĂ©rĂȘt du plus fort et idĂ©ologie de la justice

Notions clés & Définitions

  • Relativisme moral : Doctrine selon laquelle il n’existe pas de vĂ©ritĂ© morale absolue, de sorte que les jugements de bien ou de mal dĂ©pendent des cadres humains.
  • Pyrrhon : Sceptique associĂ© Ă  une doctrine qui met en doute l’existence de vĂ©ritĂ©s morales stables et universelles.
  • DiogĂšne LaĂ«rce : Auteur qui rapporte des positions philosophiques, dont une formulation proche du relativisme moral sceptique.
  • Glaucon : Personnage de La RĂ©publique de Platon qui expose une thĂšse sur l’origine conventionnelle de la justice et des lois.
  • Justice conventionnelle : IdĂ©e selon laquelle le juste correspond Ă  ce que les hommes conviennent d’adopter pour organiser la vie commune.

Points essentiels

  • Le relativisme moral affirme qu’il n’y a pas de bien ou de mal absolu, seulement des jugements dĂ©pendant des lois et coutumes.
  • La doctrine sceptique attribuĂ©e Ă  Pyrrhon insiste sur l’absence de critĂšres moraux universels et sur le rĂŽle de la loi et de la coutume.
  • Si le juste et l’injuste sont des conventions, leur force vient surtout de l’habitude et de la rĂ©pĂ©tition sociale.
  • Une question centrale suit : pourquoi une coutume plutĂŽt qu’une autre s’impose-t-elle aux hommes ?
  • ThĂšse de Glaucon : sans lois, les hommes en conflit perpĂ©tuel se font plus de tort qu’ils n’en tirent profit.
  • Les hommes rationnels finissent par convenir de rĂšgles pour Ă©viter la violence et rendre la vie commune possible, puis appellent juste ce qui s’y conforme.

Astuce mémo

Convention = paix : sans rĂšgles, conflit ; avec rĂšgles, cohabitation.

4. Loi des faibles et morale du ressentiment

Notions clés & Définitions

  • Loi des faibles : IdĂ©e selon laquelle les rĂšgles morales servent surtout Ă  protĂ©ger les plus vulnĂ©rables contre la violence et l’injustice.
  • Morale du ressentiment : Vision oĂč la morale sert Ă  transformer une impuissance ou une haine en justification d’interdits et de jugements contre autrui.
  • Freud : Auteur mobilisĂ© ici pour expliquer l’interdit de tuer comme condition de la vie en commun.
  • Glaucon : Personnage de La RĂ©publique de Platon utilisĂ© pour dĂ©fendre l’idĂ©e d’un accord visant Ă  Ă©viter l’injustice.
  • Thrasymaque : Sophiste mis en scĂšne par Platon, prĂ©sentĂ© comme source de la thĂšse selon laquelle le juste avantage le plus fort.

Points essentiels

  • L’interdiction de tuer est prĂ©sentĂ©e comme une rĂšgle conventionnelle utile Ă  la cohabitation, pas comme une valeur absolue en soi.
  • Freud relie le commandement de ne pas tuer Ă  l’intĂ©rĂȘt de la vie en commun, car sans rĂšgle la cohabitation serait impraticable.
  • Glaucon soutient que ceux qui ne savent ni fuir le mal ni choisir le bien concluent un accord pour ne plus commettre ni subir l’injustice.
  • La vengeance aprĂšs un meurtre relance la violence, ce qui crĂ©e un cercle sans fin entre agressions et reprĂ©sailles.
  • La justice est alors dĂ©crite comme un ensemble de limites destinĂ©es Ă  rĂ©duire l’agressivitĂ© naturelle et Ă  empĂȘcher que les hommes s’entretuent.
  • La question est posĂ©e : si la justice n’est qu’une convention utile, n’est-ce pas en rĂ©alitĂ© le plus fort qui impose ses rĂšgles ?

Astuce mémo

Convention de paix : meurtre→vengeance→violence→rùgles pour cohabiter (Freud/Glaucon).

5. Droit naturel et droit positif

Notions clés & Définitions

  • Droit naturel : Notion de justice fondĂ©e sur des principes prĂ©sentĂ©s comme supĂ©rieurs aux coutumes et aux lois humaines.
  • Droit positif : Notion de droit constituĂ© par les lois effectivement Ă©dictĂ©es par un pouvoir donnĂ©.
  • Ruse du plus fort : IdĂ©e selon laquelle le dominant transforme sa force en droit pour faire passer son intĂ©rĂȘt pour une obligation morale.
  • IdĂ©ologie : ReprĂ©sentation du monde imposĂ©e par la classe dominante pour servir ses intĂ©rĂȘts et rendre ses normes acceptables.

Points essentiels

  • Rousseau explique que la domination durable exige de convertir la force en droit et l’obĂ©issance en devoir.
  • Le dominant masque son intĂ©rĂȘt derriĂšre la justice pour que les dominĂ©s se sentent moralement tenus d’obĂ©ir.
  • Marx prĂ©sente le droit comme relevant de l’idĂ©ologie, c’est-Ă -dire de la volontĂ© d’une classe Ă©rigĂ©e en loi.
  • Marx affirme que les idĂ©es de la classe dominante deviennent, Ă  chaque Ă©poque, les idĂ©es dominantes.
  • CalliclĂšs soutient que les lois sont Ă©tablies par les faibles selon leur intĂ©rĂȘt personnel.
  • Pour CalliclĂšs, la morale et la justice peuvent ĂȘtre comprises comme l’expression d’une loi de la nature, celle du plus fort.

Astuce mémo

Plus fort → masque justice (Rousseau) ; droit = classe dominante (Marx) ; lois = intĂ©rĂȘt des faibles (CalliclĂšs).

6. Arguments de Leo Strauss pour le droit naturel

Notions clés & Définitions

  • Droit positif : Le droit positif dĂ©signe l’ensemble des lois effectivement en vigueur dans un État ou une sociĂ©tĂ©.
  • Droit naturel : Le droit naturel regroupe des principes de justice non conventionnels, censĂ©s valoir indĂ©pendamment des lois humaines.
  • Loi vraie : La loi vraie est une justice supposĂ©e unique, constante et Ă©ternelle, conforme Ă  la nature et Ă  la raison droite.
  • Loi injuste : Une loi injuste est une loi jugĂ©e contraire Ă  des principes de justice supĂ©rieurs aux usages et aux textes.

Points essentiels

  • Le droit positif est variable et relatif, car il dĂ©pend des lois effectivement adoptĂ©es par les hommes.
  • Le droit naturel est prĂ©sentĂ© comme non conventionnel, donc non instituĂ© par les hommes, et censĂ© ĂȘtre valable en tout temps et pour tous.
  • Strauss soutient que le besoin du droit naturel reste manifeste, mĂȘme Ă  l’époque moderne, selon son texte de 1953.
  • Nier le droit naturel revient Ă  rĂ©duire la dĂ©termination du droit aux seuls lĂ©gislateurs et tribunaux, ce qui rend incohĂ©rente l’idĂ©e de lois injustes.
  • Parler de loi injuste suppose nĂ©cessairement des critĂšres de justice supĂ©rieurs aux lois, donc l’existence de principes plus hauts que le droit positif.
  • Strauss ajoute que ces principes ne se limitent pas Ă  un simple idĂ©al, mais doivent avoir une portĂ©e rĂ©elle au-delĂ  des attentes subjectives.

Astuce mémo

CritĂšre→jugement : si on peut dire « loi injuste », c’est qu’on dispose d’un critĂšre au-dessus des lois (droit naturel).

7. Raison, progrÚs moral et équité

Notions clés & Définitions

  • Lois injustes : Notion de droit selon laquelle une loi peut ĂȘtre moralement injuste mĂȘme si elle est lĂ©galement en vigueur.
  • Relativisme moral : ThĂšse selon laquelle les jugements de justice et d’injustice dĂ©pendent entiĂšrement des mƓurs et varient sans critĂšre stable.
  • Raison : FacultĂ© humaine qui permet de distinguer le vrai du faux, le bien du mal et le juste de l’injuste.
  • Justice rationnelle : IdĂ©e selon laquelle la justice se reconnaĂźt comme une Ă©vidence accessible par la raison, indĂ©pendamment des intĂ©rĂȘts.
  • Sentiments faussant le jugement : IdĂ©e selon laquelle les Ă©motions et prĂ©fĂ©rences peuvent dĂ©tourner l’homme de son jugement rationnel sur le juste.

Points essentiels

  • Le droit ne dĂ©pend pas seulement des lĂ©gislateurs et des tribunaux : on peut juger une loi injuste au nom de principes supĂ©rieurs.
  • Les principes de justice ne se rĂ©duisent pas Ă  un idĂ©al variable : si tout se vaut, on ne voit pas pourquoi combattre l’esclavage ou la discrimination.
  • Le relativisme moral n’est pas tenable car on ne peut pas tout tolĂ©rer : certaines pratiques restent injustes.
  • Le fait de pouvoir questionner la valeur de notre conception de la justice indique qu’en l’homme existe quelque chose de non totalement conditionnĂ© par la sociĂ©tĂ© : la raison.
  • Les conflits sociaux deviennent insolubles si aucune dĂ©cision rationnelle sur le juste et l’injuste n’est possible.
  • La raison permet de distinguer le bien du mal et la justice de l’injustice, ce qui rend la justice intelligible comme Ă©vidence rationnelle.

Astuce mémo

Raison = boussole du juste : si on peut la questionner, c’est qu’elle n’est pas entiĂšrement fabriquĂ©e par la sociĂ©tĂ©.

8. Kant : respect de la personne humaine

Notions clés & Définitions

  • Respect de la personne humaine : Exigence morale selon laquelle chaque personne doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme digne et non instrumentalisĂ©e.
  • HumanitĂ© comme fin : Principe kantien imposant de traiter l’humanitĂ© en soi et chez autrui comme une finalitĂ©, jamais comme un simple outil.
  • HumanitĂ© comme moyen : Attitude consistant Ă  utiliser une personne comme instrument, ce qui nie sa dignitĂ© et rend l’action injuste.
  • ÉquitĂ© : Exigence de justice qui consiste Ă  traiter de façon identique des ĂȘtres essentiellement semblables malgrĂ© des diffĂ©rences accidentelles.
  • Droits naturels : IdĂ©e selon laquelle certains droits appartiennent Ă  tout homme du seul fait d’ĂȘtre homme, indĂ©pendamment des cultures ou appartenances.

Points essentiels

  • Kant relie la justice morale au fait de traiter l’humanitĂ© en soi et chez autrui comme une fin et jamais comme un moyen.
  • L’injustice, pour Kant, consiste Ă  traiter une personne comme une chose, en l’utilisant sans Ă©gard pour sa dignitĂ©.
  • Les exemples d’injustice citĂ©s sont l’esclavage, l’exploitation, le viol, le harcĂšlement et la maltraitance.
  • Les conceptions divergentes de la justice peuvent s’expliquer par des sentiments qui faussent le jugement, comme chez Malebranche.
  • Une autre explication est que le droit naturel n’apparaĂźt pas spontanĂ©ment et doit ĂȘtre dĂ©couvert par la rĂ©flexion puis traduit en lois via le dĂ©bat public, comme chez Rousseau.
  • L’idĂ©e d’un progrĂšs de la conscience morale compare l’évolution de la justice Ă  celle des sciences et techniques, et la DĂ©claration universelle des droits de l’homme (1948) est prĂ©sentĂ©e comme une formulation de ces idĂ©-

Astuce mémo

Fin ≠ moyen : traite l’humain comme une destination, pas comme un outil.

9. Rawls : voile d’ignorance et sociĂ©tĂ© juste

Notions clés & Définitions

  • Voile d’ignorance : Le voile d’ignorance est une situation hypothĂ©tique oĂč des futurs membres choisissent les principes de justice sans connaĂźtre leur place sociale rĂ©elle.
  • SociĂ©tĂ© juste : Une sociĂ©tĂ© juste est une organisation politique fondĂ©e sur des principes choisis collectivement, visant une libertĂ© maximale compatible avec l’égalitĂ© des chances.
  • ÉgalitĂ© effective des chances : L’égalitĂ© effective des chances dĂ©signe une Ă©galitĂ© rĂ©elle d’accĂšs aux opportunitĂ©s, et pas seulement une Ă©galitĂ© formelle des droits.
  • Justice distributive : La justice distributive est la justice qui rĂšgle la rĂ©partition des biens, des rĂ©compenses ou des honneurs selon des critĂšres pertinents.

Points essentiels

  • Rawls dĂ©finit une sociĂ©tĂ© juste comme fondĂ©e sur des principes choisis par ses membres futurs en ignorant leur position dans la sociĂ©tĂ©.
  • Le voile d’ignorance sert Ă  Ă©viter que les principes soient biaisĂ©s par l’intĂ©rĂȘt personnel liĂ© Ă  la place occupĂ©e.
  • Une sociĂ©tĂ© juste vise le maximum de libertĂ© compatible avec l’égalitĂ© effective des chances.
  • Toutes les inĂ©galitĂ©s ne sont pas injustes : certaines diffĂ©rences de statut (majeurs/mineurs) ne choquent pas en droit.
  • La justice ne consiste pas Ă  donner la mĂȘme chose Ă  tous, mais Ă  attribuer Ă  chacun ce qui lui revient selon son statut, ses actes, ses mĂ©rites ou ses besoins.
  • Aristote distingue la justice distributive (rĂ©partition) de la justice pĂ©nale (sanction) et la relie Ă  une Ă©galitĂ© proportionnelle aux mĂ©rites.

Astuce mémo

Voile d’ignorance = choisir des rĂšgles sans savoir si tu seras “haut” ou “bas” : tu cherches donc des principes Ă©quitables.

10. Justice et égalité : égalité proportionnelle

Notions clés & Définitions

  • ÉgalitĂ© proportionnelle : ÉgalitĂ© proportionnelle : conception de la justice qui consiste Ă  rĂ©partir charges et honneurs selon les mĂ©rites de chacun.
  • Justice : Justice : principe supĂ©rieur permettant de juger la lĂ©gitimitĂ© d’un fait, y compris lorsqu’il s’appuie sur des lois.
  • Droit positif : Droit positif : ensemble des lois effectivement en vigueur dans un espace juridique donnĂ© Ă  une Ă©poque donnĂ©e.
  • Droit naturel : Droit naturel : ensemble de principes universels de justice indĂ©pendants des conventions humaines.
  • Relativisme moral : Relativisme moral : doctrine selon laquelle il n’existerait pas de bien ou de mal, de juste ou d’injuste en soi.

Points essentiels

  • L’égalitĂ© proportionnelle vise une rĂ©partition inĂ©gale des individus inĂ©gaux pour que la justice soit respectĂ©e.
  • Dans cette logique, la CitĂ© distribue charges et honneurs en proportion des mĂ©rites de chacun.
  • L’idĂ©e d’égalitĂ© proportionnelle est jugĂ©e valable si l’on suppose que tous les hommes ont les mĂȘmes droits fondamentaux.
  • Aristote admet une exception : certains hommes « de nature infĂ©rieure » (les barbares) pourraient ĂȘtre lĂ©gitimement rĂ©duits en esclavage.
  • La justice peut ĂȘtre comprise comme un critĂšre de lĂ©gitimitĂ©, les lois faisant partie des faits sur lesquels on juge.

Astuce mémo

MĂ©rites → proportion : justice = donner selon ce que chacun vaut (charges et honneurs).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1792 à 1750 av. J.-C.RÚgne du roi de Babylone Hammourabi, auteur du code mentionné
2013DĂ©claration de la corrida comme « bien d’intĂ©rĂȘt culturel » par le Parlement espagnol
1948Proclamation de la DĂ©claration universelle des droits de l’homme
1953Texte de Leo Strauss dans Droit naturel et histoire sur le besoin du droit naturel

Tableaux de synthĂšse

Hypothùses sur l’origine de la justice (Platon)

HypothÚseIdée centraleAuteur
Pacification de la vie en sociĂ©tĂ©Les rĂšgles sont justes car elles permettent de vivre ensemble et d’éviter la violenceGlaucon (La RĂ©publique)
IntĂ©rĂȘt du plus fortLe gouvernement dĂ©clare juste ce qui sert son intĂ©rĂȘt (masque de la justice)Thrasymaque (La RĂ©publique) + Rousseau
Loi des faiblesLes lois sont établies par les faibles à leur avantage (égalité/ressentiment)CalliclÚs (Gorgias) + Nietzsche (ressentiment)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre relativisme moral et simple constat historique : ici, le relativisme affirme l’absence de vĂ©ritĂ© morale « en soi ».
  2. Croire que « Ɠil pour Ɠil » signifie une justice moderne : le cours l’utilise comme exemple d’équivalence stricte, comprĂ©hensible dans un cadre donnĂ©.
  3. Penser que Glaucon conclut que le meurtre est « toujours » injuste : selon l’hypothĂšse conventionnelle, il n’est pas injuste en soi mais incompatible avec la vie en sociĂ©tĂ©.
  4. Mélanger droit positif et droit naturel : le droit positif est variable (lois en vigueur), le droit naturel est présenté comme non conventionnel et universel.
  5. Interpréter Strauss comme niant toute relativité : il défend au contraire la nécessité de critÚres supérieurs, car on peut parler de lois injustes.
  6. RĂ©duire la justice kantienne Ă  une rĂšgle juridique : pour Kant, l’injustice consiste Ă  traiter la personne comme une chose, en niant la dignitĂ©.
  7. Croire que Rawls exige l’égalitĂ© parfaite des situations : le cours insiste sur le maximum de libertĂ© compatible avec l’égalitĂ© effective des chances et sur l’attribution « Ă  chacun ce qui lui revient ».

Checklist Examen

  1. Expliquer la thĂšse conventionnaliste : le juste et l’injuste dĂ©pendent des usages, coutumes et lois.
  2. Donner au moins deux exemples du cours montrant la variation des conceptions de la justice (Rome antique, AztĂšques, Inuits, etc.).
  3. Expliquer le rĂŽle du code d’Hammourabi et de la loi du talion (« ƒil pour Ɠil, dent pour dent ») dans l’argument conventionnaliste.
  4. Citer l’idĂ©e de Montaigne reprise dans le cours : « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. »
  5. DĂ©finir le relativisme moral et formuler l’idĂ©e : « rien ne peut ĂȘtre dit bien ou mal, juste ou injuste dans l’absolu ».
  6. Exposer la thÚse sceptique attribuée à Pyrrhon (via DiogÚne Laërce) : gouverner selon loi et coutume.
  7. PrĂ©senter l’hypothĂšse de Glaucon : les rĂšgles pacifient la vie en sociĂ©tĂ© et on appelle juste ce qui s’y conforme.
  8. Expliquer l’hypothĂšse de Freud sur l’interdiction de tuer : intĂ©rĂȘt de la vie en commun et impraticabilitĂ© sans rĂšgle.
  9. PrĂ©senter l’hypothĂšse de Thrasymaque : « Le juste est l’avantage du plus fort » et le masque de la justice (Rousseau).
  10. PrĂ©senter l’hypothĂšse de CalliclĂšs : les faibles font les lois Ă  leur avantage, et relier Ă  l’idĂ©e de morale du ressentiment.
  11. Distinguer droit positif et droit naturel : variable/relatif vs principes universels non conventionnels.
  12. Exposer les arguments de Leo Strauss : possibilité de lois injustes, relativisme non tenable (esclavage/discrimination), rÎle de la raison, conflits insolubles sans décision du juste.
  13. Expliquer comment la raison permet de distinguer bien/mal et juste/injuste, et les trois explications des divergences (sentiments, réflexion/découverte, progrÚs moral).
  14. Formuler l’exigence kantienne : traiter l’humanitĂ© comme une fin et jamais comme un simple moyen, avec exemples d’injustices (esclavage, viol, harcĂšlement, etc.).

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1. Que soutient la thùse conventionnaliste à propos du juste et de l’injuste ?

2. Pourquoi la notion de relativité des normes conduit-elle à comparer des sociétés différentes ?

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Memorize the key concepts of Les Fondements de la Justice with 20 interactive flashcards.

ThĂšse conventionnaliste — dĂ©finition ?

Le juste dépend des usages, lois et coutumes.

RelativitĂ© des normes — concept ?

Les normes morales varient selon les époques et lieux.

Usages et coutumes — rîle ?

Définissent ce qui est considéré comme juste.

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