Revision sheet: Les Fondements du Pouvoir Politique

Plan du Cours

  1. Hobbes et le frontispice du Léviathan
  2. Impérium et auctoritas du souverain
  3. Primauté de la force et liberté de penser
  4. Logique, Job et l’objection au mal
  5. Léviathan, tradition judéo-chrétienne et sens
  6. SouverainetĂ© issue de l’obĂ©issance collective
  7. Représentation politique et corps du roi
  8. État de nature, hostilitĂ© et crĂ©ation de l’État
  9. Sécurité au-dessus de la liberté
  10. Terre et mer, Béhémoth et Léviathan
  11. État artificiel, dĂ©personnalisation et rouages
  12. Critiques modernes de l’État totalitaire

1. Hobbes et le frontispice du Léviathan

Notions clés & Définitions

  • Thomas Hobbes : Philosophe anglais du XVIIe siĂšcle, auteur du LĂ©viathan, dont le frontispice est conçu pour correspondre au contenu de l’ouvrage.
  • Le LĂ©viathan : ƒuvre de Thomas Hobbes dont le frontispice sert de reprĂ©sentation visuelle de sa conception du pouvoir politique.
  • Frontispice du LĂ©viathan : Gravure d’Abraham Bosse oĂč l’image met en scĂšne la rĂ©union des pouvoirs temporel et spirituel autour du souverain.
  • ImpĂ©rium : Pouvoir liĂ© Ă  la force physique, c’est-Ă -dire la capacitĂ© de contraindre par la contrainte matĂ©rielle.
  • Auctoritas : AutoritĂ© exercĂ©e sur les Ăąmes, associĂ©e au pouvoir spirituel et Ă  l’emprise sur la dimension intĂ©rieure.

Points essentiels

  • Le frontispice est une gravure d’Abraham Bosse et Hobbes voulait que l’image corresponde Ă  ce qu’il dĂ©fend dans le LĂ©viathan.
  • Le roi est reprĂ©sentĂ© au centre, avec une couronne, une taille dĂ©mesurĂ©e et deux attributs : un glaive et une crosse Ă©piscopale.
  • Le glaive figure l’ImpĂ©rium, donc le pouvoir temporel sur les corps, tandis que la crosse figure l’Auctoritas, donc le pouvoir spirituel sur les Ăąmes.
  • Le souverain dĂ©tient les deux pouvoirs Ă  la fois, ce qui renvoie Ă  l’idĂ©e de monarchie absolue sans partage.
  • La vallĂ©e sous le roi oppose visuellement les institutions : l’Église (cathĂ©drale, chapelle) pour le spirituel et la citadelle/ville fortifiĂ©e pour le temporel.
  • MĂȘme si la contrainte physique existe, la libertĂ© de penser est prĂ©sentĂ©e comme protĂ©gĂ©e par l’ñme, ce qui donne une primautĂ© Ă  la force corporelle sur la force spirituelle et intellectuelle dans la lecture du pouvoir.

Astuce mémo

Glaive = Impérium (corps) ; Crosse = Auctoritas (ùmes) ; Roi = les deux, donc pouvoir total.

2. Impérium et auctoritas du souverain

Notions clés & Définitions

  • ImpĂ©rium : Pouvoir de commandement du souverain, qui s’exerce par des moyens concrets et contraignants sur les corps et les actes.
  • Auctoritas : AutoritĂ© de lĂ©gitimation du souverain, fondĂ©e sur le prestige et la capacitĂ© Ă  orienter les consciences plutĂŽt que sur la force brute.
  • Schisme : SĂ©paration durable de fidĂšles d’une mĂȘme religion qui reconnaissent des autoritĂ©s diffĂ©rentes.
  • Église anglicane : Église propre Ă  l’Angleterre fondĂ©e par Henri VIII pour rompre avec la direction du pape.
  • Pouvoir temporel : AutoritĂ© politique et matĂ©rielle exercĂ©e par le souverain sur l’ordre civil et les institutions.

Points essentiels

  • Henri VIII rompt avec le pape aprĂšs le refus du divorce, ce qui transforme le conflit religieux en dĂ©cision politique de souverainetĂ©.
  • Le geste d’Henri VIII est prĂ©sentĂ© comme une suprĂ©matie : il revendique un pouvoir spirituel et temporel, ce qui entraĂźne un schisme.
  • Le pape est dĂ©crit comme ayant une autoritĂ© spirituelle sur l’ensemble des catholiques, tandis que le Vatican exerce aussi un pouvoir physique et rĂ©el.
  • Le frontispice oppose les symboles du pouvoir temporel (chĂąteau fort, couronne, canon, arsenaux, bataille) Ă  ceux du pouvoir spirituel (Ă©glise, chapeau du pape, foudre de Dieu, fourches des syllogismes, dĂ©bat ou tribunal
  • L’idĂ©e centrale est que connaĂźtre les lois gouvernant la matiĂšre permet d’asseoir un pouvoir physique sur les corps, et Bacon formule cela par l’obĂ©issance Ă  la nature.
  • La logique est prĂ©sentĂ©e comme un enchaĂźnement nĂ©cessaire des idĂ©es : si la conclusion est dĂ©montrĂ©e, on ne peut pas ne pas s’y ranger, ce qui fonde un pouvoir spirituel intellectuel.

Astuce mémo

ImpĂ©rium = contrainte matĂ©rielle ; auctoritas = lĂ©gitimitĂ© spirituelle ; schisme = changement d’autoritĂ©.

3. Primauté de la force et liberté de penser

Notions clés & Définitions

  • Objection du mal : Objection du mal : critique adressĂ©e au monothĂ©isme, selon laquelle la prĂ©sence du mal rendrait la croyance difficile Ă  dĂ©fendre.
  • ManichĂ©isme : ManichĂ©isme : vision du monde qui juge sans nuance, en opposant des catĂ©gories tranchĂ©es comme si tout Ă©tait noir ou blanc.
  • Livre de Job : Livre de Job : rĂ©cit biblique oĂč un homme juste, Job, subit une souffrance radicale tout en maintenant un dialogue avec Dieu.
  • Satan accusateur : Satan accusateur : figure cĂ©leste du rĂ©cit, prĂ©sentĂ©e comme un « accusateur » chargĂ© de tester la sincĂ©ritĂ© humaine, distincte du diable chrĂ©tien.
  • Dogmatisme religieux : Dogmatisme religieux : attitude qui impose une explication rigide et simpliste, au lieu d’accueillir la complexitĂ© de l’expĂ©rience.

Points essentiels

  • Le Livre de Job rĂ©pond Ă  l’objection manichĂ©enne en distinguant Dieu, qui permet le mal sans en ĂȘtre l’auteur, et une source du mal liĂ©e Ă  un mauvais usage de la libertĂ©.
  • Dans le cadre du rĂ©cit, Dieu tient conseil avec des « fils de Dieu » et le Satan y apparaĂźt comme Accusateur, non comme diable au sens chrĂ©tien.
  • Dieu accepte l’épreuve de Job mais fixe une limite : Job ne doit pas mourir.
  • Les Ă©preuves de Job se dĂ©roulent en vagues : pertes extĂ©rieures puis atteintes corporelles, avec une maladie terrible et une dĂ©figuration.
  • La plainte de Job n’est pas un blasphĂšme : il accuse Dieu d’injustice et d’absence tout en refusant de renier Dieu.
  • Les amis de Job passent du silence au dogmatisme : ils concluent que la souffrance prouve un pĂ©chĂ©, ce que Job conteste en dĂ©fendant son innocence et en demandant une rĂ©ponse divine.

Astuce mémo

Job = Ă©preuve + dialogue : il ne renie pas, il proteste; Dieu rĂ©pond par l’immensitĂ©, pas par une justification morale.

4. Logique, Job et l’objection au mal

Notions clés & Définitions

  • Job : Job : personnage biblique dont l’histoire sert Ă  penser la fidĂ©litĂ© Ă  Dieu malgrĂ© l’incomprĂ©hension et l’épreuve.
  • Croyance dogmatique : Croyance dogmatique : maintien d’une croyance mĂȘme quand l’expĂ©rience la contredit, en refusant d’accorder crĂ©dit Ă  ce qui contredit le dogme.
  • LĂ©viathan : LĂ©viathan : figure Ă©voquĂ©e comme image de puissance, non comme puissance malĂ©fique, pour manifester la puissance divine.
  • Servitude volontaire : Servitude volontaire : idĂ©e selon laquelle la domination dĂ©pend aussi de l’obĂ©issance consentie, et non seulement de la force du tyran.
  • ObĂ©issance : ObĂ©issance : attitude oĂč l’on se soumet parce qu’on choisit de suivre ce qui est ordonnĂ©, et non parce qu’on subit une contrainte.

Points essentiels

  • Dans l’islam, les textes bibliques sont vus comme altĂ©rĂ©s, ce qui explique que la version coranique de l’histoire de Job diffĂšre de la tradition judĂ©o-chrĂ©tienne.
  • La foi authentique n’est pas l’absence de rĂ©volte : elle consiste Ă  rester en dialogue avec Dieu mĂȘme quand l’épreuve paraĂźt incomprĂ©hensible.
  • Job ne nie pas l’existence de Dieu : il accuse Dieu de lui faire du mal tout en reconnaissant qu’il ne comprend pas sa justice.
  • La rĂ©compense de Job est liĂ©e Ă  la persĂ©vĂ©rance dans la foi et Ă  la sincĂ©ritĂ©, contrairement aux amis prĂ©sentĂ©s comme de mauvaise foi.
  • La mention du LĂ©viathan n’est pas prĂ©sentĂ©e comme malĂ©fique : elle sert Ă  donner une image terrestre de la puissance de Dieu.
  • Le LĂ©viathan est reliĂ© Ă  l’orgueil : il renvoie Ă  la figure du roi des orgueilleux, capable d’humilier les hommes, et donc Ă  la puissance qui peut faire baisser l’orgueil.

Astuce mémo

Job = « je doute, mais je ne nie pas » ; Dogme = « j’ignore l’expĂ©rience » ; LĂ©viathan = « puissance, pas mal ».

5. Léviathan, tradition judéo-chrétienne et sens

Notions clés & Définitions

  • Union : L’union dĂ©signe la force produite par la cohĂ©sion d’une multiplicitĂ©, plutĂŽt que par le simple nombre d’individus.
  • Soumission : La soumission est l’état oĂč un peuple est dominĂ©, notamment quand il ne parvient pas Ă  s’organiser collectivement.
  • RĂ©volution horizontale : La rĂ©volution horizontale correspond Ă  l’organisation spontanĂ©e du petit peuple sans pouvoir central, permettant l’émergence de la puissance collective.
  • ReprĂ©sentation politique : La reprĂ©sentation politique est l’idĂ©e que le souverain gouverne en tant que reprĂ©sentant du peuple, mĂȘme si le rĂ©gime n’est pas dĂ©mocratique.
  • Corps du roi : Le corps du roi dĂ©signe l’incarnation de la nation, avec une distinction entre dimension privĂ©e et dimension publique du souverain.

Points essentiels

  • Pour Simone Weil, la faiblesse vient moins du nombre que du manque d’union, car l’absence d’équipe empĂȘche l’action collective.
  • Au-delĂ  d’un certain seuil, l’union ne peut plus venir des individus eux-mĂȘmes et doit ĂȘtre portĂ©e par une structure supĂ©rieure, notamment le pouvoir politique.
  • Weil dĂ©crit la rĂ©volution comme un moment rare oĂč la puissance du peuple apparaĂźt quand il s’organise spontanĂ©ment, mais le reste du temps il lui faut une structure.
  • Chez Hobbes, il existe une unitĂ© rĂ©elle entre le peuple et le souverain, ce qui vise Ă  exclure l’idĂ©e de division et de tyrannie au sens strict.
  • La formule « le roi c’est le peuple » signifie que, quel que soit le rĂ©gime, celui qui dirige le fait en vertu du pouvoir que le peuple lui confĂšre.
  • Hobbes pense la souverainetĂ© comme reprĂ©sentation : le souverain est lĂ©gitime parce qu’il reprĂ©sente la population qu’il gouverne, et non parce qu’il serait dĂ©mocrate.

Astuce mémo

Weil : Nombre ≠ Force ; Union = Force ; sans structure → soumission ; rĂ©volution = union spontanĂ©e. Hobbes : Roi = Peuple (reprĂ©sentation).

6. SouverainetĂ© issue de l’obĂ©issance collective

Notions clés & Définitions

  • SouverainetĂ© lĂ©gitime : La souverainetĂ© lĂ©gitime est un pouvoir politique reconnu comme justifiĂ© parce qu’il procĂšde d’une source collective et acceptĂ©e.
  • RĂ©gime dĂ©mocratique : Le rĂ©gime dĂ©mocratique est un systĂšme oĂč l’ensemble des citoyens gouverne par l’accord de ceux qui doivent obĂ©ir.
  • RĂ©gime thĂ©ocratique : Le rĂ©gime thĂ©ocratique est un rĂ©gime oĂč l’autoritĂ© politique est exercĂ©e au nom d’une religion ou d’un souverain prĂ©sentĂ© comme reprĂ©sentant de Dieu.
  • Contrat social sĂ©curitaire : Le contrat social sĂ©curitaire est l’idĂ©e selon laquelle la paix et la protection fondent l’acceptation du pouvoir politique par la multitude.
  • Animal politique : L’animal politique est, chez Aristote, l’ĂȘtre humain qui vit en communautĂ© pour dĂ©libĂ©rer sur le bien et la meilleure vie collective.

Points essentiels

  • Entre dĂ©mocratie et thĂ©ocratie, les autres rĂ©gimes sont prĂ©sentĂ©s comme injustes dans l’argumentation du cours.
  • Dans une thĂ©ocratie, le pouvoir est lĂ©gitimĂ© par la rĂ©fĂ©rence au divin, ce qui empĂȘche une fondation moderne du pouvoir.
  • La rupture dĂ©crite consiste Ă  sĂ©parer le roi de Dieu pour fonder la souverainetĂ© sur le peuple plutĂŽt que sur une vĂ©ritĂ© religieuse.
  • « Le roi c’est le peuple » : la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir dĂ©pend de l’agent qui dĂ©cide de confĂ©rer l’autoritĂ©, incarnĂ© par l’union de la multitude.
  • Chez Hobbes, la vie politique est pensĂ©e comme contractuelle et orientĂ©e par la sĂ©curitĂ© : le souverain est acceptĂ© comme protecteur.
  • Chez Aristote, l’homme est Ă  la fois social et politique : il dĂ©libĂšre en groupe sur le bien et la meilleure vie, car la rĂ©ponse dĂ©passe l’individu seul.

Astuce mémo

Démocratie = peuple qui confÚre; théocratie = Dieu qui fonde; Hobbes = sécurité contractuelle; Aristote = délibération en groupe.

7. Représentation politique et corps du roi

Notions clés & Définitions

  • AmitiĂ© : L’amitiĂ© est prĂ©sentĂ©e comme un cadre social oĂč la discussion politique devient source de bonheur.
  • ÉgalitĂ© des forces : L’égalitĂ© des hommes porte sur leur capacitĂ© Ă  nuire, ce qui rend chacun potentiellement dangereux pour les autres.
  • État de nature : L’état de nature dĂ©signe un cadre sans institutions politiques ni lois communes, oĂč les relations entre individus restent hostiles.
  • Contrat social : Le contrat social est une convention intellectuellement postulĂ©e qui explique la formation de l’État Ă  partir du consentement des individus.
  • Droit naturel : Le droit naturel correspond aux libertĂ©s dont chacun dispose du fait d’appartenir Ă  l’humanitĂ©, indĂ©pendamment des lois d’une sociĂ©tĂ© donnĂ©e.

Points essentiels

  • Hobbes dĂ©crit les hommes comme naturellement ennemis, notamment parce qu’ils sont de forces suffisamment proches pour se menacer mutuellement.
  • L’égalitĂ© de pouvoir de nuisance engendre une Ă©galitĂ© d’appĂ©tits, ce qui alimente la concurrence et donc la conflictualitĂ©.
  • Pour sortir de l’hostilitĂ©, les hommes doivent produire quelque chose d’artificiel : des institutions et un contrat social, car la paix ne naĂźt pas spontanĂ©ment.
  • Dans l’état de nature, l’absence de lois rend le meurtre non rĂ©ellement empĂȘchĂ©, ce qui conduit Ă  une vie brĂšve et misĂ©rable.
  • L’État est prĂ©sentĂ© comme une institution sĂ©curitaire : il vise Ă  empĂȘcher que les hommes se tuent, et sans lui les guerres prĂ©ventives et les conflits renaĂźtraient.
  • Le contrat social revient Ă  troquer une libertĂ© individuelle naĂŻve contre une sĂ©curitĂ© collective, avec une rĂ©partition entre souverain et sujets.

Astuce mémo

ÉgalitĂ© → appĂ©tits → concurrence → hostilitĂ© ; contrat social = sĂ©curitĂ© contre libertĂ© naĂŻve.

8. État de nature, hostilitĂ© et crĂ©ation de l’État

Notions clés & Définitions

  • État de nature : État dĂ©crit comme une situation sans autoritĂ© commune, oĂč la libertĂ© n’est qu’apparente et oĂč les hommes entrent en conflit.
  • Contrat social : Engagement par lequel les individus Ă©changent une part de libertĂ© contre une sĂ©curitĂ© assurĂ©e par une puissance commune.
  • Souverain et sujet : RĂ©partition politique qui distingue ceux qui commandent et ceux qui obĂ©issent, constituant l’État chez Hobbes.
  • LĂ©gitime : QualitĂ© d’une rĂšgle conforme Ă  un idĂ©al de justice, distincte de la simple conformitĂ© Ă  la loi Ă©crite.
  • LĂ©gal : CaractĂšre d’une rĂšgle conforme Ă  la loi telle qu’elle est Ă©crite et instituĂ©e.

Points essentiels

  • Pour Hobbes, le contrat social consiste Ă  troquer la libertĂ© individuelle contre la sĂ©curitĂ© collective.
  • L’État se forme quand les hommes se rĂ©partissent en souverain et sujets, ce qui stabilise l’ordre politique.
  • Le frontispice de Hobbes oppose une fausse libertĂ© de l’état de nature Ă  une libertĂ© sĂ©curisĂ©e portĂ©e par l’État.
  • La lĂ©galitĂ© renvoie Ă  la conformitĂ© au texte de loi, tandis que la lĂ©gitimitĂ© renvoie Ă  l’idĂ©al de justice.
  • Il existe des lois lĂ©gales mais injustes, donc le lĂ©gal peut ne pas coĂŻncider avec le lĂ©gitime.
  • Si l’on dĂ©sobĂ©it parce qu’une loi est injuste, on affaiblit la supĂ©rioritĂ© de l’ordre lĂ©gal et on ouvre la voie au retour vers l’état de nature.

Astuce mémo

Contrat social = LibertĂ© → SĂ©curitĂ© ; État = Souverain/Sujets ; LĂ©gal ≠ LĂ©gitime.

9. Sécurité au-dessus de la liberté

Notions clés & Définitions

  • LĂ©viathan : LĂ©viathan : animal marin gigantesque utilisĂ© par Hobbes comme symbole de l’État fort chargĂ© d’assurer la sĂ©curitĂ© et la cohĂ©sion.
  • BĂ©hĂ©moth : BĂ©hĂ©moth : crĂ©ature lĂ©gendaire terrestre associĂ©e par Hobbes Ă  la guerre civile, donc Ă  la destruction de l’ordre politique.
  • Carl Schmitt : Carl Schmitt : juriste et thĂ©oricien qui propose une lecture gĂ©opolitique opposant la mer et la terre pour comprendre la souverainetĂ© et la libertĂ©.
  • Thalassocratie : Thalassocratie : domination d’une puissance fondĂ©e sur la mer, typiquement associĂ©e Ă  des acteurs maritimes et Ă  des conflits avec les puissances terrestres.

Points essentiels

  • Hobbes emploie la mer et la terre pour symboliser deux types de situations politiques, la mer Ă©tant instable et la terre plus propice Ă  l’édification durable de l’État.
  • Le frontispice de Hobbes met en scĂšne un État-personnage mi-homme mi-poisson, suggĂ©rant que la puissance Ă©tatique Ă©merge et protĂšge Ă  partir du monde marin.
  • Hobbes relie la guerre civile Ă  la mort de l’État, ce qui explique l’association de BĂ©hĂ©moth Ă  la catastrophe politique.
  • Schmitt critique l’attribution des noms chez Hobbes et soutient qu’il y a eu inversion entre les symboles liĂ©s Ă  la mer et ceux liĂ©s Ă  la terre.
  • Dans la thĂ©orie de Schmitt, l’histoire gĂ©opolitique est polarisĂ©e par la diffĂ©rence Ă©lĂ©mentaire Terre/mer et structurĂ©e par des guerres entre civilisations.
  • Schmitt affirme que l’État doit s’affaiblir pour permettre davantage de libertĂ© sur la mer, ce qui implique une logique de dĂ©rĂ©gulation face aux puissances maritimes.

Astuce mémo

Mer = instable/libre (Schmitt) ; Terre = ferme/État (Hobbes).

10. Terre et mer, Béhémoth et Léviathan

Notions clés & Définitions

  • Chapeau de castors : Objet en feutre de castor utilisĂ© comme symbole de domination maritime et de richesse tirĂ©e du commerce outre-mer.
  • Empire britannique : Puissance coloniale et navale qui renforce sa domination grĂące Ă  ses flottes et Ă  ses colonies, notamment liĂ©es aux États-Unis.
  • LĂ©viathan : Puissance terrestre chez Hobbes, associĂ©e Ă  un gouvernement capable de maĂźtriser la mer et de dominer les forces rivales.
  • BĂ©hĂ©moth : BĂȘte/pĂąturage chez Hobbes, figure de l’honneur et de l’orgueil humains qui alimente la guerre civile.
  • Paradoxe de la sĂ©curitĂ© : IdĂ©e selon laquelle les dispositifs censĂ©s Ă©carter les dangers finissent par nourrir la peur qu’ils prĂ©tendent rĂ©duire.

Points essentiels

  • Le chapeau renvoie Ă  une domination immense du pays sur les autres, liĂ©e Ă  l’exploitation d’une Ăźle riche en castors et Ă  l’envoi des peaux en Europe.
  • Le commerce maritime (castors → chapeaux) illustre une fascination et un enrichissement tirĂ©s de la mer, dans une logique d’empire.
  • Le tableau joue sur une inversion symbolique terre/mer, ce qui renforce l’idĂ©e d’un basculement de la puissance et de la projection maritime.
  • Le symbole du dollar est reliĂ© aux deux colonnes d’Hercule avec un motif de mer, signifiant l’aller plus loin sur la mer.
  • Hobbes associe la peur Ă  l’histoire de sa vie et justifie l’existence d’un État pour garantir la sĂ©curitĂ© face Ă  une menace maritime.
  • La guerre civile est interprĂ©tĂ©e comme une rĂ©volte d’hommes orgueilleux qui refusent de se soumettre au berger (l’autoritĂ©).

Astuce mémo

Chapeau = Castors + Mer; Hobbes: LĂ©viathan tient la mer, BĂ©hĂ©moth nourrit l’orgueil; SĂ©curitĂ© = Peur en plus.

11. État artificiel, dĂ©personnalisation et rouages

Notions clés & Définitions

  • État sĂ©curitaire : L’État sĂ©curitaire est un dispositif politique qui organise la protection en continu, ce qui repousse sans cesse la libertĂ© et la rend conditionnelle Ă  la sĂ©curitĂ©.
  • DĂ©personnalisation : La dĂ©personnalisation dĂ©signe le fait que les individus tendent Ă  ĂȘtre traitĂ©s comme des Ă©lĂ©ments anonymes d’un systĂšme, plutĂŽt que comme des personnes politiques singuliĂšres.
  • Science : La science est un ensemble de procĂ©dures intellectuelles visant un maximum d’objectivitĂ©, de certitude et de rĂ©duction des incertitudes par des mĂ©thodes.
  • Technique : La technique est la mise en pratique de la science, produisant des objets et des dispositifs qui augmentent la puissance et rĂ©duisent le danger.
  • Agamben : Agamben analyse l’État moderne occidental Ă  partir de l’« adĂ©mie » et de l’absence de peuple, structurales et liĂ©es Ă  la souverainetĂ©.

Points essentiels

  • La sĂ©curitĂ© n’étant jamais jugĂ©e suffisante, la libertĂ© qu’elle conditionne est constamment ajournĂ©e.
  • Le sanitaire est rattachĂ© au sĂ©curitaire, ce qui explique la prĂ©sence de figures mĂ©dicales comme rappel de la parentĂ© science–sĂ©curitĂ©.
  • La science vise Ă  sĂ©curiser le jugement en rendant les affirmations objectivement Ă©tablies, notamment via la mesure et la quantification.
  • La technique est dĂ©crite comme l’application de la science : elle fabrique des objets et renforce la maĂźtrise, donc la mise Ă  distance du danger.
  • La diffĂ©rence science/technique renvoie au couple savoir/savoir-faire et Ă  la distinction entre lois explicatives et objets produits.
  • GalilĂ©e associe la science Ă  une fondamentalisation de la nature, produisant objectivitĂ© et certitude par l’établissement scientifique des Ă©noncĂ©s.

Astuce mémo

SĂ©curitĂ© sans fin → libertĂ© repoussĂ©e ; science mesure → certitude ; technique applique → puissance ; l’État “rouage” remplace le peuple.

12. Critiques modernes de l’État totalitaire

Notions clés & Définitions

  • État-machine : L’État est conçu comme une machinerie sociale, analogue Ă  une machine qui organise les comportements et les mouvements des individus.
  • Automate : L’automate est une vie artificielle dont le mouvement vient d’un principe interne, sans subjectivitĂ© au sens ordinaire.
  • DĂ©personnalisation : La dĂ©personnalisation dĂ©signe la rĂ©duction de la personne Ă  un rĂŽle fonctionnel dans l’appareil Ă©tatique, au dĂ©triment de sa singularitĂ©.
  • Chosification de l’ĂȘtre humain : La chosification correspond au traitement de l’humain comme un objet ou une fonction dans la politique, plutĂŽt que comme un sujet libre.
  • Foules solitaires : Les foules solitaires dĂ©crivent une sociĂ©tĂ© de masse oĂč les individus sont nombreux mais isolĂ©s, partageant des comportements sans partager une vraie vie commune.

Points essentiels

  • Chez Hobbes, la nature est pensĂ©e comme rĂ©gie par des lois mĂ©caniques, et l’ordre politique s’explique par une logique de montage technique plutĂŽt que par une crĂ©ation artistique.
  • L’art humain est rapprochĂ© de la technique : il reproduit des formes de la nature, et les automates deviennent des modĂšles de vie artificielle.
  • Malebranche critique l’idĂ©e d’une vie rĂ©duite Ă  des mĂ©canismes physiques : dĂšs qu’il y a animalitĂ© et vie, il faut admettre une dimension de subjectivitĂ©.
  • Une rĂ©duction jugĂ©e inadmissible consiste Ă  voir l’association politique comme un simple mĂ©canisme de sĂ©curitĂ© : elle implique des hommes conscients qui visent un vivre-ensemble.
  • Chez Hobbes, l’État moderne produit une aliĂ©nation : les personnes sont prises dans des rouages administratifs qui privent de personnalitĂ© et rendent le souverain impersonnel.
  • Arendt relie le totalitarisme Ă  la disparition de la place publique : les individus perdent l’espace de libertĂ© et se retrouvent “serrĂ©s” comme une masse sans distance politique.

Astuce mémo

Machine mĂšre → automates → dĂ©personnalisation → solitude en masse.

Tableaux de synthĂšse

Pouvoirs et symboles du frontispice (Bosse / Hobbes)

AspectSymboleIdée associée
Pouvoir temporelglaiveforce physique, capacité de contraindre
Pouvoir spirituelcrosse épiscopaleautorité sur les ùmes, auctoritas
Opposition spatialevallée : église vs citadelle/ville fortifiéehiérarchie ecclésiastique vs pouvoir militaire/fortifications

Légitimité, légalité et désobéissance (Hobbes)

NotionDéfinitionConséquence
LĂ©galconforme Ă  la loi telle qu’elle est Ă©crite et instituĂ©epeut ĂȘtre injuste
LĂ©gitimeconforme Ă  l’idĂ©al de justicene coĂŻncide pas forcĂ©ment avec le lĂ©gal
DĂ©sobĂ©issance pour injusticeaffaiblit la supĂ©rioritĂ© de l’ordre lĂ©galouvre la voie au retour vers l’état de nature

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre ImpĂ©rium et auctoritas : le glaive n’est pas l’autoritĂ© spirituelle, et la crosse n’est pas le pouvoir temporel.
  2. Croire que la libertĂ© de penser est supprimĂ©e par la contrainte physique : le cours insiste que l’ñme Ă©chappe Ă  la puissance physique.
  3. InterprĂ©ter le LĂ©viathan comme une puissance malĂ©fique : dans le cours, il sert d’image de puissance (puissance divine/terrestre), pas de diable.
  4. Confondre Satan (Accusateur) et le diable chrétien : dans Job, il est présenté comme un accusateur chargé de tester la sincérité.
  5. RĂ©duire la plainte de Job Ă  un blasphĂšme : le cours dit que c’est une plainte existentielle contre l’injustice et l’absence, sans renier Dieu.
  6. Croire que « le roi c’est le peuple » signifie dĂ©mocratie : Hobbes parle de reprĂ©sentation, quel que soit le rĂ©gime, et la souverainetĂ© Ă©mane du peuple.
  7. Inverser lĂ©gal et lĂ©gitime : une loi peut ĂȘtre lĂ©gale mais injuste, et dĂ©sobĂ©ir pour injustice affaiblit l’ordre lĂ©gal et ramĂšne vers l’état de nature.

Checklist Examen

  1. Décrire le frontispice : roi au centre, couronne, taille démesurée, glaive (Impérium) et crosse épiscopale (auctoritas).
  2. Expliquer la distinction vallée : symboles du pouvoir spirituel (église/cathédrale/chapelle) vs temporel (citadelle/ville fortifiée).
  3. Justifier la primautĂ© de la force corporelle dans la lecture du pouvoir, tout en rappelant que la libertĂ© de penser est protĂ©gĂ©e par l’ñme.
  4. Expliquer le schisme d’Henri VIII : refus du divorce par le Pape, rupture avec la direction du Pape, fondation de l’Église anglicane.
  5. Relier Bacon Ă  la logique du pouvoir : « on ne commande Ă  la nature qu’en lui obĂ©issant » et l’idĂ©e que connaĂźtre les lois de la matiĂšre fonde un pouvoir physique.
  6. Raconter Job selon le cours : cadre (fils de Dieu, Satan/Accusateur), limites (Job ne doit pas mourir), deux sĂ©ries d’épreuves et rĂ©action de Job.
  7. Expliquer l’objection au mal et la rĂ©ponse du cours : Dieu n’est pas l’auteur du mal, le mal vient d’un mauvais usage de la libertĂ©, contre le manichĂ©isme.
  8. Comparer les traditions sur Job : patience absolue dans l’islam (AyyĂ»b) vs plainte lĂ©gitime dans judĂ©o-chrĂ©tien, et l’idĂ©e d’altĂ©ration des textes bibliques.
  9. Expliquer la mention du LĂ©viathan dans Job : pas malĂ©fique, image terrestre de la puissance de Dieu, et lien avec l’orgueil/roi des orgueilleux.
  10. Expliquer servitude volontaire et pyramide : le tiran dĂ©pend de l’obĂ©issance, et la puissance du souverain vient de la base (multitude).
  11. Expliquer la souverainetĂ© chez Hobbes : reprĂ©sentation (« le roi c’est le peuple »), contrat social sĂ©curitaire, rĂ©partition souverain/sujets.
  12. DĂ©crire l’état de nature et la sortie : Ă©galitĂ© de pouvoir de nuisance, hostilitĂ©, nĂ©cessitĂ© d’institutions/contrat social, et la formule troc libertĂ© individuelle contre sĂ©curitĂ© collective.
  13. Distinguer lĂ©gal vs lĂ©gitime et conclure sur la dĂ©sobĂ©issance : lois injustes possibles, mais dĂ©sobĂ©ir pour injustice affaiblit l’ordre lĂ©gal et favorise le retour Ă  l’état de nature.
  14. Expliquer mer/terre et Schmitt : mer instable/libre vs terre ferme/État, et l’idĂ©e d’inversion des noms chez Hobbes selon Schmitt (LĂ©viathan/BĂ©hĂ©moth).

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Test your knowledge on Les Fondements du Pouvoir Politique with 12 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Dans l’usage du cours, quelle est la signification principale du LĂ©viathan ?

2. Dans le frontispice du Léviathan, que symbolise le glaive tenu par le souverain ?

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Hobbes — Ɠuvre principale ?

Le Léviathan

Frontispice — auteur ?

Abraham Bosse

ImpĂ©rium — dĂ©finition ?

Pouvoir contraignant sur les corps

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