Revision sheet: Introduction aux complexes de coordination

Plan du Cours

  1. Définition des complexes de coordination
  2. Classification des ligands de Green
  3. Interactions sigma et pi
  4. Hapticit é, denticité et ligands spéciaux
  5. Ligands pontants et liaisons multiples
  6. Force des liaisons métal-ligand
  7. Géométries des complexes métalliques
  8. Stéréoisomérie des complexes
  9. Décompte électronique des complexes

1. Définition des complexes de coordination

Notions clés & Définitions

  • Complexe de coordination : Un complexe de coordination associe un atome central mĂ©tallique neutre ou cationique Ă  des ligands anioniques ou neutres via une interaction acide de Lewis–base de Lewis.
  • Acide de Lewis mĂ©tal : Le mĂ©tal d’un complexe agit comme un accepteur d’électrons de Lewis capable de recevoir de la densitĂ© Ă©lectronique des ligands.
  • Base de Lewis ligands : Les ligands peuvent jouer le rĂŽle de donneurs d’électrons de Lewis en apportant un doublet ou des Ă©lectrons disponibles vers le mĂ©tal.

Points essentiels

  • La liaison de coordination est dĂ©crite comme une donation de densitĂ© Ă©lectronique des ligands vers l’atome central mĂ©tallique.
  • Le mĂ©tal central est soit neutre soit cationique, tandis que les ligands peuvent ĂȘtre neutres ou anioniques.

2. Classification des ligands de Green

Notions clés & Définitions

  • Ligand L : Un ligand L est un ligand possĂ©dant deux Ă©lectrons appariĂ©s qui peuvent ĂȘtre dĂ©localisĂ©s vers le mĂ©tal et former une liaison de coordination covalente.
  • Ligand X : Un ligand X est un ligand classĂ© diffĂ©remment selon le modĂšle utilisĂ© et dont les Ă©lectrons non appariĂ©s ou la charge dĂ©terminent sa maniĂšre de lier le mĂ©tal.
  • Liaison covalente de coordination : Une liaison covalente de coordination (liaison de coordination dative au sens ancien) correspond Ă  la donation de la paire d’électrons du ligand vers le mĂ©tal.
  • ModĂšle ionique : Le modĂšle ionique traite les ligands X Ă  partir de leur forme chargĂ©e nĂ©gative pour dĂ©terminer la paire d’électrons apportĂ©e Ă  la liaison.

Points essentiels

  • Dans le modĂšle covalent, un ligand X est pris comme neutre et correspond Ă  un ligand portant un ou plusieurs Ă©lectrons non appariĂ©s oĂč mĂ©tal et ligand fournissent des Ă©lectrons Ă  la liaison.
  • Dans le modĂšle ionique, un ligand X est pris comme chargĂ© nĂ©gativement et apporte les deux Ă©lectrons de liaison via un doublet non liant (ex : H-/·, Cl-/·, O2-/·, R3C-/·, RO-/·, NC-/·).
  • Les notations L2, X2 et LX servent Ă  indiquer des sites de coordination multiples ou un caractĂšre mixte L/X.

3. Interactions sigma et pi

Notions clés & Définitions

  • σ donneur : Un ligand est σ donneur quand la donation d’électrons dĂ©localisĂ©s depuis le ligand forme une liaison σ avec des orbitales du mĂ©tal.
  • π donneur : Un ligand est π donneur lorsque ses orbitales occupĂ©es interagissent avec des orbitales vacantes du mĂ©tal et qu’il transfĂšre alors des Ă©lectrons vers le mĂ©tal.
  • π accepteur : Un ligand est π accepteur quand il interagit entre orbitales occupĂ©es du mĂ©tal et orbitales vides du ligand, provoquant une rĂ©trodonation du mĂ©tal vers le ligand.
  • HOMO et LUMO : Le HOMO correspond Ă  l’orbitale occupĂ©e du ligand et le LUMO Ă  l’orbitale vide du systĂšme intervenant dans les interactions π donneur ou π accepteur.

Points essentiels

  • Tous les ligands peuvent ĂȘtre dĂ©crits comme σ donneurs car les Ă©lectrons dĂ©localisĂ©s forment une liaison σ (souvent avec les orbitales z2, x2-y2 aussi possibles).
  • Une interaction π dĂ©pend du recouvrement avec des orbitales comme xy, yz ou xz du mĂ©tal et peut ĂȘtre plus faible que la liaison σ.
  • Si l’interaction π se fait entre HOMO du ligand et LUMO du mĂ©tal, le ligand est π donneur, et si elle se fait entre orbitales occupĂ©es du mĂ©tal et orbitales vides du ligand, le ligand est π accepteur par rĂ©trodonation.
  • Les liaisons π du ligand (C=C, C≡O, C≡N) ne sont pas de bons vecteurs d’effet π donneur car leur orientation rĂ©duit le recouvrement avec les orbitales du mĂ©tal.

4. Hapticit é, denticité et ligands spéciaux

Notions clés & Définitions

  • Hapticit Ă© ηn : L’hapticitĂ© ηn est un nombre d’atomes d’un ligand qui se lient au centre mĂ©tallique en jouant un rĂŽle Ă©quivalent dans un systĂšme conjuguĂ©.
  • Ligand ηn : Un ligand d’hapticitĂ© ηn est un ligand oĂč n carbones sont liĂ©s au mĂ©tal et rĂ©partissent la densitĂ© Ă©lectronique de façon Ă©quivalente.
  • FerrocĂšne : Le ferrocĂšne est un complexe sandwich oĂč un ion Fe(II) est entourĂ© de deux ligands cyclopentadiĂ©nure, chacun coordonnant 5 atomes avec une hapticitĂ© 5.
  • Denticit Ă© : La denticitĂ© dĂ©crit le nombre de sites de liaison distincts d’un ligand au mĂ©tal, donc le nombre de liaisons sĂ©parĂ©es plutĂŽt qu’un ensemble dĂ©localisĂ©.
  • Ligand polydente : Un ligand polydentĂ© se lie au mĂ©tal via plusieurs fonctions chimiques, formant plusieurs liaisons distinctes.

Points essentiels

  • Dans un ligand conjuguĂ©, les rĂŽles des carbones sont Ă©quivalents (mĂȘme distance au mĂ©tal et mĂȘme densitĂ© Ă©lectronique), ce qui permet la notion d’hapticitĂ©.
  • Les complexes sandwich forment deux plans parallĂšles emprisonnant le mĂ©tal, et chaque cyclopentadiĂ©nure a une hapticitĂ© de 5.
  • L’hapticitĂ© (liaison globale non localisĂ©e) et la denticitĂ© (liaisons distinctes localisĂ©es) sont deux notions diffĂ©rentes.

5. Ligands pontants et liaisons multiples

Notions clés & Définitions

  • Ligand pontant : Un ligand pontant se lie Ă  plusieurs centres mĂ©talliques distincts et transfĂšre son mode de liaison entre ces centres.
  • Notation ÎŒn : Le symbole ÎŒn indique un ligand pontant liĂ© Ă  n centres mĂ©talliques.
  • SystĂšme deux Ă©lectrons trois centres : Le systĂšme deux Ă©lectrons trois centres dĂ©crit une liaison oĂč une liaison mĂ©tal–ligand peut participer Ă  la coordination d’un second centre mĂ©tallique.
  • Ligand carbony le CO : Le ligand carbonyle CO possĂšde un doublet non liant et peut modifier son Ă©tat de liaison quand il devient pontant.

Points essentiels

  • Un ligand pontant n’est pas forcĂ©ment polydentĂ© : des ligands monodentates comme Cl, O ou CO peuvent relier deux mĂ©taux.
  • Les ligands pontants se notent ÎŒn et la classification Green change en tenant compte du nombre d’électrons cĂ©libataires impliquĂ©s.
  • Dans le cas de CO pontant, la liaison CO passe de triple Ă  double sur deux centres mĂ©talliques et le carbone devient X2.
  • Les ligands conjuguĂ©s peuvent rĂ©partir leurs Ă©lectrons de façon Ă©quivalente sur deux centres mĂ©talliques, ce qui rend certains modes difficiles Ă  Ă©tudier.

6. Force des liaisons métal-ligand

Notions clés & Définitions

  • Liaison mĂ©tal-ligand : La liaison de coordination mĂ©tal–ligand a des Ă©nergies de liaison typiquement plus faibles que les liaisons covalentes ou ioniques pures, ce qui favorise la rĂ©versibilitĂ©.
  • Liaison covalente : Une liaison covalente correspond Ă  un type d’interaction chimique dont les Ă©nergies sont typiquement plus Ă©levĂ©es que celles des liaisons mĂ©tal–ligand de coordination.
  • Liaison ionique : Une liaison ionique est une interaction chimique gĂ©nĂ©ralement associĂ©e Ă  des Ă©nergies de liaison Ă©levĂ©es, comparĂ©es Ă  une liaison mĂ©tal–ligand.

Points essentiels

  • Les liaisons mĂ©tal–ligand ont gĂ©nĂ©ralement des valeurs de 30 Ă  150 kJ/mol, donc plus faibles que les liaisons covalentes ou ioniques pures.
  • Les liaisons covalentes sont typiquement de 200 Ă  800 kJ/mol et les liaisons ioniques de 200 Ă  400 kJ/mol.
  • La rĂ©versibilitĂ© est favorisĂ©e par une force modĂ©rĂ©e de la liaison, ce qui permet l’association et la libĂ©ration rapide (transport du dioxygĂšne par l’hĂ©moglobine).

7. Géométries des complexes métalliques

Notions clés & Définitions

  • GĂ©omĂ©trie tĂ©traĂ©drique : Une gĂ©omĂ©trie tĂ©traĂ©drique correspond Ă  la disposition d’un mĂ©tal portant quatre ligands autour de l’atome central.
  • GĂ©omĂ©trie plan carr Ă© : Une gĂ©omĂ©trie plan carrĂ©e correspond Ă  l’arrangement de quatre ligands dans un mĂȘme plan autour du mĂ©tal.
  • GĂ©omĂ©trie octaĂ©drique : Une gĂ©omĂ©trie octaĂ©drique correspond Ă  la coordination de six ligands autour du mĂ©tal selon un motif en 8 positions.
  • GĂ©omĂ©trie bipyramide Ă  base triagonale : Une bipyramide Ă  base triagonale est une gĂ©omĂ©trie Ă  cinq ligands oĂč les positions se rĂ©partissent en un triangle Ă©quatorial et deux axiaux.

Points essentiels

  • Pour quatre ligands, les gĂ©omĂ©tries courantes sont tĂ©traĂ©dre ou plan carrĂ©.
  • Pour cinq ligands, les gĂ©omĂ©tries possibles incluent bipyramide Ă  base triagonale (ou pyramide Ă  base carrĂ©e).
  • Pour six ligands, les gĂ©omĂ©tries incluent octaĂšdre, octaĂšdre dĂ©formĂ©, et plus rarement prisme trigonal.
  • Les gĂ©omĂ©tries listĂ©es concernent surtout les mĂ©taux du bloc d.

8. Stéréoisomérie des complexes

Notions clés & Définitions

  • IsomĂ©rie cis trans : L’isomĂ©rie cis/trans dĂ©crit une relation stĂ©rĂ©ochimique oĂč deux ligands se trouvent soit du mĂȘme cĂŽtĂ©, soit du cĂŽtĂ© opposĂ© dans une gĂ©omĂ©trie donnĂ©e.
  • isomĂ©rie Fac et mer : L’isomĂ©rie fac/mer concerne des complexes oĂč la disposition relative des ligands sur l’octaĂšdre peut ĂȘtre de type fac ou mer.
  • isomĂ©rie Λ et Δ : Les formes Λ et Δ dĂ©signent des configurations chirales obtenues en prĂ©sence de ligands bidentes sur une gĂ©omĂ©trie donnĂ©e.

Points essentiels

  • L’isomĂ©rie cis/trans existe en gĂ©omĂ©trie octaĂ©drique et en gĂ©omĂ©trie plan carrĂ©e et influence fortement les propriĂ©tĂ©s des complexes.
  • Le cisplatine et le transplatine [PtCl2(NH3)2] diffĂšrent par leur mode de liaison Ă  l’ADN, avec une activitĂ© rĂ©duite pour la forme trans.
  • Dans le cas Λ et Δ, les structures obtenues avec des ligands bidentes sont aussi des Ă©nantiomĂšres et ne sont pas superposables.
  • Les isomĂšres fac et mer proviennent de l’arrangement des ligands bidentes sur la structure octaĂ©drique.

9. Décompte électronique des complexes

Notions clés & Définitions

  • DĂ©compte covalent : Le dĂ©compte covalent calcule le nombre d’électrons de valence dans la sphĂšre de coordination Ă  partir du nombre de ligands L et X et de la charge q du complexe.
  • DĂ©compte ionique : Le dĂ©compte ionique considĂšre les ligands X· sous leur forme anionique X- et additionne les contributions Ă©lectroniques du mĂ©tal et des ligands.
  • RĂšgle des 18 Ă©lectrons : La rĂšgle empirique des 18 Ă©lectrons relie souvent la stabilitĂ© Ă©lectronique des complexes Ă  une valeur du nombre total d’électrons de valence Nt Ă©gale Ă  18.
  • Nombre total d’électrons Nt : Le nombre total d’électrons Nt est l’agrĂ©gat des Ă©lectrons de valence disponibles dans la sphĂšre de coordination du mĂ©tal calculĂ© avec les paramĂštres m, l, x et q.

Points essentiels

  • Pour un complexe [MLlXx]q, la coordinence du mĂ©tal vaut l + x et le nombre total d’électrons de valence suit Nt = m + 2l + x − q.
  • Avec le modĂšle covalent, m est le nombre d’électrons de valence du mĂ©tal neutre en tenant compte des orbitales s et d, et pour beaucoup de complexes on observe Nt = 18.
  • Le nombre d’oxydation NO s’obtient en brisant les liaisons mĂ©tal–ligand et vaut NO = x + q.
  • Dans le dĂ©compte ionique, Nt = n + 2(l + x) et cela revient Ă  la mĂȘme expression que le modĂšle covalent, avec n = m − NO = m − x − q.

Tableaux de synthĂšse

Cis et trans du platine

FormeRĂ©activitĂ© Ă  l’ADNConsĂ©quence biologique
cisLiaison facilitĂ©e Ă  l’ADNActivitĂ© plus forte (traitement).
transLiaison moins facile Ă  l’ADNActivitĂ© biologique rĂ©duite.

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre hapticitĂ© et denticitĂ© : l’hapticitĂ© dĂ©crit un groupe d’atomes liĂ© globalement, tandis que la denticitĂ© compte des liaisons distinctes.
  2. Croire que les liaisons π du ligand (C=C, C≡O, C≡N) assurent automatiquement un effet π donneur vers le mĂ©tal : elles recouvrent peu les orbitales du mĂ©tal.
  3. Assumer qu’un ligand pontant est forcĂ©ment polydentĂ© : Cl, O et CO peuvent relier deux mĂ©taux tout en restant monodentates.
  4. Inverser les critĂšres π donneur et π accepteur : π donneur correspond Ă  HOMO ligand → LUMO mĂ©tal, et π accepteur Ă  orbitales occupĂ©es mĂ©tal → orbitales vides ligand via rĂ©trodonation.
  5. Se tromper de formule en oubliant le terme −q dans Nt au dĂ©compte covalent pour [MLlXx]q.
  6. Oublier que la classification Green de X dépend du modÚle (covalent vs ionique), donc la signification de X change selon le point de départ.

Checklist Examen

  1. DĂ©crire la nature d’un complexe de coordination en termes acide de Lewis (mĂ©tal accepteur) et base de Lewis (ligands donneurs).
  2. Classer un ligand comme L ou X selon les conditions du modÚle covalent (neutre) et/ou du modÚle ionique (forme chargée négative).
  3. Savoir distinguer σ donneur, π donneur et π accepteur Ă  partir du type d’orbitales impliquĂ©es (HOMO/LUMO et recouvrement).
  4. Identifier l’impact de la gĂ©omĂ©trie/hybridation sur la force des interactions mĂ©tal–ligand : plus l’hybridation est Ă©levĂ©e, plus l’interaction est faible.
  5. Donner la dĂ©finition de l’hapticitĂ© ηn et reconnaĂźtre que les carbones d’un systĂšme conjuguĂ© jouent un rĂŽle Ă©quivalent au mĂ©tal.
  6. Différencier hapticité et denticité et rappeler que la denticité correspond à des liaisons distinctes.
  7. DĂ©finir un ligand pontant et utiliser la notation ÎŒn en liant cela au nombre de centres mĂ©talliques.
  8. DĂ©terminer comment la classification Green d’un ligand change lorsqu’il devient pontant en tenant compte des Ă©lectrons cĂ©libataires.
  9. Savoir l’ordre de grandeur des Ă©nergies de liaison mĂ©tal–ligand (30 Ă  150 kJ/mol) et les comparer Ă  des liaisons covalentes et ioniques pures.
  10. Associer le nombre de ligands à une géométrie courante : 4 (tétraédre/plan carré), 5 (bipyramide triagonale/pyramide carrée), 6 (octaÚdre/octaÚdre déformé/prisme trigonal plus rare).
  11. Expliquer ce que signifie cis/trans et savoir que le transplatine [PtCl2(NH3)2] se lie moins à l’ADN que le cisplatine.
  12. ReconnaĂźtre que Λ et Δ sont des Ă©nantiomĂšres obtenus avec des ligands bidentes et que leur structure n’est pas superposable.
  13. Calculer Nt au dĂ©compte covalent pour [MLlXx]q avec Nt = m + 2l + x − q et donner m comme Ă©lectrons de valence du mĂ©tal neutre (orbitales s et d).
  14. Calculer le nombre d’oxydation NO au dĂ©compte covalent via NO = x + q et en dĂ©duire dn = m − NO = m − x − q.

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Complexe de coordination — dĂ©finition ?

Association d’un mĂ©tal et ligands par donation d’électrons.

Ligands de Green — classification ?

L et X selon leur mode de liaison et charge.

Interactions sigma — rîle ?

Donation directe d’électrons du ligand au mĂ©tal.

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