Revision sheet: Microbiologie et Fermentation Lactique

Plan du Cours

  1. Nomenclature et niches écologiques
  2. Métabolisme azoté
  3. LAB des saucisses fermentées
  4. Latilactobacillus sakei et adaptation
  5. Fonctionnalités en fermentation carnée
  6. Bactériocines et biopréservation
  7. Acides organiques, réutérine et altération
  8. Probiotiques et applications santé
  9. RĂ©sistance aux ÎČ-lactamines et sels biliaires
  10. Stress osmotique et protéines de stress
  11. Réponse stringente et biofilms

1. Nomenclature et niches écologiques

Notions clés & Définitions

  • Reclassification Lactobacillus 2020 : En 2020, Lactobacillus a Ă©tĂ© reclassĂ© en 25 genres grĂące Ă  la phylogĂ©nie du gĂ©nome central et Ă  des critĂšres physiologiques et d’écologie.
  • Reste espĂšce type Lactobacillus : Le groupe correspondant Ă  L. delbrueckii, espĂšce type, conserve le nom de genre Lactobacillus aprĂšs la reclassification.
  • RhizosphĂšre bactĂ©ries jusqu’à 10^11 : La rhizosphĂšre est une zone trĂšs riche oĂč les bactĂ©ries lactiques peuvent atteindre jusqu’à 10ÂčÂč UFC par gramme selon l’environnement.
  • Flore vaginale 70 Ă  90% lactobacilles : Chez les femmes en bonne santĂ©, la flore vaginale est dominĂ©e par des lactobacilles, reprĂ©sentant 70 Ă  90% des bactĂ©ries rĂ©sidentes.

Points essentiels

  • Pasteur et Metchnikoff ont mis en Ă©vidence le rĂŽle de la fermentation pour la conservation des aliments.
  • L. delbrueckii sert d’espĂšce type : seul le nom du genre change, les noms d’espĂšces ne changent pas lors du re-classement.
  • Le genre Lactobacillus a Ă©tĂ© rĂ©duit Ă  38 espĂšces lors de la reclassification en 25 genres.
  • Les bactĂ©ries lactiques des aliments fermentĂ©s traditionnels viennent de la matrice d’origine et sont sĂ©lectionnĂ©es pour contrĂŽler la fermentation, Ă  10^4 Ă  10^9 UFC/g dans les produits.
  • Les lĂ©gumes et fruits crus contiennent moins de bactĂ©ries lactiques que la matrice fermentante, mais les populations microbiennes totales peuvent ĂȘtre plus Ă©levĂ©es, avec Leuconostoc, Lactiplantibacillus, Weissella, Enterococcus et Pediococcus.
  • Dans la bouche, Streptococcus et Enterococcus dominent dans la salive et sur les tissus mous.

Astuce mémo

Rhizo = 10ÂčÂč ; Vagin = 70–90% : chiffres “zĂ©ro doute” pour situer les niches.

2. Métabolisme azoté

Notions clés & Définitions

  • Auxotrophie en acides aminĂ©s : L’auxotrophie est l’incapacitĂ© d’une bactĂ©rie lactique Ă  synthĂ©tiser tout ou partie des acides aminĂ©s dont elle a besoin pour grandir.
  • Nutrition azotĂ©e des bactĂ©ries lactiques : La nutrition azotĂ©e regroupe les Ă©tapes permettant aux bactĂ©ries lactiques d’obtenir des acides aminĂ©s depuis le milieu puis de les transformer en Ă©lĂ©ments utiles.
  • ProtĂ©olyse extracellulaire : La protĂ©olyse extracellulaire correspond au dĂ©coupage des protĂ©ines dans le milieu extĂ©rieur grĂące Ă  des protĂ©ases exportĂ©es avant l’entrĂ©e des nutriments.
  • ProtĂ©olyse intracellulaire : La protĂ©olyse intracellulaire dĂ©signe la dĂ©gradation de peptides internalisĂ©s par des peptidases Ă  l’intĂ©rieur de la cellule.

Points essentiels

  • Les bactĂ©ries lactiques sont trĂšs dĂ©pendantes des acides aminĂ©s car elles prĂ©sentent de nombreuses auxotrophies, pouvant concerner environ 4 Ă  20 acides aminĂ©s non synthĂ©tisĂ©s.
  • La nutrition azotĂ©e suit trois Ă©tapes : protĂ©olyse extracellulaire, transport des acides aminĂ©s et peptides, puis protĂ©olyse intracellulaire.
  • Les protĂ©ases de paroi impliquĂ©es dans la protĂ©olyse extracellulaire appartiennent Ă  la famille des subtilisines, sous forme de prĂ©-proprotĂ©ines nĂ©cessitant des clivages pour maturation et activation.
  • Le transport des peptides s’appuie sur une entrĂ©e liĂ©e Ă  l’ATP (hydrolyse) puis une internalisation via un pore membranaire formĂ© par deux protĂ©ines.
  • La protĂ©olyse intracellulaire utilise un ensemble de peptidases (Pep
 ; souvent des oligo- ou tripeptidases) organisĂ©es sous un rĂ©gulon de type CodY.
  • Le catabolisme des acides aminĂ©s sert Ă  produire de l’énergie et Ă  recycler des cofacteurs, tout en alimentant la synthĂšse de molĂ©cules aromatiques via transaminations et rĂ©actions sur les chaĂźnes latĂ©rales.

Astuce mémo

ProtĂ©ases en 3 temps : dehors (subtilisines) → dedans (Pep
 ) → puis Ă©nergie et aromates via transaminase.

3. LAB des saucisses fermentées

Notions clés & Définitions

  • Fermentations carnĂ©es : Ensemble des transformations oĂč des bactĂ©ries lactiques participent Ă  la conservation et Ă  la maturation des produits carnĂ©s grĂące Ă  leurs activitĂ©s mĂ©taboliques.
  • LAB homofermentaires : BactĂ©ries lactiques qui fermentent majoritairement en produisant du lactate, ce qui favorise une acidification utile Ă  la sĂ©curitĂ© des saucisses fermentĂ©es.
  • LAB hĂ©tĂ©rofermentaires : BactĂ©ries lactiques produisant aussi du gaz et d’autres composĂ©s en plus du lactate, pouvant conduire Ă  des altĂ©rations organoleptiques dans les saucisses fermentĂ©es.
  • Flore initiale de viande : Ensemble des micro-organismes prĂ©sents au dĂ©part sur la viande, dont une proportion importante de LAB conditionne la fermentation et le profil du produit fini.

Points essentiels

  • Les saucisses fermentĂ©es montrent une grande diversitĂ© microbienne dont la croissance dĂ©pend notamment des nutriments, du pH, du potentiel redox, de l’aw et de la concentration en NaCl et nitrites/nitrates.
  • Dans les saucisses fermentĂ©es spontanĂ©es, la flore initiale majoritaire inclut Latilactobacillus (L. sakei, L. curvatus), Leuconostoc (L. gelidul, L. carnosum, L. gasocomitatum) et Carnobacterium (C. maltaromaticum, C. piscicola, C. divergens).
  • Les LAB homofermentaires sont recherchĂ©es technologiquement car elles acidifient le produit et abaissent le pH pour sĂ©curiser la fermentation.
  • Les LAB hĂ©tĂ©rofermentaires peuvent ĂȘtre Ă  l’origine d’altĂ©ration avec des goĂ»ts acides et une production de gaz.
  • La rĂ©frigĂ©ration des carcasses sĂ©lectionne des espĂšces d’altĂ©ration et pathogĂšnes psychrophiles avant la transformation.

Astuce mémo

Homofermentaire = pH bas, sans gaz ; HĂ©tĂ©rofermentaire = acide + gaz (goĂ»t d’altĂ©ration).

4. Latilactobacillus sakei et adaptation

Notions clés & Définitions

  • Psychrophilie : La psychrophilie correspond Ă  la capacitĂ© d’exprimer des adaptations permettant de survivre et fonctionner Ă  basse tempĂ©rature.
  • SolutĂ©s cryo protecteurs : Les solutĂ©s cryo protecteurs sont des composĂ©s compatibles accumulĂ©s pour limiter les dommages liĂ©s au froid et Ă  la dĂ©shydratation.
  • RĂ©ponse KCl : La rĂ©ponse KCl est une adaptation osmotique oĂč la cellule accumule surtout des ions potassium lors d’un choc hyperosmotique.

Points essentiels

  • Chez un psychrophile, plusieurs gĂšnes impliquĂ©s dans la rĂ©ponse au stress froid s’expriment pour s’adapter Ă  la tempĂ©rature basse.
  • La tolĂ©rance au sel repose sur l’accumulation de solutĂ©s osmoprotecteurs et cryo protecteurs comme la bĂ©taĂŻne et la carnitine.
  • Lors d’un choc hyperosmotique, la rĂ©ponse primaire consiste Ă  accumuler des ions K+ en rĂ©ponse Ă  l’augmentation de la salinitĂ©.
  • À forte concentration saline, la cellule accumule environ 2 fois plus d’ions K+ qu’à faible con...

Astuce mémo

KCl = “K pour ChoC salĂ©â€ : le sel augmente, le potassium grimpe.

5. Fonctionnalités en fermentation carnée

Notions clés & Définitions

  • RĂ©utĂ©rine : La rĂ©utĂ©rine est un composĂ© antimicrobien issu de la conversion du glycĂ©rol par certaines LAB, capable de dĂ©sactiver des protĂ©ines cellulaires.
  • Peroxyde d’hydrogĂšne : Le peroxyde d’hydrogĂšne (H2O2) est un agent oxydant produit par certaines LAB en prĂ©sence d’oxygĂšne et impliquĂ© dans des dĂ©gĂąts de membranes et de protĂ©ines.
  • Éthanol : L’éthanol est un mĂ©tabolite produit par certaines LAB qui endommage les membranes et dĂ©nature des protĂ©ines.
  • DiacĂ©tyle : Le diacĂ©tyle est un composĂ© aromatique formĂ© par le mĂ©tabolisme de certaines LAB, possĂ©dant une activitĂ© antimicrobienne plutĂŽt faible.

Points essentiels

  • La rĂ©utĂ©rine permet de transformer le glycĂ©rol, dĂ©sactive des protĂ©ines et agit Ă  large spectre contre des bactĂ©ries Gram + et Gram -, ainsi que levures et moisissures, avec une faible toxicitĂ© pour l’humain.
  • En prĂ©sence d’oxygĂšne, certaines LAB produisent du H2O2 qui favorise l’oxydation des protĂ©ines et la perturbation des membranes, avec formation de radicaux hydroxyls via la rĂ©action de Fenton.
  • L’éthanol issu du mĂ©tabolisme des LAB provoque des dommages membranaires et une dĂ©naturation des protĂ©ines, et peut agir en synergie avec d’autres antimicrobiens comme l’acide lactique.
  • Le diacĂ©tyle, produit par dĂ©gradation du citrate par certaines LAB, est antimicrobien Ă  activitĂ© faible et efficace surtout contre les bactĂ©ries Gram nĂ©gatif.
  • En altĂ©ration des aliments, les LAB peuvent acidifier fortement, produire de mauvais goĂ»ts, former des « trous » par production de gaz et gĂ©nĂ©rer des amines biogĂšnes.
  • Des emballages Ă  atmosphĂšre modifiĂ©e (O2, CO2, N2) associĂ©s Ă  la rĂ©frigĂ©ration servent de barriĂšre et inhibent notamment levures, champignons filamenteux, bactĂ©ries aĂ©robies (Pseudomonas) et entĂ©robactĂ©ries sensibles au froid.

Astuce mémo

H2O2 = Avec O2 → Fenton → membranes & protĂ©ines KO; Éthanol = membrane + protĂ©ines dĂ©naturĂ©es; DiacĂ©tyle = Gram − surtout.

6. Bactériocines et biopréservation

Notions clés & Définitions

  • BactĂ©riocines : Ce sont des substances antimicrobiennes produites par certaines bactĂ©ries lactiques, pouvant influencer la physiologie des cellules voisines.
  • BioprĂ©servation : C’est l’utilisation de microorganismes ou de leurs produits pour freiner la croissance d’agents indĂ©sirables et prolonger la durĂ©e de conservation des aliments.
  • BioprĂ©servation par LAB : Il s’agit d’employer des bactĂ©ries lactiques ou leurs mĂ©tabolites afin de limiter les pathogĂšnes et de stabiliser la fermentation ou l’aliment.

Points essentiels

  • Dans les systĂšmes d’expression chez les LAB, la concentration en bactĂ©riocines fait partie des conditions environnementales pouvant moduler la production de la protĂ©ine recombinante.
  • Les LAB peuvent contribuer Ă  la bioprĂ©servation en agissant comme agents antimicrobiens et en soutenant des conditions dĂ©favorables Ă  la croissance des microorganismes indĂ©sirables.

7. Acides organiques, réutérine et altération

Notions clés & Définitions

  • Acides organiques : Produits issus du mĂ©tabolisme ou de la fermentation qui acidifient le milieu et peuvent freiner la croissance bactĂ©rienne.
  • RĂ©ponse osmotique : Adaptation Ă  l’hyperosmolaritĂ© qui augmente la survie quand la concentration extĂ©rieure en sels devient Ă©levĂ©e.
  • SolutĂ©s compatibles : SolutĂ©s organiques accumulĂ©s dans le cytoplasme pour Ă©quilibrer l’osmolaritĂ© sans trop perturber les protĂ©ines.
  • RĂ©ponse stringente : MĂ©canisme de stress dĂ©clenchĂ© par la limitation en nutriments qui rĂ©oriente la cellule via le (p)ppGpp.

Points essentiels

  • L’accumulation d’ions K+ est une rĂ©ponse Ă  court terme et transitoire Ă  l’augmentation de NaCl chez Listeria, jouant un rĂŽle osmoprotecteur face au sel Ă©levĂ©.
  • L’adaptation Ă  long terme passe par l’accumulation de solutĂ©s compatibles transportĂ©s vers le cytoplasme et soit prĂ©sents dehors soit synthĂ©tisĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de la cellule.
  • La glycine bĂ©taĂŻne est le solutĂ© compatible majoritaire chez les bactĂ©ries et doit ĂȘtre trĂšs soluble puis accumulĂ©e Ă  forte concentration dans le cytoplasme.
  • Chez Listeria, la choline est importĂ©e par BetT, puis transformĂ©e en aldĂ©hyde de glycine bĂ©taĂŻne par BetA avec consommation de 1/2 O2 et production de H2O et H+, avant conversion en glycine bĂ©taĂŻne par BetB utilisant NADP+ + H2O et produisant NADPH.
  • La rĂ©ponse stringente est dĂ©clenchĂ©e par la limitation de nutriments, notamment en acides aminĂ©s, et dĂ©pend du (p)ppGpp.
  • De grandes augmentations de (p)ppGpp sont observĂ©es en conditions limitantes, alors que l’accumulation incontrĂŽlĂ©e est toxique pour la bactĂ©rie.

8. Probiotiques et applications santé

9. RĂ©sistance aux ÎČ-lactamines et sels biliaires

Notions clés & Définitions

  • ÎČ-lactamases : Les enzymes de dĂ©toxification qui coupent les liaisons des ÎČ-lactamines et empĂȘchent ainsi l’inactivation de la synthĂšse du peptidoglycane.
  • AmpR-AmpC AmpG-AmpD : Le module rĂ©gulatoire Pseudomonas aeruginosa oĂč AmpR contrĂŽle l’expression d’ampC Ă  partir de signaux issus des muropeptides du peptidoglycane.
  • BSH : La bile salt hydrolase qui inactive les sels biliaires en les dĂ©sconjuguant, rĂ©duisant leur pouvoir antimicrobien sur les bactĂ©ries intestinales.
  • Sels biliaires glyco/tauroconjuguĂ©s : Des sels biliaires associĂ©s Ă  la glycine ou Ă  la taurine qui contribuent Ă  la digestion et possĂšdent des propriĂ©tĂ©s antimicrobiennes.

Points essentiels

  • Chez Pseudomonas aeruginosa, en conditions basales, AmpR se fixe dans la rĂ©gion promotrice entre ampC et ampR et inhibe la transcription d’ampC et d’ampR.
  • À chaque gĂ©nĂ©ration, la refragmentation du peptidoglycane produit des muropeptides qui passent par AmpG, sont digĂ©rĂ©s par AmpD et libĂšrent des signaux qui renforcent la rĂ©pression transcriptionnelle d’ampC via AmpR.
  • AprĂšs fixation des ÎČ-lactamines sur les PBP, l’accumulation de muropeptides dans le pĂ©riplasme puis le cytoplasme modifie AmpR et l’amĂšne Ă  activer la transcription d’ampC.
  • L’expression d’ampC augmente fortement la ÎČ-lactamase dans le pĂ©riplasme, ce qui permet la rĂ©sistance en neutralisant les ÎČ-lactamines.
  • Les sels biliaires glyco/tauroconjuguĂ©s sont antimicrobiens car ils perturbent les membranes, et la BSH dĂ©sactive leur activitĂ© en les rompant par action enzymatique.
  • Chez Listeria, le gĂšne bsh est prĂ©sent chez L. monocytogenes mais absent chez L. innocua, ce qui soutient une rĂ©sistance adaptĂ©e au tractus intestinal.

Astuce mémo

AmpR contrĂŽle AmpC : muropeptides faibles = rĂ©pression, muropeptides aprĂšs ÎČ-lactamines = activation, puis ÎČ-lactamase Ă©levĂ©e dans le pĂ©riplasme ; BSH casse les sels biliaires pour protĂ©ger la membrane.

10. Stress osmotique et protéines de stress

Notions clés & Définitions

  • Chaperons GroEL Hsp17 : Les chaperons sont des protĂ©ines de stress qui assistent la membrane et/ou les protĂ©ines dĂ©stabilisĂ©es lors d’un stress pour limiter des perturbations majeures.
  • Choc osmotique hypo-osmotique : Le choc osmotique hypo-osmotique correspond Ă  un milieu moins concentrĂ© en solutĂ©s, entraĂźnant un influx d’eau dans la cellule.
  • Glycine bĂ©taĂŻne : La glycine bĂ©taĂŻne est un solutĂ© compatible majeur chez certaines bactĂ©ries, fortement soluble et accumulĂ© Ă  forte concentration intracellulaire.

Points essentiels

  • En choc hypo-osmotique, l’entrĂ©e d’eau rigidifie la paroi, qui peut supporter des pressions de l’ordre de 100 atm malgrĂ© une faible hausse du volume cellulaire.
  • En choc hyper-osmotique important, l’efflux d’eau diminue le volume du cytoplasme et concentre les solutĂ©s intra-cellulaires, ce qui perturbe la physiologie et rĂ©duit la croissance.
  • La rĂ©ponse primaire Ă  l’hyperosmolaritĂ© passe par l’accumulation de K+, qui agit comme osmoprotecteur Ă  court terme chez Listeria monocytogenes face au NaCl.
  • La rĂ©ponse secondaire durable repose sur des solutĂ©s compatibles accumulĂ©s via synthĂšse endogĂšne et/ou transport, avec la glycine bĂ©taĂŻne comme solutĂ© majoritaire dans ce contexte.
  • Chez Listeria monocytogenes, le facteur sigmaB coordonne la rĂ©ponse osmotique en pilotant la transcription des gĂšnes des transporteurs de solutĂ©s compatibles.

Astuce mémo

Hyper-osmose = d’abord K+ (rapide), puis solutĂ©s compatibles comme glycine bĂ©taĂŻne (durable) sous contrĂŽle sigmaB.

11. Réponse stringente et biofilms

Notions clés & Définitions

  • (p)ppGpp : Modulateurs nuclĂ©otidiques du stress qui s’accumulent lors de carence nutritionnelle et reprogramment transcription et traduction.
  • Biofilms : Mode de vie en communautĂ© oĂč les cellules adhĂšrent et deviennent plus rĂ©sistantes aux contraintes que les cellules planctoniques.
  • SSI-1 (Listeria) : Îlot de survie liĂ© Ă  la formation de biofilms et associĂ© Ă  la persistance des souches.

Points essentiels

  • La rĂ©ponse stringente est activĂ©e par la carence en nutriments, avec notamment une forte stimulation par la privation en acides aminĂ©s et par la baisse de disponibilitĂ© en acides gras.
  • La carence en acides aminĂ©s se traduit par l’accumulation d’ARNt non chargĂ©s qui activent RelA, augmentant la synthĂšse de (p)ppGpp lorsque la traduction est bloquĂ©e.
  • Le (p)ppGpp se lie Ă  l’ARN polymĂ©rase en deux zones (site 1 entre ÎČâ€Č et ω, site 2 prĂšs de ÎČâ€Č avec un site dĂ©pendant de DksA) pour modifier l’expression des gĂšnes.
  • Au niveau traductionnel, la rĂ©ponse stringente empĂȘche la formation du complexe d’initiation (IF2), bloque l’incorporation des ARNt chargĂ©s via l’action sur EF-Tu/EF-G et inhibe le recyclage des ribosomes (RF1, RF2, RF3).
  • Les biofilms augmentent la rĂ©sistance des bactĂ©ries au stress, et chez Listeria l’ülot SSI-1 est reliĂ© Ă  la formation de biofilms et Ă  la persistance des souches.
  • Chez Oenococcus oeni, des cellules issues de biofilms conservent aprĂšs dĂ©crochement le phĂ©notype associĂ© aux gĂšnes de stress surexprimĂ©s lors des conditions de stress.

Astuce mémo

Carence AA → ARNt non chargĂ© → RelA fabrique (p)ppGpp : l’ARN pol change de cibles et la traduction se met en pause; biofilms = mode survie plus rĂ©sistant.

Tableaux de synthĂšse

Adaptation au stress osmotique

Type de chocRéponse primaireRéponse secondaire
Hyper-osmotiqueAccumulation de K+ (osmoprotection, court terme, transitoire)Accumulation de solutés compatibles (glycine bétaïne majoritaire) via synthÚse endogÚne et/ou transport; régulation par sigmaB chez Listeria monocytogenes
Hypo-osmotiqueInflux d’eau; rigidification de la paroi (supporte ~100 atm, faible hausse de volume)—

Propriétés des bactériocines (classes)

ClasseCible / mécanismeTaille / caractéristiques
I (Lantibiotique)Liaison au lipide II; insertion C-ter → pore et mort cellulaire<5 kDa; stable à la chaleur; ex: nisine (nisA, nisP, nisI)
II (Transporteur)Interaction spĂ©cifique avec rĂ©cepteur (ex: permĂ©ase au mannose) → permĂ©abilisation et dissipation de la force proton motrice<10 kDa; stable Ă  la chaleur
IIIHydrolyse des liaisons peptidiques des peptidoglycanes—
IVPeptides nĂ©cessitant association Ă  un glucide ou lipide—

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre reclassification (genre Lactobacillus en 2020) et changement des noms d’espùces : seules les espùces conservent leurs noms, pas le genre.
  2. Croire que la nutrition azotée des LAB commence par le transport : en réalité elle suit protéolyse extracellulaire puis transport peptides/AA, puis protéolyse intracellulaire.
  3. Inverser les consĂ©quences homo/heterofermentaires : homofermentaires → acidification/↓pH sans gaz, hĂ©tĂ©rofermentaires → gaz et risque d’altĂ©rations organoleptiques.
  4. MĂ©langer rĂ©ponse stringente et rĂ©ponse osmotique : la stringente dĂ©pend de (p)ppGpp et de la privation en nutriments (AA/AA-graisses), pas d’une simple variation de NaCl.
  5. Penser que la glycine bĂ©taĂŻne est une rĂ©ponse uniquement “transportĂ©e” : elle peut aussi ĂȘtre synthĂ©tisĂ©e (synthĂšse endogĂšne) et doit ĂȘtre trĂšs soluble, accumulĂ©e fortement dans le cytoplasme.
  6. Croire que les LAB probiotiques colonisent durablement : elles ne colonisent pas de façon permanente, action en transit avec effets pouvant rester via métabolites/propriétés postbiotiques.
  7. Se tromper sur BSH : ce n’est pas une simple “inactivation” chimique spontanĂ©e, c’est une enzyme qui dĂ©sconjugue/dĂ©sactive les sels biliaires (et Listeria monocytogenes l’a, L. innocua ne l’a pas).

Checklist Examen

  1. Identifier ce qui change et ce qui ne change pas lors de la reclassification de Lactobacillus (2020), et citer l’espùce type qui conserve le nom de genre Lactobacillus.
  2. DĂ©crire 3 niches (rhizosphĂšre, plantes/lĂ©gumes crus, aliments fermentĂ©s traditionnels, muqueuses) en donnant les ordres de grandeur ou dominances (ex: 10ÂčÂč UFC/g en rhizosphĂšre; 70–90% lactobacilles au vaginal; Streptococcus/Enterococcus en bouche).
  3. Expliquer la nutrition azotĂ©e des LAB en 3 Ă©tapes dans l’ordre : protĂ©olyse extracellulaire (subtilisines), transport peptides/AA, protĂ©olyse intracellulaire (Pep
; rĂ©gulon CodY).
  4. Relier auxotrophies (4 Ă  20 AA non synthĂ©tisĂ©s) Ă  l’obligation de nutrition azotĂ©e via le milieu extracellulaire.
  5. Décrire les modalités de transport des peptides (ATP via 2 protéines, pore formé par 2 protéines membranaires) et le principe général du catabolisme des AA (énergie + recyclage cofacteurs + molécules aromatiques via transaminases).
  6. Différencier homofermentaire et hétérofermentaire dans la fermentation des sucres (gain en ATP/lactate et présence de CO2/éthanol/acétate) et donner des exemples de genres cités.
  7. Expliquer l’objectif du mĂ©tabolisme du citrate pour les bactĂ©ries lactiques (notamment hĂ©tĂ©rofermentaires dans les fromages) et citer les Ă©lĂ©ments clĂ©s des systĂšmes d’utilisation du citrate (citrate permĂ©ase/citrate lyase/oxaloacĂ©tate dĂ©carboxylase) tels que dĂ©crits.
  8. Résumer les LAB et la sécurité des produits carnés : facteurs de croissance (pH, redox, aw, NaCl, nitrites/nitrates), flore initiale citée pour les saucisses fermentées spontanées, et ce qui est recherché technologiquement (homofermentaires acidifiants).
  9. ConnaĂźtre les principales molĂ©cules antimicrobiennes issues des LAB dans la bioconservation (rĂ©utĂ©rine, H2O2, Ă©thanol, diacĂ©tyle) et le lien avec la prĂ©sence d’O2 ou l’origine mĂ©tabolique (ex: glycĂ©rol/citrate).
  10. Expliquer la bioprĂ©servation par bactĂ©riocines : production, classes et mĂ©canismes (au moins classe I et II), et citer un exemple d’usage (starter/bioprotection/emballage).
  11. DĂ©crire les deux axes d’adaptation au stress osmotique chez Listeria (KCl court terme via K+, puis solutĂ©s compatibles Ă  long terme avec glycine bĂ©taĂŻne; rĂŽle de sigmaB).
  12. DĂ©crire la rĂ©ponse stringente : signal (carence AA et baisse disponibilitĂ© AA/privations), rĂŽle des ARNt non chargĂ©s et RelA, cibles de (p)ppGpp sur l’ARN polymĂ©rase (site 1/site 2 avec DksA), et principaux effets traductionnels (bloc IF2;

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1. Lors de la reclassification de Lactobacillus en 2020, quel élément a conservé le nom de genre Lactobacillus ?

2. Quelle est la principale raison pour laquelle la nomenclature des bactéries lactiques a été révisée en 2020, aboutissant à la création de 25 nouveaux genres?

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Reclassification Lactobacillus 2020

Le genre a été divisé en 25 genres, seule L. delbrueckii conserve le nom d'espÚce type.

Reclassification Lactobacillus 2020

En 2020, en 25 genres par phylogénie génomique.

Niches écologiques principales

RhizosphĂšre : 10ÂčÂč UFC/g; Vagin : 70-90% lactobacilles; bouche : Streptococcus et Enterococcus.

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