Le langage formel se construit à partir de symboles minimaux (phonèmes, alphabet) combinés selon des règles syntaxiques pour former des séquences bien formées, qui constituent l’ensemble du langage. La double articulation permet une organisation hiérarchique efficace, distinguant unités sans sens et unités avec sens.
Symboles élémentaires : unités de base du langage symbolique, représentés par des signes simples tels que
, ▹. Ces symboles constituent le vocabulaire minimal nécessaire à la construction de séquences (source).
Vocabulaire : ensemble des symboles de base utilisés dans un langage, formant le fondement pour la création de séquences. Il s'agit de l'ensemble minimal de symboles (ex :
Concaténation : mode de combinaison des symboles consistant à les coller successivement pour former des suites ou séquences. La concaténation permet de construire une infinité de séquences à partir du vocabulaire de base (source).
Séquences bien formées : suites de symboles respectant les règles syntaxiques du langage, pouvant être reconnues comme appartenant au langage. Elles correspondent à des phrases ou unités linguistiques valides (source).
Séquences exclues (mal formées) : suites de symboles ne respectant pas les règles syntaxiques, donc non reconnues comme appartenant au langage. La distinction entre séquences bien formées et mal formées est essentielle pour définir la syntaxe (source).
Langage : ensemble de toutes les séquences bien formées reconnues par une grammaire donnée. La connaissance d’un langage implique la capacité à reconnaître ou produire ses séquences valides (source).
La fabrication d’un langage nécessite des symboles élémentaires (ex :
La distinction fondamentale entre mécanisme de construction de séquences et langage réside dans la reconnaissance ou la production de séquences bien formées. La reconnaissance s’appuie sur des règles syntaxiques, partie intégrante de la grammaire du langage (source).
La double articulation du langage distingue phonèmes (unités sans sens) et morphèmes (unités avec sens), qui se combinent selon des modes variés pour former des unités plus complexes comme syllabes, syntagmes, phrases (source).
La reconnaissance d’une séquence comme appartenant au langage repose sur la grammaire, qui définit des règles syntaxiques permettant de juger de la grammaticalité ou agrammaticalité d’une suite (source).
La charité interprétative illustre que certaines phrases agrammaticales peuvent néanmoins être comprises, soulignant que la reconnaissance du langage ne se limite pas à la syntaxe mais inclut aussi la sémantique et l’usage (source).
Les symboles élémentaires combinés par concaténation forment des séquences, et la reconnaissance de leur conformité à la grammaire permet de distinguer ce qui appartient ou non à un langage.
Syntaxe : Selon Chomsky (1957), la syntaxe désigne l'ensemble des règles qui déterminent la structure correcte des phrases dans une langue, c'est-à-dire la manière dont les unités (mots, syntagmes) se combinent pour former des séquences grammaticales. Elle établit les conditions formelles pour la construction des phrases acceptables.
Jugements d’acceptabilité syntaxique : Ce sont des évaluations subjectives faites par les locuteurs natifs concernant la grammaticalité ou l’agrammaticalité d’une phrase. La linguistique descriptive s’appuie sur ces jugements pour décrire la grammaire mentale, comme le souligne Chomsky (1965).
Distinction entre syntaxe et sémantique : La syntaxe concerne la structure formelle des phrases (règles de combinaison), tandis que la sémantique s’intéresse au sens. Une phrase peut être syntaxiquement correcte mais sémantiquement incohérente, illustrant la séparation conceptuelle entre ces deux niveaux (voir section 4).
Idiolecte et grammaire mentale : La grammaire mentale est l’ensemble des règles syntaxiques stockées dans l’esprit de chaque locuteur, propre à son idiolecte. Elle permet de juger de la grammaticalité d’une phrase, comme le montre Chomsky (1965). La grammaire n’est pas normative mais descriptive.
Critères descriptifs de la grammaire : La grammaire est définie par sa capacité à générer toutes les séquences grammaticales d’une langue et à exclure celles qui sont agrammaticales, selon Chomsky (1957). Elle repose sur des règles formelles, non sur des normes sociales ou prescriptives.
La syntaxe définit les règles formelles qui régissent la structure des phrases acceptables dans une langue, et la reconnaissance de leur acceptabilité repose sur des jugements d’acceptabilité, qui reflètent la grammaire mentale propre à chaque locuteur.
Relation entre éléments du langage et leur sens : lien entre une expression linguistique et ce à quoi elle se réfère ou ce qu’elle évoque dans la réalité ou dans l’esprit. Elle permet d’établir comment le langage représente le monde ou des concepts (voir dénotation et référence).
Sémantique (Étude du sens) : branche de la linguistique qui analyse la signification des mots, expressions et leur organisation dans le langage. Elle s’intéresse à la manière dont le sens est construit, interprété et relié aux éléments du discours (voir notions de polysémie, anomalie sémantique).
Jugements sémantiques : évaluations portant sur la cohérence ou la logique du sens dans une phrase ou un discours. Ils permettent d’identifier anomalies ou incohérences sémantiques, telles que la dissonance, le pléonasme, ou l’invraisemblance (voir exemples de dissonance et invraisemblance).
Polysémie : phénomène où un même mot possède plusieurs sens proches ou liés, permettant une utilisation variée selon le contexte. La polysémie est essentielle à la richesse du langage, mais peut aussi générer des ambiguïtés (voir relation avec la polysémie dans la section).
Charité interprétative : principe selon lequel, face à une phrase ambiguë ou incohérente, le locuteur ou l’interprète doit privilégier la lecture la plus cohérente ou plausible, en évitant de rejeter une phrase simplement à cause d’une ambiguïté ou d’une anomalie.
La relation entre éléments du langage et leur sens est fondamentale pour comprendre comment le langage désigne ou évoque la réalité. La dénotation (référence) désigne l’ensemble des référents d’un terme, tandis que le sens détermine la manière dont ces référents sont évoqués ou compris.
La sémantique étudie notamment la polysémie, les anomalies sémantiques, et la manière dont le sens est organisé dans le discours. Elle distingue anomalies sémantiques (incohérences de sens) et invraisemblances (impossibilités logiques ou factuelles).
Les jugements sémantiques permettent d’évaluer la cohérence d’une phrase : une anomalie sémantique (ex : pléonasme, dissonance) indique une incohérence de sens, tandis qu’une invraisemblance concerne une impossibilité factuelle ou logique (ex : dévorer un bison par une fourmi).
La différence entre anomalies sémantiques et invraisemblances réside dans leur nature : les premières sont des incohérences de sens, les secondes relèvent de l’impossibilité ou de l’irréalisme.
La polysemie doit être distinguée de l’homonymie : la première concerne plusieurs sens liés d’un même mot, la seconde des mots différents avec une forme identique.
La charité interprétative est une règle pratique pour privilégier la compréhension dans le cas d’ambiguïtés ou d’anomalies, en adoptant la lecture la plus cohérente ou plausible.
La sémantique analyse comment le langage relie les expressions à leur sens, distinguant anomalies et invraisemblances, tout en tenant compte de la polysémie et de la nécessité d’une charité interprétative pour une compréhension cohérente.
Forme lexicale vs unité lexicale (lexème) : La forme lexicale désigne la réalisation concrète d’un mot dans un contexte spécifique (prononciation, écriture), tandis que l’unité lexicale ou lexème est l’entité abstraite, mentale, représentant toutes ses variantes (formes fléchies, variantes libres). AUTEUR (date) : La distinction permet de séparer la représentation mentale du mot de ses différentes manifestations concrètes.
Lexique : Ensemble des unités lexicales (lexèmes) d’une langue, constituant le vocabulaire. Il regroupe toutes les formes, variantes et dérivés d’un même lexème, formant un réservoir de mots que les locuteurs connaissent et utilisent. AUTEUR (date) : Le lexique est la mémoire mentale de la langue, contenant toutes les unités lexicales nécessaires à la communication.
Formes fléchies et variantes libres : Les formes fléchies sont des variantes d’un lexème obtenues par flexion (ex : cheval / chevaux), contraintes par des paramètres morphologiques. Les variantes libres sont des formes qui, sans être fléchies, appartiennent à la même unité lexicale (ex : clé / clef). AUTEUR (date) : Ces variantes enrichissent la flexibilité d’utilisation du lexème dans différents contextes.
Lemme : Forme canonique ou de base d’un lexème, choisie pour représenter toutes ses formes fléchies dans le dictionnaire. Elle est généralement la forme la plus simple ou la moins marquée (ex : sais pour savoir). AUTEUR (date) : Le lemme facilite la référence et la recherche dans le lexique.
Polysémie et homonymie : La polysémie désigne un mot ayant plusieurs sens liés (ex : bouche : ouverture, partie du corps). L’homonymie concerne des mots identiques phonétiquement ou graphiquement mais sans lien sémantique (ex : mars (mois) / Mars (planète)). AUTEUR (date) : La polysémie enrichit la langue, tandis que l’homonymie peut provoquer des ambiguïtés.
La distinction entre forme lexicale et unité lexicale (lexème), ainsi que la gestion des variantes fléchies et libres, sont fondamentales pour comprendre la structure et le fonctionnement du vocabulaire dans la langue.
Dénotation : La dénotation d’une expression linguistique est la portion de réalité que cette expression désigne ou à laquelle elle réfère. Elle établit le lien entre le langage et le monde extérieur.
AUTEUR (date) : La dénotation est ce que l’expression pointe dans la réalité, c’est la référence concrète ou l’ensemble des référents qu’elle évoque.
Dénotation d’un nom : L’ensemble des référents ou des objets dans le monde que ce nom désigne. Par exemple, la dénotation de "pomme" est l’ensemble de toutes les pommes du monde.
AUTEUR (date) : La dénotation d’un nom est un ensemble des choses, c’est-à-dire l’ensemble de tous ses référents.
Distinction entre dénotation et sens : La dénotation concerne ce à quoi une expression réfère dans la réalité (référent), tandis que le sens désigne le mode d’emploi ou la manière dont cette expression évoque ou pointe vers ses référents.
AUTEUR (date) : Le sens est le mode d’emploi des mots, ce qui détermine leur dénotation.
Triangle sémiotique : Modèle qui relie l’expression linguistique, le référent (réalité désignée) et le sens (mode d’emploi ou conception mentale). Il montre que le langage ne désigne pas directement la réalité, mais passe par un processus de médiation.
AUTEUR (date) : La relation entre expression, référent et sens est fondamentale pour comprendre la référence en linguistique.
Définition par extension : La définition qui donne l’ensemble des référents d’un terme, c’est-à-dire tous les objets ou entités que ce terme désigne dans la réalité.
AUTEUR (date) : La définition par extension consiste à énumérer ou décrire tous les éléments appartenant à l’ensemble désigné.
Définition par intension : La description des propriétés ou critères nécessaires pour qu’un objet ou un référent appartienne à l’ensemble désigné par un terme. Elle indique les caractéristiques communes à tous les référents.
AUTEUR (date) : La définition par intension précise les propriétés essentielles qui définissent l’ensemble.
La dénotation établit le lien entre le langage et la réalité en désignant ses référents, tandis que le sens désigne la manière dont cette référence est évoquée ou comprise par l’expression.
L’hyperonymie désigne la relation où un terme général englobe des termes plus précis (hyponymes), permettant de structurer la connaissance en hiérarchies sémantiques, vérifiées par le test d’implication logique.
La méronymie relie une partie à son tout, tandis que l’holonymie relie un tout à ses parties ; ces relations structurent la description de la composition et de la hiérarchie des objets ou concepts dans la langue.
Antonymie : Relation entre deux mots de sens opposés, permettant d’établir une opposition de sens (ex : grand/petit). Selon AIME (2000), l’antonymie concerne des termes qui expriment des contraires directs ou relatifs, souvent par opposition sémantique.
Contradiction sémantique : Situation où deux propositions ou expressions sont incompatibles dans leur sens, de telle sorte qu’elles ne peuvent être vraies en même temps dans un même contexte. PERROUX (1970) précise que la contradiction sémantique se manifeste lorsque la vérité de l’une implique la fausseté de l’autre.
Exemple de dissonance : Contradiction apparente ou incohérence entre deux éléments dans une phrase ou situation, comme "célibataire/marié". La dissonance révèle une opposition ou incompatibilité sémantique.
Différence entre antonymie et contradiction : L’antonymie concerne des mots de sens opposés, souvent dans une relation de contraste, tandis que la contradiction sémantique concerne la relation entre propositions ou états qui ne peuvent coexister, indépendamment de leur opposition lexicale.
L'antonymie peut être opposition binaire (ex : vrai/faux) ou relation relative (ex : haut/bas, où la position de l’un dépend de l’autre). Elle ne concerne pas uniquement des adjectifs, mais aussi des noms, verbes ou adverbes.
La contradiction sémantique se manifeste dans des phrases où la coexistence de deux propositions entraîne une incohérence, comme dans l’exemple : "Célibataire marié" (contradiction). Elle est souvent détectée par des jugements de vérité ou de cohérence.
La différence fondamentale réside dans le fait que l’antonymie est une relation lexicale entre mots, alors que la contradiction concerne la relation entre propositions ou états dans un discours.
La reconnaissance de ces relations repose sur la notion de sens et la cohérence contextuelle. Par exemple, "Il est mort" et "Il est vivant" sont en contradiction sémantique.
La charité interprétative permet parfois de comprendre des phrases agrammaticales ou contradictoires en leur donnant un sens implicite ou contextuel, comme dans l’exemple : "Moi vouloir toi".
L’antonymie établit une opposition lexicale entre mots de sens contraire, tandis que la contradiction sémantique concerne l’incompatibilité entre propositions ou états, souvent révélée par des incohérences dans le discours.
L’usage linguistique varie selon le contexte, l’individu, et la situation, et la compétence linguistique se mesure à la capacité à adapter son emploi aux attentes pragmatiques tout en respectant la grammaire.
| Thème | Notions clés | Définition / Fonction | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|
| Langage formel | Phonèmes | Unités de base sans sens, distinguant les mots | (date) |
| Alphabet | Ensemble minimal de symboles permettant la construction de séquences | - | |
| Construction de séquences | Combinaison de symboles par concaténation | - | |
| Séquences bien formées | Suites respectant la syntaxe, reconnues par la grammaire | - | |
| Double articulation | Organisation hiérarchique en phonèmes et morphèmes | - | |
| Langage | Ensemble de toutes les séquences bien formées | - | |
| Symboles et séquences | Symboles élémentaires | Signes simples comme •, ▹ | - |
| Vocabulaire | Ensemble minimal de symboles pour construire des séquences | - | |
| Concaténation | Mode de combinaison successive des symboles | - | |
| Séquences exclues | Suites non conformes à la syntaxe | - | |
| Reconnaissance | Capacité à identifier les séquences appartenant au langage | - | |
| Grammaire syntaxique | Syntaxe (Chomsky, 1957) | Règles déterminant la structure correcte des phrases | Chomsky (1957) |
| Jugements d’acceptabilité | Évaluations subjectives de la grammaticalité | - | |
| Syntaxe vs Sémantique | Structure formelle vs sens | - | |
| Idiolecte | Grammaire mentale propre à chaque locuteur | Chomsky (1965) |
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1. Qu'est-ce qu'un langage formel selon la linguistique ?
2. En quelle année Chomsky a-t-il introduit la notion de syntaxe en la définissant comme l'ensemble des règles déterminant la structure correcte des phrases dans une langue ?
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Phonèmes — définition ?
Unités de base du langage sans sens propre.
Alphabet — rôle ?
Ensemble minimal de symboles pour construire des séquences.
Construction de séquences — mécanisme ?
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