L’art possède un double-sens fondamental : il est à la fois le processus de création et le résultat de ce processus, et cette dualité doit être appréhendée sans hiérarchiser l’un au détriment de l’autre, afin de respecter la richesse de l’expérience artistique.
Les notions de mythe, mythologie et métaphysique se distinguent par leur mode d’explication du monde : symbolique pour le mythe, rationnel et scientifique pour la métaphysique, tandis que chez Derrida, le signe et le symbole illustrent la complexité du langage et de la représentation.
Mythe : récit ayant pour vocation d’expliquer le monde, souvent par des histoires symboliques ou fantastiques. Il vise à donner un sens aux phénomènes naturels, sociaux ou culturels. (source : introduction)
Mythologie : système cohérent de croyances et de récits qui justifient et donnent sens à ces phénomènes. Elle organise ces récits en un ensemble structuré, rendant le récit « vrai » selon l’agencement du muthos. (source : introduction)
Muthos : terme grec désignant un récit ou un discours qui a une fonction explicative ou symbolique. La mythologie repose sur cet agencement cohérent de muthos pour former un système de croyances. (source : introduction)
Lien entre mythe, mythologie et muthos : le mythe est le récit, la mythologie l’ensemble structuré de ces récits, et le muthos la forme narrative ou discursive qui leur donne cohérence. La mythologie organise le muthos en un système cohérent pour expliquer le monde. (source : introduction)
Le mythe est un récit explicatif du monde, souvent symbolique, qui cherche à donner un sens aux phénomènes naturels, sociaux ou culturels. Il ne se limite pas à une simple histoire, mais possède une fonction explicative et symbolique profonde. (source : introduction)
La mythologie constitue un système cohérent de croyances, où chaque mythe s’inscrit dans une organisation globale, permettant de justifier et de comprendre l’ordre du monde. Elle repose sur l’agencement cohérent du muthos, qui donne une apparence de vérité à ces récits. (source : introduction)
Le concept de muthos désigne la forme narrative du récit mythologique, qui peut être analysée comme un discours symbolique structuré. La mythologie, en tant que système, repose sur cet agencement cohérent de muthos pour assurer sa cohérence interne. (source : introduction)
La distinction entre mythe et mythologie est importante : le mythe est le récit individuel, tandis que la mythologie est l’ensemble organisé de ces récits, formant un système cohérent de croyances. (source : introduction)
La mythologie justifie et explique les phénomènes naturels, sociaux ou culturels par des récits symboliques, souvent liés à des divinités ou des forces cosmiques. Elle constitue une vision du monde cohérente pour une société donnée. (source : introduction)
Le mythe est un récit explicatif du monde qui, organisé en une mythologie cohérente à travers le muthos, forme un système de croyances permettant de donner un sens global aux phénomènes naturels, sociaux et culturels.
La métaphysique, issue du logos, constitue une démarche rationnelle visant à expliquer le monde par des hypothèses scientifiques, en s’appuyant sur la raison plutôt que sur l’expérience directe, tout en étant profondément liée à la capacité humaine de discours rationnel.
Signe (chez Derrida) : Élément absent prenant place dans le discours, subjectif et différentiel, qui ne désigne pas directement une chose mais fonctionne par différenciation avec d’autres éléments. Il est inclus dans un système différentiel, ce qui signifie que sa signification dépend de sa différence avec d’autres signes. Derrida (date inconnue) : « Le signe est quelque chose qui prend la place dans le discours un élément absent. »
Symbole (chez Derrida) : Ne remplace rien, n’a pas de signification délimitée, et ne tire pas son sens du système différentiel. Il ne se définit pas par une différence avec d’autres termes mais possède une valeur non différenciée, non délimitée, qui échappe à la logique de différenciation propre aux signes. Derrida (date inconnue) : « Le symbole ne remplace rien, il n’a pas de signification délimitée et ne tire pas son sens du système différentiel. »
Absence et différentiel : Concepts fondamentaux chez Derrida, où l’absence n’est pas une négation mais une présence différée ou implicite dans le discours, permettant la différenciation des signes. La différenciation est la clé de la signification, mais le symbole, lui, échappe à cette logique, étant non différentiel.
Derrida distingue le signe et le symbole pour montrer que la signification ne repose pas uniquement sur la différenciation (signe), mais aussi sur des éléments qui ne se laissent pas réduire à cette logique (symbole). Le signe, étant différentiel, tire sa signification de la différence avec d’autres signes, ce qui implique une présence absente, une trace. La signification est donc toujours différée, instable, et dépend du système de différenciation.
Le symbole, en revanche, ne fonctionne pas par différenciation. Il ne remplace rien et ne possède pas de signification délimitée. Il ne tire pas son sens d’un système différentiel mais peut évoquer une présence ou une idée qui ne se laisse pas réduire à une différence. Il échappe ainsi à la logique de différenciation propre au signe, ce qui le rend plus difficile à déchiffrer ou à réduire à une signification précise.
La distinction entre signe et symbole permet de comprendre que la signification n’est pas uniquement construite par différenciation, mais aussi par des éléments qui échappent à cette logique, comme le symbole. Cela remet en question la stabilité du sens et souligne la complexité du langage et de la signification.
La critique de Derrida sur la logique du signe remet en cause la conception traditionnelle de la signification comme étant purement différencielle, en insistant sur la dimension d’absence, d’élément absent qui prend place dans le discours.
Le signe chez Derrida est un élément différentiel, dépendant de la différence avec d’autres signes, tandis que le symbole ne se réduit pas à cette logique, étant non différentiel et ne remplaçant rien, ce qui remet en question la stabilité de la signification.
Idea (connaissance) : Concept gnoséologique désignant l’objet de la connaissance intellectuelle, ce qui peut être appréhendé par l’esprit, indépendamment de sa manifestation sensible.
AUTEUR (date) : L’idée représente la connaissance pure, intelligible, qui dépasse l’apparence sensible.
Eidos (forme intelligible) : Forme ou modèle conceptuel qui structure la reconnaissance et la compréhension d’une chose, permettant de distinguer ce qu’elle est de ce qu’elle n’est pas.
AUTEUR (date) : La forme intelligible est la norme de reconnaissance permettant d’identifier l’essence d’une chose.
Ousia (être ontologique) : Statut ontologique de ce qui possède pleinement l’être, désignant la réalité profonde et essentielle d’une chose, au-delà de ses apparences.
AUTEUR (date) : L’ousia constitue l’être véritable, la réalité ultime de ce qui existe.
Essence comme concept unifié : Approche qui considère l’idée, l’eidos et l’ousia comme trois dimensions d’un même concept, permettant une compréhension intégrée de ce qu’est une chose dans sa réalité profonde, sa forme et sa connaissance.
AUTEUR (date) : La notion d’essence comme unité multidimensionnelle est centrale dans l’approche gnoséologique.
L’essence, selon une approche unifiée, se compose de trois dimensions interdépendantes : la connaissance (idea), la forme intelligible (eidos) et l’être ontologique (ousia), permettant une compréhension complète de la réalité profonde d’une chose.
Enquête pré-iconographique (Panofsky, 1939) : Analyse macro-description de l’image au niveau phénoménal et factuel, consistant à identifier des formes pures, leurs rapports, et à percevoir leurs qualités expressives. Elle concerne le monde des motifs artistiques, en reconnaissant formes, couleurs, volumes, et leur signification primaire ou naturelle.
Enquête iconographique (Panofsky, 1939) : Identification des éléments culturels, motifs, et thèmes représentés dans l’œuvre. Elle relie motifs artistiques et leur contexte culturel ou narratif, impliquant une intention consciente de l’artiste pour représenter des figures ou concepts précis.
Enquête iconologique (Panofsky, 1939) : Interprétation des principes sous-jacents, structures mentales, et attitudes fondamentales d’une époque ou d’une culture. Elle révèle la vision du monde, les doctrines philosophiques ou attitudes fondamentales, en analysant le sens profond et le contenu intrinsèque de l’œuvre.
Sujet primaire (naturel) (Panofsky, 1939) : Représentation d’objets ou figures naturels, identifiés par formes pures et qualités expressives, constituant le monde phénoménal de l’image.
Sujet secondaire (conventionnel) (Panofsky, 1939) : Représentation de figures ou motifs symboliques, allégoriques ou narratifs, liés à des thèmes culturels ou religieux, identifiés par leur contexte iconographique et leur signification culturelle.
L’approche de Panofsky distingue trois niveaux d’analyse : pré-iconographique, iconographique, et iconologique, permettant une compréhension progressive et approfondie de l’œuvre d’art.
Enquête pré-iconographique : Se concentre sur l’identification des formes pures, volumes, couleurs, et qualités expressives, sans référence à leur signification culturelle ou symbolique. Elle constitue la base factuelle de l’analyse.
Enquête iconographique : Analyse la signification culturelle ou narrative des motifs, en reliant les figures ou objets à des thèmes ou récits précis. La reconnaissance correcte des motifs est essentielle, car une erreur dans l’identification compromet toute l’interprétation.
Enquête iconologique : Interprète la vision du monde, les attitudes fondamentales, et les principes philosophiques sous-jacents à l’œuvre. Elle révèle la signification profonde, souvent inconsciente, qui dépasse la simple représentation.
La distinction entre sujet primaire et sujet secondaire permet de différencier la représentation d’objets naturels de celle de motifs symboliques ou allégoriques, en insistant sur l’intention consciente de l’artiste dans la création iconographique.
La démarche iconologique insiste sur l’importance de l’intention consciente de l’artiste, notamment dans la représentation de thèmes culturels ou philosophiques, et sur la nécessité de contextualiser l’œuvre dans son cadre historique et culturel.
L’iconologie de Panofsky propose une méthode structurée en trois niveaux d’analyse pour déchiffrer la signification profonde des œuvres d’art, en distinguant l’observation factuelle, l’interprétation iconographique, et la compréhension iconologique des principes culturels et philosophiques sous-jacents.
Catharsis : Approche étymologique désignant la purification ou la libération. Elle possède plusieurs sens :
Théorie des humeurs d’Hippocrate : Modèle médical antique associant quatre humeurs (bilieux, atrabilaire, phlegmatique, sanguin) à des tempéraments et émotions spécifiques :
Crainte : Imagination d’un mal susceptible de provoquer destruction ou peine ; une passion prospective, liée à la peur d’un danger futur.
Pitié : Sentiment suscité par la vue d’un mal frappant un innocent ou une personne souffrant plus qu’elle ne devrait, souvent associé à l’empathie et à l’attente de souffrir soi-même.
Passion : Rapport à la passivité, opposition à l’action, souvent perçue comme une émotion intense qui peut conduire à une action ou à une réaction impulsive.
La catharsis, selon Thucydide, a une origine religieuse où elle sert à purifier la cité par des sacrifices, notamment lors de calamités (Thucydide).
Sur le plan éthique, la catharsis vise à purifier l’âme en libérant des passions destructrices, comme le suggèrent les Pythagoriciens.
La conception médicale d’Hippocrate voit la catharsis comme une purgation des humeurs, visant à rétablir l’équilibre corporel et émotionnel.
La théorie des humeurs établit un lien direct entre ces humeurs et des émotions spécifiques, permettant d’interpréter les états affectifs en fonction de leur origine physiologique.
La distinction entre crainte, pitié, passion et sentiment permet de comprendre la complexité des émotions et leur rôle dans la purification de l’individu ou de la cité.
La catharsis, dans la tragédie grecque, a pour but de provoquer une purification émotionnelle chez le spectateur, en lui permettant de libérer ses passions par la pitié et la crainte (voir section 10 pour la relation avec l’art dramatique).
Point à retenir : La catharsis désigne une purification multiple — religieuse, éthique ou médicale —, permettant à l’individu ou à la cité de retrouver un équilibre émotionnel ou spirituel, en particulier à travers la libération des passions.
Habitude mentale : Bain culturel inconscient qui influence la perception et la création artistique, façonnant la manière dont l’individu appréhende le monde et l’art, souvent transmis par l’éducation. Thomas d’Aquin (notamment dans le cadre de la pensée scolastique) insiste sur le rôle de cette habitude dans la formation de la vision du monde et de l’art.
Scolastique : Mouvement intellectuel chrétien qui, à partir de la redécouverte des textes antiques, cherche à concilier foi et raison à travers une théologie rationnelle. Elle se caractérise par une méthode dialectique et une transmission systématique des savoirs via l’éducation. Thomas d’Aquin (notamment dans ses œuvres) illustre cette approche en intégrant foi et raison.
Transmission de l’habitude mentale par l’éducation scolastique : Processus par lequel cette manière de penser, d’interpréter le monde et l’art, est diffusée et consolidée dans la société, principalement par l’enseignement. La scolastique, en monopolisant l’éducation, joue un rôle central dans la perpétuation de cette habitude.
La pensée scolastique repose sur une habitude mentale qui façonne la perception du monde et de l’art, en privilégiant une approche rationnelle, théologique et systématique. Elle s’appuie sur la redécouverte et la réinterprétation des textes antiques, intégrant foi et raison dans une synthèse cohérente.
Thomas d’Aquin (notamment dans ses œuvres) incarne cette tradition, où la foi fournit des vérités fondamentales, et la raison doit les démontrer, créant ainsi une habitude mentale qui influence la conception de l’art et de la nature.
La transmission de cette habitude via l’éducation scolastique explique la permanence de cette vision du monde dans la culture occidentale, façonnant la manière dont l’art est perçu, interprété et valorisé dans cette tradition.
La conception scolastique, en insistant sur la rationalité et la connaissance structurée, influence notamment la perception de l’art comme un auxiliaire à la nature, où la lumière, la couleur et la symbolique sont intégrées dans une vision cohérente du sacré et du naturel.
L’habitude mentale scolastique, transmise par une éducation centrée sur la raison et la foi, structure profondément la perception de l’art et du monde, en privilégiant une approche rationnelle et systématique héritée de la redécouverte des textes antiques.
Vitrail comme auxiliaire à la nature : Le vitrail utilise la lumière pour mettre en valeur la nature, en soulignant ses qualités intrinsèques à travers la couleur et la transparence, permettant une expérience sensorielle et spirituelle renforcée (Saint Thomas, voir section 9).
Hiérophanie (Mircea Eliade, 1957) : Apparition du sacré dans le monde profane, un moment où le sacré se manifeste de façon visible et tangible, notamment à travers des objets ou des lieux sacrés comme la cathédrale, où la lumière du vitrail joue un rôle central dans cette manifestation.
Icône vs Idôle : Chez Mircea Eliade, l’icône représente le sacré en renvoyant à une réalité divine ou sacrée, tandis que l’idôle incarne le sacré en étant une figure qui le manifeste sans en révéler la pleine réalité. Le bon vitrail est celui qui relève de l’icône plutôt que de l’idôle, en évoquant plutôt le sacré qu’il incarne (voir section 6).
La lumière dans le vitrail n’est pas seulement une source d’éclairement mais un vecteur de sens, mettant en scène la nature et le sacré par la couleur et la transparence, ce qui en fait un auxiliaire à la nature selon la conception de Saint Thomas. La lumière sensible entre dans la cathédrale, tandis qu’une lumière intelligible en ressort, renforçant la dimension sacrée du lieu.
La perception du vitrail est inscrite dans un cadre temporel et spatial : la nuit ou l’obscurité empêchent de saisir pleinement l’œuvre, soulignant l’importance du contexte pour l’expérience sacrée. La lumière du vitrail devient alors un moyen de faire apparaître le sacré dans l’espace sacré.
La distinction entre icône et idôle, selon Mircea Eliade, est essentielle pour comprendre la fonction du vitrail : un bon vitrail doit évoquer le sacré comme une icône, c’est-à-dire qu’il doit représenter et faire apparaître le sacré plutôt que simplement l’incarner ou le symboliser comme une idôle.
La notion de hiérophanie souligne que le vitrail, par la lumière qu’il laisse passer, participe à l’apparition du sacré dans le lieu de culte, transformant l’espace profane en espace sacré par la manifestation sensible du divin.
Le vitrail, en tant qu’auxiliaire à la nature, utilise la lumière pour révéler le sacré dans l’espace sacré, participant ainsi à la hiérophanie, où la lumière devient le vecteur de la manifestation divine, tout en étant essentiel dans la perception du sacré comme icône plutôt que comme idôle.
Esprit (Hegel, 1770-1831) : Processus historique, rationnel et conflictuel par lequel la réalité devient consciente d’elle-même, incarnant le développement de la liberté et de la connaissance à travers l’histoire. L’Esprit n’est ni une substance ni une faculté psychologique individuelle, mais une activité du réel sur lui-même.
Phénoménologie (Hegel) : Apparition de l’esprit à lui-même, processus de prise de conscience où l’esprit se découvre à travers ses expériences et ses formes d’expression, notamment dans l’art, la religion et la philosophie.
Trois niveaux de l’Esprit (Hegel) :
Art symbolique (Hegel) : Première forme de l’art, abstraite, intemporelle, sans caractéristiques précises, où la forme symbolise une idée ou un concept sans en exprimer directement le contenu. Elle reflète une conscience encore limitée de l’esprit.
Sujet libre (Hegel) : Sujet qui se détermine lui-même ou par des éléments extérieurs, pouvant être issu de la conscience ou de l’extérieur, illustrant la liberté de l’individu dans le processus de l’Esprit.
Le double-sens de la création artistique : La création artistique possède deux aspects : le processus de « faire-œuvre » et le résultat final. La philosophie ne doit pas nécessairement donner du sens à l’art, sous peine de hiérarchiser la pensée sur la sensibilité, ce qui serait une erreur selon Hegel.
Développement de l’art selon Hegel : L’art évolue à travers trois formes majeures : symbolique, classique et romantique. La forme symbolique, la plus ancienne, est abstraite et intemporelle, tandis que l’art classique atteint une harmonie parfaite entre forme et contenu, et l’art romantique cherche à unir l’idée et la forme dans une unité dynamique.
L’art comme étape de l’Esprit : Pour Hegel, l’art n’est pas une fin en soi mais un moment dans le processus de l’auto-conscience de l’Esprit. Il sert à révéler la conscience de soi à travers la forme artistique, qui doit évoluer pour atteindre l’esprit absolu.
Le symbolisme et l’exemple : La représentation indirecte, analogique et imagée d’un concept (symboles) ou d’un schème mental (exemple, schème) permet à l’art symbolique d’illustrer des idées sans les exprimer directement, reflétant la conscience limitée de l’époque.
Les formes de l’art selon Hegel :
L’art, selon Hegel, est un moment dialectique dans le développement de l’Esprit, évoluant de formes symboliques abstraites vers une conscience plus complète, jusqu’à atteindre l’esprit absolu où la liberté et la connaissance se réalisent pleinement.
Apollinien : Principe de maîtrise, d’ordre, de belle apparence. Il incarne la rationalité, la clarté, la forme harmonieuse et la séparation des éléments. Selon Nietzsche, l’esprit apollinien privilégie la structure et la représentation idéale, favorisant l’individualité et la maîtrise de soi.
(Nietzsche, 1886)
Dionysien : Principe de débordement, de chaos, d’unité dans la musique et la fête. Il représente l’instinct, la passion, le chaos primordial, la dissolution des frontières entre l’individu et le tout. La musique dionysiaque exprime l’abandon aux pulsions et à l’extase collective.
(Nietzsche, 1886)
Exemple d’Elvis Presley : La dualité apollinien/dionysien illustrée par Elvis Presley, notamment dans sa performance "Are You Lonesome Tonight", où la maîtrise de la scène (apollinien) cède parfois la place à l’expression chaotique et débordante (dionysien), notamment lors de ses rires ou improvisations. La scène devient un espace de confrontation entre ordre et chaos.
Art comme confrontation : La création artistique, selon Nietzsche, résulte de la tension entre ces deux principes. L’art ne procède pas d’un seul principe mais de leur interaction, permettant à l’œuvre d’incarner cette dualité dynamique. La tension entre maîtrise et débordement enrichit la signification et la puissance expressive de l’art.
L’art, selon Nietzsche, naît de la confrontation entre l’ordre apollinien et le chaos dionysien, cette tension étant essentielle à la vitalité et à la profondeur de l’expérience artistique. Elvis Presley illustre cette dualité par ses performances oscillant entre maîtrise et débordement.
| Thème | Notions clés | Approche / Auteur | Points principaux |
|---|---|---|---|
| Double-sens création artistique | Processus de « faire-œuvre » et résultat | Panofsky (1971), Hegel, Eliade | La dualité entre création et œuvre finie, analyse en niveaux (Panofsky), développement dialectique (Hegel), sacré comme manifestation (Eliade). |
| Définitions fondamentales | Mythe, mythologie, métaphysique, signe, symbole | - | Mythe : récit symbolique expliquant le monde. Mythologie : système cohérent de croyances. Métaphysique : explication rationnelle basée sur le logos. Signe : élément différentiel, absent. Symbole : représentation fluide, non différenciée. |
| Mythe et mythologie | Mythe : récit explicatif, Mythologie : système cohérent | - | Mythe : fonction symbolique, mythologie : organisation cohérente des récits, muthos : forme narrative. La mythologie donne cohérence et sens aux récits mythiques. |
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