Hoja de repaso: Les caractéristiques du langage humain

📋 Plan du Cours

  1. Capacité linguistique humaine
  2. Théorie des actes de langage
  3. Pouvoir politique du langage
  4. Différences animal-humain
  5. Caractéristiques du langage humain
  6. Signes arbitraires et iconiques
  7. Chaînes de communication
  8. Langue écrite et orale
  9. Langues des signes et braille
  10. Connaissance linguistique (compétence)
  11. Distinction compétence/performance
  12. Connaissance linguistique (savoir)

📖 1. Capacité linguistique humaine

🔑 Notions clés & Définitions

  • Capacité humaine universelle pour le langage naturel : Aptitude innée propre à tous les êtres humains permettant la production et la compréhension du langage, indépendamment des langues spécifiques (Lucy, 2005).
  • Langues individuelles distinctes structurellement : Chaque langue possède une organisation propre, avec ses règles phonétiques, grammaticales et sémantiques, qui la différencient des autres (Lucy, 2005).
  • Langage comme moyen principal de communication humaine : Le langage constitue la principale modalité par laquelle les humains échangent des informations, expriment des idées et régulent leurs interactions sociales.
  • Langage utilisé pour interaction sociale et auto-régulation : Le langage sert à établir et maintenir des relations sociales, ainsi qu’à organiser et contrôler ses propres pensées et comportements (inspiré de la théorie des actes de langage).

📝 Points essentiels

  • La capacité linguistique est une faculté universelle propre à l’espèce humaine, permettant de parler différentes langues structurées de façon variée, mais partageant des caractéristiques communes (Lucy, 2005).
  • Chaque individu ne parle pas une langue en général, mais une ou plusieurs langues spécifiques, qui diffèrent par leur structure (Lucy, 2005).
  • Le langage n’est pas uniquement un outil de communication, mais aussi un moyen de régulation de soi et des autres, essentiel à la vie sociale et à la pensée (Théorie des actes de langage).
  • La communication humaine se distingue de celle des animaux par ses caractéristiques spécifiques, notamment la displacement, la productivité, la transmission culturelle, et la dualité de structure (Hockett, 1960s).
  • La faculté linguistique est considérée comme innée, mais son développement dépend aussi des interactions sociales et de l’environnement culturel.

💡 À retenir

La capacité linguistique humaine est une faculté universelle innée, permettant à chaque individu de maîtriser une ou plusieurs langues structurées, qui servent à la fois à communiquer, à interagir socialement et à auto-réguler ses pensées.

📖 2. Théorie des actes de langage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Utterances as actions (dire c’est faire) : Selon la théorie des actes de langage, chaque énoncé ne se limite pas à transmettre une information, mais réalise une action concrète dans la communication. **Austin (1962) : « Dire, c’est faire » ; un énoncé peut constituer une action en soi, comme une promesse ou une ordination.
  • Trois actes de langage : La théorie distingue trois niveaux d’actes lors de la production d’un énoncé :
    • Acte locutoire : l’acte de produire un énoncé avec un sens et une référence déterminés, comprenant la phonation, la formulation linguistique, et la référence contextuelle (Austin, 1962).
    • Acte illocutoire : l’acte réalisé en prononçant l’énoncé, qui implique la force conventionnelle ou la fonction sociale de l’acte (ex : promettre, ordonner).
    • Acte perlocutoire : l’effet produit sur l’auditoire par l’énoncé, qui peut inclure convaincre, persuader ou influencer (Austin, 1962).
  • Force illocutoire conventionnelle : La force que la société ou la convention linguistique attribue à un acte illocutoire, comme la promesse ou la demande, qui détermine la nature de l’action réalisée. (voir section 3)
  • Effets perlocutoires : Les effets réels ou psychologiques qu’un énoncé produit sur l’auditoire, tels que convaincre, effrayer ou persuader, qui dépendent du contexte et de la situation d’énonciation.

📝 Points essentiels

  • La théorie des actes de langage, développée par J.L. Austin (1962), insiste sur le fait que la parole ne se limite pas à la transmission d’informations, mais qu’elle agit dans le monde social en accomplissant des actions concrètes.
  • Chaque énoncé comporte trois dimensions :
    • Locution : la production physique de l’énoncé, la forme linguistique (phonèmes, mots, phrases).
    • Illocution : l’intention derrière l’énoncé, qui réalise une action selon la force conventionnelle (ex : promettre, ordonner).
    • Perlocution : l’effet que l’énoncé produit sur l’auditoire, qui peut aller au-delà de l’intention initiale.
  • La force illocutoire est souvent déterminée par la convention sociale ou la formule utilisée (ex : « Je promets »).
  • La distinction entre ces trois actes permet d’analyser la complexité de la communication et de comprendre comment un simple énoncé peut agir dans le contexte social.
  • La puissance du langage réside dans sa capacité à influencer, persuader ou ordonner, ce qui confère au langage un pouvoir social et politique (ex : Niyazov, 2002).

💡 À retenir

La théorie des actes de langage montre que chaque énoncé est une action en soi, comportant un acte locutoire, un acte illocutoire qui réalise une fonction sociale ou conventionnelle, et un acte perlocutoire qui produit des effets sur l’auditoire, illustrant ainsi le pouvoir performatif du langage.

📖 3. Pouvoir politique du langage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pouvoir politique exercé via le langage : Capacité d’un dirigeant ou d’une autorité à influencer, contrôler ou façonner la société et les comportements collectifs en utilisant le langage, notamment par des décrets, des discours ou des noms. Parfitt (2006) illustre cela avec l’exemple de Niyazov, qui a renommé des lieux et des objets pour renforcer son pouvoir.

  • Contrôle linguistique par les dirigeants : Pratique de manipulation ou de domination par l’usage du langage, par exemple en imposant des noms ou en modifiant la terminologie officielle pour renforcer l’autorité ou modeler la perception publique. Parfitt (2006) cite Niyazov qui a nommé un mois d’après lui ou sa mère, illustrant ce contrôle.

  • Influence du langage sur comportements et société : Effet du langage sur la manière dont les individus agissent, pensent ou perçoivent leur environnement social. Le langage devient un outil de pouvoir pour orienter ou modeler les comportements collectifs, en façonnant la réalité sociale et politique.

📝 Points essentiels

  • La capacité de nommer ou de désigner des lieux, des personnes ou des concepts confère un pouvoir symbolique et pratique, comme le montre l’exemple de Niyazov qui a renommé un mois et une ville pour affirmer son autorité (Parfitt, 2006 ; Paton Walsh, 2006).

  • Le langage permet aux dirigeants d’établir une légitimité ou une légitimité apparente, en utilisant des discours ou des décrets pour renforcer leur contrôle (voir aussi la légitimité, section 3).

  • La manipulation linguistique peut être subtile ou flagrante, mais elle sert toujours à renforcer la domination ou à orienter la société dans une direction souhaitée.

  • La domination linguistique n’est pas seulement symbolique : elle influence concrètement les comportements et la perception collective, consolidant ainsi le pouvoir politique.

💡 À retenir

Le langage constitue un outil majeur de pouvoir politique, permettant aux dirigeants d’imposer leur volonté, de contrôler la perception publique et de façonner la société à travers des actes linguistiques symboliques ou coercitifs.

📖 4. Différences animal-humain

🔑 Notions clés & Définitions

  • Communication animale : Ensemble des processus par lesquels les animaux échangent des informations, principalement via des signaux olfactifs, sonores ou gestuels, sans recourir à une langue structurée ou à des signes arbitraires selon la conception humaine. (Hockett, 1960s)
  • Limites cognitives animales : Absence de pensée abstraite ou de capacité à manipuler des concepts symboliques complexes, ce qui limite leur capacité à utiliser un langage structuré ou à faire preuve de créativité linguistique. (Arguments de Descartes)
  • Expérience de Kanzi : Étude sur un bonobo ayant appris à communiquer à l’aide de symboles (lexigrammes), illustrant une forme de communication sophistiquée mais différente du langage humain, notamment par l’absence de grammaire complète. (Source mentionnée)
  • Arguments de Descartes : La thèse selon laquelle les animaux n’ont pas de pensée ou de langage véritable, car ils ne manifestent que des mouvements liés à leurs passions (crainte, joie, espérance), sans capacité de pensée abstraite ou de symbolisation. (Descartes, 1646)
  • Danse des abeilles : Exemple de communication animale utilisant des signaux gestuels pour transmettre des informations précises sur la localisation de ressources, sans recours à une langue ou à des signes arbitraires. (Exemple)
  • Chants d’oiseaux : Forme de communication sonore utilisée pour la territorialité ou la reproduction, limitée en complexité et dépourvue de la productivité ou de la displacement propre au langage humain. (Exemple)

📝 Points essentiels

  • La communication animale repose principalement sur des signaux instinctifs ou conditionnés, tels que la danse des abeilles ou les phéromones des fourmis, qui transmettent des informations concrètes mais sans structure syntaxique ou arbitraire comparable au langage humain.
  • La capacité de pensée abstraite, essentielle pour le langage humain, semble absente chez la majorité des animaux, comme le souligne Descartes (1646), qui considère que leur comportement est dicté par des passions plutôt que par une pensée symbolique ou réfléchie.
  • La communication chez les animaux, même sophistiquée (ex : chants d’oiseaux, danse des abeilles), ne possède pas les caractéristiques de displacement, productivité, ou transmission culturelle, qui sont des notions clés du langage humain selon Hockett (1960s).
  • L’expérience de Kanzi, bonobo ayant appris à utiliser des symboles, montre que certains animaux peuvent acquérir une forme de communication symbolique, mais celle-ci reste limitée par l’absence de grammaire complète et de pensée abstraite.
  • La distinction fondamentale réside dans l’arbitraire du signe : chez l’humain, le lien entre le signe (mot) et sa signification est conventionnel et arbitraire, alors que chez l’animal, la communication repose souvent sur des signaux non arbitraires, instinctifs ou liés à la situation immédiate.

💡 À retenir

Les différences majeures entre la communication animale et humaine résident dans l’absence de pensée abstraite et de structure syntaxique chez les animaux, limitant leur capacité à utiliser un langage véritablement productif, displacement, ou culturellement transmis, contrairement aux humains.

📖 5. Caractéristiques du langage humain

🔑 Notions clés & Définitions

  • Displacement (déplacement spatio-temporel) : La capacité à parler d’événements, objets ou idées situés dans le temps ou l’espace éloignés du moment ou du lieu de l’énonciation. Hockett (1960s) souligne que cette caractéristique distingue le langage humain de la communication animale, qui est généralement ancrée dans le présent immédiat.

  • Productivité (créativité linguistique) : La faculté de produire et de comprendre un nombre infini de messages nouveaux, en combinant un nombre limité de signes selon des règles grammaticales. Hockett (1960s) insiste sur cette propriété comme étant essentielle à la flexibilité et à l’évolution du langage humain.

  • Transmission culturelle : La transmission du langage se fait par apprentissage au sein d’une communauté, plutôt que par héritage génétique. Hockett (1960s) indique que cette caractéristique permet au langage d’évoluer et de s’adapter aux contextes sociaux et culturels.

  • Dualité de structure : La capacité à organiser le langage en deux niveaux distincts : un niveau de phonèmes (sons) sans signification propre, et un niveau de morphèmes ou mots porteurs de sens, permettant la recombinaison. Hockett (1960s) précise que cette propriété est unique au langage humain et facilite la productivité.

  • Prévarication : La capacité à mentir ou à dire des choses fausses, ce qui implique une conscience de la distinction entre la vérité et la fiction dans la communication. Hockett (1960s) considère cette caractéristique comme une preuve de la complexité cognitive associée au langage humain.

  • Réflexivité : La faculté d’utiliser le langage pour parler de lui-même, c’est-à-dire de réfléchir sur le langage ou de l’analyser. Hockett (1960s) souligne que cette propriété permet aux locuteurs de discuter, d’étudier et de modifier leur propre langue.

  • Apprenabilité : La capacité pour les individus d’apprendre une langue, même si celle-ci n’est pas leur langue maternelle, grâce à des règles et des structures accessibles. Hockett (1960s) insiste sur cette propriété comme étant essentielle à la diversité linguistique et à l’évolution du langage.

📝 Points essentiels

  • Ces caractéristiques, identifiées par Hockett (1960s), sont considérées comme spécifiques au langage humain, notamment la displacement, la productivité, la transmission culturelle, la dualité de structure, la prévarication, la réflexivité et l’apprendabilité.
  • La displacement permet de parler d’événements passés ou futurs, ou d’objets éloignés dans l’espace, ce qui n’est pas possible chez la majorité des autres formes de communication animale.
  • La productivité confère au langage une capacité infinie de création de messages, en combinant un nombre limité de signes selon des règles.
  • La transmission culturelle distingue le langage humain de la communication animale, qui est généralement innée ou instinctive.
  • La dualité de structure est à la base de la flexibilité et de l’évolution linguistique, en permettant la recombinaison de phonèmes et de morphèmes.
  • La réflexivité permet aux locuteurs d’utiliser le langage pour réfléchir sur leur propre langue ou communication.
  • L’apprendabilité assure la transmission et la diversification des langues à travers les générations.

💡 À retenir

Les caractéristiques spécifiques du langage humain, telles que la displacement, la productivité, la transmission culturelle, la dualité de structure, la prévarication, la réflexivité et l’apprendabilité, confèrent à la langue sa complexité, sa flexibilité et son unicité par rapport à la communication animale.

📖 6. Signes arbitraires et iconiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Signe linguistique arbitraire (Saussure, 1916) : Relation entre le signifiant (forme sonore ou graphique) et le signifié (concept ou idée) qui est conventionnelle et non motivée, c’est-à-dire sans lien naturel ou nécessaire.
  • Arbitrarité du signe linguistique : Caractère selon lequel la relation entre le signifiant et le signifié n’est pas motivée par une ressemblance ou une nécessité, mais repose sur une convention sociale.
  • Iconicité partielle : Relation entre le signe et sa signification qui présente une ressemblance partielle ou une analogie, notamment dans les onomatopées ou certains gestes, où la forme évoque partiellement le contenu.
  • Différence entre signes arbitraires et iconiques : Les signes arbitraires n’ont pas de lien naturel avec leur signification, contrairement aux signes iconiques où la forme évoque ou imite le contenu (ex : onomatopées, gestes mimant la réalité).

📝 Points essentiels

  • Selon Saussure (1916), le signe linguistique est constitué du signifiant (forme) et du signifié (concept), reliés par une relation arbitraire, c’est-à-dire non motivée par une ressemblance ou une nécessité naturelle. Cette arbitrarité permet la diversité des langues et leur évolution.
  • La relation arbitraire est une caractéristique fondamentale du langage humain, différenciant la langue des systèmes de communication animales ou des signes iconiques. Elle explique aussi la variabilité des mots pour désigner la même chose selon les cultures ou langues (ex : « noyau » en français, « pit » en anglais).
  • Iconicité partielle apparaît dans certains signes comme les onomatopées ou gestes mimant la réalité, où la forme évoque partiellement le contenu. Par exemple, le cri du coq « cocorico » ou le mouvement de waggle des abeilles, qui imitent un son ou un comportement naturel.
  • La distinction entre signes arbitraires et signes iconiques est essentielle pour comprendre la nature du langage : le premier repose sur la convention, le second sur une ressemblance ou une imitation.

💡 À retenir

Le langage humain repose principalement sur l’arbitraire du signe, ce qui permet une grande flexibilité et diversité, tandis que l’iconicité, partielle ou totale, est plus rare et limitée à certains signes comme les onomatopées ou gestes mimant la réalité.

📖 7. Chaînes de communication

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèle de Shannon & Weaver (1949) : modèle de la chaîne de communication décrivant le processus par lequel un message est transmis d’un émetteur à un récepteur via un canal, en soulignant l’importance de la transmission sans erreur et la gestion du bruit.
  • Modèle de Jakobson : modèle intégrant plusieurs éléments essentiels à la communication, notamment l’émetteur, le récepteur, le message, le contexte, le contact, le code, et le feedback, pour expliquer la complexité de la communication linguistique.
  • Importance du code commun : notion selon laquelle une communication efficace repose sur la possession d’un code partagé entre l’émetteur et le récepteur, permettant la compréhension du message (voir aussi "signes arbitraires" en section 6).
  • Feedback : retour d’information du récepteur vers l’émetteur, permettant d’ajuster ou de confirmer la compréhension du message, essentiel pour la réussite de l’échange (voir aussi "feedback dans la communication").
  • Contact : lien relationnel ou canal qui maintient la communication entre l’émetteur et le récepteur, garantissant la continuité de l’échange.

📝 Points essentiels

  • Le modèle de Shannon & Weaver (1949) met en évidence la séquence : émetteur → canal → récepteur, avec la présence de bruit pouvant altérer la transmission. Il insiste sur la nécessité d’un canal clair pour éviter la perte d’information.
  • Le modèle de Jakobson enrichit cette vision en intégrant le contexte, le contact, le code, et surtout le feedback, soulignant que la communication ne se limite pas à la simple transmission d’un message, mais implique aussi la réaction du récepteur et la relation entre les acteurs.
  • La relation entre code et compréhension est cruciale : un code partagé (ex : langue commune, conventions) facilite la transmission et la réception du message. La divergence de codes peut entraîner des malentendus.
  • Le feedback permet de vérifier la compréhension et d’ajuster le message si nécessaire, rendant la communication dynamique et interactive.
  • La gestion du bruit (interférences, erreurs, ambiguïtés) est essentielle pour assurer une communication efficace, comme le souligne le modèle de Shannon & Weaver.

💡 À retenir

La communication efficace repose sur une chaîne structurée où l’émetteur, le récepteur, le message, le contexte, le contact, le code, et le feedback doivent être alignés, notamment grâce à un code partagé, pour minimiser les malentendus et assurer la transmission claire de l’information.

📖 8. Langue écrite et orale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Primauté de la parole sur l’écriture : La parole est considérée comme la forme originelle et fondamentale du langage, étant la modalité naturelle et spontanée de communication humaine, contrairement à l’écriture qui est une représentation secondaire nécessitant un apprentissage (voir notamment la distinction entre speech et writing).
  • Écriture comme système secondaire nécessitant apprentissage : L’écriture n’est pas innée chez l’humain, elle doit être apprise et se construit à partir de la parole, en s’appuyant sur des règles et conventions spécifiques.
  • Caractéristiques de l’écriture : unité basée sur la parole, nature différée, possibilité de correction : L’écriture repose sur des unités dérivées de la parole, sa nature est différée (permettant la relecture et la correction), contrairement à la parole qui est immédiate et souvent irréversible.

📝 Points essentiels

  • La parole est la modalité première du langage, utilisée spontanément par tous les humains dès l’enfance, même chez les sourds ou dans des modes variés (spoken, signed, written).
  • La théorie des actes de langage montre que la parole ne se limite pas à transmettre des informations, mais réalise des actions (locution, illocution, perlocution).
  • La prédominance de la parole dans la vie humaine est soulignée par son omniprésence, sa proximité avec la pensée, et sa capacité à générer de la créativité (ex : manipulation de mots, discours).
  • L’écriture, en revanche, est une représentation secondaire : elle doit être enseignée, n’est pas automatique, et nécessite un apprentissage formel (ex : grammaire, syntaxe).
  • La différenciation entre langue orale et langue écrite est aussi liée à leur modalité : la langue orale est principalement auditive-vocale, tandis que la langue écrite est visuelle-graphique.
  • La majorité des langues dans le monde (environ 57%) ne disposent pas d’une tradition écrite, ce qui montre la primauté de la parole dans la communication humaine.

💡 À retenir

La parole est la modalité originelle et prédominante du langage humain, tandis que l’écriture constitue un système secondaire qui nécessite un apprentissage et offre des possibilités de correction et de stockage différé.

📖 9. Langues des signes et braille

🔑 Notions clés & Définitions

  • Langues des signes : langues visuelles-gestuelles utilisées principalement par les personnes sourdes ou malentendantes, structurées comme des langues naturelles avec leur propre grammaire, syntaxe et vocabulaire, et non des pantomimes ou codes gestuels. Selon Wardhaugh & Fuller (2015), elles sont acquises par instruction ou immersion et possèdent une internalité grammaticale comparable aux langues orales.

  • Différences avec codes gestuels ou pantomimes : contrairement aux langues des signes, ces codes sont souvent artificiels, contextuels, et manquent de structure grammaticale propre. Les pantomimes mimés pour représenter une action ou un objet ne disposent pas d’un système linguistique codifié et généralisé.

  • Acquisition et structure grammaticale des langues des signes : elles s’apprennent par immersion ou instruction, et présentent une syntaxe, une morphologie et une phonologie propres, similaires à celles des langues orales, mais adaptées à leur modalité visuelle-gestuelle. Elles possèdent des règles pour la formation de phrases, l’ordre des signes, et l’utilisation de paramètres comme la localisation, le mouvement, la configuration des mains.

  • Braille : système de codage écrit tactile utilisé par les personnes aveugles ou malvoyantes, reproduisant phonèmes, phonologie et sémantique des langues écrites. Ce n’est pas une langue en soi, mais un système de lecture et d’écriture basé sur des symboles tactiles, permettant l’accès à la langue écrite.

📝 Points essentiels

  • Les langues des signes ne sont pas des pantomimes ou des codes gestuels, mais des langues naturelles avec une grammaire propre, structurée comme les langues orales, et acquises par immersion ou instruction (Wardhaugh & Fuller, 2015). Elles utilisent une modalité visuelle-gestuelle, avec des paramètres linguistiques spécifiques (localisation, configuration, mouvement, expression faciale).

  • La distinction entre langues des signes et codes gestuels ou pantomimes repose sur leur internalité grammaticale et leur usage social : les premières sont des langues naturelles, les secondes sont souvent contextuelles, artificielles, et manquent de structure linguistique systématique.

  • Le braille n’est pas une langue, mais un système de lecture et d’écriture tactile qui reproduit la phonétique et la sémantique d’une langue écrite. Il permet aux personnes aveugles ou malvoyantes d’accéder à la langue écrite, mais ne possède pas de grammaire propre.

  • La structure grammaticale des langues des signes inclut des règles pour la formation des phrases, l’utilisation de paramètres visuels, et la syntaxe propre, permettant une communication complexe et nuancée, comparable à celle des langues orales.

💡 À retenir

Les langues des signes sont des langues naturelles structurées, utilisant une modalité visuelle-gestuelle, distinctes des pantomimes ou codes gestuels, et leur acquisition repose sur l’immersion ou l’apprentissage, tout comme les langues orales. Le braille, quant à lui, est un système de codage tactile, non une langue, permettant l’accès à la lecture et à l’écriture pour les personnes malvoyantes.

📖 10. Connaissance linguistique (compétence)

🔑 Notions clés & Définitions

  • Connaissance implicite des règles grammaticales : savoir inconscient des structures correctes d’une langue, permettant de produire et comprendre des phrases grammaticalement correctes sans en avoir une conscience explicite (d’après Wardhaugh & Fuller, 2015).
  • Connaissance partagée : ensemble de savoirs, de règles et de conventions que les locuteurs d’une langue partagent, permettant la communication efficace (voir section 7).
  • Savoir ce qui est possible ou non dans une langue : capacité à distinguer les constructions linguistiques acceptables de celles qui ne le sont pas, en se basant sur la grammaire implicite (d’après Pinker, 2007).
  • Connaissance des interactions et communication : maîtrise des aspects pragmatiques et contextuels, permettant d’interpréter le sens au-delà du contenu littéral (voir section 12).
  • Connaissance implicite des règles phonétiques, syntaxiques, et sémantiques : savoir inconscient des phonèmes, structures syntaxiques et significations, qui sous-tendent la production et l’interprétation des énoncés (d’après Wardhaugh & Fuller, 2015).

📝 Points essentiels

  • La compétence linguistique correspond à la connaissance implicite que chaque locuteur possède de sa langue, incluant la phonologie, la morphologie, la syntaxe, la sémantique, et la pragmatique, sans nécessairement pouvoir l’exprimer explicitement (Chomsky).
  • La distinction entre compétence et performance, introduite par Chomsky (1965), souligne que la compétence est cette connaissance inconsciente, tandis que la performance est l’usage observable, souvent sujet à erreurs.
  • La connaissance partagée permet la communication car elle inclut la maîtrise des règles grammaticales, phonétiques, et des conventions sociales, essentielles pour que le message soit compris comme prévu.
  • La capacité à savoir ce qui est possible ou non dans une langue repose sur la connaissance implicite des règles grammaticales et syntaxiques, qui régissent la formation des phrases correctes.
  • La maîtrise des interactions et communication implique aussi la compréhension des aspects pragmatiques, comme l’intonation, le contexte, et les implicatures, qui enrichissent le sens (voir section 12).

💡 À retenir

La connaissance linguistique (compétence) est un savoir implicite et partagé, qui permet aux locuteurs de produire et comprendre des énoncés corrects, tout en naviguant dans les interactions sociales et contextuelles de la langue.

📖 11. Distinction compétence/performance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Chomsky (1965) : La compétence linguistique désigne la connaissance inconsciente et systématique que possède un locuteur d'une langue, servant de base à la production et à la compréhension des énoncés. La performance, en revanche, correspond à l'usage observable de cette compétence, susceptible d'erreurs et influencé par des facteurs extralinguistiques.
  • Gumperz (1972) : La compétence linguistique concerne la capacité à produire des phrases grammaticalement correctes, tandis que la compétence communicative inclut la capacité à utiliser ces phrases de manière socialement appropriée dans des contextes spécifiques.
  • Lucy (2005) : La capacité humaine universelle pour le langage se manifeste à travers des langues spécifiques, mais la compétence linguistique est une connaissance implicite, distincte de la performance qui reflète l'usage réel et parfois erroné.

📝 Points essentiels

  • La compétence est une connaissance inconsciente, systématique, et scientifique du langage, qui constitue la base pour la production et la compréhension (Chomsky, 1965). Elle est idéale et abstraite, représentant ce que les locuteurs savent en théorie.
  • La performance est l'usage concret et observable de cette compétence dans la communication quotidienne, sujet à erreurs, distractions, et influences extérieures.
  • La distinction permet de séparer ce que les locuteurs savent de leur langue de ce qu'ils en font réellement dans la pratique.
  • La compétence linguistique est une connaissance implicite, tandis que la compétence communicative (Gumperz, 1972) inclut aussi la capacité à adapter le langage aux normes sociales et contextuelles.
  • La différence est essentielle pour l’analyse linguistique : le linguistique se concentre sur la compétence, tandis que la sociolinguistique s’intéresse à la performance.

💡 À retenir

La compétence linguistique représente la connaissance idéale et inconsciente d’un locuteur, alors que la performance est l’usage réel, souvent imparfait, de cette connaissance dans la communication quotidienne.

📖 12. Connaissance linguistique (savoir)

🔑 Notions clés & Définitions

  • Phonétique : étude des sons produits par l’appareil vocal, leur production, transmission et réception, indépendamment de leur fonction dans la langue (Wardhaugh & Fuller, 2015).
  • Phonologie : étude des sons en tant qu’unités distinctives dans une langue, leur organisation et leur fonctionnement dans le système linguistique (Wardhaugh & Fuller, 2015).
  • Morphologie : branche de la linguistique qui analyse la structure des mots et la formation des morphèmes, unités minimales de sens ou de fonction (Wardhaugh & Fuller, 2015).
  • Syntaxe : étude de l’organisation des mots en phrases et des règles qui gouvernent leur combinaison (Wardhaugh & Fuller, 2015).
  • Sémantique : étude du sens des mots, des phrases, et des textes, ainsi que des relations entre les significations (Wardhaugh & Fuller, 2015).
  • Pragmatique : étude de l’usage du langage dans le contexte, des actes de langage, et de la signification implicite ou implicature (Paul Grice, 1975).

📝 Points essentiels

  • La phonétique concerne la production et la perception des sons, tandis que la phonologie s’intéresse à leur rôle dans le système linguistique, notamment leur fonction distinctive.
  • La morphologie décompose les mots en morphèmes, permettant d’analyser leur construction et leur signification.
  • La syntaxe organise les mots en structures grammaticales, suivant des règles propres à chaque langue.
  • La sémantique se concentre sur le sens explicite des expressions, alors que la pragmatique s’intéresse à la signification en contexte, notamment à travers les actes de langage et les implicatures (Grice, 1975).
  • La distinction entre grammaire prescriptive (normative, qui impose des règles) et grammaire descriptive (qui décrit l’usage réel des locuteurs) est fondamentale pour comprendre la variation linguistique et l’évolution des langues (Pinker, 2007 ; Labov, 2006).

💡 À retenir

La connaissance linguistique repose sur l’analyse des sons, des structures, du sens et de l’usage du langage, permettant de distinguer ce qui est grammaticalement possible de ce qui est réellement utilisé dans la communication quotidienne.

📊 Tableaux de Synthèse

CritèreLangue humaineCommunication animaleAuteurs clés
StructureDualité de structure, productivitéSignaux simples, sans structure formelleHockett (1960s)
Innée ou acquiseInnée, universelle (Lucy, 2005)Limitée, principalement instinctiveDescartes (cognition animale)
SignesSignes arbitraires et iconiquesSignes principalement non arbitrairesSaussure (signes)
FonctionCommunication, auto-régulation, penséeSurvie, reproductionHockett (1960s)
TransmissionCulturelle, apprentissageInstinctive, peu de transmission culturelleLucy (2005)
CritèreThéorie des actes de langagePouvoir politique du langageAuteurs clés
ConceptDire c’est faire (Austin, 1962)Langage comme outil de domination (Parfitt, 2006)Austin, Parfitt
ActesLocutoire, illocutoire, perlocutoireNoms, décrets, discoursAustin, Parfitt
EffetInfluence, persuasionContrôle social, légitimitéAustin, Parfitt

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre acte locutoire (production linguistique) et acte illocutoire (intention/sociale) lors de l’analyse d’un énoncé.
  2. Assimiler communication animale à un langage structuré, alors qu’il s’agit principalement de signaux non arbitraires.
  3. Confondre innéité de la capacité linguistique (Lucy, 2005) avec l’apprentissage culturel.
  4. Penser que la communication animale possède la productivité ou la displacement, caractéristiques du langage humain.
  5. Confondre signes arbitraires et iconiques, en surestimant la nature arbitraire dans la communication animale.
  6. Croire que la théorie des actes de langage ne concerne que la parole, alors qu’elle s’applique aussi à d’autres formes de communication performative.
  7. Confondre pouvoir politique du langage avec simple manipulation de mots, en oubliant la dimension symbolique et coercitive.

✅ Checklist Examen

  • Connaître la définition de la capacité linguistique humaine selon Lucy (2005).
  • Maîtriser les caractéristiques spécifiques du langage humain : dualité, productivité, displacement, transmission culturelle (Hockett, 1960s).
  • Expliquer la théorie des actes de langage d’Austin (1962) : actes locutoires, illocutoires, perlocutoires.
  • Identifier la force illocutoire et ses exemples (promesse, ordre).
  • Définir le pouvoir politique du langage et donner des exemples, notamment l’œuvre de Parfitt (2006) sur Niyazov.
  • Comprendre comment le langage peut renforcer ou légitimer le pouvoir politique par la nomination ou la propagande.
  • Connaître la différence entre communication animale et langage humain, en insistant sur l’absence de structure formelle chez l’animal (Hockett).
  • Identifier les limites cognitives des animaux en matière de langage.
  • Savoir que la communication animale repose principalement sur des signaux non arbitraires.
  • Maîtriser la distinction entre signe arbitraire et iconique.
  • Connaître la différence entre compétence linguistique (savoir) et performance (utilisation).
  • Être capable d’expliquer la distinction entre compétence linguistique et performance selon Chomsky.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : displacement, productivité, signification, convention.
  • Connaître les principaux auteurs et concepts liés à chaque thème.

Pon a prueba tus conocimientos

Pon a prueba tus conocimientos sobre Les caractéristiques du langage humain con 12 preguntas de opción múltiple con correcciones detalladas.

1. Qu'est-ce que la capacité linguistique humaine ?

2. En quelle année J.L. Austin a-t-il publié sa théorie des actes de langage ?

Realiza el cuestionario →

Repasa con tarjetas de memoria

Memoriza los conceptos clave de Les caractéristiques du langage humain con 24 tarjetas de memoria interactivas.

Capacité linguistique humaine — définition ?

Faculté innée permettant la production et compréhension du langage.

Théorie des actes de langage — principe ?

Dire c’est faire ; un énoncé réalise une action.

Pouvoir politique du langage — rôle ?

Influencer, contrôler ou façonner la société par le langage.

Ver tarjetas de memoria →

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