📋 Plan du Cours
- Polymérisation en chaîne et par étapes
- Phases amorçage propagation terminaison transfert
- Polymérisation radicalaire amorceurs et efficacité
- Polymérisation de l’éthène transferts et terminaison
- Régiosélectivité des monomères vinyliques
- Cinétique de la polymérisation radicalaire
- Polymérisation anionique monomères amorceurs propagation
- Polymères vivants anioniques et vitesse globale
- Polymérisation par étapes polycondensation et polyaddition
- Fonctionnalité des monomères et structure obtenue
- Contrôle des masses molaires et relation de Carothers
- Polymérisation de Ziegler-Natta coordination et sélectivité
📖 1. Polymérisation en chaîne et par étapes
🔑 Notions clés & Définitions
- Polymérisation en chaîne : Réaction de polymérisation où un centre actif initial unique permet l’allongement d’une chaîne macromoléculaire par addition successive sur le monomère M.
- Centre actif : Espèce chimique réactive (radical, anion, cation ou complexe organométallique) qui porte la croissance de la chaîne pendant la polymérisation en chaîne.
- Polymérisation par étapes : Réaction de polymérisation où des molécules polyfonctionnelles réagissent entre elles par couplage d’oligomères de taille croissante.
- Groupes réactifs antagonistes : En polymérisation par étapes, paires de groupes fonctionnels de réactivité opposée qui conditionnent les réactions de couplage entre molécules.
📝 Points essentiels
- La polymérisation en chaîne repose sur un centre actif initial unique noté ∙ qui s’additionne pas à pas sur le monomère M.
- La croissance en chaîne se fait par addition successive, ce qui augmente progressivement la longueur de la chaîne macromoléculaire.
- La polymérisation par étapes progresse par couplage d’oligomères de plus en plus grands plutôt que par croissance continue d’un seul centre actif.
- En polymérisation par étapes, la macromolécule se forme via réactions entre molécules polyfonctionnelles portant des groupes de réactivité antagoniste.
- Les centres actifs en polymérisation en chaîne peuvent être des intermédiaires réactionnels (radical libre, anion, cation) ou des complexes organométalliques.
💡 Astuce mémo
Chaîne = un seul « moteur » (centre actif) qui avance monomère par monomère ; Étapes = plusieurs « briques » qui s’assemblent par couplages successifs.
📖 2. Phases amorçage propagation terminaison transfert
🔑 Notions clés & Définitions
- Polymérisation radicalaire : Polymérisation en chaîne dont le site actif de propagation est un radical libre porté par l’extrémité de la chaîne en croissance.
- Site de propagation radicalaire : Radical libre localisé sur le dernier carbone de la chaîne en croissance, qui réagit avec le monomère pour former un nouveau radical.
- Amorceur radicalaire : Composé peu stable qui se décompose facilement (chauffage ou UV) pour produire des radicaux libres capables d’amorcer la polymérisation.
- Efficacité d’amorçage f : Fraction des radicaux issus de la décomposition de l’amorceur qui amorcent effectivement la polymérisation.
- Transfert de chaîne : Étape qui dévie la croissance en créant une nouvelle chaîne à partir d’un autre centre, ce qui peut conduire à la ramification.
📝 Points essentiels
- La propagation correspond à l’ajout successif d’unités monomères et à la formation d’un nouveau radical en bout de chaîne.
- Les amorceurs se décomposent en radicaux libres sous léger chauffage ou sous l’action de la lumière UV.
- Une partie des radicaux formés est détruite par des réactions secondaires avant d’attaquer le monomère.
- L’efficacité d’amorçage f vérifie typiquement 0.3 < f < 0.8.
- La propagation est mille à dix mille fois plus fréquente que l’amorçage.
- La terminaison détruit les deux radicaux par couplage ou par dismutation, avec i et j variant de 1 à l’infini (pour les deux chaînes).
💡 Astuce mémo
Propagation = ajout monomère + nouveau radical; Terminaison = deux radicaux disparaissent (couplage ou dismutation); Transfert = ramifie en créant une nouvelle chaîne.
📖 3. Polymérisation radicalaire amorceurs et efficacité
🔑 Notions clés & Définitions
- Couplage : Le couplage est un mode de terminaison où deux radicaux se combinent pour former une liaison entre chaînes.
- Dismutation : La dismutation est un mode de terminaison où un transfert d’atome entre deux radicaux conduit à deux espèces radicalaires ou non, selon le cas.
- Transfert de chaîne : Le transfert de chaîne est une réaction où un macroradical interagit avec une chaîne en croissance, créant un nouveau site actif et donc une ramification.
- Régioselectivité tête-queue : La régiosélectivité tête-queue décrit la préférence d’addition d’un monomère vinylique selon l’orientation de la double liaison C=C.
- Vitesse de propagation : La vitesse de propagation est la somme des vitesses des étapes où un radical de chaîne ajoute du monomère, en phase homogène.
📝 Points essentiels
- Deux radicaux peuvent se terminer soit par couplage, soit par dismutation, pour tout i et tout j.
- La proportion relative couplage/dismutation dépend de la nature du monomère.
- Sans transferts, le polymère obtenu serait linéaire car seules les étapes de terminaison ne créent pas de ramification.
- Un transfert peut se produire entre un macroradical et une chaîne en croissance par capture d’un atome dihydrogène.
- La fixation du monomère sur le site actif créé lors du transfert engendre une ramification.
- Les réactions de transfert n’interviennent qu’en fin de réaction (dans le cadre décrit).
💡 Astuce mémo
Couplage = collage de deux radicaux ; Dismutation = échange ; Transfert = ramification tardive (fin de réaction).
📖 4. Polymérisation de l’éthène transferts et terminaison
🔑 Notions clés & Définitions
- Ration totale en radicaux : La somme des contributions de toutes les étapes de propagation donne une expression globale de la vitesse de formation des radicaux actifs.
- Vitesse de propagation : La vitesse de propagation mesure la vitesse à laquelle les radicaux actifs ajoutent des monomères et augmente la longueur des chaînes.
- Vitesse de terminaison : La vitesse de terminaison correspond à la somme des vitesses des étapes qui détruisent les radicaux actifs.
- Approximation de l’état quasi stationnaire : L’AEQS suppose que la concentration totale en radicaux actifs varie très peu, ce qui rend quasi identiques leurs vitesses d’apparition et de disparition.
- Vitesse de polymérisation : La vitesse de polymérisation est définie comme la vitesse de disparition du monomère dans le système.
📝 Points essentiels
- La vitesse de propagation s’écrit comme une somme sur les étapes de propagation, notée sous forme ∑ (Et) dans le bilan global.
- La terminaison est décrite par des constantes de vitesse identiques pour tout couple i,j, et la vitesse totale de terminaison est la somme des vitesses des étapes de terminaison.
- En phase homogène (volume constant), la vitesse de polymérisation se relie au bilan des radicaux et au monomère via l’AEQS.
- L’AEQS appliquée à l’ensemble des radicaux revient à considérer la concentration totale en radicaux quasi constante, donc vitesses d’apparition et de disparition quasi égales.
- La décomposition de l’amorceur s’écrit avec une efficacité f, et l’AEQS conduit à une relation où la vitesse de polymérisation dépend de [M] et de la racine de la vitesse d’amorçage.
- Sous l’hypothèse des chaînes longues, la vitesse d’amorçage est négligeable devant la vitesse de propagation, ce qui simplifie la loi de vitesse obtenue.
💡 Astuce mémo
AEQS = radicaux “stables” : apparition ≈ disparition, donc la vitesse de polymérisation suit le monomère et la racine de l’amorçage.
📖 5. Régiosélectivité des monomères vinyliques
🔑 Notions clés & Définitions
- Addition nucléophile : Réaction où un nucléophile anionique attaque le monomère et crée un nouveau site anionique capable de poursuivre la croissance.
- Monomères éthyléniques attracteurs : Monomères éthyléniques portant des groupes attracteurs qui favorisent la formation de l’anion le plus stable lors de l’attaque nucléophile.
- Stabilisation par mésomérie : Mécanisme de stabilisation d’un anion par délocalisation électronique, qui oriente la régiosélectivité vers l’espèce la plus stable.
- Hydrogènes mobiles : Hydrogènes capables de protoner les anions formés, ce qui empêche la croissance de chaîne en voie anionique.
- Amorceur bi-fonctionnel : Amorceur capable de générer deux extrémités actives, permettant une polymérisation à deux sites simultanés.
📝 Points essentiels
- La polymérisation anionique exige des monomères attaquables par un nucléophile anionique, sinon la réaction ne démarre pas.
- Pour les monomères éthyléniques substitués par des groupes attracteurs, l’addition est régiosélective et forme l’anion le plus stable par mésomérie.
- Les diènes et polyènes conjugués peuvent aussi être polymérisés par voie anionique, comme le styrène.
- Les monomères ne doivent pas contenir d’hydrogènes mobiles susceptibles de protoner les anions et de bloquer la croissance.
- Les amorceurs nucléophiles réagissent directement sur le monomère, par exemple butyllithium dans le THF ou amidure de sodium (ou potassium) dans l’ammoniac liquide.
- Le naphtalène-sodium dans le THF amorce par transfert d’électrons : le sodium réduit le naphtalène en radical anion, puis la polymérisation peut se faire aux deux extrémités du dianion (amorceur bi-fonctionnel).
💡 Astuce mémo
Attracteur + mésomérie → anion le plus stable → bon bout qui pousse (sinon H mobile protonne et stoppe).
📖 6. Cinétique de la polymérisation radicalaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Polymères vivants : Des macromolécules dont l’extrémité active reste réactive, permettant de relancer la croissance après consommation initiale du monomère.
- Amorçage instantané : Hypothèse cinétique où tous les centres actifs sont formés dès les premiers instants, rendant leur concentration constante au cours du temps.
- Transfert de chaîne : Réaction où un solvant peut transférer l’activité d’un macroanion vers un nouvel amorceur, désactivant la chaîne en cours.
- Solvant aprotique : Solvant qui ne permet pas de transfert d’activité sur le site anionique d’un macroanion, ce qui favorise l’absence de transfert.
📝 Points essentiels
- En polymérisation vivante, l’absence de terminaison et de transfert fait croître les chaînes jusqu’à consommation totale du monomère.
- L’extrémité anionique demeure réactive, donc l’ajout de monomère peut relancer la polymérisation.
- L’amorçage est généralement plus rapide que la propagation, ce qui justifie l’hypothèse d’amorçage instantané.
- Avec amorçage instantané, la concentration en centres actifs reste constante au cours du temps.
- La vitesse globale s’écrit comme une somme sur les contributions des centres actifs, puis se regroupe en une constante apparente de vitesse multipliant la concentration en monomère.
- La vitesse est d’ordre 1 par rapport au monomère M (dans le cadre considéré).
💡 Astuce mémo
Vivants = pas de terminaison ni transfert : l’extrémité active reste prête, donc on peut “redémarrer” en ajoutant du monomère.
📖 7. Polymérisation anionique monomères amorceurs propagation
🔑 Notions clés & Définitions
- Polymérisation vivante : Polymérisation où les réactions de transfert et de terminaison sont négligeables, ce qui permet de conserver des centres actifs pendant la croissance.
- Centre actif : Site réactionnel créé par l’amorceur qui propage la chaîne en réagissant avec les monomères successivement.
- Amorceur monofonctionnel : Amorceur qui ne crée qu’un seul centre actif par molécule, ce qui simplifie le contrôle de la longueur des chaînes.
- Propagation anionique : Étape de croissance où l’espèce anionique issue de l’amorçage réagit avec le monomère pour allonger la chaîne.
- Polydispersité I : Indice de dispersion de masses molaires, utilisé pour quantifier la largeur de la distribution des longueurs de chaînes.
📝 Points essentiels
- Le nombre de centres actifs est égal à la quantité d’amorceur, ce qui relie directement amorçage et nombre de chaînes formées.
- En polymérisation vivante, on suppose transfert et terminaison négligeables, donc la croissance dépend surtout des quantités et de la conversion.
- Le contrôle en polymérisation anionique se fait en ajustant les quantités d’amorceur et de monomères ainsi que le taux de conversion du monomère.
- Avec un amorceur monofonctionnel, le contrôle de la structure est facilité car chaque amorceur correspond à une chaîne.
- Comparaison : en radicalaire, la terminaison existe en permanence et le contrôle est plus complexe, alors qu’en anionique en solvant aprotique la terminaison est quasi inexistante.
- Polydispersité : I ≥ 1.5 pour une distribution large (radicalaire), alors que I ≤ 1.5 permet des polymères quasi isomoléculaires (≈1.02 à 1.05).
💡 Astuce mémo
Vivante + monofonctionnel ⇒ centres actifs = amorceur ⇒ contrôle par (amorceur, monomères, conversion).
📖 8. Polymères vivants anioniques et vitesse globale
🔑 Notions clés & Définitions
- Polymérisation par étapes : La polymérisation par étapes regroupe des réactions successives entre monomères et oligomères, où la chaîne grandit progressivement.
- Polycondensation : La polycondensation est une polymérisation par étapes où la croissance s’accompagne généralement de l’élimination d’une petite molécule.
- Polyaddition : La polyaddition est une polymérisation par étapes par addition de fonctions réactives, sans élimination de petite molécule.
- Polymère vivant : Un polymère vivant est un polymère dont les extrémités restent réactives, permettant la poursuite de la croissance après la réaction initiale.
- Vitesse globale : La vitesse globale de polymérisation dépend de la fréquence des réactions entre espèces réactives (monomères et oligomères) au cours du temps.
📝 Points essentiels
- En polymérisation par étapes, la croissance suit une réaction générale du type x mères + y mères → (x + y) mères.
- En polycondensation, la formation d’un nouveau lien s’accompagne typiquement de l’élimination d’une petite molécule (exemple : eau lors de la formation d’un ester).
- Pour le PET, la condensation entre un groupe carboxyle d’un diacide et un groupe hydroxyle d’un diol forme des liaisons ester avec élimination d’eau.
- Industriellement, le PET peut être obtenu par transestérification entre l’ester méthylique de l’acide téréphtalique et le glycol.
- Le PET est un polymère linéaire, thermoplastique, semi-cristallin, avec Tg = 50 °C et Tfus = 260 °C.
- Les polyesters issus de diacide AA et diol BB (ou acide-alcool AB) conservent des groupes carboxyle et/ou hydroxyle aux extrémités, ce qui correspond à un polymère vivant.
💡 Astuce mémo
Étapes = “addition de briques” : polycondensation = lien + petite molécule (souvent H2O), polyaddition = lien sans élimination.
📖 9. Polymérisation par étapes polycondensation et polyaddition
🔑 Notions clés & Définitions
- Polycondensation : Réaction de polymérisation par étapes où deux fonctions réagissent en formant une liaison tout en éliminant une petite molécule.
- Polyaddition : Réaction de polymérisation par étapes où des fonctions réagissent par addition sans élimination de petite molécule.
- Polyuréthane : Polymère obtenu par polyaddition à partir d’un diol et d’un diisocyanate, via la réaction des fonctions correspondantes.
- Fonctionnalité d’un monomère : Nombre de sites réactifs d’un monomère, c’est-à-dire le nombre de liaisons qu’il peut former avec d’autres molécules de monomère.
- Fonctionnalité moyenne : Valeur moyenne de fonctionnalité calculée à partir des quantités de monomères présents dans le mélange.
📝 Points essentiels
- En polyaddition, la réaction se fait par addition successive sans élimination d’une petite molécule.
- Le groupe isocyanate est noté –N=C=O et réagit avec un diol pour former un polyuréthane.
- Exemple de polyaddition : éthane-1,2-diol + TDI (toluène-2,4-diisocyanate) donnent un polyuréthane.
- Si la fonctionnalité moyenne du mélange est 2, la polymérisation conduit à des polymères linéaires thermoplastiques, fusibles et solubles.
- Si la fonctionnalité moyenne est >2, la structure devient d’abord ramifiée puis réticulée, formant un réseau tridimensionnel infini.
- Chaque monomère de fonctionnalité supérieure à 2 crée des points de réticulation chimiques reliant plusieurs chaînes entre elles.
💡 Astuce mémo
Polyaddition = Addition sans perte (pas de petite molécule) ; Polycondensation = Condensation avec perte.
📖 10. Fonctionnalité des monomères et structure obtenue
🔑 Notions clés & Définitions
- Polymérisation par étapes : Approche de polymérisation où l’avancement dépend d’abord de la consommation des groupes fonctionnels, pas de la seule nature des monomères.
- Fonctionnalité A-B : Cas de polymérisation par étapes où les monomères portent un groupe A et un groupe B, permettant une croissance par couplage A–B.
- Fonctionnalité A-A et B-B : Cas de polymérisation par étapes où l’on mélange des monomères ne portant que A (A-A) avec des monomères ne portant que B (B-B).
- Rapport stœchiométrique r : Paramètre (≤1) qui compare la quantité de monomère en défaut à la quantité de l’autre, et fixe le déséquilibre initial A vs B.
- Relation de Carothers : Relation reliant la conversion p au degré de polymérisation moyen, montrant que des masses élevées exigent une conversion proche de 1.
📝 Points essentiels
- En polymérisation par étapes, le suivi se fait sur les groupes fonctionnels présents dans le mélange à l’instant t.
- Pour une polymérisation A-B + A-B, le degré d’avancement s’exprime via le nombre de groupes fonctionnels consommés entre t=0 et t.
- Pour A-B + A-B, le degré de polymérisation moyen vérifie une relation du type D̅ = 1 − (1/… ) avec une écriture finale en fonction de la conversion p.
- Pour une polymérisation A-A + B-B, le rapport stœchiométrique r correspond au monomère en défaut (r ≤ 1) et vaut r=1 si le mélange est stœchiométrique.
- À t=0, chaque monomère A-A ou B-B porte 2 groupes fonctionnels, donc le nombre total initial de groupes A et B est le double du nombre de monomères.
- À tout instant t, chaque chaîne possède 2 extrémités (A ou B), donc le nombre total de groupes A et B présents est le double du nombre de chaînes présentes à t.
💡 Astuce mémo
Groupes d’abord : en étapes, compte A et B comme des “bouts” de chaînes ; plus p approche 1, plus D̅ explose (Carothers).
📖 11. Contrôle des masses molaires et relation de Carothers
🔑 Notions clés & Définitions
- Polycondensation : Réaction de polymérisation où des monomères bifonctionnels s’assemblent en libérant une petite molécule, avec une conversion p qui contrôle la longueur des chaînes.
- Conversion p : Paramètre de polycondensation représentant la fraction de groupes réactifs consommés, qui conditionne directement la masse molaire moyenne obtenue.
- Stœchiométrie r : Rapport entre quantités de réactifs dans une polycondensation non stœchiométrique, qui fixe le réactif limitant et donc la longueur des chaînes.
- Relation de Carothers : Formule reliant la masse molaire (via la longueur de chaîne) à la conversion p et à la stœchiométrie, montrant que la masse élevée exige p proche de 1 et r proche de 1.
- Polycondensats : Polymères issus de polycondensation, dont la masse moléculaire élevée n’apparaît qu’aux conversions élevées quand presque tous les groupes réactifs sont consommés.
📝 Points essentiels
- En polycondensation, des masses molaires élevées ne sont atteintes que pour des conversions p très proches de 1, car il faut consommer presque tous les groupes réactifs.
- Pour viser une masse molaire moyenne notée X=20, il faut une conversion p≈0,95 (conversion élevée).
- Pour X=50, il faut p≈0,98, ce qui illustre la forte sensibilité de la masse à p.
- Pour X=200, il faut p≈0,995, montrant que l’obtention de très grandes chaînes exige une conversion extrêmement proche de 1.
- En polymérisation en chaîne, des macromolécules de masse élevée se forment dès le début (X>1000), contrairement à la polycondensation où il faut attendre des p élevés.
- En mélange non stœchiométrique (r<1), si le réactif pris en défaut réagit totalement, la conversion effective est limitée et la relation de Carothers dépend fortement de r.
💡 Astuce mémo
Carothers = « p doit être presque 1, sinon la chaîne s’arrête » ; en plus, si r=1, le réactif limitant coupe la longueur.
📖 12. Polymérisation de Ziegler-Natta coordination et sélectivité
🔑 Notions clés & Définitions
- Coordination = activation : La coordination d’un monomère sur un métal de transition augmente sa réactivité en affaiblissant les liaisons du monomère et en facilitant l’addition sur la double liaison.
- Coordination = sélectivité : La coordination sur le métal fige les positions relatives monomère/chaîne en croissance, ce qui rend la propagation plus sélective que les polymérisations radicalaire ou anionique.
- Catalyseurs Ziegler-Natta : Les catalyseurs Ziegler-Natta sont des systèmes à base de métaux de transition qui activent la polymérisation des α-oléfines via des interactions de coordination.
- Polymère isotactique : Un polymère isotactique présente des substituants (méthyle ou phényle) orientés majoritairement du même côté de la chaîne.
- Polymère syndiotactique : Un polymère syndiotactique alterne l’orientation des substituants (méthyle ou phényle) de part et d’autre de la chaîne.
📝 Points essentiels
- En catalyse, une coordination de l’éthylène sur le métal affaiblit la double liaison et augmente la réactivité du monomère.
- La liaison métal–carbone est aussi affaiblie, ce qui permet au fragment alkyle de s’additionner sur la double liaison activée.
- La polymérisation catalytique de l’éthylène peut se faire à pression atmosphérique grâce à l’activation par coordination.
- Pour une α-oléfine (propylène, styrène), la coordination fige les positions relatives monomère/fragment alkyle, renforcée par la présence d’autres ligands sur le métal.
- La propagation devient plus sélective en catalyse : régiosélective avec moins de défauts, et potentiellement stéréosélective (isotactique ou syndiotactique).
- En polymérisation radicalaire ou anionique, les positions relatives sont plus libres, ce qui conduit à un polymère atactique (orientation non contrôlée).
💡 Astuce mémo
Coordination = activation puis coordination = sélectivité : le métal “déverrouille” la double liaison et “verrouille” l’orientation.
📊 Tableaux de synthèse
Comparaison radicalaire vs anionique vs étapes
| Aspect | Radicalaire | Anionique / par étapes |
|---|
| Centre actif | Radical libre | Anion (anionique) ; par étapes : couplage d’oligomères via fonctions réactives |
| Amorçage | Continu (modèle cinétique simplifié) | Instantané (anionique, amorçage instantané) ; par étapes : chauffage/catalyse |
| Terminaison | En permanence | Quasi-inexistante en solvant aprotique (anionique, polymères vivants) ; par étapes : pas de terminaison au sens radicalaire |
| Ramification | Oui via transferts | Anionique : ramification/structure contrôlée par transfert/conditions ; par étapes : ramification/réticulation via fonctionnalité moyenne |
| Polydispersité I | Large (I ≥ 1.5) | Étroit (I ≤ 1.5) pour anionique ; par étapes : dépend de la fonctionnalité et de la conversion |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre polymérisation en chaîne (un centre actif unique qui avance pas à pas) et polymérisation par étapes (couplage d’oligomères de tailles croissantes).
- Croire que la terminaison en radicalaire crée une ramification : la ramification vient des transferts, et les transferts sont décrits comme intervenant en fin de réaction.
- Mélanger efficacité d’amorçage f et vitesse d’amorçage : f est la fraction de radicaux qui amorcent effectivement, typiquement 0.3 < f < 0.8.
- Penser que la régiosélectivité tête-queue dépend du hasard : elle est liée à l’addition sur le carbone le moins encombré (contrôle stérique) et se retrouve à la propagation.
- Oublier que la polymérisation anionique exige des monomères attaquables par un nucléophile anionique et l’absence d’hydrogènes mobiles susceptibles de protoner les anions.
- Croire que les polymères vivants anioniques ont terminaison : au contraire, en absence de terminaison et de transfert, les chaînes croissent jusqu’à consommation totale du monomère.
- Se tromper sur la polycondensation : elle implique élimination d’une petite molécule (ex. H2O), alors que la polyaddition se fait sans élimination.
✅ Checklist Examen
- Distinguer clairement polymérisation en chaîne et polymérisation par étapes, en citant le rôle du centre actif et le couplage d’oligomères.
- Lister les 4 phases d’une polymérisation en chaîne (amorcage, propagation, terminaison, transfert) et préciser ce que fait chaque phase.
- En radicalaire, définir le site de propagation radicalaire (radical libre sur le dernier carbone) et donner les modes de terminaison (couplage ou dismutation).
- Donner au moins 2 exemples d’amorceurs radicalaires cités (peroxyde de benzoyle, AIBN, ion peroxodisulfate) et relier f à l’efficacité d’amorçage (0.3 < f < 0.8).
- Énoncer la hiérarchie des fréquences en radicalaire : propagation mille à dix mille fois plus fréquente que l’amorçage.
- Expliquer pourquoi, sans transferts, le PE serait linéaire et décrire le mécanisme de ramification par transfert (capture d’un atome dihydrogène puis fixation du monomère).
- Décrire la régiosélectivité d’un monomère vinylique CH2=CH-Z : tête/queue, contrôle stérique à l’amorçage et conservation à la propagation (enchainements tête à queue).
- Retrouver la loi de vitesse radicalaire en phase homogène via l’AEQS : relier vitesse de polymérisation à la disparition du monomère et rappeler l’ordre partiel 1 en monomère (dans le cadre simplifié).
- Pour la polymérisation anionique, préciser la condition de démarrage (monomères attaquables par un nucléophile anionique) et les monomères concernés (groupes attracteurs ; diènes/polyènes conjugués).
- Citer les amorceurs anioniques donnés (butyllithium dans le THF ; amidure de sodium/potassium dans NH3 liquide ; alcoolate de sodium/potassium ; naphtalène-sodium dans le THF) et le caractère bi-fonctionnel du dianion.
- Expliquer l’absence de terminaison en anionique (macroanions ne réagissent pas entre eux) et conclure sur le concept de polymères vivants (extrémité anionique réactive, relance possible).
- En polymérisation par étapes, distinguer polycondensation et polyaddition (élimination d’une petite molécule vs absence d’élimination) et relier la structure finale à la fonctionnalité moyenne (linéaire si f̅=2 ; ramifié
- réticulé si f̅>2).
- Utiliser la relation de Carothers pour relier conversion p et degré de polymérisation moyen, en rappelant les ordres de grandeur donnés (p≈0.95 pour X̅=20 ; p≈0.98 pour X̅=50 ; p≈0.995 pour X̅=200).
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