📋 Plan du Cours
- Définition du conflit et échelle de conflictualité
- Conflits armés et conflictualités contemporaines diffuses
- Conflits interétatiques gelés et conflits internes asymétriques
- Guerre de Trente Ans : clivage religieux et rivalités politiques
- Négociations de Westphalie et diplomatie moderne
- Conflit israélo-arabe et traités de paix
- Question palestinienne et radicalisation du mouvement
- Évolution des mémoires et débats sur la responsabilité
- Justice transitionnelle et réconciliation après les violences
- Mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes
- Lieux de mémoire et reconnaissance progressive des crimes
- Politique forestière française et gestion publique des forêts
📖 1. Définition du conflit et échelle de conflictualité
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit : Un conflit est une opposition entre deux ou plusieurs acteurs, née quand un comportement est perçu comme contraire aux intérêts d’autrui.
- Conflictualité : La conflictualité désigne le degré d’intensité d’un affrontement entre acteurs, du désaccord jusqu’à la violence maximale.
- Conflit armé : Un conflit armé correspond à la guerre, c’est-à-dire une forme de conflit centrée sur l’affrontement violent organisé.
- Rivalité : La rivalité est une forme de conflit où les acteurs s’opposent surtout par la compétition plutôt que par l’affrontement direct.
- Tension : La tension est une forme de conflit où l’opposition reste latente et peut évoluer vers l’hostilité ou l’affrontement.
📝 Points essentiels
- Le mot conflit vient du latin conflictus, lié à l’idée de choc, affrontement ou lutte.
- Un conflit apparaît quand un individu ou un groupe adopte un comportement jugé contraire aux intérêts d’un autre acteur.
- L’antagonisme peut se manifester par rivalité, tension, hostilité ou affrontement armé.
- L’échelle de conflictualité va du simple désaccord à la guerre ouverte, avec des degrés intermédiaires de violence.
- Dans ce thème, « conflit » est surtout restreint au conflit armé, mais l’étude inclut aussi des conflictualités contemporaines diffuses pouvant produire de la violence sans guerre classique.
- Les conflits contemporains peuvent être plus nombreux, plus complexes et moins faciles à classer, ce qui pose la question d’un « retour » de la guerre ou d’une transformation de ses formes.
💡 Astuce mémo
Échelle = Désaccord → Rivalité → Tension → Hostilité → Guerre (du latent au létal).
📖 2. Conflits armés et conflictualités contemporaines diffuses
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre irrégulière : Conflit contemporain mené par des combattants non officiels, sans armée régulière financée par un État, et donc hors des cadres classiques du droit de la guerre.
- Guérilla : Tactique de guerre irrégulière fondée sur des actions mobiles comme l’embuscade et le harcèlement, souvent utilisée par des forces en infériorité.
- Terrorisme : Forme de violence ciblée visant à produire la peur dans la population afin d’exercer une pression politique sur un État.
- Al-Qaïda : Réseau islamiste fondé en 1987, revendiquant un djihad contre les puissances occidentales et revendiquant des attentats à portée mondiale.
- Daech : Acronyme d’État islamique en Irak et au Levant, organisation djihadiste sunnite issue d’al-Qaïda, fondée en 2013 et cherchant à instaurer un État au Proche-Orient.
📝 Points essentiels
- La modernisation des armements au XXᵉ siècle transforme la guerre en guerre de position avec tranchées et no man’s land, augmentant fortement les pertes humaines.
- La Seconde Guerre mondiale brouille la frontière entre front et arrière via des bombardements de masse, illustrés par le Blitz (1941), Dresde (février 1945) et Hiroshima (août 1945).
- La fin de la guerre froide et la multiplication des conflits intra-étatiques conduisent certains analystes à contester la pertinence des concepts clausewitziens face aux guerres irrégulières du XXIᵉ siècle.
- La guerre irrégulière se caractérise par l’absence de règles suivies comme dans les guerres classiques et par l’usage de tactiques flexibles, notamment la guérilla.
- Le terrorisme accompagne souvent la guérilla en visant des attentats ou des exécutions ciblées pour créer la peur et peser sur un État.
- Al-Qaïda revendique les attentats du 11 septembre 2001 et justifie ses actions par l’idée d’un djihad contre les puissances occidentales intervenant dans les affaires des États musulmans.
💡 Astuce mémo
Guérilla = embuscades; Terrorisme = peur; Al-Qaïda = réseau mondial; Daech = État territorial.
📖 3. Conflits interétatiques gelés et conflits internes asymétriques
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit de veto à l’ONU : Le droit de veto est la capacité d’un membre permanent du Conseil de sécurité de bloquer une résolution en s’y opposant seul.
- Politique de la chaise vide : La politique de la chaise vide est une forme de protestation diplomatique où un État refuse de siéger pour empêcher ou contester des décisions.
- Casques bleus : Les casques bleus sont des forces fournies par des États membres de l’ONU pour observer ou interposer des moyens lors de missions de maintien de la paix.
- Guerre de Corée : La guerre de Corée est un conflit (1950-1953) où l’ONU obtient une intervention malgré le contexte de guerre froide.
- Conflits interethniques : Les conflits interethniques sont des affrontements entre groupes définis par l’appartenance ethnique, souvent liés à des discriminations et à des violences de masse.
📝 Points essentiels
- La SDN échoue à enrayer les violations du droit international, ce qui conduit à la Seconde Guerre mondiale.
- L’ONU est fondée en 1945 avec un Conseil de sécurité doté de cinq membres permanents et du droit de veto.
- Les résolutions du Conseil de sécurité peuvent être contraignantes et inclure sanctions économiques ou déploiement de forces de maintien de la paix.
- Pendant la guerre froide, les rivalités entre blocs paralysent souvent le Conseil de sécurité par l’usage du veto.
- Seule la guerre de Corée (1950-1953) constitue une exception notable : l’URSS pratique la chaise vide et les États-Unis obtiennent une intervention sous mandat onusien.
- Après 1991, la fin de la guerre froide permet à l’ONU de retrouver un rôle plus proche de l’objectif initial de sécurité collective, mais les conflits changent de nature.
💡 Astuce mémo
Veto = blocage ; Chaise vide = contournement ; Casques bleus = action sur le terrain ; Corée = exception ; Après 1991, l’ONU affronte surtout des conflits internes et interethniques.
📖 4. Guerre de Trente Ans : clivage religieux et rivalités politiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Traité de paix israélo-égyptien de 1979 : Traité de paix conclu entre Israël et l’Égypte qui met fin aux guerres interétatiques israélo-égyptiennes.
- Naqba : Catastrophe nationale palestinienne désignant l’exode massif des Palestiniens lors de la guerre de 1948.
- Organisation de Libération de la Palestine : Organisation créée pour porter la lutte palestinienne contre Israël, d’abord orientée vers la lutte armée.
- Septembre noir : Événement de 1970 au cours duquel le roi Hussein chasse l’OLP de Jordanie pour apaiser les tensions avec Israël.
- Intifada : Soulèvement palestinien déclenché en 1987 puis en 2000, dirigé contre l’occupation israélienne.
📝 Points essentiels
- La visite de Sadate à la Knesset en novembre 1977 précède le traité de paix israélo-égyptien de 1979, négocié avec l’aide des États-Unis et de Jimmy Carter.
- Le traité de 1979 provoque une rupture diplomatique avec plusieurs pays arabes tout en mettant fin aux guerres interétatiques israélo-égyptiennes.
- Après 1991, le conflit israélo-arabe se déplace surtout vers le conflit israélo-palestinien, en centrant les relations sur les mouvements palestiniens plutôt que sur les États voisins.
- En 1948, la guerre israélo-arabe produit une indépendance pour les Juifs et une catastrophe nationale pour les Arabes, appelée Naqba, avec un exode massif des Palestiniens.
- La loi du retour (juillet 1950) garantit à tout Juif le droit de s’installer en Israël, renforçant le sentiment arabe d’être colonisé et marginalisé.
- La création de l’OLP s’inscrit dans une logique de résistance, avec un choix de lutte armée contre Israël.
💡 Astuce mémo
1979 = Sadate → Knesset → paix, mais rupture arabe ; 1948 = Naqba = exode massif.
📖 5. Négociations de Westphalie et diplomatie moderne
🔑 Notions clés & Définitions
- Procès d’Adolf Eichmann : Procès tenu à Jérusalem en 1961 qui met en lumière le processus d’extermination et marque un tournant mondial dans la reconnaissance publique du génocide.
- Imprescriptibilité des crimes contre l’humanité : Principe juridique qui permet de juger des crimes contre l’humanité même longtemps après les faits, car le délai de prescription ne s’applique pas.
- Charte de Nuremberg : Document annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 qui fonde la mise en place du Tribunal militaire international de Nuremberg et encadre sa juridiction.
- Procès de Klaus Barbie : Procès français de 1987 visant Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo à Lyon, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
- Procès de Maurice Papon : Procès français de 1998 qui reconnaît la culpabilité de Maurice Papon pour sa participation à la déportation de Juifs en Gironde.
📝 Points essentiels
- Le procès Eichmann (1961) est un tournant car il bénéficie de nombreux témoignages de survivants et a un retentissement mondial.
- La loi française du 26 décembre 1964 reconnaît explicitement l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité en l’intégrant au droit national en référence à la charte de Nuremberg.
- Après cette évolution juridique, des procès peuvent être menés plusieurs décennies après les faits, comme ceux de Klaus Barbie (1987), Paul Touvier (1994) et Maurice Papon (1998).
- Le procès de Klaus Barbie aboutit à une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité après son extradition de Bolivie en 1983.
- Dans le débat sur le rôle des historiens au procès Papon (1997), Robert Paxton accepte de témoigner tandis qu’Henry Rousso refuse en distinguant histoire et témoignage juridique.
- Les procès tardifs montrent que la justice peut intervenir très longtemps après les événements, avec une place croissante des historiens dans l’espace public.
💡 Astuce mémo
Eichmann 1961 → loi 1964 → procès tardifs : « plus le temps passe, plus la justice s’active ».
📖 6. Conflit israélo-arabe et traités de paix
🔑 Notions clés & Définitions
- Guy Mollet : Guy Mollet : chef du gouvernement français qui annonce une politique fondée sur le cessez-le-feu et l’ouverture de négociations en Algérie.
- FLN : FLN : mouvement indépendantiste algérien créé pour mener la lutte armée et exercer le pouvoir après l’indépendance.
- GPRA : GPRA : Gouvernement provisoire de la République algérienne, formé en 1958 pour représenter le FLN dans les négociations.
- OAS : OAS : organisation créée en 1961 pour empêcher l’indépendance de l’Algérie française, par des actions violentes et des attentats.
- Accords d’Évian : Accords d’Évian : accords signés le 12 mars 1962 qui prévoient l’indépendance de l’Algérie, y compris le Sahara.
📝 Points essentiels
- Guy Mollet lance une politique de cessez-le-feu et de négociations, mais intensifie ensuite l’action militaire en Algérie pour renforcer la « pacification ».
- Le FLN mène attentats et guérilla, tandis que l’armée française multiplie arrestations, répression et torture, notamment lors de la bataille d’Alger en 1957.
- Le 13 mai 1958, une insurrection éclate à Alger avec l’appui de responsables militaires et menace un coup de force en métropole si de Gaulle ne revient pas.
- De Gaulle s’oriente vers l’autodétermination et engage des négociations avec le FLN, devenu en 1958 le GPRA, sous pression internationale notamment de l’ONU.
- La semaine des barricades en janvier 1960 et le putsch des généraux d’avril 1961 freinent le processus, menant à la création de l’OAS.
- L’attentat du Petit-Clamart en 1962 illustre la volonté de l’OAS de viser de Gaulle, malgré les négociations en cours avec le FLN/GPRA.
💡 Astuce mémo
Cessez-le-feu puis « pacification » : Mollet → violence ; barricades puis putsch : crise → OAS ; Évian : indépendance le 12 mars 1962.
📖 7. Question palestinienne et radicalisation du mouvement
🔑 Notions clés & Définitions
- Justice transitionnelle : La justice transitionnelle désigne des mécanismes judiciaires ou non mis en place après des violences de masse pour restaurer l’État de droit, rétablir la paix et accompagner la transition politique.
- Impunite : L’impunite correspond à l’absence de sanctions pour les responsables de crimes, ce qui alimente la répétition des violences.
- Competence universelle : La competence universelle permet à un État de juger, dans ses propres tribunaux, des personnes étrangères pour des crimes internationaux commis à l’étranger.
- Tribunal penal international pour l’ex-Yougoslavie : Le TPIY est une juridiction internationale créée par l’ONU pour poursuivre et juger des responsables de crimes commis en ex-Yougoslavie.
- Tribunal penal international pour le Rwanda : Le TPIR est une juridiction internationale créée par l’ONU pour juger des responsables du génocide des Tutsis au Rwanda.
📝 Points essentiels
- Le temps retarde souvent les procès car les faits sont jugés plusieurs décennies après, ce qui réduit le nombre de témoins et renforce le rôle des historiens.
- Le TPIY a été le premier tribunal international à recourir à des historiens comme témoins experts, dont James Gow sollicité par le procureur.
- La justice transitionnelle vise aussi à éviter le chaos après la fin d’un régime violent, car les victimes peuvent chercher à se venger et relancer une spirale de violences.
- En Argentine, une commission sur les disparitions forcées établit les faits et identifie les victimes sans juger, puis des procès peuvent suivre malgré des lois d’amnistie.
- En Afrique du Sud, la Commission Vérité et Réconciliation accorde une amnistie si les responsables reconnaissent publiquement leurs actes et témoignent devant les victimes.
- Quand l’action nationale est jugée insuffisante, l’ONU peut créer des juridictions internationales pour lutter contre l’impunité, comme en ex-Yougoslavie et au Rwanda.
💡 Astuce mémo
Temps erode les preuves e: historiens + contexte pour juger; justice transitionnelle = paix + reconstruction; impunite = moteur de violences; competence universelle = juger même loin du lieu du crime.
📖 8. Évolution des mémoires et débats sur la responsabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Grand silence : Période d’après-guerre où la parole des survivants reste peu présente dans l’espace public, ce qui freine la reconnaissance du génocide.
- TPIY : Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie chargé de juger les responsables de crimes commis lors des conflits des années 1990 dans les Balkans.
- Purification ethnique : Politique de déplacements forcés visant à rendre un territoire culturellement plus homogène, par destruction et terreur.
- Gacaca : Cour de justice villageoise rwandaise mise en place entre 2002 et 2012 pour juger des acteurs locaux du génocide de 1994 contre les Tutsi.
- Devoir de mémoire : Ensemble de politiques publiques et d’actions éducatives visant à transmettre durablement la mémoire des génocides et à lutter contre l’oubli.
📝 Points essentiels
- La justice après les crimes de masse sert aussi à permettre le travail de deuil et la reconstruction sociale et mémorielle, pas seulement à sanctionner les coupables.
- Le TPIY est créé pour juger les responsables des crimes commis lors de l’éclatement de la Yougoslavie, en s’appuyant sur des catégories comme crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide.
- Le TPIY s’organise hors de la zone de conflit pour éviter un risque de déni de justice ou de reprise des violences sur place.
- Le procès de Karadžić illustre une responsabilité politique et non ethnique : les accusés sont jugés comme ordonnateurs d’actes contre des civils.
- Le cas de Srebrenica montre que des victimes peuvent être tuées malgré une protection onusienne, et que la responsabilité peut être établie par le lien politique et l’autorité supposée.
- La comparaison ex-Yougoslavie/Rwanda oppose une justice internationale centrée sur des responsables majeurs et des gacaca fondées sur la justice de proximité et la réconciliation locale.
💡 Astuce mémo
Grand silence = « peu de voix » après 1945 ; TPIY = « juger loin du front » ; gacaca = « juger au village ».
📖 9. Justice transitionnelle et réconciliation après les violences
🔑 Notions clés & Définitions
- Accords de Potsdam : Accords signés en août 1945 qui fixent les grandes orientations de l’avenir de l’Allemagne vaincue autour des « 4 D ».
- Procès de Nuremberg : Procès tenus de novembre 1945 à octobre 1946 qui jugent les principaux dirigeants nazis devant un tribunal international.
- Chasseurs de nazis : Personnes et organisations qui traquent des criminels nazis ayant échappé à la justice en fuyant à l’étranger.
- Banalité du mal : Notion formulée par Hannah Arendt pour expliquer comment un individu ordinaire peut participer à un système criminel.
- Imprescriptibilité des crimes contre l’humanité : Principe juridique qui permet de poursuivre certains crimes sans limite de temps, même longtemps après les faits.
📝 Points essentiels
- En 1945, l’Allemagne vaincue est occupée par les Alliés et divisée en quatre zones, perdant toute souveraineté politique.
- Les « 4 D » des accords de Potsdam visent la démilitarisation, la décartellisation, la dénazification et la démocratisation via des élections libres.
- Les procès de Nuremberg (novembre 1945-octobre 1946) jugent 22 accusés et introduisent des accusations inédites, dont les crimes contre l’humanité.
- Dans les procès militaires en zones d’occupation, la spécificité du génocide est souvent moins mise en avant et les condamnations portent surtout sur des crimes contre des civils.
- À partir des années 1960, une nouvelle génération relance l’interrogation du passé, notamment avec les procès d’Auschwitz à Francfort (1963-1965).
- Le procès d’Eichmann (Jérusalem, 1961) est très médiatisé et contribue à faire reconnaître la spécificité du génocide des Juifs, tout en renforçant l’idée de responsabilité individuelle.
💡 Astuce mémo
Potsdam = 4D (Démilitariser, Décartelliser, Dénazifier, Démocratiser).
📖 10. Mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes
🔑 Notions clés & Définitions
- Ordonnance de 1669 : Ordonnance royale encadrant l’usage des eaux et des forêts avec une logique utilitariste au service des besoins humains.
- Code forestier de 1827 : Recueil réglementaire instauré en 1827 pour organiser l’exploitation et la protection des forêts, en limitant fortement les usages traditionnels.
- Fonds forestier national : Fonds créé en 1946 pour soutenir la régénération des forêts et la relance économique après la guerre.
- Office national des forêts (ONF) : Établissement public chargé de gérer les forêts publiques, avec des missions de production, d’accueil, de prévention des risques et de préservation de la biodiversité.
- Anthropocène : Période géologique proposée où l’impact des activités humaines devient déterminant pour l’évolution de l’écosystème planétaire.
📝 Points essentiels
- La politique forestière d’Ancien Régime vise surtout un approvisionnement régulier en bois, notamment le chêne, pour la construction navale.
- La gestion centralisée place l’ensemble des forêts du royaume sous l’autorité du roi, y compris les forêts privées, avec des règles strictes d’usage.
- La Révolution française adopte en 1791 une loi rétablissant la liberté d’exploitation, entraînant une surexploitation rapide et un fort recul des surfaces boisées.
- En 1827, le premier Code forestier limite fortement les droits d’usage ruraux, ce qui provoque résistances et révoltes paysannes.
- En 1857, la loi vise à assécher les marécages des Landes, conduisant à une plantation massive de pins maritimes et à une grande forêt artificielle.
- Après 1946, l’État renforce l’action publique car les forêts sont fragilisées par la guerre et le manque d’entretien lié à l’exode rural, d’où la création du Fonds forestier national.
💡 Astuce mémo
Forêt = Objectif changeant : 1669 (utilité royale) → 1791 (liberté, surexploitation) → 1827 (contrôle, conflits) → 1946-ONF (régénération + protection).
📖 11. Lieux de mémoire et reconnaissance progressive des crimes
🔑 Notions clés & Définitions
- Transition démographique : La transition démographique désigne le passage d’un régime démographique ancien (natalité et mortalité élevées) à un régime moderne (natalité et mortalité basses), avec une forte croissance de la population.
- Anthropocène : L’Anthropocène est une période géologique récente où les activités humaines ont un impact déterminant sur l’évolution de l’écosystème planétaire.
- Anthropisation : L’anthropisation correspond à l’action des sociétés qui transforment les milieux naturels.
- Climat : Le climat regroupe les caractéristiques atmosphériques et météorologiques d’une région, observées sur une longue durée.
- Météorologie : La météorologie étudie l’état du temps et de l’atmosphère sur une durée courte.
📝 Points essentiels
- Le changement climatique correspond à une évolution durable des caractéristiques statistiques du climat, à l’échelle mondiale et régionale.
- Le changement climatique ne s’étudie pas isolément : il se lit à la fois par une approche historique et par une approche géopolitique.
- Le climat se distingue de la météorologie : la confusion sert parfois à contester la réalité du réchauffement climatique.
- Depuis au moins deux millions d’années, la température moyenne varie avec des cycles glaciaires et interglaciaires.
- Le changement climatique contemporain se caractérise par une accélération liée aux activités humaines, avec des effets économiques, sociaux et politiques.
💡 Astuce mémo
Climat = long terme, Météo = court terme ; Anthropocène = l’humain change la planète.
📖 12. Politique forestière française et gestion publique des forêts
🔑 Notions clés & Définitions
- Wilderness : La wilderness désigne une nature perçue comme intacte, peu transformée par l’action humaine, et qui devient un repère culturel et politique.
- Destinée manifeste : La Destinée manifeste est une idéologie du XIXᵉ siècle qui présente l’expansion des États-Unis comme une mission quasi divine sur des terres jugées sauvages.
- Courant de la préservation : Le courant de la préservation défend la protection intégrale des espaces naturels, en cherchant à sanctuariser la wilderness.
- Courant de la conservation : Le courant de la conservation prône un usage raisonné des ressources, avec une gestion publique et scientifique pour assurer le renouvellement.
- National Park Service : Le National Park Service est l’agence fédérale chargée de gérer les parcs nationaux en conciliant protection des milieux et accueil du public.
📝 Points essentiels
- La conquête de l’Ouest s’accompagne de déforestation et de drainage de zones humides pour convertir les espaces en terres agricoles exploitables.
- La logique productiviste est renforcée par l’industrialisation : le bois soutient la construction urbaine et les hydrocarbures/industries alimentent la croissance.
- La création du parc national de Yellowstone en 1872 marque l’émergence d’une protection institutionnelle à grande échelle.
- Le Sierra Club est fondé en 1892 par John Muir et incarne la défense de la wilderness contre toute exploitation humaine.
- Le National Forest Service est créé en 1905 sous Theodore Roosevelt pour placer de vastes espaces forestiers sous contrôle fédéral.
- Les États-Unis comptent 61 parcs nationaux couvrant environ 210 000 km², avec une fréquentation proche de 400 millions de visiteurs par an.
💡 Astuce mémo
Wilderness = « sanctuaire » (Muir) vs conservation = « usage raisonné » (Pinchot).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1991 | Fin de la guerre froide et effondrement de l’URSS, rendant les guerres entre États plus rares |
| 1648 | Traités de Westphalie, fondements d’un nouvel ordre international |
| 1997-2006 | Mandat de Kofi Annan à la tête de l’ONU |
📊 Tableaux de synthèse
Types de conflits et exemples
| Type de conflit | Acteurs | Exemples |
|---|
| Interétatique | État ou coalition d’États contre État ou coalition d’États | Guerre israélo-libanaise 2006 |
| Intra-étatique | État contre acteurs non conventionnels contestant l’autorité de l’État | Guerre civile sud Soudan depuis 2013 |
| Asymétrique | État ou coalition d’États contre un État largement plus faible ou contre des acteurs non conventionnels | Guerre Afghanistan depuis 2011 |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre conflit (opposition perçue contraire aux intérêts d’autrui) et conflit armé (guerre) : le cours restreint « conflit » à la guerre dans l’étude.
- Croire que les guerres entre États ont disparu : elles deviennent plus rares, mais des exemples existent encore (ex. Cachemire).
- Mélanger guérilla et terrorisme : la guérilla vise des actions mobiles (embuscades/harcèlement), le terrorisme vise surtout à créer la peur pour peser sur un État.
- Se tromper sur le rôle de l’ONU pendant la guerre froide : le veto bloque souvent le Conseil de sécurité, avec l’exception notable de la guerre de Corée.
- Confondre histoire et mémoire : la mémoire est sélective et affective, l’histoire vise une connaissance critique fondée sur des sources.
- Penser que la justice internationale juge « tout » : elle dépend des rapports de force et de l’adhésion des États (compétence limitée de la CPI).
- Confondre climat et météorologie : le climat décrit des caractéristiques sur la durée longue, la météorologie sur une durée courte.
✅ Checklist Examen
- Définir un conflit, la conflictualité et distinguer rivalité, tension, hostilité et affrontement armé, puis situer l’échelle du désaccord jusqu’à la guerre.
- Expliquer pourquoi les guerres entre États (interétatiques) deviennent plus rares après 1991, tout en citant des exemples et la notion de conflits gelés.
- Décrire l’essor des conflits internes et asymétriques après la guerre froide, en mobilisant au moins un exemple (Rwanda 1994 ou Printemps arabes).
- Classer les types de conflits (interétatique, intra-étatique, asymétrique) en précisant les acteurs et en reliant à des exemples du cours.
- Présenter les formes de paix (d’hégémonie, d’équilibre, de directoire, de droit international) en reliant structure du système de puissance et exemples.
- Expliquer la logique de résolution des conflits armés : victoire militaire, négociation, rôle de l’ONU (casques bleus) et des alliances régionales (OTAN).
- Exposer le modèle clausewitzien (guerre comme continuation de la politique, brouillard de la guerre, montée aux extrêmes) et le confronter aux guerres irrégulières contemporaines.
- Définir guerre irrégulière, guérilla et terrorisme, puis montrer comment Al-Qaïda et Daech illustrent des logiques différentes (réseau mondial vs État territorial).
- Rappeler les mécanismes de construction de la paix : paix de Westphalie (souveraineté/non-ingérence/équilibre) puis sécurité collective via l’ONU et le Conseil de sécurité (veto, résolutions contraignantes).
- Expliquer pourquoi l’ONU est limitée pendant la guerre froide et citer l’exception de la guerre de Corée, puis décrire les réformes associées à Kofi Annan (développement, CPI, consolidation de la paix).
- Traiter le Moyen-Orient comme espace de tensions : mosaïque ethnique et religieuse, ressources stratégiques (eau/pétrole), instabilité des frontières et rôle de l’islamisme politique.
- Expliquer la construction des mémoires et la place de la justice : distinguer histoire/mémoire/justice, puis relier procès (Nuremberg/Eichmann) et justice internationale (TPIY/TPIR/CPI).
- Décrire la justice transitionnelle (commission vérité, amnistie sous conditions) et montrer comment elle vise réconciliation et restauration de l’État de droit.
- Présenter les lieux de mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes : « Grand silence », tournant des années 1960, puis enjeux actuels (devoir de mémoire, tourisme, inégalités de reconnaissance).
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