📋 Plan du Cours
- Conquête spatiale et rivalités de la Guerre froide
- Repères chronologiques des programmes spatiaux
- Institutions spatiales et cadre juridique international
- Détente et missions conjointes États-Unis URSS
- Projet IDS et bascule du rapport de force
- Puissances émergentes Chine et Inde dans l’espace
- Rôle des entreprises privées dans la géopolitique spatiale
- Ligne de Karman et contraintes de l’espace
- Ressources terrestres et nouvelles frontières marines
- Coopération spatiale via l’ISS et multilatéralisme
- Soft power américain et imagerie de la conquête spatiale
- Stratégie chinoise d’affirmation de puissance spatiale
📖 1. Conquête spatiale et rivalités de la Guerre froide
🔑 Notions clés & Définitions
- Eudoxe de Cynique : Personnage de l’Antiquité envoyé par Ptolémée Evergète III pour tenter d’atteindre l’Inde en suivant les côtes.
- Pentécontores : Bateaux grecs de l’Antiquité utilisés par des voyageurs comme Eudoxe pour naviguer en Méditerranée puis vers l’Atlantique.
- Austronésiens : Peuple d’Asie dont des ancêtres auraient voyagé vers les îles du Pacifique en quelques siècles, en s’appuyant sur des indices matériels.
- Vinland : Nom associé au territoire atteint par Leif Erikson au Canada lors des voyages vikings, avant un retour au Groenland.
📝 Points essentiels
- Eudoxe part sur ordre de Ptolémée Evergète III pour rejoindre l’Inde en longeant les côtes, mais des vents contraires en Mer Rouge le repoussent vers l’Afrique.
- Eudoxe pense pouvoir atteindre l’Inde en contournant l’Afrique, puis il meurt au large de l’Afrique occidentale.
- Les Austronésiens auraient découvert de nombreuses îles du Pacifique en environ 200 ans grâce aux poteries Lapita, avec des arrivées jusqu’à Hawaï, Madagascar, Pâques, Nouvelle-Zélande et la Polynésie.
- Erik le Rouge (940-1010) est exclu de Norvège, atteint l’Islande puis le Groenland, et meurt au Groenland.
- Leif Erikson prolonge le voyage paternel et atteint le Canada (Vinland), mais ne s’y installe pas et retourne au Groenland.
💡 Astuce mémo
Eudoxe = Ptolémée + côtes + Mer Rouge repousse Afrique → mort; Vikings = Rouge (Islande→Groenland) puis Leif (Groenland→Vinland→retour).
📖 2. Repères chronologiques des programmes spatiaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Spoutnik 1 : Spoutnik 1 est le premier satellite artificiel, lancé par l’URSS en 1957 et marquant le début de la course spatiale.
- Explorer 1 : Explorer 1 est le premier satellite américain cité, lancé en 1958 après Spoutnik 1.
- NASA : La NASA est l’agence spatiale américaine créée en 1958 pour organiser et piloter les missions spatiales des États-Unis.
- CNES : Le CNES est l’agence spatiale française créée en 1961 pour structurer les activités spatiales en France.
- Traité sur l’espace extra-atmosphérique : Le traité sur l’espace extra-atmosphérique est un accord international adopté en 1967 qui encadre les activités des États dans l’espace.
📝 Points essentiels
- 4 octobre 1957 correspond au lancement de Spoutnik 1, premier satellite artificiel et déclencheur de la course spatiale sur fond de Guerre froide.
- 1er février 1958 correspond au lancement d’Explorer 1 par les États-Unis, après Spoutnik 1.
- 29 juillet 1958 correspond à la création de la NASA (National Aeronautics and Space Admin).
- 12 avril 1961 correspond au vol d’Alain Shepard (programme Mercury) côté États-Unis.
- 19 décembre 1961 correspond à la création du CNES en France.
- 16 juin 1963 correspond au premier vol d’une femme dans l’espace : Valentina Tereshkova (Vostok 6).
💡 Astuce mémo
Spoutnik 1 (1957) → Explorer 1 (1958) → NASA (1958) : 1957-1958 = décollage de la course.
📖 3. Institutions spatiales et cadre juridique international
🔑 Notions clés & Définitions
- Accords sur le sauvetage des astronautes : Traité international qui impose aux États des obligations de secours et d’assistance aux astronautes en cas d’accident ou d’atterrissage imprévu.
- Convention sur la responsabilité internationale : Convention internationale qui fixe le régime de responsabilité des États pour les dommages causés par leurs objets spatiaux.
- Convention sur l’immatriculation : Convention internationale qui organise l’enregistrement des objets lancés dans l’espace extra-atmosphérique par les États.
- ASE (Agence spatiale européenne) : Organisation européenne créée pour structurer et coordonner des programmes spatiaux et renforcer le savoir-faire européen.
- ASTP (Apollo-Soyouz Test Project) : Programme de coopération internationale qui marque une première collaboration entre États autour d’activités spatiales conjointes.
📝 Points essentiels
- 1968 : adoption des Accords sur le sauvetage des astronautes, avec une mise en œuvre qui s’inscrit dans la dynamique de rattrapage américaine (1969-1986).
- 29 mars 1972 : la Convention sur la responsabilité internationale encadre les dommages causés par les objets spatiaux.
- 14 janvier 1975 : la Convention sur l’immatriculation impose un système d’identification des objets lancés hors de l’atmosphère.
- 30 mai 1975 : création de l’ASE, qui consolide l’organisation européenne des activités spatiales.
- 18 décembre 1979 : accords régissant les activités des États sur la Lune et les autres corps célestes.
- 1er décembre 2009 : entrée en vigueur du traité de Lisbonne, donnant à l’UE une compétence spatiale.
💡 Astuce mémo
Responsabilité + Immatriculation = “qui répond” et “qui est identifié” (1972/1975).
📖 4. Détente et missions conjointes États-Unis URSS
🔑 Notions clés & Définitions
- Détente : Période de réduction des tensions entre États, qui ouvre la voie à des coopérations plutôt qu’à une rivalité frontale.
- ISS : Station spatiale internationale conçue pour rassembler plusieurs partenaires et maintenir une présence humaine en orbite.
- Space Launch System (SLS) : Lanceur super-lourd annoncé par la NASA pour soutenir une présence permanente sur la Lune et préparer des missions futures.
- Artemis : Programme annoncé par les États-Unis visant le retour de l’homme sur la Lune, puis des vols habités vers Mars.
📝 Points essentiels
- La NASA doit recourir à des entreprises privées pour réapprovisionner l’ISS.
- Le 14 septembre 2011, la NASA annonce la création du lanceur super-lourd Space Launch System (SLS).
- Le SLS est présenté comme un moyen de préparer une présence permanente sur la Lune.
- En avril 2019, les États-Unis annoncent le programme Artemis avec un retour de l’homme sur la Lune à l’horizon 2024.
- Artemis prévoit ensuite des vols habités vers Mars.
- Le texte relie la coopération spatiale à l’évolution des acteurs et des capacités technologiques, dans un contexte de rivalités puis de détente.
💡 Astuce mémo
ISS = « International Space Station » : coopération, puis réapprovisionnement par des privés ; Artemis = Lune d’abord (2024), puis Mars.
📖 5. Projet IDS et bascule du rapport de force
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre froide : Période de rivalité entre deux blocs qui repousse les limites de la conquête spatiale et fait évoluer l’usage de l’espace.
- Youri Gagarine : Figure emblématique de l’URSS utilisée comme vitrine pour présenter des “réussites scientifiques” et servir une logique d’idéologie.
- Apollo-Soyouz : Première mission spatiale conjointe entre l’Union soviétique et les États-Unis, associée à une phase de détente.
- Projet IDS : Projet de défense stratégique lancé par Ronald Reagan, présenté comme une arme psychologique qui modifie le rapport de force.
- Star Wars : Nom populaire du projet de défense stratégique (IDS) associé au retour des tensions et à une stratégie de dissuasion psychologique.
📝 Points essentiels
- L’espace devient un moyen de frapper le territoire adverse depuis n’importe quel point de la planète, ce qui rééquilibre les puissances en faveur de l’URSS.
- La propagande soviétique s’appuie sur des “réussites scientifiques” et sur l’exploitation technique, avec une dimension idéologique.
- L’usage de l’espace change avec les relations internationales : course à l’espace en période de tensions puis coopération avec Apollo-Soyouz pendant la détente.
- Apollo-Soyouz (souvent abrégé ASTP) est la première mission conjointe URSS–États-Unis.
- En 1983, Reagan lance l’IDS (Star Wars), qui modifie le rapport de force entre les États-Unis et l’URSS en jouant aussi un rôle d’arme psychologique.
- Reagan gagne la course davantage sur le plan économique que scientifique, technique ou militaire.
💡 Astuce mémo
Tensions → course, détente → poignée de main (Apollo-Soyouz), puis retour des tensions → IDS/Star Wars pour faire basculer le rapport de force.
📖 6. Puissances émergentes Chine et Inde dans l’espace
🔑 Notions clés & Définitions
- Puissance maritime dominante : Notion de géopolitique qui désigne la capacité d’un État à exercer une influence décisive sur les mers et océans.
- Thalassocratie : Principe de domination fondé sur la maîtrise des mers, historiquement associé aux puissances navales.
- Dissuasion nucléaire : Capacité de faire peur à l’adversaire en s’appuyant sur le recours à l’arme nucléaire.
- Sea Power : Idée de militarisation et de contrôle des espaces maritimes pour surveiller et agir dans les crises.
- Système SOSUS : Réseau américain de surveillance acoustique sous-marine destiné à détecter l’approche des sous-marins et navires.
📝 Points essentiels
- La dissuasion nucléaire apparaît pendant la Guerre froide et vise à menacer l’ennemi via l’arme nucléaire.
- Le monde compte 12 512 têtes nucléaires au total, dont 280 appartiennent à la France.
- La source ne donne pas de chiffres pour la Chine concernant ses têtes nucléaires.
- En 2001, 6 457 missiles sous-marins sont recensés dans le monde.
- La puissance maritime exerce son influence sur les mers et océans et la notion de puissance maritime dominante est théorisée en 1890.
- Le principe de thalassocratie est illustré par des puissances historiques comme Athènes (-431), Carthage, Rome, l’Empire byzantin, Venise, l’Espagne (XVIe siècle) et l’Empire britannique, puis aujourd’hui les États-Unis,
💡 Astuce mémo
Thalasso = mer qui commande : dissuasion = peur nucléaire, Sea Power = contrôle + surveillance.
📖 7. Rôle des entreprises privées dans la géopolitique spatiale
🔑 Notions clés & Définitions
- Réseau BARRIER : Réseau d’écoute/surveillance maritime transatlantique dédié au passage du GIUK, reliant Groenland, Islande et Royaume-Uni.
- Réseau CAESAR : Réseau d’écoute/surveillance de l’Atlantique Ouest couvrant une route allant de la Nouvelle-Écosse aux Antilles.
- Réseau COLOSSUS : Réseau d’écoute/surveillance sur la côte orientale Alaska–Canada–Californie.
- Réseau BRONCO : Réseau d’écoute/surveillance sur la côte Est de la Sibérie et de l’Asie orientale.
- Underwater Great Wall Project : Projet chinois de « Grande Muraille sous-marine » utilisant des réseaux de capteurs sous-marins appuyés sur des îles contrôlées.
📝 Points essentiels
- Les États-Unis ont développé plusieurs réseaux d’écoute sous-marine, dont BARRIER, CAESAR, COLOSSUS et BRONCO, pour surveiller des zones maritimes clés.
- Le système RAP (Reliable Acoustic Path) vise à détecter des sous-marins plus près des côtes que les dispositifs de surveillance plus lointains.
- La montée en puissance de la Chine a conduit Washington à adapter ses dispositifs de surveillance, notamment via des systèmes liés au SURTASS.
- La Chine affirme avoir déployé depuis 2016 entre Guam et la mer de Chine du Sud deux systèmes sous-marins d’écoute gérés par l’Académie des Sciences.
- Le déploiement chinois de capteurs en mer de Chine méridionale et orientale s’appuie sur les îles contrôlées dans les archipels des Paracels et des Spratleys.
- Depuis 2022, le projet chinois s’est étoffé avec une quarantaine de navires hydrographiques, et des hydrophones pouvant être placés jusqu’à 3 000 m de profondeur.
💡 Astuce mémo
BARRIER–CAESAR–COLOSSUS–BRONCO = 4 réseaux US, puis RAP pour « plus près des côtes » ; côté Chine, « Grande Muraille sous-marine » = capteurs + îles + hydrophones jusqu’à 3 000 m.
📖 8. Ligne de Karman et contraintes de l’espace
🔑 Notions clés & Définitions
- Ligne de Karman : Notion de frontière entre l’atmosphère et l’espace, utilisée pour distinguer les régimes de vol et les contraintes liées à l’air.
- Contraintes de l’espace : Ensemble des limites physiques qui s’imposent aux missions spatiales, notamment liées à l’altitude, à l’environnement et aux capacités techniques.
- ISS : Station spatiale internationale, grand projet orbital multilatéral qui sert de cadre de coopération entre plusieurs États et agences.
- Multilatéralisme spatial : Principe selon lequel des États coopèrent pour mener des projets spatiaux communs, malgré des intérêts et des puissances différentes.
📝 Points essentiels
- La source ne donne pas de valeur chiffrée ni de définition précise de la ligne de Karman, donc il faut s’appuyer sur le cours pour le seuil exact.
- Les contraintes de l’espace imposent des choix techniques et organisationnels pour atteindre et maintenir une orbite, puis pour faire vivre un équipage.
- L’ISS est présentée comme le plus grand objet en orbite, avec une altitude annoncée entre 350 et 400 km.
- L’ISS mesure environ 110 m de longueur, 74 m de largeur et 30 m de hauteur, pour une masse d’environ 420 tonnes.
- L’ISS dispose de panneaux solaires totalisant environ 5 000 m² et d’une présence humaine continue depuis novembre 2000.
- L’ISS compte 7 astronautes et 239 personnes de 19 nationalités, dont 4 Français, selon les données fournies.
📖 9. Ressources terrestres et nouvelles frontières marines
🔑 Notions clés & Définitions
- ISS : ISS : station spatiale habitée issue d’une collaboration entre plusieurs États et organisations, utilisée pour l’assemblage et des recherches scientifiques.
- Multilatéralisme multipolaire : Multilatéralisme multipolaire : idée que la coopération internationale se fait entre plusieurs pôles de puissance, plutôt que par un seul acteur dominant.
- ZEE : ZEE : zone économique exclusive où un État revendique des droits sur l’exploitation des ressources jusqu’à une distance fixée par les règles du droit de la mer.
- CNUDM 1982 : CNUDM 1982 : convention des Nations unies qui codifie le droit de la mer et structure notamment la question des zones maritimes.
- Arvid Pardo : Arvid Pardo : diplomate maltais à l’origine d’un discours à l’ONU qui pousse à établir des règles en mer.
📝 Points essentiels
- ISS : station longue d’environ 400 km, large d’environ 110 m, haute d’environ 30 m, avec une masse d’environ 420 tonnes.
- ISS : environ 5 000 m² de panneaux solaires et une présence humaine continue depuis novembre 2000.
- ISS : 7 astronautes et 239 personnes de 19 nationalités, dont 4 Français.
- ISS : collaboration entre les États-Unis et l’URSS, avec l’ESA, le Japon et le Canada, les contributions financières venant surtout des États-Unis.
- ISS : seule la Russie peut acheminer les astronautes ; depuis le retrait russe de 2022, la NASA se tourne vers SpaceX.
- Avant 1945 : absence de règles officielles sur la mer, malgré des traités entre grandes puissances navales.
💡 Astuce mémo
ISS = « multi-États, multi-pôles » : même station, plusieurs puissances, objectifs communs.
📖 10. Coopération spatiale via l’ISS et multilatéralisme
🔑 Notions clés & Définitions
- ZEE 200 milles marins : La zone économique exclusive est un espace maritime où un État côtier exerce des droits pour l’exploitation des ressources jusqu’à 200 milles marins.
- CNUDM 1982 : La Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer fixe un cadre multilatéral pour les droits et devoirs des États en mer.
- Conférence de Montego Bay : La conférence de Montego Bay est le processus international lancé pour aboutir à des règles de droit de la mer, à partir des propositions d’Arvid Pardo.
- Patrimoine commun de l’humanité : Le patrimoine commun de l’humanité désigne l’idée que certaines terres et mers doivent être gérées pour le développement, notamment au bénéfice des pays pauvres.
- Haute-mer : La haute-mer correspond aux espaces maritimes situés au-delà des juridictions nationales, considérés comme un patrimoine commun nécessitant une coopération.
📝 Points essentiels
- En 1972, des États africains adoptent l’idée de ZEE, puis en 1973 les pays du Tiers Monde y adhèrent.
- En 1977, 51 États (dont les États-Unis, l’URSS et le Japon) acceptent la ZEE à 200 milles marins, soit 370,4 km.
- La CNUDM est adoptée en 1982 et entre en vigueur en 1994.
- Arvid Pardo (Malte) prononce en 1967 un discours à l’ONU qui appelle à des règles en mer et à un traitement des terres et mers comme patrimoine universel, exploitable mais orienté vers le développement des pays pauvres.
- Les États-Unis ont signé la CNUDM mais ne l’ont pas ratifiée.
- La colonne d’eau en haute mer désigne les caractéristiques de l’eau à différentes profondeurs, jusqu’à 11 km, et sert de base à la description scientifique des milieux marins.
💡 Astuce mémo
ZEE = 200 milles = 370,4 km ; Montego Bay = règles de mer ; Haute-mer = coopération pour protéger.
📖 11. Soft power américain et imagerie de la conquête spatiale
🔑 Notions clés & Définitions
- Soft power américain : Le soft power américain désigne l’influence exercée par l’attractivité culturelle, politique et médiatique plutôt que par la contrainte militaire.
- Imagerie de la conquête spatiale : L’imagerie de la conquête spatiale regroupe les récits et symboles qui associent l’espace à la puissance, au progrès et à la domination technologique.
- Instituts Confucius : Les Instituts Confucius sont des structures de diffusion culturelle chinoise qui servent aussi d’outil d’influence à l’étranger.
- Diaspora chinoise : La diaspora chinoise correspond aux communautés d’origine chinoise installées hors de Chine, mobilisables pour renforcer l’influence internationale.
- Développement pacifique : Le développement pacifique est une ligne politique chinoise visant à présenter l’affirmation de puissance comme non agressive.
📝 Points essentiels
- Le cours relie l’affirmation de puissance à des leviers d’influence non militaires, dont la culture et les réseaux à l’étranger.
- La stratégie d’influence chinoise s’appuie sur la multiplication d’événements internationaux et sur le rôle de la diaspora, notamment aux États-Unis.
- Le principe de développement pacifique, associé à Deng Xiaoping, sert de cadre à l’exportation d’une image positive de la Chine.
- La littérature et le cinéma chinois s’exportent de plus en plus, ce qui renforce l’attractivité culturelle.
- Les Instituts Confucius participent à la diffusion de la culture chinoise et soutiennent l’influence à l’étranger.
- Le cours oppose une image ambivalente de la Chine : pollueur majeur tout en étant très avancé sur les énergies renouvelables.
💡 Astuce mémo
Culture + réseaux = influence : diaspora et Instituts Confucius diffusent l’image, tandis que l’espace (imagerie) sert de symbole de puissance.
📖 12. Stratégie chinoise d’affirmation de puissance spatiale
🔑 Notions clés & Définitions
- Programme spatial chinois : Programme national lancé pour structurer les activités spatiales et accélérer l’accès de la Chine à l’espace.
- CNSA : Agence spatiale nationale chinoise chargée d’organiser et de coordonner les activités spatiales à partir des années 1990.
- Shenzhou 5 : Mission chinoise marquante qui met en avant le premier Taïkonaute dans le cadre des succès spatiaux des années 2000.
- Tiangong 1 : Station spatiale chinoise lancée en 2011, utilisée pour des missions en orbite et des démonstrations technologiques.
- Livre Blanc de la défense chinoise : Document officiel qui fixe des objectifs et présente l’espace extra-atmosphérique comme enjeu clé de sécurité nationale.
📝 Points essentiels
- En 1956, la Chine crée un programme spatial, avec une aide soviétique au départ.
- En 1958, la Chine met en place sa première base de lancement et cherche ensuite à réduire sa dépendance à l’aide étrangère.
- Dans le début des années 1960, les premiers lancements sont liés au domaine militaire, puis la Chine teste avec succès un premier missile nucléaire en 1964.
- En 1970, la Chine lance son premier satellite, Dang Fang Hong 1, ce qui marque son entrée durable dans la course à l’espace.
- Dans les années 1980, Deng Xiaoping augmente les moyens, réorganise l’industrie et favorise l’achat de technologies, ce qui conduit à un rang de 5e puissance spatiale.
- En 2003, la Chine enchaîne des succès très médiatisés, dont Shenzhou 5 avec le premier Taïkonaute, puis Tiangong 1 en 2011 et une sonde sur Mars en 2021.
💡 Astuce mémo
Repère la trajectoire en 4 étapes : 1956 programme, 1970 satellite, 2003 succès médiatisés, 2019 Livre Blanc sécurité spatiale.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 150 et 100 av. JC | Période associée à Eudoxe de Cynique (voyage vers l’Inde) |
| 940-1010 | Erik le Rouge (Islande puis Groenland) |
| 1957 | Spoutnik 1 : 1er satellite artificiel (URSS) |
| 4 octobre 1957 | Lancement de Spoutnik 1 |
| 1er février 1958 | Lancement d’Explorer 1 (USA) |
| 29 juillet 1958 | Création de la NASA |
| 12 avril 1961 | Alain Shepard (Mercury) |
| 19 décembre 1961 | Création du CNES |
| 27 janvier 1967 | Traité régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique |
| 22 avril 1968 | Accords sur le sauvetage des Astronautes |
📊 Tableaux de synthèse
Course à l’espace : acteurs et bascules
| Période | Acteurs mis en avant | Logique dominante |
|---|
| 1957-1968 | Soviétiques | Domination (course sur fond de Guerre froide) |
| 1969-1986 | États-Unis | Rattrapage américain |
| Retour des tensions (1983) | États-Unis (Reagan) / URSS | IDS/Star Wars : modification du rapport de force (arme psychologique) |
| Détente | URSS et États-Unis | Coopération : Apollo-Soyouz (ASTP) |
Réseaux d’écoute sous-marine (États-Unis)
| Réseau | Zone surveillée | Objectif |
|---|
| BARRIER | Passage maritime du GIUK (Groenland/Iceland/United Kingdom) | Surveiller l’approche et les passages stratégiques |
| CAESAR | Atlantique Ouest (Nouvelle-Écosse → Antilles) | Surveillance des routes maritimes |
| COLOSSUS | Côte orientale Alaska/Canada/Californie | Détection acoustique |
| BRONCO | Côte Est de la Sibérie et d’Asie orientale | Détection acoustique |
| RAP | Plus près des côtes | Détecter des sous-marins plus proches des rivages |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre Eudoxe de Cynique (Mer Rouge → repoussé vers l’Afrique) et les Vikings (Erik le Rouge puis Leif Erikson vers l’Ouest).
- Croire que Christophe Colomb atteint le continent : le cours dit qu’il atteint la République Dominicaine mais pas le continent.
- Mélanger la ligne de Karman (100 km) avec une autre frontière : elle sert de limite entre l’espace et la Terre.
- Inverser les dates NASA/CNES : NASA en 29 juillet 1958, CNES en 19 décembre 1961.
- Penser que la ZEE est “avant 1945” : le cours insiste sur l’absence de règles officielles avant 1945 puis l’essor après 1945.
- Confondre la CNUDM : elle est adoptée en 1982 et entre en vigueur en 1994, et les USA l’ont signée sans la ratifier.
- Croire que la Chine “partage” ses découvertes spatiales : le cours souligne que les entreprises privées ne sont pas tenues de partager, et que la Chine construit sa puissance avec ses propres moyens et objectifs.
✅ Checklist Examen
- Identifier Eudoxe de Cynique, son ordre par Ptolémée Evergète III, et l’échec lié aux vents contraires en Mer Rouge.
- Expliquer le rôle des pentécontores dans les voyages d’Eudoxe et le trajet général (côtes → tentative vers l’Inde → Afrique occidentale).
- Décrire les Austronésiens et la diffusion en ~200 ans via les poteries Lapita (Hawaï, Madagascar, Pâques, Nouvelle-Zélande, Polynésie).
- Rappeler la chronologie des Vikings : Erik le Rouge (Islande → Groenland) puis Leif Erikson (Vinland → retour au Groenland).
- Connaître les repères spatiaux de la course : Spoutnik 1 (4 octobre 1957), Explorer 1 (1er février 1958), NASA (29 juillet 1958).
- Citer les jalons institutionnels et juridiques : CNES (19 décembre 1961), traité de 27 janvier 1967, accords de 22 avril 1968, et conventions de 29 mars 1972 et 14 janvier 1975.
- Expliquer la logique Guerre froide/détente/retour des tensions : espace comme frappe (URSS avantagée), Apollo-Soyouz (ASTP) en détente, puis IDS/Star Wars en 1983 (arme psychologique).
- Maîtriser les notions de puissance maritime et dissuasion nucléaire : thalassocratie, Sea Power, et l’idée de surveillance (SOSUS/IUSS).
- Savoir nommer les réseaux d’écoute US (BARRIER, CAESAR, COLOSSUS, BRONCO) et l’objectif du RAP (plus près des côtes).
- Présenter la “Grande Muraille sous-marine” chinoise : capteurs + îles contrôlées + hydrophones jusqu’à 3 000 m, et le déploiement depuis 2016 (Guam → mer de Chine du Sud).
- Définir la ligne de Karman (100 km) et rappeler les contraintes de l’espace (choix techniques/organisationnels) sans inventer de seuil chiffré hors cours.
- Expliquer la construction du droit de la mer : ZEE à 200 milles (370,4 km), CNUDM adoptée en 1982 et entrée en vigueur en 1994, discours d’Arvid Pardo (1967) et conférence de Montego Bay.
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