📋 Plan du Cours
- Rappel chronologique de l’histoire romaine
- Premières incursions romaines en Gaule
- De la conquête à la première province romaine
- Organisation des cités et intégration à la res publica
- Provinces sénatoriales et provinces impériales
- Conseil des Trois Gaules et politique religieuse
- Crises du IIIe siècle et réformes du Bas-Empire
- Diocèses et préfectures du prétoire
- Tolérance romaine puis persécutions des chrétiens
- Juridiction ecclésiastique sous Constantin
- Édit de Thessalonique et christianisation de l’Empire
📖 1. Rappel chronologique de l’histoire romaine
🔑 Notions clés & Définitions
- Fondation légendaire de Rome : Événement fondateur placé dans le récit romain à 753 av. J.-C., servant de point de départ chronologique.
- Romulus Augustule : Dernier empereur d’Occident dont la déposition en 476 marque la borne de fin de la période étudiée.
- Massalia : Cité alliée de Rome en Gaule, sollicitée par Rome lors des premières interventions contre des tribus gauloises.
- Brénus : Chef gaulois associé aux récits de l’attaque de Rome en 390 av. J.-C.
- Transalpine : Nom donné à la première province romaine en Gaule avant l’appellation de Narbonnaise.
📝 Points essentiels
- La période romaine présentée va de 753 av. J.-C. à 476, avec la déposition de Romulus Augustule par Odoacre.
- Rome passe d’une petite bourgade à la capitale d’un immense empire qui s’étend progressivement de l’Italie au pourtour méditerranéen.
- Au début du IVe siècle, l’empire romain s’étend de l’Angleterre jusqu’à la Mésopotamie.
- Les premières interventions romaines en Gaule datent d’environ 154 av. J.-C., quand Rome aide Massalia contre des tribus gauloises.
- La peur des Gaulois, associée au sac de Rome de 390 av. J.-C., sert de justification politique à la conquête de l’Italie.
- En 390 av. J.-C., les Gaulois conduits par Brénus exigent une rançon de 1000 livres d’or, soit plus de 327 kg, avec une légende de balance truquée et la formule « Vae victis » (malheur au vaincu).
💡 Astuce mémo
Repères en chaîne : 753→476, puis 154 (Massalia), 390 (Brénus), 124 (Rhône-Garonne), 58-52 (César).
📖 2. Premières incursions romaines en Gaule
🔑 Notions clés & Définitions
- Vercingétorix : Jeune chef arverne qui dirige la coalition gauloise contre César en 52 av. J.-C.
- Gergovie : Capitale associée à Vercingétorix que César tente de prendre en avril 52 av. J.-C. sans succès.
- Alésia : Lieu où la coalition gauloise est finalement vaincue, après l’échec de la prise de Gergovie.
- Romanisation : Processus d’assimilation de la culture romaine par les populations gauloises, produisant une culture gallo-romaine.
- Conseil des Trois Gaules : Institution destinée à fédérer les provinces gauloises intégrées à l’organisation romaine.
📝 Points essentiels
- En 52 av. J.-C., une vaste coalition gauloise se forme sous la direction de Vercingétorix.
- César cherche un coup décisif en tentant de prendre Gergovie, mais son opération échoue en avril 52 av. J.-C.
- La coalition gauloise est ensuite vaincue à Alésia, ce qui marque une étape décisive de la conquête.
- Après Alésia, César évite de bouleverser immédiatement les structures locales et maintient provisoirement des cadres existants pour assurer la transition.
- La conquête impose ensuite d’intégrer la Gaule au système romain et de la découper selon des standards impériaux.
- La romanisation diffuse des éléments romains, notamment la langue et surtout le droit, et s’appuie sur une organisation administrative.
💡 Astuce mémo
Vercingétorix = « V » pour Victoire manquée : Gergovie échoue, Alésia finit la conquête.
📖 3. De la conquête à la première province romaine
🔑 Notions clés & Définitions
- Res publica romaine : La res publica désigne la communauté civique romaine et ses institutions, que Rome cherche à étendre dans les territoires conquis.
- Cités gauloises : Les cités sont des communautés locales dotées d’institutions municipales, issues de la transformation des anciens clans gaulois.
- Provinces romaines : Les provinces sont des circonscriptions administratives placées au-dessus des cités, permettant au pouvoir central de s’appuyer sur une organisation stable.
- Provinces sénatoriales : Les provinces sénatoriales sont administrées au nom du Sénat romain, considéré comme garant de territoires pacifiés.
- Provinces impériales : Les provinces impériales sont administrées par des gouverneurs choisis par l’empereur, car la pacification y est jugée incomplète.
📝 Points essentiels
- Rome organise les territoires conquis en cités pour stabiliser l’administration et intégrer les Gaulois à la res publica.
- La res publica apparaît avec la République romaine vers le Ve siècle av. J.-C. et renvoie à la communauté politique romaine.
- Trois provinces s’ajoutent à la Narbonnaise : la Belgique, la Lyonnaise et l’Aquitaine, correspondant aux « trois Gaules » (13 Galiae).
- Chaque province est dirigée par un gouverneur, appelé proconsul dans le cas des provinces sénatoriales.
- À partir de 27 av. J.-C., les provinces se distinguent : sénatoriales (Sénat) et impériales (empereur).
- Les provinces sénatoriales sont dites pacifiées et ne nécessitent pas de troupes, contrairement aux provinces impériales.
💡 Astuce mémo
Res publica = « communauté civique » ; provinces = « au-dessus des cités » ; Sénat = « pacifié », Empereur = « troupes ».
📖 4. Organisation des cités et intégration à la res publica
🔑 Notions clés & Définitions
- Gouverneur impérial : Désigne un gouverneur nommé par l’empereur, chargé de commander et d’administrer une zone où l’autorité impériale est plus directe que dans les provinces sénatoriales.
- Pouvoir de révocation impériale : Pouvoir de l’empereur de retirer à un gouverneur les fonctions confiées, sans devoir fournir de justification.
- Conseil des trois Gaules : Assemblée annuelle réunissant les cités des trois Gaules, devenue un centre politique et religieux pour les provinces du monde augustéen.
- Prêtre grelois : Président annuel du conseil des trois Gaules, élu parmi les représentants des cités gauloises.
- Table claudienne : Document gravé associé au sanctuaire du conseil des trois Gaules, daté de l’époque de l’empereur Claude.
📝 Points essentiels
- Les gouverneurs impériaux sont souvent d’anciens sénateurs de rang prétorien ou consulaire, avec des choix liés au nombre de garnisons (ancien consul pour plusieurs, ancien prêteur pour une seule).
- Le mandat des gouverneurs impériaux dure en général trois à cinq ans, mais il cesse automatiquement à la mort de l’empereur.
- Le nouvel empereur doit renouveler les hautes nominations, ce qui reconfigure les gouvernements en place.
- L’empereur peut révoquer un gouverneur à tout moment, en retirant ses pouvoirs sans exiger de motif.
- Par délégation, le gouverneur exerce un imperium plein : il commande les légions locales et gère l’ensemble des attributions civiles et militaires.
- Le conseil des trois Gaules apparaît en l’an XII av. J.-C., au moment où les derniers légionnaires quittent les Gaules mais où des troupes restent sur le Rhin.
💡 Astuce mémo
Révocation = « sans motif » ; Conseil = « annuel, 1er août, politique + religion ».
📖 5. Provinces sénatoriales et provinces impériales
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil des Trois Gaules : Institution provinciale réunissant les notables gaulois autour du culte impérial, servant de pivot politique et religieux dans le goût impérial.
- Gaule chevelue : Désignation des élites de la Gaule du Nord-Ouest, dont l’intégration politique est recherchée par l’ouverture du Sénat romain.
- Table claudienne : Document épigraphique attribué à l’époque de l’empereur Claude, lié à la demande d’ouverture du Sénat aux notables gaulois.
- Édit de 212 de Caracalla : Mesure impériale accordant la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire, modifiant l’intégration des provinces.
- Res publica : Notion romaine désignant l’État et l’ordre public, c’est-à-dire l’ensemble de la communauté politique à préserver.
📝 Points essentiels
- Le Conseil des Trois Gaules détourne les Gaulois du druidisme en s’appuyant sur un cadre religieux et politique centré sur l’empereur et Rome.
- Chaque assemblée commence par un sacrifice en l’honneur de l’empereur-Dieu et de la déesse Rome, dans un sanctuaire conçu pour ces réunions.
- La table claudienne, datée de l’époque de Claude, est affichée dans le sanctuaire et relie la demande d’ouverture du Sénat à des justifications historiques.
- Claude justifie l’ouverture du Sénat par l’idée d’un enracinement ancien de Rome, notamment étrusque, donc lié à des origines extérieures à la cité.
- Les premiers Gaulois de la Gaule chevelue entrent au Sénat moins d’un siècle après la conquête de César, illustrant l’action politique du Conseil.
- Le Conseil des Trois Gaules décline à la fin du IIIe siècle, notamment parce que l’édit de Caracalla (212) généralise la citoyenneté aux libres de l’Empire.
💡 Astuce mémo
Culte→politique : Trois Gaules = sacrifice (empereur + Rome) puis entrée au Sénat via Claude ; puis Caracalla (212) rend l’accès moins “spécial”, donc déclin.
📖 6. Conseil des Trois Gaules et politique religieuse
🔑 Notions clés & Définitions
- Dioclétien : Empereur romain dont les réformes administratives du Bas-Empire réorganisent provinces, commandement militaire et niveaux de contrôle.
- Provinces : Circonscriptions administratives romaines dont le nombre et l’étendue sont fortement modifiés sous Dioclétien.
- Diocèses : Échelons administratifs créés en 297 par Dioclétien au-dessus des provinces, chacun regroupant plusieurs provinces.
- Vicaire : Haut fonctionnaire dépendant directement de l’empereur, placé à la tête d’un diocèse.
- Préfectures du prétoire : Structures administratives regroupant des diocèses, dirigées par un préfet du prétoire.
📝 Points essentiels
- Sous Dioclétien, le nombre de provinces passe d’environ 48 au début du règne à 104 pendant son règne, avec une réforme progressive.
- La multiplication des provinces vient à la fois du rétrécissement des circonscriptions existantes et de la provincialisations de territoires auparavant à statut particulier.
- L’Égypte, déjà province mais à statut exceptionnel, est divisée en plusieurs provinces sous Dioclétien.
- L’Italie est provincialisée et subdivisée en douze provinces, ce qui la retire du privilège juridique antérieur.
- En Gaule, le nombre de provinces passe d’abord de quatre à quinze, puis à dix-sept au début du Ve siècle, et l’Aquitaine est divisée en trois provinces sous Dioclétien.
- Toutes les provinces deviennent impériales et relèvent directement de l’empereur, ce qui retire aux gouverneurs leurs compétences militaires.
💡 Astuce mémo
104 provinces = « 4→15→17 en Gaule » : plus de petites unités, plus de contrôle central.
🔑 Notions clés & Définitions
- Tétrarchie : Régime impérial où plusieurs empereurs (Auguste et César) exercent l’imperium chacun sur une portion déterminée de l’Empire.
- Orient et Occident : Découpage administratif progressif de l’Empire romain qui fait apparaître deux zones de gestion, sans créer deux États indépendants.
- Empire d’Orient : Forme de l’organisation impériale où l’administration se concentre progressivement à l’Est à partir des réformes du Bas-Empire.
- Empire d’Occident : Forme de l’organisation impériale où l’administration se concentre progressivement à l’Ouest à partir des réformes du Bas-Empire.
- Christianisation : Processus de conversion du monde romain au christianisme, entraînant une diminution progressive des pratiques païennes.
📝 Points essentiels
- Au IIIe siècle, une séparation administrative entre Orient et Occident commence à se dessiner, sans rompre l’unité de l’État romain.
- Avec la tétrarchie, chaque empereur exerce l’imperium sur une zone précise, mais l’Empire n’est pas deux États indépendants.
- L’unité sous un seul empereur peut être rétablie par moments, mais le partage devient effectif à la fin du IVe siècle.
- L’unité reste formellement maintenue jusqu’à la déposition de Romulus Augustule par Odoacre en 476.
- Les réformes du Bas-Empire transforment l’administration : division du territoire, hiérarchisation des niveaux et séparation des pouvoirs civils et militaires.
- La christianisation réduit le nombre de païens, qui ne subsistent surtout que dans les campagnes où l’ancien culte romain est encore pratiqué.
💡 Astuce mémo
Tétrarchie = partage de l’imperium, mais pas deux États : unité sur le papier, séparation dans la gestion.
📖 8. Diocèses et préfectures du prétoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Confusion juif et chrétien : Situation où, au début, les autorités romaines ne distinguent pas clairement les juifs et les chrétiens.
- Religion tolérée : Statut d’un culte accepté sous conditions, tant que sa pratique ne menace pas l’ordre public.
- Religions licites : Catégorie de cultes considérés comme acceptables par la tradition romaine et donc moins exposés aux poursuites.
- Religions illicites : Catégorie de cultes jugés non protégés par une tradition ancienne, donc plus facilement réprimés.
- Pline le Jeune : Gouverneur de province qui interroge l’empereur sur la conduite à tenir face aux chrétiens.
📝 Points essentiels
- Jusqu’à la fin du Ier siècle, le christianisme reste marginal dans l’Empire et touche surtout les milieux populaires (esclaves, affranchis, artisans).
- Au IIe-IIIe siècle, le christianisme progresse en Occident (notamment en Gaule) et atteint aussi des élites, ce qui change l’enjeu pour les autorités.
- Le Sénat romain intervient au cas par cas pour interdire ou encadrer des cultes perçus comme dangereux, d’où une distinction entre religions licites et illicites.
- Les chrétiens ne sont pas poursuivis uniquement parce qu’ils sont chrétiens, mais lorsque leur pratique est vue comme un trouble à l’ordre public.
- Vers 111-112, Pline le Jeune condamne à mort des chrétiens qui avouent et persistent après menaces, puis demande à Trajan quoi faire officiellement.
- Trajan ordonne de ne pas engager de poursuites d’office, de ne pas rechercher les chrétiens et de rejeter les dénonciations anonymes, mais de condamner à mort les dénoncés convaincus après preuve manifeste.
💡 Astuce mémo
Tolérance conditionnelle : pas de chasse aux chrétiens, mais sanction si l’obstination refuse le sacrifice civique.
📖 9. Tolérance romaine puis persécutions des chrétiens
🔑 Notions clés & Définitions
- Sacrifice civique : Acte religieux exigé dans l’espace public romain, dont le refus est reproché aux chrétiens.
- Rescrit d’Adrien : Décision impériale qui encadre les poursuites contre les chrétiens et exige une procédure régulière.
- Édits de persécution : Décrets impériaux imposant des mesures générales contre les chrétiens, avec sanctions en cas de refus.
- Édit de Dèce : Mesure du milieu du IIIe siècle imposant un sacrifice général aux dieux païens, contrôlé par les autorités locales.
- Édit de tolérance de Gallien : Mesure du début des années 260 autorisant les responsables chrétiens à tenir librement des réunions.
📝 Points essentiels
- Sous Trajan, l’empereur ne vise pas la foi intérieure mais l’obstination à refuser le sacrifice civique.
- Les autorités laissent en paix les chrétiens discrets et poursuivent surtout les obstinés et provocateurs.
- Le rescrit d’Adrien interdit les poursuites sur dénonciation anonyme ou à la suite de manifestations populaires.
- Une condamnation ne peut intervenir qu’après une procédure régulière et la preuve d’une atteinte aux lois, le christianisme n’étant pas traité comme délit en soi.
- Après le rescrit d’Adrien, une partie de la population accuse les chrétiens de crimes de droit commun pour obtenir des condamnations.
- Au milieu du IIIe siècle, des persécutions générales apparaissent avec des édits, car le christianisme progresse tandis que l’Empire est en crise et menacé aux frontières.
💡 Astuce mémo
Trajan/Adrien = faute = refus public du sacrifice; Dèce/Galère/Dioclétien = faute = refus imposé par édits.
📖 10. Juridiction ecclésiastique sous Constantin
🔑 Notions clés & Définitions
- Dioclétien : Empereur romain qui lance une politique de répression contre les chrétiens pour préserver l’unité religieuse et politique de l’Empire.
- Galère : Co-empereur associé aux persécutions, qui finit par reconnaître l’échec de cette politique et promulgue un édit de tolérance en 311.
- Édit de Milan : Texte adopté en 313 lors de conférences entre Constantin et Licinus, accordant aux chrétiens le libre exercice du culte et la restitution de biens.
- Tétrarchie : Organisation du pouvoir impérial où plusieurs co-empereurs gouvernent, dont Constantin et Licinus, avant la bascule liée à la guerre contre Maxence.
- Bataille du pont Milvius : Bataille de 312 près de Rome où Constantin vainc Maxence, avec l’affichage du signe chrétien par les soldats.
📝 Points essentiels
- Entre 303 et 304, quatre édits (sous Dioclétien et Galère) interdisent le culte chrétien, imposent la destruction des Églises et la confiscation des biens.
- Un sacrifice général est exigé de tous, et le refus entraîne plusieurs milliers de morts, surtout en Orient où Galère sévit.
- Les persécutions échouent car le christianisme progresse, y compris dans des milieux officiels comme des sénateurs et des officiers.
- En 311, Galère promulgue un édit de tolérance : le christianisme est reconnu et toléré en Orient sous réserve de ne pas troubler l’ordre public.
- En 312, Constantin combat Maxence dans un Empire divisé entre co-empereurs (tétrarchie), et la victoire s’accompagne de l’affichage du signe chrétien.
- Le 28 octobre 312, Constantin sort victorieux de la bataille du pont Milvius, et le signe X-P est porté sur les boucliers des soldats, sans preuve que tous soient déjà chrétiens.
💡 Astuce mémo
X-P sur le bouclier = victoire de 312 ; Milan 313 = culte libre + biens rendus.
📖 11. Édit de Thessalonique et christianisation de l’Empire
🔑 Notions clés & Définitions
- Capacité patrimoniale de l’Église : Capacité juridique reconnue à l’Église pour posséder des biens et constituer un patrimoine.
- Exemptions fiscales du clergé : Privilèges fiscaux accordés aux clercs, notamment des allègements liés aux taxes personnelles et aux corvées.
- Juridiction épiscopale : Compétence officielle de l’évêque pour juger certaines affaires, reconnue par l’État à partir de Constantin.
- Excommunication : Sanction religieuse prononcée par l’autorité ecclésiastique en cas de manquements à la foi et à la morale chrétienne.
- Édit de Thessalonique : Édit de Théodose (380) imposant la foi chrétienne à tout l’Empire et faisant du christianisme une religion d’État.
📝 Points essentiels
- L’État accorde à l’Église des privilèges patrimoniaux et juridiques, dont la capacité de posséder des biens.
- Les donations impériales (dont des terres, des theurs et le palais du Latran) permettent une constitution rapide d’un patrimoine ecclésiastique.
- Les clercs reçoivent des franchises de taxes personnelles et sont dispensés de corvées, jugées incompatibles avec la dignité cléricale.
- En 318, Constantin reconnaît officiellement la juridiction épiscopale (episcopalis audientia), renforçant le pouvoir judiciaire de l’évêque.
- Les évêques jugent à la fois des affaires disciplinaires (atteintes à la foi et à la morale) et des litiges entre chrétiens comme arbitres.
- Sous Constantin, l’État aide à l’exécution des décisions disciplinaires par des mesures comme l’exil ou la confiscation des biens, ce qui change l’effectivité des sanctions.
💡 Astuce mémo
318 → « l’État ouvre le tribunal de l’évêque » ; 380 → « l’édit impose la foi à tous ».
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 753 avant Jésus-Christ | Fondation légendaire de Rome (borne de départ chronologique) |
| 476 | Déposition de Romulus Augustule par Odoacre (borne de fin) |
| 154 avant notre ère | Premières interventions romaines en Gaule : Rome aide Massalia |
| 390 avant notre ère | Siège de Rome par les Gaulois conduits par Brénus et rançon de 1000 livres d’or |
| 124 avant notre ère | Annexion d’un territoire le long du Rhône et de la Garonne : première province romaine (Transalpine puis Narbonnaise) |
| 58 avant notre ère | Début de la guerre des Gaules (Jules César) |
| 52 avant notre ère | Échec de la prise de Gergovie par César ; coalition gauloise sous Vercingétorix |
| avril 52 | Échec de la tentative de César à Gergovie |
| 1er août | Date des réunions annuelles du Conseil des Trois Gaules |
| an XII avant notre ère | Apparition du Conseil des Trois Gaules (au moment des derniers légionnaires quittant les Gaules) |
📊 Tableaux de synthèse
Types de provinces (avant le Bas-Empire)
| Type de province | Autorité de nomination | Rôle militaire |
|---|
| Sénatoriales | Sénat de Rome (tirage au sort ; proconsul) | Considérées pacifiées : pas d’armée |
| Impériales | Empereur (choix du gouverneur) | Pacification incomplète : présence de troupes ; imperium plein par délégation |
Attitude romaine envers les chrétiens (logique juridique)
| Période | Principe | Condition de sanction |
|---|
| Fin Ier siècle | Christianisme marginal : ignorance puis tolérance | Poursuites seulement si la pratique trouble l’ordre public |
| Vers 111-112 | Politique de cas par cas (Pline le Jeune / Trajan) | Condamnation si obstination à refuser le sacrifice civique (preuve manifeste) |
| Milieu IIIe siècle | Persécutions générales par édits | Sacrifice général imposé ; refus = peine (jusqu’à mort) |
| 303-304 | Répression de Dioclétien et Galère | Interdiction du culte, destruction des Églises, confiscations, sacrifice général |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la borne 476 (déposition de Romulus Augustule) avec la bataille de 312 : ce sont deux événements de nature différente et séparés par plusieurs siècles.
- Croire que la province de Gaule apparaît d’un seul coup : le cours distingue d’abord l’intervention vers 154 (Massalia) puis l’annexion à partir de 124 (Transalpine/Narbonnaise).
- Mélanger Gergovie et Alésia : Gergovie échoue pour César (avril 52), tandis qu’Alésia finit par vaincre la coalition.
- Penser que la romanisation = seulement la langue : le cours insiste surtout sur le droit et sur l’organisation administrative (cités/provinces).
- Inverser provinces sénatoriales et impériales : les sénatoriales sont pacifiées et sans armée, les impériales sont proches des barbares et exigent des troupes.
- Croire que les chrétiens sont poursuivis “parce qu’ils sont chrétiens” : le cours précise que c’est l’obstination et le refus du sacrifice civique qui trouble l’ordre public.
- Confondre l’édit de Milan (313) avec les persécutions : Milan marque la fin de la simple tolérance et le passage à un régime de faveur, alors que les édits de persécution sont antérieurs (303-304, puis 250-260).
✅ Checklist Examen
- Rappeler les bornes chronologiques : 753 avant Jésus-Christ et 476, et ce que représente la déposition de Romulus Augustule.
- Expliquer pourquoi Rome intervient en Gaule au départ (peur des Gaulois) et relier 390 à la rançon de 1000 livres d’or et à la formule « Vae victis ».
- Situer l’étape de 154 avant notre ère : l’aide à Massalia contre des tribus gauloises.
- Décrire l’étape de 124 avant notre ère : annexion le long du Rhône et de la Garonne et création de la première province romaine (Transalpine puis Narbonnaise).
- Présenter la conquête des Gaules : début en 58 avant notre ère, division en trois régions (Gaule chevelue / trois Gaules), et rôle de Vercingétorix.
- Distinguer clairement les événements de 52 avant notre ère : échec à Gergovie (avril 52) puis victoire romaine à Alésia.
- Définir la romanisation et citer ses trois leviers : assimilation de la culture romaine, diffusion (langue et surtout droit), et organisation administrative.
- Expliquer la logique “cités puis provinces puis Conseil des Trois Gaules” : clans transformés en cités, provinces (Belgique, Lyonnaise, Aquitaine) et fédération provinciale.
- Comparer provinces sénatoriales et impériales : autorité (Sénat vs empereur) et différence de présence militaire (pacifiées vs troupes).
- Expliquer le Conseil des Trois Gaules : date d’apparition (an XII avant notre ère), présidence du prêtre grelois, réunions annuelles (1er août), et fonctions politique + religieuse (éloge/blâme, sacrifice).
- Relier le déclin du Conseil à l’édit de 212 de Caracalla : généralisation de la citoyenneté et perte de spécificité politique.
- Décrire les réformes du Bas-Empire sous Dioclétien : explosion du nombre de provinces (48 en 284 à 104), impérialisation des provinces, création des diocèses en 297, et séparation Orient/Occident au IIIe siècle.
- Expliquer la “tolérance conditionnelle” envers les chrétiens jusqu’au milieu du IIIe siècle : ignorance puis tolérance, distinction licites/illicites, et sanction liée au trouble de l’ordre public.
- Maîtriser la procédure Pline le Jeune / Trajan vers 111-112 : pas de poursuites d’office, pas de dénonciations anonymes, condamnation si dénoncés convaincus et preuve manifeste (sacrifice).
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