Scheda di revisione: Introduction à la morale et à la justice

📋 Plan du Cours

  1. Morale et devoir-être
  2. Distinction être et devoir-être
  3. Devoirs moraux au-delà de la loi civile
  4. Morale universelle et morale relative
  5. Justice légale et justice idéelle
  6. Impartialité de la justice idéelle
  7. Dignité humaine, droits et indignation
  8. Équité, égalité et mérite
  9. Justice et rapport à la force
  10. Cartographie des devoirs légaux, moraux et de justice
  11. Conscience morale et devoirs catégoriques
  12. Devoirs hypothétiques et dilemmes moraux

📖 1. Morale et devoir-être

🔑 Notions clés & Définitions

  • Contrainte : La contrainte est une force extérieure qui détermine l’action d’un individu depuis le dehors.
  • Obligation : L’obligation est un devoir qu’un individu doit respecter, tout en gardant la capacité d’agir autrement.
  • Morale : La morale est l’ensemble des règles qui déterminent ce qui est bon ou mauvais dans nos actions.
  • Devoir-être : Le devoir-être désigne ce qui devrait exister, indépendamment de ce qui est effectivement le cas.
  • Devoir moral : Le devoir moral est une obligation portant sur le bien et le mal qui s’impose même sans loi civile correspondante.

📝 Points essentiels

  • La contrainte s’oppose à la liberté car, sous contrainte, l’individu ne peut pas faire autre chose que l’action imposée.
  • L’obligation ne s’oppose pas à la liberté car l’individu obligé peut toujours choisir une autre action.
  • La morale prend concrètement la forme de devoirs au quotidien pour juger nos actions comme bonnes ou mauvaises.
  • L’être correspond aux faits constatés, tandis que le devoir-être correspond à ce qui devrait être vrai même si les faits sont différents.
  • Le devoir-être est indépendant de l’être : si tout le monde bat ses enfants, cela n’implique pas que battre soit bien, et si personne ne bat ses enfants, cela n’en fait pas automatiquement un bien.
  • Les devoirs moraux valent même là où la loi civile ne punit pas : par exemple, l’adultère peut ne pas être puni civilement tout en restant jugé devoir de ne pas tromper son conjoint.

💡 Astuce mémo

Contrainte = je ne peux pas choisir ; Obligation = je dois, mais je peux choisir autrement.

📖 2. Distinction être et devoir-être

🔑 Notions clés & Définitions

  • Être : L’être désigne ce que font réellement les individus, indépendamment de ce que l’on juge moralement ou juridiquement acceptable.
  • Devoir-être : Le devoir-être désigne ce que les individus devraient faire, comme exigence morale, indépendamment de ce qui se constate effectivement.
  • Devoirs moraux : Les devoirs moraux sont des obligations liées au bien et au mal qui s’imposent même sans loi civile correspondante.
  • Morale universelle : La morale universelle regroupe des règles valables pour tous, qui déterminent universellement le Bien et le Mal.
  • Mœurs : Les mœurs sont des habitudes sociales évaluées comme bonnes ou mauvaises selon une société donnée.

📝 Points essentiels

  • Le devoir-être (ex. « il est mal de battre ses enfants ») peut être indépendant de l’être (ex. « certains battent ou ne battent pas »).
  • Si le devoir-être est indépendant de ce qu’on observe, il faut expliquer comment on le connaît ou le justifie.
  • Les devoirs moraux portent sur le bien et le mal et peuvent exister même quand la loi civile ne punit pas.
  • Deux explications de la morale : soit elle vise un Bien/Mal universels, soit elle reflète seulement les mœurs d’un peuple.
  • Une tension apparaît : affirmer une morale universelle peut sembler illusoire, car on n’en a jamais une preuve certaine par l’expérience.
  • Si la morale universelle existe, la conscience morale peut être comprise soit comme voix révélée (Rousseau), soit comme intériorisation des valeurs sociales (Freud).

💡 Astuce mémo

Être = faits observés ; Devoir-être = exigence normative : ce que tu constates ne prouve pas ce que tu dois.

📖 3. Devoirs moraux au-delà de la loi civile

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conscience morale : La conscience morale est un sentiment qui accompagne l’évaluation de ce qui est bien ou mal.
  • Raison kantienne : La morale, chez Kant, repose sur la raison plutôt que sur des habitudes ou des intérêts sociaux.
  • Conscience morale rousseauiste : Chez Rousseau, la conscience morale exprime une manifestation du divin en l’être humain.
  • Conscience morale freudienne : Chez Freud, la conscience morale correspond à l’intériorisation des valeurs de la société où l’on vit.
  • Morale universelle : La morale universelle désigne l’idée que le Bien et le Juste vaudraient pour tous, indépendamment des lois et des cultures.

📝 Points essentiels

  • La conscience morale est décrite comme un sentiment, mais son sens dépend de l’origine qu’on lui attribue.
  • Kant défend que la morale s’appuie sur la raison.
  • Rousseau rattache la conscience morale à une manifestation du divin en nous.
  • Freud soutient que la conscience morale n’est pas universelle car elle reflète l’assimilation des valeurs sociales.
  • Affirmer une morale et une justice universelles peut sembler illusoire car elles seraient des idées dont l’objectivité est difficile à garantir.
  • Affirmer une morale et une justice universelles peut aussi être dangereux car des conceptions particulières du Bien et du Juste risquent d’être présentées comme universelles.

💡 Astuce mémo

Sentiment + origine : conscience morale = émotion, mais sa signification change selon qui on dit qu’elle vient de la raison, du divin ou de la société.

📖 4. Morale universelle et morale relative

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dignité humaine : La dignité humaine est une valeur morale qui impose aux autres des comportements déterminés, indépendamment de leurs actes réels.
  • Indignation : L’indignation est une douleur ressentie quand on perçoit un bafouement de la dignité, soit la sienne, soit celle d’autrui.
  • Équité : L’équité est une forme de justice qui établit une égalité proportionnelle plutôt qu’une égalité strictement identique.
  • Égalité proportionnelle : L’égalité proportionnelle est une égalité de rapports, où les parts dépendent d’un facteur commun.
  • Conscience morale : La conscience morale est une voix intérieure qui juge si une action est bonne ou mauvaise.

📝 Points essentiels

  • La dignité n’est bafouée que par des êtres capables de la concevoir, car l’absence de conception exclut l’idée de respect/déni.
  • Un nouveau-né qui urine ne bafoue pas la dignité, tandis qu’un adulte qui crache peut la bafouer en plus du désagrément.
  • Si l’on défend une dignité humaine, on a aussi des devoirs envers soi-même, donc la liberté sur soi n’est pas illimitée.
  • La justice vise l’équité, et l’équité correspond à une égalité proportionnelle de rapports ab=cd\frac{a}{b}=\frac{c}{d}.
  • Un partage équitable n’est pas identique pour tous : il attribue des parts spécifiques selon un facteur choisi.
  • Le facteur peut être l’humanité (égalité stricte) ou des actions comme le travail (égalité proportionnelle, plus de travail → plus).

💡 Astuce mémo

Dignité = conception + devoirs : si je peux la comprendre, je peux la bafouer; et je dois aussi me respecter.

📖 5. Justice légale et justice idéelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Devoirs légaux : Obligations imposées par la loi, qui visent à organiser la vie commune et à encadrer les comportements des citoyens.
  • Justice idéelle : Idéal de justice à réaliser dans l’État, présenté comme un objectif moral au-delà du simple maintien de l’ordre.
  • Devoirs moraux : Obligations qui s’imposent à tout être humain et qui priment généralement sur les devoirs légaux.
  • Conscience morale : Instance intérieure qui fait juger une action bonne ou mauvaise et qui sert de base à la distinction des devoirs.
  • Devoirs de justice : Devoirs orientés vers l’équité, c’est-à-dire vers un traitement juste des personnes.

📝 Points essentiels

  • Les devoirs légaux servent à garantir et maintenir l’ordre social au sein de l’État.
  • Les devoirs légaux sont aussi présentés comme un moyen de réaliser la justice idéelle dans l’État.
  • Les devoirs légaux sont parfois associés à l’idée de rendre les citoyens heureux.
  • Les devoirs moraux obligent tout être humain et ont généralement priorité sur les devoirs légaux.
  • Les devoirs d’éthique visent le Bien et le bonheur collectif, tandis que les devoirs de justice visent l’équité.
  • La conscience morale distingue des actions bonnes par principe et des actions bonnes en vertu de leurs conséquences.

💡 Astuce mémo

Ordre social → loi ; Équité → justice ; Bien collectif → éthique ; Priorité morale → conscience.

📖 6. Impartialité de la justice idéelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conscience morale : La conscience morale est un ensemble de sentiments qui accompagne l’évaluation de nos actions, avec une « bonne conscience » ou des remords.
  • Jugement objectif : Un jugement objectif dépend de l’objet et fait abstraction des points de vue particuliers, ce qui le rend reconnaissable par tous.
  • Jugement subjectif : Un jugement subjectif dépend du sujet et de ses points de vue particuliers, donc il ne vaut que pour ceux qui le formulent.
  • Jugement intersubjectif : Un jugement intersubjectif dépend de la relation entre sujets et repose sur une structure d’esprit partagée, donc il peut valoir pour tous.
  • Loi morale : La loi morale est une loi de la raison qui se constate en l’homme et qui rend possible une universalité de la morale.

📝 Points essentiels

  • Si l’agent agit uniquement pour son intérêt privé, on estime qu’il n’agit pas moralement, même si l’action produit un effet utile.
  • La conscience morale n’est pas un critère fiable : elle peut se tromper ou être trompeuse, car elle reflète des sentiments plutôt qu’une preuve rationnelle.
  • Dans une copie, il ne faut pas conclure « c’est bien parce que ma conscience morale me le dit » avant d’avoir examiné l’origine et la justification du jugement.
  • La question centrale est l’origine de la conscience morale : intériorisation des mœurs, ou manifestation de la raison ?
  • Kant distingue l’universalité de la morale : elle ne vient pas d’une objectivité de l’objet, mais d’une intersubjectivité liée à la structure de l’esprit.
  • La loi morale est un « fait de la raison » : elle se constate chez l’être humain et n’existe que parce qu’il possède une raison.

💡 Astuce mémo

Conscience morale = météo intérieure : agréable ou douloureuse, mais pas une preuve ; la raison = boussole.

📖 7. Dignité humaine, droits et indignation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impératif catégorique : Principe moral kantien qui exige d’agir selon une règle universalisable, indépendamment de nos intérêts ou désirs.
  • Universalisation : Procédure kantienne consistant à tester si une maxime peut devenir une règle valable pour tous sans contradiction pratique.
  • Sensibilité : Faculté humaine qui fait naître plaisir et douleur, et oriente nos désirs vers ce qui nous attire.
  • Raison : Faculté humaine qui contient la loi morale et permet de reconnaître le devoir même contre le désir.
  • Dignité humaine : Valeur propre à l’être humain fondée sur sa capacité à respecter la loi morale au détriment de l’intérêt.

📝 Points essentiels

  • Un acte n’est moral que si la maxime qui le guide peut être universalisee sans détruire la possibilité même de l’acte.
  • Le mensonge n’est pas universalisa ble : si tout le monde ment, la parole perd sa crédibilité et le mensonge devient impossible.
  • La conscience morale se manifeste quand on s’apprête à faire une action non universalisa ble, par le sentiment de mal agir.
  • Kant distingue agir par devoir et agir conformément au devoir : dans le premier cas l’intention vise le respect de la loi morale.
  • Agir conformément au devoir peut être motivé par l’intérêt ou des conséquences, donc être juste sans être moral.
  • La véritable intention est insondable : on ne peut pas prouver de façon certaine qu’une action a été faite par devoir plutôt que par intérêt.

💡 Astuce mémo

Universalise ou casse : si la règle universelle détruit la pratique (comme le mensonge), alors c’est immoral.

📖 8. Équité, égalité et mérite

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dignité humaine : La dignité humaine repose sur la capacité à respecter la loi morale plutôt que de suivre son intérêt.
  • Loi morale : La loi morale est le principe qui commande de traiter l’autre comme une fin et non comme un moyen.
  • Instrumentalisation de la vie d’autrui : L’instrumentalisation consiste à utiliser la vie d’autrui comme un simple moyen au service d’un objectif.
  • Indépendance : L’indépendance est la liberté d’agir selon son bon vouloir, sans devoir rendre de comptes à autrui.
  • Autonomie : L’autonomie est la liberté d’agir selon sa propre loi, de façon disciplinée par des règles qu’on s’est données.

📝 Points essentiels

  • La dignité humaine exige de respecter la loi morale au détriment de l’intérêt personnel.
  • On ne doit jamais traiter la vie d’autrui comme un pur instrument.
  • Dans le dilemme du tramway, un kantien refuse de sacrifier une vie pour en sauver cinq car cela instrumentalise des personnes.
  • Le sacrifice peut être moralement permis si je choisis librement de me sacrifier, car je ne réduis alors personne à un simple moyen.
  • L’indépendance correspond à l’absence de contrainte de rendre des comptes, tandis que l’autonomie correspond à l’obéissance à des règles qu’on s’est données.
  • Le libre-arbitre est présenté comme l’idée que la volonté est cause des actions et qu’elle pourrait vouloir le contraire de ce qu’elle veut effectivement.

💡 Astuce mémo

Dignité = Loi morale > intérêt ; Autrui jamais moyen : fin seulement.

📖 9. Justice et rapport à la force

🔑 Notions clés & Définitions

  • Libre-arbitre : Le libre-arbitre désigne la capacité de la volonté à ne pas être déterminée par un seul facteur, mais à pouvoir être guidée par des sources différentes.
  • Autonomie kantienne : L’autonomie kantienne est l’idée que la liberté consiste à se donner à soi-même la loi morale, en suivant la raison plutôt que les désirs.
  • Loi morale : La loi morale est le principe rationnel qui commande l’action indépendamment des inclinations sensibles et qui fonde le devoir.
  • Benjamin Constant : Benjamin Constant est l’auteur mobilisé ici pour critiquer l’application stricte de la morale kantienne dans des situations concrètes.
  • Schopenhauer : Schopenhauer est l’auteur mobilisé ici pour critiquer la morale kantienne, notamment l’idée de devoir et sa prétention à fonder une loi universelle.

📝 Points essentiels

  • Kant résout le problème de la liberté en distinguant deux sources de détermination : la sensibilité (désirs) et la raison (loi morale).
  • Quand les désirs déterminent l’action, l’être humain agit comme une machine programmée par ce qui lui plaît.
  • Quand la réalisation des désirs s’oppose à la loi morale, l’individu prend conscience d’un choix libre entre deux régimes de causalité.
  • Pour Kant, la liberté se réalise seulement en faisant son devoir, c’est-à-dire en respectant la loi morale issue de la raison.
  • La liberté humaine fonde la responsabilité : si l’individu peut s’émanciper des désirs, il peut être puni pour ses actes.
  • Deux limites sont avancées contre la loi morale kantienne : son origine reste mystérieuse et elle peut frustrer notre sens moral dans certains cas.

💡 Astuce mémo

Raison vs Désir : quand ça bloque, la liberté apparaît—et elle se prouve par le devoir.

📖 10. Cartographie des devoirs légaux, moraux et de justice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Devoir moral : Notion de devoir censée fonder une action morale indépendamment de tout intérêt personnel.
  • Égoïsme : Disposition où l’action est déterminée par l’intérêt propre de l’agent plutôt que par autrui.
  • Pitié : Capacité à souffrir des souffrances d’autrui, proche de la compassion.
  • Loi morale kantienne : Principe moral chez Kant présenté comme une obligation provenant de la raison du sujet.
  • Décalogue : Ensemble des dix commandements attribués à Moïse, auquel Schopenhauer rattache la loi morale kantienne.

📝 Points essentiels

  • Schopenhauer soutient que l’action « par devoir » est toujours égoïste, donc ne peut pas être morale.
  • Une volonté est toujours déterminée par des mobiles, c’est-à-dire par des désirs qui poussent à vouloir quelque chose.
  • Le devoir envers soi-même est jugé contradictoire car le devoir suppose une distance entre ce que je veux et ce que je dois faire.
  • Si j’agis selon mon désir, je n’agis pas par devoir ; si j’obéis à une autorité, le devoir vise l’autorité, pas moi-même.
  • Les punitions et les récompenses sont présentées comme les moyens qui rendent possible le vouloir du devoir, donc comme des mobiles égoïstes.
  • Une action par devoir implique deux volontés : une volonté qui oblige et une volonté qui est obligée, jamais totalement libre.

💡 Astuce mémo

Devoir = mobile + contrainte : punir/récompenser → intérêt → pas de morale.

📖 11. Conscience morale et devoirs catégoriques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pitié : La pitié est un sentiment qui nous fait compatir à la souffrance d’autrui et peut motiver l’action morale.
  • Égoïsme : L’égoïsme est une motivation centrée sur son intérêt propre, sans considération pour la souffrance d’autrui.
  • Méchanceté : La méchanceté est une motivation qui consiste à tirer plaisir des souffrances d’autrui, opposée à la pitié.
  • Théorie métaphysique : Une théorie métaphysique est une théorie qui prétend décrire l’être indépendamment de la manière dont il est perçu ou expérimenté.
  • Volonté (Schopenhauer) : La Volonté est, chez Schopenhauer, l’unique réalité derrière les apparences, identifiant tous les êtres.

📝 Points essentiels

  • Une action juste vise l’intérêt de l’agent tout en évitant de faire souffrir autrui.
  • La pitié est présentée comme un frein à l’égoïsme plutôt que comme le fondement de la justice.
  • Une action injuste est définie comme égoïste et insensible à la pitié, donc faite au détriment d’autrui.
  • Une mauvaise action est décrite comme une action dont le seul but est de faire souffrir autrui.
  • Fonder l’universalité morale sur la pitié pose problème car la pitié est un sentiment non universel.
  • Si la morale dépend d’un sentiment majoritaire, elle devient un rapport de force imposant aux minorités des désirs non partagés.

💡 Astuce mémo

Pitié = sentiment (donc pas universel) ; Justice = intérêt sans nuire ; Injustice = intérêt contre autrui ; Mal = plaisir de nuire.

📖 12. Devoirs hypothétiques et dilemmes moraux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sujet pensant : Le sujet pensant est le support indéterminé de la pensée, dont on ne peut rien décrire de plus que le fait qu’il pense.
  • Sujet pensé : Le sujet pensé est l’image de soi produite par la pensée, donc un objet décrit plutôt qu’un principe de pensée.
  • Sujet percevant : Le sujet percevant est le support indéterminé de la perception, qu’on ne peut décrire autrement que comme conscience percevante.
  • Sujet perçu : Le sujet perçu est le soi décrit comme objet de perception (par exemple un corps), donc un contenu perçu plutôt qu’un sujet.
  • Vérité morale : Une vérité morale est une connaissance qui peut être défendue même si l’on met en cause la distinction entre individus.

📝 Points essentiels

  • Décrire le sujet pensant échoue : soit on fabrique un nouveau sujet pensé, soit on retombe sur l’idée minimale « quelque chose qui pense ».
  • La différenciation entre personnes se fait seulement en tant que sujets pensés : on compare des corps comme objets devant la pensée.
  • Avant d’être différents, les sujets pensants sont identiques : aucun trait ne distingue le support de pensée, quel que soit le contenu pensé.
  • Le sujet pensé est produit par le sujet pensant : quand on se cherche, le « vrai » soi est celui qui pense, pas celui qui est décrit.
  • Objection perception vs pensée : la distinction avec la mère ou le chien semblerait immédiate par la perception, pas par un raisonnement.
  • Réponse : la même structure vaut pour la perception, car on ne décrit correctement le sujet percevant qu’en le réduisant à une conscience percevante indéterminée.

💡 Astuce mémo

Pensée/Perception : même piège, même issue — décrire le sujet “en soi” échoue, on ne garde que le support (penser/percevoir).

📊 Tableaux de synthèse

Être vs devoir-être (morale)

TermeCe que c’estExemple
ÊtreCe qui est de l’ordre du fait, ce qui existe et se constateMême si tout le monde bat ses enfants, cela reste un fait
Devoir-êtreCe qui est de l’ordre du droit, ce qui devrait exister indépendamment des faitsIl resterait vrai que personne ne devrait battre ses enfants
IndépendanceLe devoir-être ne se déduit pas de l’êtrePersonne ne bat ses enfants ne rend pas automatiquement le fait “bien”

Justice légale vs justice idéelle

TypeDéfinitPortée
Justice légale (positive)Le légal/illégal dans une société (lois, tribunaux, police)Varie selon les États
Justice idéelle (divine/naturelle)Le légitime/illégitime (droit universel, idées/raisonnements)Prétend à l’universalité

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre contrainte et obligation : sous contrainte l’individu ne peut pas faire autre chose, alors que sous obligation il peut choisir autrement.
  2. Croire que “si tout le monde fait, alors c’est bien” : le devoir-être moral reste indépendant de l’être (faits observés).
  3. Prendre la conscience morale comme preuve : un sentiment de “bonne conscience” ou de remords peut se tromper ou être trompeur.
  4. Mélanger justice légale et justice idéelle : la première dépend des lois d’un État, la seconde vise le légitime/illégitime au-delà de la loi civile.
  5. Penser que “agir moralement” = “agir conformément au devoir” : chez Kant, agir par devoir vise le respect de la loi morale, pas l’intérêt ou l’avantage.
  6. Croire que la morale kantienne fonde l’universalité parce qu’elle serait objective : Kant dit qu’elle est universelle par intersubjectivité/structure de l’esprit (loi morale comme fait de la raison).
  7. Réduire la morale de Schopenhauer à la pitié comme simple sentiment : chez lui, la pitié sert à distinguer Bien/Juste/Injuste/Mal, mais l’universalité repose sur une thèse métaphysique (Volonté).

✅ Checklist Examen

  1. Définir contrainte et obligation, puis expliquer pourquoi la contrainte s’oppose à la liberté tandis que l’obligation la nécessite.
  2. Expliquer la différence être / devoir-être et donner l’idée d’indépendance entre faits constatés et ce qui devrait être.
  3. Dire ce que sont les devoirs moraux et expliquer pourquoi ils peuvent exister même sans loi civile (adultère).
  4. Présenter l’alternative sur la morale : morale universelle (Bien/Mal objectivement universels) ou morale comme mœurs (validité particulière).
  5. Expliquer ce que sont les “vérités morales” : devoir-être absolu (morale universelle/justice idéelle) vs devoir-être relatif (mœurs).
  6. Définir justice légale et justice idéelle, puis rappeler l’idée d’impartialité et le lien avec la dignité et l’indignation.
  7. Expliquer dignité humaine : ce qu’elle est (valeur avec droits et devoirs) et pourquoi l’indignation apparaît quand elle est bafouée par un adulte capable de la concevoir.
  8. Expliquer équité et égalité proportionnelle : donner l’idée du facteur (humanité pour égalité stricte, travail pour proportionnelle).
  9. Expliquer la relation justice/force : pourquoi une justice non respectée par la force serait inexistante et pourquoi on peut confondre “ce qui s’impose” avec “ce qui est juste”.
  10. Lister les types de devoirs (légaux, moraux, d’éthique, de justice) et préciser leurs visées (ordre social, bien collectif, équité).
  11. Expliquer la conscience morale : distinguer actions catégoriques (par principe) et hypothétiques (par conséquences), et définir dilemme moral.
  12. Expliquer pourquoi une action morale doit être désintéressée et altruiste : distinguer agir par intérêt (même avec bonnes conséquences) et agir moralement par intention.
  13. Présenter Kant : impératif catégorique (universalisation de la maxime), sensibilité vs raison, agir par devoir vs agir conformément au devoir, et pourquoi faire son devoir = être libre.
  14. Présenter les critiques de Schopenhauer : faire son devoir = agir intéressé (devoir impossible à être moral), puis distinguer Bien/Juste/Injuste/Mal via pitié/égoïsme/méchanceté et justifier l’universalité par la thèse “

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Contrainte vs Obligation

Contrainte = force extérieure; Obligation = devoir respecté, plus de choix

Être vs devoir-être — différence ?

L’être concerne les faits, le devoir-être ce qui devrait être.

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