📋 Plan du Cours
- Typologie des conflits
- Acteurs des conflits
- Motivations des conflits
- Modes de résolution
- Conflits armés actuels
- Conflits intra-étatiques
- Conflits asymétriques
- Typologie conflictuelle
- Exemples de conflits
- Complexité des conflits modernes
📖 1. Typologie des conflits
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit : opposition entre deux ou plusieurs acteurs avec antagonisme, pouvant prendre diverses formes telles que la rivalité, la guerre ou d’autres comportements hostiles (source : HYPERGÉO).
- Conflictualité : situation intermédiaire entre paix et guerre ouverte, caractérisée par des violences de natures diverses, sans nécessairement aboutir à un conflit armé classique (source : HYPERGÉO).
- Paix : absence de conflits, situation où aucune opposition ou violence n’est présente entre acteurs (source : HYPERGÉO).
- Échelle de la conflictualité : gradation allant du désaccord léger à la violence ouverte, en passant par des niveaux intermédiaires de tension et de rivalité (source : HYPERGÉO).
📝 Points essentiels
- La notion de conflit englobe une diversité de phénomènes, du simple désaccord à la guerre ouverte, avec une échelle de la conflictualité allant du conflit latent à la violence armée (source : HYPERGÉO).
- La conflictualité désigne une situation où des violences diverses existent, sans forcément aboutir à une guerre classique, ce qui complexifie la compréhension des formes de violence dans le monde contemporain (source : HYPERGÉO).
- La paix est définie comme l’absence de conflits, mais paradoxalement, le monde connaît une augmentation des conflictualités non armées, donnant une impression de retour à la guerre (source : HYPERGÉO).
- La typologie des conflits doit prendre en compte la nature (interétatique, intra-étatique, asymétrique), les acteurs (États, groupes rebelles, terroristes, etc.) et les modes de résolution (victoire, négociation, intervention extérieure) (source : HYPERGÉO).
- La complexité croissante des conflits modernes rend leur classification simpliste difficile, notamment en raison de leur hybridation et de l’implication multiple d’acteurs (source : HYPERGÉO).
💡 À retenir
La conflictualité couvre un spectre allant du désaccord léger à la violence armée ouverte, et la typologie des conflits doit s’adapter à cette diversité pour mieux comprendre la complexité des enjeux contemporains.
📖 2. Acteurs des conflits
🔑 Notions clés & Définitions
- Acteurs conventionnels : acteurs qui respectent les normes et conventions internationales en matière de guerre, tels que les États, les organisations internationales, les coalitions, et les sociétés militaires privées.
- Acteurs non conventionnels : acteurs qui ne respectent pas nécessairement ces normes, souvent impliqués dans des conflits asymétriques ou irréguliers, comme les groupes rebelles, groupes criminels ou terroristes.
- Organisations internationales : institutions créées par plusieurs États pour gérer ou intervenir dans les conflits, comme l’ONU ou l’OTAN.
- Sociétés militaires privées (SMP) : entreprises privées qui louent leurs services pour faire la guerre ou assurer la sécurité, comme Blackwater ou Wagner.
- Exemples d’acteurs : ONU, OTAN, Blackwater, Wagner, FARC, Al-Qaida.
📝 Points essentiels
- Les acteurs conventionnels regroupent principalement les États, les organisations internationales (ex : ONU, OTAN) et les sociétés militaires privées (ex : Blackwater, Wagner). Ces acteurs respectent généralement les règles du droit international humanitaire.
- Les acteurs non conventionnels incluent des groupes rebelles (ex : FARC), des groupes criminels ou terroristes (ex : Al-Qaida, Daech). Ces acteurs ne respectent pas toujours les conventions et utilisent souvent des moyens irréguliers ou asymétriques.
- La distinction entre acteurs conventionnels et non conventionnels n’est pas toujours claire, notamment dans les conflits hybrides où acteurs peuvent combiner plusieurs caractéristiques.
- La participation de sociétés militaires privées (ex : Wagner en Afrique ou en Ukraine) illustre la montée en puissance de acteurs privés dans les conflits modernes.
- La diversité des acteurs, leur légitimité et leur mode d’action complexifient la gestion et la résolution des conflits.
💡 À retenir
Les acteurs des conflits se répartissent en acteurs conventionnels, respectant les normes internationales, et acteurs non conventionnels, souvent irréguliers ou illégaux, ce qui complexifie la nature et la résolution des conflits modernes.
📖 3. Motivations des conflits
🔑 Notions clés & Définitions
-
Motivations politiques : Raisons liées à la prise de pouvoir, la défense ou l’expansion territoriale, ou encore la survie d’un État. Selon Yann Bouvier (date), ces motivations visent à renforcer ou préserver la souveraineté et l’autorité politique face à des menaces internes ou externes.
-
Motivations économiques : Intérêts liés à l’appropriation ou la contrôle de ressources naturelles, économiques ou stratégiques. Yann Bouvier (date) précise que ces motivations cherchent à exploiter ou sécuriser des richesses pour renforcer la puissance économique d’un acteur ou d’un groupe.
-
Motivations idéologiques et religieuses : Raisons fondées sur des convictions nationalistes, religieuses ou fondamentales. Selon Yann Bouvier (date), ces motivations cherchent à imposer une vision du monde ou une identité collective, souvent par des revendications de nationalisme ou de fondamentalisme religieux.
📝 Points essentiels
- Les conflits modernes sont souvent motivés par une combinaison de ces trois types, rendant leur analyse complexe.
- La motivation politique concerne la lutte pour le pouvoir ou la survie d’un État, comme dans les conflits de souveraineté ou de territoire.
- Les motivations économiques sont souvent liées à l’accès à des ressources stratégiques, telles que le pétrole, l’eau ou les minerais, qui peuvent déclencher ou alimenter des conflits.
- Les motivations idéologiques et religieuses jouent un rôle central dans certains conflits contemporains, notamment ceux liés au nationalisme ou au fondamentalisme religieux, comme le fondamentalisme islamiste ou le nationalisme extrême.
💡 À retenir
Les motivations des conflits sont souvent hybrides, mêlant enjeux politiques, économiques et idéologiques/religieux, ce qui complexifie leur compréhension et leur résolution.
📖 4. Modes de résolution
🔑 Notions clés & Définitions
- Victoire militaire : Mode de résolution où un des belligérants impose sa volonté par l’usage de la force armée, aboutissant à la défaite de l’adversaire et souvent à une cessation du conflit par la capitulation ou la domination (voir aussi "imposer ses conditions").
- Négociation : Processus de dialogue et de compromis entre acteurs en conflit, visant à trouver une solution pacifique et consensuelle, souvent privilégiée lorsque le coût de la guerre devient trop élevé (voir aussi "mode de paix").
- Intervention extérieure : Action menée par une organisation ou un groupe d’États (ONU, alliances régionales) pour influencer ou mettre fin à un conflit, en soutenant une partie ou en imposant une solution, sans que l’un des acteurs principaux ne soit nécessairement impliqué initialement (voir aussi "mode de paix").
📝 Points essentiels
- La victoire militaire reste un mode traditionnel de résolution, où la force est utilisée pour imposer la paix ou la domination, mais elle peut laisser des tensions ou des conflits latents.
- La négociation est devenue une méthode privilégiée depuis la fin de la Guerre froide, notamment sous l’égide de l’ONU ou d’alliances régionales, pour limiter les coûts humains et matériels, et favoriser une paix durable.
- L’intervention extérieure s’est accrue depuis 1991, avec le rôle croissant de l’ONU (Casques bleus) et des alliances régionales (ex : CEDEAO au Mali), qui interviennent pour maintenir ou restaurer la paix, souvent par des opérations de maintien ou de paix.
- Ces modes peuvent se combiner : une intervention extérieure peut accompagner une négociation ou précéder une victoire militaire, selon le contexte.
- La résolution par la victoire militaire peut laisser des tensions non résolues, tandis que la négociation et l’intervention extérieure cherchent à établir une paix durable, parfois en imposant des compromis ou en soutenant une partie.
💡 À retenir
Les modes de résolution des conflits incluent la victoire militaire, la négociation et l’intervention extérieure, chacun ayant ses avantages et limites, leur choix dépendant du contexte, des acteurs et des enjeux du conflit.
📖 5. Conflits armés actuels
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit interétatique : opposition armée entre deux ou plusieurs États ou coalitions d’États, caractérisée par des combats réguliers ou irréguliers. Exemple : guerre russo-ukrainienne (depuis 2014).
- Conflit intra-étatique : conflit interne à un seul État, impliquant souvent des groupes rebelles ou insurrectionnels. Exemple : guerre du Kivu (depuis 2004).
- Guerre civile : type de conflit intra-étatique où des acteurs non étatiques contestent le pouvoir ou le territoire de l’État. Exemple : massacre des Tutsi au Rwanda en 1994.
- Conflit asymétrique : opposition entre un État ou coalition d’États et un acteur plus faible, utilisant souvent la guérilla ou le terrorisme, avec des moyens non conventionnels. Exemple : guerre d’Afghanistan (2001-2021).
- Régions les plus touchées : Afrique équatoriale et Moyen-Orient, zones où se concentrent la majorité des conflits intra-étatiques et de guerres civiles actuelles.
📝 Points essentiels
Depuis 1991, la dynamique des conflits a évolué : les guerres interétatiques ont diminué, notamment après la fin de la guerre froide, avec une raréfaction des conflits classiques entre États (moins de 10 crises frontalières en 2024, dont 2 à 4 guerres armées directes). Cependant, les conflits intra-étatiques se multiplient et deviennent souvent très meurtriers, comme le massacre au Rwanda en 1994 (800 000 victimes en trois mois). La carte des conflits masque la diversité de leur nature, notamment les conflits asymétriques, où des acteurs non conventionnels (terroristes, groupes rebelles) utilisent des moyens non classiques (cyber-guerre, terrorisme). La majorité des conflits en 2024 concernent des régions comme l’Afrique équatoriale et le Moyen-Orient, zones particulièrement touchées par des guerres civiles et insurrections.
Les conflits modernes sont souvent hybrides, mêlant plusieurs natures, ce qui complique leur typologie et leur résolution. La majorité des conflits aboutissent à des « paix négatives » (fin des hostilités sans stabilisation durable), plutôt qu’à des « paix positives » (paix durable et reconstruction). La typologie simplifiée (guerre interétatique, intra-étatique, asymétrique) a ses limites, notamment face à la complexité croissante des conflits contemporains comme la guerre en Syrie, qui mêle plusieurs natures, acteurs et motivations.
💡 À retenir
Les conflits armés actuels se caractérisent par une baisse des guerres classiques entre États, mais une multiplication et une complexification des conflits intra-étatiques et asymétriques, surtout dans les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique, rendant leur résolution plus difficile.
📖 6. Conflits intra-étatiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit intra-étatique : conflit interne à un État, opposant des acteurs au sein d’un même territoire, pouvant prendre la forme de guerres civiles ou d’insurrections. Exemples : massacre des Tutsi au Rwanda, guerre du Yémen.
- Guerre civile : type de conflit intra-étatique où des groupes armés s’opposent au pouvoir central ou entre eux, souvent caractérisée par une mortalité élevée.
- Multiplication et mortalité élevée des guerres civiles : tendance observée depuis plusieurs années où les conflits internes se multiplient, causant un grand nombre de victimes, notamment lors de massacres comme celui des Tutsi en 1994, estimé à 800 000 victimes en trois mois selon l’ONU.
📝 Points essentiels
- La majorité des conflits armés contemporains sont intra-étatiques : en 2024, sur 61 conflits recensés, 57 sont intra-étatiques, avec une forte implication dans des régions comme l’Afrique équatoriale et le Moyen-Orient.
- La guerre du Rwanda (1994) illustre la violence extrême des guerres civiles, avec un massacre massif de Tutsi.
- La guerre du Yémen (depuis 2014) oppose les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, au pouvoir central, illustrant la complexité des conflits internes soutenus par des acteurs extérieurs.
- La mortalité dans ces conflits est souvent très élevée, notamment dans les guerres civiles, en raison de la violence systématique et des massacres.
- La diversification des formes de conflits intra-étatiques inclut aussi des insurrections, des rébellions, et des révoltes contre l’autorité étatique.
- La multiplication de ces conflits est accentuée par la faiblesse des institutions, la compétition pour les ressources, et l’intervention de puissances extérieures.
- La cartographie des conflits masque la diversité des modes de combat, notamment les conflits asymétriques où des groupes faibles utilisent la guérilla ou le terrorisme (ex : guerre du Vietnam, attentats terroristes).
💡 À retenir
Les conflits intra-étatiques, en raison de leur forte mortalité et de leur multiplication, constituent la principale forme de violence armée contemporaine, illustrant la fragilité des États et la complexité des enjeux locaux et internationaux.
📖 7. Conflits asymétriques
🔑 Notions clés & Définitions
- Conflit asymétrique : opposition entre un État ou une coalition d’États et un acteur beaucoup plus faible militairement, utilisant des moyens non conventionnels tels que la guérilla ou le terrorisme (Yann Bouvier, 2024).
- Recours à la guérilla : stratégie militaire non conventionnelle employée par un acteur faible pour compenser son désavantage en force face à un adversaire conventionnel, souvent en frappant en embuscade ou en sabotage.
- Terrorisme : utilisation de la violence ou de la menace de violence par des groupes non étatiques pour atteindre des objectifs politiques, idéologiques ou religieux, souvent en ciblant des civils.
- Moyens non conventionnels : techniques de combat ou d’action qui dévient des méthodes classiques de guerre, incluant cyber-guerre, attentats, sabotage, etc.
- Exemples : guerre d’Afghanistan (2001-2021), attentats terroristes en France (années 2010).
📝 Points essentiels
- La notion de conflit asymétrique désigne une opposition où l’un des acteurs dispose de capacités militaires nettement supérieures, ce qui l’amène à employer des moyens non conventionnels pour compenser cette faiblesse (Yann Bouvier, 2024).
- Ces conflits se caractérisent par l’usage de stratégies telles que la guérilla, le terrorisme ou la cyber-guerre, permettant aux acteurs faibles de déstabiliser ou de résister face à un adversaire plus puissant.
- La guerre d’Afghanistan (2001-2021) illustre parfaitement ce type de conflit, où une puissance occidentale (États-Unis et alliés) combat des groupes non conventionnels (Talibans, Al-Qaida, Daech).
- Les attentats terroristes en France dans les années 2010 sont également des exemples de moyens non conventionnels employés par des groupes terroristes pour atteindre leurs objectifs, souvent en frappant des civils.
- La caractéristique principale de ces conflits est la difficulté pour l’État ou la coalition d’établir une victoire claire, en raison de la nature clandestine ou insurrectionnelle des adversaires.
💡 À retenir
Les conflits asymétriques opposent un acteur puissant à un acteur faible, qui utilise des moyens non conventionnels tels que la guérilla ou le terrorisme pour déstabiliser ou résister, rendant leur résolution complexe et souvent prolongée.
📖 8. Typologie conflictuelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Typologie des conflits selon nature : classification des conflits en fonction de leur configuration, notamment interétatique, intraétatique, ou asymétrique (voir plus bas).
- Conflit interétatique : opposition armée entre deux ou plusieurs États ou coalitions d’États, comme la guerre russo-ukrainienne (depuis 2014).
- Conflit intraétatique : conflit interne à un État, impliquant souvent des groupes rebelles ou insurrections, comme la guerre du Kivu (depuis 2004).
- Conflit asymétrique : opposition entre un État ou coalition d’États et un acteur plus faible militairement, utilisant des moyens non conventionnels (guérilla, terrorisme), par exemple la guerre d’Afghanistan (2001-2021).
- Classification des acteurs selon conventionnalité : distinction entre acteurs conventionnels (États, organisations internationales) et non conventionnels (groupes rebelles, terroristes, criminels).
📝 Points essentiels
- La typologie des conflits selon leur nature permet de distinguer principalement trois grands types : interétatique, intraétatique et asymétrique. La guerre interétatique oppose des États ou coalitions d’États, souvent avec des conflits classiques (ex : guerre russo-ukrainienne). La guerre intraétatique concerne des conflits internes à un État, souvent très meurtriers (ex : guerre du Yémen). La guerre asymétrique oppose un État ou coalition à un acteur plus faible, utilisant des moyens non conventionnels comme la guérilla ou le terrorisme (ex : attentats en France, guerre d’Afghanistan).
- La classification des acteurs distingue entre acteurs conventionnels (États, organisations internationales, coalitions) et non conventionnels (groupes rebelles, terroristes, criminels).
- La diversité des conflits s’accompagne d’une complexité croissante, avec des chevauchements entre natures (ex : conflit syrien mêlant inter, intra et transnational). La typologie simplifiée ne peut rendre compte de cette complexité.
- La résolution des conflits n’aboutit pas toujours à une paix durable : on distingue paix négative (fin du conflit mais tensions persistantes) et paix positive (paix durable et stable).
💡 À retenir
La typologie des conflits selon leur nature et leurs acteurs est un outil utile mais simpliste face à la complexité croissante des conflits modernes, où chevauchements et hybridity brouillent les classifications classiques.
📖 9. Exemples de conflits
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre du Kivu (depuis 2004) : conflit intra-étatique dans la région du Kivu, en République démocratique du Congo, impliquant divers groupes armés et forces gouvernementales, motivé par le contrôle des ressources naturelles et des enjeux ethniques.
- Opération Barkhane (2014-2022) : intervention militaire française au Sahel visant à lutter contre les groupes terroristes et le djihadisme, avec une implication dans des conflits asymétriques et transnationaux.
- Guerre du Donbass (depuis 2014) : conflit entre l’Ukraine et des séparatistes prorusses dans la région du Donbass, motivé par des enjeux géopolitiques, territoriaux et idéologiques, avec une forte implication de la Russie.
- Guerre Iran-Irak (1980-1988) : conflit interétatique entre l’Iran et l’Irak, déclenché par des rivalités territoriales, religieuses et politiques, caractérisé par une guerre conventionnelle et une forte mobilisation militaire.
- Attentats islamistes en France (années 2010) : série d’actions terroristes menées par des groupes islamistes radicaux, motivés par des enjeux idéologiques et religieux, avec recours au terrorisme et à la violence non conventionnelle.
- Conflit Arménie-Azerbaïdjan (depuis 2021) : conflit territorial autour du Haut-Karabakh, motivé par des enjeux ethniques et territoriaux, avec des combats réguliers et une escalade de violences.
📝 Points essentiels
- La guerre du Kivu illustre un conflit intra-étatique marqué par la présence de groupes armés locaux et étrangers, liés à la lutte pour le contrôle des ressources (diamants, or, coltan). La violence y est alimentée par des enjeux ethniques et politiques.
- L’Opération Barkhane représente une intervention extérieure dans un conflit asymétrique au Sahel, où la France lutte contre des groupes terroristes comme AQMI ou l’État islamique, dans un contexte de fragilité étatique et de menace transnationale.
- La guerre du Donbass est un conflit hybride mêlant guerre conventionnelle, intervention étrangère et enjeux géopolitiques, avec la Russie soutenant les séparatistes et l’Ukraine défendant son intégrité territoriale.
- La guerre Iran-Irak a été une guerre conventionnelle classique, avec des batailles massives et une mobilisation totale, motivée par des rivalités religieuses (sunnisme vs chiisme), territoriales et politiques.
- Les attentats islamistes en France illustrent le recours au terrorisme comme mode de combat asymétrique, motivé par des revendications idéologiques et religieuses, visant à déstabiliser la société et l’État.
- Le conflit Arménie-Azerbaïdjan est un conflit territorial et ethnique, marqué par des affrontements réguliers et une escalade récente, lié à la revendication du Haut-Karabakh.
💡 À retenir
Les exemples de conflits illustrent la diversité des formes, acteurs et motivations, allant des guerres conventionnelles interétatiques aux conflits asymétriques et intra-étatiques, souvent alimentés par des enjeux territoriaux, ethniques ou idéologiques. La complexité croissante de ces conflits nécessite une analyse précise de leur contexte et de leurs acteurs.
📖 10. Complexité des conflits modernes
🔑 Notions clés & Définitions
- Hybridation des natures de conflits : phénomène où différentes formes de conflits (interétatiques, intra-étatiques, asymétriques) se combinent ou se superposent, rendant leur caractérisation plus complexe.
- Multiplicité et diversité des acteurs : présence simultanée d’acteurs conventionnels (États, organisations internationales) et non conventionnels (groupes rebelles, terroristes, criminels), souvent soutenus ou soutenant d’autres acteurs, brouillant la compréhension claire des conflits (voir section 2).
- Paix négative : situation où la guerre ou la violence armée sont arrêtées, mais où des tensions, rivalités ou conflits latents persistent, sans véritable processus de réconciliation (voir section 4).
- Paix positive : état de stabilité durable, caractérisé par la résolution des causes profondes du conflit, la réconciliation et la reconstruction des relations entre acteurs, souvent associé à une paix durable.
- Paradoxe entre diminution des guerres classiques et augmentation des conflictualités : alors que les conflits armés traditionnels entre États ont diminué depuis 1991, la multiplication de conflictualités hybrides, asymétriques ou non conventionnelles donne une impression d’insécurité accrue, malgré une baisse apparente de la guerre ouverte (voir introduction).
📝 Points essentiels
- La fin de la Guerre froide a marqué une baisse des conflits interétatiques classiques, avec moins de guerres entre États et une prédominance des conflits intra-étatiques, souvent très meurtriers, comme au Rwanda ou au Yémen (voir documents 2).
- La diversification des formes de conflits, notamment par l’hybridation, complique leur typologie : conflits mêlant plusieurs natures (inter, intra, transnationaux) et acteurs (États, groupes rebelles, terroristes, criminels) (voir section 4).
- La multiplication des acteurs non conventionnels (groupes terroristes, mercenaires, cyber-attaquants) brouille la caractérisation claire des conflits, rendant leur résolution plus complexe.
- La coexistence de conflits armés et de conflictualités sans violence ouverte (conflictualités) explique le paradoxe : la perception d’un retour à l’insécurité, alors que la guerre classique diminue.
- La typologie simplifiée (guerre interétatique, intra-étatique, asymétrique) est limitée, car de nombreux conflits présentent des natures chevauchantes ou hybrides, et la diversité des acteurs complique leur classification.
- La distinction entre paix négative et paix positive est essentielle pour comprendre l’état actuel des relations internationales, où la fin des hostilités ne garantit pas une stabilité durable.
💡 À retenir
La complexité croissante des conflits modernes, marquée par l’hybridation des formes et la diversité des acteurs, remet en question la simplicité des classifications traditionnelles et explique le paradoxe entre la baisse des guerres classiques et l’augmentation des conflictualités, donnant une impression d’instabilité persistante.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Acteurs conventionnels | Acteurs non conventionnels | Exemples | Auteur / Référence |
|---|
| Respect des normes | Respectent le droit international humanitaire | Ne respectent pas ou peu ces normes | États, ONU, OTAN | HYPERGÉO |
| Nature | États, organisations internationales, SMPs | Groupes rebelles, terroristes, criminels | Blackwater, Wagner, Al-Qaida | HYPERGÉO |
| Mode d’action | Moyens réguliers, légitimes | Moyens irréguliers, asymétriques | FARC, Daech | HYPERGÉO |
| Légitimité | Légitime selon le droit international | Illégitime ou contestée | ONU, États souverains | HYPERGÉO |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre conflit et conflictualité : la conflictualité inclut violences non armées ou latentes, pas uniquement la guerre ouverte.
- Assimiler acteurs non conventionnels à des acteurs criminels uniquement, alors qu’ils peuvent aussi être terroristes ou rebelles.
- Croire que tous les acteurs étatiques respectent toujours le droit international humanitaire.
- Confondre motivations économiques et politiques, qui peuvent coexister dans un même conflit.
- Sous-estimer la complexité des conflits hybrides où acteurs combinent caractéristiques conventionnelles et non conventionnelles.
- Confondre modes de résolution par victoire militaire et négociation, qui sont souvent combinés.
- Omettre la montée en puissance des sociétés militaires privées dans les conflits modernes.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de Perroux sur la croissance et ses implications pour la conflictualité.
- Savoir distinguer entre conflit, conflictualité et paix selon HYPERGÉO.
- Identifier les principaux acteurs conventionnels (États, ONU, OTAN) et non conventionnels (groupes rebelles, terroristes, SMPs).
- Expliquer la différence entre acteurs respectant le droit international et acteurs irréguliers ou illégaux.
- Maîtriser les motivations politiques, économiques et idéologiques selon Yann Bouvier.
- Analyser comment ces motivations hybrides complexifient la résolution des conflits.
- Connaître les modes de résolution : victoire militaire, négociation, intervention extérieure.
- Comprendre le rôle de l’ONU et des alliances régionales dans l’intervention et la paix.
- Identifier des exemples contemporains de conflits intra-étatiques et asymétriques.
- Savoir définir et différencier conflit armé classique et conflit asymétrique.
- Revoir la typologie des conflits selon leur nature, acteurs et modes de résolution.
- Connaître la typologie des conflits modernes et leur complexité selon HypergéO.