📋 Plan du Cours
- Définition diarrhée aiguë
- Interrogatoire et signes associés
- Examen clinique diarrhée aiguë
- Types de diarrhées aiguës
- Examens complémentaires
- Traitements diarrhée aiguë
- Etiologies diarrhée aiguë
- Toxi-infections alimentaires
- Cas cliniques diarrhée aiguë
- Définition diarrhée chronique
- Interrogatoire et examen clinique
📖 1. Définition diarrhée aiguë
🔑 Notions clés & Définitions
- Diarrhées aiguës : émissions quotidiennes de selles liquides ou pâteuses, plus de 3 par jour, durant moins de 8 à 10 jours (source : page 1).
- Signes fonctionnels associés : fièvre, douleurs abdominales, ténesme (source : page 1).
- Examen clinique : recherche de déshydratation, signes locaux (source : page 1).
📝 Points essentiels
- La diarrhée aiguë se caractérise par une augmentation du nombre de selles liquides ou pâteuses, dépassant 3 par jour.
- Sa durée est généralement inférieure à 8-10 jours.
- Les signes fonctionnels fréquemment associés incluent la fièvre, les douleurs abdominales, et le ténesme.
- Lors de l'examen clinique, il est crucial de rechercher des signes de déshydratation et des signes locaux tels que défense ou contractures abdominales.
- La distinction entre diarrhée hydroélectrolytique (colon) et dysentérique (lésions muqueuses) repose sur la consistance, la présence de sang ou de glaire, et le volume des selles.
💡 À retenir
La diarrhée aiguë est définie par une augmentation transitoire du transit intestinal avec des selles liquides ou pâteuses, plus de 3 par jour, durant moins de 10 jours, associée souvent à des signes de déshydratation ou d'infection.
📖 2. Interrogatoire et signes associés
🔑 Notions clés & Définitions
-
Interrogatoire : recherche d'infections digestives, voyages récents, alimentation, entourage touché
Investigation visant à identifier une origine infectieuse ou une exposition récente pouvant expliquer la diarrhée, notamment en recherchant des infections digestives récentes, des voyages dans des zones à risque, des habitudes alimentaires ou une contagion dans l'entourage.
-
Signes associés : selles sanglantes, glaireuses, odeur, consistance
Manifestations observables dans les selles qui orientent vers un syndrome dysentérique ou une atteinte muqueuse :
- Selles sanglantes : présence de sang visible ou microscopique, indiquant une lésion muqueuse.
- Selles glaireuses : présence de mucus, signe d'inflammation ou d'irritation muqueuse.
- Odeur : caractéristique olfactive pouvant aider à différencier les causes infectieuses ou inflammatoires.
- Consistance : liquide, pâteuse ou ferme, permettant d’évaluer la sévérité ou le type de diarrhée.
-
Signes fonctionnels : fièvre, amaigrissement, crampes
Symptômes cliniques souvent associés à une infection ou une inflammation :
- Fièvre : signe d'infection systémique.
- Amaigrissement : indicateur d’une maladie chronique ou sévère.
- Crampes : douleurs abdominales liées à une contraction musculaire ou une irritation intestinale.
📝 Points essentiels
- L’interrogatoire doit systématiquement rechercher des infections digestives récentes, des voyages dans des zones à risque, des habitudes alimentaires particulières, ou un entourage touché, car ces éléments orientent vers une origine infectieuse ou une contamination communautaire.
- Les signes associés dans les selles (sang, mucus, odeur, consistance) permettent d’identifier un syndrome dysentérique ou une atteinte muqueuse, ce qui oriente vers une cause inflammatoire ou infectieuse locale.
- Les signes fonctionnels comme fièvre, amaigrissement ou crampes sont des indicateurs de gravité ou de processus inflammatoire profond. Leur présence doit alerter sur une suspicion de maladie systémique ou chronique.
💡 À retenir
L’interrogatoire orienté vers la recherche d’infections, de voyages, d’alimentation et d’entourage touché, associé à l’évaluation des signes dans les selles et des signes fonctionnels, constitue la clé pour orienter le diagnostic différentiel d’une diarrhée.
📖 3. Examen clinique diarrhée aiguë
🔑 Notions clés & Définitions
- Prise de constantes : Mesure du pouls, tension artérielle, température, et saturation en oxygène pour évaluer l’état général du patient.
- Signes de déshydratation : Manifestations cliniques indiquant une perte excessive de liquides, notamment langue sèche et hypotension.
- Signes locaux : Signes physiques liés à l’atteinte abdominale, tels que défense et contractures abdominales.
📝 Points essentiels
- Lors de l’examen clinique, il est crucial de prendre les constantes pour évaluer la stabilité hémodynamique et la présence de déshydratation.
- La déshydratation se manifeste notamment par une langue sèche, signe clé, surtout chez les enfants.
- La recherche de signes locaux inclut la détection de défense ou de contractures abdominales, qui indiquent une irritation ou une inflammation localisée.
- La présence de défense ou de contractures abdominales peut orienter vers une pathologie inflammatoire ou une complication grave.
- La recherche de signes de déshydratation doit être systématique, en particulier chez les patients jeunes ou fragiles.
💡 À retenir
L’examen clinique en diarrhée aiguë repose principalement sur la prise de constantes, la recherche de déshydratation (notamment langue sèche et hypotension), et l’évaluation des signes locaux comme la défense ou les contractures abdominales, afin d’orienter la prise en charge.
📖 4. Types de diarrhées aiguës
🔑 Notions clés & Définitions
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Diarrhée hydroélectrolytique : Diarrhée principalement due à une atteinte du colon, caractérisée par un volume élevé de selles, peu ou pas de sang ou de glaire, souvent liée à une perte d’électrolytes. Selon Page 1, elle représente 80% des diarrhées aiguës et concerne une atteinte du colon avec une production excessive de liquide.
-
Diarrhée dysentérique : Diarrhée associée à des lésions muqueuses du colon, caractérisée par la présence de sang et de glaire dans les selles, avec un volume souvent moindre mais plus inflammatoire. Elle se manifeste par des douleurs, un volume réduit de selles glaire-sanglantes, et des signes systémiques importants (Page 1, tableau récapitulatif).
-
Caractéristiques :
- Volume : élevé dans hydroélectrolytique, réduit dans dysentérique.
- Consistance : liquide ou pâteuse dans hydroélectrolytique, glaire-sanglante dans dysentérique.
- Présence de sang ou de glaire : absente ou peu présente dans hydroélectrolytique, abondante dans dysentérique.
📝 Points essentiels
- La majorité des diarrhées aiguës (80%) sont hydroélectrolytiques, impliquant une atteinte du colon sans lésions muqueuses visibles.
- La diarrhée dysentérique est caractérisée par des lésions muqueuses du colon, avec des selles glaireuses et sanglantes, souvent accompagnée de douleurs et de signes systémiques.
- La distinction entre ces deux types repose sur la clinique, notamment le volume, la consistance, et la présence de sang ou de glaire dans les selles.
- Lors de l’interrogatoire, la recherche de signes associés (fièvre, douleurs, état général) oriente vers l’un ou l’autre type.
- La prise en charge diffère : la diarrhée dysentérique nécessite souvent des examens complémentaires (coproculture, rectosigmoïdoscopie) et un traitement spécifique.
💡 À retenir
Les diarrhées aiguës se divisent en deux grands types : hydroélectrolytique, liée à une atteinte du colon sans lésions muqueuses, et dysentérique, associée à des lésions muqueuses avec présence de sang et glaire. La distinction repose principalement sur la clinique, notamment le volume, la consistance et la présence de sang ou de glaire dans les selles.
📖 5. Examens complémentaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Examens complémentaires : investigations réalisées lorsque la diarrhée persiste plus de 3 jours, en présence d’un syndrome dysentérique, de fièvre ou de signes de gravité, pour identifier la cause précise.
- Coproculture : recherche dans les selles des espèces bactériennes pathogènes, isolement des germes, détection de toxines (notamment de Clostridium difficile).
- Recherche de parasites : détection de parasites comme Taenia, Ascaris, Oxyurose, Giardia, Amibes dans les selles ou par tests spécifiques (ex : scotch test pour Oxyurose).
- Rectosigmoïdoscopie : examen endoscopique permettant d’observer le rectum et le sigmoïde, utilisé en cas de suspicion de germes invasifs ou de Clostridium difficile, ou pour rechercher des signes de gravité.
📝 Points essentiels
- Les examens complémentaires sont indiqués en cas de diarrhée prolongée, syndrome dysentérique, fièvre ou signes de gravité.
- La coproculture permet d’identifier les germes bactériens, notamment en recherchant des toxines de Clostridium difficile, et d’isoler parasites et bactéries pathogènes.
- La recherche de parasites inclut la détection de Taenia (longueur 4-10 m), Ascaris (15-40 cm), Oxyurose (5-10 mm, détecté par scotch test), Giardia et Amibes.
- La rectosigmoïdoscopie est réalisée pour visualiser la muqueuse, rechercher des germes invasifs ou des signes de gravité, et prélever des biopsies si nécessaire.
- La détection de toxines de Clostridium difficile est essentielle en cas de suspicion de colite pseudo-membraneuse.
- La recherche de parasites et la coproculture sont des outils clés pour orienter le traitement et confirmer le diagnostic étiologique.
💡 À retenir
Les examens complémentaires, notamment la coproculture, la recherche de parasites et la rectosigmoïdoscopie, sont essentiels pour diagnostiquer la cause de diarrhées persistantes ou graves, permettant une prise en charge ciblée.
📖 6. Traitements diarrhée aiguë
🔑 Notions clés & Définitions
- Réhydratation : traitement visant à compenser la perte de liquides et d’électrolytes due à la diarrhée, par voie orale ou intraveineuse.
- Alimentation digeste : régime composé d’aliments faciles à digérer, évitant les résidus riches en fibres ou en matières grasses, pour limiter l’irritation intestinale.
- Antiémétiques : médicaments utilisés pour réduire ou supprimer les nausées et vomissements, souvent administrés en complément pour améliorer le confort du patient.
- Ralentisseurs : médicaments symptomatiques destinés à ralentir le transit intestinal, utilisés pour réduire la fréquence et la quantité des selles.
- Antibiotiques : traitement spécifique en cas de syndrome dysentérique, pour cibler les germes pathogènes responsables.
- Déclaration obligatoire : obligation de signaler certaines maladies comme la typhoïde, le choléra ou la colite pseudo-membraneuse, en raison de leur gravité ou de leur potentiel épidémique.
📝 Points essentiels
- La réhydratation est la pierre angulaire du traitement, par voie orale ou intraveineuse selon la gravité.
- L’alimentation doit être adaptée : régime sans résidus, évitant lait et aliments difficiles à digérer, pour limiter l’irritation intestinale.
- Les antiémétiques sont utilisés pour soulager les nausées, facilitant la tolérance du traitement.
- Les ralentisseurs symptomatiques, tels que certains médicaments, peuvent être prescrits pour réduire la fréquence des selles.
- En cas de syndrome dysentérique, la prescription d’antibiotiques est justifiée pour éliminer l’infection bactérienne.
- La déclaration obligatoire concerne la typhoïde, le choléra et la colite pseudo-membraneuse, pour contrôle et prévention.
💡 À retenir
Le traitement efficace de la diarrhée aiguë repose principalement sur la réhydratation et l’adaptation de l’alimentation, complété par des médicaments symptomatiques ou spécifiques selon la cause. La déclaration obligatoire concerne certaines maladies graves ou contagieuses.
📖 7. Etiologies diarrhée aiguë
🔑 Notions clés & Définitions
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Étiologies bactérienne : cause de diarrhée due à une infection par des bactéries pathogènes telles que Salmonella, Clostridium perfringens, ou autres germes responsables d'infections digestives.
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Étiologies parasitaire : cause liée à la présence de parasites comme Taenia, Ascaris, Oxyurose, Giardia, ou Amibes, pouvant entraîner une diarrhée.
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Étiologies virale : infections virales, surtout en hiver, responsables de diarrhées aiguës, notamment par des virus comme ceux responsables des infections digestives virales.
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Étiologies médicamenteuse : diarrhée induite par certains médicaments tels que colchicine, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti-acides, laxatifs, ou digitaliques.
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Étiologies ischémique : cause liée à une ischémie intestinale, pouvant provoquer une diarrhée aiguë par déficit de perfusion.
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Étiologies inflammatoire : début d’une rectocolite hémorragique (RCH) ou d’une maladie de Crohn, responsables de diarrhée inflammatoire aiguë.
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Facteurs favorisants :
- Antibiotiques : modification du microbiote intestinal favorisant certaines infections ou colites.
- Voyage : exposition à des agents infectieux lors de déplacements dans des zones à risque.
- Immunosuppression : diminution des défenses immunitaires augmentant la susceptibilité aux infections virales, bactériennes ou parasitaires.
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Infections virales : surtout en hiver, responsables de diarrhées virales aiguës, souvent contagieuses, liées à des virus spécifiques des infections digestives.
📝 Points essentiels
- La majorité des diarrhées aiguës sont d’origine infectieuse, bactérienne ou virale, avec une forte prévalence en hiver pour les infections virales.
- Les causes médicamenteuses sont fréquentes, notamment en cas de prise récente de certains médicaments (colchicine, anti-inflammatoires, etc.).
- La diarrhée peut être favorisée par des facteurs comme les voyages récents, l’usage d’antibiotiques ou une immunosuppression.
- Les infections virales sont particulièrement fréquentes en hiver, contribuant à la saisonnalité des diarrhées.
- Les étiologies parasitaires sont à rechercher en cas de diarrhée prolongée ou atypique, ou en contexte de voyage dans des zones à risque.
💡 À retenir
Les diarrhées aiguës ont principalement une origine infectieuse (bactérienne, parasitaire ou virale), souvent favorisée par des facteurs comme les antibiotiques, le voyage ou l’immunosuppression, avec une incidence plus élevée des infections virales en hiver.
📖 8. Toxi-infections alimentaires
🔑 Notions clés & Définitions
-
Toxi-infections alimentaires : absorption d’une toxine ou de la bactérie contenue dans un aliment, caractérisée par au moins 2 cas similaires après partage d’un même repas. (source)
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Principaux agents :
- Staphylococcus aureus : cause de toxi-infections avec durée d’incubation de 2 à 4 heures, souvent liée à la consommation de glaces, gâteaux, crème, avec vomissements prédominants.
- Clostridium perfringens : cause rare, présente dans la viande en sauce, incubation de 8 à 12 heures.
- Salmonella : cause la plus fréquente, provoque une diarrhée fétide, incubation de 12 à 24 heures.
-
Incubation : délai entre ingestion et apparition des symptômes, variant selon l’agent, généralement de 2 à 24 heures.
📝 Points essentiels
- La toxi-infection se définit par une transmission groupée, avec au moins deux cas liés à un même repas.
- Les agents principaux sont Staphylococcus aureus, Clostridium perfringens et Salmonella.
- La durée d’incubation varie selon l’agent : 2-4 heures pour Staphylococcus aureus, 8-12 heures pour Clostridium perfringens, 12-24 heures pour Salmonella.
- La pathogénicité repose sur la production de toxines ou la présence bactérienne dans l’aliment contaminé.
- Ces infections sont souvent associées à des symptômes digestifs aigus, principalement des vomissements ou diarrhées.
💡 À retenir
Les toxi-infections alimentaires sont dues à l’ingestion de toxines ou bactéries dans un aliment partagé par plusieurs personnes, avec un délai d’apparition très variable selon l’agent, principalement entre 2 et 24 heures.
📖 9. Cas cliniques diarrhée aiguë
🔑 Notions clés & Définitions
- Cas particuliers : diarrhée du voyageur : Diarrhée survenant chez un voyageur dans un pays chaud, généralement sans gravité, apparaissant 3 à 10 jours après le changement de régime alimentaire. Elle est principalement causée par des entérotoxines d’E. coli auxquelles nous ne sommes pas habitués, et constitue une cause majeure de mortalité infantile.
- Cas particuliers : post-antibiotiques : Diarrhée apparaissant 3 à 5 jours après la prise d’antibiotiques, due aux modifications du microbiote intestinal, notamment du microbiote endoluminal.
- Pathogènes : entérotoxines d’E. coli : Toxines produites par certaines souches d’E. coli, responsables de diarrhées aiguës, notamment chez le voyageur.
- Microbiote modifié : Changement du microbiote intestinal, souvent suite à une antibiothérapie, pouvant entraîner une diarrhée post-antibiotiques.
- Risques : mortalité infantile : La diarrhée du voyageur est une cause majeure de mortalité chez l’enfant.
- Risques : colite pseudo-membraneuse : Complication grave pouvant entraîner une mortalité importante, associée à une infection à Clostridium difficile, notamment en contexte de traitement antibiotique.
📝 Points essentiels
- La diarrhée aiguë se définit par plus de 3 selles liquides ou pâteuses par jour, durant moins de 8 à 10 jours.
- La diarrhée du voyageur apparaît généralement 3 à 10 jours après le changement de régime alimentaire dans un pays chaud, causée par des entérotoxines d’E. coli, et constitue une cause majeure de mortalité infantile.
- La diarrhée post-antibiotiques survient 3 à 5 jours après la prise d’antibiotiques, liée à la modification du microbiote endoluminal, et peut évoluer vers une colite pseudo-membraneuse.
- La colite pseudo-membraneuse est une complication grave, souvent liée à Clostridium difficile, avec un risque de mortalité notable.
- La présence de diarrhée glairo-sanglante avec fièvre chez une jeune femme, ou une diarrhée glaire-sanglante chez un patient âgé avec fièvre, évoque une colite à Clostridium difficile ou une infection invasive.
- Les examens complémentaires incluent notamment la recherche de toxines de Clostridium difficile, la coproculture, et éventuellement une rectosigmoïdoscopie en cas de suspicion de germes invasifs ou signes de gravité.
💡 À retenir
Les diarrhées aiguës particulières, comme celles du voyageur ou post-antibiotiques, résultent souvent de modifications spécifiques du microbiote ou de toxines, et nécessitent une prise en charge adaptée pour éviter des complications graves telles que la colite pseudo-membraneuse.
📖 10. Définition diarrhée chronique
🔑 Notions clés & Définitions
- Diarrhée chronique : Émission quotidienne de plus de 3 selles molles ou liquides pendant une durée > 4 semaines.
- Poids moyen de selles : Un auteur distingue la diarrhée chronique lorsque le poids de selles moyen est supérieur à 300 g/j.
- Fuites anales : Ne sont pas considérées comme une diarrhée chronique (diagnostic pseudo maladie).
- Diarrhée motrice : Due à une accélération du transit colique, caractérisée par des selles liquides, fécal postprandiale, avec débris alimentaires.
- Diarrhée osmotiques : Résulte d'une accumulation de substances osmotiquement actives dans l'intestin, détectée via le test du trou osmotique.
- Diarrhée par déficit en lipases : Cause pancréatique, selles grasses, adhérant à la cuvette, appelée stéatorrhée.
- Diarrhée par malabsorption : Due à une maladie de la muqueuse intestinale, selles huileuses, grasses, adhérant à la cuvette, souvent liée à la maladie cœliaque.
- Diarrhée sécrétoire : Sécrétion active d’eau et d’électrolytes par l’intestin, liquide, abondante, sans lien avec les repas, souvent causée par des tumeurs épithéliales ou vipomes.
- Diarrhée exsudative : Perte de protéines via la muqueuse, liée à des ulcérations muqueuses ou à une compression lymphatique, avec augmentation de l’alpha 1-antitrypsine dans les selles.
📝 Points essentiels
- La définition repose sur la fréquence (> 3 selles/jour) et la durée (> 4 semaines).
- La distinction entre diarrhée motrice, osmotiques, malabsorption, sécrétoire et exsudative repose sur leur mécanisme et leur aspect clinique.
- La cause la plus fréquente est un trouble intestinal fonctionnel (TFI).
- La diarrhée motrice est liée à une accélération du transit, détectée par le test au rouge carmin.
- La diarrhée osmotiques est identifiée par le test du trou osmotique.
- La diarrhée par déficit en lipases est caractérisée par des selles grasses (stéatorrhée), souvent liée à une pancréatite chronique.
- La maladie cœliaque est une cause principale de malabsorption, diagnostiquée par biopsie duodénale.
- La diarrhée sécrétoire est souvent causée par des tumeurs ou syndromes hormonaux (ex : Zollinger-Ellison).
- La diarrhée exsudative résulte d’ulcérations muqueuses ou de pertes lymphatiques, avec un marqueur clé : l’alpha 1-antitrypsine dans les selles.
💡 À retenir
La diarrhée chronique se définit par une émission de plus de 3 selles molles ou liquides par jour durant plus de 4 semaines, avec des mécanismes variés (motrice, osmotiques, malabsorption, sécrétoire, exsudative) qu’il faut distinguer pour orienter le diagnostic et le traitement.
📖 11. Interrogatoire et examen clinique
🔑 Notions clés & Définitions
- Antécédents : informations sur les précédentes maladies, interventions chirurgicales, traitements, voyages récents, consommation de toxiques, et antécédents familiaux liés à la pathologie digestive ou malabsorption.
- Traitements : médicaments pris par le patient, notamment antibiotiques, qui peuvent influencer la physiologie intestinale.
- Voyages : déplacements récents pouvant exposer à des infections digestives ou à des parasites.
- Habitudes : alimentation, consommation d’alcool, tabac, et autres toxiques, impactant la santé digestive.
- Toucher rectal : examen permettant d’éliminer une fausse diarrhée sur fécalome, de rechercher des tumeurs, ou des signes de malabsorption.
- Signes de malabsorption : manifestations cliniques telles que perte de cheveux, ongles fragiles, troubles de pigmentation, purpura, et signes d’insuffisance vitaminique.
- Œdèmes : gonflements des membres inférieurs, pouvant indiquer une malabsorption ou une carence en protéines.
- Bilan sanguin : examens pour rechercher anémie, hypocalcémie, hyperferritinémie, ou autres signes de malabsorption.
- Parasitologie : recherche de parasites dans les selles, notamment Taenia, Ascaris, Oxyurose, Giardia, Amibes.
- Coloscopie : examen endoscopique permettant d’observer la muqueuse colique et de réaliser des biopsies pour diagnostiquer des maladies inflammatoires ou malabsorption.
📝 Points essentiels
- L’interrogatoire vise à identifier les causes potentielles : antécédents chirurgicaux, traitements médicamenteux, voyages, consommation toxique, et évolution des symptômes (nombre, horaire, aspect des selles).
- La recherche de signes de malabsorption à l’examen clinique inclut la détection d’ongles, cheveux, troubles pigmentaires, purpura, œdèmes, adénopathies, signes de carence vitaminique, et dysautonomie.
- Le toucher rectal permet de distinguer une fausse diarrhée d’une vraie, et d’éliminer une tumeur ou un fécalome.
- La présence de signes de déshydratation, notamment langue sèche, est à rechercher, surtout chez les enfants.
- Les signes de malabsorption ou de troubles digestifs chroniques orientent vers une maladie du grêle, notamment la maladie cœliaque, ou une maladie inflammatoire comme la maladie de Crohn.
- Les examens complémentaires orientent vers la cause : bilan sanguin, parasitologie, stéatorrhée, coloscopie, fibro-ileo-coloscopie, ou tests spécifiques comme le test au rouge carmin.
💡 À retenir
L’interrogatoire et l’examen clinique ciblés permettent d’orienter efficacement le diagnostic des diarrhées chroniques ou aiguës, en recherchant notamment des signes de malabsorption, des antécédents pertinents, et en utilisant les examens appropriés pour confirmer la cause.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Diarrhée hydroélectrolytique | Diarrhée dysentérique |
|---|
| Origine | Atteinte du colon, production excessive de liquide | Lésions muqueuses du colon, inflammation |
| Volume | Élevé (volume important) | Moindre (selles glaireuses et sanglantes) |
| Consistance | Liquide ou pâteuse | Glaire, sang dans les selles |
| Présence de sang/glaire | Peu ou pas présente | Abondante |
| Signes associés | Fièvre, douleurs abdominales modérées | Fièvre, douleurs, signes systémiques |
| Auteur | Page 1 | Page 1 |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre diarrhée hydroélectrolytique et dysentérique, notamment en ne tenant pas compte du volume et de la présence de sang.
- Sous-estimer l’importance des signes de déshydratation lors de l’examen clinique.
- Négliger l’interrogatoire sur les voyages ou l’entourage touché, qui oriente vers une origine infectieuse.
- Confondre signes locaux (défense, contractures) avec des signes systémiques.
- Omettre de rechercher des signes associés comme fièvre ou amaigrissement, qui orientent vers une cause grave.
- Ignorer la distinction entre signes fonctionnels et signes cliniques objectifs.
- Confondre la diarrhée aiguë et chronique, en ne vérifiant pas la durée (moins ou plus de 10 jours).
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition précise de la diarrhée aiguë (plus de 3 selles liquides ou pâteuses par jour, durée inférieure à 8-10 jours).
- Savoir rechercher à l’interrogatoire les infections digestives récentes, voyages, alimentation, entourage touché.
- Identifier les signes associés dans les selles : sang, mucus, odeur, consistance.
- Évaluer la présence de signes fonctionnels : fièvre, amaigrissement, crampes.
- Réaliser un examen clinique complet : prise de constantes, recherche de déshydratation (langue sèche, hypotension).
- Savoir reconnaître les signes locaux : défense, contractures abdominales.
- Différencier la diarrhée hydroélectrolytique de la dysentérique en se basant sur la clinique.
- Connaître la proportion (80%) de diarrhées hydroélectrolytiques dans les cas aigus.
- Identifier quand réaliser des examens complémentaires : persistance > 3 jours, signes de gravité, syndrome dysentérique.
- Maîtriser les examens complémentaires : coproculture, recherche de parasites, toxines.
- Connaître la définition de diarrhée chronique (durée > 10 jours).
- Se référer aux auteurs et concepts clés : Page 1 pour la définition, Page 1 pour les types de diarrhées.
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