Scheda di revisione: Mécanismes et facteurs de l'auto-immunité

📋 Plan du Cours

  1. Tolérance au soi, auto-immunité et maladies auto-immunes
  2. Tolérance au soi : pourquoi et comment
  3. Tolérance centrale : délétion et receptor editing
  4. Tolérance périphérique : ignorance, anergie, régulation
  5. Rupture de la tolérance : acteurs et auto-antigènes
  6. Rupture de la tolérance centrale et périphérique
  7. Facteurs favorisant la rupture de tolérance
  8. Rupture de tolérance : mécanismes génétiques
  9. Rupture de tolérance : facteurs environnementaux
  10. Mécanismes lésionnels : rôle des auto-anticorps
  11. Mécanismes lésionnels : rôle des lymphocytes T

📖 1. Tolérance au soi, auto-immunité et maladies auto-immunes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tolérance au soi : Phénomène physiologique actif qui permet au système immunitaire de ne pas s’activer contre ses propres antigènes, en discriminant le soi du non-soi.
  • Auto-immunité : Réaction immunitaire dirigée contre des antigènes du soi, liée à une rupture des mécanismes qui contrôlent l’activation des lymphocytes T et B.
  • Maladies auto-immunes : Ensemble de maladies où une réponse adaptative contre un ou plusieurs antigènes du soi s’accompagne de symptômes cliniques et de lésions tissulaires.
  • Auto-Ag : Antigène du soi reconnu par le système immunitaire, dont la présence impose des mécanismes de tolérance pour éviter l’activation pathologique.
  • Auto-immunité biologique : Présence d’une réponse immunitaire dirigée contre le soi, sans que cela suffise à elle seule à produire une maladie avec symptômes.

📝 Points essentiels

  • La tolérance au soi correspond à une capacité du système immunitaire à discriminer le soi du non-soi.
  • L’auto-immunité traduit une réaction immunitaire contre des antigènes du soi, conséquence d’une perte de contrôle de l’activation des LT et LB.
  • Une maladie auto-immune nécessite une réponse adaptative spécifique contre un antigène du soi, mais cette condition n’est pas suffisante.
  • Les maladies auto-immunes se définissent par des symptômes cliniques et des lésions cellulaires ou tissulaires.
  • La prévalence globale des maladies auto-immunes est d’environ 5–7% dans la population générale.
  • Les maladies auto-immunes sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes et évoluent souvent de façon chronique.

💡 Astuce mémo

Tolérance au soi = « ne pas mordre le soi » ; auto-immunité = « mordre le soi » ; maladie = « mordre le soi + symptômes/atteinte ».

📖 2. Tolérance au soi : pourquoi et comment

🔑 Notions clés & Définitions

  • Immunité clinique : L’immunité clinique relie la maladie aux symptômes observables et aux lésions cellulaires ou tissulaires qui en découlent.
  • Maladie auto-immune : Une maladie auto-immune correspond à une réponse immunitaire dirigée contre des antigènes du soi, entraînant des lésions.
  • Tolérance centrale : La tolérance centrale est l’étape d’éducation du système immunitaire qui réduit la réactivité contre le soi avant la sortie des lymphocytes.
  • Tolérance périphérique : La tolérance périphérique est le contrôle du risque d’auto-réactivité dans les tissus après la maturation des lymphocytes.
  • Immunité humorale : L’immunité humorale repose sur les lymphocytes B et la production d’anticorps.

📝 Points essentiels

  • L’auto-immunité se traduit cliniquement par des symptômes et des lésions cellulaires ou tissulaires liées au contexte et à la maladie.
  • La prévalence des maladies auto-immunes est d’environ 5–7% dans la population générale.
  • Les maladies auto-immunes sont la 3e cause de mortalité dans les pays développés et touchent plus souvent les femmes que les hommes.
  • Les maladies auto-immunes évoluent souvent de façon chronique et s’associent fréquemment à d’autres maladies auto-immunes.
  • Deux grandes catégories existent : maladies spécifiques d’organe (antigène à distribution limitée, lésions localisées) et maladies non spécifiques d’organe (antigène ubiquitaire, atteinte systémique avec dépôts de C.I.).
  • Les critères directs de causalité incluent le transfert de la maladie par des auto-anticorps ou des lymphocytes T, y compris transfert materno-fœtal chez l’homme et injection d’anticorps chez l’animal (ex. anti-RACh/myas

💡 Astuce mémo

Soi = 2 filtres : central (tri) puis périphérique (frein).

📖 3. Tolérance centrale : délétion et receptor editing

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tolérance centrale : Mécanisme de sélection dans les organes lymphoïdes primaires qui élimine ou modifie les lymphocytes fortement autoréactifs avant la sortie vers la périphérie.
  • Délétion clonale : Processus de tolérance centrale qui supprime les lymphocytes dont le récepteur reconnaît trop fortement un antigène du soi.
  • Receptor editing : Mécanisme de tolérance centrale des lymphocytes B qui remanie le récepteur pour réduire l’autoréactivité au lieu d’être éliminé.
  • Sélection positive : Étape de sélection centrale qui permet la survie des lymphocytes capables de reconnaître correctement les signaux nécessaires, sans être trop autoréactifs.
  • Sélection négative : Étape de sélection centrale qui élimine les lymphocytes dont l’affinité pour l’antigène du soi dépasse un seuil.

📝 Points essentiels

  • La tolérance centrale se déroule dans les organes lymphoïdes primaires et vise le contrôle d’une diversité très élevée du répertoire TCR et BCR.
  • La diversité du répertoire provient de recombinaisons génétiques combinatoires et de modifications jonctionnelles aléatoires, pouvant générer des récepteurs du soi.
  • La sélection sur l’affinité définit un seuil pour la sélection négative : au-delà, les récepteurs autoréactifs sont éliminés.
  • La sélection positive précède la sélection négative et conditionne la survie des lymphocytes capables de recevoir des signaux adéquats.
  • La délétion concerne surtout les lymphocytes T (LT++) et constitue un mécanisme majeur de suppression des clones fortement autoréactifs.
  • Le receptor editing concerne surtout les lymphocytes B (LB++) et permet de réarranger le récepteur pour diminuer l’autoréactivité avant élimination.

💡 Astuce mémo

Seuil d’affinité : trop fort = délétion (LT), trop fort chez LB = on répare le récepteur (editing) avant de supprimer.

📖 4. Tolérance périphérique : ignorance, anergie, régulation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ignorance immunitaire : Mécanisme de tolérance périphérique où des lymphocytes auto-réactifs ne reçoivent pas de signaux suffisants pour s’activer malgré leur présence.
  • Anergie lymphocytaire : État fonctionnel de non-réponse des lymphocytes auto-réactifs en périphérie après stimulation insuffisante ou inadaptée.
  • Régulation périphérique : Ensemble de contrôles actifs en périphérie qui empêchent l’activation d’auto-réactifs et maintiennent l’absence de maladie auto-immune.
  • Auto-immunité physiologique : Présence contrôlée de lymphocytes B et T auto-réactifs en périphérie, avec une affinité faible mais réelle pour le soi.
  • Auto-anticorps naturels : Auto-anticorps produits en conditions physiologiques, souvent de faible affinité et/ou polyréactifs, sans déclencher de maladie.

📝 Points essentiels

  • En périphérie, des lymphocytes B et T auto-réactifs existent avec une affinité faible mais réelle pour des antigènes du soi.
  • La tolérance périphérique repose sur des mécanismes actifs qui empêchent l’activation malgré la présence d’auto-réactifs.
  • Une rupture de tolérance peut survenir avec activation de LT CD4 et CD8 et de LB, menant à des auto-anticorps IgG de forte affinité potentiellement pathogènes.
  • Les auto-anticorps naturels sont souvent de faible affinité et polyréactifs, donc liés à une réactivité croisée plutôt qu’à une cible unique.
  • Les lymphocytes B1a (CD5+) produisent des auto-anticorps naturels, notamment de type IgM+++ et IgG2, et ne relèvent pas de la tolérance centrale.
  • La rupture de tolérance est favorisée par des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux (notamment infectieux ou toxiques).

💡 Astuce mémo

Ignorance = pas de signal, Anergie = pas de réponse, Régulation = frein actif ; Rupture = CD4/CD8 + LB → IgG forte affinité.

📖 5. Rupture de la tolérance : acteurs et auto-antigènes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tolérance immunitaire : La tolérance immunitaire correspond à l’absence de réponse des lymphocytes T ou B contre des antigènes du soi.
  • Antigène immunogène : Un antigène immunogène est un antigène du soi présenté dans des conditions qui déclenchent une réponse adaptative au lieu d’être toléré.
  • PRR : Les PRR sont des récepteurs de reconnaissance de motifs qui détectent des signatures typiques des pathogènes et déclenchent l’immunité.
  • Cellule présentatrice de l’antigène : La cellule présentatrice de l’antigène est une cellule qui présente l’antigène et fournit des signaux qui orientent vers activation ou tolérance.
  • AIRE : AIRE est un gène dont la mutation perturbe l’expression des antigènes spécifiques des tissus dans le thymus, favorisant l’auto-immunité.

📝 Points essentiels

  • Une rupture de tolérance peut survenir quand la concentration d’antigène passe d’un niveau trop faible (non activant) à une concentration forte et constante en Ag.
  • Un antigène immunogène est introduit de façon brutale et s’accompagne d’une augmentation exponentielle de la concentration en antigène.
  • Les adjuvants favorisent l’activation immunitaire en renforçant les signaux nécessaires à la réponse.
  • Les PRR reconnaissent des PAMP spécifiques des pathogènes et stimulent l’immunité innée puis adaptative.
  • La co-stimulation et la production de cytokines sont indispensables au déclenchement de l’immunité adaptative.
  • La cellule présentatrice de l’antigène peut être activatrice ou tolérogène selon sa nature, son nombre et le contexte de présentation (inflammation, infection, signaux de danger).

💡 Astuce mémo

Seuil + contexte : faible Ag = silence, Ag fort/brutal + danger = activation.

📖 6. Rupture de la tolérance centrale et périphérique

🔑 Notions clés & Définitions

  • AIRE : AIRE est un facteur exprimé dans le thymus qui permet aux cellules épithéliales médullaires de présenter des peptides du soi pour éduquer les lymphocytes T.
  • Tolérance centrale : La tolérance centrale est la sélection thymique qui élimine ou rend inactifs les lymphocytes T fortement auto-réactifs avant leur sortie vers la périphérie.
  • Tolérance périphérique : La tolérance périphérique est l’ensemble des mécanismes qui contrôlent les lymphocytes T auto-réactifs une fois qu’ils circulent dans les tissus.
  • Antigènes séquestrés : Les antigènes séquestrés sont des auto-antigènes normalement inaccessibles au système immunitaire, ce qui limite leur présentation en conditions physiologiques.
  • Antigènes cryptiques : Les antigènes cryptiques sont des auto-déterminants dont certains épitopes ne sont pas reconnus comme cible tolérisée, car ils ne sont exposés qu’en conditions particulières.

📝 Points essentiels

  • La rupture de la tolérance centrale repose sur une présentation insuffisante des peptides du soi par les cellules épithéliales médullaires via AIRE.
  • La rupture de la tolérance périphérique peut activer des LT auto-réactifs ignorants en cas d’antigènes séquestrés ou d’épitopes cryptiques.
  • Les LT auto-réactifs ignorants deviennent activés quand des CPA présentent l’auto-antigène avec CMH, costimulation et cytokines.
  • Les LT auto-réactifs anergiques peuvent être réactivés si les CPA fournissent une costimulation et si l’Ag est modifié (mimétisme moléculaire ou modification chimique).
  • La tolérance périphérique peut aussi échouer par défaut de délétion des LT auto-réactifs ou par défaut des cellules régulatrices.
  • Exemples d’antigènes séquestrés: cristallin et spermatozoïdes, avec libération périphérique d’un Ag normalement non exprimé par l’épithélium thymique (ophtalmie sympathique).

💡 Astuce mémo

Centrale = AIRE (thymus) ; Périphérie = CPA + (séquestré/cryptique) ou défaut (délétion/régulation).

📖 7. Facteurs favorisant la rupture de tolérance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Présentation CMH : Mécanisme d’affichage d’un peptide antigénique par une cellule présentatrice sur le CMH pour être reconnu par le TCR.
  • Costimulation CD28-B7 : Signal de coactivation fourni par B7 sur la CPA et reconnu par CD28 sur le lymphocyte T, indispensable pour lever l’anergie.
  • Cytokines IL-2 : Médiateur clé de prolifération et de survie des lymphocytes T, dont la production dépend des signaux d’activation.
  • Signal de danger : Signaux de danger détectés par les CPA (ex. via TLR) qui transforment une présentation tolérante en activation immunitaire.
  • Super-antigènes : Antigènes capables d’activer fortement de nombreux lymphocytes T en stimulant simultanément des éléments du complexe TCR/CMH.

📝 Points essentiels

  • L’activation d’un LT auto-réactif ignorant ou anergique nécessite une présentation CMH du peptide, une costimulation efficace et des cytokines (notamment IL-2).
  • L’activation des LT anergiques requiert un « signal 3 » fourni par l’activation des CPA dans des contextes particuliers.
  • L’inflammation (infection de l’organe cible, toxique) peut activer les CPA et permettre la levée de l’anergie des LT auto-réactifs.
  • Les super-antigènes peuvent déclencher l’activation des LT auto-réactifs anergiques en amplifiant les signaux d’activation.
  • L’injection d’un auto-Ag seul chez l’animal n’induit pas de maladie auto-immune (MAI) sans adjuvant.
  • Adjuvant + auto-Ag favorisent l’activation via costimulation (B7–CD28) et IL-2, avec participation de signaux de danger (ex. LPS via TLR4, CFA via TLR2).

💡 Astuce mémo

CMH + B7-CD28 + IL-2 + danger = levée de l’anergie (auto-Ag devient « activant »).

📖 8. Rupture de tolérance : mécanismes génétiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sclérodermie : Maladie auto-immune où des toxiques peuvent favoriser une réponse contre des cibles tissulaires via des modifications de l’ADN.
  • IPEX : Syndrome d’immunodysrégulation polyendocrinopathie entéropathie liée à l’X causé par des défauts de régulation des T.
  • FoxP3 : Gène clé de la fonction des T régulateurs naturels, dont des mutations entraînent une auto-immunité multi-organes.
  • BAFF : Facteur de survie et de croissance des lymphocytes B qui conditionne l’élimination ou la persistance des LB autoréactifs.
  • Couple Fas/FasL : Système Fas et FasL impliqué dans la délétion périphérique des lymphocytes B et T autoréactifs.

📝 Points essentiels

  • Oxydation de l’ADN-topo I par des toxiques peut déclencher une inflammation et une réponse auto-immune pérenne contre un tissu cible.
  • La réaction croisée avec un auto-antigène initial modifie l’épitope et permet l’activation d’une réponse durable contre le tissu cible.
  • Levée d’anergie : des cellules auto-réactives anergiques peuvent être activées, avec des étapes d’activation impliquant B7–CD28 et l’interleukine-2.
  • IPEX est associé à des mutations de FoxP3 et se manifeste par polyendocrinopathie et colite.
  • Chez l’homme, le nombre de Treg peut être normal mais leur fonctionnalité est altérée, avec des déficits de Treg (nombre et/ou fonction) décrits dans de nombreuses maladies auto-immunes.
  • Thymectomie à J3 chez la souris entraîne un syndrome poly-autoimmun par défaut de maturation thymique des Treg, et la souris scurfy porte une mutation spontanée de FoxP3 avec absence de Treg.

💡 Astuce mémo

FoxP3 = Treg fonctionnels : si FoxP3 casse → Treg inefficaces → auto-immunité multi-organes.

📖 9. Rupture de tolérance : facteurs environnementaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mutation Fas lpr : La mutation lpr touche Fas et favorise la survie de lymphocytes auto-réactifs, ce qui contribue à la rupture de tolérance périphérique.
  • Mutation FasL gld : La mutation gld touche FasL et empêche l’élimination des cellules auto-réactives, entraînant une rupture de tolérance.
  • Couple Fas FasL : Le couple Fas/FasL est un système d’élimination périphérique qui supprime des lymphocytes auto-réactifs et limite l’auto-immunité.
  • Syndrome ALPS : Le syndrome ALPS est une maladie liée à un défaut de Fas, associée à une lymphoprolifération avec adénopathies et splénomégalie.
  • Syndrome APECED : Le syndrome APECED est une maladie monogénique due à une mutation AIRE, impliquée dans la tolérance immunitaire.

📝 Points essentiels

  • Les mutations lpr (Fas) et gld (FasL) provoquent une rupture de tolérance avec lymphoprolifération et atteinte ganglionnaire/splénique.
  • Le défaut de délétion des cellules auto-réactives est central dans la rupture de tolérance périphérique.
  • Chez l’homme, la mutation de Fas est impliquée dans le syndrome ALPS, avec adénopathies et splénomégalie.
  • Chez la souris, les modèles MRL lpr et MRL S montrent des phénotypes d’auto-immunité liés à la voie Fas/FasL.
  • Les mécanismes de rupture de tolérance des B auto-réactives incluent activation de B ignorantes, séquestration d’Ag, Ag cryptiques, activation de B anergiques, et stimulation polyclonale (ex : LPS → prolifération des LB)
  • Des défauts de cellules B régulatrices (IL-10, TGF) et des défauts de délétion contribuent aussi à la rupture de tolérance.

💡 Astuce mémo

Fas/FasL = « frein à l’auto-réactif » : si le frein casse (lpr/gld), les LB/T auto-réactifs prolifèrent.

📖 10. Mécanismes lésionnels : rôle des auto-anticorps

🔑 Notions clés & Définitions

  • Transfert materno-foetal : Mécanisme de passage d’auto-anticorps de la mère vers le fœtus, pouvant déclencher une maladie chez l’enfant.
  • Cytotoxicité dépendante des anticorps : Mécanisme où des anticorps provoquent des lésions cellulaires en fonction de leur capacité à engager des effecteurs.
  • Anticorps opsonisants : Type d’anticorps qui facilite la reconnaissance et l’élimination des cellules par le système immunitaire.
  • Anticorps anti-récepteurs : Anticorps dirigés contre des récepteurs, capables soit de bloquer soit de stimuler leur fonction.

📝 Points essentiels

  • Le transfert materno-foetal peut relier des symptômes chez le nouveau-né à la présence d’auto-anticorps maternels.
  • La cytotoxicité dépendante des anticorps explique des atteintes comme l’anémie hémolytique auto-immune avec anti-I.
  • Les anticorps opsonisants peuvent provoquer une thrombopénie auto-immune avec anti-GpIIbIIIa.
  • Les anticorps anti-récepteurs peuvent être bloquants, comme anti-RACh responsable de la myasthénie.
  • Les anticorps anti-récepteurs peuvent être stimulants, comme anti-RTSH responsable de la maladie de Basedow.
  • Les auto-anticorps peuvent donc agir par destruction, marquage pour élimination, ou modulation directe d’un récepteur.

💡 Astuce mémo

Cytotoxique = détruit, Opsonisant = marque pour éliminer, Anti-récepteur = bloque ou stimule (RACh→myasthénie, RTSH→Basedow).

📖 11. Mécanismes lésionnels : rôle des lymphocytes T

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lymphocytes T CD4+ : Sous-population T CD4+ impliquée dans la production de cytokines et la coordination de la réponse auto-immune.
  • Coopération T-B : Interaction entre lymphocytes T et B qui favorise la production d’anticorps et leurs effets effecteurs.
  • Coopération CD4+ CD8+ : Collaboration entre T CD4+ et T CD8+ qui aboutit à une cytolyse plus efficace.
  • Tests de prolifération ELISPOT : Test immunologique mesurant la réponse fonctionnelle des lymphocytes T après stimulation, utile pour détecter une réactivité.
  • Tolérance au soi : Mécanisme actif du système immunitaire qui empêche l’activation durable des lymphocytes contre les constituants de l’organisme.

📝 Points essentiels

  • Les T CD4+ contribuent à l’auto-immunité via la production de cytokines et la coopération avec les lymphocytes B.
  • La coopération T-B augmente la production d’anticorps responsables d’effets comme l’ADCC et l’activation du complément.
  • La coopération entre T CD4+ et T CD8+ favorise la cytolyse, donc des lésions médiées par des cellules.
  • La mise en évidence du rôle des auto-anticorps est plus simple que celle des lymphocytes T car les mécanismes impliquent plusieurs sous-populations et une présentation par CMH autologue.
  • La tolérance au soi comporte des mécanismes centraux et périphériques (ignorance, anergie, délétion, régulation) qui se combinent pour maintenir l’équilibre.
  • La présence de LT et LB auto-réactifs en périphérie à l’état physiologique est compatible avec la tolérance grâce à l’action conjointe des mécanismes de contrôle.

💡 Astuce mémo

CD4+ = Cytokines + T-B (Ac) ; CD8+ = Cytolyse (avec CD4+)

📊 Tableaux de synthèse

Auto-immunité biologique vs auto-immunité clinique

NotionDéfinitionConséquence clinique
Auto-immunité biologiquePrésence d’une réponse immunitaire dirigée contre le soiNe suffit pas à produire une maladie avec symptômes
Maladie auto-immune (auto-immunité clinique)Mise en place d’une réponse adaptative spécifique contre un/des Ag du soiSymptômes cliniques + lésions cellulaires/tissulaires (contexte)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre tolérance au soi et absence totale de lymphocytes auto-réactifs : le cours insiste sur leur présence en périphérie sous contrôle.
  2. Croire qu’une réponse adaptative contre un auto-Ag suffit à elle seule : c’est une condition nécessaire mais pas suffisante pour une maladie auto-immune.
  3. Mélanger tolérance centrale et périphérique : la centrale repose sur sélection thymique (délétion/receptor editing), la périphérique sur ignorance, anergie, régulation, délétion.
  4. Inverser les mécanismes : l’ignorance correspond à l’absence de signaux suffisants (Ag séquestré), l’anergie à une paralysie fonctionnelle levée par costimulation/cytokines.
  5. Penser que l’activation des LT anergiques se fait sans « signal 3 » : le cours exige costimulation + cytokines (IL-2) et activation des CPA dans certains contextes.
  6. Oublier le rôle de la biodisponibilité de l’Ag : faible concentration tolérise (tolérogène) alors que concentration forte et constante ou Ag introduit brutalement (immunogène) favorise la rupture.
  7. Confondre auto-anticorps et mécanismes lésionnels : cytotoxicité dépendante des anticorps, opsonisation, et anticorps anti-récepteurs (bloquants vs stimulants) ne donnent pas les mêmes tableaux.

✅ Checklist Examen

  1. Définir tolérance au soi, auto-immunité et maladie auto-immune, en distinguant auto-immunité biologique vs clinique (symptômes + lésions).
  2. Expliquer pourquoi la tolérance au soi est nécessaire (diversité TCR/BCR) et ce que la tolérance doit empêcher (activation durable contre auto-Ag).
  3. Citer les deux grandes étapes de la tolérance au soi : tolérance centrale (organes lymphoïdes primaires) et tolérance périphérique (secondaires).
  4. Décrire les mécanismes de tolérance centrale : délétion (LT++) et receptor editing (LB++), et l’idée de sélection sur l’affinité (seuil de sélection négative).
  5. Décrire les mécanismes de tolérance périphérique : ignorance (Ag séquestrés), anergie (paralysie fonctionnelle), régulation (LT régulateurs spécialisés) et délétion des Ly autoréactifs.
  6. Expliquer le concept d’auto-immunité physiologique : présence de LT/LB auto-réactifs en périphérie à faible affinité contrôlée, et conditions de rupture (activation LT CD4/CD8 + LB).
  7. Présenter les acteurs de la rupture de tolérance : affinité des auto-réactifs, auto-antigène (tolérogène vs immunogène), et rôle de l’immunité innée via PRR, signaux de danger, cytokines et co-stimulation.
  8. Expliquer les conditions d’activation des LT auto-réactifs ignorants/anergiques : présentation CMH, costimulation, cytokines (notamment IL-2) et « signal 3 » via activation des CPA (inflammation/super-antigènes).
  9. Donner au moins deux exemples de rupture par auto-Ag : antigènes séquestrés (cristallin/spermatozoïdes → ophtalmie sympathique) et épitopes cryptiques (ex. protéine basique de la myéline dans la SEP).
  10. Décrire la rupture de tolérance centrale liée à AIRE (expression de peptides du soi par mTEC, défaut de sélection négative) et associer le syndrome APECED (mutation AIRE).
  11. Décrire la rupture de tolérance périphérique liée à défauts de régulation/délétion : activation d’auto-réactifs ignorants/anergiques, défaut de délétion, défaut de cellules régulatrices, et associer ALPS (Fas/FasL) et I/
  12. Expliquer les mécanismes lésionnels : rôle pathogène des auto-anticorps (transfert materno-fœtal, cytotoxicité dépendante des anticorps, opsonisation, anticorps anti-récepteurs bloquants vs stimulants) et rôle des LT (CD
  13. Expliquer les facteurs favorisant la rupture : génétiques (APECED AIRE, IPEX FoxP3, ALPS Fas) et environnementaux (infectieux, toxiques/médicaments, hormones), et rappeler que la maladie auto-immune résulte d’une rupture
  14. Relier les mécanismes lésionnels aux tests : rôle des tests de prolifération ELISPOT pour mettre en évidence la réactivité des LT.

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Tolérance au soi — définition ?

Capacité à éviter l’activation contre ses propres antigènes.

Auto-immunité — définition ?

Réaction immunitaire dirigée contre le soi, souvent suite à rupture de tolérance.

Maladies auto-immunes — symptômes ?

Symptômes cliniques et lésions tissulaires spécifiques.

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