📋 Plan du Cours
- Enveloppe temporelle et structure fine
- Binauralité et localisation spatiale
- Effets binauraux : ombre et sommation
- Démasquage dans le bruit et squelch effect
- Phénomènes endocochléaires et recrutement
- Phénomènes rétrocochléaires et surdités cachées
- Rapport signal bruit et intelligibilité vocale
- Courbes audiométriques vocales et SRT
- Procédure vocale classique à RSB fixe
- Procédures adaptatives et estimation du SRT
- Choix du matériel vocal et influence
- Couplage acoustique, directivité et réduction du bruit
📖 1. Enveloppe temporelle et structure fine
🔑 Notions clés & Définitions
- Enveloppe temporelle : L’enveloppe temporelle est la composante de la parole qui décrit ses variations au cours du temps et sert d’indice pour la compréhension.
- Structure fine spectrale : La structure fine spectrale est la composante de la parole qui encode les détails fréquentiels fins et contribue à l’identification des sons.
- Spectre de modulation : Le spectre de modulation est une représentation qui montre l’énergie des modulations en fonction des fréquences de modulation temporelle et spectrale.
- Puissance de modulation : La puissance de modulation mesure l’intensité des modulations de la parole et reflète la force des indices utilisés par le système auditif.
📝 Points essentiels
- Le système auditif utilise des indices fréquentiels et temporels pour comprendre la parole, notamment la hauteur, le timbre et la localisation sonore.
- Le signal de parole se décrit par une structure temporelle (enveloppe temporelle) et par une structure spectrale dite structure fine.
- Le spectre de modulation place la fréquence de modulation temporelle en abscisse et la fréquence de modulation spectrale en ordonnée.
- Dans le spectre de modulation, plus la zone est rouge, plus la puissance de modulation est élevée.
- Les vocalisations se distinguent des sons environnants sur le schéma grâce à leurs patrons de modulation temporelle et spectrale.
💡 Astuce mémo
Temps = enveloppe (rythme), Fréquence = structure fine (couleur) ; Rouge = fort (puissance de modulation).
📖 2. Binauralité et localisation spatiale
🔑 Notions clés & Définitions
- Binauralité : La binauralité est la perception d’une information via deux canaux auditifs distincts, avec stimulation des deux oreilles (D+G) en audiologie.
- Bimodalité : La bimodalité est l’utilisation simultanée de deux technologies différentes pour un même objectif, ici une stimulation électrique et une stimulation physiologique.
- Bilatéralité : La bilatéralité correspond à une perception du son de chaque côté de la tête, sans exiger forcément deux oreilles fonctionnelles.
- Enveloppe temporelle : L’enveloppe temporelle est la composante à variations lentes d’amplitude du signal de parole, modulant la structure fine.
- Structure fine : La structure fine est la modulation rapide d’intensité du signal de parole, portée par des variations rapides sur une large plage fréquentielle.
📝 Points essentiels
- La parole se caractérise par une enveloppe temporelle (EF) et une structure spectrale fine (FS) qui portent des indices différents.
- L’enveloppe temporelle varie typiquement sous 50 Hz (parfois 60 Hz selon les auteurs) et correspond à des événements dont la période dépasse 20 ms.
- Les modulations de 3–4 Hz de l’enveloppe temporelle sont associées au rythme syllabique et soutiennent la reconnaissance de la parole.
- La conservation intégrale de l’enveloppe temporelle améliore l’intelligibilité, notamment dans le silence.
- La structure fine correspond à des variations rapides d’intensité comprises environ entre 150 Hz et 5000 Hz.
- En bruit, la structure fine aide à discriminer la parole du masquage en exploitant des pics énergétiques malgré la dégradation de l’enveloppe.
💡 Astuce mémo
EF = lenteur (rythme syllabique 3–4 Hz) ; FS = finesse (pics rapides 150–5000 Hz) ; en bruit, FS aide à séparer parole et bruit.
📖 3. Effets binauraux : ombre et sommation
🔑 Notions clés & Définitions
- Bilatéralité : Bilatéralité : capacité à percevoir le son de chaque côté de la tête, sans exiger forcément deux oreilles fonctionnelles (ex. CROS).
- Effet d’ombre de la tête : Effet d’ombre de la tête : atténuation différentielle du son entre les deux oreilles due à la tête, qui dépend fortement de la fréquence.
- Sommation de sonie : Sommation de sonie : augmentation de la sensation auditive quand les deux oreilles reçoivent simultanément le même signal.
- Démasquage dans le bruit : Démasquage dans le bruit : amélioration de la perception d’un signal masqué par le bruit grâce au traitement central des indices binauraux.
📝 Points essentiels
- La stimulation simultanée des deux oreilles modifie le traitement cérébral et produit notamment ombre, localisation monaurale, sommation et démasquage.
- Effet d’ombre : jusqu’à ~15 dB de différence vers 10 000 Hz, et il devient perceptible à partir d’environ 1 500 Hz.
- L’ombre acoustique résulte de la combinaison diffraction des basses fréquences et réflexion des hautes fréquences.
- La sommation de sonie correspond à une addition cérébrale de l’énergie des deux oreilles (ODG) et augmente la sensation globale d’environ 3 dB en condition supraliminaire.
- Si la pression acoustique double, l’intensité augmente de 3 dB, et la sensation de “deux fois plus fort” apparaît quand le signal augmente d’environ 10 dB.
- Le démasquage dans le bruit est central et exploite des différences temporelles dT, d’intensité dI et de phase dΦ entre sources spatialement séparées pour soustraire le bruit et mieux faire ressortir la voix; le gain est
💡 Astuce mémo
Ombre = fréquence (basses diffractent, hautes réfléchissent) ; Somme = +3 dB (ODG) ; Bruit = cerveau soustrait avec dT/dI/dΦ.
📖 4. Démasquage dans le bruit et squelch effect
🔑 Notions clés & Définitions
- Sélectivité en fréquences : La sélectivité en fréquences désigne la capacité de la cochlée à activer des zones distinctes pour des fréquences proches, ce qui permet de les distinguer.
- Accord en fréquences : L’accord en fréquences (tuning) est le mécanisme par lequel la cochlée associe une fréquence donnée à une zone précise, dépendant fortement des propriétés des cellules ciliées externes.
- Phénomène de recrutement : Le recrutement correspond à une croissance anormalement élevée de la sonie, avec diminution du champ auditif et distorsion de la perception en intensité.
- Surdité cachée : La surdité cachée est une altération périphérique fonctionnelle liée à une réduction de la sortie cochléaire, sans signe audiométrique évident.
- Neuropathie auditive : La neuropathie auditive est une atteinte neurosensorielle évoquée par une discordance entre les résultats audiométriques tonals et vocaux.
📝 Points essentiels
- Des fréquences très proches peuvent activer deux zones distinctes de la cochlée, ce qui soutient la discrimination grâce à la sélectivité en fréquences.
- Le tuning dépend étroitement des propriétés des cellules ciliées externes, donc toute modification de ces propriétés change la façon dont les fréquences sont encodées.
- Avec une prothèse, l’intervention partielle passe notamment par les canaux de réglages, ce qui peut modifier la façon dont le signal est démasqué.
- Le recrutement se manifeste par une sonie qui augmente trop vite, une réduction du champ auditif et une distorsion de la perception de l’intensité.
- La surdité cachée correspond à une preuve fonctionnelle d’altération périphérique associée à une réduction de la sortie cochléaire, sans signe audiométrique.
- Les atteintes rétrocochléaires entraînent une perte de précision dans l’interprétation du message sonore, notamment via la perte de populations neuronales et la diminution des connexions synaptiques.
💡 Astuce mémo
Sélectivité = zones; Recrutement = sonie qui “monte trop vite”; Cachée = sortie cochléaire ↓ sans audiogramme évident.
📖 5. Phénomènes endocochléaires et recrutement
🔑 Notions clés & Définitions
- Synaptopathie auditive : Atteinte des synapses entre cellules ciliées et fibres auditives, suspectée quand la compréhension en bruit chute malgré une audiométrie tonale peu altérée.
- Fibres à haute activité spontanée : Fibres High-SR dont l’activité de base est élevée et qui répondent tôt aux faibles intensités, codant surtout le seuil et les basses intensités.
- Fibres à activité spontanée intermédiaire : Fibres Medium-SR qui commencent à répondre à des intensités plus élevées que les High-SR et prennent le relais sur une partie de la dynamique.
- Fibres à basse activité spontanée : Fibres Low-SR qui répondent seulement à partir de fortes intensités et codent principalement les hautes intensités.
- Rapport Signal/Bruit : Mesure en dB de la différence d’intensité entre le signal vocal et le bruit, utilisée pour exprimer l’intelligibilité en situation bruyante.
📝 Points essentiels
- En audiométrie tonale peu altérée mais compréhension très dégradée en bruit, des anomalies en audiométrie vocale (surtout dans le bruit) font suspecter une synaptopathie auditive.
- High-SR : réponse dès ~5 dB, augmentation avec intensité (latence qui diminue) puis saturation vers 30–40 dB.
- Medium-SR : début de réponse vers 30 dB, augmentation avec intensité (latence qui diminue) puis saturation vers 50–60 dB.
- Low-SR : début de réponse au-delà de 50 dB, augmentation avec intensité (latence qui diminue) jusqu’à ~80 dB.
- Le recrutement correspond à une coopération des fibres pour coder toute la dynamique : High-SR code seuil/basses intensités, puis Medium-SR et enfin Low-SR prennent le relais sur les fortes intensités.
- Les fibres High-SR sont 2–3 fois plus nombreuses que les autres, ce qui permet un codage efficace des seuils de détection malgré des changements de recrutement.
💡 Astuce mémo
High-SR = « seuil tôt », Medium-SR = « relais milieu », Low-SR = « fort jusqu’à 80 ».
📖 6. Phénomènes rétrocochléaires et surdités cachées
🔑 Notions clés & Définitions
- Procédure vocale classique : Procédure où le RSB est fixé pour chaque liste, puis modifié d’une liste à l’autre pour tracer la courbe d’intelligibilité dans le bruit.
- Vocale adaptative : Procédure où le RSB change après chaque réponse du patient, afin d’approcher rapidement le SRT dans le bruit.
- Framatrix : Procédure adaptative qui fait osciller le RSB autour du SRT du patient et estime le SRT par la moyenne des RSB obtenus.
- Suppléance mentale : Stratégie de compréhension qui utilise le contexte pour retrouver le sens des mots malgré des informations auditives incomplètes.
- Matériel vocal de phrases : Matériel constitué de phrases évaluant la compréhension en mobilisant mémoire immédiate et suppléance mentale, plus proche du quotidien.
📝 Points essentiels
- En procédure vocale classique, le RSB est fixe pendant une liste puis varie progressivement entre listes, ce qui construit la courbe à partir du % d’items reconnus selon le RSB.
- La procédure vocale classique encadre le test par deux valeurs de RSB, ce qui limite le nombre de niveaux réellement explorés dans le bruit.
- Intérêts de la vocale classique : mesure globale de l’audition dans le bruit, estimation du SRT, intelligibilité maximale et analyse de la pente de la courbe.
- Limites de la vocale classique : test plus long et nécessité d’un matériel vocal équilibré pour le bruit afin d’éviter des biais.
- En procédure adaptative, le RSB varie à chaque réponse, avec des tests conçus pour être rapides et reproductibles pour estimer le SRT dans le bruit.
- Intérêts des procédures adaptatives : matériel vocal et bruit spécifiquement adaptés, choix de matériel vocal plus limité que pour la procédure classique.
💡 Astuce mémo
Classique = Courbe par listes (RSB fixe puis changement) ; Adaptative = Ajuste après chaque réponse (RSB suit le patient).
📖 7. Rapport signal bruit et intelligibilité vocale
🔑 Notions clés & Définitions
- Intelligibilité vocale : L’intelligibilité vocale mesure la capacité à reconnaître et comprendre la parole malgré la présence de bruit.
- SRT : Le SRT est le niveau de bruit (ou le rapport signal/bruit) qui permet d’obtenir un critère de reconnaissance vocal donné, souvent exprimé en dB.
- Matériel vocal : Le matériel vocal regroupe les listes d’items utilisés pour tester la reconnaissance de la parole, et il influence les résultats en bruit.
- Suppléance mentale : La suppléance mentale est la capacité du sujet à deviner des éléments manquants à partir du contexte ou des indices, ce qui peut aider la reconnaissance.
- Bruits stationnaires : Les bruits stationnaires sont des bruits stables dans le temps, sans fluctuations temporelles marquées, ce qui rend leur masquage reproductible.
📝 Points essentiels
- La phrase est évaluée comme un tout : si une erreur survient, la phrase est considérée fausse.
- Les listes de Fournier dissyllabiques (10 mots) sont phonétiquement équilibrées et montrent des variations inter-listes de difficulté surtout en présence de bruit.
- Les listes de Fournier monosyllabiques sont moins utilisées en pratique courante et sont souvent jugées difficiles.
- Les listes cochléaires de Lafont sont équilibrées phonétiquement, composées de 17 mots de 3 phonèmes, avec moins de variations inter-listes et moins de suppléance mentale que Fournier mais plus que les logatomes.
- Les logatomes de Dodelé sont des items non signifiés de type CVC, très sensibles à la discrimination fine et sans mémorisation d’items signifiés.
- Le test syllabique (LEFEVRE) utilise 7 listes de 20 trisyllabes identiques de type CVCVCV, avec une syllabe entourée de deux autres pour prendre en compte les transitions formantiques, et il est sensible et reproductible
💡 Astuce mémo
SRT = Seuil de Reconnaissance en Test : le matériel vocal et le bruit changent le seuil, donc on choisit soigneusement.
📖 8. Courbes audiométriques vocales et SRT
🔑 Notions clés & Définitions
- Bruit blanc : Bruit dont la densité énergétique est constante par fréquence, ce qui donne une énergie égale à toutes les fréquences.
- Bruit rose : Bruit dont l’énergie est constante par bande d’octave, donc l’énergie se répartit différemment selon la fréquence.
- Speech noise : Bruit dont la densité spectrale est constante jusqu’à 1000 Hz puis décroît ensuite de 12 dB par octave.
- Cocktail Party : Bruit de type conversationnel construit à partir de voix de plusieurs locuteurs, mélangées après enregistrement et normalisation.
- Babble Noise : Bruit de type conversationnel sans contenu sémantique, proche du cocktail party mais avec un masquage moins efficace.
📝 Points essentiels
- Le bruit blanc est utilisable pour masquer la parole mais il est peu adapté à la sensibilité de l’oreille et peu représentatif de la réalité.
- Le bruit rose est utilisable pour masquer la parole mais il est peu adapté à la sensibilité de l’oreille et peu représentatif de la réalité.
- Le Speech noise se rapproche du spectre moyen de la parole grâce à sa décroissance après 1000 Hz.
- Bruit rose : même énergie par bande d’octave (ex. 500–1 kHz ≈ 1–2 kHz).
- Bruit blanc : même énergie par fréquence (ex. 500 Hz ≈ 1 kHz ≈ 2 kHz).
- Cocktail Party : voix de 32 locuteurs français (16 femmes, 16 hommes), texte > 2000 mots, enregistrement filtré et normalisé en intensité, avec des centaines de mélanges sonores.
💡 Astuce mémo
Blanc = même énergie par fréquence ; Rose = même énergie par bande d’octave.
📖 9. Procédure vocale classique à RSB fixe
🔑 Notions clés & Définitions
- RSB fixe : Procédure où le rapport signal sur bruit est maintenu constant pendant le test, afin de comparer les performances dans des conditions identiques.
- Bruit blanc filtré : Bruit de test obtenu en filtrant un bruit blanc, utilisé pour créer un bruit contrôlé pendant l’évaluation de la compréhension.
- Niveau RMS égalisé : Mise à niveau des phrases du test avec un même RMS après suppression des silences pour standardiser l’intensité perçue.
- Bruit de concaténation : Bruit ajouté/organisé pour enchaîner les phrases sans blanc sonore, afin d’éviter des ruptures qui faciliteraient la tâche.
- Configuration des haut-parleurs : Disposition spatiale des haut-parleurs qui influence la difficulté du test en modifiant la façon dont le bruit masque la parole.
📝 Points essentiels
- Toutes les phrases du test sont mises au même niveau RMS après suppression des silences pour standardiser le stimulus.
- Le bruit de concaténation évite les blancs sonores en alignant les phrases à la suite, ce qui rend la tâche plus comparable.
- La variabilité des SRT dépend de la configuration des haut-parleurs, donc la même procédure ne donne pas forcément les mêmes résultats si l’installation change.
- Quand le bruit provient de plusieurs sources, il devient plus difficile de discerner la parole.
- Pour une mesure reproductible, le patient doit être testé dans les mêmes conditions sonores à chaque passation.
- Les procédures validées en milieu bruyant incluent des tests à bruit contrôlé comme HINT et des protocoles type FRAMATRIX/QuickSIN, avec des règles de présentation et de notation spécifiques.
💡 Astuce mémo
RSB fixe = même bruit/conditions → si la salle change, les SRT changent aussi.
📖 10. Procédures adaptatives et estimation du SRT
🔑 Notions clés & Définitions
- Aération d’embout : L’aération correspond au diamètre de l’évent, qui influence la réponse en fréquence et le confort vocal en condition ouverte ou fermée.
- Gain G50 : Le gain G50 est le gain mesuré pour les sons faibles, utilisé pour évaluer la stabilité et la qualité de la réponse dans les aigus.
- Gain critique : Le gain critique est le gain limite associé à l’apparition de l’instabilité acoustique (effet larsen), déterminant la qualité sonore des consonnes.
- Effet larsen : L’effet larsen est une instabilité acoustique qui dégrade la courbe de réponse des aigus et rend la parole métallique ou désagréable.
- Effet vent-in : L’effet vent-in est l’amplification naturelle apportée par l’oreille externe quand le conduit est dégagé, en complément du gain électronique.
📝 Points essentiels
- Passer d’embout fermé à open peut entraîner une perte d’environ 30 dB d’amplification sous 500 Hz par fuite acoustique.
- Si la perte des graves dépasse 30 dB, une adaptation en open est à éviter car elle crée un déséquilibre fréquentiel (sonorité creuse).
- Pour obtenir environ 10 dB de gain grave au tympan en open, il faudrait amplifier d’environ 40 dB, ce qui augmente le risque de distorsions audibles.
- L’intelligibilité dépend de la qualité et de la rapidité d’amplification des consonnes, donc de la qualité de la réponse dans les aigus.
- Si le gain G50 et le gain critique sont trop proches, des pics et creux de résonance apparaissent avant l’apparition du larsen, donnant une sonorité métallique.
- Pour limiter la distorsion aiguë, viser un gain critique au moins > 5 dB au-dessus du gain G50 afin de préserver la reconnaissance des consonnes sans effort mental supplémentaire.
💡 Astuce mémo
Graves: si perte >30 dB → Open interdit; Aigus: critique doit dépasser G50 de >5 dB (sinon métal).
📖 11. Choix du matériel vocal et influence
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet vent-in : Effet de réduction du bruit de vent intégré à certaines aides auditives, dont l’intérêt dépend du gain aigu de l’appareil.
- RSB : Rapport signal/bruit, indicateur de la qualité d’écoute qui dépend notamment des bruits à basses fréquences transmis par l’évent.
- Compression (aides auditives) : Traitement qui réduit la dynamique du signal pour retrouver une taille perceptive proche de la normale, tout en agissant sur la parole et le bruit.
- Facteur de compression : Paramètre de compression noté CF qui fixe l’intensité de la réduction de dynamique appliquée au signal.
- Point de déclenchement de la compression : Paramètre noté TK qui indique à partir de quel niveau le système commence à comprimer le signal.
📝 Points essentiels
- L’effet vent-in n’apporte un gain utile que si le gain aigu de l’appareil est inférieur à 20 dB, au-delà l’apport devient négligeable.
- Avec 25 dB de gain, l’effet vent-in devient inaudible car la somme totale reste proche de 26,2 dB.
- L’évent laisse passer des bruits à énergie maximale dans les basses fréquences, et ces bruits ne sont pas réduits par les algorithmes débruiteurs.
- Réduire l’évent améliore le rapport signal/bruit en limitant l’arrivée de bruits masquant non traités dans le système auditif.
- La compression vise à traiter la dynamique résiduelle pour redonner une taille perceptive normale au signal.
- La compression est caractérisée par gain général, TK, CF, et des constantes temporelles d’attaque (TA) et de retour (TR).
💡 Astuce mémo
Vent-in utile seulement si gain aigu < 20 dB : au-delà, c’est “trop tard” pour que le vent-in change vraiment.
📖 12. Couplage acoustique, directivité et réduction du bruit
🔑 Notions clés & Définitions
- Expansion des bruits faibles : Mécanisme de réduction qui diminue l’amplification des sons très faibles non pertinents pour l’utilisateur.
- Bruits impulsionnels : Bruits à énergie qui monte très rapidement, comme des chocs ou claquements, pouvant devenir gênants.
- Réduction de gain impulsionnelle : Traitement rapide qui applique une baisse de gain en fonction de la pente, de l’amplitude et de la durée de l’impulsion.
- Détection du bruit de vent : Procédé qui repère une situation de vent grâce à des signaux non corrélés entre microphones.
- Émergence de la parole dans le bruit : Fonction de détection qui favorise l’amplification des pics liés à la parole quand elle est masquée par le bruit.
📝 Points essentiels
- L’expansion des bruits faibles vise à limiter l’amplification des sons environnementaux de très faible niveau et du bruit interne de l’aide auditive.
- La plupart des fabricants ne communiquent pas sur le « TK bas » ou le premier point d’enclenchement de l’expansion.
- Les compresseurs extrêmement rapides pour bruits impulsionnels analysent le signal sur une durée très inférieure à 1 ms.
- La réduction de gain impulsionnelle est appliquée environ 20 000 fois par seconde selon la pente, l’amplitude et la durée de l’impulsion.
- La première onde sonore importante nécessaire à la localisation est conservée malgré la réduction de gain.
- Le bruit de vent est favorisé par le positionnement des microphones sur des aides de type contour, qui ne bénéficie pas de la « protection naturelle » de l’oreille externe.
💡 Astuce mémo
Impulsion = « coupe vite » (analyse <1 ms, gain 20 000×/s) ; Vent = « micros désaccordés » (non corrélation) ; Parole = « pics mis en avant ».
📊 Tableaux de synthèse
Procédures vocales dans le bruit : classique vs adaptative
| Type de procédure | RSB | Objectif principal |
|---|
| Classique | RSB fixe à chaque liste puis modifié d’une liste à l’autre | Construire la courbe d’intelligibilité et estimer le SRT (mesure globale) |
| Adaptative | RSB varie à chaque réponse du patient | Évaluer rapidement le SRT dans le bruit (tests reproductibles, matériel adapté) |
| Framatrix | Oscillation autour du SRT du patient ; SRT estimé par moyenne arithmétique des RSB | Estimation du SRT par moyenne des RSB obtenus |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre enveloppe temporelle (variations lentes <50 Hz, rythme syllabique 3–4 Hz) et structure fine (variations rapides 150–5000 Hz) : on inverse les rôles en bruit.
- Croire que la sommation de sonie est un effet “mesurable” identique à l’ombre : la sommation est décrite comme subjective et ~3 dB en supraliminaire, alors que l’ombre dépend fortement de la fréquence.
- Penser que le démasquage dans le bruit est périphérique : le cours insiste sur un phénomène purement central utilisant dT, dI et dΦ.
- Sous-estimer la synaptopathie : l’audiométrie tonale peut être “relativement peu altérée” alors que la compréhension en bruit chute fortement.
- Mélanger recrutement et compression : le recrutement est une croissance anormalement élevée de la sonie (champ auditif ↓, distorsion), tandis que la compression est un réglage prothétique (TK/CF/TA/TR).
- Croire que “n’importe quel bruit” convient : le cours rappelle que le bruit doit être stable/représentatif et que le RSB n’est pas identique entre fréquences, d’où l’intérêt de bruits spécifiques (bruit blanc filtré, br.
✅ Checklist Examen
- Savoir définir enveloppe temporelle (EF) et structure fine (FS) et donner leurs plages (EF <50 Hz/≈60 Hz ; FS 150–5000 Hz) et leurs rôles en silence vs bruit.
- Savoir interpréter le spectre de modulation : abscisse = modulation temporelle, ordonnée = modulation spectrale, et “plus c’est rouge, plus c’est fort”.
- Savoir distinguer vocalisations vs sons environnementaux sur le schéma (modulations lentes d’amplitude + modulations spectrales élevées).
- Savoir définir binauralité, bimodalité et bilatéralité, et rappeler les effets binauraux attendus (ombre, localisation monaurale, sommation, démasquage).
- Savoir quantifier l’ombre de la tête : jusqu’à ~15 dB à 10 000 Hz et perceptible à partir d’environ 1 500 Hz, avec diffraction basses/réflexion hautes.
- Savoir expliquer la sommation de sonie : addition cérébrale (ODG) ~3 dB en supraliminaire et “2 fois plus fort” quand le signal augmente d’environ 10 dB.
- Savoir décrire le démasquage/squelch effect : central, soustraction via différences temporelles (dT), d’intensité (dI) et de phase (dΦ), et gain annoncé 1 à 12 dB selon le type de bruit.
- Savoir relier surdité endocochléaire à ses conséquences (audibilité ↓, sélectivité ↓, recrutement) et rappeler le rôle des CCE (sensibilité cochléaire augmentée d’environ 60 dB).
- Savoir relier neuropathie auditive et synaptopathies à la discordance audiométrie tonale vs vocale (surtout en bruit) et aux examens cités pour la NA (OEAP + PEAA).
- Savoir définir RSB (RSB en dB = I(signal vocal) – I(bruit)) et rappeler que le RSB doit être exprimé avec le même type de dB pour signal et bruit (pas dB HL vs dB SPL).
- Savoir appliquer la norme ISO 8253-3 pour la vocale dans le bruit : pas de mesure du RSB ≤5 dB (souvent 3 dB), bruit fixe ou vocale fixe admis, et principe de variation selon la fixation.
- Savoir comparer matériel vocal et bruit : phrases (mémoire immédiate + suppléance mentale), et connaître les exemples de tests (Combescure, Fournier dissyllabiques/monosyllabiques, Lafont, Dodelé, LEFEVRE) ainsi que l’ex
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