📋 Plan du Cours
- Définition du pH et concentration en H+
- Équivalents mEq/L et valence des ions
- Origine des ions H+ dans l’organisme
- Caractérisation du pH et valeurs physiologiques
- Régulation du pH par protéines et excitabilité
- Sources d’acides et bases et rôle des poumons
- Systèmes régulateurs du pH : tampons, poumons, reins
- Systèmes tampons bicarbonate et protéines
- Mécanisme tampon : ajout d’acide ou de base
- Diagramme de Davenport : isobares et traçage
- Ligne tampon normale et rôle de l’hémoglobine
- Applications cliniques : acidose respiratoire
📖 1. Définition du pH et concentration en H+
🔑 Notions clés & Définitions
- pH : Le pH est une grandeur qui mesure l’acidité d’une solution via sa concentration en ions H+.
- Potentiel hydrogène : Le potentiel hydrogène désigne la mesure du pH, c’est-à-dire le niveau d’ions H+ dans le milieu.
- Concentration en H+ : La concentration en H+ correspond à la quantité d’ions H+ présents dans un volume donné, exprimée en mEq/L ou en nmol/L selon le contexte.
- mEq/L : Le mEq/L est une unité d’équivalents électriques par litre, liée à la quantité de matière et à la valence des ions.
- Équivalents (Eq/L) : Les équivalents par litre expriment la charge électrique totale portée par les ions en solution.
📝 Points essentiels
- La relation entre pH et concentration en H+ est pH=−log[H+] : quand [H+] augmente, le pH diminue.
- La concentration en H+ dans l’organisme est très faible et doit être ajustée finement pour préserver les fonctions biologiques.
- Exemple de plasma artériel : [H+]≈0,00004mEq/L, à comparer à Na+≈135mEq/L.
- Conversion mEq/L : mEq/L=mmol/L×valence (la valence reflète la capacité de l’ion à porter des charges).
- Exemples d’équivalents : NaCl1M donne 2Eq/L (Na+ + Cl−) et CaCl21M donne 4Eq/L (Ca2+ + 2Cl−).
- Glucose (non-électrolyte) : il ne se dissocie pas en ions, donc sa contribution en équivalents est 0Eq/L.
💡 Astuce mémo
pH = -log : plus de H+ → pH plus bas (inversement).
📖 2. Équivalents mEq/L et valence des ions
🔑 Notions clés & Définitions
- Valence ionique : La valence indique le nombre de charges portées par un ion, ce qui conditionne sa contribution aux mEq.
- mEq/L : Le mEq/L exprime une concentration en milliéquivalents par litre, reliant quantité d’ions et charges électriques.
- Équivalent : Un équivalent correspond à une quantité de substance qui apporte une charge électrique équivalente à 1 mole de charges.
- Protons H+ : Les protons sont les ions responsables des variations de pH, donc de l’acidité mesurée dans les liquides biologiques.
📝 Points essentiels
- La valence z intervient car la charge totale transportée par un ion dépend de z (un ion multivalent compte davantage en mEq).
- Pour convertir une concentration molaire en mEq/L, on multiplie par la valeur absolue de la valence : mEq/L=mmol/L×∣z∣.
- Le signe de la charge ne change pas la quantité en mEq : on utilise ∣z∣ pour compter les charges transportées.
- Les protons H+ ont une valence z=+1, donc mEq/L et mmol/L sont numériquement identiques pour H+.
- En acidose, l’augmentation des protons libres modifie les charges au voisinage des neurones et diminue le potentiel de repos (PR).
- En alcalose, la baisse relative des protons libres favorise une hyperexcitabilité neuronale via des modifications de charges et du PR.
💡 Astuce mémo
Valence = multiplicateur de mEq : mEq/L=mmol/L×∣z∣ ; H+ a ∣z∣=1 donc mEq = mmol.
📖 3. Origine des ions H+ dans l’organisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Système tampon : Un système tampon limite les variations de pH en absorbant ou en libérant des protons quand on ajoute un acide ou une base.
- Acide carbonique : L’acide carbonique H2CO3 est l’acide faible du système tampon du liquide extracellulaire.
- Bicarbonate : Le bicarbonate HCO3− est la base faible du système tampon, capable de capter ou de libérer des H+ selon le sens des réactions.
- Régulation pulmonaire du CO2 : La régulation respiratoire ajuste le CO2 pour influencer indirectement la disponibilité des protons et donc le pH.
- Régulation rénale des protons : La régulation rénale élimine des protons via les urines, sous forme libre ou complexée, quand les autres mécanismes ne suffisent pas.
📝 Points essentiels
- Le pH sanguin est maintenu entre 7,38 et 7,42 grâce à une succession de mécanismes de compensation.
- Le premier mécanisme est un système tampon qui absorbe les protons ; si l’excès persiste, les poumons interviennent en libérant du CO2.
- En dernier recours, les reins éliminent les protons dans les urines, soit sous forme libre soit complexée.
- Dans le liquide extracellulaire, le système tampon associe H2CO3 (acide faible) et HCO3− (base faible).
- Le bicarbonate HCO3− s’associe au sodium Na+ pour former du bicarbonate de sodium, constituant majeur du tampon extracellulaire.
- Dans le liquide intracellulaire, le couple tampon est H2CO3/HCO3− mais avec association au potassium K+ (bicarbonate de potassium).
💡 Astuce mémo
Tampons d’abord (bicarbonate), puis poumons (CO2), puis reins (urines).
📖 4. Caractérisation du pH et valeurs physiologiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Système tampon bicarbonate : Système tampon du sang basé sur l’équilibre entre HCO3− et H2CO3, qui limite les variations de pH en absorbant ou libérant des H+.
- Acide carbonique : Acide faible H2CO3 impliqué dans l’équilibre avec HCO3−, dont la dissociation libère des protons et du CO2.
- pKa de l’acide carbonique : Valeur caractéristique de l’acide carbonique qui relie le pH à la dissociation du couple H2CO3/HCO3−.
- PCO2 : Pression partielle de CO2, paramètre respiratoire qui reflète la quantité de CO2 dissous et influence le pH sanguin via l’équilibre CO2/H2CO3.
- Tampon phosphate : Système tampon du milieu intracellulaire et des tubules rénaux utilisant le couple H2PO4−/HPO4− pour transformer des variations d’acide fort en variations moins marquées de pH.
📝 Points essentiels
- L’équilibre H+ + base conjuguée ↔ acide carbonique suit des constantes de vitesse d’association K1 et de dissociation K−1, et à l’équilibre Ka = K−1/K1.
- Le pH vaut le pKa de l’acide carbonique quand [HCO3−] = [H2CO3], avec pKa ≈ 6,1 pour ce couple.
- Pour des pH entre 5 et 7, le couple bicarbonate est très efficace pour tamponner les variations de pH.
- Le pH physiologique sanguin doit rester autour de 7,4, donc le système bicarbonate n’est pas au point d’efficacité maximale mais reste fonctionnel grâce à d’autres mécanismes.
- Dans le sang, la concentration en HCO3− est mesurable (≈ 24 mmol), tandis que la concentration en H2CO3 est difficile à doser car il se dissocie vite.
- Le pH sanguin dépend directement de la PCO2 régulée par la ventilation pulmonaire, avec une PCO2 ≈ 40 mmHg associée à un pH ≈ 7,4.
💡 Astuce mémo
Bicarbonate = poumons (PCO2) + reins (HCO3−) : CO2 pilote l’acide carbonique, HCO3− amortit les H+.
📖 5. Régulation du pH par protéines et excitabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Tampon phosphate : Système tampon à base de couples acide faible/base faible impliquant les phosphates, particulièrement important dans le liquide intracellulaire et les tubules rénaux.
- pKa du H2PO4- : Valeur caractéristique du couple phosphate, ici fixée à 7,2, qui conditionne l’efficacité du tampon quand le pH est proche.
- Tampon protéines plasmatiques : Ensemble des protéines du sang capables d’agir comme acides faibles ou bases faibles selon la nature des acides aminés qui les composent.
- Hémoglobine : Protéine des globules rouges dont le pouvoir tampon est nettement supérieur aux autres protéines plasmatiques, en lien avec la globine et la fixation du CO2.
- Chémorécepteurs : Capteurs qui ajustent la ventilation en réponse aux variations de pH via la détection des protons et aux variations de PCO2 via la détection du CO2.
📝 Points essentiels
- Le tampon phosphate est efficace car le pH des liquides intracellulaire/tubulaires est proche du pKa du H2PO4- (7,2).
- Les phosphates sont beaucoup plus concentrés dans le liquide intracellulaire et les tubules rénaux que dans le liquide extracellulaire.
- Quand des acides aminés portent surtout des groupes amines (NH2), la protéine se comporte comme une base faible en captant des protons (NH2 → NH3+).
- Quand des acides aminés portent surtout des groupements carboxyles, la protéine se comporte comme un acide faible en libérant des protons.
- Les protéines plasmatiques contribuent à la modulation du pH sur la journée à hauteur d’environ 5%, donc leur rôle tampon n’est pas prépondérant.
- L’hémoglobine est environ 8 fois plus puissante comme tampon que les autres protéines, grâce à la globine et à sa capacité à lier le CO2 via des mécanismes de libération/acceptation de protons.
💡 Astuce mémo
Phosphate efficace quand pH ≈ pKa (7,2) ; Protéines : NH2 capte H+ (base faible), COOH libère H+ (acide faible) ; Hémoglobine = 8x tampon.
📖 6. Sources d’acides et bases et rôle des poumons
🔑 Notions clés & Définitions
- Chémorécepteurs carotidiens : Récepteurs périphériques qui détectent la concentration en protons libres et déclenchent l’ajustement ventilatoire.
- Chémorécepteurs aortiques : Récepteurs périphériques qui détectent aussi les protons libres et participent en parallèle au contrôle respiratoire.
- Chémorécepteurs centraux : Récepteurs situés au niveau des poumons/centres centraux qui répondent aux variations de CO2 via la pression partielle.
- Ventilation alvéolaire : Mécanisme respiratoire qui détermine l’élimination du CO2 et donc l’influence du pH.
- Régulation rénale du pH : Mécanisme de compensation du pH assuré par les reins quand la compensation respiratoire est insuffisante.
📝 Points essentiels
- Le pH influence la ventilation alvéolaire, car la respiration ajuste l’élimination du CO2.
- Les chémorécepteurs périphériques (carotidiens et aortiques) détectent la concentration en protons libres.
- Les chémorécepteurs centraux détectent les variations de pression partielle en CO2.
- Les deux types de chémorécepteurs fonctionnent en parallèle : protons ou CO2 ↑ activent les centres bulbaire, augmentant fréquence et amplitude respiratoires.
- La conséquence de l’augmentation ventilatoire est une baisse de la pCO2, ce qui diminue la concentration en protons libres.
- Les reins constituent la dernière barrière de régulation du pH et compensent environ 25% de ce que les poumons n’ont pas corrigé.
💡 Astuce mémo
Protons → périphérie (carotide/aorte) ; CO2 → centre (bulbe/poumons) ; plus de ventilation = pCO2 ↓ = H+ ↓.
📖 7. Systèmes régulateurs du pH : tampons, poumons, reins
🔑 Notions clés & Définitions
- Bicarbonate sanguin : Le bicarbonate est l’ion majeur du sang qui neutralise les variations de H+ et participe au maintien du pH.
- Anhydrase carbonique : L’anhydrase carbonique est l’enzyme qui accélère la conversion entre CO2 et H2CO3, puis la formation de HCO3−.
- Acidité titrable : L’acidité titrable correspond à l’acidité éliminée dans l’urine sous forme de composés liés, notamment via le phosphate.
- Excrétion d’ammonium : L’excrétion d’ion ammonium NH4+ est un mécanisme rénal qui permet d’éliminer des H+ et de régénérer des bicarbonates.
- Cellules intercalaires de type B : Les cellules intercalaires de type B sont des cellules rénales impliquées dans l’excrétion de HCO3− et la libération de H+.
📝 Points essentiels
- Le rein régule le pH en utilisant l’anhydrase carbonique pour transformer CO2+H2O en HCO3−, puis en ajustant l’échange avec les H+.
- Dans le tubule, la sécrétion de H+ peut être associée à la formation d’acide carbonique, ce qui permet la réabsorption de HCO3− vers le sang.
- Régénération des bicarbonates par excrétion d’acidité titrable : les H+ sécrétés s’associent au phosphate NaHPO4− pour former NaH2PO4 éliminé dans l’urine.
- L’excrétion des H+ liée au phosphate représente environ un tiers de l’élimination des protons.
- Régénération des bicarbonates par excrétion d’ion ammonium : les cellules du tube collecteur sécrètent des H+ qui réagissent avec NH3 pour former NH4+ excrété.
- Le mécanisme ammonium contribue à environ deux tiers de l’élimination des protons et augmente le pH sanguin via la néoformation de HCO3−.
💡 Astuce mémo
Phosphate = 1/3, ammonium = 2/3 : total protons éliminés, bicarbonates régénérés.
📖 8. Systèmes tampons bicarbonate et protéines
🔑 Notions clés & Définitions
- Échangeur bicarbonate/chlore : Échangeur rénal qui prélève du chlore dans les urines en échange de la gestion des bicarbonates, permettant de limiter l’alcalinisation.
- Cellules intercalaires de type B : Cellules tubulaires rénales qui réabsorbent des protons via une pompe, participant à la régulation du pH.
- Pompe ATP K+/H+ : Pompe des cellules intercalaires de type B qui utilise l’ATP pour réabsorber des H+ en couplant le transport au potassium.
- Glutamine : Acide aminé utilisé par le rein comme source de NH3, permettant l’élimination des protons sous forme d’ions ammonium.
- Ammonium (NH4+) : Forme ionique issue de NH3 qui se combine avec les protons dans les urines pour permettre l’excrétion de l’acidité.
📝 Points essentiels
- L’échangeur bicarbonate/chlore fonctionne en prélevant du Cl− urinaire, ce qui aide à éliminer l’excès de bicarbonates et à éviter une hausse du pH.
- En cas de carence en chlore, l’échangeur s’enraye et les bicarbonates s’accumulent, ce qui élève le pH et provoque une alcalose métabolique.
- Le système de sécrétion/excrétion des bicarbonates et de réabsorption des H+ peut aussi s’arrêter si la concentration en K+ diminue.
- Une hypokaliémie réduit la réabsorption de H+ par la pompe ATP/K+/H+, entraînant une alcalose métabolique hypokaliémique.
- Une hyperkaliémie augmente l’excrétion de K+, diminue l’activité ATP/K+/H+ et réduit les bicarbonates sanguins, favorisant une acidose métabolique.
- Le K+ éliminé peut se complexer avec les bicarbonates pour former un composé éliminable dans les urines, ce qui relie directement K+ et HCO3− dans l’excrétion.
💡 Astuce mémo
Chlore ↔ bicarbonate : pas de chlore = bicarbonate qui reste = pH qui monte ; K+ pilote la pompe H+ : bas K+ = H+ bloqués = alcalose, haut K+ = H+ moins réabsorbés = acidose.
📖 9. Mécanisme tampon : ajout d’acide ou de base
🔑 Notions clés & Définitions
- Ammonium : Ion ammonium utilisé par le rein pour capter des protons et limiter la baisse du pH.
- Phosphate : Ion phosphate servant de partenaire de complexation des protons dans le rein lors de la régulation acido-basique.
- Bicarbonates : Ions bicarbonate jouant le rôle de base faible du système tampon et neutralisant des protons libres.
- Acide carbonique : Acide faible du système tampon, rapidement en équilibre avec le CO2 et les bicarbonates.
📝 Points essentiels
- Un ajout d’acide est tamponné par les bicarbonates qui captent les protons et freinent l’acidification du liquide extracellulaire.
- Un ajout de base est tamponné par le système bicarbonate/CO2 qui limite la hausse du pH en consommant des protons disponibles.
- Après l’action tampon, les poumons éliminent directement CO2 et eau, ce qui déplace l’équilibre vers la gauche et favorise la complexation des bicarbonates avec les protons.
- L’élimination pulmonaire du CO2 réduit la concentration en protons libres et donc diminue l’acidité du pH.
- Les reins éliminent les protons filtrés ou les complexent avec phosphate ou ammonium, et peuvent aussi réabsorber ou produire des bicarbonates selon le pH du liquide extracellulaire.
- Le pH sanguin dépend du rapport [HCO3-]/PCO2 via l’approximation remplaçant [H2CO3] par la pression partielle en CO2.
💡 Astuce mémo
Tampon = bicarbonates; Poumons = CO2; Reins = protons + bicarbonates (ABC : Acide-Bicarbonate-CO2).
📖 10. Diagramme de Davenport : isobares et traçage
🔑 Notions clés & Définitions
- Diagramme de Davenport : Diagramme reliant pH, concentration en bicarbonates et PCO2 pour visualiser l’évolution acido-basique quand la PCO2 varie.
- Isobares : Courbes du diagramme correspondant à une PCO2 fixée, permettant de lire le couple pH–[HCO3-] associé.
- PCO2 : Pression partielle de CO2, paramètre qui pilote directement les variations de bicarbonates via les équilibres du CO2 hydraté.
- Ligne tampon normale : Courbe qui relie les couples pH–[HCO3-] compatibles avec le tampon sanguin après tracé des isobares.
📝 Points essentiels
- En trouble respiratoire aigu, la cause est une variation de PCO2, et la [HCO3-] ne reste pas constante car l’équilibre CO2–H2O–H2CO3 se déplace.
- Si la PCO2 augmente, on augmente la [HCO3-] et on observe un pH < 7 en acidose respiratoire aiguë.
- Si la PCO2 diminue, on diminue la [HCO3-] et on observe un pH > 7 en alcalose respiratoire aiguë.
- Le diagramme de Davenport sert à éviter de suivre le pH “à l’aveugle” à partir de [CO2] ou [HCO3-], car la phase aiguë et la rémission peuvent rendre l’évolution du pH contre-intuitive.
- Sur le diagramme, l’abscisse représente le pH (normal ~7,4) et l’ordonnée la [HCO3-] (normal ~24 mmol/L dans le LEC/plasma).
- Les isobares classiques se tracent pour des PCO2 typiques (ex. 20, 40, 60 mmHg), et peuvent aller d’environ 0,5 à 80 mmHg selon le diagramme ; plus il y a d’isobares, plus la lecture est fine (souvent ~une dizaine).
💡 Astuce mémo
PCO2 pilote HCO3- : ↑PCO2 → ↑[HCO3-] → pH<7 (acidose) ; ↓PCO2 → ↓[HCO3-] → pH>7 (alcalose).
📖 11. Ligne tampon normale et rôle de l’hémoglobine
🔑 Notions clés & Définitions
- Ligne tampon normale : Courbe du diagramme de Davenport reliant les couples pH et [HCO3-] obtenus pour différentes PCO2, en tenant compte du pouvoir tampon du sang.
- Tampon sanguin : Système chimique du sang qui limite les variations de pH, principalement via HCO3- et les protéines, dont l’hémoglobine.
- Isobares : Courbes du diagramme reliant les points ayant la même PCO2, permettant de lire pH et [HCO3-] pour une PCO2 donnée.
- Hémoglobine : Protéine du sang qui participe au pouvoir tampon et modifie la pente de la ligne tampon selon sa concentration.
- Acidose respiratoire : Pathologie où l’augmentation de PCO2 entraîne une baisse du pH, avec compensation par augmentation de [HCO3-].
📝 Points essentiels
- La ligne tampon normale se trace après avoir dessiné les isobares, car elle relie entre elles les concentrations associées à chaque isobare.
- Le principe de tracé est empirique : on fixe une PCO2, puis on mesure pH et [HCO3-] sur des échantillons de sang pour construire la courbe.
- Sur un diagramme de Davenport classique, on utilise généralement une dizaine d’isobares pour obtenir une bonne finesse de lecture des pH et [HCO3-] selon la PCO2.
- La normalité physiologique correspond à pH ≈ 7,4, [HCO3-] ≈ 24 mmol/L et PCO2 ≈ 40 mmHg au point « ok ».
- Quand la [Hb] augmente, le tampon devient plus efficace et la ligne tampon devient plus « raide », ce qui réduit les variations de pH pour une même variation de [HCO3-].
- En acidose respiratoire, l’augmentation de PCO2 (ex. isobare 80 mmHg) fait baisser le pH (autour de 7,3) et augmente [HCO3-] (ex. vers 40 mmol/L) par déplacement des équilibres, puis la compensation vise à remonter le pH
💡 Astuce mémo
Hb↑ → tampon↑ → pente↑ (pH bouge moins) ; PCO2↑ → pH↓ et HCO3-↑ ; « ok » = 7,4 / 24 / 40.
📖 12. Applications cliniques : acidose respiratoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Acidose respiratoire : Trouble acido-basique où le pH baisse parce que la ventilation est insuffisante, entraînant une hausse de la PCO2.
- PCO2 : Paramètre reflétant la pression partielle de CO2, qui augmente en cas de mauvaise ventilation et fait baisser le pH.
- Bicarbonates (Bic) : Réserve alcaline mesurée par la concentration de bicarbonate, qui augmente lors d’une compensation d’une acidose respiratoire.
- Compensation rénale : Réponse des reins qui modifient la quantité de bicarbonate pour limiter la baisse du pH lors d’une acidose respiratoire.
📝 Points essentiels
- En acidose respiratoire, la cause typique est une détresse respiratoire avec mauvaise ventilation, donc une augmentation de la PCO2.
- La compensation ne consiste pas à respirer “normalement” immédiatement pour faire baisser la PCO2 : la solution principale est la compensation par les bicarbonates.
- Le corps compense l’acidité en augmentant la quantité de bases, donc en augmentant les Bic.
- On parle d’acidose partiellement compensée tant que le pH n’a pas encore atteint 7,4, puis d’acidose totalement compensée une fois 7,4 atteint.
- Pathologies à évoquer : altération de la commande respiratoire centrale (tumeur, AVC, encéphalite, drogues sédatives), atteintes neuromusculaires (poliomyélite, Guillain-Barré, myopathie), atteintes de la cage thoracique
- Pathologies à évoquer : atteintes pulmonaires (pneumopathies, asthme, BPCO+++), ainsi que cyphoscoliose, pneumothorax et épanchement pleural.
💡 Astuce mémo
Ventilation ↓ → PCO2 ↑ → pH ↓ ; compensation = reins → Bic ↑ (partielle puis totale quand pH=7,4).
📊 Tableaux de synthèse
Systèmes régulateurs du pH (ordre et rôle)
| Système | Vitesse | Part prise |
|---|
| Systèmes tampons | 1re ligne | limite les grandes variations de pH |
| Ventilation pulmonaire | réponse rapide | prend en charge 75% des perturbations du pH |
| Reins | réponse lente | prend en charge les perturbations résiduelles (25%) |
Tampon bicarbonate selon le compartiment
| Compartiment | Couple tampon | Autres éléments cités |
|---|
| Liquide extracellulaire | H2CO3 / HCO3- (bicarbonate de sodium) | phosphates extracellulaires et protéines ~5% |
| Liquide intracellulaire | H2CO3 / HCO3- (bicarbonate de potassium) | phosphates et protéines chargées négativement ; globules rouges : hémoglobine ~40% |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre pH et [H+] : pH = -log[H+], donc quand [H+] augmente, le pH diminue.
- Croire que le signe de la charge change les mEq : en conversion mEq/L on utilise |z| pour compter les charges transportées.
- Penser que le bicarbonate tamponne “sans condition” : en cas d’augmentation de CO2 (apnée), l’équilibre se déplace mais le tampon n’est pas efficace comme lors d’un ajout d’acide.
- Inverser les compensations : acidose respiratoire se compense surtout par augmentation des [HCO3-] (reins), pas par “respirer normalement d’un coup”.
- Mélanger acidose/alcalose respiratoire et métabolique sur le diagramme : respiratoire = variation de PCO2, métabolique = variation de [HCO3-] à PCO2 donnée.
- Oublier que dans le sang [HCO3-] est mesurable (~24 mmol) alors que [H2CO3] est difficile à doser : on utilise PCO2 comme approximation.
- Confondre l’effet des protéines : rôle tampon présent mais non prépondérant (~5%), et l’hémoglobine est beaucoup plus puissante (≈8x).
✅ Checklist Examen
- Énoncer la relation pH = -log[H+] et interpréter correctement l’effet d’une hausse de [H+] sur le pH.
- Convertir une concentration en mmol/L en mEq/L en utilisant mEq/L = mmol/L × |valence|, et rappeler que H+ a |z|=1.
- Citer au moins 3 origines/équilibres des H+ : ionisation de l’eau, molécules acides, et formation d’acide carbonique à partir de CO2.
- Décrire l’ordre chronologique de régulation du pH : systèmes tampons puis ventilation pulmonaire puis reins, avec la part 75%/25%.
- Expliquer pourquoi le pH est étroitement régulé : protéines sensibles au pH et modifications de l’excitabilité neuronale (acidose ↓PR, alcalose hyperexcitabilité).
- Caractériser le pH physiologique : pH ~7,40 et variations plasmatiques 7,38–7,42 au repos, et savoir distinguer acidose/alcalose selon les seuils donnés.
- Décrire le système tampon bicarbonate dans le LEC : H2CO3/HCO3- et association au sodium, et rappeler l’efficacité maximale du couple autour de pKa ~6,1 (et donc efficacité moins optimale à 7,4).
- Expliquer la régulation pulmonaire via CO2 : hypoventilation (PCO2 ↑, pH ↓) et hyperventilation (PCO2 ↓, pH ↑), et le rôle des chémorécepteurs (protons périphériques vs CO2 centraux).
- Décrire les 3 mécanismes rénaux d’augmentation du pH : réabsorption régénérée des bicarbonates, excrétion d’acidité titrable (phosphate ~1/3), et excrétion d’ion ammonium (NH4+ ~2/3).
- Relier chlore et bicarbonates dans le rein : carence en Cl− → échangeur s’enraye → accumulation de bicarbonates → alcalose métabolique.
- Relier potassium et pompe ATP/K+/H+ : hypokaliémie → alcalose métabolique hypokaliémique, hyperkaliémie → acidose métabolique, et comprendre le lien K+–HCO3- dans l’excrétion.
- Sur le diagramme de Davenport : identifier respiratoire (PCO2 varie) vs métabolique ([HCO3-] varie à PCO2 donnée), et interpréter acidose respiratoire aiguë (PCO2 ↑, pH <7) et alcalose respiratoire aiguë (PCO2 ↓, pH >7).
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