Scheda di revisione: Critiques et limites de la mobilité sociale

Plan du Cours

  1. Tables de recrutement et tables de destinée
  2. Mesurer mobilité et immobilité sociales
  3. Limites des tables de mobilité sociale
  4. Mobilité sociale fluide ou non fluide
  5. Spécificités de la mobilité selon le sexe
  6. Mobilité structurelle et mobilité observée
  7. Massification scolaire et fluidité sociale
  8. Paradoxe d Anderson et inflation scolaire
  9. Rôle de la famille dans les trajectoires
  10. Stratégies scolaires selon le milieu social
  11. Rendement des diplômes et coûts de la scolarité
  12. Mobilité sociale en France et inégalités persistantes

1. Tables de recrutement et tables de destinée

Notions clés & Définitions

  • Table de destinée : Table qui décrit le destin social des enfants à partir de la PCS du père, pour savoir ce que deviennent les fils d’un groupe donné.
  • Table de recrutement : Table qui décrit l’origine sociale des membres d’une PCS à partir de la PCS du père, pour savoir d’où viennent les individus d’une catégorie.
  • Mobilité sociale : Phénomène de changement de position sociale entre la génération des pères et celle des fils.
  • Reproduction sociale : Phénomène de maintien de la position sociale d’une génération à l’autre, correspondant à l’absence de mobilité.
  • PCS : Catégorie socioprofessionnelle utilisée pour classer les individus et comparer les positions sociales entre pères et fils.

Points essentiels

  • Une table de destinée répond à la question « que deviennent 100 fils de… ? » en suivant le destin social à partir de la PCS du père.
  • Une table de recrutement répond à la question « d’où viennent les individus qui composent… ? » en suivant l’origine sociale des membres d’une PCS.
  • Lecture « 26,6% » : le pourcentage indique la part des fils (ou des pères selon la table) qui aboutissent à la même PCS de destination.
  • Lecture « sur 100… » : le nombre sur 100 correspond au même effectif attendu, ce qui revient à lire un pourcentage en effectif.
  • Astuce de distinction : si le « 100 » est en face du groupe socioprofessionnel du fils, c’est une table de recrutement ; s’il est en face du groupe du père, c’est une table de destinée.
  • Les tables de mobilité servent à mesurer la mobilité et la reproduction sociale, visualiser l’évolution de la structure socioprofessionnelle, et comparer la mobilité dans le temps.

Astuce mémo

Repère le « 100 » : côté fils = recrutement ; côté père = destinée.

2. Mesurer mobilité et immobilité sociales

Notions clés & Définitions

  • PCS : PCS désigne les catégories socioprofessionnelles utilisées pour classer les positions sociales et comparer les générations.
  • Mobilité sociale objective : Mobilité sociale objective correspond au changement de position sociale mesuré à partir des catégories (PCS) entre père et fils ou mère et fille.
  • Mobilité sociale subjective : Mobilité sociale subjective renvoie au ressenti des individus sur leur déclassement ou leur ascension sociale, indépendamment de la mesure par PCS.
  • Fluidité sociale : Fluidité sociale décrit une situation où la position sociale actuelle dépend peu de l’origine sociale.
  • Déclassement social : Déclassement social désigne le fait de se percevoir ou d’être observé comme ayant perdu en position sociale par rapport à l’origine.

Points essentiels

  • Les mesures par PCS supposent que les catégories restent comparables d’une génération à l’autre, ce qui peut être faux si les métiers évoluent.
  • Dans certains métiers, rémunération et prestige peuvent changer entre générations, rendant la comparaison PCS père-fils imparfaite.
  • Un exemple de biais est le cas où un fils d’instituteurs peut être compté comme « RS » alors que la profession a pu se dévaloriser.
  • La mobilité sociale a aussi une dimension subjective, donc le ressenti peut diverger de la mobilité mesurée objectivement.
  • En 2015, 9 % des personnes en ascension sociale objective se sentent déclassées, montrant un décalage possible entre mesure et perception.
  • En revanche, 1/4 des personnes en « RS » objective se déclarent déclassées, et 47 % de ceux ayant connu un déclassement objectif ne se considèrent pas déclassés.

Astuce mémo

Objectif ≠ Ressenti : 9% (ascension objective → déclassé ressenti) et 47% (déclassement objectif → pas déclassé ressenti).

3. Limites des tables de mobilité sociale

Notions clés & Définitions

  • Mobilité sociale observée : La mobilité sociale observée mesure les changements de position sociale entre générations, sans distinguer leurs causes structurelles ou individuelles.
  • Mobilité structurelle : La mobilité structurelle correspond aux changements de mobilité dus uniquement aux transformations de la structure socio-professionnelle entre générations.
  • Mobilité nette : La mobilité nette est la part de mobilité qui ne s’explique pas par l’évolution de la structure socio-professionnelle.
  • Déclassement : Le déclassement désigne une mobilité descendante par rapport à la position sociale du parent de référence.
  • Sentiment de déclassement : Le sentiment de déclassement renvoie à la perception d’une dégradation relative de sa position sociale par rapport aux générations précédentes.

Points essentiels

  • La mobilité ascendante est plus fréquente que la mobilité descendante chez les hommes comme chez les femmes, selon la comparaison au père ou à la mère.
  • Chez les deux sexes, la mobilité descendante progresse au même rythme, ce qui peut contribuer à l’augmentation du sentiment de déclassement dans la population.
  • Depuis les années 1970, le taux de mobilité observé stagne chez les hommes comparés à leur père, tandis qu’il continue de progresser chez les femmes comparées à leur mère ou à leur père.
  • Aujourd’hui, la part de femmes mobiles (par rapport au père ou à la mère) est supérieure à la part d’hommes mobiles (par rapport au père).
  • L’augmentation de la mobilité féminine s’explique notamment par la forte progression de la mobilité ascendante des femmes par rapport à leur mère ou à leur père.
  • Les inégalités de genre sur le marché du travail se sont atténuées par rapport aux années 1950, rapprochant les destinées sociales des femmes salariées de celles des hommes, alors qu’elles étaient nettement moins favorab

Astuce mémo

Structure → mobilité structurelle ; reste → mobilité nette ; même hausse de la descendante → sentiment de déclassement ; hommes stables depuis 1970, femmes montent.

4. Mobilité sociale fluide ou non fluide

Notions clés & Définitions

  • Mobilité sociale ascendante : La mobilité sociale ascendante désigne le passage d’une catégorie sociale à une catégorie plus élevée au cours de la trajectoire d’une personne ou d’une génération.
  • Mobilité sociale descendante : La mobilité sociale descendante correspond au passage d’une catégorie sociale à une catégorie moins élevée, souvent après une trajectoire de formation ou d’emploi.
  • Mobilité structurelle : La mobilité structurelle renvoie aux changements de positions sociales dus à l’évolution de la structure des emplois et des qualifications, indépendamment des caractéristiques individuelles.
  • Mobilité nette : La mobilité nette mesure la part de mobilité attribuable aux effets propres des caractéristiques individuelles (comme le diplôme) une fois les effets structurels séparés.
  • Massification scolaire : La massification scolaire désigne l’élargissement de l’accès des générations au collège, au lycée et à l’enseignement supérieur, augmentant globalement le niveau de diplôme.

Points essentiels

  • À l’échelle individuelle, le diplôme favorise une mobilité ascendante, mais la question est de savoir si cela se vérifie aussi à l’échelle collective.
  • Depuis la fin des Trente Glorieuses, la hausse du niveau de qualification s’explique par la massification scolaire (accès élargi au collège, lycée et supérieur).
  • Entre 1962 et 2000, l’accès au baccalauréat progresse plus vite chez les enfants d’ouvriers que chez ceux de cadres (+400% contre +66%).
  • La création du bac professionnel en 1985 élargit l’accès au lycée et au baccalauréat pour les classes populaires et rapproche l’objectif politique d’un accès au bac de 80% d’une classe d’âge.
  • L’accès au baccalauréat est présenté comme un passeport vers l’enseignement supérieur, ouvrant des horizons de promotion sociale aux enfants des catégories populaires.
  • La massification dans le supérieur s’accompagne d’une progression de la fluidité sociale via des trajets d’ascension le plus souvent vers les PI, et plus rarement vers les CPIS.

Astuce mémo

Diplôme → supérieur → ascension (souvent PI) ; mais massification → aussi déclassements possibles.

5. Spécificités de la mobilité selon le sexe

Notions clés & Définitions

  • Taux d’accès au baccalauréat : Indicateur qui mesure, dans une génération donnée, la proportion d’individus ayant obtenu ou obtiendront le baccalauréat (ou un autre diplôme).
  • Mobilité descendante : Trajectoire sociale où la position d’une personne dans la génération suivante est inférieure à celle de ses parents.
  • Déclassement social : Baisse de statut social associée à une mobilité descendante, malgré des ressources scolaires ou professionnelles.
  • Paradoxe d’Anderson : Idée selon laquelle l’augmentation du niveau de diplôme ne garantit pas une amélioration du statut social et peut même le réduire.
  • Inflation scolaire : Baisse du rendement des diplômes liée à la massification, quand la progression des diplômes dépasse celle des emplois qualifiés.

Points essentiels

  • Le paradoxe étudié montre que l’augmentation du niveau de formation s’accompagne d’une hausse des déclassements chez les hommes comme chez les femmes.
  • Un diplôme supérieur à celui des parents ne garantit pas un statut supérieur et peut conduire à un statut inférieur.
  • Le paradoxe d’Anderson met en évidence que certains diplômes perdent de la valeur quand l’évolution des diplômes ne suit pas celle des professions.
  • La perte de valeur des diplômes s’explique par un décalage structurel entre la hausse des diplômes et la progression des emplois qualifiés.
  • Entre 1980 et 2011, la part de bacheliers passe d’environ 25% à 70%, tandis que la part des cadres et professions intermédiaires passe d’environ 30% à 38%.
  • La massification accroît les mobilités descendantes car le diplôme n’assure plus forcément l’accès à une position stable ou avantageuse (précarité, chômage, stagnation des salaires), ce qui renforce le sentiment de décl

Astuce mémo

Déjà plus diplômé ≠ mieux placé : quand les diplômes “gonflent” plus vite que les emplois qualifiés, le rendement baisse (inflation scolaire) et le déclassement augmente (paradoxe d’Anderson).

6. Mobilité structurelle et mobilité observée

Notions clés & Définitions

  • Mobilité structurelle : La mobilité structurelle désigne les changements de positions sociales dus à la transformation de la structure des emplois et des diplômes, indépendamment des individus.
  • Mobilité observée : La mobilité observée correspond aux trajectoires réellement constatées entre origines et destinations sociales dans une population donnée.
  • Paradoxe d’Anderson : Le paradoxe d’Anderson décrit le fait que la massification scolaire peut accroître des mobilités descendantes quand la valeur perçue des diplômes baisse.
  • Fluidité sociale : La fluidité sociale renvoie à la capacité d’une société à permettre des parcours qui s’éloignent de la position sociale d’origine, notamment vers le haut.
  • Ressources familiales : Les ressources familiales sont l’ensemble des capitaux (économique, social, culturel, symbolique) mobilisables pour favoriser la réussite scolaire et la mobilité.

Points essentiels

  • La massification scolaire a favorisé une fluidité sociale via des flux de mobilité ascendante pour les enfants des classes populaires.
  • La même massification a aussi entraîné davantage de mobilités descendantes quand le rendement des diplômes a baissé.
  • Le paradoxe d’Anderson explique que des gains structurels peuvent coexister avec des pertes individuelles liées à la dévalorisation relative des diplômes.
  • En France, le diplôme devient le facteur explicatif majeur de la position sociale, mais les trajectoires restent fortement conditionnées par l’origine sociale.
  • Les ressources familiales influencent l’accès aux diplômes et la mobilité sociale en soutenant la réussite scolaire et la rentabilisation des diplômes.
  • La faible hausse de la fluidité depuis ~40 ans s’explique par l’interaction école–famille et par la persistance des effets des capitaux transmis.

Astuce mémo

Structure = changements de la société ; Observée = ce qu’on voit réellement ; Anderson = massification → plus de bas aussi.

7. Massification scolaire et fluidité sociale

Notions clés & Définitions

  • Capital culturel : Le capital culturel désigne les ressources culturelles transmises par la famille qui facilitent la réussite scolaire et influencent les chances de mobilité sociale.
  • Reproduction sociale : La reproduction sociale est le mécanisme par lequel les inégalités de réussite et de diplômes se maintiennent d’une génération à l’autre.
  • Mobilité sociale : La mobilité sociale correspond aux changements de position sociale entre générations, notamment la mobilité ascendante ou le déclassement.
  • Capital économique : Le capital économique regroupe les ressources financières familiales qui peuvent être mobilisées pour soutenir la scolarité et réduire les difficultés.
  • Stratégies scolaires : Les stratégies scolaires sont les choix des familles à chaque étape du cursus (continuer, arrêter, filière) pour maximiser leurs chances.

Points essentiels

  • La transmission du capital culturel favorise la réussite scolaire des enfants de classes supérieures et augmente leurs chances d’accéder à des études longues et à des diplômes rentables.
  • Le capital culturel transmis limite l’échec scolaire des enfants favorisés, ce qui réduit leurs risques de déclassement et donc la mobilité intergénérationnelle descendante.
  • Comme l’école valorise la culture légitime des classes supérieures, la compétition scolaire entre classes sociales reste inéquitable, ce qui freine la mobilité ascendante.
  • Les ressources économiques peuvent soutenir la réussite scolaire via l’amélioration des conditions de travail (ex. chambre individuelle) et le financement d’aides (cours particuliers, stages de langue à l’étranger).
  • Selon Boudon, la reproduction des inégalités résulte de décisions familiales différentes selon le milieu social à chaque étape (poursuivre/arrêter, choisir une filière).
  • Boudon décrit la carrière scolaire comme une succession d’arbitrages fondés sur la maximisation des chances d’accéder à des positions sociales valorisées, sous contraintes liées à la position sociale et aux possibilités.

Astuce mémo

Capital culturel = réussite + diplômes; capital économique = moyens; décisions familiales = arbitrage à chaque étape (continuer/arrêter/filière) pour maximiser les chances.

8. Paradoxe d Anderson et inflation scolaire

Notions clés & Définitions

  • Paradoxe d’Anderson : Paradoxe sociologique reliant l’augmentation du niveau scolaire à une dégradation relative des positions attendues sur le marché du travail.
  • Inflation scolaire : Hausse du nombre de diplômes exigés ou valorisés qui réduit la valeur relative des diplômes et peut accroître le déclassement.
  • Arbitrage coûts-bénéfices : Calcul individuel comparant les coûts de la poursuite d’études aux bénéfices espérés en emploi et en revenus.
  • Coûts d’études : Ensemble des dépenses et pertes liées à une année de scolarité, incluant coûts directs, coûts de décrochage et coûts d’opportunité.
  • Coûts d’opportunité : Coût correspondant au salaire auquel on renonce pendant la période d’études.

Points essentiels

  • À résultats scolaires identiques, les enfants de milieux favorisés demandent plus souvent une orientation en voie générale que ceux des milieux populaires.
  • Raymond Boudon modélise la décision comme un arbitrage entre coûts (directs, décrochage, opportunité) et bénéfices (probabilité d’emploi, qualité et niveau de rémunération).
  • Boudon suppose que les familles se comportent de manière quasi rationnelle dans leurs choix éducatifs.
  • Les familles populaires surestiment les coûts perçus de la scolarité et le risque d’échec, ce qui les conduit à privilégier des études plus courtes.
  • Les familles favorisées sous-estiment les coûts et le risque d’échec, et cherchent à éviter le déclassement en allongeant les études vers des postes très qualifiés.
  • Les ressources familiales (capital économique et/ou culturel) modifient la perception des coûts et des avantages, ce qui alimente la reproduction sociale et limite la mobilité ascendante.

Astuce mémo

Coûts perçus ↑ chez les classes populaires → études courtes ; coûts perçus ↓ chez les favorisés → études longues (même résultats scolaires).

9. Rôle de la famille dans les trajectoires

Notions clés & Définitions

  • Capital économique : Capital économique : ressources financières et matérielles de la famille qui influencent les conditions de vie et les opportunités scolaires et professionnelles.
  • Capital culturel : Capital culturel : connaissances, codes et familiarité avec l’école qui aident à comprendre les diplômes et leurs usages sur le marché du travail.
  • Capital social : Capital social : réseau de relations de la famille qui facilite l’accès à des informations et des recommandations pour l’emploi et les stages.
  • Configuration familiale : Configuration familiale : caractéristiques de la famille (situation conjugale, taille, rang dans la fratrie) dans laquelle grandissent les jeunes.

Points essentiels

  • Les enfants de cadres avec diplôme de l’enseignement supérieur long atteignent 83 % contre 75 % pour les enfants d’ouvriers.
  • Sur l’ensemble de la population active, la part des personnes ayant un diplôme supérieur long est de 31,9 % (hors conjuguent).
  • Les familles favorisées disposent davantage de capitaux économiques, culturels et sociaux, ce qui renforce l’accès à des avantages via le réseau et l’information.
  • Le capital social permet d’obtenir des informations sur les emplois et des recommandations (stages, opportunités) grâce aux relations du milieu social.
  • Le capital culturel aide à connaître le fonctionnement scolaire et à repérer les diplômes les plus rentables (exemples cités : BTS, instituts + BTS services).
  • À origine sociale équivalente, les chances de mobilité dépendent de la configuration familiale : les enfants de parents divorcés ou de familles monoparentales connaissent plus souvent un déclassement et moins souvent une

Astuce mémo

K éco = moyens, K cult = codes de l’école, K soc = réseau ; configuration familiale = taille + statut conjugal → trajectoires.

10. Stratégies scolaires selon le milieu social

Notions clés & Définitions

  • Ressources économiques familiales : Les ressources économiques familiales désignent le niveau de revenus et de moyens matériels qui conditionnent l’accès à des dispositifs favorables à la scolarité.
  • Temps parental d’accompagnement : Le temps parental d’accompagnement correspond au temps réellement consacré au suivi scolaire et à l’aide aux devoirs par les parents.
  • Famille monoparentale : Une famille monoparentale est une configuration où l’enfant vit avec un seul parent, ce qui peut réduire certains moyens de réussite scolaire.
  • Famille très nombreuse : Une famille très nombreuse est une configuration où les ressources familiales sont réparties entre plusieurs enfants, ce qui peut limiter l’investissement par enfant.
  • Capital culturel : Le capital culturel regroupe les savoirs et dispositions transmis par la famille, dont l’efficacité dépend d’interactions régulières avec l’enfant.

Points essentiels

  • Les conditions matérielles et le temps d’accompagnement varient selon la configuration familiale et influencent la réussite scolaire, freinant la mobilité ascendante.
  • Les enfants de familles monoparentales ont en moyenne plus de difficultés liées à un revenu familial plus faible, avec moins d’accès à une chambre individuelle et aux cours particuliers.
  • Les familles monoparentales disposent en général de marges de financement plus limitées pour des études longues.
  • Les enfants issus de familles très nombreuses subissent un effet négatif sur les parcours scolaires car les ressources sont partagées entre plusieurs enfants.
  • À l’inverse, les ménages avec un seul enfant concentrent davantage les ressources sur l’enfant unique, facilitant chambre individuelle, cours particuliers et aide aux devoirs.
  • La réussite scolaire et sociale est plus probable quand la mère est la plus diplômée du couple, car elle est en général plus présente dans le suivi scolaire (division genrée des rôles).

Astuce mémo

Monoparental = moins de moyens ; Nombreux = ressources divisées ; Mère diplômée = plus de transmission ; Capital culturel = interactions répétées.

11. Rendement des diplômes et coûts de la scolarité

Notions clés & Définitions

  • Capital culturel : Le capital culturel désigne l’ensemble des ressources et habitudes qui facilitent la compréhension des attentes scolaires.
  • Mobilité ascendante : La mobilité ascendante correspond au fait de progresser socialement grâce à des trajectoires plus favorables que celles attendues à l’origine.
  • Réussite scolaire : La réussite scolaire renvoie à l’obtention de résultats et de parcours scolaires permettant d’accéder à des niveaux d’études plus élevés.
  • Identification positive : L’identification positive est le fait de se reconnaître dans un modèle proche et d’en tirer une motivation à s’investir dans l’école.
  • Rôle de soin : Le rôle de soin renvoie à des attentes sociales orientant certaines jeunes, notamment des filles, vers des tâches de prise en charge plutôt que vers d’autres activités.

Points essentiels

  • Un aîné ayant réussi à l’école peut compenser un faible capital culturel parental en aidant aux devoirs et en clarifiant les attentes scolaires.
  • La présence d’un aîné en réussite peut guider l’orientation des cadets et influencer leur parcours scolaire.
  • Les aînés peuvent transmettre un rapport positif à l’école, ce qui favorise l’investissement scolaire des cadets.
  • L’effet des aînés est particulièrement mis en avant quand il s’agit de filles, associées à un rôle de soin intériorisé.
  • À origine sociale identique, l’analyse des configurations familiales est nécessaire pour expliquer la diversité des destinées sociales des enfants.

Astuce mémo

Aîné = Aide + Attentes + Orientation : il “rattrape” le capital culturel et booste l’investissement via l’identification positive.

12. Mobilité sociale en France et inégalités persistantes

Notions clés & Définitions

  • Mobilité structurelle : Mobilité sociale due aux transformations de la structure sociale et à la massification scolaire, qui augmentent mécaniquement les chances de mobilité.
  • Mobilité ascendante : Mobilité sociale où les enfants accèdent à une position sociale plus élevée que celle de leurs parents.
  • Reproduction sociale : Processus par lequel les inégalités se maintiennent, notamment quand les ressources familiales soutiennent l’accès aux diplômes et aux trajectoires favorables.
  • Mobilité nette : Mesure de la mobilité qui reflète l’écart entre les chances réelles d’accès à la mobilité et l’égalité théorique des chances.
  • Fluidité sociale : Notion qui évalue si la mobilité observée s’accompagne d’une réduction des écarts de chances entre origines sociales.

Points essentiels

  • La mobilité ascendante progresse depuis les années 1970, sous l’effet combiné des générations de la structure sociale et de la massification scolaire.
  • La mobilité ascendante a augmenté sur le long terme, mais les chances d’accès restent très inégalement distribuées selon l’origine sociale.
  • Le taux de mobilité sociale en France est élevé (environ 65%) et tend à stagner depuis l’origine, notamment pour des trajectoires ascendantes ou descendantes.
  • La reproduction sociale s’explique par la persistance de ressources familiales mobilisables pour les diplômes et par l’influence des configurations familiales sur les trajectoires.
  • Une hausse de la mobilité observée ne signifie pas automatiquement une hausse de la fluidité sociale.
  • La fluidité sociale est mesurée par des odd ratios, où une valeur égale à 1 correspond à l’égalité des chances (et donc à l’absence d’écart).

Astuce mémo

Mobilité ≠ fluidité : plus de mouvements (mobilité) peut coexister avec des chances inégales (odd ratio ≠ 1).

Tableaux de synthèse

Mobilité observée vs immobilité sociale (2015)

IndicateurFormuleValeur 2015
Taux de mobilité observéeNombre de mobiles / Nombre d’enquêtés65 %
Taux d’immobilité sociale1 − taux de mobilité35 %

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre table de recrutement et table de destinée : le « 100 » du côté fils = recrutement, du côté père = destinée.
  2. Croire que la PCS suffit à repérer le déclassement : la PCS ne distingue pas précaires vs CDI et peut masquer des déclassements liés à la précarisation.
  3. Penser que mobilité observée = fluidité sociale : une société peut être très mobile sans réduire les écarts de chances (odd ratio ≠ 1).
  4. Oublier que la mobilité mesurée par PCS est « objective » et ne capture pas le ressenti : on peut se sentir déclassé sans l’être objectivement (et inversement).
  5. Interpréter « mobilité structurelle » comme une mobilité due aux individus : elle dépend uniquement des transformations de la structure des emplois et des diplômes.
  6. Croire que diplôme supérieur = statut supérieur : le paradoxe d’Anderson montre que le rendement des diplômes peut baisser avec la massification (inflation scolaire).
  7. Confondre capital culturel et capital économique : le premier renvoie aux codes/attentes scolaires, le second aux moyens matériels (chambre, cours particuliers, stages).

Checklist Examen

  1. Savoir définir table de destinée et table de recrutement, et répondre aux questions « que deviennent 100 fils de… ? » / « d’où viennent les individus qui composent… ? ».
  2. Savoir lire une table de mobilité avec les deux écritures possibles (pourcentage vs « sur 100… ») et interpréter correctement le sens des chiffres.
  3. Savoir distinguer recrutement vs destinée en repérant où se situe le « 100 » (côté fils vs côté père).
  4. Savoir expliquer à quoi servent les tables de mobilité : mesurer mobilité/reproduction, visualiser l’évolution de la structure, repérer PCS ouvertes/fermées et destinées probables.
  5. Savoir calculer et interpréter le taux de mobilité observée (mobiles/enquêtés) et en déduire le taux d’immobilité sociale (1 − mobilité) avec les valeurs 2015.
  6. Connaître les limites des tables : PCS comparables d’une génération à l’autre (problème de dévalorisation), impossibilité de repérer certains déclassements (précarité), et mesure objective seulement.
  7. Savoir distinguer mobilité sociale objective et subjective, et mobiliser les exemples de décalage (9 %, 1/4, 47 %) pour montrer l’écart entre mesure et ressenti.
  8. Savoir définir mobilité structurelle, mobilité nette, et expliquer l’idée « structure → mobilité structurelle ; reste → mobilité nette ».
  9. Savoir relier massification scolaire et fluidité sociale : hausse du niveau de qualification, accès élargi au bac, et trajectoires souvent vers PI (plus rarement CPIS).
  10. Savoir mobiliser l’idée que la massification peut aussi augmenter les mobilités descendantes via inflation scolaire et paradoxe d’Anderson.
  11. Savoir expliquer le paradoxe d’Anderson : décalage entre évolution des diplômes et progression des emplois qualifiés, donc baisse du rendement des diplômes.
  12. Savoir présenter le rôle des capitaux familiaux (culturel, économique, social) et des configurations familiales (monoparentalité, familles nombreuses, rang/fratrie) dans la mobilité et le déclassement.
  13. Savoir expliquer, selon Boudon, l’arbitrage coûts-bénéfices (coûts directs, décrochage, coûts d’opportunité) et l’hypothèse de comportements quasi rationnels.
  14. Savoir mobiliser l’idée que la transmission du capital culturel suppose des interactions répétées (pas automatique) et que la présence d’un aîné peut compenser un faible capital culturel parental.

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1. Quelle table répond à la question « que deviennent 100 fils d’un groupe social donné ? » ?

2. Dans une table de mobilité, où se situe le « 100 » pour lire une table de recrutement ?

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Tables de destinée — définition ?

Table décrivant le destin social des enfants selon la PCS du père.

Tables de recrutement — définition ?

Table indiquant l’origine sociale des membres d’une PCS.

Mobilité sociale — phénomène ?

Changement de position sociale entre générations.

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