📋 Plan du Cours
- Théories de Kelley et attribution causale
- Modèle ANOVA de Kelley et schéma causal
- Consistance, consensus et distinctivité
- Homme avare cognitivement et cognition sociale
- Biais de correspondance de Jones et Harris
- Expérience de Cottrell et facilitation sociale
- Distraction-conflit de Baron et attention
- Effet de Stroop et modèles de Zajonc et Baron
- Paresse sociale : dilution de responsabilité
- Impossibilité d’auto-évaluation et motivation
- Auto-évaluation identifiable et disparition de l’effet
- Sentiment d’auto-efficacité et réduction d’effort
📖 1. Théories de Kelley et attribution causale
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle de la covariation ANOVA : Modèle d’attribution qui explique une cause en combinant plusieurs informations de covariation (personne, stimulus, situation).
- Schéma causal de Kelley : Modèle d’attribution qui organise les causes possibles selon un schéma logique reliant personne, stimulus et contexte.
- Situationnisme : Position selon laquelle le comportement s’explique surtout par les circonstances plutôt que par des traits stables de la personne.
- Consistance : Indice de covariation indiquant si la personne adopte le même comportement dans la plupart des situations similaires.
- Consensus : Indice de covariation indiquant si d’autres personnes réagissent de la même façon à la même situation.
📝 Points essentiels
- Kelley (1967) propose un modèle de covariation (ANOVA) et (1972) un schéma causal pour éliminer les sources de variance liées à la personne.
- Dans la logique de Kelley, les variables d’attribution portent sur la personne, la situation (circonstances) et le stimulus (objet).
- Pour l’exemple « Jean rit du comédien », 3P correspond à « rit pour un oui ou pour un non », 0-stimulus à « comédien vraiment irrésistible », et T/situation à « Jean avait bien arrosé avant ».
- L’interaction P, O, T (personne, objet/stimulus, situation) sert à décider quelle source explique le comportement observé.
- Les trois questions de l’exemple « étudiant qui parle en cours » sont : consistance (toujours dans la plupart des cours), consensus (tous les étudiants parlent), distinctivité (seulement dans ce cours).
- Le jugement attributionnel est guidé par l’économie cognitive : dès qu’une cause plausible est trouvée, l’enquête s’arrête plutôt que de continuer l’investigation.
💡 Astuce mémo
P-O-T : Personne–Objet (stimulus)–Temps/Situation (circonstances) pour décider la cause.
📖 2. Modèle ANOVA de Kelley et schéma causal
🔑 Notions clés & Définitions
- Facilitation sociale : La facilitation sociale est l’augmentation de la performance quand autrui est présent, en renforçant la réponse dominante (correcte ou incorrecte).
- Drive (Zajonc) : Le drive est une tension accrue de l’organisme déclenchée par la co-action ou l’audience, qui augmente la probabilité de la réponse dominante.
- Réponse dominante : La réponse dominante est le comportement le plus probable dans une situation donnée, qui est favorisé ou pénalisé selon qu’il est correct ou incorrect.
- Audience évaluative (Cottrell) : Une audience évaluative correspond à la perception d’autrui comme capable d’évaluer nos performances, condition nécessaire chez l’humain pour certains effets de facilitation.
- Distraction-conflit (Baron) : Le modèle distraction-conflit explique que la présence d’autrui détourne une partie de l’attention et peut aider ou nuire selon la charge attentionnelle de la tâche.
📝 Points essentiels
- Triplett (1898) : en co-action, des enfants enroulent plus vite des moulinets que seuls, ce qui lance l’étude expérimentale de la facilitation sociale.
- Allport (1920) : la présence d’autrui peut augmenter la quantité mais aussi modifier la qualité du travail, rendant les résultats parfois contradictoires si on ne mesure pas les deux.
- Drive de Zajonc (1965) : la présence d’autrui augmente le drive, ce qui facilite la performance si la réponse dominante est correcte et l’inhibe si elle est incorrecte.
- Zajonc et Sales (1966) : la facilitation apparaît pour des mots fréquents (tâche simple) mais pas pour des mots non fréquents (tâche complexe en acquisition), suggérant un effet sur la performance plutôt qu’un soutien àl
- Cottrell (1972) : l’amélioration dépend de l’évaluation perçue d’autrui, et Cottrell et al. (1968) montrent que l’audience non évaluative (yeux bandés) ne produit pas l’effet attendu.
- Baron (1986) : la présence d’autrui mobilise l’attention et devient avantageuse quand la tâche requiert peu d’indices à sélectionner, mais préjudiciable quand il faut traiter beaucoup d’éléments.
💡 Astuce mémo
Drive = Tension ↑ → Réponse dominante ↑ (si correcte : facilitation ; si incorrecte : inhibition).
📖 3. Consistance, consensus et distinctivité
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypothèse de Cottrell : Hypothèse selon laquelle la présence d’autrui n’améliore les performances que si l’auditoire peut évaluer le sujet.
- Modèle distraction-conflit de Baron : Modèle expliquant que la présence d’autrui détourne l’attention et force la focalisation sur certains indices de la tâche.
- Modèle de Zajonc : Modèle prédisant que la présence d’autrui perturbe les performances quand la réponse dominante est automatiquement activée.
- Facilitation sociale : Phénomène où la présence d’autrui améliore parfois les performances individuelles, selon le type de tâche et les mécanismes en jeu.
- Paresse sociale : Phénomène où les individus fournissent moins d’effort quand ils agissent en groupe pour un objectif commun.
📝 Points essentiels
- La présence d’autrui sans capacité d’évaluation ne produit pas l’amélioration attendue des performances.
- Le modèle distraction-conflit prévoit un avantage si la tâche requiert peu d’indices à sélectionner et un déficit si elle exige de traiter beaucoup d’éléments.
- Dans la tâche de Stroop, l’effet se manifeste par un temps de reconnaissance accru de la couleur quand le mot est incongruent.
- Les conditions expérimentales de Stroop mentionnées sont seul, audience inattentive, audience invisible et audience attentive.
- La prédiction de Zajonc repose sur l’idée que la réponse dominante (lecture) est activée, ce qui dégrade les performances en présence d’autrui.
- La prédiction de Baron indique que la présence d’autrui peut améliorer les performances si la focalisation attentionnelle sur un aspect utile de la tâche est bénéfique.
💡 Astuce mémo
Drive (émotion) + Attention (cognition) : présence d’autrui = soit boost, soit brouillage selon la tâche.
📖 4. Homme avare cognitivement et cognition sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- Avare cognitivement : L’homme avare cognitivement est une personne qui limite son effort mental et s’arrête dès qu’une explication plausible suffit.
- Biais de correspondance : Le biais de correspondance est la tendance à attribuer le comportement d’autrui à des traits personnels plutôt qu’aux contraintes de la situation.
- Biais acteur-observateur : Le biais acteur-observateur est la différence d’attribution entre ce qu’on explique par soi et ce qu’on explique par la personnalité d’autrui.
- Erreur fondamentale de jugement : L’erreur fondamentale de jugement est la surestimation du rôle de l’acteur au détriment de la situation lors de l’explication d’un comportement.
- Norme d’internalité : La norme d’internalité est une norme sociale qui rend plus « acceptable » l’attribution interne, surtout en contexte d’évaluation.
📝 Points essentiels
- Être observé augmente la crainte d’être évalué, ce qui favorise la facilitation sociale.
- Se fondre dans le groupe (sans individualisation) réduit la crainte d’évaluation, ce qui favorise la paresse sociale.
- La théorie de Kelley situe l’attribution dans le lieu de la cause : personne, situation (circonstances) et stimulus (objet).
- Le modèle de l’homme avare (Fiske et Taylor) décrit des erreurs d’information quand une cause probable est trouvée par économie cognitive.
- Biais de correspondance (Jones et Harris) : même avec un tirage au sort des opinions, les sujets jugent l’auteur comme réellement pro ou anti selon la dissertation.
- Biais acteur-observateur : les participants utilisent plus souvent des réponses « ça dépend des situations » pour expliquer leur propre comportement que celui des autres personnes.
💡 Astuce mémo
Avare = « plausible suffit » ; Correspondance = « traits d’abord » ; Acteur-observateur = « moi situation, eux personnalité » ; Erreur fondamentale = « acteur trop fort » ; Internalité = « interne = bien vu ».
📖 5. Biais de correspondance de Jones et Harris
🔑 Notions clés & Définitions
- Biais de correspondance : Biais d’attribution qui consiste à expliquer le comportement d’autrui par des dispositions internes plutôt que par la situation.
- Attribution dispositionnelle : Attribution qui attribue une action à des traits, intentions ou dispositions stables de la personne observée.
- Attribution situationnelle : Attribution qui explique une action par des contraintes, circonstances ou pressions liées au contexte.
- Erreur fondamentale d’attribution : Tendance générale à surestimer les causes dispositionnelles et à sous-estimer les causes situationnelles dans l’explication du comportement.
📝 Points essentiels
- Le biais de correspondance conduit à inférer une intention ou un trait à partir d’un comportement, même quand le contexte pourrait l’expliquer.
- Plus la situation paraît contraignante, plus l’inférence dispositionnelle devient contestable, mais le biais peut persister.
- L’erreur fondamentale d’attribution décrit une surestimation des causes internes par rapport aux causes externes lors des jugements d’autrui.
- Le biais de correspondance s’oppose à une lecture centrée sur les contraintes du contexte (attribution situationnelle).
- Dans les tâches d’inférence, la personne observée est souvent traitée comme si son comportement reflétait sa personnalité, plutôt que ses circonstances.
💡 Astuce mémo
Interprète comme un “portrait” : on voit le comportement → on dessine la personnalité (dispositionnelle) plutôt que le décor (situationnel).
📖 6. Expérience de Cottrell et facilitation sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypothèse de Cottrell : Hypothèse selon laquelle la présence d’autrui améliore les performances seulement quand l’audience peut évaluer la tâche.
- Modèle distraction-conflit de Baron : Modèle expliquant que la présence d’autrui détourne l’attention et crée un conflit sur quels aspects de la tâche traiter.
- Modèle de Zajonc : Modèle prédisant que la présence d’autrui perturbe les performances via la réponse dominante, notamment quand elle est inadaptée.
- Modèle de Baron (focalisation attentionnelle) : Modèle selon lequel la présence d’autrui oriente les ressources attentionnelles vers un aspect utile de la tâche.
- Tâche de Stroop : Tâche où l’on doit reconnaître la couleur d’un mot, dont le sens peut être congruent ou incongruent avec la couleur affichée.
📝 Points essentiels
- La présence d’autrui sans capacité d’évaluation ne produit pas l’amélioration attendue des performances décrite par Cottrell.
- Le modèle distraction-conflit postule que la présence d’autrui mobilise l’attention et pousse à ne traiter que certains aspects de la tâche.
- Le modèle distraction-conflit prédit un avantage quand la tâche requiert de sélectionner peu d’indices et d’ignorer le reste.
- Le modèle distraction-conflit prédit un désavantage quand la tâche exige de traiter beaucoup d’éléments, car les ressources attentionnelles deviennent insuffisantes.
- Dans la tâche de Stroop, l’effet se traduit par un temps plus long pour reconnaître la couleur quand mot et couleur sont incongruents.
- Les conditions expérimentales de Huguet et al. (1999) sont : seul, audience inattentive, audience invisible, audience attentive, avec des prédictions liées à l’évaluation et à l’attention.
💡 Astuce mémo
Cottrell : évaluer = facilitation ; pas d’évaluation = pas d’amélioration. Baron : distraction = utile si peu d’indices, nuisible si trop d’éléments.
📖 7. Distraction-conflit de Baron et attention
🔑 Notions clés & Définitions
- Facilitation sociale : La facilitation sociale désigne l’amélioration de la performance quand des personnes sont présentes, surtout pour des réponses dominantes.
- Paresse sociale : La paresse sociale correspond à la baisse de performance quand l’effort individuel se dilue dans un groupe.
- Réponse dominante : Une réponse dominante est la réponse la plus fréquente ou la plus probable dans une situation donnée, qui est renforcée par la présence d’autrui.
- Inhibition sociale : L’inhibition sociale est la détérioration de la performance quand la réponse dominante est mauvaise sous l’effet de la présence d’autrui.
📝 Points essentiels
- La présence d’autrui augmente la crainte d’être évalué, ce qui favorise la facilitation sociale.
- Le fait de se fondre dans le groupe (sans individualisation) réduit la crainte d’évaluation, ce qui favorise la paresse sociale.
- Le mécanisme central est le renforcement des réponses dominantes par la présence des autres.
- Si la réponse dominante est correcte, la présence améliore la performance (facilitation).
- Si la réponse dominante est incorrecte, la présence dégrade la performance (inhibition sociale).
- Triplett (1898) observe que moins de kilomètres sont parcourus seul que seul contre la montre, avec un meneur, ou avec d’autres coureurs (données sur 25 milles/40 km).
💡 Astuce mémo
Présence d’autrui = renforce la réponse dominante : bonne → facilitation, mauvaise → inhibition; groupe sans individualisation → paresse.
📖 8. Effet de Stroop et modèles de Zajonc et Baron
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet de Stroop : Effet de performance où la lecture de l’information conflictuelle (couleur vs mot) perturbe le temps de réponse et/ou la précision.
- Facilitation sociale : Renforcement de la réponse dominante (correcte ou incorrecte) quand d’autres personnes sont présentes en co-action ou en audience.
- Drive de Zajonc : Modèle selon lequel la présence d’autrui augmente la tension (drive), ce qui accroît la probabilité de la réponse dominante.
- Réponse dominante : Comportement le plus probable dans une situation donnée, dont l’émission est favorisée ou inhibée selon le niveau de tension.
- Audience évaluative : Présence d’autrui perçue comme capable d’évaluer les performances, condition nécessaire pour certains effets de facilitation chez l’humain.
📝 Points essentiels
- Triplett (1898) observe une meilleure performance en co-action qu’en condition seul sur une tâche motrice simple (enrouler des moulinets).
- Allport (1920) propose que la simple présence d’autrui peut augmenter l’action via la vue des mouvements (explication cognitive) et via la rivalité (explication motivationnelle).
- La facilitation n’est pas toujours observée : des performances peuvent diminuer quand la co-action ou l’auditoire crée une gêne.
- Allport (1920) distingue quantité et qualité : en groupe, la quantité augmente souvent, mais la profondeur/qualité peut varier selon le type de tâche.
- Zajonc (1965) relie drive et réponse dominante : présence d’autrui facilite si la réponse dominante est correcte, et inhibe si elle est incorrecte.
- Zajonc et Sales (1966) montrent une facilitation pour la reconnaissance des mots fréquents (tâche simple) mais pas pour les mots non fréquents (tâche complexe en acquisition).
💡 Astuce mémo
Stroop = conflit couleur-mot ; Zajonc = présence → drive → réponse dominante ; Baron = attention capturée → trop d’indices = chute.
📖 9. Paresse sociale : dilution de responsabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Paresse sociale : Phénomène où les individus réduisent leur effort quand ils agissent en groupe pour un objectif commun plutôt qu’en étant responsables individuellement.
- Théorie de l’impact social : Cadre explicatif selon lequel l’influence sociale perçue se répartit entre les membres, ce qui modifie l’effort fourni dans une tâche collective.
- Impossibilité d’auto-évaluation : Idée selon laquelle la baisse d’effort en groupe vient du fait que les individus ne peuvent pas se comparer ou s’évaluer eux-mêmes.
- Sentiment d’auto-efficacité : Perception de sa compétence qui conditionne l’effort individuel, et qui devient collective quand la tâche dépend fortement de l’interdépendance.
📝 Points essentiels
- Le rendement individuel diminue quand le nombre de personnes augmente, ce qui définit la paresse sociale.
- Ringelmann (tir à la corde) : la force totale observée augmente moins que proportionnellement au nombre de tireurs, indiquant une baisse d’efforts individuels.
- Le calcul de perte d’efficacité compare le rendement effectif au rendement potentiel attendu si chaque membre fournissait son niveau individuel.
- Latané et al. (1979) reproduisent la paresse sociale sur des cris/applaudissements en conditions seul vs groupe, avec une baisse d’effort en présence d’autres.
- Latané et al. (1979) montrent que l’effet persiste même quand la coordination est empêchée (yeux bandés + casque), ce qui soutient l’idée d’une réduction d’effort plutôt que d’un problème de coordination.
- Théorie de l’impact social : la demande d’influence (expérimentateur/chef) se diffuse entre cibles, réduisant l’impact par individu et donc l’effort, avec une diffusion dépendant du nombre, de la force et de la proximité
💡 Astuce mémo
Paresse sociale = « je me noie » : moins d’évaluation personnelle → moins d’effort (et l’influence se dilue aussi).
📖 10. Impossibilité d’auto-évaluation et motivation
🔑 Notions clés & Définitions
- Facilitation sociale : La facilitation sociale désigne l’augmentation de la performance quand des personnes sont présentes, surtout pour des réponses dominantes.
- Paresse sociale : La paresse sociale correspond à la baisse d’effort quand l’individu se sent noyé dans le groupe et que l’évaluation personnelle devient moins saillante.
- Crainte de l’évaluation : La crainte de l’évaluation est l’inquiétude de paraître jugé, qui peut augmenter la tension et modifier la performance en présence d’autrui.
- Norme d’internalité : La norme d’internalité pousse à privilégier des explications internes (personnalité, effort) plutôt que des explications externes lors d’évaluations sociales.
- Recherche de valorisation sociale : La recherche de valorisation sociale désigne la tendance à choisir des explications internes pour obtenir une image plus favorable, surtout en contexte d’évaluation.
📝 Points essentiels
- Être observé accroît la crainte de l’évaluation et favorise la facilitation sociale.
- Se fondre dans le groupe (moins d’individualisation) réduit la crainte d’être évalué et favorise la paresse sociale.
- La facilitation sociale s’explique par le renforcement des réponses dominantes en présence d’autrui.
- Si la réponse dominante est correcte, la performance augmente (facilitation) ; si elle est incorrecte, la performance se dégrade (inhibition sociale).
- La paresse sociale apparaît quand la responsabilité individuelle est diluée, ce qui diminue la motivation à fournir un effort.
- En contexte d’évaluation, la norme d’internalité rend socialement “désirable” l’attribution à des causes internes pour préserver une bonne image de soi.
💡 Astuce mémo
Observé = peur du jugement → facilitation ; noyé = moins d’évaluation → paresse ; interne = “bien vu” pour l’image.
📖 11. Auto-évaluation identifiable et disparition de l’effet
🔑 Notions clés & Définitions
- Facilitation sociale : Phénomène où la présence d’autrui renforce la performance en augmentant la probabilité de la réponse dominante, correcte ou incorrecte.
- Effet de simple présence d’autrui : Hypothèse selon laquelle voir les actions d’autrui augmente l’activation motrice et améliore la performance via un mécanisme cognitif.
- Effet de compétition : Hypothèse motivationnelle selon laquelle la co-présence active une rivalité qui pousse à mieux performer.
- Drive (Zajonc) : Mécanisme motivationnel selon lequel la co-action ou l’audience augmente la tension interne, ce qui rend plus probable la réponse dominante.
- Audience évaluative : Présence d’autrui perçue comme capable d’évaluer la performance, condition souvent nécessaire pour observer la facilitation sociale chez l’humain.
📝 Points essentiels
- Les observations de Triplett (1897-1898) montrent que courir seul contre la montre produit moins de kilomètres parcourus que courir avec un meneur ou d’autres coureurs.
- Triplett (1898) met en évidence en laboratoire une meilleure performance en co-action qu’en condition seul pour une tâche simple d’enroulement de moulinets.
- Allport (1920) propose deux explications possibles : simple présence (activation via observation) et compétition (rivalité en co-présence).
- La facilitation sociale n’apparaît pas toujours : des études rapportent parfois une baisse de performance en présence d’autrui (co-action ou auditoire).
- Allport (1920) distingue quantité et qualité : la présence d’autrui peut augmenter la quantité tout en modifiant la qualité des réponses (plus de profondeur seul, plus de suggestions en groupe).
- La théorie du Drive (Zajonc, 1965) prédit un effet facilitateur si la réponse dominante est correcte et un effet inhibiteur si elle est incorrecte, car l’autrui augmente la tension (drive).
💡 Astuce mémo
Triplett = co-action boost; Allport = quantité vs qualité; Zajonc = drive → réponse dominante; Cottrell = évaluation nécessaire.
📖 12. Sentiment d’auto-efficacité et réduction d’effort
🔑 Notions clés & Définitions
- Sentiment d’auto-efficacité : Le sentiment d’auto-efficacité correspond à la croyance d’une personne dans sa capacité à réussir, qui influence directement l’effort qu’elle investit en groupe.
- Paresse sociale : La paresse sociale désigne la tendance à réduire son effort quand on travaille en groupe pour un objectif commun plutôt qu’en responsabilité individuelle.
- Théorie de l’impact social : La théorie de l’impact social explique que l’influence d’une source sur des individus se diffuse dans le groupe, ce qui peut réduire l’effort.
- Impossibilité de s’auto-évaluer : L’impossibilité de s’auto-évaluer renvoie au fait que, sans comparaison ou évaluation personnelle, l’individu investit moins d’effort.
- Théorie de l’effort collectif : La théorie de l’effort collectif regroupe les conditions qui déterminent si l’effort individuel baisse ou non dans une tâche interdépendante.
📝 Points essentiels
- La paresse sociale se manifeste quand le rendement individuel diminue à mesure que le nombre de personnes augmente dans une tâche collective.
- Dans l’étude de Ringelmann (tir à la corde), le rendement effectif du groupe devient inférieur au rendement potentiel calculé par addition des forces individuelles.
- Latané et al. (1979) montrent une paresse sociale même quand la coordination est empêchée (yeux bandés et casque), ce qui indique une baisse d’effort plutôt qu’un simple problème de coordination.
- L’impact social se réduit quand la demande d’une source d’influence se diffuse entre plusieurs cibles, ce qui diminue l’effort; la diffusion dépend du nombre de personnes, de la force des sources et de la proximité de la
- L’effet de paresse sociale disparaît quand les participants pensent que leurs contributions personnelles sont identifiables (Williams et al., 1981).
- Quand la tâche exige une forte interdépendance, les performances dépendent davantage du sentiment d’auto-efficacité collective que de l’auto-efficacité personnelle (Bandura, 2003).
💡 Astuce mémo
Auto-efficacité = carburant: faible perception → moins d’effort; groupe = dilution de l’évaluation → paresse.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1967 | Modèle de la covariation (modèle ANOVA) de Kelley |
| 1972 | Modèle du schéma causal de Kelley |
| 1898 | Étude de Triplett en laboratoire : meilleure performance en co-action pour une tâche simple |
📊 Tableaux de synthèse
Facilitation sociale : prédictions selon les modèles
| Modèle | Mécanisme | Prédiction |
|---|
| Zajonc (1965) | Drive → renforcement de la réponse dominante | Facilite si réponse dominante correcte ; inhibe si réponse dominante incorrecte |
| Cottrell (1972) | Dimension évaluative d’autrui | Facilitation seulement si l’audience peut évaluer ; pas d’amélioration avec audience non évaluative |
| Baron (1986) | Distraction-conflit / focalisation attentionnelle | Avantage si tâche requiert peu d’indices ; déficit si tâche exige de traiter beaucoup d’éléments |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre consistance, consensus et distinctivité : consistance = habituel dans des situations similaires, consensus = autres font pareil, distinctivité = seulement pour la cible.
- Croire que Kelley cherche une “bonne” cause unique : il organise des indices (P, O, T) pour éliminer des sources de variance liées à la personne.
- Mélanger biais de correspondance et erreur fondamentale : le biais de correspondance est l’inférence dispositionnelle malgré une contrainte situationnelle ; l’erreur fondamentale est la surestimation de l’acteur vs la dé
- Oublier que l’homme avare cognitivement s’arrête dès qu’une cause plausible est trouvée : ce n’est pas une absence de raisonnement, c’est une économie d’investigation.
- Pour la facilitation sociale, oublier la distinction quantité vs qualité (Allport 1920) : on peut augmenter la quantité tout en modifiant la qualité.
- Interpréter la paresse sociale comme un problème de coordination : Latané et al. (1979) montrent que même avec impossibilité de coordination, la baisse d’effort persiste.
- Confondre “paresse sociale” et “disparition de l’effet” : l’effet peut disparaître quand les participants pensent que leurs contributions sont identifiables (Williams et al., 1981).
✅ Checklist Examen
- Expliquer la théorie de Kelley : situationnisme et lieu de l’attribution (personne, situation/circonstances, stimulus/objet).
- Appliquer le modèle P-O-T à un exemple : identifier P, O et T et dire comment l’interaction sert à décider la cause.
- Définir et distinguer consistance, consensus et distinctivité, puis répondre aux 3 questions de l’exemple “étudiant qui parle en cours”.
- Décrire l’“homme avare cognitivement” : économie cognitive et arrêt de l’investigation dès qu’une cause plausible est trouvée.
- Présenter le biais de correspondance (Jones et Harris, 1967) : inférence dispositionnelle malgré une contrainte situationnelle (tirage au sort).
- Présenter le biais acteur-observateur : plus de “ça dépend des situations” pour soi que pour autrui, selon la procédure décrite.
- Définir l’erreur fondamentale d’attribution (Ross, Amabile et Steinmetz, 1977) et donner l’idée générale de surestimation du poids causal de l’acteur.
- Expliquer la norme d’internalité : jugement conforme à une norme sociale en contexte d’évaluation, et relier-la à la recherche de valorisation sociale.
- Citer et distinguer les mécanismes de facilitation sociale : drive (Zajonc), dimension évaluative (Cottrell), focalisation attentionnelle (Baron) et leurs prédictions.
- Rattacher les expériences clés à la logique du cours : Triplett (co-action), Allport (quantité vs qualité), Zajonc & Sales (mots fréquents vs non-fréquents), Cottrell et al. (yeux bandés), Huguet et al. (Stroop).
- Définir la paresse sociale et l’illustrer avec Ringelmann (tir à la corde) : diminution des efforts individuels quand le groupe augmente.
- Comparer les explications de la paresse sociale : théorie de l’impact social, impossibilité d’auto-évaluation, sentiment d’auto-efficacité, et citer au moins un facteur qui réduit la paresse sociale (ex : contributions “
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