📋 Plan du Cours
- Domestication végétale et enjeux alimentaires
- Révolution néolithique et débuts de domestication
- Origines géographiques des domestications végétales
- Caractères phénotypiques sélectionnés chez les plantes
- Domestication du maïs depuis la téosinte
- Bases génétiques de la domestication du blé
- Sélection massale et sélection artificielle
- Hybridation contrôlée et lignées pures
- Sélection multigénique et traits polygéniques
- Transgénèse et fabrication des plantes transgéniques
- Incidences évolutives environnementales et paysagères
- Incidences sur l’être humain et maladies
📖 1. Domestication végétale et enjeux alimentaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Domestication des plantes : La domestication des plantes est l’adaptation de plantes sauvages aux besoins humains par sélection et transformation progressive.
- Révolution néolithique : La révolution néolithique correspond à la période où l’agriculture démarre, entraînant la sédentarisation et le début de la domestication.
- Croissant fertile : Le Croissant fertile est une région du Proche-Orient où apparaissent les plus anciennes traces de domestication végétale.
- Espèces comestibles : Les espèces comestibles regroupent l’ensemble des plantes utilisables par l’alimentation humaine, dont une partie seulement est domestiquée.
- Céréales majeures : Les céréales majeures désignent les espèces fortement utilisées pour l’alimentation humaine, notamment riz, maïs et blé.
📝 Points essentiels
- Les cultures de maïs, blé, riz et soja sont centrales pour l’alimentation mondiale, pour l’homme et pour l’élevage.
- La culture des plantes commence environ 10 000 ans avant le présent, au Néolithique, marquant le passage à la sédentarisation.
- La domestication a d’abord aidé à éviter les famines, puis elle sert aussi à optimiser les rendements face à l’appauvrissement des sols.
- Les plus anciennes traces de domestication datent d’environ -9000 ans dans le Croissant fertile (Levant, Mésopotamie, Turquie, Iran).
- Il existe entre 10 000 et 50 000 espèces comestibles, mais seulement 150 à 200 sont domestiquées ou utilisées pour l’alimentation humaine.
- Riz, maïs et blé sont les trois espèces fortement utilisées et fournissent presque 60% des calories.
💡 Astuce mémo
Néolithique ≈ 10 000 ans : domestication = sélection pour éviter la faim, puis booster les rendements; Croissant fertile ≈ -9000; 10 000–50 000 comestibles mais 150–200 domestiquées; riz/maïs/blé ≈ 60% calories.
📖 2. Révolution néolithique et débuts de domestication
🔑 Notions clés & Définitions
- Révolution néolithique : Période de transition où des sociétés passent à la production agricole, entraînant un changement majeur de mode de vie.
- Domestication végétale : Processus par lequel l’humain sélectionne des plantes d’intérêt et modifie leurs traits pour faciliter culture, récolte et usage.
- Caractères phénotypiques : Caractéristiques observables d’une plante (forme, taille, couleur, aspect des grains) qui peuvent être ciblées par la sélection.
- Caractères génétiques : Variantes héréditaires d’une plante qui portent les traits sélectionnés et se diffusent au fil des générations.
📝 Points essentiels
- La domestication vise des traits morpho-anatomiques, souvent exagérés, pour répondre aux besoins humains (culture, récolte, qualité nutritive, conservation).
- La sélection se fait sur des caractères phénotypiques et génétiques, donc visibles et transmissibles.
- Exemple du blé : les agriculteurs ont favorisé les plantes dont les grains restent accrochés à la plante mère, ce qui a fait fortement diminuer la proportion de plantes à grains qui se détachent.
- Les plantes sauvages (carotte, fenouil, chénopode) diffèrent des formes domestiquées par des traits comme la longueur, la grosseur et la couleur.
- La diversité végétale comestible est limitée : sur 250 000–300 000 espèces de plantes, 10 000–50 000 sont comestibles et seulement 150–200 sont réellement utilisées pour l’alimentation humaine.
- Trois espèces dominent l’alimentation végétale humaine : riz, maïs et blé, qui fournissent presque 60% des calories et des protéines issues des aliments d’origine végétale.
💡 Astuce mémo
Domestication = “on sélectionne ce qu’on voit et ce qu’on transmet” : phénotype + gènes → traits utiles (culture/récolte/qualité).
📖 3. Origines géographiques des domestications végétales
🔑 Notions clés & Définitions
- Caractères phénotypiques : En biologie, ce sont des traits observables d’une plante (taille, couleur, feuilles, entre-nœuds, fruit) qui peuvent varier sous l’effet de la domestication.
- Blé domestiqué : Le blé domestiqué correspond à des variétés issues de sélections successives de caractères, notamment après des croisements entre espèces de blé anciennes.
- Téosinte : La téosinte est le parent sauvage du maïs, dont la morphologie (taille d’épi, couleur et organisation des grains) diffère de celle du maïs actuel.
- Chou sauvage : Le chou sauvage se développe à partir d’une graine en formant d’abord une rosette de feuilles avant de monter à fleur.
- Chou domestiqué : Le chou domestiqué résulte d’une sélection humaine, notamment via l’inflorescence, qui modifie le mode de développement par rapport au chou sauvage.
📝 Points essentiels
- La domestication s’accompagne d’une sélection de caractères, dont la proportion de plantes portant le trait « grain ne restant pas attaché à la plante mère » diminue fortement jusqu’à disparaître.
- D’autres caractères phénotypiques suivis incluent la taille de la plante, le fruit, la taille des feuilles, la couleur, et la longueur des entre-nœuds sur la branche principale.
- Le blé a d’abord existé sous au moins deux espèces anciennes, Triticum monococcum et Triticum speltoïdes, avant leur croisement.
- Le croisement des deux espèces de blé conduit à Triticum turgidum, présenté comme la première variété domestiquée de blé à l’origine des variétés actuelles.
- Le maïs moderne provient d’une sélection à partir de la téosinte, dont l’épi mesure environ 6 cm contre plus de 15 cm pour l’épi actuel.
- La téosinte a des grains noir/marron, tandis que le maïs a le plus souvent des grains jaunes, et le grain de maïs est environ cinq fois plus gros que celui de la téosinte.
💡 Astuce mémo
Trait → sélection : « grain détaché » ↓ jusqu’à disparaître ; Téosinte → Maïs : épi ~6 cm → >15 cm, grains noir/marron → jaune, grain ×5.
📖 4. Caractères phénotypiques sélectionnés chez les plantes
🔑 Notions clés & Définitions
- Domestication du chou : La domestication du chou modifie son développement végétatif et la forme finale de l’organe comestible.
- Chou sauvage : Le chou sauvage développe une rosette puis “monte à fleur” pour produire une inflorescence à partir de la graine.
- Chou domestiqué : Le chou domestiqué forme une rosette sans allongement de tige, ce qui conduit à un gros bourgeon comestible.
- Gène TB1 : TB1 (teosinte branched 1) est un gène impliqué dans l’architecture de la plante et la répartition des ressources.
- Gène Br du blé : Br est un gène lié à la solidité du rachis du blé, avec deux allèles aux effets opposés.
📝 Points essentiels
- Chez le chou sauvage, la croissance part d’une graine en rosette de feuilles puis la plante “monte à fleur” et produit une inflorescence.
- Chez le chou domestiqué, la rosette de feuilles se développe sans croissance de la tige, puis un bourgeon comestible se forme.
- La domestication sélectionne des caractères phénotypiques liés à la façon dont la plante alloue ses ressources entre végétation et reproduction.
- Pour TB1, le polymorphisme est très élevé dans la région 5’ NTR et faible dans le reste du gène.
- Le document indique environ deux fois plus d’ARN TB1 chez le maïs que chez la téosinte.
- Le phénotype TB1 se relie à l’architecture : téosinte avec plusieurs tiges vs maïs à tige unique, ce qui favorise une meilleure allocation vers la reproduction (épis plus gros et grains plus charnus).
💡 Astuce mémo
Chou : Sauvage = rosette → monte à fleur ; Domestiqué = rosette sans tige → gros bourgeon. TB1 : 5’ NTR très variable → expression plus forte → tige unique.
📖 5. Domestication du maïs depuis la téosinte
🔑 Notions clés & Définitions
- Téosinte : La téosinte est la plante sauvage à l’origine de la domestication du maïs.
- Domestication ornementale : La domestication ornementale correspond à la sélection de plantes pour leurs caractéristiques esthétiques plutôt que pour leur valeur nutritive.
- Carotte cultivée : La carotte cultivée est une variété sélectionnée qui présente une diversité de couleurs liée à sa composition en pigments.
- Carotte sauvage : La carotte sauvage présente une coloration moins variée, ce qui indique que la diversité de couleurs a été sélectionnée.
📝 Points essentiels
- La domestication peut viser des traits esthétiques, comme pour certaines variétés de fleurs (ex. roses).
- La diversité de couleurs de la carotte cultivée s’explique par la présence de pigments en quantités variables.
- Deux grandes familles de pigments interviennent chez la carotte : les caroténoïdes et les anthocyanes.
- Les couleurs observées vont du blanc (absence de pigments) à jaune, orange, rose puis violet selon le profil de pigments.
- La carotte sauvage ne montre pas la même diversité de couleurs, ce qui suggère une sélection progressive au cours du temps.
- Le cas du maïs est présenté comme un exemple de domestication à partir d’une plante sauvage, la téosinte.
💡 Astuce mémo
Téosinte → maïs : la domestication part du sauvage et sélectionne des traits visibles (comme la couleur chez la carotte).
📖 6. Bases génétiques de la domestication du blé
🔑 Notions clés & Définitions
- Indéhiscence domestiquée : L’indéhiscence domestiquée correspond à une caractéristique où les graines restent plus fermées à maturité, facilitant la récolte par l’humain.
- Nevali Cori : Nevali Cori est un site archéologique dont les semences retrouvées fournissent les premières traces d’une indéhiscence domestiquée chez le blé.
- Semences fossiles du blé : Les semences fossiles du blé sont des restes anciens dont le génome permet d’estimer le niveau de domestication atteint au fil du temps.
- Processus lent de domestication : Le processus lent de domestication désigne une transformation progressive des proportions de phénotypes au cours du temps, plutôt qu’un changement brutal.
📝 Points essentiels
- Les premières traces d’une indéhiscence domestiquée du blé proviennent des semences retrouvées à Nevali Cori.
- Les semences retrouvées après celles de Nevali Cori montrent un degré de domestication plus élevé.
- Les graines fossiles datées d’environ 6500 ans présentent plus de la moitié de leur génome domestiqué.
- La domestication entraîne un changement phénotypique progressif de la variété sauvage vers la variété domestiquée.
- Les documents montrent une modification graduelle des proportions de phénotypes d’intérêt, ce qui indique une domestication lente.
- La domestication se lit à la fois par l’évolution du génome et par l’évolution des caractères observables (phénotypes).
💡 Astuce mémo
Nevali Cori → plus tard = plus domestiqué ; 6500 ans → >50% génome domestiqué ; phénotypes → changement progressif.
📖 7. Sélection massale et sélection artificielle
🔑 Notions clés & Définitions
- Sélection massale : La sélection massale est une sélection artificielle où l’agriculteur favorise, sur plusieurs générations, les individus présentant des caractères utiles, sans contrôle fin des croisements.
- Sélection dirigée : La sélection dirigée est une sélection artificielle qui vise des caractères précis en orientant les croisements pour modifier plus efficacement le génome.
- Lignée pure : Une lignée pure est une population issue de croisements répétés qui devient homozygote pour les caractères sélectionnés.
- Homozygotie : L’homozygotie correspond à l’état où un individu possède deux allèles identiques pour un gène, ce qui stabilise un caractère.
- Biotechnologies et génie génétique : Les biotechnologies et le génie génétique sont des approches modernes permettant d’améliorer les plantes à des niveaux cellulaires et génétiques.
📝 Points essentiels
- La sélection massale suit des mécanismes proches de la sélection naturelle : des mutations aléatoires créent des variations, puis l’agriculture favorise les individus aux caractères intéressants.
- En culture, les croisements se font au sein de la population cultivée et la fréquence du caractère favorisé augmente progressivement jusqu’à devenir majoritaire.
- Sur le long terme, la sélection des descendants peut conduire à une population composée d’individus totalement homozygotes, formant une lignée pure.
- Cette évolution vers l’homozygotie s’accompagne d’une perte progressive de diversité génétique.
- Du Néolithique (≈10 000 ans) au début du XIXe siècle, la sélection des espèces puis des populations repose sur la sélection des plantes les plus répandues et/ou les plus adaptées.
- Au XIXe siècle, Villmorin développe une sélection plus précise par amélioration dirigée des génomes via des croisements contrôlés d’individus sélectionnés (amélioration par hybridation).
💡 Astuce mémo
Massale = « au hasard puis on garde » : mutations aléatoires → tri par culture → caractère majoritaire, mais diversité ↓.
📖 8. Hybridation contrôlée et lignées pures
🔑 Notions clés & Définitions
- Lignées pures : Des lignées homozygotes dont les individus possèdent les mêmes allèles, ce qui permet d’obtenir des descendants génétiquement prévisibles lors des croisements.
- Hybridation contrôlée : Une méthode de croisement où l’on contrôle la fécondation pour maîtriser la combinaison d’allèles et produire une descendance ciblée.
- Autofécondation : Mode de reproduction où une plante féconde ses propres ovules, ce qui peut réduire la maîtrise du résultat génétique du croisement.
- Étêtage du maïs : Technique consistant à retirer la partie mâle de la plante afin d’empêcher l’autofécondation et de forcer une fécondation contrôlée.
- Plantes transgéniques : Des plantes génétiquement modifiées qui portent un caractère introduit à partir d’un autre organisme.
📝 Points essentiels
- Le croisement moderne vise à sélectionner des gènes d’intérêt en croisant deux lignées pures, donc des lignées homozygotes.
- Pour obtenir une descendance identique entre individus, il faut éviter l’autofécondation lors du croisement.
- Chez le maïs, l’étêtage correspond au retrait de la partie mâle pour empêcher la fécondation non contrôlée.
- Après fécondation contrôlée, les grains donnent une génération hybride hétérozygote où tous les individus sont identiques entre eux.
- Quand un caractère dépend de plusieurs gènes, la sélection d’une mutation devient plus difficile et s’étale sur plusieurs générations.
- La sélection multigénique est plus lente car la mutation naturelle est trop lente et pas assez fiable pour produire toutes les mutations recherchées.
💡 Astuce mémo
Lignées pures + étêtage = fécondation forcée → génération hybride homogène (tous identiques).
📖 9. Sélection multigénique et traits polygéniques
🔑 Notions clés & Définitions
- Plante transgénique : Une plante transgénique est une plante dont un gène d’intérêt provenant d’un autre organisme a été introduit dans son génome.
- Gène d’intérêt : Un gène d’intérêt est une séquence sélectionnée car elle confère le caractère nouveau recherché chez la plante.
- Transfection biologique : La transfection biologique est une méthode où un gène est transféré vers des cellules végétales via une bactérie capable d’infecter ces cellules.
- Biolistique : La biolistique est une méthode qui envoie des microbilles portant des plasmides dans des cellules végétales à l’aide d’un canon à particules.
- Pool génétique initial : Le pool génétique initial est l’ensemble de diversité de départ à partir duquel les agriculteurs sélectionnent des variétés pendant la domestication.
📝 Points essentiels
- La fabrication d’une plante transgénique commence par la sélection et l’isolement d’un gène d’intérêt provenant d’un autre organisme.
- Le gène d’intérêt est inséré dans des plasmides puis introduit dans Escherichia coli pour multiplier le nombre de copies du gène.
- Le gène doit ensuite être transféré aux cellules végétales afin d’obtenir un tissu végétal modifié portant le gène sélectionné.
- Deux voies de transfert existent : la transfection biologique et la biolistique.
- En transfection biologique, E. coli transfère le gène à une bactérie capable d’infecter les cellules végétales, puis les cellules végétales sont mises en culture.
- En biolistique, les plasmides sont fixés sur des microbilles de tungstène, envoyées dans un tissu végétal par un canon à particules, ce qui permet l’obtention d’un tissu modifié.
💡 Astuce mémo
Transfection = infection (bactérie→cellules végétales) ; Biolistique = canon (microbilles→cellules).
📖 10. Transgénèse et fabrication des plantes transgéniques
🔑 Notions clés & Définitions
- Apport de diversité sauvage : Approche d’amélioration consistant à réintroduire régulièrement des gènes issus de plantes sauvages dans des populations cultivées.
- Alternance de culture : Pratique culturale alternant des phases de culture qui ralentit la différenciation entre formes sauvages et formes domestiquées.
- Diffusion dans la phylogénie : Observation selon laquelle les individus domestiqués se retrouvent répartis au sein de l’arbre généalogique des individus sauvages.
- Agriculture intensive : Mode de production visant des rendements élevés, associé à une transformation plus forte des systèmes de culture et des paysages.
📝 Points essentiels
- Le renforcement génétique des plantes domestiquées par apport régulier de diversité sauvage vise à augmenter leurs capacités tout en limitant la différenciation rapide avec le parent sauvage.
- L’alternance de culture observée en Amérique du Sud pour le manioc réduit la vitesse de séparation entre sauvage et domestiqué, mais améliore l’adaptabilité de la plante.
- La diffusion des individus domestiqués dans la phylogénie des individus sauvages est compatible avec une culture traditionnelle plutôt que très intensive.
- L’introduction plus récente d’un patrimoine génétique dans des plantes domestiquées de la première catégorie correspond à une stratégie destinée à l’agriculture intensive.
- La domestication sur plusieurs milliers d’années modifie à la fois les plantes et les paysages, en remplaçant progressivement des écosystèmes naturels par des écosystèmes anthropiques dédiés aux plantes domestiquées.
- Le passage de l’usage extensif/vivier à l’usage intensif s’accompagne d’une hausse de la part d’agriculture intensive et d’une augmentation de la zone urbaine, avec une diminution de l’écosystème naturel.
💡 Astuce mémo
Diversité sauvage + alternance = différenciation lente, adaptabilité ↑ ; intensif = capacités ↑ et paysages plus anthropisés.
📖 11. Incidences évolutives environnementales et paysagères
🔑 Notions clés & Définitions
- Intensification de l’agriculture : L’intensification de l’agriculture correspond à l’augmentation des rendements agricoles grâce à des pratiques et ressources qui accroissent la production par hectare.
- Diversité génétique : La diversité génétique désigne la variété des patrimoines héréditaires au sein des plantes cultivées, liée au nombre et à la nature des lignées/variétés.
- Variétés de pays : Les variétés de pays sont des variétés locales traditionnelles cultivées, associées à une diversité génétique plus large que les lignées modernes.
- Lignées pures modernes : Les lignées pures modernes sont des lignées issues de sélection/standardisation qui finissent par dominer les cultures et réduisent la diversité variétale.
- Gène AMY1 : Le gène AMY1 code l’amylase salivaire, enzyme qui dégrade l’amidon en sucres assimilables.
📝 Points essentiels
- Depuis les années 1960, les rendements de colza, blé et maïs augmentent fortement, traduisant une intensification de l’agriculture.
- Colza : de 15 quintaux/ha en 1960 à 30 quintaux/ha en 2005, soit une valeur doublée en 45 ans.
- Blé : de 25 quintaux/ha en 1960 à 70 quintaux/ha en 2005, soit une valeur quasiment triplée en 45 ans.
- Maïs : de 30 quintaux/ha en 1960 à 90 quintaux/ha en 2005, soit une valeur triplée en 45 ans.
- De 1910 à 1950, la proportion de variétés de pays diminue fortement tandis que la proportion de lignées anciennes cultivées augmente.
- Le nombre de variétés peut augmenter alors que la diversité génétique diminue fortement, montrant un décalage entre diversité variétale et diversité génétique réelle.
💡 Astuce mémo
Intensification = rendements ×2 ou ×3 ; Diversité = variétés ↑ mais diversité génétique ↓ ; AMY1 = amidon → sucres → énergie.
📖 12. Incidences sur l’être humain et maladies
🔑 Notions clés & Définitions
- Gène AMY1 : Gène humain codant l’amylase salivaire, dont le nombre de copies varie selon le régime alimentaire.
- Amylase salivaire : Enzyme salivaire impliquée dans la digestion de l’amidon, dont la production dépend du nombre de copies d’AMY1.
- Régime riche en amidon : Alimentation fournissant beaucoup d’amidon, associée à une augmentation du nombre de copies d’AMY1.
- Domestication des plantes : Processus de culture d’espèces végétales comme les céréales et la pomme de terre, favorisant un régime riche en amidon.
- Transition à l’agriculture : Passage de la chasse-cueillette à la culture de terrains, modifiant le profil des maladies observées.
📝 Points essentiels
- Les populations avec un régime riche en amidon (Japonaises, Américaines, Européennes, Hadza) présentent davantage de copies d’AMY1 que celles avec un régime pauvre en amidon (chasseurs-cueilleurs africains, pasteurs-pêch
- La domestication des plantes (notamment céréales et pommes de terre) favorise un apport élevé en amidon, ce qui s’accompagne d’une sélection génétique liée à l’amylase salivaire.
- Le document 13 relie l’adaptation génomique à l’optimisation de l’énergie tirée des aliments amidonnés via la multiplication des copies d’AMY1.
- Avant l’agriculture, la maladie la plus fréquente est celle des traumatismes crâniens (17%) chez les chasseurs-cueilleurs.
- Avant l’agriculture, on observe aussi d’autres traumatismes (3.5%) et des lésions arthritiques (3%), tandis que les maladies inflammatoires sont faibles (1%).
- Après l’arrivée de l’agriculture, les traumatismes crâniens diminuent (3%) mais les maladies inflammatoires augmentent (4.4%), tandis que les traumatismes (hors crâniens) et les lésions arthritiques restent globalement à
💡 Astuce mémo
AMY1 = amidon : plus d’amidon → plus de copies → plus d’amylase ; Agriculture = moins de crânes (17→3) mais plus d’inflammation (1→4.4).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| - 9000 ans | Premières traces de domestication dans le Croissant fertile |
| -7000 | Débuts de domestication en Chine du Nord (millet, soja) et en Inde (-7000) |
| -8000 | Origine du blé en Mésopotamie et Levant vers -8000 ans |
| 10 000 ans avant le présent | Début de la culture des plantes au Néolithique, tournant vers la sédentarisation |
| 1492 | Découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, expliquant des exports de plantes |
| XVIème siècle | Introduction de l’ancêtre du maïs (téosinte) dans nos cultures |
| 1492 découverte de l’Amérique par Christophe Colomb par exemple | Repère utilisé pour expliquer le décalage entre centres d’origine et diversification |
| 1960 | Rendements de colza, blé et maïs (15, 25, 30 quintaux/ha) |
| 2005 | Rendements de colza, blé et maïs (30, 70, 90 quintaux/ha) |
| 1910 à 1950 | Baisse des variétés de pays et hausse des lignées anciennes cultivées |
📊 Tableaux de synthèse
Modalités de domestication (trois voies)
| Voie | Principe | Conséquence |
|---|
| Potentiel initial | Sélection à partir d’un pool initial | Pool génétique s’amenuise au cours du temps |
| Renforcement régulier | Apport régulier de diversité sauvage | Différenciation plus lente, adaptabilité plus grande |
| Amélioration récente | Introduction d’un patrimoine génétique non présent sinon | Destinée à l’agriculture intensive |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre domestication et révolution néolithique : la domestication est l’adaptation par sélection, la révolution néolithique est le passage à l’agriculture/sédentarisation.
- Croire que toutes les plantes comestibles sont domestiquées : le cours insiste sur 10 000–50 000 comestibles mais seulement 150–200 réellement utilisées/domestiquées.
- Mélanger les rôles des caractères : la domestication sélectionne des traits phénotypiques et génétiques, pas seulement l’aspect visible.
- Se tromper sur l’exemple du blé : le caractère “grain ne restant pas attaché” diminue jusqu’à disparaître, donc on sélectionne l’attachement.
- Inverser chou sauvage vs chou domestiqué : sauvage = rosette puis “monte à fleur” ; domestiqué = rosette sans croissance de tige, bourgeon comestible.
- Penser que la sélection moderne dirigée produit directement des individus identiques sans contrôle : il faut lignées pures et éviter l’autofécondation (étêtage).
- Oublier que la domestication peut aussi être ornementale : le cours donne l’exemple des roses et de la diversité de couleurs de carottes.
✅ Checklist Examen
- Expliquer ce qu’est la domestication des plantes et pourquoi elle commence au Néolithique (culture ~10 000 ans avant le présent, sédentarisation).
- Citer les ordres de grandeur : 10 000–50 000 espèces comestibles, 150–200 domestiquées/utilisées, et les trois espèces majeures (riz, maïs, blé ~60% des calories/protéines végétales).
- Décrire comment la domestication agit sur des caractères phénotypiques et génétiques et donner l’exemple du blé (grains restant attachés à la plante mère).
- Comparer téosinte et maïs sur au moins trois critères du cours (taille d’épi ~6 cm vs >15 cm, couleur des grains noir/marron vs jaune, grain ~×5).
- Décrire le développement du chou sauvage vs domestiqué (rosette puis “monte à fleur” vs rosette sans croissance de tige et bourgeon comestible).
- Expliquer TB1 : polymorphisme élevé en 5’ NTR, ~2× d’ARN TB1 chez le maïs, lien avec architecture (tige unique) et allocation vers reproduction.
- Expliquer l’exemple du gène Br du blé (rachis solide vs fragile, sélection par tri des plants et semis donnant l’allèle br).
- Donner les familles de pigments de la carotte (caroténoïdes et anthocyanes) et relier diversité de couleurs cultivées à une sélection progressive vs carotte sauvage.
- Raconter l’historique du blé : origine Mésopotamie/Levant vers -8000, diffusion (ex. Égypte -7800/-7500, Inde -6000, Europe de l’ouest -5000, Éthiopie -3000) et rôle des semences fossiles (Nevali Cori, indéhiscence).
- Raconter l’historique du maïs : origine Méso-Amérique, rôle de Christophe Colomb (1492) et du XVIème siècle, et lien centre d’origine vs centres de diversification.
- Comparer les modalités de domestication dans le temps : sélection massale (Néolithique–début XIXe), amélioration dirigée par hybridation (XIXe, Villmorin), puis biotechnologies/génie génétique (XXe–aujourd’hui).
- Expliquer la sélection massale (mutations aléatoires, fréquence du caractère augmente, homozygotie/lignée pure et perte de diversité génétique).
- Expliquer l’hybridation contrôlée : lignées pures, éviter autofécondation, étêtage du maïs, génération hybride hétérozygote et homogène.
- Expliquer la sélection multigénique : traits polygéniques/multigéniques, difficulté de sélectionner un gène unique, sélection plus lente et pas d’une génération à l’autre (ex. longueur des entre-nœuds).
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