Programme 863 : programme de développement technologique lancé en 1986 par la Chine, visant à atteindre des objectifs précis dans le domaine spatial, notamment les vols habités et la mise en œuvre de technologies avancées pour renforcer la souveraineté et la puissance nationale.
Taïkonaute : astronaute chinois, membre de la mission spatiale habitée, dont le premier est Yang Liwei, devenu le premier taïkonaute chinois en 2003, marquant une étape majeure dans la capacité humaine chinoise à opérer dans l’espace.
Tiangong 1 : station spatiale chinoise de petite taille, lancée dans le cadre du programme spatial chinois, utilisée pour tester la station orbitale, la rendez possible la réalisation de missions habitées prolongées et la maîtrise des technologies de station spatiale.
Shenzou : vaisseau spatial chinois destiné au transport des taïkonautes, développé pour effectuer des missions habitées, notamment pour la mise en orbite de stations spatiales et l’expérimentation de technologies spatiales avancées.
Beidu-3 : système de navigation par satellite chinois, équivalent du GPS, qui contribue à l’autonomie stratégique de la Chine dans le domaine spatial, en fournissant des services de localisation précis pour des applications civiles et militaires.
CNSA (China National Space Administration) : agence spatiale nationale chinoise créée pour coordonner, planifier et exécuter la politique spatiale de la Chine, responsable de tous les programmes spatiaux, y compris les missions habitées, l’exploration lunaire, et la mise en place d’infrastructures spatiales.
En 1956, la Chine lance son premier programme spatial, marquant le début de sa volonté de développer une capacité autonome dans l’espace. Ce lancement s’inscrit dans une démarche de souveraineté nationale, visant à affirmer sa puissance face à d’autres grandes nations. La période jusqu’en 1986 voit une progression progressive dans le domaine spatial, avec notamment le lancement du premier satellite, Dang Fang Hong, en 1970, qui sert aussi de propagande pour renforcer l’image de la Chine sur la scène internationale.
Parallèlement, la Chine s’engage dans la revendication de ses droits sur ses mers et océans dès les années 1970, avec des revendications territoriales et une modernisation de sa marine. La création de la République populaire de Chine en 1949 constitue un point de départ pour cette affirmation de souveraineté, qui s’accompagne d’un discours évolutif vers celui de puissance.
En 1978, Deng Xiaoping initie la politique des Quatre Modernisations, dont la défense côtière, ce qui marque une étape importante dans la transformation stratégique de la Chine, passant d’un discours de souveraineté à un discours de puissance. La période 1956-1986 voit donc une double dynamique : d’un côté, la conquête de l’espace avec la mise en place du programme 863 en 1986, qui fixe des objectifs précis pour les vols habités et la maîtrise des technologies spatiales ; de l’autre, la revendication et la modernisation de la marine pour renforcer la souveraineté maritime.
La conquête spatiale chinoise, combinée à la montée en puissance maritime, illustre une stratégie globale visant à renforcer la souveraineté et la puissance nationale, en s’appuyant sur des exploits scientifiques et technologiques pour rivaliser avec les grandes puissances et affirmer une autonomie stratégique.
Ligne en neuf traits : ligne de délimitation maritime qui s’étend en forme de ligne polygonale avec neuf segments, utilisée par la Chine pour revendiquer une souveraineté étendue sur la mer de Chine méridionale, afin de dissuader toute intervention extérieure dans cette zone stratégique.
Stratégie du collier de perles : approche géopolitique chinoise consistant à établir une série d’installations et de bases navales le long des routes maritimes stratégiques, notamment dans la mer de Chine méridionale, pour renforcer la présence territoriale, contrôler les voies de navigation et assurer la sécurité de ses intérêts économiques et militaires.
SNLE (Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins) : sous-marin à propulsion nucléaire doté de la capacité de lancer des missiles balistiques, qui constitue un vecteur essentiel de la dissuasion nucléaire chinoise, permettant à la Chine de projeter sa puissance maritime et de renforcer sa souveraineté stratégique.
Poldérisation : processus de transformation de récifs ou de récifs coralliens en îlots artificiels par l’ajout de terre ou de matériaux, permettant à la Chine de renforcer sa présence territoriale en mer de Chine méridionale, notamment en construisant des installations militaires et civiles pour étendre son contrôle.
Marine chinoise moderne : flotte navale en pleine modernisation depuis les années 1970, intégrant des navires de guerre, des sous-marins, des porte-avions et des systèmes de défense avancés, visant à projeter la puissance chinoise en mer, à sécuriser ses revendications territoriales et à dissuader toute intervention étrangère.
Depuis les années 1970, la Chine revendique de manière croissante des territoires en mer de Chine méridionale, en particulier autour des îles Spratleys, ce qui témoigne d’une volonté affirmée de contrôle stratégique sur cette zone clé. Ces revendications s’inscrivent dans une dynamique de renforcement territorial et militaire, visant à asseoir la souveraineté chinoise sur ces espaces maritimes.
En 2016, la Chine devient la deuxième puissance navale mondiale, grâce à une politique de développement et de modernisation de sa marine. Elle déploie une flotte comprenant notamment 5 SNLE et 3 porte-avions, avec deux autres en construction, ce qui lui confère une capacité accrue pour projeter sa puissance en mer et assurer la dissuasion nucléaire.
La stratégie chinoise s’appuie également sur la poldérisation de récifs et d’îlots pour renforcer la présence territoriale. Ces opérations consistent à construire des installations militaires et civiles sur des récifs, transformant ces derniers en îlots artificiels, afin d’étendre la contrôle territorial et de sécuriser ses revendications en mer de Chine méridionale.
Les revendications territoriales en mer de Chine méridionale, combinées à la pression autour de Taïwan, illustrent la volonté chinoise de contrôler des voies maritimes essentielles, de sécuriser ses intérêts économiques et de renforcer sa souveraineté régionale. La stratégie maritime chinoise s’inscrit dans une démarche d’affirmation de puissance, visant à devenir la première puissance mondiale d’ici 2049.
La conquête maritime chinoise s’inscrit dans une stratégie globale d’extension territoriale et militaire, visant à contrôler les voies maritimes clés et à affirmer la souveraineté régionale, notamment par la revendication des îles Spratleys, la poldérisation et le déploiement d’une marine modernisée.
Rêve chinois : ambition historique de la Chine de restaurer sa grandeur passée en effaçant le « siècle de la honte » qui a marqué la période d’humiliation nationale, en s’appuyant sur la puissance pour retrouver sa place centrale dans le monde.
Discours de souveraineté : discours initial de la Chine depuis 1949, qui met l’accent sur la préservation de son territoire, son indépendance et la résistance à toute ingérence extérieure, notamment à travers la prise de possession des îles Spratleys et la pression autour de Taiwan.
Discours de puissance : évolution du discours chinois qui, à partir d’une revendication de souveraineté, se tourne vers l’affirmation de la puissance globale de la Chine, en mobilisant des stratégies économiques, militaires et technologiques pour devenir la première puissance mondiale.
Nouvelles routes de la soie : projet lancé en 2013 visant à renforcer l’influence économique de la Chine à l’échelle mondiale, en développant des infrastructures portuaires, terrestres et financières à travers un réseau de routes commerciales reliant l’Asie à l’Europe, à l’Afrique et à l’Asie centrale, financé notamment par la BAII et de grandes entreprises d’État.
BAII (Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures) : institution financière créée pour financer les investissements dans les infrastructures en Asie et au-delà, afin de soutenir le développement des Nouvelles routes de la soie, en particulier dans des pays dépendants financièrement, comme le Sri Lanka.
Depuis 1949, la République populaire de Chine cherche à effacer le « siècle de la honte » en utilisant la puissance comme vecteur principal d’affirmation. La transition du discours de souveraineté vers un discours de puissance globale marque une étape clé dans cette stratégie, qui vise à projeter la Chine comme une puissance incontournable sur la scène mondiale.
Depuis 2013, la Chine a lancé les Nouvelles routes de la soie pour renforcer son influence économique. Ce projet consiste à assurer la croissance du commerce international par la création d’un réseau d’infrastructures portuaires, terrestres et financières, financé par la BAII et de grandes firmes transnationales telles que Cosco ou China Merchant Group. Des investissements importants ont été réalisés dans des ports stratégiques comme Pirée ou Savone, mais cette stratégie comporte aussi des limites, notamment la dépendance financière de certains pays comme le Sri Lanka, illustrant la stratégie du « collier » qui lie économiquement ces nations à la Chine.
Sur le plan militaire et spatial, la Chine poursuit une stratégie d’affirmation en trois étapes. Entre 1986 et 2016, elle a renforcé ses capacités en mer, avec une augmentation de la flotte comparable à celle de la marine française, la mise en service de 5 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), de 3 porte-avions (avec 2 en construction), et l’appropriation de la « ligne en 9 traits » pour la revendication de ses zones maritimes, notamment par la poldérisation de territoires en mer de Chine méridionale.
Depuis 2016, cette volonté s’est étendue à l’échelle mondiale. La Chine a lancé des activités spatiales ambitieuses, notamment en 2019 l’exploration de la face cachée de la Lune, en vue d’établir une base lunaire habitée d’ici 2030, et en 2021 la mise en orbite d’une sonde martienne. La mission vers Mars est programmée pour 2045, dans le cadre de la stratégie de devenir une puissance technologique et spatiale de premier plan d’ici 2049, date symbolique du centenaire de la fondation du Parti communiste chinois.
La politique d’affirmation chinoise combine ambitions historiques et stratégies économiques et militaires pour transformer la Chine en puissance globale incontournable, visant la première place mondiale en 2049.
Quatre modernisations de Deng Xiaoping : succession de réformes politiques et économiques initiées par Deng Xiaoping, visant à transformer la modèle économique chinois tout en conservant le contrôle politique du Parti communiste. Ces modernisations ont permis à la Chine de s’intégrer progressivement dans l’économie mondiale, en adaptant ses structures et ses stratégies.
Programme spatial 863 : programme lancé par la Chine dans les années 1980, visant à développer ses capacités dans le domaine spatial. Il s’inscrit dans une volonté d’affirmation technologique et stratégique, en développant notamment des vecteurs de puissance spatiale.
Phase d’affirmation régionale : période comprise entre 1956 et 1986 durant laquelle la Chine cherche à renforcer sa position dans sa région immédiate. Elle passe par des revendications maritimes et la mise en œuvre de programmes spatiaux, afin d’affirmer sa puissance face à ses voisins et dans le contexte international.
Phase d’affirmation mondiale : période allant de 1986 à 2016, caractérisée par le développement de vecteurs de puissance spatiale et navale. La Chine investit dans ses capacités militaires et industrielles pour étendre son influence au-delà de sa région, notamment par la construction de ports stratégiques et la mise en place de projets globaux.
Depuis 2016 : affirmation à l’échelle mondiale, avec une expansion navale accrue et la mise en œuvre de projets globaux. La Chine cherche à renforcer sa présence dans tous les domaines, notamment par le lancement des Nouvelles routes de la soie en 2013, qui constituent un levier stratégique pour étendre son influence économique et géopolitique.
Entre 1956 et 1986, la Chine affirme initialement sa puissance par le biais de programmes spatiaux et de revendications maritimes. Ces actions visent à renforcer sa position régionale et à montrer sa capacité à projeter sa puissance dans ses zones d’influence.
De 1986 à 2016, la Chine développe ses vecteurs de puissance spatiale et navale. Elle investit dans des capacités technologiques et militaires pour étendre son influence au-delà de sa région immédiate, notamment par la construction de ports stratégiques comme ceux de Pirée ou Savone, et par la mise en place de stratégies comme la « stratégie du collier de perles » pour sécuriser ses routes commerciales.
Depuis 2016, la Chine cherche à affirmer sa puissance à l’échelle mondiale. Elle intensifie ses efforts dans l’expansion navale, notamment par l’augmentation de ses capacités militaires en mer, et par la réalisation de projets globaux, notamment la mise en œuvre des Nouvelles routes de la soie en 2013, qui visent à renforcer ses liens économiques et stratégiques avec d’autres régions du monde.
En 2013, la Chine lance les Nouvelles routes de la soie, un ensemble de projets visant à assurer la croissance du commerce mondial. Ce levier stratégique est financé par la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) et par de grandes entreprises telles que Cosco ou China Merchant Group. Ces investissements incluent notamment des ports comme ceux de Pirée ou Savone, qui renforcent la dépendance financière de certains pays comme le Sri Lanka, illustrant la stratégie du « collier de perles » avec des bases militaires pour protéger ces routes, comme Djibouti en 2016.
Les médias, comme « Le Dessous des cartes », jouent également un rôle dans la diffusion de cette stratégie, permettant de faire connaître et de légitimer la montée en puissance de la Chine sur la scène mondiale.
La stratégie chinoise s’est construite en phases successives, passant d’une affirmation régionale à une ambition globale intégrant espace, mer et économie, utilisant des projets structurants et des leviers médiatiques pour renforcer son influence à l’échelle mondiale.
Base lunaire habitée : installation située sur la Lune conçue pour accueillir des êtres humains, permettant de mener des activités durables et continues sur le satellite naturel de la Terre, dans le but de préparer de futures missions et d’étudier la surface lunaire.
Exploration de Mars : programme visant à envoyer des missions habitées ou robotisées vers la planète Mars, avec pour objectif d’étudier sa surface, son atmosphère, ses ressources, et de préparer éventuellement une présence humaine permanente ou semi-permanente, notamment par des missions en orbite et en surface.
Centrale solaire orbitale : projet de dispositif spatial destiné à capter l’énergie solaire dans l’espace pour la transmettre ensuite sur Terre ou pour des usages en orbite, avec une planification pour une mise en œuvre autour de 2035, dans une optique d’exploitation énergétique innovante et durable.
Station spatiale chinoise (CSS) : structure orbitale mise en service par la Chine, conçue pour accueillir des astronautes, réaliser des expérimentations scientifiques, et servir d’outil de soft power en renforçant la présence chinoise dans l’espace, tout en favorisant la coopération ou la compétition avec d’autres acteurs spatiaux.
Programme Artemis : initiative spatiale visant à retourner sur la Lune, avec pour objectif d’y établir une présence humaine durable d’ici 2030, en concurrence ou en complémentarité avec d’autres programmes, notamment ceux de la Chine, dans une logique de leadership dans l’espace.
Objectif d’une base lunaire habitée d’ici 2030 : la Chine ambitionne de développer une station lunaire habitée pour 2030, afin de préparer les futures missions vers la surface de la Lune. Ce projet s’inscrit dans une dynamique de colonisation et d’exploitation lunaire, permettant de tester des technologies et de réaliser des expérimentations en environnement lunaire.
Mission martienne en orbite en 2021 et projet de mission en 2045 : la Chine a lancé une mission en orbite de Mars en 2021, marquant une étape importante dans sa course à l’exploration martienne. Elle prévoit également une mission habitée vers Mars d’ici 2045, dans le but d’établir une présence humaine sur la planète rouge, en survolant la surface et en réalisant des opérations en orbite.
Projet de centrale solaire orbitale pour 2035 : la Chine prévoit de déployer une centrale solaire orbitale d’ici 2035, permettant de capter l’énergie solaire dans l’espace pour la transmettre sur Terre ou pour des usages en orbite. Ce projet témoigne de l’ambition technologique et énergétique du pays dans le domaine spatial.
Ouverture de la station spatiale chinoise comme outil de soft power : la mise en service de la station spatiale chinoise (CSS) constitue un levier de soft power, renforçant l’image de la Chine comme puissance spatiale majeure. Elle sert aussi à promouvoir la coopération internationale tout en affirmant la souveraineté chinoise dans l’espace.
Concurrence avec les programmes spatiaux américains comme Artemis : la compétition avec les États-Unis, notamment via le programme Artemis, stimule la course à l’espace. La Chine cherche à rivaliser en développant ses propres capacités d’exploration, de présence humaine et de technologies spatiales avancées, dans une logique de leadership mondial.
Les objectifs spatiaux chinois combinent avancées technologiques et ambitions géopolitiques, visant à établir une présence durable dans l’espace, à exploiter ses ressources, et à renforcer leur influence mondiale dans ce domaine stratégique.
Contrôle des routes commerciales : activité visant à assurer la maîtrise et la sécurisation des voies maritimes stratégiques qui facilitent le commerce mondial, notamment celles transitant par des zones contestées ou à forte importance géopolitique.
Zones économiques exclusives (ZEE) : espaces maritimes s’étendant jusqu’à 200 milles nautiques des côtes, dans lesquels un État possède des droits souverains pour l’exploitation des ressources naturelles, notamment halieutiques, minérales et énergétiques.
Militarisation des eaux : processus par lequel un État déploie des forces armées, établit des bases ou installe du matériel militaire dans des zones maritimes contestées ou stratégiques, afin d’affirmer sa présence et ses intérêts.
Bases militaires à l’étranger : installations militaires établies hors du territoire national pour projeter la puissance, sécuriser des routes ou des ressources, ou soutenir des opérations militaires, comme la base de Djibouti en 2016.
Protection des ressources halieutiques : mesures visant à préserver, exploiter durablement et contrôler les stocks de poissons, qui représentent une ressource mondiale stratégique, notamment en raison de leur importance pour la sécurité alimentaire et l’économie.
Contrôle de 25% du commerce mondial transitant par la mer de Chine méridionale : la Chine détient une part significative du commerce maritime mondial qui transite par cette zone, ce qui lui confère une influence majeure sur les flux commerciaux internationaux.
Militarisation croissante des zones contestées (îles Paracels, Spratleys) : la Chine accentue ses déploiements militaires sur ces îles et récifs disputés, renforçant ainsi sa présence et ses revendications territoriales dans ces espaces stratégiques.
Déploiement de bases militaires à l’étranger (ex. Djibouti en 2016) : la Chine établit ou modernise ses infrastructures militaires hors de ses frontières pour sécuriser ses routes commerciales et étendre son influence géopolitique.
Protection des premières ressources mondiales en pêche : la Chine, premier producteur et exportateur mondial de poisson, cherche à sécuriser ses approvisionnements en ressources halieutiques, qui sont aussi une ressource stratégique pour d’autres États.
Prospections en Arctique pour minerais et hydrocarbures : la Chine mène des activités d’exploration dans cette région, riche en minerais et hydrocarbures, afin de diversifier ses sources d’énergie et de matières premières, tout en affirmant sa présence dans cette zone en développement.
Les objectifs maritimes de la Chine s’articulent autour de la sécurisation des ressources, du contrôle des voies commerciales stratégiques et de l’expansion de sa présence militaire globale, dans une logique de puissance et d’indépendance économique.
Marché des satellites : secteur économique qui concerne la fabrication, le lancement et l’exploitation de satellites, caractérisé par une forte croissance mondiale et une demande accrue pour des services de communication, de navigation et d’observation.
Soft power spatial : capacité d’un pays à influencer d’autres acteurs par ses avancées dans le domaine spatial, notamment par l’utilisation de la station spatiale chinoise comme levier de prestige et d’influence, sans recours à la coercition.
Dépendance financière : situation dans laquelle un pays ou une entité dépend économiquement d’un autre, notamment par des investissements ou des prêts, comme le montre l’exemple du Sri Lanka qui dépend financièrement de la Chine dans le cadre de projets liés à la mer.
Coopération régionale : collaboration entre pays d’une même zone géographique pour atteindre des objectifs communs, par exemple la lutte contre la piraterie avec l’ASEAN, ou la protection environnementale, ainsi que la coopération spatiale avec la Chine qui inclut la station Tiangong, considérée comme une ressource commune mondiale.
Compétition sino-américaine : rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis dans plusieurs domaines, notamment dans l’espace et en mer, où chaque puissance cherche à renforcer sa présence, ses capacités et son influence tout en contestant la légitimité des revendications de l’autre.
Le marché mondial des lancements de satellites constitue un secteur en forte croissance, avec une demande croissante pour des services liés à la communication, la navigation et l’observation de la Terre. La Chine s’inscrit dans cette dynamique en développant ses capacités spatiales, notamment avec la station Tiangong, qui sert aussi de levier de soft power, permettant à la Chine d’accroître son influence internationale sans recourir à la coercition.
L’utilisation de la station spatiale chinoise comme levier de soft power spatial illustre la stratégie chinoise visant à projeter une image de puissance technologique et diplomatique. La station Tiangong, déclarée comme appartenant au monde entier, symbolise cette volonté de coopération globale, tout en renforçant la position de la Chine dans le domaine spatial.
La dépendance financière de certains pays partenaires, comme le Sri Lanka, met en lumière la stratégie chinoise d’expansion économique par des investissements et des prêts, qui créent une dépendance économique et renforcent l’influence chinoise dans la région. Ces investissements s’inscrivent dans une logique de développement régional mais suscitent aussi des tensions liées à la souveraineté et à la dette.
La coopération régionale se manifeste également par des actions communes telles que la lutte contre la piraterie maritime avec l’ASEAN, ou la protection environnementale en mer, illustrant une volonté de coopération pour la stabilité et la sécurité régionales. La Chine participe activement à ces efforts, tout en utilisant ces collaborations pour renforcer son soft power.
Cependant, cette expansion chinoise génère aussi des tensions, notamment en mer de Chine méridionale, où la politique impérialiste chinoise est contestée par d’autres acteurs régionaux et internationaux. La contestation des revendications chinoises par la CPA en 2016, ainsi que l’augmentation des dispositifs militaires dans la région, notamment par l’Inde, la Corée du Sud et le Japon, accentuent la rivalité stratégique avec les États-Unis. La multiplication des alliances bilatérales avec ces puissances renforce la perception d’une menace chinoise, alimentant une compétition stratégique dans l’espace et en mer.
La Chine utilise ses avancées technologiques et ses investissements pour renforcer son influence globale, ce qui suscite à la fois une coopération régionale et des rivalités stratégiques, notamment avec les États-Unis, dans un contexte où la compétition pour la maîtrise de l’espace et des mers devient un enjeu majeur pour la stabilité géopolitique mondiale.
CPA (Cour Permanente d’Arbitrage) : instance judiciaire internationale spécialisée dans le règlement des différends liés aux enjeux maritimes, qui rejette notamment en 2016 les revendications chinoises en mer de Chine méridionale, affirmant ainsi son rôle dans la contestation des revendications territoriales.
Lutte contre la piraterie : actions coordonnées visant à prévenir, réprimer et éliminer les actes de piraterie en mer, notamment par la coopération régionale entre les États de l’ASEAN, qui s’engagent dans des opérations communes pour sécuriser les voies maritimes stratégiques.
Militarisation croissante : augmentation de la présence et des dispositifs militaires dans la région, par des acteurs comme l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, qui déploient des forces et équipements pour renforcer leur influence et leur contrôle sur les espaces maritimes contestés.
Alliances bilatérales : accords de partenariat stratégique entre les États-Unis et divers pays asiatiques, tels que le Japon, la Corée du Sud ou l’Inde, perçus par la Chine comme des menaces à sa souveraineté et à ses ambitions en mer de Chine méridionale.
Zones de pêche contestées : espaces maritimes où plusieurs pays revendiquent des droits de pêche, comme les Philippines, ce qui entraîne des conflits liés à l’accès aux ressources halieutiques et à la souveraineté, notamment dans les îles Paracels, Spartleys et autour des Senkaku.
En 2016, la Cour Permanente d’Arbitrage a rejeté les revendications chinoises en mer de Chine méridionale, contestant ainsi la légitimité de ses prétentions territoriales dans cette zone stratégique. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions accrues, où la Chine revendique une souveraineté étendue sur une grande partie de cette mer, en particulier autour des îles Paracels, Spartleys et des Senkaku, qui sont au cœur des différends territoriaux.
Parallèlement, la région voit une coopération régionale renforcée pour lutter contre la piraterie, notamment via l’ASEAN, qui coordonne des opérations pour sécuriser les routes maritimes essentielles. Ces efforts illustrent une volonté commune de préserver la stabilité face aux risques liés à la criminalité maritime.
Les dispositifs militaires dans la région connaissent une croissance significative, avec l’Inde, le Japon et la Corée du Sud qui déploient des forces navales et aériennes pour défendre leurs intérêts. La présence accrue de ces acteurs contribue à une militarisation croissante des espaces maritimes, accentuant la compétition entre grandes puissances.
Les États-Unis ont développé des alliances bilatérales avec plusieurs pays asiatiques, notamment en établissant des bases militaires aux Philippines. Ces alliances sont perçues par la Chine comme des menaces directes à sa souveraineté et à ses ambitions en mer, renforçant ainsi un climat de rivalité et de tensions.
Les conflits autour des zones de pêche, notamment avec les Philippines, illustrent également la dimension économique des tensions. La revendication de droits de pêche dans ces zones, où environ 25 % du commerce maritime mondial transite, alimente des différends liés à l’accès aux ressources et à la souveraineté maritime.
Les dynamiques de tensions et de coopération dans la région Asie-Pacifique illustrent un équilibre fragile entre rivalités territoriales, notamment en mer de Chine méridionale, et efforts multilatéraux pour la stabilité, notamment via la lutte contre la piraterie et la coopération régionale, tout en étant marquées par une militarisation croissante et des alliances stratégiques.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1949 | Création de la République populaire de Chine |
| 1956 | Lancement du programme spatial chinois |
| 1970 | Lancement du satellite Dang Fang Hong |
| 1986 | Lancement du programme 863 |
| Thème | Notions clés & Définitions | Objectifs / Stratégies | Enjeux / Résultats |
|---|---|---|---|
| Conquête spatiale chinoise | Programme 863 (1986), Taïkonaute (Yang Liwei en 2003), Tiangong 1, Shenzou, Beidu-3, CNSA | Développer capacités spatiales autonomes, tester stations spatiales, renforcer souveraineté | Progression technologique, affirmation de puissance nationale |
| Conquête maritime chinoise | Ligne en neuf traits, stratégie du collier de perles, SNLE, poldérisation, marine moderne | Revendiquer zones maritimes, moderniser la flotte, projeter puissance | Contrôle stratégique en mer de Chine méridionale, puissance navale en 2016 (2e mondiale) |
| Politique d’affirmation | Rêve chinois, discours de souveraineté puis puissance, Nouvelles routes de la soie | Restaurer grandeur passée, affirmation globale par stratégies économiques et militaires | Renforcement de la souveraineté et de la puissance mondiale |
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