📋 Plan du Cours
- Croissance économique : définition et expansion
- Produit intérieur brut : indicateur de richesse
- Formules du PIB et mesure de la croissance
- Limites du PIB : productions omises et richesse
- Mesurer le bien-être et lien avec croissance
- Paradoxe d’Easterlin et politiques du bonheur
- Révolution industrielle : mythe et réalité
- Causes de la révolution industrielle : agriculture
- Trente Glorieuses : miracle économique et convergence
- Trente Piteuses : ralentissement et stagflation
- Politiques d’innovation : R&D et financement
- Institutions inclusives et mesure de la productivité
📖 1. Croissance économique : définition et expansion
🔑 Notions clés & Définitions
- Croissance économique : La croissance économique désigne l’augmentation durable de la production de biens et services d’un pays sur une période donnée.
- Produit Intérieur Brut : Le Produit Intérieur Brut est un indicateur qui mesure la valeur totale de la production annuelle réalisée sur un territoire par les agents économiques résidents.
- Valeur ajoutée : La valeur ajoutée correspond à la différence entre le prix d’un bien ou service produit et le coût des consommations intermédiaires utilisées pour le produire.
- INSEE : L’INSEE est l’institut statistique français qui collecte et organise les données nécessaires au calcul des indicateurs économiques comme le PIB.
📝 Points essentiels
- Le PIB se calcule en additionnant les valeurs ajoutées de tous les biens et services produits dans un pays sur une année donnée.
- La valeur ajoutée d’un producteur s’obtient en soustrayant le coût des consommations intermédiaires au prix du bien ou service final.
- Le PIB couvre la production annuelle réalisée par ménages, entreprises et administrations publiques résidant à l’intérieur d’un territoire.
- Le calcul du PIB repose sur une collecte de données effectuée par l’institut statistique national du pays (en France, l’INSEE).
- Le PIB sert d’indicateur de richesse, mais il ne décrit pas à lui seul tous les aspects du niveau de vie ou du bien-être.
💡 Astuce mémo
PIB = Somme des valeurs ajoutées (prix final − consommations intermédiaires).
📖 2. Produit intérieur brut : indicateur de richesse
🔑 Notions clés & Définitions
- Produit intérieur brut : Le produit intérieur brut est un indicateur qui mesure la valeur totale de la production de richesse annuelle réalisée sur un territoire par les agents économiques résidents.
- Valeur ajoutée : La valeur ajoutée correspond à la richesse créée par un agent en retranchant les consommations intermédiaires de la valeur de sa production.
- PIB réel : Le PIB réel (en volume) mesure l’activité en neutralisant l’effet des variations de prix sur la période étudiée.
- PIB par habitant : Le PIB par habitant rapporte le PIB à la population et sert d’indicateur de niveau de vie moyen, sans refléter les inégalités.
- Produit intérieur net : Le produit intérieur net est le PIB diminué des amortissements de capital inclus dans le PIB.
📝 Points essentiels
- Le PIB est obtenu en sommant toutes les valeurs ajoutées des biens et services produits dans un pays sur une année donnée.
- Le PIB s’appuie sur des données collectées par l’institut statistique national (en France, l’INSEE) pour construire les comptes nationaux.
- La valeur définitive du PIB nécessite environ trois ans, le temps de la collecte et des ajustements.
- Le PIB est utilisé pour évaluer la santé de l’économie et sert de base aux politiques publiques, notamment pour estimer les ressources de l’État.
- Le PIB peut être calculé soit par la somme des valeurs ajoutées brutes (secteurs/branches) plus impôts moins subventions sur les produits, soit par la somme des emplois finaux plus exportations moins importations, soit à
- Le PIB réel est le PIB nominal corrigé de l’évolution des prix, afin d’éviter qu’une hausse due aux prix ne soit prise pour une hausse de production.
💡 Astuce mémo
PIB = Valeur ajoutée totale (richesse créée) ; réel = nominal sans l’effet des prix ; net = PIB moins amortissements.
🔑 Notions clés & Définitions
- PIB : Indicateur macroéconomique qui mesure la valeur de la production réalisée sur une période, via la comptabilité nationale.
- PIB par habitant : Indicateur qui rapporte le PIB à la population, pour approcher le niveau moyen d’activité économique par personne.
- Commission Stiglitz : Commission lancée en 2008 pour améliorer la mesure de la performance économique et sociale au-delà du PIB.
- Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi : Rapport de 2009 qui propose des indicateurs alternatifs au PIB, notamment pour le bien-être et l’environnement.
- Épargne nette ajustée : Indicateur visant à intégrer des éléments environnementaux dans l’évaluation de la soutenabilité économique.
📝 Points essentiels
- Le PIB peut comptabiliser des dépenses liées à des destructions (réparations après choc), ce qui peut donner une hausse d’activité sans hausse de richesse réelle.
- Le sophisme de la vitre cassée illustre que la destruction inutile peut générer du travail et des dépenses, tout en faisant perdre de la valeur aux agents.
- Le PIB ne reflète pas directement les inégalités de richesse ni l’impact environnemental, ce qui limite son usage pour juger les performances d’un pays.
- La critique conduit à utiliser un panel d’indicateurs pour mesurer plus fidèlement performances économiques et sociales.
- La commission Stiglitz (2008) aboutit au rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi (2009), qui recommande d’améliorer la comptabilisation du PIB et d’ajouter des indicateurs alternatifs.
- Le rapport met en avant des mesures du bien-être subjectif et la préservation de l’environnement, notamment via l’épargne nette ajustée, mais la monétarisation de certains biens (ex. production d’abeilles) reste débattue
💡 Astuce mémo
PIB = Production comptée, pas Valeur créée : chocs et réparations peuvent faire monter le PIB sans augmenter le bien-être ni la richesse réelle.
📖 4. Limites du PIB : productions omises et richesse
🔑 Notions clés & Définitions
- Paradoxe d’Easterlin : Le paradoxe d’Easterlin décrit l’écart entre le lien bonheur–revenu à l’échelle individuelle et l’absence de hausse nette du bonheur quand le revenu moyen d’un pays augmente.
- Accoutumance : L’accoutumance est l’idée que l’augmentation du revenu finit par produire moins de satisfaction car les individus s’habituent au niveau de vie atteint.
- Comparaison sociale : La comparaison sociale est l’idée que le bonheur dépend aussi du revenu relatif, donc de la position par rapport aux autres dans la société.
- Échelle de satisfaction 1 à 10 : L’échelle de satisfaction 1 à 10 est une mesure subjective dont la signification varie selon les pays et les époques, ce qui limite les comparaisons.
📝 Points essentiels
- Dans les pays développés, une fois les besoins primaires couverts, la consommation de biens essentiels apporte peu de gain de bonheur supplémentaire par rapport aux pays moins développés.
- Au niveau individuel, les personnes dont le revenu augmente moins que les autres restent moins satisfaites, ce qui contribue au paradoxe observé à l’échelle d’un pays.
- Easterlin est contesté par Stevenson et Wolfers (2008), qui trouvent un lien positif entre croissance du revenu et bonheur.
- Les habitants des pays riches sont en moyenne plus heureux que ceux des pays pauvres, ce qui soutient l’idée d’un effet de la croissance sur le bonheur.
- La croissance ne garantit pas partout une hausse du bonheur, comme en Chine où certains gains de revenu s’accompagnent de conditions de travail pénibles.
- En période de crise, l’anxiété et la dépression augmentent, ce qui réduit le bonheur déclaré des individus (Bell, Blanchflower, 2019).
💡 Astuce mémo
Accoutumance + comparaison = bonheur relatif : quand tout le monde gagne, ton gain de bonheur peut stagner.
📖 5. Mesurer le bien-être et lien avec croissance
🔑 Notions clés & Définitions
- Productivité du travail : La productivité du travail mesure la quantité produite par unité de travail, et sert d’indicateur central de la croissance économique.
- Intensité capitalistique : L’intensité capitalistique décrit le rapport entre le capital et le travail, reflétant combien de capital est mobilisé pour produire.
- Coefficient de capital K/Y : Le coefficient de capital K/Y compare le stock de capital au niveau de production et indique la stabilité de l’accumulation relativement au revenu.
- Part de la valeur ajoutée : La part de la valeur ajoutée répartit la valeur produite entre salaires et profits au sein des firmes.
- Corrélation croissance-population : La corrélation croissance-population relie l’évolution démographique au niveau de revenu par habitant observé dans les données.
📝 Points essentiels
- La croissance est associée à une hausse de la productivité du travail.
- La croissance s’accompagne d’une hausse du rapport capital/travail, donc d’une intensité capitalistique plus forte.
- Le coefficient de capital K/Y reste stable, ce qui suggère une structure relativement constante du capital par rapport à la production.
- Le taux d’intérêt reste stable dans les faits stylisés décrits.
- La valeur ajoutée est partagée de façon stable au sein des firmes : environ 70% pour les salariés et 30% pour les firmes.
- En 1989, P. Romer met en évidence une absence de corrélation entre croissance et niveau de revenus par habitant, et une corrélation négative entre croissance de la population et revenu par habitant.
💡 Astuce mémo
Productivité↑, Capital/Travail↑, mais K/Y stable et taux d’intérêt stable : la croissance “change de vitesse” sans changer la structure.
📖 6. Paradoxe d’Easterlin et politiques du bonheur
🔑 Notions clés & Définitions
- Paradoxe d’Easterlin : Le paradoxe d’Easterlin décrit l’absence de hausse durable du bonheur moyen quand le revenu augmente au niveau d’un pays, malgré des gains individuels possibles.
- Politiques du bonheur : Les politiques du bonheur regroupent des actions publiques visant à améliorer le bien-être mesuré, au-delà de la seule croissance économique.
- Bien-être subjectif : Le bien-être subjectif correspond à l’évaluation personnelle de sa satisfaction de vie et de ses émotions, souvent utilisée pour mesurer le bonheur.
- PIB par habitant : Le PIB par habitant est un indicateur de niveau de production économique rapporté à la population, fréquemment utilisé comme proxy du niveau de vie.
📝 Points essentiels
- Le paradoxe d’Easterlin met en évidence un décalage entre évolution du revenu et évolution du bonheur moyen dans le temps au sein d’un même pays.
- Les politiques du bonheur cherchent à relier l’action publique à des indicateurs de bien-être, pas uniquement à la croissance du PIB.
- Le bien-être subjectif capte des dimensions personnelles (satisfaction, émotions) que le PIB ne reflète pas directement.
- Le PIB par habitant sert souvent de référence économique, mais il ne garantit pas une amélioration proportionnelle du bonheur ressenti.
- Les comparaisons internationales et temporelles sont cruciales pour tester l’existence d’un lien revenu–bonheur, car les effets peuvent varier selon les contextes.
💡 Astuce mémo
Revenu ↑ ≠ Bonheur ↑ : le paradoxe te rappelle que plus d’argent ne suffit pas à faire monter le bonheur moyen.
📖 7. Révolution industrielle : mythe et réalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Plan Freyçinet : Plan d’infrastructures ferroviaires lancé en France à partir de 1878, visant à relier davantage les villes au réseau et à soutenir leur essor économique.
- Trente Glorieuses : Période de forte croissance économique d’après-guerre, située entre 1945 et 1973, marquée par des gains de niveau de vie et une croissance soutenue.
- Révolution silencieuse : Expression qui souligne que la hausse du niveau de vie pendant les Trente Glorieuses est vécue comme peu spectaculaire par ceux qui la subissent au quotidien.
- Âge d’or du capitalisme : Vision souvent reprise selon laquelle la période d’après-guerre serait un moment exceptionnel de fonctionnement favorable du capitalisme.
- Modèle fordiste : Modèle d’organisation économique où la hausse de productivité permet d’augmenter les salaires sans dégrader les marges, soutenue par des politiques publiques.
📝 Points essentiels
- Le plan Freyçinet (lancé en 1878) favorise l’expansion économique des villes proches des gares en améliorant la circulation des biens et de l’argent.
- L’expression « Trente Glorieuses » est inventée par Jean Fourastié dans un livre du même nom.
- Entre 1945 et 1973, les pays de l’OCDE affichent des taux de croissance annuels du PIB d’environ 5 % en volume.
- La période 1945-1973 reste proche du plein emploi dans la plupart des pays de l’OCDE.
- En France, la reconstruction est très coûteuse : elle représente environ 1/4 de la richesse nationale, mais la production dépasse le maximum d’avant-guerre en 4 ans.
- Le Japon et la RFA font partie des régions les plus ravagées, tout en connaissant une croissance très rapide (Japon ~8 %/an, RFA ~7 %/an à partir des années 1950).
💡 Astuce mémo
Freyçinet = rails vers la richesse ; Trente Glorieuses = 5%/an + plein emploi ; « silencieuse » car le progrès paraît normal au quotidien.
📖 8. Causes de la révolution industrielle : agriculture
🔑 Notions clés & Définitions
- Agriculture productrice : Secteur économique qui fournit nourriture, matières premières et main-d’œuvre, et peut dégager des excédents finançant l’industrialisation.
- Exode rural : Mouvement de population quittant les campagnes pour les villes, permettant de fournir une main-d’œuvre aux usines.
- Progrès technique agricole : Ensemble d’innovations qui augmentent les rendements et libèrent des travailleurs tout en améliorant la production.
- Marché intérieur : Ensemble des débouchés nationaux où la demande solvable permet d’écouler la production industrielle.
📝 Points essentiels
- La révolution industrielle est favorisée par une agriculture capable de produire plus avec moins de travail, ce qui libère de la main-d’œuvre pour l’industrie.
- Les excédents agricoles soutiennent l’industrialisation en alimentant les villes et en fournissant des ressources (matières premières) pour les manufactures.
- L’amélioration des rendements réduit la pression sur les prix alimentaires, ce qui aide à stabiliser les coûts et la demande urbaine.
- L’exode rural renforce l’offre de travail en milieu urbain, facilitant l’essor des manufactures et des usines.
- L’existence d’un marché intérieur permet aux entreprises d’écouler leur production, ce qui encourage l’investissement industriel.
- Sans progrès agricole, l’industrialisation est freinée par la difficulté à nourrir la population urbaine et à dégager des ressources pour financer la croissance.
💡 Astuce mémo
Rendements agricoles ↑ → excédents ↑ + travailleurs libérés → villes alimentées et usines approvisionnées.
📖 9. Trente Glorieuses : miracle économique et convergence
🔑 Notions clés & Définitions
- Paradoxe de Solow : Le paradoxe de Solow désigne l’écart entre la présence visible des technologies numériques et l’absence de gains de productivité mesurés dans les statistiques du PIB.
- Vol d’oie sauvage : Le vol d’oie sauvage décrit une dynamique où un pays rattrape en copiant/transformant des étapes industrielles, pendant que d’autres pays passent à des niveaux plus avancés.
- Chaebols : Les chaebols sont de grands conglomérats privés coréens, soutenus par l’État et impliqués dans la spécialisation industrielle.
- Zones Économiques spécialisées : Les Zones Économiques spécialisées sont des espaces en Chine conçus pour attirer des investissements étrangers et accélérer la croissance via des politiques incitatives.
- Modèle de Solow : Le modèle de Solow explique la croissance par l’accumulation de capital, le travail et la productivité, et sert ici à interpréter un taux d’épargne élevé.
📝 Points essentiels
- Le constat de Solow (1987) souligne que l’ère informatique est visible partout mais ne se reflète pas dans les statistiques de productivité du PIB.
- La révolution numérique peut transformer la société sans produire automatiquement des gains de productivité mesurés dans les indicateurs macroéconomiques.
- À partir des années 1970-1980, la Corée du Sud et la Chine montent en puissance dans la compétition mondiale, avec des trajectoires différentes.
- En Corée du Sud, l’État intervient fortement via infrastructures et éducation, puis se désengage progressivement à partir des années 1980 quand les entreprises deviennent compétitives.
- La Corée du Sud se spécialise d’abord dans le textile, puis dans l’industrie lourde grâce à des subventions conditionnées aux performances et à un protectionnisme qualifié d’« éducateur ».
- En Chine, le PIB par habitant recule d’environ 20% entre 1959 et 1962 pendant la période Mao, avant la libéralisation progressive à partir de 1978 avec Deng Xiaoping.
💡 Astuce mémo
Solow : « ordinateurs partout, productivité nulle part » ; Corée : « État lance, entreprises prennent le relais » ; Chine : « libéraliser + investir + exporter ».
📖 10. Trente Piteuses : ralentissement et stagflation
🔑 Notions clés & Définitions
- MITI : Le MITI est le ministère japonais de l’Industrie qui a encadré le modèle de champion national pendant les Trente Glorieuses.
- Asymétrie d’information : L’asymétrie d’information désigne une situation où les entreprises connaissent mieux que l’État leurs besoins et projets, ce qui fausse l’efficacité des subventions.
- Division internationale du processus productif : La division internationale du processus productif décrit la répartition mondiale des étapes de production entre pays, ce qui modifie la circulation des gains de la R&D.
- Externalités positives de la R&D : Les externalités positives sont des retombées bénéfiques de la recherche qui profitent aussi à d’autres acteurs que ceux qui financent la R&D.
- Crédit impôt recherche : Le crédit impôt recherche est un dispositif fiscal qui soutient les dépenses de R&D des entreprises via des allègements d’impôts.
📝 Points essentiels
- Le modèle de champion national a été remis en cause dans les années 1970 par le concept d’asymétrie d’information.
- Dans un contexte de concurrence mondiale et de division internationale du processus productif, les connaissances produites par un champion national peuvent « fuir » vers d’autres pays.
- La logique libérale critique les subventions car, avec des asymétries d’information, l’État risque de sursubventionner et de créer des rentes.
- À partir des années 1980, la concurrence est revalorisée et les traités (OMC, Union européenne) limitent fortement les subventions ciblant des entreprises.
- En Europe, seules des politiques « horizontales » sont tolérées : elles améliorent l’environnement global (fiscalité, formation, infrastructures) sans cibler une entreprise précise.
- Les allègements d’impôts à la recherche se justifient par les externalités positives et par l’idée que les entreprises savent mieux orienter la R&D que l’État, mais ils sont critiqués pour effet d’aubaine et ciblage des
💡 Astuce mémo
Asymétrie = l’État se trompe de dose ; concurrence = moins de rentes ; R&D = externalités qui débordent.
📖 11. Politiques d’innovation : R&D et financement
🔑 Notions clés & Définitions
- Clusters ou districts industriels : Un cluster est un regroupement d’entreprises et d’acteurs autour d’une spécialité, favorisant la diffusion de connaissances et l’accès à des ressources collectives.
- Pôles de compétitivité : Un pôle de compétitivité est un dispositif public visant à concentrer un secteur d’excellence sur une thématique, avec incitations fiscales et soutien à la recherche.
- Programme de coopération technologique : Un programme de coopération technologique est un accord temporaire où des entreprises mutualisent des dépenses de R&D pour développer une innovation.
- Accords de R&D : Les accords de R&D sont des ententes entre entreprises visant le développement de connaissances ou technologies, pouvant être encadrées par la législation anti-trust.
- Ententes technologiques : Les ententes technologiques sont des accords techniques autorisés ou tolérés si leurs effets sont jugés favorables au consommateur selon le droit applicable.
📝 Points essentiels
- Les clusters/districts industriels facilitent la diffusion de connaissance, l’accès à des infrastructures collectives partiellement financées par l’État et le recrutement d’une main-d’œuvre spécialisée.
- Des exemples cités sont Toulouse en aéronautique, Paris-Saclay en recherche fondamentale et Silicon Valley.
- Les pôles de compétitivité français visent un secteur d’excellence par thématique via incitations fiscales et soutien public à des laboratoires, mais leurs effets ne sont pas toujours immédiats.
- Les coopérations technologiques permettent de mutualiser des dépenses lourdes et irréversibles de R&D et d’obtenir plus d’informations sur les coûts de production et les marchés.
- Les accords de coopération peuvent aller contre la logique concurrentielle, ce qui justifie des exemptions à la politique de concurrence.
- Aux États-Unis, des accords de R&D (1984) et des accords pour développer de nouveaux produits (1993) ont été écartés de la législation anti-trust, avec une approche jugée pragmatique pour favoriser l’innovation en réduis
💡 Astuce mémo
Cluster = Connaissance + Infrastructures + Main-d’œuvre ; Coopération techno = Mutualiser R&D lourde + Infos marchés ; Concurrence = Exemptions nécessaires.
📖 12. Institutions inclusives et mesure de la productivité
🔑 Notions clés & Définitions
- Stagnation séculaire : La stagnation séculaire désigne un ralentissement durable de la croissance, souvent interprété comme un problème d’offre plutôt que comme un simple manque de demande.
- Parabole de l’arbre fruitier : La parabole de l’arbre fruitier décrit l’idée que les innovations les plus faciles à obtenir sont récoltées d’abord, puis les gains deviennent plus difficiles et moins importants.
- Vents contraires : Les vents contraires sont des facteurs de long terme qui freinent la croissance et la productivité des économies avancées.
- Institutions inclusives : Les institutions inclusives sont des règles qui laissent aux agents la liberté de décider, ce qui favorise l’exploitation des idées et des compétences.
- Institutions extractives : Les institutions extractives sont des règles qui profitent surtout à une minorité, ce qui limite l’innovation et gaspille des talents.
📝 Points essentiels
- Gordon relie le risque de stagnation séculaire à un problème d’offre et soutient que les grandes innovations seraient déjà largement réalisées.
- La parabole de l’arbre fruitier illustre une baisse des gains : les « low-hanging fruits » sont cueillis d’abord, puis la cueillette devient plus coûteuse et moins juteuse.
- Pour R. Gordon, le vieillissement réduit le taux d’activité et la productivité.
- Pour R. Gordon, le plateau de scolarité s’accompagne d’une dette étudiante et de difficultés d’accès à l’enseignement supérieur.
- Pour R. Gordon, les inégalités de revenu progressent et la mondialisation (concurrence et délocalisations) exerce une pression à la baisse sur les salaires des pays avancés.
- Pour R. Gordon, la crise environnementale pèse sur les budgets des ménages et le désendettement privé plus la dette publique compriment le revenu disponible et donc la consommation.
💡 Astuce mémo
Stagnation = Offre + « fruits bas » d’abord : après, ça devient dur et moins rentable.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1944 | Institutionnalisation du PIB comme indicateur de richesse nationale (conférence de Bretton Woods, à la demande de Simon Kuznets). |
| 1798 | Malthus publie Essai sur le principe de population (référence aux pénuries avant le XIXe siècle). |
| 1878 | Lancement du plan Freyçinet (construction de chemin de fer en France). |
| 2008 | Commission Stiglitz lancée pour améliorer la mesure de la performance économique et sociale au-delà du PIB. |
| 2009 | Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi proposant des indicateurs alternatifs au PIB. |
| 1973 | Premier choc pétrolier : ralentissement et alternance expansion/récession (Trente Piteuses). |
| 1978 | Deng Xiaoping : libéralisation progressive en Chine (début de la période de croissance). |
| 1987 | Constat de Solow : « on voit des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité ». |
| 1995 | Période citée pour la valeur du travail domestique estimée à 35% du PIB en France (1995-2006). |
| 2008 | Crédit impôt recherche : bascule (jusqu’en 2008 sur variations, puis depuis 2008 sur volume total). |
📊 Tableaux de synthèse
Indicateurs du PIB et sens des variantes
| Indicateur | Ce que mesure | Limite/complément |
|---|
| PIB réel (en volume) | PIB en valeur corrigé de l’impact des variations de prix | Neutralise l’effet des prix (PIB nominal peut être affecté). |
| PIB par habitant | Pouvoir d’achat par habitant | Ne prend pas en compte les inégalités de revenus (rente mal redistribuée possible). |
| Produit intérieur net | PIB diminué des amortissements de capital inclus dans le PIB | Complète le PIB en retirant l’usure du capital. |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre valeur ajoutée et chiffre d’affaires : le PIB additionne les valeurs ajoutées (prix final − consommations intermédiaires), pas les ventes brutes.
- Croire que PIB réel = PIB nominal : le réel corrige l’effet des variations de prix, le nominal est en valeur monétaire.
- Penser que le PIB mesure directement le bien-être : il mesure la production de richesse via des échanges monétaires, pas la satisfaction ni les émotions.
- Interpréter la hausse du PIB après une catastrophe comme une hausse de richesse : les reconstructions comptent, mais la société perd la valeur des objets inutilement détruits (vitre cassée).
- Mélanger expansion et croissance : court terme = expansion/récession (variation sur quelques mois), long terme = croissance (tendance).
- Croire que croissance du revenu implique toujours hausse du bonheur moyen : le paradoxe d’Easterlin (accoutumance + comparaison) peut produire stagnation du bonheur au niveau national.
- Oublier que les politiques « horizontales » sont celles tolérées en Europe : elles améliorent l’environnement global sans cibler une entreprise précise.
✅ Checklist Examen
- Définir croissance économique et distinguer expansion (court terme) et croissance (tendance de long terme).
- Expliquer pourquoi le PIB est la somme des valeurs ajoutées et donner la logique de calcul (consommations intermédiaires soustraites).
- Citer le rôle de l’institut statistique national (INSEE en France) et rappeler le délai d’obtention d’une valeur définitive du PIB (trois ans).
- Présenter au moins trois variantes du PIB : PIB réel (en volume), PIB par habitant, produit intérieur net (et leur sens/limite).
- Donner les deux idées centrales des limites du PIB : productions omises (domestique, souterrain, non-marchand) et mauvaise prise en compte de la création/destruction de richesse (vitre cassée).
- Expliquer pourquoi le PIB est jugé insuffisant pour gouverner : inégalités et environnement, et rôle du panel d’indicateurs (dont Stiglitz-Sen-Fitoussi et l’épargne nette ajustée).
- Décrire les trois dimensions du bien-être dans la « nouvelle économie du bonheur » (évaluatif, hédonique, eudémonique) et le problème de comparabilité de l’échelle 1 à 10.
- Exposer le paradoxe d’Easterlin : croissance du PIB par habitant et bonheur moyen, et les deux explications (accoutumance et comparaison), puis la remise en cause par Stevenson et Wolfers (2008).
- Rappeler les faits stylisés de la croissance (productivité du travail, capital/travail, stabilité de K/Y, taux d’intérêt stable, partage VA ~70/30) et le complément de Romer (1989).
- Décrire la révolution industrielle : définition (processus d’industrialisation), causes agricoles (productivité, enclosures, surplus, exode) et rôle des transports (plan Freyçinet, 1878).
- Présenter les Trente Glorieuses : période 1945-1973, ordre de grandeur de la croissance (~5% en volume), « révolution silencieuse », et facteurs intérieurs/externes (dont Plan Marshall et GATT 1947).
- Expliquer les Trente Piteuses et le paradoxe de Solow : choc pétrolier (1973), stagflation, ralentissement de la productivité, puis « ordinateurs partout… ».
- Exposer les politiques d’innovation : logique R&D (fondamentale vs privée), aides fiscales et crédit impôt recherche (effets d’aubaine), puis politiques structurelles (brevets, concurrence, clusters, coopération, entente
- Conclure sur la fin des gains de productivité : stagnation séculaire/problème d’offre, « six vents contraires » (vieillissement, scolarité/dette, mondialisation, environnement, désendettement) et débat sur la mesure (sûr
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