Ficha de revisão: Histoire et classification de la folie

📋 Plan du Cours

  1. Enjeux et méthode de l’histoire de la folie
  2. Folie antique : violence divine et fureur
  3. Hippocrate : folie et dérèglement des humeurs
  4. Folie au Moyen Âge et apparition du terme
  5. Asile et rétention : traitement collectif
  6. Pinel et classification des formes de folie
  7. Esquirol : monomanies et folie à la norme
  8. Idiots et enfants arriérés : enfermement et éducabilité
  9. Eugénisme et criminel-né chez Lombroso
  10. DSM et pouvoir médical : uniformisation des diagnostics
  11. Éthique de la rencontre et institutions ouvertes
  12. Santé mentale OMS : norme sociale et pression

📖 1. Enjeux et méthode de l’histoire de la folie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Histoire sociale : Champ d’étude qui relie les représentations de la folie aux transformations des sociétés et des normes collectives.
  • Histoire culturelle : Approche qui examine comment l’art, les images et les discours façonnent la manière de voir et de nommer la folie.
  • Histoire religieuse : Perspective qui analyse le rôle des croyances et du sacré dans l’explication et la prise en charge de la folie.
  • Histoire du droit : Domaine qui étudie comment les règles juridiques définissent qui est considéré comme fou et quelles conséquences sociales en découlent.
  • Définitions changeantes : Idée selon laquelle les notions de folie varient selon les époques et les disciplines qui les utilisent.

📝 Points essentiels

  • Retracer l’histoire de la folie revient à croiser histoire sociale, culturelle, religieuse, médecine et droit, car la folie circule entre plusieurs cadres de définition.
  • La folie n’est pas une entité unique : elle se décline en formes différentes selon les époques, les mots employés et les critères retenus.
  • Les préoccupations autour du fou existent depuis longtemps, mais la place sociale et les traitements évoluent sans suivre une trajectoire unique.
  • L’histoire de la folie interroge les mécanismes d’inclusion et d’exclusion : on cache, on ignore, on terrifie, on enferme ou on traite selon les périodes.
  • Les déterminismes attribués à la folie changent : causes invoquées, explications (divines, morales, médicales) et façons de décrire les troubles se transforment.
  • L’histoire de la folie n’est pas linéaire : les regards et pratiques font des allers-retours, et le fou n’occupe pas toujours la même position ni n’est jugé de la même manière.

💡 Astuce mémo

Croiser 4 cartes (sociale, culturelle, religieuse, droit) + accepter des mots qui bougent = pour comprendre une folie jamais figée.

📖 2. Folie antique : violence divine et fureur

🔑 Notions clés & Définitions

  • Possession démoniaque : Interprétation antique où la folie est causée par des forces extérieures, rompant l’équilibre entre corps, dieu, âme et monde.
  • Papyrus Ebers : Document égyptien décrivant des affections et des traitements mêlant remèdes, rituels religieux et détournement de l’origine divine.
  • Incubation onirique : Pratique de lecture des rêves après un sommeil rituel, pour en saisir le sens et guider la thérapie dans les sanctuaires.
  • Mania : Folie d’inspiration divine, pouvant être vue comme positive, liée à un excès et parfois à des états de transe.
  • Théorie des humeurs : Modèle hippocratique reliant troubles mentaux et corporels à des déséquilibres de quatre fluides et de leurs qualités.

📝 Points essentiels

  • Dans les débuts de l’Antiquité, la frontière entre maladies du corps et troubles de l’esprit n’est pas nette, avant une séparation avec les traditions médico-philosophiques dualistes.
  • Dans les premiers empires, la folie est surtout attribuée à une possession démoniaque, avec rupture de l’équilibre corps–dieu–âme–monde.
  • La folie n’est pas unique : plusieurs états peuvent être apparentés, souvent liés à perte de contrôle, comportements incohérents, tristesse inconsolable ou troubles de la parole.
  • Le Papyrus Ebers (-1550) propose environ 700 remèdes, incluant rituels religieux, incantations et aussi des consommations comme alcool et miel, pour détourner l’origine des maladies physiques ou mentales.
  • En Égypte, la folie est soignée dans sanctuaires et centres oraculaires, avec deux savoirs combinés : médecine “apothicaire” prescrivant des émotions et médecine “devin” utilisant incantations.
  • Dans la tradition greco-romaine, la folie est traitée dans les mêmes lieux que les maladies du corps, avec décoctions, incantations, musique et régimes, sans spécialisation ni site dédié unique à la folie.

💡 Astuce mémo

Possession→Temple→Rêve→Humeurs : du divin au corps, la folie se “lit” puis se “traite”.

📖 3. Hippocrate : folie et dérèglement des humeurs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Fou errant : Figure sociale du Moyen Âge où la folie est associée à une déviance qui pousse à l’exclusion hors de la cité et à l’errance.
  • Nef des fous : Bateau médiéval où des personnes dites folles sont transportées, chaque individu servant à dénoncer un vice social.
  • Possession : Interprétation religieuse de la folie où un agent extérieur, assimilé au diable, trouble la raison et pousse aux actes déraisonnables.
  • Sorcellerie : Interprétation religieuse de la folie où une influence démoniaque extérieure agit sur la personne sans qu’elle maîtrise ce qui la rend déraisonnable.
  • Théorie des humeurs : Modèle médical antique reliant la folie à un déséquilibre corporel des fluides, qui perturbe l’équilibre de l’âme.

📝 Points essentiels

  • Au Moyen Âge, la folie est souvent perçue comme liée au mal, ce qui alimente la contention et l’exclusion des fous hors de l’espace social.
  • La folie peut aussi être mise en scène dans des transports collectifs, comme la Nef des fous, où chaque fou incarne un vice à dénoncer.
  • La délimitation de la folie reste difficile car les critères varient selon les époques et les cadres d’interprétation.
  • Deux grandes explications s’opposent : une lecture religieuse (possession/sorcellerie) et une lecture médicale (déséquilibre somatique).
  • Dans la possession, la raison étant un don divin, le déraisonnable est attribué à une intrusion démoniaque qui parle à travers le fou.
  • Dans la sorcellerie, l’agent diabolique est aussi conçu comme extérieur et non maîtrisé par la personne affectée.

💡 Astuce mémo

Religieux = diable dehors (possession/sorcellerie) ; Médical = humeurs dedans (déséquilibre).

📖 4. Folie au Moyen Âge et apparition du terme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traitement moral : Traitement de la folie qui utilise des moyens moraux et relationnels pour aider le patient à reprendre le contrôle de ses passions.
  • Aliéniste : Médecin spécialisé dans la prise en charge de l’aliéné, qui cherche à comprendre la rationalité du délire et à agir par la parole.
  • Asile : Lieu présenté comme thérapeutique puis progressivement transformé en espace d’encadrement, notamment par le travail et la discipline.
  • Colonies familiales : Forme d’accueil hors asile où des personnes considérées incurables mais inoffensives vivent au sein de petites communautés.
  • Nosographie : Classement médical des formes de troubles mentaux, qui relie la description des symptômes à une manière de comprendre la folie.

📝 Points essentiels

  • Le traitement moral repose sur l’idée que la folie n’est pas une perte totale de la raison : l’aliéné peut écouter, parler et argumenter.
  • Le dialogue sert à repérer la passion dominante à l’origine de la folie, puis à aider le sujet à reprendre le contrôle sur cette passion.
  • Pinel introduit une articulation inédite entre médecine et raisonnement philosophique pour élucider la rationalité du délire.
  • Le traitement moral est individualisé et relationnel : les injonctions et moyens du médecin varient selon le patient.
  • L’asile est d’abord justifié par l’éloignement du fou de son environnement et par l’idée que le travail favorise le retour à la raison et à la société.
  • La discipline et le manque de personnel font basculer vers un traitement collectif, où le travail devient un principe appliqué à tous, avant même la loi de 1838 (selon le cours).

💡 Astuce mémo

Parole→passion→contrôle : le traitement moral cherche la passion dominante, puis reconstruit l’autonomie du sujet.

📖 5. Asile et rétention : traitement collectif

🔑 Notions clés & Définitions

  • Grand Renfermement : Le Grand Renfermement désigne la vague d’enfermements collectifs organisée à l’âge classique pour contrôler les populations jugées déviantes.
  • Hôpital général : L’hôpital général est une institution d’enfermement qui ne vise pas d’abord à soigner, mais à réduire un « mal » social par la mise au travail et le tri.
  • Folie morale : La folie morale est une forme de folie définie et traitée à partir d’une faute ou d’un manquement moral, ce qui brouille la frontière entre déraison et immoralité.
  • Asile : L’asile est l’espace créé pour accueillir spécifiquement les fous, avec un traitement moral présenté comme humaniste mais encadré par le savoir médical.
  • Traitement moral de Pinel : Le traitement moral de Pinel est une pratique d’asile qui prétend améliorer la condition du patient par une conduite encadrée, tout en renforçant le pouvoir du médecin.

📝 Points essentiels

  • Au XVIIe siècle, la raison gagne et la folie est pensée comme exclue de la possibilité d’un sujet raisonnable, ce qui renforce l’idée d’une responsabilité du fou.
  • Le brouillage entre folie et amoralité fait que la folie se dissout dans une déraison générale, notamment via l’enfermement à l’hôpital général avec d’autres libertins.
  • Le Grand Renfermement répond à deux objectifs : nettoyer les villes et mettre au travail ceux qui ne travaillent pas, dans une logique de productivité.
  • Les enfermements sont décidés par le roi et exécutés par le directeur de l’hôpital général, qui peut aussi aller chercher des personnes dans la rue.
  • Foucault décrit une complicité entre médecine et morale : l’hôpital général sert à vaincre un mal, et la médecine récupère un vécu subjectif pour l’objectiver.
  • La sortie du Moyen Âge au XVIIe siècle marque le passage d’une exclusion du lépreux vers celle du fou, en réutilisant des lieux et des fonctions sociales de rejet.

💡 Astuce mémo

Raison→responsabilité : si la raison exclut la folie, alors le fou devient « coupable » ; hôpital général = tri + travail, puis asile = traitement moral sous pouvoir médical.

📖 6. Pinel et classification des formes de folie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Internement des enfants : Régime d’internement qui place les enfants aliénés au même niveau que les adultes, sans traitement juridique distinct.
  • Idiotie et imbécilité congénitales : Catégories de troubles considérées comme présentes dès l’origine et réputées incurables, ce qui oriente les pratiques d’accueil.
  • Autonomisation de la psychiatrie infantojuvénile : Processus qui organise progressivement des soins dédiés aux enfants et adolescents, notamment via une circulaire en 1972.
  • Clinique empirique de l’enfance : Construction progressive d’une pratique psychiatrique centrée sur l’enfance dans certains établissements dédiés.
  • Éducabilité de l’enfant idiot : Idée selon laquelle l’enfant classé comme idiot peut progresser grâce à une prise en charge médico-pédagogique sur la durée.

📝 Points essentiels

  • En 1838, le texte est précisé comme applicable aux enfants, ce qui met fin à l’idée d’un régime distinct pour eux.
  • À la fin du XIXe siècle, peu d’établissements réservent un quartier spécifique aux enfants, ce qui retarde l’organisation par rapport à la médecine générale.
  • Jusqu’à la fin du siècle, le traitement légal et institutionnel des enfants reste confondu avec celui des adultes, sans séparation dédiée.
  • En 1972, une circulaire tente d’organiser un réseau de soins pour enfants et adolescents, marquant une autonomisation fonctionnelle de la psychiatrie infantojuvénile.
  • Les établissements dédiés aux enfants aliénés se concentrent en région parisienne (Bicêtre, fondation Vallée à Gentilly, asile de Vaucluse pour jeunes garçons, Salpêtrière).
  • Les asiles continuent d’accueillir l’« enfance aliénée » avec des pratiques de punition et d’isolement, même quand l’idée d’éducabilité progresse.

💡 Astuce mémo

Confusion juridique puis spécialisation : 1838 (enfants comme adultes) → 1972 (réseau dédié).

📖 7. Esquirol : monomanies et folie à la norme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Monomanie : Catégorie psychiatrique qui isole une forme de folie centrée sur un domaine précis plutôt qu’une altération globale de l’esprit.
  • Folie morale : Notion utilisée pour décrire une forme de dérèglement psychique associée à des conduites jugées dangereuses ou immorales.
  • Criminel né : Idée selon laquelle certains individus porteraient une prédisposition innée au crime, liée à une tare constitutionnelle.
  • Fossette occipitale : Anomalie crânienne mise en avant comme signe « atavistique » dans l’approche lombrosienne du criminel.
  • Handicapisation : Processus par lequel des différences et souffrances singulières sont regroupées sous une catégorie unique, au prix d’une perte de spécificité.

📝 Points essentiels

  • La théorie phrénologique et les approches biologisantes ont servi à classer et surveiller des populations plutôt qu’à soigner.
  • Lombroso relie déviance et crime à des phénomènes biologiques et cherche des signes précoces pour prédire le destin social.
  • Dans L’homme criminel, Lombroso décrit des signes physiques et comportementaux (indiscipline, mensonge, cruauté) comme indices de prédisposition.
  • Lombroso compare criminel né, fou moral et figure du sauvage, en rapprochant leurs caractéristiques physiques et comportementales.
  • Lombroso attribue à l’épilepsie, à l’arrêt de développement, à l’atavisme et à certains usages (tatouage, argot) des caractères dominants.
  • La méthode lombrosienne s’appuie sur une étude anthropométrique portant sur 3 839 criminels et sur des comparaisons crâniens avec des « crânes normaux ».

💡 Astuce mémo

Criminel né = crâne + conduite : Lombroso lit le destin social dans l’anatomie (fossette) et les comportements (folie morale).

📖 8. Idiots et enfants arriérés : enfermement et éducabilité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Récupération du diagnostic : Processus où un diagnostic autrefois dévalorisant est réapproprié par la personne pour renforcer son identité.
  • Handicap social : Forme de reconnaissance qui passe surtout par le statut de handicap, sans garantir la prise en compte de la singularité du sujet.
  • Nosographie : Classification des maladies utilisée pour regrouper et nommer des troubles afin de rendre le diagnostic plus cohérent entre praticiens.
  • Traitement moral : Approche associée à Pinel où le diagnostic suppose que le “fou” n’est pas totalement coupé de la raison et où la prise en charge vise la moralité.
  • Anamnèse : Recherche de l’histoire du trouble ou de la souffrance afin de repérer des éléments discrets liés à la “folie”.

📝 Points essentiels

  • Le diagnostic peut devenir un support identitaire, ce qui déplace la question du handicap vers le contenu même du trouble.
  • Pour être reconnu avec différence ou souffrance, l’accès au statut d’handicap est présenté comme de plus en plus nécessaire, notamment pour obtenir des droits.
  • La reconnaissance par le handicap reste partielle car elle ne reconnaît pas pleinement la singularité de la personne porteuse d’une déficience.
  • Dans la logique décrite, il n’existe pas d’autre voie de reconnaissance sociale que le handicap social pour ces individus.
  • La nosographie sert à simplifier, universaliser le vocabulaire médical et orienter les possibilités de traitement tout en affinant le diagnostic.
  • Pinel vise à “désaliéner” l’aliéné via une prise en charge qui écoute le sujet, mais l’objectivation de la folie peut aussi déposséder la personne de son expérience.

💡 Astuce mémo

Diagnostic→Identité : ce qui dévalorise peut être récupéré pour se construire, mais la reconnaissance reste souvent “par le handicap” plutôt que par la singularité.

📖 9. Eugénisme et criminel-né chez Lombroso

📖 10. DSM et pouvoir médical : uniformisation des diagnostics

🔑 Notions clés & Définitions

  • Uniformisation diagnostique : Notion désignant le fait que des catégories médicales standardisées tendent à rendre les diagnostics plus comparables et moins dépendants des contextes.
  • DSM : Manuel de classification psychiatrique qui propose des catégories diagnostiques standardisées pour décrire et regrouper les troubles mentaux.
  • Pouvoir médical : Notion décrivant l’influence institutionnelle et clinique des médecins sur la définition des troubles, des critères et des prises en charge.
  • Psychothérapie institutionnelle : Courant centré sur l’organisation de l’institution soignante, où les pratiques collectives et le cadre participent au soin.

📝 Points essentiels

  • La standardisation diagnostique peut renforcer l’autorité médicale en orientant la lecture des symptômes vers des catégories prédéfinies.
  • Les approches de psychothérapie institutionnelle et de psychiatrie de secteur cherchent au contraire à éviter que le soin se réduise à un diagnostic posé dans un cadre fermé.
  • La question éthique centrale est la présence réelle du soignant dans la rencontre, car une tête « ailleurs » empêche une relation authentique.
  • Le principe de « pathogénicité » de l’hôpital (lieu qui aggrave) conduit à penser le soin à partir de l’institution et de ceux qui la font fonctionner.
  • La psychiatrie de secteur vise une offre continue et accessible, pour limiter les ruptures (notamment familiales) plutôt que de s’enfermer dans un modèle hospitalo-centré.
  • La continuité des soins repose sur des liens entre lieux et sur un référent capable de suivre l’histoire du patient, ce qui s’oppose à une prise en charge limitée dans le temps.

💡 Astuce mémo

Standardiser = classer ; institutionnel = rencontrer : si le cadre devient fermé, la rencontre se perd.

📖 11. Éthique de la rencontre et institutions ouvertes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Orientation sexuelle : Notion désignant une manière durable de se sentir attiré par un sexe ou un autre, qui n’est pas équivalente à la sexualité comme pratique.
  • Représentations de la sexualité : Ensemble des images et discours d’une époque sur le sexuel, qui révèlent les normes en vigueur (ce qui est montré ou tu).
  • Sexualité phalocentrée : Modèle ancien où la sexualité est pensée autour de la figure de l’homme dominant, avec une dynamique pénétrant/pénétré liée au statut.
  • Hétérosexualité matrimoniale : Norme médiévale structurée autour du mariage et de la reproduction, renforcée par la morale chrétienne et la condamnation de l’érotisme.
  • Homosexualité : Catégorie construite historiquement, d’abord traitée comme déviante par la psychiatrie puis progressivement sortie de la psychiatrisation.

📝 Points essentiels

  • Pendant longtemps, la sexualité est surtout comprise comme pratique, tandis que l’orientation n’est pas pensée comme catégorie centrale.
  • Les représentations (textes, images, discours) servent d’indicateurs des normes d’une époque, mais elles peuvent créer un écart avec la réalité vécue.
  • À l’Antiquité, la norme dominante s’organise autour du statut social de l’homme libre et d’une sexualité phalocentrée, où le pénétrant ne peut pas être un homme libre.
  • Le rapport pénétrant/pénétré rejoue des rapports de pouvoir et de domination dans l’intimité, même quand des pratiques entre hommes existent.
  • Dans l’Empire romain, il n’y a pas de police des mœurs : ce qui se passe à l’intérieur de la propriété n’est pas jugé par la loi.
  • Au Moyen Âge, la norme se rigidifie autour de l’hétérosexualité matrimoniale, avec une opposition centrée sur le péché originel et une méfiance envers le corps et l’érotisme.

💡 Astuce mémo

Représentations → normes ; statut → domination ; mariage → péché ; médecine → déviance ; DSM → bascule.

📖 12. Santé mentale OMS : norme sociale et pression

🔑 Notions clés & Définitions

  • Santé mentale : Concept de santé centré sur un état de bien-être permettant de fonctionner, de travailler et de contribuer, au-delà de l’absence de maladie.
  • Hygiène mentale : Ancienne approche visant à préserver la santé physique et psychique via des comportements jugés corrects, portée par des normes morales et sociales.
  • Santé mentale OMS 2010 : Définition de la santé mentale comme capacité à se réaliser, surmonter les tensions ordinaires, travailler et contribuer à la communauté.
  • New Public Management : Courant de gestion des institutions publiques qui transpose des logiques d’entreprise (efficience, rentabilité, indicateurs) aux services de santé.
  • DSM-III : Classification diagnostique publiée dans les années 1980 qui standardise les troubles et influence fortement les pratiques de soin et de remboursement.

📝 Points essentiels

  • La santé mentale implique une norme de « bonne » santé mentale, ce qui fabrique des critères de conformité plutôt qu’un simple constat clinique.
  • La définition OMS (bien-être complet physique, mental et social) transforme l’absence de maladie en insuffisance et rend la complétude un horizon à atteindre.
  • La pression sociale augmente car le bien-être devient une exigence utile à la société : produire, travailler et créer du lien social.
  • Les définitions de santé mentale tendent à évacuer la part tragique de l’existence en promettant une vie maîtrisable par la volonté, ce qui peut produire de l’anxiété en cas d’échec.
  • La santé mentale devient une priorité de santé publique avec un cadrage économique : résoudre des « troubles » pour maintenir la productivité et réduire les coûts sociaux.
  • La logique de prévention précoce et de dépistage s’accompagne de dispositifs type « centres experts » et de diagnostics exhaustifs, orientés vers la prise en charge rapide.

💡 Astuce mémo

OMS = Bien-être total → norme à atteindre → pression sociale (travailler, produire, contribuer).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
-1550Papyrus Ebers : environ 700 remèdes, rituels et détournement de l’origine divine
-3300, 476Période de l’invention de l’écriture à la chute de l’empire romain (repère du cours)
476 - 1472Moyen Âge : période étudiée pour la folie (repère du cours)

📊 Tableaux de synthèse

Explications religieuses vs médicales de la folie (Moyen Âge)

CadreCause invoquéeTraitement
ReligieuxPossession ou sorcellerie (diable extérieur, intrusion dans l’âme/raison)Exorcisme et pèlerinage (délivrance)
MédicalThéorie des humeurs (causalité somatique interne, déséquilibre)Diminuer l’excès de fluide (air, nourriture, mouvement, repos, état de veille)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre folie et maladie : le cours insiste que la folie est aussi une construction culturelle et pas une entité unifiée.
  2. Croire que la folie a une trajectoire linéaire de “sauvage” vers “humaniste” : le cours dit qu’il y a des allers-retours et des dérives.
  3. Mélanger possession et sorcellerie : dans les deux cas l’agent est extérieur, mais la possession est pensée comme intrusion qui trouble raison/imagination et la sorcellerie comme influence démoniaque non maîtrisée.
  4. Réduire Hippocrate à une simple “théorie des humeurs” : il n’y a pas de dichotomie âme/corps et la folie relie les deux via des déséquilibres humoraux.
  5. Penser que le traitement moral de Pinel est seulement “parole” : il repose sur l’abandon des traitements physiques et la recherche de la passion dominante par le dialogue.
  6. Confondre asile et hôpital général : l’hôpital général vise surtout à réduire un mal social par travail/tri, tandis que l’asile est présenté comme thérapeutique mais bascule vers la rétention collective.
  7. Croire que DSM = description neutre : le cours insiste sur l’uniformisation, le pouvoir médical et l’effet sur les pratiques (diagnostic/traitement/remboursement).

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi l’histoire de la folie se situe au croisement histoire sociale, culturelle, religieuse, médecine et droit, et pourquoi il faut accepter des définitions changeantes.
  2. Décrire l’iconographie antique : folie comme violence extérieure (dieux, Lyssa), ambivalence (mania positive vs possession dangereuse) et lien avec la fureur.
  3. Présenter les fondements nosologiques antiques : phrénitis, mélancolie, mania, et la logique interne (corps/âme) chez Platon vs Aristote/Hippocrate.
  4. Expliquer comment, au Moyen Âge, la folie est définie par rupture avec l’ordre social et comment elle entraîne exclusion/intégration ambivalente (fou du roi, marges).
  5. Comparer les deux théories d’origine de la folie au Moyen Âge (religieuse : possession/sorcellerie ; médicale : humeurs) et en déduire les traitements correspondants.
  6. Expliquer le rôle du dispositif de l’âge classique (hôpital général) dans le brouillage folie/amoralité et la logique de tri/travail, puis le “geste mythique” de Pinel.
  7. Décrire l’aliénisme : folie comme exagération de phénomènes normaux, possibilité de traitement et de réversibilité, et le traitement moral (abandon physique + dialogue sur passion dominante).
  8. Maîtriser la logique des asiles et la loi de 1838 : placement, certificats, avis médical, dépossession des biens/droits, et bascule vers discipline collective.
  9. Connaître la classification des formes de folie (Pinel : manie, mélancolie, idiotie, démence ; Esquirol : monomanies ; Falret : critique ; Kraepelin : destins évolutifs).
  10. Expliquer comment l’enfance “irrégulière” se construit au XIXe : idiotie/imbécilité, confusion institutionnelle, et la question éducabilité vs incurabilité (Itard, Pinel, Bourneville).
  11. Présenter les approches de la déviance juvénile : colonies pénitentiaires agricoles et logique de régénération morale par travail/discipline, puis l’essor de la phrénologie et du criminel-né (Gall, Lombroso).
  12. Expliquer le rapprochement folie/handicap : variabilité sociale des catégories, modèles médical vs social du handicap, et la critique du brouillage via “handicap psychique”.
  13. Décrire la méthode de Foucault : “expérience” de la folie (institutions/discours), archéologie des discours, et construction du normal/pathologique avec effets d’enfermement.
  14. Expliquer l’enjeu de la psychothérapie institutionnelle : après-guerre, critique de l’entropie asilaire, principes de circulation/décloisonnement et constellation transférentielle (Tosquelles, Oury).

Teste seu conhecimento

Teste seu conhecimento sobre Histoire et classification de la folie com 10 perguntas de múltipla escolha com correções detalhadas.

1. Quelle démarche permet le mieux d’étudier l’histoire de la folie en tenant compte des cadres qui la définissent au fil du temps ?

2. Quelle est la principale complexité rencontrée dans l'étude de l'histoire de la folie ?

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Revisar com flashcards

Memorize os conceitos chave de Histoire et classification de la folie com 9 flashcards interativos.

Enjeux de l’histoire de la folie

Croiser histoire sociale, culturelle, religieuse, médecine et droit.

Histoire sociale de la folie

Relie la folie aux transformations sociales et normes

Folie antique — violence divine ?

Oui, souvent liée à la possession démoniaque et à la fureur divine.

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