La notion d’énonciation, née dans les années 1910-1920 en Europe et Russie, se développe dans les années 1950-1960 grâce à Benveniste, en insistant sur le caractère dynamique, contextuel et événementiel de la production linguistique, marquant un tournant vers une linguistique centrée sur le sujet parlant et la situation concrète.
Embrayage : Opération par laquelle un énoncé s'ancre dans sa situation d'énonciation, en reliant le contenu à ses paramètres contextuels (Benveniste, 1950-1960). Il permet de situer l'énoncé dans le temps, le lieu et la personne.
Embrayeurs (déictiques) : Élément linguistique qui marque l'ancrage de l'énoncé dans la situation d'énonciation, tels que pronoms personnels (je, tu), déictiques temporels (maintenant, hier), spatiaux (ici, là-bas) (Jakobson). Ils indiquent la référence par rapport au contexte.
Types d’embrayeurs :
Cotexte vs contexte d’énonciation :
Ancrage dans la situation d’énonciation : Processus par lequel un énoncé est relié à son contexte précis via des embrayeurs, permettant de situer temporellement, spatialement et personnellement l’énonciation (Benveniste). Il s’appuie notamment sur la deixis.
L’appareil formel de l’énonciation repose sur l’usage d’embrayeurs pour ancrer un énoncé dans sa situation spécifique, permettant ainsi de situer temporellement, spatialement et personnellement la communication, en distinguant clairement cotexte et contexte d’énonciation.
La scène dénonciation mobilise un éthos crédible et une polyphonie responsable pour engager moralement le destinataire, en insistant sur la responsabilité de l’énonciateur et la nécessité d’une réaction éthique ou sociale.
La polyphonie permet d’intégrer plusieurs voix dans un discours, tandis que la responsabilité du texte repose sur la manière dont ces voix sont assumées et co-construites dans une interaction dynamique, notamment à travers la conception de la co-énonciation chez Culioli.
Discours direct : Forme de rapport où la parole ou la pensée d’un locuteur est reproduite intégralement et littéralement, généralement encadrée par des guillemets ou une ponctuation spécifique. Il donne la parole à un autre locuteur en conservant ses mots exacts.
AUTEUR (date) : "Le discours direct reproduit fidèlement les paroles du locuteur, en utilisant ses propres mots, avec une ponctuation spécifique pour marquer la citation."
Discours indirect : Forme de rapport où le contenu de la parole ou de la pensée d’un locuteur est reformulé ou rapporté par un autre, sans reproduire ses mots exacts. Il s’intègre dans la phrase du narrateur ou du locuteur principal, modifiant la syntaxe et souvent le temps verbal.
AUTEUR (date) : "Le discours indirect consiste à rapporter les paroles ou pensées d’un locuteur en les reformulant, sans citation littérale, et en adaptant la syntaxe à celle du discours principal."
Différences formelles : Le discours direct utilise des guillemets, une ponctuation spécifique, et conserve la voix du locuteur original. Le discours indirect n’utilise pas de guillemets, emploie souvent des conjonctions de subordination (ex : « que »), et modifie la structure syntaxique.
AUTEUR (date) : "Les différences formelles résident dans l’usage des guillemets et la syntaxe : le direct conserve la voix originale, le indirect la reformule."
Différences fonctionnelles : Le discours direct met en valeur la voix du locuteur, en lui donnant une présence immédiate et authentique. Le discours indirect sert à rapporter, résumer ou analyser la parole d’un autre, souvent pour insérer une information dans un récit ou une argumentation.
AUTEUR (date) : "Fonctionnellement, le direct privilégie la présence du locuteur, tandis que l’indirect sert à rapporter ou synthétiser ses propos."
Effets sur la représentation des voix : Le discours direct donne une impression d’immédiateté, d’authenticité, et met en avant la subjectivité du locuteur. Le discours indirect crée une distance, une neutralité, ou une interprétation du propos, modifiant la perception de la voix rapportée.
AUTEUR (date) : "Le direct accentue la voix du locuteur, tandis que l’indirect peut atténuer ou transformer cette voix, influençant la perception du message."
Le discours direct reproduit fidèlement la voix du locuteur, apportant immédiateté et authenticité, tandis que le discours indirect reformule cette voix, créant distance et interprétation, ce qui influence la perception des voix et la dynamique du texte.
Genèse de la notion d’énonciation (1910-1920) : Les fondements de la théorie de l’énonciation apparaissent dès cette période en Europe et en Russie, marquant le début d’une réflexion sur la relation entre langage et contexte d’utilisation, en dehors des approches purement structurales.
Fondements théoriques en Europe et Russie (1910-1920) : Les premières réflexions sur l’énonciation se développent dans ces régions, intégrant des préoccupations liées à la situation concrète d’énonciation et à la dimension subjective du locuteur, en rupture avec la linguistique structurale.
Émile Benveniste (1950-1960) : Philosophe et linguiste français, il développe une conception de l’énonciation centrée sur la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation, insistant sur la phrase comme unité du discours et sur l’événement qu’est la production d’un énoncé.
Transition de la linguistique structurale à la linguistique énonciative : La linguistique structurale, représentée par Saussure, Chomsky, Bloomfield, privilégie une analyse abstraite et décontextualisée du texte. L’approche énonciative, quant à elle, s’intéresse à la langue comme parole vivante, utilisée dans un contexte précis, intégrant le rôle du sujet parlant et la réception du message.
Évolution vers une conception interactive : La nouvelle approche place le sujet au centre de l’analyse linguistique, considérant la communication comme co-construite entre locuteur et destinataire, introduisant la notion de co-énonciation, notamment chez Culioli.
Les origines de la théorie de l’énonciation se situent dans les années 1910-1920, en Europe et en Russie, où les premiers travaux remettent en question l’analyse purement structurale du langage en insistant sur le contexte et la subjectivité.
Émile Benveniste (1950-1960) a profondément marqué cette évolution en proposant que l’énonciation est une mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel, et en insistant sur la phrase comme unité événementielle du discours.
La transition de la linguistique structurale vers la linguistique énonciative marque un tournant majeur : l’abandon de l’analyse abstraite pour une approche contextualisée, intégrant le rôle du sujet parlant, la réception du message, et la dimension interactive de la communication.
La conception moderne insiste sur l’interaction entre locuteur et destinataire, avec la notion de co-énonciation, qui souligne la co-construction du sens dans un contexte précis.
Les origines de la notion d’énonciation naissent dans les années 1910-1920 en Europe et Russie, avec un tournant décisif dans les années 1950-1960 grâce à Émile Benveniste, qui introduit une approche centrée sur l’acte individuel d’énonciation et la contextualisation du langage, marquant la transition d’une linguistique structurale vers une linguistique énonciative interactive.
Émile Benveniste (1974) : « L’énonciation est cette mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation. » Elle désigne l’acte par lequel un locuteur active la langue pour produire un énoncé, en situant celui-ci dans un contexte précis.
Distinction phrase/énoncé (Benveniste, 1974) : La phrase est l’unité du discours, considérée comme un évènement évanouissant qui n’existe que lorsqu’elle est prononcée, tandis que l’énoncé est le segment effectivement produit dans un contexte donné.
Plan d’énonciation selon Benveniste : Il comprend deux niveaux : l’énonciation historique, qui concerne la mise en œuvre de la langue dans le temps, et l’énonciation de discours, qui se réfère à la situation spécifique de communication.
Approche énonciative (Benveniste, 1950-1960) : Elle se distingue du structuralisme en abandonnant l’analyse décontextualisée pour s’intéresser à la langue comme parole vivante, utilisée par un sujet dans un contexte précis, intégrant ainsi le rôle du locuteur et de la réception.
Définition de l’énonciation (Ducrot, Maingueneau) : L’énonciation est un événement de production d’un énoncé, lié à la situation concrète d’usage, où le sens se construit par une relation asymétrique entre langue, contexte et interlocuteurs.
La genèse de la notion d’énonciation remonte aux années 1910-1920 en Europe et en Russie, avec un oubli puis une redécouverte dans les années 1950-1960, principalement par Émile Benveniste qui en fait un concept central dans la linguistique moderne.
La théorie de l’énonciation marque un tournant en linguistique en se détachant du structuralisme (Saussure, Chomsky, Bloomfield) pour privilégier une approche dynamique, contextualisée, où le sujet parlant et la réception du message jouent un rôle clé.
La conception traditionnelle du langage suppose un sens stable et partagé, basé sur la grammaire et le lexique, mais la perspective énonciative insiste sur la construction active du sens par le destinataire, dans un processus asymétrique.
La situation d’énonciation est ancrée dans un contexte spatio-temporel, marqué par des embrayeurs (déictiques) qui relient l’énoncé à la réalité immédiate (ex : « ici », « maintenant ») ou à la situation spécifique.
La distinction entre énoncé embrayé (avec embrayeurs, trace de l’énonciateur) et non embrayé (sans référence directe à la situation, souvent utilisé dans la littérature ou le discours scientifique) est fondamentale pour comprendre la relation entre langue et contexte.
La théorie des lois du discours de Paul Grice (1960s) complète cette approche en posant que la communication repose sur des principes de coopération, de pertinence, sincérité, informativité et exhaustivité, qui régissent la production et l’interprétation des énoncés.
L’approche énonciative de Benveniste met en avant que l’énonciation, en tant qu’acte individuel, active la langue dans un contexte précis, et que le sens se construit à travers une relation asymétrique entre l’énonciateur, le contexte et le destinataire, remettant en question l’idée d’un sens fixe et partagé.
L’approche énonciative insiste sur la dimension dynamique, contextuelle et interactive de la langue, en plaçant le sujet parlant au cœur de la production et de la réception du sens, rejetant l’analyse abstraite et décontextualisée du langage.
Théorie du sujet : Approche qui place le sujet parlant au centre de l’analyse linguistique, considérant qu’il est l’acteur principal dans la production et la réception du discours, et qu’il influence la construction du sens à travers ses choix et ses intentions (voir conception interactive de la communication).
Conception interactive de la communication : Perspective selon laquelle la communication n’est pas un simple échange linéaire, mais une co-construction où locuteur et interlocuteur participent activement à la création du sens, en s’adaptant mutuellement dans un processus dynamique (voir notion de co-énonciation).
Notion de co-énonciation : Concept selon lequel la production d’un énoncé implique une interaction entre plusieurs voix ou points de vue, où le locuteur et l’interlocuteur participent à une construction commune du sens, souvent analysée dans une perspective polyphonique (voir chez Culioli).
Sujet au centre de l’analyse linguistique : Approche qui considère le sujet comme l’élément fondamental dans la compréhension du discours, en insistant sur son rôle dans l’acte d’énonciation, sa responsabilité, et la façon dont il construit et légitime le sens dans la communication (voir approche énonciative).
La théorie du sujet insiste sur la centralité du locuteur dans la production du discours, en le plaçant au cœur de l’analyse, contrairement aux approches structuralistes qui le négligeaient (voir conception interactive).
La conception interactive de la communication souligne que la signification n’est pas donnée a priori, mais co-construite par le locuteur et l’interlocuteur à travers un processus dynamique de négociation, impliquant des ajustements mutuels (voir notion de co-énonciation).
La co-énonciation désigne cette interaction où plusieurs voix ou points de vue s’entrelacent, permettant une pluralité de perspectives dans la construction du sens, notamment dans la polyphonie et la responsabilité du texte (voir chez Culioli).
Le sujet n’est pas seulement un agent individuel, mais un acteur social dont la responsabilité et la subjectivité influencent la façon dont le message est formulé, perçu et interprété dans un contexte interactif (voir approche énonciative).
La responsabilité du locuteur dans la co-énonciation implique qu’il doit gérer la relation avec l’interlocuteur, en tenant compte des enjeux sociaux, psychologiques et contextuels, pour assurer une communication efficace et légitime (voir scène d’énonciation).
La conception du sujet comme acteur central et la co-construction interactive du sens remettent en question la vision statique du langage, en insistant sur la dynamique relationnelle et contextuelle qui fonde toute communication linguistique.
Émile Benveniste (1959) : L’énonciation est la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation, c’est-à-dire l’acte par lequel un locuteur active la langue pour produire un énoncé, en situant celui-ci dans un contexte précis. La phrase devient un événement évanouissant, n’existant que lorsqu’elle est prononcée.
Olivier Ducrot (approche historique) : L’énonciation est l’événement de la production d’un énoncé, distinguant la phrase (enchaînement virtuel, en syntagme) de l’énoncé (segment effectivement produit). Elle insiste sur le caractère dynamique et historique de l’acte d’énonciation.
Danièle Maingueneau (2008) : L’énonciation est le pivot de la relation entre la langue et le monde, liée à l’usage concret de la langue dans des situations spécifiques. Elle implique des éléments sociaux et psychologiques qui influencent la production de l’énoncé, soulignant un processus asymétrique entre l’énonciateur et le destinataire.
Relation entre langue et monde : L’énonciation établit un lien dynamique entre la langue (système) et le contexte réel ou social dans lequel elle est utilisée, permettant de situer le sens dans une situation précise.
Processus asymétrique d’interprétation : La compréhension d’un énoncé n’est pas automatique ou univoque ; elle dépend d’un processus actif de reconstruction par le destinataire, qui mobilise ses savoirs, hypothèses et contexte pour interpréter le sens.
Rôle du contexte et reconstruction du sens : Le sens d’un énoncé ne réside pas uniquement dans ses mots, mais se construit à partir du contexte d’énonciation, des indices linguistiques (embrayeurs, deixis) et des savoirs partagés, rendant l’interprétation un processus dynamique et subjectif.
| Critère / Concept | Définition / Fonction | Auteur / Référence |
|---|---|---|
| Notion d’énonciation | Acte de produire un discours situé dans un contexte, impliquant un sujet parlant. | Benveniste, Ducrot, Maingueneau |
| Origines historiques | Débuts dans les années 1910-1920, réflexions sur langage et contexte. | Europe, Russie |
| Formalisation (Benveniste) | Mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel, dynamique et contextuel. | Émile Benveniste |
| Événement d’énonciation | La production linguistique comme un acte unique, situé dans le temps et l’espace. | O. Ducrot |
| Appareil formel | Ensemble des éléments linguistiques (embrayeurs) qui ancrent l’énoncé dans son contexte. | Jakobson, Benveniste |
| Embrayeur (déictique) | Élément linguistique indiquant la personne, le lieu ou le temps. | Jakobson, Benveniste |
| Cotexte vs contexte d’énonciation | Cotexte : éléments linguistiques immédiats ; contexte : situation spécifique. | Benveniste, Maingueneau |
| Scène dénonciation | Cadre discursif où l’orateur critique, avec mise en scène pour renforcer la légitimité. | Benveniste, Ducrot, Maingueneau |
| Éthos | Image de l’énonciateur, crédibilité dans la dénonciation. | Benveniste |
| Polyphonie | Présence de plusieurs voix ou points de vue dans un discours. | Ducrot, Maingueneau |
| Responsabilité dans le texte | Engagement moral ou juridique de l’énonciateur. | Ducrot, Maingueneau |
Teste seu conhecimento sobre Les fondements de l’énonciation et ses enjeux com 10 perguntas de múltipla escolha com correções detalhadas.
1. Comment appliquer concrètement l’approche énonciative dans l’analyse d’un discours ?
2. En quoi le discours direct et le discours indirect diffèrent-ils ou se ressemblent-ils dans leur rapport à l’énonciation ?
Memorize os conceitos chave de Les fondements de l’énonciation et ses enjeux com 20 flashcards interativos.
Origines de l’énonciation — période ?
1910-1920, Europe et Russie.
Benveniste — contribution ?
Développe la notion d’énonciation comme acte dynamique.
Énonciation — définition ?
Acte de produire un discours dans un contexte précis.
Importe seu curso e a IA gera fichas, quizzes e flashcards em 30 segundos.
Gerador de fichas