Ficha de revisão: Médicaments anticancéreux et toxicités

Plan du Cours

  1. Familles de traitements anticancéreux
  2. Chimiothérapies cytotoxiques
  3. Protocoles et administration
  4. Toxicités immédiates et prévention
  5. Toxicité hématologique et urgences
  6. Toxicités spécifiques et traitements oraux
  7. Hormonothérapies et thérapies ciblées
  8. Immunothérapie et accompagnement infirmier

1. Familles de traitements anticancéreux

Notions clés & Définitions

  • Chimiothérapie cytotoxique : Utilise des molécules toxiques sélectionnées pour leur cytotoxicité, parfois modifiées afin d’améliorer leur index thérapeutique, c’est-à-dire le rapport entre efficacité et toxicité.
  • Hormonothérapie : Prive un cancer hormono-dépendant du signal hormonal nécessaire à sa prolifération.
  • Immunothérapie : Les inhibiteurs de checkpoints immunitaires réactivent des lymphocytes antitumoraux auparavant « endormis » au contact de la tumeur.
  • Thérapie ciblée : Développée pour agir sur un mécanisme important de la physiopathologie tumorale connue.

Points essentiels

  • Les traitements anticancéreux comprennent les chimiothérapies cytotoxiques, les hormonothérapies, les thérapies ciblées et les immunothérapies par inhibiteurs de checkpoints.

2. Chimiothérapies cytotoxiques

★ À maîtriser

  • Les chimiothérapies cytotoxiques ciblent principalement les lésions de l’ADN, la réplication de l’ADN ou le fuseau mitotique.

  • Les agents responsables de lésions de l’ADN comprennent les alkylants et les sels de platine.

  • Les médicaments agissant sur le fuseau mitotique comprennent les taxanes, comme le docétaxel et le paclitaxel, et les vinca-alcaloïdes, comme la vinorelbine, la vinblastine, la vincristine et la vinflunine.

Compléments

  • Les antimétabolites comprennent le méthotrexate, les fluoropyrimidines et le pemetrexed, tandis que les inhibiteurs de topo-isomérase I comprennent notamment les camptothécines.

  • Les inhibiteurs de topo-isomérase II comprennent les anthracyclines, comme la doxorubicine et l’épirubicine, ainsi que l’étoposide.

Astuce mémo

ADN → réplication → fuseau mitotique

3. Protocoles et administration

Notions clés & Définitions

  • Protocole de chimiothérapie : Précise les molécules, les anticancéreux associés, les prémédications, la voie, le schéma, la fréquence et la durée du traitement.

★ À maîtriser

  • Les chimiothérapies peuvent être administrées par perfusions courtes toutes les 2 à 4 semaines, par perfusions courtes hebdomadaires, par perfusions longues ou par voie orale.

  • Avant une chimiothérapie IV, l’IDE informe le patient, contrôle le protocole, vérifie l’identité et la conservation de la poche, réalise un double contrôle, pose l’aiguille de Huber en stérile sur le PAC, vérifie le reflux et le débit, puis reste auprès du patient pendant les premières minutes.

📌 Pour une chimiothérapie orale, l’ordonnance doit préciser la DCI, le nom commercial, le nombre et le dosage des comprimés, les heures et conditions de prise, ainsi que les périodes de traitement et d’arrêt; en cas de doute, le médecin prescripteur doit être contacté.

Compléments

  • Une voie veineuse centrale est indispensable pour certaines chimiothérapies et améliore souvent le confort du patient et du soignant; elle comprend notamment le PAC et le cathéter tunnélisé.

4. Toxicités immédiates et prévention

Notions clés & Définitions

  • Extravasation : Le passage accidentel d’une chimiothérapie hors de la veine, avec un risque de nécrose dépendant de la molécule.

★ À maîtriser

  • La prévention des nausées et vomissements chimio-induits dépend du risque émétisant du protocole, classé comme haut, moyen, faible ou négligeable, et peut associer sétrons, corticoïdes, aprépitant et neuroleptiques.

  • Les toxicités immédiates spécifiques comprennent le vasospasme, l’angor ou l’infarctus avec le 5-FU, l’œdème aigu du poumon lié à l’hydratation avec le cisplatine, le syndrome cholinergique avec l’irinotécan et l’encéphalopathie avec l’ifosfamide.

Compléments

  • Les allergies liées à certaines chimiothérapies, notamment le paclitaxel, le carboplatine et la bléomycine, sont prévenues par des corticoïdes, des antihistaminiques et parfois du paracétamol.

5. Toxicité hématologique et urgences

Notions clés & Définitions

  • Neutropénie fébrile : Associe une température supérieure à 38 °C pendant plus d’une heure ou supérieure à 38,3 °C en une fois à un nombre de polynucléaires neutrophiles inférieur à 500/mm³, réel ou attendu dans les 48 heures.

★ À maîtriser

📌 L’anémie s’installe sur plusieurs semaines et est généralement non limitante, tandis que la thrombopénie et la neutropénie sont aiguës et le plus souvent rapidement réversibles.

  • Une thrombopénie profonde, inférieure à 10–50 G/L selon le contexte, ou associée à un syndrome hémorragique peut nécessiter une transfusion urgente.

  • La neutropénie fébrile est une urgence diagnostique et thérapeutique nécessitant au minimum une NFS, un bilan de base et des hémocultures sur voie veineuse centrale et en périphérie, avec examen médical, le plus souvent aux urgences.

Compléments

  • La prévention de la neutropénie fébrile repose notamment sur l’administration sous-cutanée de G-CSF après la chimiothérapie.

6. Toxicités spécifiques et traitements oraux

★ À maîtriser

  • Le cisplatine peut provoquer une toxicité rénale, une toxicité auditive et une neuropathie sensitive, tandis que l’oxaliplatine provoque notamment une neuropathie sensitive au froid et des dysesthésies pharyngo-laryngées.

  • Les anthracyclines exposent à une toxicité cardiaque nécessitant une échographie cardiaque avant traitement, et les fluoropyrimidines peuvent provoquer un vasospasme coronarien ou un syndrome mains-pieds.

Compléments

  • Les vinca-alcaloïdes peuvent provoquer des neuropathies sensitives, motrices et autonomes avec constipation ou iléus, tandis que le cyclophosphamide et l’ifosfamide peuvent provoquer une cystite hémorragique prévenue par le mesna.

  • Les toxicités non spécifiques de la chimiothérapie comprennent l’asthénie, les nausées et vomissements, les mucites, les diarrhées, les cytopénies, l’alopécie et la toxicité gonadique; elles peuvent être prises en charge par bains de bouche, lopéramide ou diosmectite, casque froid et préservation de la fertilité.

7. Hormonothérapies et thérapies ciblées

Notions clés & Définitions

  • Hormonothérapie anti-hormonale : Les hormonothérapies sont des traitements anti-hormonaux qui suppriment la production hormonale ou bloquent le récepteur hormonal d’un cancer hormono-dépendant.

★ À maîtriser

  • Les cancers du sein exprimant les récepteurs hormonaux, qui représentent 60–70 % des cancers du sein, dépendent principalement des œstrogènes; le cancer de la prostate dépend notamment des androgènes, dont la testostérone.

📌 Les petites molécules ciblées sont généralement administrées par voie orale et inhibent des enzymes intracellulaires, tandis que les anticorps monoclonaux sont administrés par voie IV ou SC et ciblent des récepteurs membranaires.

  • Les effets indésirables communs des anti-angiogéniques comprennent l’hypertension artérielle, la protéinurie ou l’insuffisance rénale, les thromboses ou embolies pulmonaires, les saignements et les troubles de cicatrisation.

  • Les immunothérapies par anticorps anti-PD-1 ou anti-PD-L1 comprennent notamment le nivolumab, le pembrolizumab, l’avelumab, l’atézolizumab, le durvalumab et le cémiplimab, tandis que l’ipilimumab cible CTLA-4.

Compléments

  • Les anti-angiogéniques bloquent le signal VEGF/VEGFR et comprennent le bevacizumab ainsi que les inhibiteurs de kinase sunitinib, pazopanib, axitinib, cabozantinib et lenvatinib.

8. Immunothérapie et accompagnement infirmier

Notions clés & Définitions

  • Toxicité immunologique : Les toxicités de l’immunothérapie sont des réactions auto-immunes pouvant toucher notamment la peau, la thyroïde, le côlon, le poumon, le pancréas, l’hypophyse, le cœur, le rein et le système nerveux.

★ À maîtriser

  • Les toxicités graves possibles de l’immunothérapie comprennent les colites inflammatoires, les pneumopathies interstitielles aiguës, le diabète aigu avec acidocétose ou coma, l’hypophysite avec insuffisance surrénalienne centrale, la myocardite, la néphrite interstitielle et les neuropathies.

  • Avant chaque injection d’immunothérapie, la surveillance biologique comprend généralement la NFS-plaquettes, la créatinine, le bilan hépatique, la TSH, la glycémie à jeun, la cortisolémie à 8 heures et la troponine.

Compléments

  • La consultation IDE d’annonce, instaurée en 2005 lors du premier Plan Cancer, dure environ 45 minutes à 1 heure et reformule, complète et explique les informations médicales, les soins, les complications et les aides disponibles.

  • Le suivi IDE ou IPA des traitements oraux recherche les toxicités, les fragilités, les interactions médicamenteuses, les infections, l’évolution de la maladie et le risque de non-observance.

Tableaux de synthèse

Grandes familles anticancéreuses

FamilleCible ou principeAdministration typiqueToxicité ou enjeu majeur
Chimiothérapie cytotoxiqueADN, réplication ou fuseau mitotiqueIV ou oraleCytopénies, nausées, extravasation
HormonothérapieSignal hormonal ou récepteur hormonalSC ou oraleBouffées de chaleur, ostéoporose, risque cardiovasculaire
Thérapie cibléeMécanisme tumoral, récepteur ou enzymeIV, SC ou oraleInteractions, toxicités de classe ou off-target
ImmunothérapieCheckpoints immunitairesPerfusion IV toutes les 2 à 6 semainesToxicités auto-immunes

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1. Quelles familles appartiennent aux traitements anticancéreux décrits ici ?

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Quelles sont les principales familles de traitements anticancéreux ?

Les chimiothérapies cytotoxiques, hormonothérapies, thérapies ciblées et immunothérapies par inhibiteurs de checkpoints.

Qu'est-ce qu'une chimiothérapie cytotoxique ?

Un traitement utilisant des molécules toxiques sélectionnées pour leur cytotoxicité.

Pourquoi modifie-t-on parfois les molécules en chimiothérapie cytotoxique ?

Pour améliorer leur index thérapeutique entre efficacité et toxicité.

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