Ficha de revisão: Introduction à la céramique archéologique

Plan du Cours

  1. Rôle du mobilier céramique en archéologie
  2. Marqueurs chronologiques et typochronologies
  3. Collecte, géoréférencement et prélèvement des tessons
  4. Nettoyage, tri et conditionnement des lots
  5. Chaîne opératoire de la pâte céramique
  6. Façonnage, décors et techniques de surface
  7. Dessin, photo et normes de représentation
  8. Inventaire, comptage NR NMI et base de données
  9. Rédaction du rapport et articulation données analyses
  10. Catalogue des formes et lexique des récipients
  11. Évolutions régionales des productions du Haut Moyen Âge
  12. Ateliers, fours et cas de Saint-Éloy I du Molay

1. Rôle du mobilier céramique en archéologie

Notions clés & Définitions

  • Mobilier céramique : Ensemble des vestiges en terre cuite, incluant vaisselle, objets domestiques et terres cuites architecturales, retrouvés sur un site.
  • Culture matérielle : Ensemble des objets fabriqués, échangés, utilisés puis abandonnés par une population, permettant d’accéder à la vie quotidienne.
  • Marqueur chronologique : Indicateur permettant de situer un contexte dans le temps grâce à l’évolution des formes, techniques et goûts des céramiques.
  • Typochronologies : Méthode de datation fondée sur des typologies chronologiques reliant des types de céramiques à des périodes.
  • Céramique sigillée : Type de céramique romaine bien documenté, utilisé comme repère chronologique grâce à sa production et sa diffusion connues.

Points essentiels

  • Le mobilier céramique sert à comprendre la vie quotidienne car il s’agit de témoins concrets des usages d’une population.
  • La céramique est abondante car elle est produite en grande quantité, peu coûteuse, et souvent abandonnée plutôt que réparée.
  • La céramique est aussi durable car elle résiste bien au temps, ce qui augmente les chances de la retrouver en fouille.
  • L’étude des céramiques apporte une datation et une chronologie relative, en plus de l’évolution des techniques et des goûts.
  • Les céramiques renseignent sur les échanges commerciaux via les importations et les routes, et varient selon la fonction des lieux fouillés.
  • Les céramiques permettent aussi d’inférer des pratiques sociales et culinaires et des usages funéraires, car elles peuvent apparaître en dépotoirs comme en tombes.

Astuce mémo

Céramique = « casse → remplace » + « résiste → survit » : donc elle est partout et datable.

2. Marqueurs chronologiques et typochronologies

Notions clés & Définitions

  • Marqueurs chronologiques : Indicateurs matériels qui permettent de dater ou de situer dans le temps des ensembles archéologiques à partir de leurs caractéristiques.
  • Typochronologies : Classements reliant des types d’objets à des périodes, pour reconstruire l’évolution des pratiques et des productions.
  • Chaîne opératoire : Suite d’étapes techniques qui va de la matière première jusqu’au produit fini, utile pour comprendre l’évolution des savoir-faire.
  • Contexte archéologique : Environnement spatial et stratigraphique d’un vestige, indispensable pour interpréter sa signification et sa valeur scientifique.
  • Céramique médiévale et moderne : Catégorie de mobilier céramique étudiée pour reconstituer dynamiques sociales, culturelles et économiques à partir des formes et techniques.

Points essentiels

  • Les céramiques servent de marqueurs pour inférer activités, fonctions des lieux, niveaux sociaux et circuits d’approvisionnement.
  • Les données techniques issues des céramiques éclairent l’apparition et l’évolution des savoir-faire céramiques.
  • Les données socioculturelles se lisent via les goûts, les modes et les pratiques funéraires (présence en tombes, contenants de restes ou de nourriture).
  • Une céramique n’est interprétable qu’en relation avec d’autres mobiliers (bois, vannerie, métal, verre, os, pierre, matières animales, fibres végétales).
  • Les typochronologies s’appuient sur des caractéristiques observables pour relier des types à des périodes et suivre les changements.
  • L’étude du mobilier céramique passe par l’enregistrement, le nettoyage/séchage, le conditionnement et le marquage, puis tri, comptage, remontage, inventaire et documentation (dessins/photos).

Astuce mémo

Contexte + technique + style = datation : sans contexte, la céramique “perd” son sens.

3. Collecte, géoréférencement et prélèvement des tessons

Notions clés & Définitions

  • Traitement de surface : Ensemble des opérations qui modifient l’aspect de la céramique pour des raisons esthétiques ou fonctionnelles, avant ou après séchage et parfois après cuisson.
  • Lissage : Traitement de surface réalisé sur céramique humide pour unifier et matifier la surface au doigt, au tissu ou avec des végétaux.
  • Polissage : Traitement de surface effectué après séchage et avant cuisson, pour obtenir une surface brillante par frottement avec des objets durs.
  • Engobe : Couche d’argile délayée (barbotine) chargée en pigments ou oxydes, appliquée pour produire des effets de couleur.
  • Glaçure : Couche vitreuse formée à partir de dioxyde de silice, appliquée par trempage ou saupoudrage et qui rend la céramique plus étanche et décorative.

Points essentiels

  • Le lissage se fait sur céramique humide et matifie en unifiant la surface, contrairement au polissage qui vise la brillance.
  • Le polissage intervient après séchage et avant cuisson, souvent par bandes, avec frottement sur des supports durs (galets, coquillages).
  • Les revêtements peuvent être appliqués avant ou après cuisson : peinture et engobe sont plutôt avant cuisson, tandis que la glaçure peut aussi être appliquée selon les techniques de fabrication.
  • La glaçure devient vitreuse à la cuisson et facilite le lavage en apportant une meilleure étanchéité.
  • L’émail (glaçure stannifère) est une glaçure opacifiée par l’étain, donnant un aspect blanchâtre ou beige et souvent décoré.
  • Majolique/proto-faïence : émaillage sur une seule face, importée d’Espagne dès le XIIIe siècle, avec une couche d’émail plus fine et un fond blanchâtre ; faïence : bain d’émail à l’étain avec décors, apparue au XVe et éa

Astuce mémo

Lissage = Mat sur Humide ; Polissage = Brillant sur Sec (avant cuisson).

4. Nettoyage, tri et conditionnement des lots

Notions clés & Définitions

  • Conformateur : Outil de mise en forme utilisé pour trancher ou ajuster des éléments avant mesure et observation.
  • Pied à coulisses : Instrument de mesure permettant de relever l’épaisseur et d’autres dimensions sur les fragments.
  • NR : Indicateur correspondant au nombre de restes comptés avant recollage des fragments.
  • NMI : Indicateur correspondant au nombre minimal d’individus après recollage, estimé à partir des nombres de formes.
  • NTI : Indicateur correspondant au nombre typologique d’individus, utilisé surtout quand des formes entières ou reconnaissables existent.

Points essentiels

  • Le comptage/inventaire peut se faire à la main ou via des photos traitées par ordinateur pour aider à l’identification.
  • Le NR correspond au nombre de restes avant recollage, tandis que le NMI correspond au nombre minimal d’individus après recollage.
  • Le NMI se calcule grâce aux nombres de formes (bords, fonds ou anses) observées sur les fragments.
  • Le bord est l’élément le plus fiable pour compter le NMI car il permet de distinguer les individus plus sûrement que d’autres parties.
  • Le NTI sert de complément quand des vases entiers ou des formes particulières sont reconnaissables au-delà du seul bord.
  • Exemple de logique NMI : si 10 tessons donnent 4 bords dont 3 recollent au même individu, alors le NMI est 3.

Astuce mémo

Bord = boussole du NMI : on compte d’abord les bords, puis on ajuste avec fonds/anses.

5. Chaîne opératoire de la pâte céramique

Notions clés & Définitions

  • Pot à une anse : Récipient fermé à une seule anse, reliant la lèvre à la panse, avec bec pincé pour verser le liquide.
  • Marmite : Récipient globulaire ou ovoïde doté de deux anses opposées, apparaissant à partir du XIIIe siècle.
  • Pégau : Récipient à bec ponté et anse opposée, à panse au moins aussi haute que large, typiquement médiéval (fin VIIIe–XIIIe).
  • Pichet ou cruche : Récipient haut à bec pincé ou ponté et généralement une anse opposée fixée au col ou au bord.
  • Dourne : Récipient à panse large avec déversoir tubulaire et anse opposée, conçu pour transporter un liquide plutôt que le servir.

Points essentiels

  • Pot à une anse : bord en bandeau ou lèvre triangulaire, panse (souvent ovoïde) et fond bombé, avec glaçure à l’intérieur (grisaille).
  • Pot à une anse : bord divergent et anse rubanée, le bec pincé sert à verser le liquide.
  • Marmite : bord éversé avec lèvre ronde et petit col, panse ovoïde et fond plat, deux anses rubanées opposées reliant la partie médiane à la partie haute de la panse.
  • Marmite : bord à bandeau et lèvre triangulaire avec gorge interne pour recevoir le couvercle, col marqué, glaçures internes au niveau du col et du bas de la panse, décor en ligne sur la partie médiane.
  • Pégau : bec ponté obtenu par un trou dans le pot puis ajout de plaques d’argile des deux côtés pour former le bec, avec pont au-dessus reliant bec et cruche.
  • Pégau : forme très bombée au-dessus, souvent trapue, anse souvent opposée au bec et rubanée, panse globulaire et fond bombé (selon variantes).

Astuce mémo

Pot = 1 anse ; Marmite = 2 anses ; Pégau = bec ponté ; Pichet = haut ; Dourne = déversoir tubulaire pour transporter.

6. Façonnage, décors et techniques de surface

Notions clés & Définitions

  • Couvercle à anse en panier : Élément de fermeture d’un récipient, adapté à son ouverture, souvent muni d’une ou plusieurs prises dont une anse en panier.
  • Bord redressé : Profil de bord de couvercle où la partie supérieure se relève pour former une lèvre plate ou un bord droit selon le type.
  • Lèvre plate : Partie supérieure horizontale d’un couvercle, associée à un bord droit et à une collerette dans certains types.
  • Cuisson oxydante : Type de cuisson qui produit des couleurs rouges, allant d’un beige vers un rouge foncé.
  • Cuisson réductrice : Type de cuisson qui produit des couleurs noires, de gris vers noir.

Points essentiels

  • Le couvercle peut porter un ou plusieurs éléments de préhension, très souvent une prise par anse en panier.
  • Un type de couvercle présente un bord redressé ou une lèvre plate avec un décor digité en petites vagues tout autour du haut.
  • Un autre type se décrit à l’inverse : bord droit et lèvre plate, avec collerette et fond plat.
  • L’aspect d’une céramique dépend notamment du revêtement (engobe, émail, glaçure, peinture) et de la cuisson.
  • La cuisson oxydante donne une teinte rouge, tandis que la cuisson réductrice donne une teinte noire.
  • Le polissage fait partie des critères de description de l’objet, au même titre que la couleur et la surface visible du décor.

Astuce mémo

Oxydant = Rouge ; Réducteur = Noir (couleur par le “mode” de cuisson).

7. Dessin, photo et normes de représentation

Notions clés & Définitions

  • Décors en oves : Décor céramique en forme d’oves, typique de la tradition gallo-romaine et associé à l’Antiquité.
  • Décors guillochis : Décor céramique à motifs guillochés, retrouvé seulement au Haut Moyen Âge et absent ensuite.
  • Décors de figurations : Décors figuratifs (croix, personnages) associés aux productions paléochrétiennes de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge.
  • Polissage à la molette : Technique de décor au moyen d’une molette, caractéristique de la période mérovingienne.
  • Cuisson réductrice : Mode de cuisson qui produit des teintes noires ou grises et devient dominant au Moyen Âge.

Points essentiels

  • Les décors en oves relèvent d’une tradition gallo-romaine et servent d’indice d’un héritage antique.
  • Les décors guillochis sont un marqueur du Haut Moyen Âge et disparaissent ensuite, contrairement aux décors antiques.
  • Les décors de figurations (croix, personnages) sont paléochrétiens et cessent après le haut Moyen Âge.
  • Le polissage au cuir ou à la spatule donne une surface lisse et brillante et améliore l’étanchéité avant cuisson.
  • Les motifs à la molette apparaissent au Mérovingien puis disparaissent avant de réapparaître à la fin du Moyen Âge.
  • La cuisson oxydante correspond aux teintes rouges, tandis que la cuisson réductrice génère des couleurs noires ou grises.

Astuce mémo

OVES = gallo-romain ; GUILLOCHIS = Haut Moyen Âge ; FIGURATIONS = paléochrétien ; MOLETTE = Mérovingien ; RÉDUCTRICE = noir/gris.

8. Inventaire, comptage NR NMI et base de données

Notions clés & Définitions

  • Oule : La oule est une céramique grise réductrice, très majoritaire, utilisée pour stocker, servir et cuire des aliments.
  • Pégau : Le pégau désigne une céramique rouge polie, fabriquée avec une pâte sableuse enrichie de mica et soigneusement polie.
  • Glaçure plombifère : La glaçure plombifère est une innovation technique qui se généralise au XIIe siècle sur les productions céramiques.
  • Fours longitudinaux : Les fours longitudinaux sont des fours horizontaux ou en tunnel, organisés en aires de chauffe, connus dès le VIIIe siècle.
  • Atelier de Saint-Éloy I du Molay : L’atelier de Saint-Éloy I du Molay est un site de production ancien, documenté vers 1180 et daté par C14 entre 1035 et 1150.

Points essentiels

  • Les productions du Haut Moyen Âge sont marquées par une spécialisation régionale, avec une fracture Nord/Sud qui persiste.
  • Dans le Sud, le duo oule/pégau devient typique, avec une prédominance des céramiques grises et une céramique rouge polie surtout locale.
  • Au Nord, il n’y a pas de pégau : on observe surtout des oules et des cruches, avec des céramiques peintes en légère hausse.
  • Entre le IXe et le XIe siècle, la production du Sud connaît un pic, puis les échanges commerciaux diminuent par rapport à l’époque mérovingienne.
  • Au XIIe siècle, le commerce des poteries s’intensifie et fonctionne via un réseau régional et un réseau suprarégional.
  • Les céramiques circulant sur de longues distances influencent les productions locales sans effacer leurs caractéristiques propres.

Astuce mémo

Sud = Duo oule/pégau ; Nord = pas de pégau.

9. Rédaction du rapport et articulation données analyses

Notions clés & Définitions

  • Four longitudinal : Structure de cuisson installée sur une pente, comprenant un laboratoire, une fosse cendrier et des éléments de remploi.
  • Fosse cendrier : Aménagement associé au four servant à recueillir les déchets de cuisson et les résidus de combustion.
  • Glaçure plombifère : Revêtement à base de fondant au plomb et de silice, transparent mais pouvant être coloré par des oxydes de fer.
  • Cuisson oxydante : Mode de cuisson produisant une coloration liée au traitement thermique, utilisé à l’époque moderne pour la vaisselle.
  • Faïences majoliques proto-faïences : Céramiques à émail d’étain opaque, appliqué au pinceau partiellement, d’abord importées puis produites localement au XIIIe siècle.

Points essentiels

  • Les fouilles des années 1990 ont mis au jour un four longitudinal et des fosses contenant des déchets de cuisson.
  • La datation au carbone 14 situe l’activité entre 1035 et 1150, plutôt centrée sur le XIe siècle.
  • Le four comprend un laboratoire, une fosse cendrier et une structure en matériaux de remploi (tessons, argile, pierres).
  • La production du four est homogène avec des formes de vaisselle de cuisine et de service (pots globulaires, pichets, bassins, jattes, écuelles, poêlons, couvercles, passoires, lampes, trompes d’appel).
  • Les décors sont généralement simples (bandes digitées, rares décors à la molette) avec quelques glaçures vertes à base d’oxyde de cuivre.
  • Entre le XIIIe et le XVe siècle, le répertoire des formes se rouvre progressivement avec le retour de la vaisselle de service et le développement des arts de la table.

Astuce mémo

Four = Laboratoire + Cendre + Remploi (LCR) ; Glaçure plombifère = Plomb + Silice (transparent, colorable).

10. Catalogue des formes et lexique des récipients

Notions clés & Définitions

  • Oule : Récipient basique de stockage et de cuisson, à panse souvent globulaire et fond bombé, parfois muni d’une gorge pour recevoir un couvercle.
  • Marmite : Récipient culinaire de cuisson, souvent glaçuré à l’intérieur, dont les formes évoluent du XIIIe au XVe siècle avec des cols et lèvres de plus en plus marqués.
  • Pégau : Cruche à bec ponté, parfois très proéminent, souvent glaçurée à l’intérieur car destinée à être mise sur le feu.
  • Dourne : Récipient de stockage/transport de petite ou moyenne taille, dont certaines variantes peuvent porter un bec ponté et apparaître dans les productions locales.
  • Poêlon : Petit récipient de cuisson, utilisé pour faciliter cuisson et nettoyage, toujours glaçuré à l’intérieur et associé à une cuisson oxydante.

Points essentiels

  • Les oules sont des pots présents dès le bas Moyen Âge, avec des bords et décors variables, et des panses fréquemment globulaires à fond bombé.
  • Certaines oules possèdent une gorge destinée à recevoir un couvercle, ce qui aide à identifier la fonction et la forme.
  • Les décors digités, les cordons d’appliques (verticaux ou horizontaux) et les décors incisés sont réalisés sur argile encore molle.
  • La céramique grise polie apparaît dans le toulousain et à l’ouest du Tarn entre la fin du XIIe et le XIVe siècle, avec une cuisson réductrice et un polissage très peu couvrant en fines bandes.
  • Les marmites réapparaissent au XIIIe siècle et constituent un fossile directeur, même si elles ne sont pas forcément en céramique grise polie.
  • Les céramiques commingeoises (ouest toulousain, Gers, Haute-Garonne, Ariège) sont à cuisson réductrice, avec un fort dégraissant donnant un aspect sec et rugueux, et une apogée au XIVe siècle (fin XIIe–XVIe).

Astuce mémo

Oule = Ovale + Gorge (couvercle) ; Marmite = Réapparition au XIIIe ; Pégau = Ponté + Glaçure interne ; Poêlon = Toujours glaçuré dedans.

11. Évolutions régionales des productions du Haut Moyen Âge

Notions clés & Définitions

  • Gargoulette : Récipient de type mini-dourne, surtout attesté au sud, muni d’un bec tubulaire ponté et souvent d’une glaçure plutôt à l’extérieur.
  • Chevrette : Récipient mini-dourne sans bec ponté, utilisé comme forme de transport/usage proche des petites contenances du Bas Moyen Âge.
  • Réchaud : Petit dispositif de chauffage de table apparu au XVe siècle pour réchauffer des aliments individuellement, souvent richement décoré.
  • Dourne : Récipient de transport de liquides typique du Bas Moyen Âge, décoré de cordons d’appliques et muni de couvercle, avec glaçure.
  • Jarres de stockage : Récipients de stockage de grande taille, avec glaçure à l’intérieur et partiellement à l’extérieur, renforcés par un cordon de maintien en argile.

Points essentiels

  • Au Bas Moyen Âge, de nouvelles formes apparaissent et se diversifient progressivement, avec des variations régionales visibles dans les types de bec et de bord.
  • La gargoulette possède un bec tubulaire avec un ponté et une mini-dourne associée au bec ponté, avec des bords pouvant varier.
  • La chevrette correspond à une mini-dourne dépourvue de bec ponté.
  • Les réchauds du XVe siècle (toulousain) sont posés sur la table et comportent de petits pieds au-dessus pour recevoir des assiettes.
  • La vaisselle de table (à partir du 14e-15e dans le toulousain) combine céramique glaçurée et formes comme coupelles, tasses polylobées, gobelets et assiettes, mais aussi étain, bois et verre.
  • Les lampes à huile et lampes en céramique apodes (sans pied) sont glaçurées à l’intérieur et peuvent fonctionner avec huile ou bougie.

Astuce mémo

Gargoulette = bec ponté (Sud), Chevrette = sans ponté ; Réchaud = XVe pour chauffer une assiette sur table.

12. Ateliers, fours et cas de Saint-Éloy I du Molay

Notions clés & Définitions

  • Cox : Groupe d’ateliers de potiers produisant des céramiques peintes à partir du XVIᵉ siècle, notamment pour compenser le manque de faïence dans certaines zones.
  • Giroussens : Groupe de productions céramiques situé à l’est de Toulouse au XVIIᵉ siècle, concurrençant Cox par ses décors et sa palette.
  • Sgraffito : Décor obtenu par incision avant application de la glaçure, qui disparaît progressivement à partir du milieu du XVIIᵉ siècle.
  • Faïence : Céramique à partir du XVIIIᵉ siècle, largement diffusée en France grâce à la multiplication des ateliers et à une accessibilité accrue.
  • Porcelaine : Céramique à pâte blanche d’origine asiatique, importée en Europe dès le XVIᵉ siècle puis produite en Europe avec une démocratisation au XIXᵉ siècle.

Points essentiels

  • Décor peint : des céramiques à engobe peint sont recouvertes d’une glaçure plombifère, sans émail, pour imiter la faïence.
  • Décor gravé : l’engobe est incisé avant l’ajout d’une glaçure transparente, avec des motifs fréquents comme les tulipes (fin XVIᵉ).
  • Décor de pastillage : des points d’engobe sont appliqués sous une glaçure plombifère, surtout fin XVIᵉ–XVIIᵉ siècle.
  • Décor jaspé : mélange engobe et glaçure pour produire des effets colorés, développé au XVIIᵉ siècle notamment au Sud-Ouest et à Lyon.
  • Vaisselle utilitaire : les ateliers fabriquent aussi des cruches, cuviers, jattes, marmites et dournes, souvent en parallèle des décors décoratifs.
  • Transition XVIIᵉ–XIXᵉ : les décors Sgraffito s’éteignent à partir du milieu XVIIᵉ siècle, tandis que décors peints, pastillage, jaspé et utilitaires locaux restent courants.

Astuce mémo

Sgraffito = « S » comme « S’éteint » dès le milieu du XVIIᵉ.

Repères chronologiques

DateÉvénement
mai 2026Date du cours/partiel (2 heures/11 mai 2026)
XIIIe siècleGénéralisation de la glaçure et apparition/extension de plusieurs productions (ex. glaçure courante, faïences majoliques/proto-faïences)
1180Mention de l’atelier de Saint-Éloy I du Molay dans les sources écrites
1035Bornes C14 pour l’activité de l’atelier de Saint-Éloy I du Molay (entre 1035 et 1150)
1150Bornes C14 pour l’activité de l’atelier de Saint-Éloy I du Molay (entre 1035 et 1150)
XVe siècleApparition de la faïence (et introduction de formes comme la lèchefrite au XVe siècle)
XVIe siècleDéveloppement des décors Sgraffito (présence entre XVIe et XVIIe) et essor de productions comme Cox
XVIIe siècleDisparition progressive des décors Sgraffito à partir du milieu XVIIe siècle et développement de décors (pastillage/jaspé)
XVIIIe siècleDébut de la faïence (et production/expansion de la porcelaine en Europe à partir de la période moderne)
XIXe siècleDémocratisation de la porcelaine en Europe

Tableaux de synthèse

Repères chronologiques : cuisson et couleurs

Période/usageCuissonCouleur attendue
Moyen Âge (général)Cuisson oxydanteRouge (du beige au rouge foncé)
Moyen Âge (général)Cuisson réductriceNoire/grise (de gris à noir)
Époque moderne (retour)Cuisson oxydanteDominante (disparition progressive de la réductrice)

Comptage des individus : NR / NMI / NTI

IndicateurDéfinitionQuand l’utiliser
NRNombre de restes comptés avant recollageAvant remontage/recollage
NMINombre minimal d’individus après recollage, estimé via nombres de formesQuand on recolle et qu’on distingue des individus
NTINombre typologique d’individusSurtout quand des formes entières/particulières sont reconnaissables au-delà du bord

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre NR et NMI : NR compte les tessons avant recollage, tandis que NMI estime le nombre minimal d’individus après recollage via bords/fonds/anses.
  2. Croire que le polissage et le lissage donnent le même rendu : lissage = mat sur céramique humide, polissage = brillant sur sec avant cuisson.
  3. Inverser oxydante et réductrice : oxydante donne des teintes rouges, réductrice donne des teintes noires/grises.
  4. Mélanger “émail stannifère” et “glaçure plombifère” : l’émail stannifère est une glaçure opacifiée par l’étain, tandis que la glaçure plombifère est fondant au plomb + silice.
  5. Penser que la céramique se date “toute seule” : sans contexte archéologique (US/stratigraphie), elle perd une partie de sa valeur interprétative.
  6. Compter le NMI sans privilégier les bords : le bord est présenté comme l’élément le plus fiable pour distinguer les individus.
  7. Confondre pégau et pichet/cruche : le pégau est typiquement plus petit et trapu, avec bec ponté et souvent glaçure interne car destiné à être mis sur le feu.

Checklist Examen

  1. Définir le mobilier céramique et expliquer pourquoi il éclaire la vie quotidienne (abondance : casse/remplacement + résistance).
  2. Lister les intérêts de l’étude du mobilier céramique : datation/chronologie relative, techniques, goûts, échanges, pratiques sociales/culinaires/funéraires.
  3. Expliquer ce qu’est un marqueur chronologique et ce que sont les typochronologies ; donner l’idée de la céramique sigillée comme repère.
  4. Décrire le protocole d’étude du terrain au musée : enregistrement, lavage/séchage, conditionnement/marquage, tri, comptage, remontage, inventaire/base de données, dessins/photos, rapport.
  5. Expliquer pourquoi un objet archéologique “a besoin d’un contexte” et rappeler l’importance de ne pas mélanger les US lors du nettoyage.
  6. Donner les 5 caractéristiques utilisées pour trier les catégories de céramiques (texture/couleur de pâte/mode de façonnage/décors/présence de revêtements) et relier ces critères aux caractères techniques.
  7. Décrire la chaîne opératoire de la pâte : extraction (argiles), préparation (décantation + dégraissant), façonnage (modelage vs tournage), traitement de surface (lissage/polissage) et revêtements.
  8. Expliquer les revêtements : peinture, engobe, glaçure (dioxyde de silice), et distinguer l’émail stannifère (opacifié par l’étain) et ses effets.
  9. Relier les types de cuisson aux couleurs (oxydante vs réductrice) et intégrer le rôle du polissage dans la description.
  10. Maîtriser les indicateurs NR/NMI/NTI : définitions, calcul du NMI via nombres de formes, et rôle du bord comme élément le plus fiable.
  11. Savoir lire un dessin de céramique : intérieur/extérieur, “zones en pointillés” comme hypothèses, et vocabulaire (lèvre/bord/col/panse/anse/fond/pied).
  12. Identifier et décrire des formes à partir des critères du cours (au moins : oule, pot à une anse, marmite, pégau, pichet/cruche, dourne, poêlon, bol à oreilles, assiette/plat, couvercle) et relier chaque forme à sa cohér

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1. Quel est l’intérêt principal du mobilier céramique pour l’archéologue ?

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Mobilier céramique — définition ?

Vestiges en terre cuite retrouvés sur un site.

Rôle du mobilier céramique ?

Comprendre la vie quotidienne et les échanges.

Marqueur chronologique — rôle ?

Permet de dater ou situer dans le temps.

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