Ficha de revisão: Mécanismes de tolérance immunitaire

Plan du Cours

  1. Autoimmunité physiologique
  2. Tolérance centrale T
  3. Tolérance périphérique T
  4. Tolérance lymphocytaire B
  5. Organisation follicules lymphoïdes
  6. Réaction auto-immune B
  7. Régulation T effectrice
  8. HLA-G et récepteurs inhibiteurs
  9. Barrières immunitaires organes
  10. Tolérance orale et muqueuse

1. Autoimmunité physiologique

Notions clés & Définitions

  • Autoimmunité : réponse de l’immunité adaptative contre les antigènes du soi, impliquant des lymphocytes T et/ou B autoréactifs. Elle est physiologique, résultant de réarrangements antigène-indépendants et aléatoires ( IMMUNOLOGIE (Chapitre 4) ).
  • Autoimmunité physiologique : production normale de lymphocytes T et B autoréactifs sans manifestation pathologique, en raison de mécanismes de tolérance qui empêchent ces auto-réactions de causer des dommages ( IMMUNOLOGIE (Chapitre 4) ).
  • Mécanismes de tolérance : processus permettant d’éviter les réactions auto-immunes en contrôlant le développement et l’activation des lymphocytes autoréactifs. Ces mécanismes empêchent que l’auto-immunité physiologique devienne pathologique ( IMMUNOLOGIE (Chapitre 4) ).

Points essentiels

  • L’auto-immunité est une conséquence normale des réarrangements aléatoires des segments V, D, J lors de la maturation des lymphocytes, ce qui génère des récepteurs autoréactifs.
  • La tolérance centrale, principalement dans le thymus, élimine une grande partie des thymocytes T autoréactifs par sélection négative, notamment via la présentation d’auto-antigènes ectopiques sous le contrôle du gène aire.
  • La tolérance périphérique limite l’activation des lymphocytes T autoréactifs qui ont échappé à la tolérance centrale, par des mécanismes comme l’ignorance immunitaire passive (absence de co-stimulation ou reconnaissance sans activation) ou l’anergie.
  • La tolérance lymphocytaire B centrale implique la suppression ou la modification des B immatures autoréactifs par réarrangement du locus de la chaîne légère (éditing) ou apoptose.
  • La tolérance périphérique B comprend la délétion clonale ou l’induction d’une anergie si un auto-antigène est reconnu sans co-stimulation.
  • La production d’auto-anticorps naturels, faibles en affinité et polyspécifiques, est une manifestation normale de cette auto-immunité physiologique.
  • La coopération entre lymphocytes T et B régulée par des mécanismes comme la régulation T (Treg) permet de maintenir cette auto-immunité à un niveau physiologique, sans pathologie.
  • La tolérance orale et muqueuse, notamment via l’administration orale d’antigènes, contribue à la régulation de la réponse immune contre les auto-antigènes, évitant ainsi l’auto-immunité pathologique.

À retenir

L’auto-immunité physiologique est un phénomène normal résultant de la diversité aléatoire des récepteurs lymphocytaires, contrôlé par des mécanismes de tolérance qui empêchent que cette auto-réactivité ne devienne pathologique.

2. Tolérance centrale T

Notions clés & Définitions

  • Tolérance centrale : Mécanisme de sélection négative au niveau du thymus visant à éliminer les thymocytes autoréactifs, afin d’éviter une réaction auto-immune (source : contenu source).
  • Thymocyte : Précurseur lymphocytaire T en développement dans le thymus, qui peut rencontrer des auto-antigènes lors de sa maturation (source : contenu source).
  • Auto-antigènes ectopiques : Auto-antigènes exprimés en dehors de leur localisation normale, notamment dans le thymus, sous le contrôle du gène aire, permettant leur présentation aux thymocytes pour l’éducation immunitaire (source : contenu source).

Points essentiels

  • La tolérance centrale se déroule principalement dans le thymus, où les précurseurs lymphocytaires T rencontrent un microenvironnement constitué de cellules épithéliales thymiques.

  • Ces cellules présentent des peptides du soi, y compris des auto-antigènes ectopiques, en association avec le CMH, pour éduquer les thymocytes.

  • La présence d’auto-antigènes dans le thymus peut provenir de plusieurs origines : présentation par les cellules épithéliales thymiques, importation par macrophages et cellules dendritiques captant des cellules mortes ou détruites en périphérie.

  • La rencontre entre un thymocyte et un auto-antigène entraîne trois types de réponses selon l’intensité de l’interaction du TCR :

    • Interaction forte → apoptose (élimination).
    • Interaction modérée → anergie (désactivation).
    • Interaction faible → survie du thymocyte.
  • La sélection négative dans le thymus permet d’éliminer une grande partie des lymphocytes T autoréactifs, mais pas tous.

  • La tolérance périphérique, distincte, concerne la gestion des lymphocytes T qui ont échappé à la tolérance centrale, notamment par des mécanismes comme l’ignorance immune ou la non-recognition de certains auto-antigènes (source : contenu source).

À retenir

La tolérance centrale T, principalement au niveau du thymus, élimine la majorité des thymocytes autoréactifs par sélection négative, limitant ainsi le risque de réactions auto-immunes, tout en laissant une petite proportion d’autoréactifs contrôlés par la tolérance périphérique.

3. Tolérance périphérique T

Notions clés & Définitions

  • Tolérance périphérique T : Mécanismes empêchant l’activation des lymphocytes T autoréactifs dans les tissus périphériques, sous le contrôle de processus tels que l’expression ectopique d’Ag spécifiques de tissus (sous la régulation de DEAF1, équivalent de AIRE).
  • Ignorance immune : Phénomène passif où un lymphocyte T autoréactif, ayant échappé aux mécanismes de tolérance centrale, ne réagit pas à un auto-antigène en raison de l’absence d’interaction ou de co-stimulation (ex : reconnaissance d’un peptide sans présentation par un CMH approprié ou absence de signaux de co-stimulation).

Points essentiels

  • La tolérance périphérique T concerne principalement l’expression ectopique d’auto-antigènes dans les tissus, contrôlée par DEAF1, qui empêche l’activation de lymphocytes T autoréactifs.
  • L’ignorance immune est un phénomène passif où un lymphocyte T autoréactif ne provoque pas de réponse immune, notamment parce que la cellule cible n’exprime que des CMH de classe I ou II, ou parce qu’il manque la co-stimulation nécessaire à l’activation (ex : absence de CD80/86 ou CD40).
  • La tolérance périphérique évite l’auto-activation de lymphocytes T qui ont échappé à la sélection négative dans le thymus, en limitant leur activation dans les tissus périphériques.
  • La reconnaissance d’auto-antigènes par des lymphocytes T sans co-stimulation ou avec une faible avidité conduit à l’ignorance immune, protégeant ainsi l’organisme de réactions auto-immunes.

À retenir

La tolérance périphérique T et l’ignorance immune sont des mécanismes passifs et actifs qui empêchent l’activation des lymphocytes T autoréactifs dans les tissus, évitant ainsi les réactions auto-immunes malgré leur présence dans l’organisme.

4. Tolérance lymphocytaire B

Notions clés & Définitions

  • Organisation des follicules lymphoïdes : Structures spécialisées dans la réponse humorale, comprenant une zone sombre (centroblastes) et une zone claire (centrocytes). Ces zones permettent la maturation, la diversification et la sélection des lymphocytes B dans les centres germinatifs.
  • Réaction auto-immune B : Production d’auto-anticorps dirigés contre des auto-antigènes suite à une activation inappropriée des lymphocytes B. Elle peut être favorisée par une dérégulation de la tolérance centrale ou périphérique.
  • Hypermutations somatiques : Mécanisme de diversification des immunoglobulines dans les follicules secondaires, impliqué dans la commutation isotypique et l’affinement de l’affinité des anticorps. Ce processus, sous l’action de l’enzyme AID, peut aussi générer des auto-anticorps si la sélection n’est pas efficace.

Points essentiels

  • Organisation des follicules lymphoïdes :

    • Les follicules primaires sont des amas de lymphocytes B non activés.
    • Lors de la reconnaissance d’un antigène, ils deviennent secondaires, avec zones sombres (centroblastes) où prolifèrent et hypermutent, et zones claires (centrocytes) où la sélection de l’affinité a lieu.
    • La zone sombre est riche en divisions cellulaires, tandis que la zone claire favorise la maturation et la sélection.
    • L’intervention de l’enzyme AID dans ces zones permet la commutation isotypique et les hypermutations somatiques.
  • Réaction auto-immune B :

    • Peut résulter d’un auto-reconnaissance des auto-antigènes, si la tolérance centrale ou périphérique est défaillante.
    • La sélection négative dans les centres germinatifs élimine une majorité de lymphocytes B autoréactifs, mais pas tous.
    • La dérégulation de la régulation périphérique ou des mécanismes de révision des anticorps peut conduire à la persistance d’auto-anticorps.
  • Lymphocytes B1 :

    • Présents chez la souris (CD5+ ou CD5-), auto- renouvelables, produisent principalement des IgM à faible affinité, souvent polyspécifiques et auto- réactifs.
    • Chez l’homme, ils représentent environ 20% des lymphocytes B circulants, avec des caractéristiques similaires.
    • Produisent des autoanticorps naturels, dirigés contre des auto-antigènes très conservés.
  • Tolérance lymphocytaire B centrale :

    • Les lymphocytes B immatures qui reconnaissent un auto-antigène à forte affinité subissent une apoptose ou perdent leur autoréactivité par réarrangement du locus de la chaîne légère (éditing).
    • En cas d’échec, ils meurent par apoptose ou deviennent inactifs.
  • Tolérance lymphocytaire B périphérique :

    • Reconnaissance d’un auto-antigène peut entraîner délétion clonale ou anergie (désensibilisation).
    • La réponse dépend de l’affinité, de la nature de l’antigène (multivalent ou forte densité).
    • La tolérance peut aussi résulter d’un manque de costimulation ou d’une absence de présentation adéquate de l’auto-antigène.
  • Organes lymphoïdes secondaires / centres germinatifs :

    • Lorsqu’un lymphocyte B reconnaît un antigène T dépendant, il migre dans le follicule secondaire, où il prolifère sous l’action des TFH.
    • La zone sombre (centroblastes) favorise la prolifération et hypermutation, sous l’action d’AID.
    • La zone claire (centrocytes) permet la sélection de l’affinité.
    • La réexpression de RAG dans les follicules secondaires permet la révision des anticorps pour éliminer ceux qui sont auto- réactifs.
  • Lymphocytes B1 :

    • Chez l’homme, ils représentent environ 20% des lymphocytes B, avec des IgM et IgG de faible affinité, souvent auto- réactifs et polyspécifiques.
    • Produisent des autoanticorps naturels, dirigés contre des auto-antigènes très conservés.

À retenir

La tolérance lymphocytaire B repose sur une organisation fine des follicules secondaires, où la sélection et la diversification des immunoglobulines permettent d’éviter la production d’auto-anticorps, sauf en cas de défaillance de ces mécanismes, ce qui peut conduire à une réaction auto-immune.

5. Organisation follicules lymphoïdes

Notions clés & Définitions

HLA-G : molécule HLA de classe I impliquée dans la tolérance materno-fœtale. Elle appartient à la famille des protéines HLA, associée à la modulation de la réponse immunitaire pour favoriser la tolérance lors de la grossesse.

Récepteurs inhibiteurs : récepteurs exprimés par les lymphocytes (T, B, NK) qui modulent leur activation en réponse à la reconnaissance de HLA-G. Parmi ces récepteurs, on trouve ILT2, ILT4, et KIR 2DL4.

Rôle de HLA-G : inhibition de la réponse immunitaire, notamment par l’interaction avec ses récepteurs inhibiteurs, afin de favoriser la tolérance, en particulier lors de la grossesse, en empêchant une activation immunitaire excessive contre le fœtus.

6. Réaction auto-immune B

Notions clés & Définitions

Réaction auto-immune B : réponse anormale du système immunitaire impliquant la production d’auto-anticorps dirigés contre les auto-antigènes, contribuant à l’auto-immunité (source : immunologie chapitre 4).

Autoanticorps naturels : auto-anticorps présents sans stimulation antigénique spécifique, souvent polyspécifiques, capables de reconnaître des auto-antigènes très conservés entre les espèces (source : immunologie chapitre 4).

Lymphocytes B1 : sous-population de lymphocytes B, chez la souris caractérisée par la présence de CD5, capables d’autorenouvellement, produisant principalement des IgM à faible affinité, polyspécifiques et autoréactifs, jouant un rôle dans la production d’auto-anticorps naturels (source : immunologie chapitre 4).

Points essentiels

  • L’auto-immunité physiologique inclut la production d’auto-anticorps naturels, présents sans stimulation antigénique spécifique, souvent polyspécifiques et auto-réactifs.
  • Les lymphocytes B1, notamment chez la souris, sont impliqués dans la production d’auto-anticorps naturels, principalement de type IgM, avec faible affinité, et sont capables de se renouveler.
  • La tolérance lymphocytaire B centrale implique l’élimination ou la modification des lymphocytes B immatures autoréactifs via un processus de réarrangement du locus de la chaîne légère (EDITING) ou par apoptose.
  • La tolérance périphérique peut induire la délétion clonale ou l’anergie des lymphocytes B autoréactifs, empêchant leur activation contre les auto-antigènes.
  • La régulation de la réponse B-auto-immune passe aussi par la coopération avec les lymphocytes T régulateurs, qui modulent leur activation et leur expansion.

À retenir

Les autoanticorps naturels, produits principalement par la sous-population B1, jouent un rôle dans la régulation immunitaire et la prévention de l’auto-immunité, mais leur dysrégulation peut contribuer à des maladies auto-immunes.

7. Régulation T effectrice

Notions clés & Définitions

  • Régulation T effectrice : Mécanismes par lesquels les lymphocytes T contrôlent la réponse immunitaire, notamment via l’action des lymphocytes T régulateurs (Treg) et l’induction de l’apoptose par Fas/FasL.
  • Treg (lymphocytes T régulateurs) : Lymphocytes T, qu’ils soient naturels ou induits, exprimant Foxp3, IL-10 et TGF-β, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation de la réponse immunitaire pour éviter une réaction auto-immune excessive.
  • Fas/FasL : Mécanisme d’induction de l’apoptose permettant de réguler la réponse immunitaire en éliminant les lymphocytes T ou autres cellules effectrices via interaction entre Fas (sur la cellule cible) et FasL (sur le lymphocyte régulateur ou effecteur).

Points essentiels

  • La régulation T effectrice implique principalement l’action des Treg, qui peuvent être de type naturel (thymiques, exprimant Foxp3) ou induits (périphériques).
  • Les Treg naturels (nTreg) sont d’origine thymique, exprimant Foxp3, IL-10 et TGF-β, et jouent un rôle central dans la tolérance immunitaire.
  • Les Treg induits (iTreg) se différencient en périphérie, notamment sous l’influence de TGF-β, et contribuent à la régulation locale.
  • Fas et FasL interviennent dans la régulation en induisant l’apoptose des lymphocytes T ou autres effecteurs, permettant de limiter la réponse immunitaire et prévenir l’auto-immunité.
  • La balance entre activation et régulation est essentielle pour une réponse immunitaire efficace sans auto-réactivité.

À retenir

La régulation T effectrice repose principalement sur l’action des Treg, exprimant Foxp3, IL-10 et TGF-β, et sur le mécanisme d’induction de l’apoptose via Fas/FasL, afin de contrôler et limiter la réponse immunitaire pour éviter l’auto-immunité.

8. HLA-G et récepteurs inhibiteurs

Notions clés & Définitions

  • HLA-G : molécule HLA de classe I impliquée dans la tolérance materno-fœtale. Elle joue un rôle dans la modulation de la réponse immunitaire lors de la grossesse, favorisant la tolérance envers le fœtus (voir organisation follicules lymphoïdes).
  • Récepteurs : ILT2, ILT4, KIR 2DL4. Ces récepteurs sont impliqués dans la reconnaissance de HLA-G et participent à la modulation de la réponse immunitaire en inhibant l’action cytotoxique des CTL et des cellules NK (voir rôle de HLA-G).

Points essentiels

  • La molécule HLA-G est une molécule de classe I, associée à la β2-microglobuline, avec plusieurs isoformes (G1 à G7) : certaines membranaires, d’autres solubles.
  • HLA-G intervient dans la tolérance lors de la grossesse en modulant la réponse immunitaire pour éviter le rejet du fœtus.
  • Les récepteurs ILT2, ILT4, et KIR 2DL4 reconnaissent HLA-G.
    • ILT2 : exprimé sur B, T, NK, cellules dendritiques, macrophages.
    • ILT4 : exprimé sur cellules dendritiques, monocytes, macrophages.
    • KIR 2DL4 : sous-population de cellules NK de la décidua (CD56+), minorité de NK périphériques.
  • Ces récepteurs ont une fonction inhibitrice : ils inhibent l’action cytotoxique des CTL et NK, empêchent la maturation des cellules dendritiques, et participent à la tolérance immunitaire.
  • La reconnaissance de HLA-G par ces récepteurs permet d’éviter une réponse immunitaire excessive, notamment dans le contexte de la grossesse, mais aussi dans des situations pathologiques comme la cancérogenèse ou le rejet de greffe.
  • Actions : inhibition de la cytotoxicité, modulation de la maturation cellulaire, potentiel thérapeutique pour diminuer l’inflammation et l’auto-immunité (dysbiose, augmentation Treg, diminution TH17).

À retenir

HLA-G, molécule de classe I, reconnue par des récepteurs inhibiteurs, joue un rôle clé dans la tolérance materno-fœtale en modulant la réponse immunitaire pour prévenir le rejet du fœtus, tout en étant impliquée dans diverses réponses immunitaires pathologiques.

9. Barrières immunitaires organes

Notions clés & Définitions

  • Barrières physiques : Structures qui protègent certains organes contre l’inflammation en limitant l’accès des agents immunitaires ou des antigènes. Exemples : la barrière sanguin-encéphalique, la barrière de la testicule.

  • Expression de molécules inhibitrices : Mécanismes moléculaires permettant de réduire ou d’empêcher la réponse immunitaire locale. Inclut la présence de Fas ligand, la faible expression de CMH, et la production de substances immunosuppressives.

  • Fas ligand : Molécule exprimée par certaines cellules qui induit l’apoptose des cellules porteuses du Fas, contribuant à l’immunosuppression locale.

  • Faible expression de CMH : Niveau réduit de molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) à la surface des cellules, limitant la présentation antigénique et la reconnaissance par les lymphocytes T.

  • Substances immunosuppressives : Cytokines ou peptides tels que TGFβ, TNFα, et neuropeptides, qui modulent ou inhibent la réponse immunitaire dans certains organes.

Points essentiels

  • Certains organes possèdent des mécanismes spécifiques pour empêcher l’inflammation excessive ou auto-immune, notamment par des barrières physiques ou moléculaires.

  • La barrière sanguin-encéphalique et la barrière de la testicule sont des exemples de barrières physiques, structurées pour limiter la pénétration des agents immunitaires.

  • La production de molécules inhibitrices, comme Fas ligand, joue un rôle crucial dans la régulation locale de la réponse immunitaire, en induisant l’apoptose des lymphocytes ou en limitant leur activation.

  • La faible expression de CMH sur les cellules de certains organes contribue à leur protection en réduisant la présentation antigénique aux lymphocytes T.

  • La sécrétion de substances immunosuppressives (TGFβ, TNFα, neuropeptides) participe à la création d’un environnement immunosuppressif, protégeant ces organes contre l’inflammation.

  • Ces mécanismes assurent un « privilège immunitaire » à des organes comme l’œil, le testicule, la thyroïde, le cerveau, et l’ovaire, où l’inflammation pourrait être particulièrement dommageable.

À retenir

Les organes protégés par ces barrières immunitaires utilisent des mécanismes physiques et moléculaires pour limiter l’inflammation, notamment par des structures spécifiques, une faible présentation antigénique, et la sécrétion de substances immunosuppressives, assurant ainsi leur intégrité et leur fonctionnement.

10. Tolérance orale et muqueuse

Notions clés & Définitions

  • Tolérance orale : suppression de la réponse immune suite à l’exposition orale à un antigène (source : immunologie chapitre 4). Elle permet d’éviter une réaction délétère contre les antigènes présents dans l’alimentation ou la flore intestinale.

  • Mécanismes de tolérance induits par l’administration orale d’antigènes : processus par lesquels l’ingestion d’antigènes entraîne une réponse immunitaire régulée ou inhibée, contribuant à la tolérance périphérique.

  • Tolérance orale (définition) : phénomène de suppression ou d’atténuation de la réponse immunitaire suite à l’exposition orale à un antigène, permettant de prévenir une réaction auto-immune ou hypersensible (source : immunologie chapitre 4).

  • Altération peptidique : modification d’un seul acide aminé dans un peptide, pouvant entraîner la perte de la tolérance, c’est-à-dire la capacité à induire une réponse immunitaire régulée ou tolérante (source : immunologie chapitre 4).

Points essentiels

  • La tolérance orale est un mécanisme physiologique permettant d’éviter une réaction auto-immune contre les antigènes du soi ou ceux présents dans l’alimentation, en modulant la réponse immunitaire via des mécanismes spécifiques.

  • La tolérance orale implique des mécanismes de tolérance périphérique, notamment dans les ganglions, avec un rôle des Treg, des cellules dendritiques, et des cytokines comme IL-4, IL-10, TGF-β.

  • La rupture de la tolérance orale peut conduire à des pathologies telles que les allergies, la maladie cœliaque ou les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI).

  • L’altération peptidique, en changeant un seul acide aminé, peut faire perdre la capacité du peptide à induire la tolérance, ce qui peut favoriser une réponse immunitaire inappropriée.

  • La tolérance orale est transférable entre animaux et diffuse dans tout l’organisme, soulignant son importance dans la régulation systémique de la réponse immunitaire.

À retenir

La tolérance orale est un mécanisme essentiel de régulation immunitaire, dont la perte ou l’altération peptidique peut entraîner des maladies auto-immunes ou hypersensibles.

Tableaux de Synthèse

AspectTolérance centrale TTolérance périphérique TTolérance lymphocytaire B
LieuThymusTissus périphériquesFollicules lymphoïdes
Mécanisme principalSélection négative via présentation auto-antigènesIgnorance, anergie, délétionCentral (réarrangement, apoptose), périphérique (délétion, anergie)
Auto-antigènesPrésentés par cellules épithéliales thymiques, macrophages, cellules dendritiquesExpression ectopique contrôlée par DEAF1Auto-anticorps naturels faibles, auto-réactivité contrôlée
RésultatÉlimination ou inactivation des thymocytes autoréactifsLimite l’activation des lymphocytes T auto-réactifs dans les tissusContrôle de la production d’auto-anticorps, maintien de la tolérance humorale
Auteur

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre auto-immunité physiologique et pathologique : la première est normale, la seconde implique une rupture des mécanismes de tolérance.
  2. Croire que la tolérance centrale élimine tous les auto-reactifs : elle en élimine la majorité, mais pas tous.
  3. Confondre l’ignorance immune et l’anergie : l’ignorance est passive, l’anergie est un état de désactivation fonctionnelle.
  4. Omettre que la tolérance périphérique inclut aussi la délétion clonale, pas seulement l’ignorance.
  5. Confusion entre auto-anticorps naturels (faibles, polyspécifiques) et auto-anticorps pathologiques.
  6. Négliger le rôle de DEAF1 dans la régulation de la tolérance orale et muqueuse.
  7. Penser que la hypermutation somatique ne peut pas générer d’auto-anticorps : elle peut, si la sélection est défaillante.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition d’auto-immunité physiologique selon le contenu source.
  2. Expliquer le mécanisme de la tolérance centrale T dans le thymus, notamment la sélection négative et le rôle du gène aire.
  3. Définir la tolérance périphérique T, en insistant sur l’ignorance immune et la non-recognition d’auto-antigènes.
  4. Décrire la différence entre tolérance centrale et périphérique T.
  5. Expliquer le rôle de DEAF1 dans la tolérance orale et muqueuse.
  6. Connaître la structure et la fonction des follicules lymphoïdes, notamment la zone sombre et la zone claire.
  7. Définir la réaction auto-immune B et ses mécanismes, notamment la hypermutation somatique.
  8. Identifier les mécanismes de tolérance lymphocytaire B centrale et périphérique.
  9. Maîtriser la différence entre auto-anticorps naturels et auto-anticorps pathologiques.
  10. Connaître les mécanismes de régulation T (Treg) dans le maintien de l’auto-immunité physiologique.
  11. Savoir que l’auto-immunité physiologique résulte de réarrangements aléatoires contrôlés par des mécanismes de tolérance.
  12. Connaître la fonction des auto-antigènes ectopiques dans la tolérance centrale T.

Teste seu conhecimento

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1. Comment peut-on exploiter la régulation T effectrice pour limiter une réaction auto-immune en pratique clinique ou expérimentale ?

2. À quelle période la différenciation en zones sombres et zones claires dans les follicules lymphoïdes a-t-elle été principalement décrite ou établie dans la littérature immunologique ?

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Autoimmunité — définition ?

Réponse immunitaire contre le soi, physiologique ou pathologique.

Autoimmunité physiologique — rôle ?

Production normale de lymphocytes autoréactifs sans dommage.

Tolérance centrale T — lieu ?

Thymus.

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