Partie souple
La partie souple comprend la première de montage et les ailettes. La première de montage est une pièce de cuir réalisée dans le collet non battu, souvent placée dans le collet ou le haut de la chaussure pour assurer une certaine flexibilité et facilité d’ajustement. Les ailettes sont des bandes de peausserie, généralement en chèvre ou en basane, placées sur le dehors du pied, entre la tige et la doublure, du bout dur au contrefort. Elles jouent un rôle de finition et de maintien, tout en contribuant à la souplesse de la chaussure.
Partie rigide
La partie rigide comprend le contrefort et le bout dur. Le contrefort est une pièce de cuir généralement prise dans un croupon mince ou un collet battu, renforcée à la colle de Vienne pour la durcir davantage. Il supporte le poids du corps à chaque pas, justifiant ainsi un traitement spécifique distinct du bout dur. Le bout dur est une pièce de cuir prise dans un collet ou un flan mince battu, conçue pour protéger les orteils contre les coups et éviter la déformation de la tige. Il sert à assurer la rigidité nécessaire à la protection et à la stabilité du pied.
La distinction entre la partie souple et la partie rigide repose sur leur composition et leur fonction. La partie souple, comprenant la première de montage et les ailettes, est conçue pour apporter flexibilité, confort et ajustement à la chaussure. La première de montage, fabriquée dans le collet non battu, permet une certaine souplesse au niveau du collet, facilitant l’enfilage et le confort. Les ailettes, en bandes de peausserie placées entre la tige et la doublure, assurent une finition propre et une certaine souplesse dans la zone extérieure du pied.
En revanche, la partie rigide, comprenant le contrefort et le bout dur, a pour fonction principale de supporter le poids du corps et de protéger le pied. Le contrefort, renforcé à la colle de Vienne, est conçu pour résister à la pression exercée lors de la marche, en particulier à chaque pas où il reçoit tout le poids du corps. La préparation du contrefort implique un traçage précis, une coupe en fonction de la forme du pied, et un parage soigné pour assurer sa solidité et sa conformité à la forme. Le bout dur, quant à lui, est découpé pour protéger la zone des orteils contre les coups et éviter la déformation de la tige. Sa fabrication nécessite un cuir rigide, travaillé en humeur, avec un parage précis pour assurer une protection optimale tout en restant confortable.
Il est crucial de traiter séparément le contrefort et le bout dur, car chacun supporte des contraintes différentes : le contrefort supporte le poids lors de la marche, tandis que le bout dur doit résister aux chocs et à la déformation.
Comprendre la distinction fonctionnelle et matérielle entre les parties souples et rigides est fondamental pour appréhender la structure de la chaussure. La partie souple assure confort et ajustement, tandis que la partie rigide garantit la stabilité, la protection et la durabilité du chaussant.
Ailettes
Pièces de peausserie (telles que la basane ou la chèvre) placées entre la tige et la doublure à l’extérieur du pied. Leur rôle principal est de renforcer localement cette partie de la tige, qui supporte une charge importante lors de la marche. Elles participent à la solidité et à la durabilité de la chaussure en renforçant la zone de contact avec le poids du porteur.
Peausserie
Matériau issu de la peau tannée, utilisé dans la fabrication de chaussures. Parmi les types de peausserie mentionnés, on trouve la basane, la chèvre, la peau de basane, la peau de chèvre, la peau de veau, etc. La peausserie est choisie en fonction de ses qualités de résistance, de souplesse et d’esthétique.
Basane
Type de peausserie, généralement fine et souple, souvent utilisée pour les doublures ou les renforcements discrets. La basane est appréciée pour sa finesse et sa capacité à se conformer à la forme du pied tout en offrant une certaine résistance.
Chèvre
Autre type de peausserie, généralement plus résistante et plus rigide que la basane. La peau de chèvre est utilisée pour ses qualités de solidité et sa finesse, permettant un renforcement discret mais efficace.
Achevalement
Terme désignant l’opération ou la technique de fixation et de finition des pièces de cuir ou de peausserie, notamment pour assurer leur bonne tenue et leur aspect esthétique. Dans le contexte des ailettes, l’achevalement concerne la manière dont elles sont parées et intégrées pour éviter toute surépaisseur visible après montage.
Les ailettes sont constituées de pièces de peausserie, telles que la basane ou la chèvre, qui se placent stratégiquement entre la tige et la doublure à l’extérieur du pied. Leur placement est précis : elles se positionnent sous le bout dur d’une part, et sous le contrefort d’autre part, afin de renforcer la tige dans sa zone de charge. La fonction principale de ces ailettes est de renforcer cette partie de la tige qui supporte le poids du corps lors de la marche, notamment parce que le pied porte vers l’extérieur à chaque pas dans une marche normale.
Lors de leur fabrication, les ailettes doivent être parées sur tout le tour à une largeur de 0 sur 15 millimètres. Cette parure consiste à couper le cuir de façon à obtenir une finition propre et fine, évitant ainsi toute surépaisseur visible après montage. La parure à 0 sur 15 millimètres garantit que l’épaisseur de la pièce est minimale, permettant une intégration discrète et esthétique dans la chaussure finale.
Leur placement doit également respecter une certaine précision pour éviter toute surépaisseur qui pourrait apparaître après montage. Ainsi, elles sont positionnées sous le bout dur et sous le contrefort, de façon à ce que l’achevalement (la finition ou la couture d’assemblage) ne provoque pas de surépaisseur visible. La précision dans la parure et le positionnement est essentielle pour assurer un rendu final soigné, tout en conservant la résistance renforcée que ces ailettes apportent.
Les ailettes en peausserie jouent un rôle discret mais essentiel dans le renforcement localisé de la tige, conciliant protection et esthétique. Leur placement précis et leur parure soignée garantissent une résistance optimale tout en évitant toute surépaisseur visible après montage.
Croupon mince
Le croupon mince désigne une pièce de cuir très fin, généralement rigide, utilisée dans la fabrication du contrefort. Sa finesse permet une meilleure adaptation et galbure sur la forme, tout en conservant une certaine rigidité nécessaire pour le maintien de la chaussure. La sélection du cuir mince est essentielle pour assurer la solidité et la précision du contrefort sans alourdir la chaussure.
Collet battu
Le collet battu est une bande de cuir prise dans le collet, non battu, d’une épaisseur comprise entre 2 et 3 millimètres, et d’une largeur de 10 à 18 millimètres. Il sert à la fabrication de la bande trépointe. La technique de battage ou de non battage influence la souplesse et la solidité de la pièce, mais dans ce contexte, le collet battu est utilisé pour sa stabilité et sa résistance.
Colle de Vienne
La colle de Vienne est une colle spécifique utilisée pour fixer la bande trépointe sur la tige. Elle doit assurer une adhérence solide et durable, supportant les contraintes de la couture et du semelage. La qualité de cette colle est cruciale pour garantir l’étanchéité et la solidité de la chaussure finale.
Galbage
Le galbage est la technique de modelage du cuir pour lui donner une forme arrondie ou cambrée, adaptée à la forme de la chaussure. Lors de la préparation du contrefort, le cuir est galbé sur une forme à l’aide d’outils comme la pince et le marteau, afin d’obtenir une courbure précise qui épousera la forme du talon et du contrefort.
Parage
Le parage consiste à réduire l’épaisseur du cuir à certains endroits pour faciliter la fixation, l’ajustement ou l’assemblage. Dans le contexte du contrefort, le parage est effectué côté chair pour conserver la solidité côté fleur et pour faciliter le galbage. Le parage permet aussi d’obtenir une surface plus régulière et adaptée à la couture ou à la fixation.
Le contrefort doit être choisi en fonction du travail à effectuer, souvent en cuir mince rigide, avec l’aile extérieure plus longue que l’intérieur. La préparation du cuir commence par le parage côté chair, ce qui permet de conserver la solidité du côté fleur tout en facilitant le galbage sur la forme. Lors du galbage, le cuir est modelé pour épouser la forme de la carre de forme, qui doit être parfaitement marquée, avec un dessous plat pour assurer un bon équilibrage du talon.
Pour parfaire le galbage, des crans sont réalisés à la base du contrefort, côté emboîtage, afin d’éviter la formation de bosses visibles sur la tige. Le cuir est ensuite battu régulièrement pour éliminer les bosses et uniformiser la surface, notamment en enlevant les bosses qui pourraient nuire à l’aspect ou à la solidité. La base du contrefort est rafraîchie à hauteur de la rigole intérieure pour assurer une fixation précise.
Les quartiers arrière du contrefort sont rabattés, en galbant la peausserie sur l’emboîtage de la forme et en éliminant les pointes de fixation. La cambrure et les flancs sont ensuite ajustés à l’aide d’un outil appelé chien à monter, qui permet de plaquer la tige et la doublure sur la forme en cambrure. La fixation est renforcée par des têtes hommes, et la tige est ajustée pour qu’elle épouse parfaitement la forme.
La bande trépointe, prise dans le collet non battu, est préparée en gravant à 2 millimètres du bord côté chair, pour le logement du fil de couture, et en réalisant une légère parure côté fleur pour assurer une bonne adhérence à la tige lors du serrage de la couture. La bande doit être solide, sans défauts, car elle supporte le semelage. La couture trépointe est exécutée au point lassé, avec un fil en chanvre ou chanvre de lin mélangé, poissé, et une alêne courbe à section ovale.
Après la couture, la bande trépointe est parée côté chair sur un centimètre pour faciliter le raccordement avec l’emboîtage du talon, puis parée à nouveau à la fin pour couper le reste. La trépointe est tendue et perpendiculaire à la carre de forme pour éviter les ondulations, puis cousue à l’aide d’un point de feston, en perceant des trous avec une alêne spécifique. La couture est ensuite égalisée, puis la bande est redressée à l’aide d’un machinoir pour assurer une surface plane et perpendiculaire à la tige.
La préparation minutieuse du contrefort, notamment par le choix du cuir, le parage, le galbage et la fixation précise de la bande trépointe, garantit sa rigidité, son confort et son intégration harmonieuse dans la chaussure, assurant ainsi sa solidité, son étanchéité et sa durabilité.
Point de claque
Le point de claque désigne la zone de contact ou d’appui sur laquelle repose le point de la tige ou la partie du bout dur. Il sert à assurer la stabilité et la protection du pied en répartissant la pression exercée lors de la marche.
Flan battu
Le flan battu correspond à une pièce de matière souple, comme du feutre, du collet ou de la peausserie, qui est battue ou cylindrée pour obtenir une surface plane et régulière. Il est utilisé pour combler le centre de la planche de forme, notamment entre la ligne des flancs et la trépointe, afin de donner un léger bombé à la tige.
Sens du prétend
Le prétend désigne la direction dans laquelle le cuir est coupé, généralement dans le sens de la fibre ou du fil, pour faciliter le galbage et assurer la souplesse du cuir. La coupe dans le sens du prétend permet une meilleure adaptation à la forme du pied et facilite la mise en forme du bout dur.
Demi-lune
La demi-lune est une forme spécifique du bout dur, caractérisée par une courbe simple en demi-cercle. Elle est utilisée pour un bout simple, où la forme doit suivre une courbe douce et régulière, adaptée à certains styles de chaussures.
Bout lune
Le bout lune correspond à une forme de bout dur en forme de lune, généralement plus élaborée ou rapportée, qui peut s’adapter à des formes de tige plus complexes ou à des styles spécifiques de chaussures. Il est souvent employé pour des bouts rapportés ou des formes plus sophistiquées.
Le bout dur a pour rôle principal de protéger les orteils des chocs et d’éviter la déformation de la tige. Pour cela, il doit être fabriqué dans un cuir rigide mais souple sur ses bords, afin d’assurer à la fois la solidité et la confortabilité. La préparation du cuir du bout dur commence par un trempage, suivi d’un travail en humeur, ce qui facilite sa manipulation. Le cuir est coupé dans le sens du prétend, ce qui facilite le galbage et la mise en forme. La coupe dans cette direction permet d’obtenir une souplesse locale, essentielle pour que le bout épouse la forme du pied tout en conservant sa rigidité.
La forme du bout dur varie selon le type de tige : pour un bout simple, on utilise la demi-lune, une courbe simple et régulière ; pour un bout rapporté ou plus élaboré, la forme lune est privilégiée. La forme doit s’harmoniser avec le style de la chaussure, par exemple débordante pour des chaussures sport ou plus fine et ajustée pour des chaussures fines. La ligne du prétend doit également respecter cette harmonie, en étant plus ou moins débordante ou ajustée selon le style.
La préparation implique aussi le comblement du centre de la planche de forme, qui présente un creux. Ce comblement se fait avec un rempli léger, en peausserie, feutre ou collet, pour assurer un léger bombé. Entre la ligne des flancs et la trépointe, un cambrion, en croupon ou en fer, est placé pour donner la rigidité nécessaire. Si le cambrion est métallique, il doit être collé sur un garnissage pour respecter le bombé. Si c’est en cuir, il est pris dans la queue du croupon, chevauché sur le repli, puis maintenu avec de la colle de Vienne.
La préparation du semelage consiste à tremper la semelle en cuir, puis à la battre ou cylindrer pour lui donner une forme adaptée. Elle est ensuite cardée, collée à la néoprène, puis ajustée par aplatissage au tire-pied pour éviter de marquer la fleur du cuir. La semelle doit être parfaitement adhérente à la trépointe, ce qui nécessite un passage du machinoir. La couture de la semelle, essentielle pour l’étanchéité, est réalisée avec un fil de lin poissé ou ciré, en points petits et réguliers, en utilisant une alêne adaptée. La couture doit respecter une distance précise par rapport à la trépointe et la forme de la semelle, pour garantir la solidité et l’esthétique du travail.
Le gravurage, opération consistant à faire une incision dans le cuir pour loger le fil de couture, doit être tracé à 2 millimètres du bord de la semelle, à un angle de 45°, pour assurer une bonne tenue et une usure limitée. La sortie de l’alêne doit relever la lèvre de la gravure, facilitant le passage du fil. La couture doit être régulière, serrée, et en harmonie avec la ligne de forme de la chaussure, pour assurer à la fois la fonction et l’esthétique.
La préparation du bout dur doit allier protection et souplesse locale, en utilisant des techniques précises de coupe, de comblement et de couture, pour préserver la forme et le confort du pied tout en assurant la durabilité de la chaussure.
Claque
La claque est un élément utilisé lors du montage pour tirer et emboutir la tige sur la forme. Elle sert à fixer la tige en maintenant une tension et une pression constantes, permettant ainsi de façonner la tige autour de la forme avec précision. La claque joue un rôle essentiel dans l’ajustement de la tige, en assurant qu’elle épouse parfaitement la forme, notamment lors du tirage et de l’emboutissage.
Quartiers arrière
Les quartiers arrière désignent la partie de la tige située à l’arrière de la chaussure, correspondant à la zone du talon. Ils contribuent à la fixation de la tige sur la forme et participent à la stabilité du montage. Lors du processus, ils sont fixés en même temps que d’autres éléments comme le contrefort, pour assurer un maintien optimal de la tige.
Doublure
La doublure est une couche intérieure insérée dans la tige pour renforcer sa structure, améliorer le confort et assurer une finition propre. Lors du montage, la doublure est fixée en même temps que la tige, souvent par fixation sur le contrefort, et joue un rôle dans la finition esthétique et la durabilité de la chaussure.
Tête homme
La tête homme est un outil utilisé pour fixer la tige sur la forme. Elle sert à maintenir la tige en place, notamment lors du tirage et de l’emboutissage, en exerçant une pression pour assurer un ajustement précis. La tête homme permet de stabiliser la tige durant le montage, facilitant ainsi la fixation des autres éléments comme le contrefort, le bout dur, la claque et les quartiers arrière.
Chien à monter
Le chien à monter est un outil destiné à plaquer la tige contre la cambrure de la forme. Son rôle principal est d’assurer un galbage parfait, c’est-à-dire une courbure régulière et précise de la tige pour épouser la forme. En pressant la tige contre la cambrure, le chien à monter garantit une finition sans bosses et une adaptation optimale de la tige à la forme.
Le montage consiste à tirer et emboutir la tige sur la forme en fixant plusieurs éléments essentiels : le contrefort, le bout dur, la claque et les quartiers arrière. La fixation du contrefort est réalisée par collage et par un fil noué entre les quartiers et la doublure, avec une aile extérieure plus longue pour faciliter la fixation. La doublure, insérée dans la tige, est fixée en même temps que le contrefort pour renforcer la structure et assurer une finition propre.
Le contrefort, qui est collé et fixé par fil, joue un rôle crucial dans la stabilité de la tige. La fixation du contrefort est renforcée par l’utilisation d’un fil noué, permettant une tension constante. La doublure, quant à elle, est intégrée pour améliorer la finition et le confort.
Le chien à monter est utilisé pour plaquer la tige contre la cambrure de la forme, ce qui permet d’obtenir un galbage parfait. Cette opération est essentielle pour assurer que la tige épouse la forme de manière régulière, sans bosses ni irrégularités.
Les plis de la tige sont résorbés par tirage et battage. Ces opérations permettent d’ajuster la tension et la forme de la tige, éliminant ainsi les bosses ou irrégularités, pour obtenir un ajustement précis et une surface lisse.
Le montage de la tige est une opération clé qui façonne la tige autour de la forme, en utilisant des éléments comme la claque, le chien à monter et les quartiers arrière, pour assurer un ajustement parfait, une solidité optimale et une finition sans défauts.
Bande trépointe
La bande trépointe est une pièce de cuir ou de matériau similaire, placée en collet non battu, qui sert à renforcer la couture de la trépointe. Elle est gravée côté chair pour accueillir le fil de couture, ce qui facilite la fixation et la solidité de la couture. Par ailleurs, elle est parée côté fleur afin d’assurer une meilleure adhérence avec la semelle ou la pièce voisine, évitant ainsi tout décollement ou déchirure prématurée.
Couture trépointe
La couture trépointe est réalisée au point lassé, utilisant un fil de chanvre ou de chanvre-lin poissé. Ce point spécifique garantit une fixation solide et une étanchéité efficace, essentielle pour la durabilité et l’imperméabilité de la chaussure. La couture doit être effectuée de manière à assurer une résistance mécanique optimale, tout en respectant la régularité et la tension du fil.
Point lassé
Le point lassé est un point de couture utilisé pour la couture trépointe. Il se caractérise par une boucle qui enserre le fil, permettant une couture solide et flexible. Ce point est choisi pour sa résistance à l’usure et à l’étanchéité qu’il confère à la couture, notamment dans le contexte de la fabrication de chaussures où la durabilité est primordiale.
Fil chanvre poissé
Le fil chanvre poissé est un fil de chanvre traité avec une substance adhésive ou cireuse, appelée « poissage ». Ce traitement augmente la résistance à l’usure, améliore la cohésion du fil lors de la couture, et contribue à l’étanchéité de la couture. Le fil poissé est particulièrement adapté pour la couture trépointe, car il assure une fixation durable et résistante à l’eau.
Alêne courbe
L’alêne courbe est un outil de couture doté d’une pointe courbée, utilisé pour passer le fil dans le cuir lors de la couture trépointe. Sa forme permet de faciliter l’insertion du fil dans des zones difficiles d’accès, notamment dans les courbes ou les angles. La courbure de l’alêne assure une meilleure maniabilité et précision lors de la réalisation du point lassé.
La bande trépointe est en collet non battu, ce qui signifie qu’elle n’est pas pliée ou repliée sur elle-même, mais simplement insérée dans la couture. Elle est gravée côté chair, c’est-à-dire la face intérieure, pour loger le fil de couture. Cette gravure facilite la fixation du fil, en permettant une meilleure prise et une tension régulière lors de la couture. La face parée, côté fleur, est travaillée pour assurer une meilleure adhérence avec la semelle ou la pièce voisine, évitant ainsi tout décollement ou déchirure prématurée.
La couture trépointe est réalisée au point lassé, avec un fil de chanvre ou de chanvre-lin poissé. Ce choix de fil garantit la solidité mécanique de la couture et son étanchéité, deux qualités essentielles pour la durabilité de la chaussure. Le point lassé, par sa structure en boucle, permet d’obtenir une couture résistante, flexible et durable.
Le faufilage de l’emboîtage, c’est-à-dire la couture qui relie la trépointe à la semelle ou à d’autres pièces, se fait au point de feston. Ce point de renfort contribue à renforcer la couture trépointe, en assurant une meilleure cohésion entre les différentes couches de cuir ou de matériaux.
Il est important que la trépointe soit tirée perpendiculairement à la carre de forme, c’est-à-dire la ligne de la coupe de la pièce, afin d’éviter la formation d’ondulations ou de déformations. Cette orientation garantit une couture régulière, sans tension excessive ou déformation de la pièce, sauf au bout où une certaine souplesse ou déviation peut être tolérée pour respecter la forme naturelle de la chaussure.
La couture trépointe, en utilisant une bande gravée et un fil poissé, constitue l’élément essentiel garantissant la solidité mécanique et l’étanchéité de la chaussure. Son bon déroulement, notamment le tirage perpendiculaire à la carre, est crucial pour assurer la durabilité et la qualité finale de l’ouvrage.
Mur de trépointe
Le mur de trépointe désigne la partie verticale de la trépointe qui entoure la carre de forme. Après montage, il est coupé à la hauteur du mur de trépointe et égalisé à la râpe pour assurer une surface régulière. La trépointe elle-même est une bande de cuir ou autre matériau qui sert de support à la semelle et qui entoure la forme de la chaussure. Elle peut varier en épaisseur et en largeur selon le type de montage ou la finition souhaitée.
Râpe
La râpe est un outil de finition utilisé pour égaliser ou lisser la surface de la trépointe ou du cuir après découpe ou montage. Après avoir coupé le surplus de cuir à la hauteur du mur de trépointe, on utilise la râpe pour obtenir une surface plane et régulière, facilitant ainsi la pose de la semelle ou la finition esthétique.
Panne du marteau
La panne du marteau correspond à la partie plate ou arrondie de la tête du marteau, utilisée pour marquer ou ajuster la forme de la carre de forme. Elle sert à marquer la carre de forme afin de parfaire la cambrure ou la courbure de la chaussure, en donnant une forme précise et régulière lors des opérations de finition.
Battage
Le battage désigne l’action de marteler régulièrement la surface ou la zone du contrefort ou de la semelle pour éliminer les bosses ou irrégularités. Ce processus permet d’uniformiser la surface, ce qui est essentiel pour obtenir un bon galbage, c’est-à-dire une forme harmonieuse et régulière de la chaussure.
Égal barrage
L’égal barrage consiste à assurer une surface plane et régulière sur la forme, notamment sur la zone du talon ou du semelage, en utilisant des outils ou des techniques spécifiques pour niveler la surface. Sur forme, cette opération garantit une surface plane pour un bon équilibrage du talon, contribuant ainsi à la stabilité et à l’esthétique finale de la chaussure.
Après montage, le surplus de cuir est coupé à la hauteur du mur de trépointe et égalisé à la râpe. Cette étape permet d’obtenir une surface propre et régulière, essentielle pour la suite des opérations de finition. La coupe doit être précise pour éviter toute irrégularité qui pourrait nuire à l’aspect ou à la solidité de la chaussure.
Le battage régulier du contrefort est une étape cruciale pour éliminer les bosses et uniformiser la surface. En battant de façon régulière, l’artisan assure un galbage harmonieux, c’est-à-dire une courbure fluide et régulière de la forme, ce qui est indispensable pour une finition esthétique et une bonne tenue de la chaussure.
La panne du marteau est utilisée pour marquer la carre de forme et parfaire la cambrure. En utilisant la face plate ou arrondie de la panne, l’artisan peut ajuster la courbure de la chaussure, en donnant une forme précise et en renforçant la cambrure naturelle ou souhaitée. Cette étape permet d’obtenir une surface parfaitement modelée, prête pour la pose de la semelle ou la finition finale.
L’égal barrage sur forme assure une surface plane pour un bon équilibrage du talon. En nivelant la surface, cette opération garantit que le talon sera bien stable et esthétique, évitant toute inclinaison ou irrégularité qui pourrait compromettre le confort ou la style de la chaussure.
La finition précise de la semelle et du talon, notamment par la coupe, l’égalisation, le battage et la marquage, est essentielle pour assurer le confort, l’esthétique et la durabilité de la chaussure. Ces opérations garantissent une surface régulière et harmonieuse, contribuant à la qualité finale du produit.
Montage en retourné
Le montage en retourné consiste à assembler la tige et la semelle en retournant la tige vers l’extérieur, permettant une finition visible de l’intérieur de la chaussure. Il est souvent utilisé pour des chaussures nécessitant une grande souplesse ou un aspect esthétique particulier, notamment dans la fabrication de sandales ou chaussures basses. La technique implique généralement de fixer la tige sur la première, puis de retourner le bord pour obtenir une finition propre et solide.
Montage Goodyear
Le montage Goodyear, aussi appelé montage cousu trépointe, est une technique d’assemblage où la tige est cousue à une trépointe, qui elle-même est fixée à la semelle. La trépointe est une bande de cuir ou autre matériau cousue à la fois à la tige et à la semelle, assurant une solidité et une imperméabilité accrues. La couture est réalisée avec un point noué à la main ou un point de chaînette en fabrication mécanique, garantissant une fixation durable et résistante.
Montage Blake
Le montage Blake consiste à coudre directement la tige à la semelle par une couture unique, généralement à la machine. La couture passe à travers la semelle et la tige, ce qui permet une fabrication plus simple et plus fine. Ce montage est privilégié pour sa légèreté, sa souplesse et sa finesse, mais il nécessite une semelle plus résistante pour assurer l’étanchéité et la durabilité.
Montage cousu
Le montage cousu désigne une technique d’assemblage où la tige est fixée à la semelle par une couture, pouvant varier selon la méthode spécifique (Goodyear, Blake, cousu part en part, etc.). La couture peut être réalisée à la main ou à la machine, et chaque type de montage présente ses particularités en termes de solidité, d’imperméabilité et de souplesse.
Montage soudé
Le montage soudé implique de fixer la tige à la semelle par collage ou soudure à chaud, souvent à l’aide de machines. La tige est montée sur une première en collet non battu, puis la semelle est collée ou soudée à la tige, souvent à l’aide de techniques de vulcanisation ou d’injection de polymères. Ce procédé permet une fabrication rapide et une grande souplesse, notamment dans la fabrication industrielle.
Les montages spéciaux incluent différentes techniques d'assemblage de la tige et de la semelle adaptées à divers usages.
Le montage Goodyear, cousu trépointe, est privilégié pour sa solidité et son imperméabilité, car la couture relie la tige à une trépointe, qui elle-même est fixée à la semelle. La trépointe, généralement en cuir ou autre matériau, est cousue à la fois à la tige et à la semelle, assurant une fixation robuste. La couture peut être réalisée à la main avec un point noué ou mécaniquement avec un point de chaînette.
Chaque type de montage nécessite des outils spécifiques et des étapes précises pour garantir la qualité finale : par exemple, pour le cousu trépointe, il faut une couture précise pour assurer l’étanchéité, tandis que pour le montage Blake, la couture doit être fine et régulière pour préserver la souplesse.
Les autres montages, comme le cousu soude, utilisent des techniques de collage et de vulcanisation. La fabrication slip-leasting (montage California) combine plusieurs parties (tige, première, bande d’enrobage) assemblées par couture, avec des éléments comme une double en feutre ou liège pour le confort. Le cousu sandalette implique un retournement de la tige et une fixation par crampillons ou couture, souvent pour des sandales ou chaussures légères.
Le montage de part en part consiste à coller la tige sur la première, puis à la coudre entièrement, ce qui donne une chaussure très résistante. Le mocassin, quant à lui, conserve un principe traditionnel, avec une plaque de cuir englobant le pied et cousue sur le dessus, offrant souplesse et confort.
Les montages vulcanisé ou injecté sont purement industriels : la tige est placée sur un moule chauffé, puis la semelle est formée par injection ou vulcanisation de polymères, assurant rapidité et uniformité. Enfin, le montage mixte combine plusieurs techniques, comme le collage, le rivetage et la couture, pour optimiser la solidité et la finition.
Maîtriser les montages spéciaux permet d’adapter la fabrication de la chaussure aux exigences fonctionnelles, esthétiques et de durabilité, en utilisant des techniques variées selon le type de chaussure et son usage.
| Partie | Composition | Fonction | Notions clés | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|---|
| Partie souple | Première de montage (collet non battu), ailettes (peausserie) | Flexibilité, ajustement, finition | Collet non battu, ailettes en chèvre ou basane, parure à 0/15 mm | - |
| Partie rigide | Contrefort (croupon mince, collet battu), bout dur (collet ou flan mince battu) | Support du poids, protection des orteils | Collet battu, colle de Vienne, parage précis, humeur du cuir | - |
| Ailettes en peausserie | Basane ou chèvre placées entre tige et doublure | Renforcement localisé, résistance à la charge | Parure à 0/15 mm, placement précis sous le bout dur et le contrefort | - |
| Contrefort préparation | Croupon mince, collet battu, colle de Vienne, galbage | Maintien de la forme, galbure du cuir | Galbage pour ajuster la forme, sélection du cuir fin et rigide | - |
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1. En quoi la partie souple et la partie rigide diffèrent-elles dans la fabrication d'une chaussure ?
2. Comment doit-on utiliser ou appliquer les ailettes en peausserie lors du montage d'une chaussure ?
Memorize os conceitos chave de Structure et fabrication de la chaussure com 16 flashcards interativos.
Partie souple — définition ?
Inclut la première de montage et ailettes, pour flexibilité.
Partie rigide — rôle ?
Supporte le poids et protège le pied.
Ailettes en peausserie — matériaux ?
Basane ou chèvre.
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