Лист за преговор: Histoire du droit romain et français

📋 Plan du Cours

  1. Droit profane et loi des Douze Tables
  2. Imperium consulaire et cité romaine
  3. Préteur et jurisconsultes
  4. Étatisation et universalisme du droit romain
  5. Sources des droits savants
  6. Renaissance juridique à Bologne
  7. Humanisme juridique
  8. Coutume médiévale et codification
  9. Reconquête du pouvoir législatif royal
  10. Procédure et législation royale
  11. Droit commun coutumier
  12. Unité juridique de la France

📖 1. Droit profane et loi des Douze Tables

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit profane : Le droit profane est un droit créé par les hommes et détaché de l’idée d’une règle transmise par les dieux.
  • Jus civile : Le jus civile est un droit réservé aux citoyens romains qui permet notamment de régler des situations juridiques entre eux.
  • Coutume ancestrale : La coutume ancestrale est une pratique ancienne et constante d’un groupe social qui sert de source de droit non écrite.
  • Caractère formaliste : Le caractère formaliste impose que les actes juridiques reposent sur des rites et paroles exacts, sous peine de nullité.
  • Loi des 12 tables : La loi des 12 tables est la première grande publication romaine de règles, rédigée au 5e siècle avant notre ère après une crise sociale.

📝 Points essentiels

  • Le droit romain archaïque est d’abord vu comme une réalité sacrée, mais la loi des 12 tables marque son basculement vers un droit profane fondé sur des règles humaines.
  • La plèbe réclame l’accès public au droit afin de ne plus subir la domination des patriciens qui en contrôlaient la connaissance jusqu’au 5e siècle avant notre ère.
  • La crise du 5e siècle avant notre ère inclut un problème économique et des dettes contractées avec une garantie portant sur la personne du débiteur, pouvant conduire à l’esclavage.
  • En 455, le Sénat accepte de promulguer des règles communes aux patriciens et aux plébéiens après opposition initiale à la création d’une protection spécifique de la plèbe.
  • La loi des 12 tables est rédigée en 451 pour les 10 premières tables puis en 450 pour les 2 dernières tables.

💡 Astuce mémo

12 tables = fin du secret religieux : une règle publiée rend le droit profane et opposable.

📖 2. Imperium consulaire et cité romaine

🔑 Notions clés & Définitions

  • Imperium : Le pouvoir suprême des magistrats romains, exercé comme commandement décisif sur la cité.
  • Consuls : Les principaux magistrats élus chaque année qui détiennent l’imperium et commandent au civil comme au militaire.
  • Juridiction criminelle : Le pouvoir de juger les affaires pénales, incluant la possibilité de prononcer la peine capitale.
  • Comice : L’assemblée du peuple romain devant laquelle se déroule le jugement des affaires pénales confiées par la loi.
  • Droit civil primé : La supériorité du droit civil, qui encadre et subordonne progressivement l’imperium des magistrats.

📝 Points essentiels

  • Après la chute de la royauté, les consuls récupèrent l’imperium royal sans limite, exercé notamment sur le plan militaire, administratif et juridictionnel.
  • Sous la loi des 12 tables, l’imperium des consuls est fixé et des limites sont posées pour la première fois.
  • La juridiction criminelle est retirée au consul et confiée au peuple réuni en comice, avec une instruction menée par des questeurs puis un jugement au comice.
  • La peine de mort contre un Romain est présentée comme une décision réservée aux citoyens romains, qui jugent en comice.
  • Les crimes punis de mort sont limités à l’assassinat et à l’incendie volontaire dans la loi des 12 tables, tandis que d’autres limitations viendront ensuite par des lois successives.

💡 Astuce mémo

12 Tables = “impero encadré” : au consul le commandement, au comice la mort (assassinat, incendie).

📖 3. Préteur et jurisconsultes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Préteur urbain : Le préteur urbain est un magistrat chargé des litiges entre citoyens romains, avec un pouvoir plus limité que celui des consuls.
  • Préteur pérégrin : Le préteur pérégrin est un magistrat compétent pour les litiges impliquant des pérégrins, ou opposant Romains et pérégrins.
  • Jurisconsultes : Les jurisconsultes sont des praticiens privés reconnus pour leur connaissance du droit et leur rôle d’aide au préteur.
  • Procédure formulaire : La procédure formulaire est un type de procès où le préteur rédige une formula qui encadre le pouvoir du juge.
  • Jus respondendi : Le jus respondendi est un mécanisme qui donne aux jurisconsultes un rôle d’autorité dans les réponses juridiques.

📝 Points essentiels

  • Le préteur urbain est créé en -367 et reçoit l’imperium limité ainsi que la compétence de juridiction pour les litiges entre citoyens romains.
  • Le préteur pérégrin est créé en -242 et traite les litiges entre pérégrins ou entre citoyens romains et pérégrins.
  • La lex Aebutia introduit la procédure formulaire et permet au préteur de faire évoluer le droit via la rédaction de la formula.
  • Sous le règne d’Adrien, l’édit du préteur est codifié et l’édit est alors présenté comme perpétuel.
  • En 426, la loi des citations limite la citation en justice à cinq jurisconsultes autorisés: Gaius, Papinien, Paul, Ulpien et Modestin.

💡 Astuce mémo

Préteur = formule (encadre le juge) ; Jurisconsulte = répond (autorité via jus respondendi).

📖 4. Étatisation et universalisme du droit romain

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lex animata : Notion impériale désignant le droit rendu « vivant » par la volonté de l’empereur, devenu centre de production des règles juridiques.
  • Constitution impériale : Acte de l’empereur regroupant les décisions ayant valeur normative dans l’Empire romain, à la place des anciennes sources politiques.
  • Édit perpétuel du préteur : État stabilisé de l’édit du préteur lorsque son contenu est fixé durablement, au point d’être dit « perpétuel ».
  • Corpus Justiniani : Compilation de droit romain voulue par Justinien, rassemblant code, digeste, institutes et novelles pour diffuser une norme unifiée.

📝 Points essentiels

  • Au IIe siècle, l’empereur Adrien fait codifier l’édit du préteur, ce qui fixe son contenu et le rend « perpétuel ».
  • À partir de l’époque impériale, l’empereur capte l’imperium et impose un monopole législatif, de sorte que les magistratures républicaines deviennent surtout honorifiques.
  • Les constitutiones impériales se déclinent notamment en édits, rescrits, décrets et mandats, avec des finalités différentes (règles générales, réponses à une question, décisions judiciaires, circulaires provinciales).
  • Pour limiter la difficulté de diffusion des constitutions, Théodose II lance le code Théodosien (429-438), classé chronologiquement et retouché par des interpolations.
  • L’œuvre la plus marquante de Justinien (Corpus Justiniani) comprend le Code (529 puis 534), le Digeste (entrée en vigueur en 533), les Institutes et les Novelles.

💡 Astuce mémo

Lex animata = « l’empereur fait parler la loi » : quand le pouvoir législatif devient monopole, le droit suit sa volonté.

📖 5. Sources des droits savants

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit savant : Le droit savant désigne un droit très technique fondé sur des corpus romain et ecclésiastique, plus sophistiqué que la coutume.
  • Corpus Juris Civilis : Le Corpus Juris Civilis est l’ensemble des compilations de Justinien redécouvertes progressivement en Occident, structurant la science du droit.
  • Digest : Le Digest est la partie centrale des compilations de Justinien, indispensable au développement de la science juridique.
  • Décrétales : Les décrétales sont les textes produits par les papes pour affirmer et organiser leur pouvoir législatif dans le droit canonique.
  • Décret de Gratien : Le décret de Gratien est la grande compilation canonique du XIIe siècle qui synthétise les sources et introduit un classement par questions.

📝 Points essentiels

  • Le droit romain et le droit canonique servent de droits savants en Moyen Âge, lus à travers un contexte chrétien plutôt que comme un simple héritage antique.
  • Vers l’an 1000 en Occident, la coutume devient la source principale tandis que les compilations justiniennes ne sont pas d’usage général.
  • La survie du droit romain s’explique par des éléments de première main (extraits diffusés), des citations dans d’autres lois, et des reprises dans des écrits des pères de l’Église.
  • La redécouverte du Corpus Juris Civilis commence à la fin du XIe siècle, avance par reconstitutions à partir des bibliothèques monastiques, et se complète progressivement vers la fin du XIIe siècle.
  • Dans le droit canonique, les papes produisent des décrétales et au XIIe siècle Gratien réalise une compilation majeure (1120-1150) d’environ 3500 chapitres citant largement le droit romain.
  • Sans la partie centrale qu’est le Digest, aucune construction sérieuse de la science du droit canonico-romain n’est possible selon le texte.

💡 Astuce mémo

Digest = cœur du Corpus : sans Digest, pas de science du droit.

📖 6. Renaissance juridique à Bologne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Jus commune : La notion de jus commune désigne une culture juridique commune, née à l’université, diffusée dans l’Occident chrétien sans effacer les coutumes locales.
  • Glossateurs : Les glossateurs sont des juristes qui étudient les textes savants en les commentant mot à mot pour en extraire le sens juridique.
  • Glose : La glose est le commentaire juridique apposé dans le texte, souvent entre les lignes, pour expliquer et clarifier chaque passage.
  • Sommes : Les sommes sont des ouvrages de synthèse qui rassemblent et rendent accessibles les gloses issues de l’étude du texte.
  • Commentateurs : Les commentateurs sont des juristes qui s’appuient sur les travaux antérieurs mais construisent des commentaires et traités visant à résoudre des problèmes.

📝 Points essentiels

  • À Bologne, l’étude du droit commence d’abord de façon informelle, puis est associée à Irnerius au début du XIe siècle.
  • Les glossateurs expliquent le texte mot à mot et utilisent des ressources comme la dialectique, la grammaire et la rhétorique.
  • Les glose sont placées dans les interlignes, et les synthèses prennent la forme de sommes pour rendre l’ensemble plus compréhensible.
  • Les commentateurs s’éloignent de la lettre du texte et élaborent des solutions à partir d’une méthode inspirée d’Aristote.
  • Le droit savant ne remplace pas les coutumes : le jus commune sert de base commune pour harmoniser l’interprétation à travers l’Europe.

💡 Astuce mémo

Bologne = “gloire aux glose” : glossateurs collent au mot, commentateurs passent aux solutions.

📖 7. Humanisme juridique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Humanisme juridique : Courant renaissant qui place l’homme au centre et amène les juristes à repenser la manière de lire et d’utiliser le droit.
  • Humanisme historiciste : Courant humaniste qui cherche le sens historique exact du droit romain plutôt que son utilité immédiate pour trancher des litiges.
  • Philologie : Discipline d’étude des textes par comparaison et replacée dans un cadre historique pour comprendre ce que dit réellement le texte.
  • Bartolisme : Approche médiévale associée à l’usage du droit romain et des commentaires pour appliquer le droit sans vérifier l’exactitude historique des passages.

📝 Points essentiels

  • Au XVIe siècle, l’humanisme influence la science juridique en critiquant les méthodes médiévales, y compris la façon de traiter les compilations romaines.
  • Les humanistes historicistes recyclent les textes romains pour des questions contemporaines, mais exigent une compréhension fidèle à leur contexte et signification d’origine.
  • Les philologues traitent le droit romain comme un objet historique et linguistique, en analysant notamment le latin des auteurs cités dans le digest.
  • Laurent Valla étudie le digest pour repérer des interpolations dues à la commission ayant confectionné l’œuvre.
  • Ange Politien compare un exemplaire ancien du digest avec celui conservé à la cour des Médicis et conclut à des différences à de nombreux endroits.
  • L’approche des humanistes historicistes s’oppose à celle des commentateurs et du bartolisme, qui n’interrogent pas l’exactitude historique des textes utilisés à l’école.

💡 Astuce mémo

Historiciste = HISTOIRE d’abord : philologie compare les copies, Valla chasse les interpolations, Politien traque les différences.

📖 8. Coutume médiévale et codification

🔑 Notions clés & Définitions

  • Décrétale : La décrétale désigne la source juridique issue d’une décision législative pontificale, dont les collections deviennent le fondement officiel du droit canonique médiéval.
  • Décrétale de Grégoire IX : La codification de Grégoire IX est un ensemble officiel promulgué par le pape pour rassembler et ordonner la législation canonique post-Gratien.
  • Sexte : Le Sexte est un livre ajouté par Boniface VIII pour prolonger l’œuvre antérieure de codification des décrétales et en faciliter la compréhension.
  • Coutumier de Beaumanoir : Le coutumier de Philippe de Beaumanoir est un ouvrage privé qui met par écrit des solutions coutumières, en les améliorant grâce au droit savant quand besoin.

📝 Points essentiels

  • Le décret de Gratien est présenté comme une initiative privée au départ, mais il devient ensuite encadré et prolongé par des codifications pontificales officielles.
  • Les papes structurent leur législation en la compilant en codes, notamment en l’ajoutant en marge ou à la fin des chapitres pour signaler les nouvelles règles.
  • La codification de Grégoire IX comprend 5 livres promulgués en 1234, avec parfois des textes interpolés pour harmoniser le contenu avec l’état du droit.
  • Boniface VIII ordonne l’ajout d’un nouveau livre, le Sexte, et prescrit une réécriture des textes compilés pour améliorer la compréhension du droit.
  • En 1280, Beaumanoir rédige un coutumier complété par des mécanismes inspirés du droit romano-canonique pour combler les vides coutumiers.

💡 Astuce mémo

3 grandes codifications: Grégoire IX (1234) → Boniface VIII Sexte → Clément V (1313-1314).

📖 9. Reconquête du pouvoir législatif royal

🔑 Notions clés & Définitions

  • Reconquête capétienne : Fait historique qui décrit le retour de l’autorité de légiférer des rois, après la période de faiblesse du pouvoir central.
  • Capitulaire carolingien : Acte législatif émis par les souverains carolingiens, surtout lié à l’organisation du pouvoir sous l’Empire divisé.
  • Dynastie capétienne : Lignée qui commence avec l’élection de Hugues Capet et marque une remontée progressive de l’autorité royale en Occident.
  • Féodalité : Organisation politique où des seigneurs usurpent des prérogatives publiques et prescrivent des règles sur leurs propres domaines.
  • Ordonnance royale : Texte de droit édicté par le roi pour reprendre une fonction législative, notamment quand l’autorité royale se consolide.

📝 Points essentiels

  • Le traité de Verdun entraîne une division de l’Empire carolingien, puis l’affaiblissement du pouvoir royal se traduit par la raréfaction des capitulaires dans la partie occidentale.
  • En 987, l’élection de Hugues Capet lance la dynastie capétienne, à un moment où le pouvoir royal est au plus bas.
  • Il faut attendre 1155 pour qu’une première ordonnance soit promulguée dans les limites du royaume, signe d’un retour de l’autorité politique.
  • La féodalité correspond à l’appropriation par les seigneurs des prérogatives de puissance publique, leur permettant de prescrire des règles dans leurs domaines.
  • Les premiers Capétiens doivent s’affirmer contre des seigneurs devenus parfois plus puissants qu’eux, ce qui conditionne la reconquête du pouvoir de faire la loi.

💡 Astuce mémo

Verdun affaiblit → Capet relève (987) → l’ordonnance revient (1155).

📖 10. Procédure et législation royale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lettres patentes : Acte royal transmis par copies dans le royaume, utilisé pour porter des ordonnances ou déclarations royales après rédaction à la grande chancellerie.
  • Arrêts du conseil : Décision signée par le roi et non scellée, employée surtout pour les affaires urgentes dans la fin de l’Ancien Régime.
  • Lois fondamentales du royaume : Ensemble coutumier de règles constitutionnelles de l’Ancien Régime qui limite la législation du roi, notamment sur la dévolution de la couronne.
  • Ordonnances de réformation : Ordonnances royales visant à corriger des abus de l’administration, surtout en droit public, souvent après de grandes crises comme guerres de religion ou guerre de Cent Ans.
  • Ordonnances de codification : Ordonnances royales destinées à organiser ou rassembler le droit sous une forme plus structurée, après la phase de réformation.

📝 Points essentiels

  • Le roi est l’initiateur de la loi et la procédure se différencie selon qu’elle est portée par lettres patentes ou par arrêt du conseil.
  • Les parlements reçoivent les textes envoyés par lettres patentes, peuvent faire des remontrances et chercher à bloquer les réformes qu’ils jugent contraires à l’intérêt général ou aux droits particuliers.
  • Les lois du roi ne doivent pas contredire les lois fondamentales du royaume, en particulier les règles de succession fixées avant le règne de Charles VII.
  • Sous l’Ancien Régime, la législation royale concerne surtout le droit public, tandis que le droit privé reste en principe en dehors, sauf vide juridique ou mécanisme insatisfaisant.
  • Les ordonnances de réformation, apparues sous le règne de saint Louis au milieu du XIIIe siècle, corrigent des abus et touchent principalement le droit public.
  • Le texte source distingue deux œuvres législatives royales : ordonnances de réformation et ordonnances de codification.

📖 11. Droit commun coutumier

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit français : En doctrine, le droit français désigne un droit présenté comme original, distinct des autres droits européens, et rattaché aux mœurs d’un peuple.
  • Comparatisme coutumier : Courant doctrinal qui compare plusieurs coutumes entre elles pour repérer leurs ressemblances et dégager des règles communes du droit français.
  • Système de droit français : Projet humaniste consistant à organiser rationnellement des règles générales pour construire un ensemble cohérent à partir des coutumes.
  • Droit commun coutumier : Construction doctrinale de règles communes à partir de la pluralité des coutumes, conçue comme une synthèse cohérente entre logique coutumière et apports du droit romain.
  • Jurisprudence : Production des cours de parlement, parfois quasi normative, qui contribue à diffuser et stabiliser le droit commun coutumier par ses arrêts et pratiques.

📝 Points essentiels

  • Les juristes de la Renaissance affirment que le droit commun des Français se trouve dans les coutumes, non dans le droit romain, malgré la pluralité des coutumes locales.
  • Le comparatisme coutumier procède par comparaison des coutumes pour isoler des règles communes, avec un recours ultérieur au droit romain seulement si aucune solution nationale n’existe.
  • Les auteurs cherchent un système rationnel de droit français en fondant leurs synthèses sur des grands principes communs tirés des coutumes et en interprétant celles-ci par ces principes.
  • Le droit commun coutumier se diffuse aussi par la jurisprudence des parlements, notamment via le rôle de l’appel qui réduit les disparités dans leur ressort.
  • À la fin de l’Ancien Régime, les traités et synthèses (par matière) servent de fondations doctrinales, et la démarche influence ensuite la codification du XIXe siècle.

💡 Astuce mémo

Comparatisme = Comparer pour Communiser : on compare les coutumes pour extraire des règles communes, puis seulement après on complète si besoin.

📖 12. Unité juridique de la France

🔑 Notions clés & Définitions

  • Adage vassal de mon vassal : Adage féodal selon lequel le vassal du vassal ne devient pas le vassal direct, ce qui limite la diffusion des ordres royaux dans la pyramide féodale.
  • Grand féodateur du royaume : Idée de fiction juridique selon laquelle le roi de France tient les fiefs comme un démembrement du royaume, afin de rendre ses ordres atteignables jusqu’aux arrière-vassaux.
  • Suger : Abbè Défenseur de l’autorité royale, dont la pensée cherche à placer le roi au sommet de la pyramide féodale par des raisons religieuses et juridiques.

📝 Points essentiels

  • Le lien féodal étant personnel, un ordre du suzerain ne s’impose pas directement aux arrière-vassaux, ce qui freine l’application d’une loi sur tout le royaume.
  • Pour contourner cette limite, Suger affirme que les fiefs sont des démembrements du royaume tenus du roi, rendant l’obéissance due à l’ensemble des sujets.
  • Le sacre du roi sert à fonder sa mission de gouverner pour la paix et la justice, et à présenter ses ordres comme obligatoires pour les sujets du royaume.
  • Au départ, l’extension d’une loi royale dans tout le royaume suppose l’accord unanime des grands princes territoriaux, puis au 13ème siècle la majorité suffit.
  • Le droit commun coutumier, né d’une synthèse doctrinale à partir des coutumes, prépare l’unité juridique en influençant ensuite des ordonnances de codification de la fin de l’Ancien Régime.

💡 Astuce mémo

Pyramide féodale → ordre bloque; Suger “roi grand féodateur” → ordre circule; juristes “droit commun coutumier” → règles communes.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
-753Fondation légendaire de Rome (selon la légende)
-509Chute de la royauté : fin de la royauté romaine
-367Création du préteur urbain
-242Création du préteur pérégrin
-27Début du principat (Octave/fin de la République)
285Début du dominat
451Rédaction des 10 premières tables de la loi des 12 tables
450Rédaction des 2 dernières tables de la loi des 12 tables
455Sénat accepte la promulgation de règles communes aux patriciens et aux plébéiens
426Loi des citations / réduction du nombre de jurisconsultes citables (cinq)

📊 Tableaux de synthèse

Jus civile vs jus gentium

TermeQui peut l’utiliserIdée centrale
Jus civileCitoyens romainsDroit des citoyens romains (réservé)
Jus gentiumTous (Romains ou non)Droit utilisable par tous, y compris pérégrins

Glossateurs vs commentateurs

AuteursMéthodeObjectif
GlossateursExplication mot à mot, gloseAppropriation du texte ; solution la plus équitable possible
CommentateursMoins liés à la lettre ; commentaires/traitésConstruire des solutions à partir d’un raisonnement plus ample (inspiration aristotélicienne)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre le jus civile (réservé aux citoyens romains) avec le jus gentium (utilisable par tous, incluant les pérégrins).
  2. Croire que la loi des 12 tables est un texte religieux : elle marque au contraire l’effacement du caractère religieux au profit d’un droit profane.
  3. Inverser les étapes de la procédure civile classique : in jure devant le préteur puis jugement devant le juge désigné dans la formula.
  4. Mélanger l’in factum (actions fondées sur le fait) et les actions utiles (créées par fiction pour étendre une protection).
  5. Penser que la compétence criminelle du consul reste illimitée : la loi des 12 tables retire la juridiction criminelle au consul au profit du comice.
  6. Croire que le Digest est secondaire : selon le cours, sans le Digest aucune science du droit canonico-romain sérieuse n’est possible.
  7. Confondre codification et réformation dans la législation royale : ce sont deux œuvres distinctes avec des objectifs et domaines différents.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer l’opposition entre droit profane et droit révélé, et pourquoi la loi des 12 tables efface le caractère religieux.
  2. Décrire la crise sociale du 5e siècle avant notre ère (économie/dettes, esclavage du débiteur) et le rôle de la plèbe.
  3. Présenter la loi des 12 tables : promulgation (451 puis 450 pour les 2 dernières tables) et sénat qui accepte des règles communes (455).
  4. Expliquer comment la loi des 12 tables fixe l’imperium consulaire et limite la juridiction criminelle au profit du comice, avec instruction par les questeurs.
  5. Maîtriser la primauté du droit civil : rigueur formaliste (ex. sponsio, paroles exactes) et stabilité (légifération privée du droit privé).
  6. Exposer l’époque classique : préteur urbain (-367), préteur pérégrin (-242), et lex Aebutia introduisant la procédure formulaire.
  7. Réciter la procédure en 2 phases du procès civil (in jure devant le magistrat puis jugement) et le rôle de la formula du préteur.
  8. Distinguer les mécanismes préteuriaux : actions in factum, actions utiles (fiction), et exceptions (neutralisation procédurale).
  9. Expliquer la notion de jus respondendi et la loi des citations (426) avec les 5 jurisconsultes citables.
  10. Présenter l’étatisation à l’époque impériale : monopole législatif, constitutiones, et lex animata ; puis les actes (édits, rescrits, décrets, mandats).
  11. Décrire la grande compilation de Justinien : Code (529 puis 534), Digest (entrée en vigueur en 533), Institutes, Novelles ; et le rôle décisif du Digest dans la redécouverte.
  12. Exposer l’essor médiéval : sources savantes (droit romain + canonique), rôle de Gratien (1120-1150) et des codifications pontificales (Grégoire IX en 1234, Sexte par Boniface VIII, Clément V en 1313-1314), puis glossateurs vs commentateurs.

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1. Quel trait distingue le droit profane du droit religieux dans Rome archaïque ?

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Droit profane — définition ?

Droit créé par les hommes, détaché du sacré.

Jus civile — rôle ?

Règles réservées aux citoyens romains.

Coutume ancestrale — origine ?

Pratique ancienne et constante d’un groupe.

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