📋 Plan du Cours
- Séparation des pouvoirs et droits fondamentaux
- Administration, institutions administratives et intérêt général
- Fonctions de l’administration publique
- Approche organique et personnalité juridique
- Organes d’information, prévision, préparation et exécution
- Système administratif bureaucratique et professionnalisation
- Interventionnisme étatique et théories de l’État
- Neutralité de l’administration et lien au politique
- État de droit et distinction droit public droit privé
- Droit administratif et privilège du préalable
- Président de la République et compétences administratives
- Organisation ministérielle et hiérarchie des ministres
📖 1. Séparation des pouvoirs et droits fondamentaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Animal politique : Notion aristotélicienne selon laquelle l’être humain s’épanouit en société et réalise sa fin naturelle dans un cadre social.
- Souveraineté : Caractéristique de l’État qui désigne une puissance perpétuelle et absolue permettant d’imposer sa décision sur un territoire et une population.
- Séparation des pouvoirs : Principe politique qui répartit les fonctions législative, exécutive et judiciaire entre des organes distincts pour éviter la concentration.
- Démocratie directe : Modèle démocratique où les citoyens décident eux-mêmes des lois, sans passer par des représentants.
- Démocratie représentative : Modèle démocratique où le peuple n’exerce pas directement le pouvoir, mais par des représentants agissant pour son compte.
📝 Points essentiels
- Hobbes présente l’état de nature comme un état de danger et justifie la soumission à une autorité suprême pour garantir la paix et la survie.
- Bodin définit la souveraineté comme une puissance perpétuelle et absolue de la République, fondée sur la force légitime et le « dernier mot ».
- Jellinek formule l’idée que l’État a la compétence de ses compétences, c’est-à-dire qu’il détermine lui-même son champ d’intervention.
- Montesquieu distingue trois pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) et impose d’éviter qu’un même organe les cumule.
- La confusion des pouvoirs est présentée comme un risque majeur pour la démocratie, surtout quand l’exécutif domine.
- L’exécutif est jugé le plus dangereux car il détient la force publique (armée et police) et gère la société au quotidien (administration).
💡 Astuce mémo
Hobbes = survie → autorité; Montesquieu = 3 pouvoirs séparés → démocratie; Exécutif = force + gestion → danger si confondu.
📖 2. Administration, institutions administratives et intérêt général
🔑 Notions clés & Définitions
- Administration publique : Administration publique : notion générique regroupant les activités relevant de la chose publique, exercées pour des finalités d’intérêt général.
- Institution administrative : Institution administrative : administration publique appréhendée soit par ses fonctions, soit par ses organes, selon deux approches distinctes.
- Intérêt général : Intérêt général : finalité de l’action administrative, évolutive et variable dans le temps et l’espace selon les contingences.
- Personnalité juridique : Personnalité juridique : qualification qui distingue les personnes (sujets de droit) des choses (objets de droit) et ouvre des droits aux personnes.
- Somma divisio : Somma divisio : séparation classique du droit entre personnes juridiques et choses, fondant l’accès à des droits et prérogatives.
📝 Points essentiels
- Administration publique : elle peut être définie fonctionnellement (finalités et modalités d’exercice) ou organiquement (par ses organes).
- Finalités de l’administration : elles visent d’abord le maintien de l’ordre public puis la satisfaction d’autres besoins d’intérêts généraux.
- Ordre public : première fonction de l’administration, exercée notamment via la police administrative (ex : sécurité routière, hygiène et phytosanitaires).
- Intérêt général : notion contingente et évolutive, justifiée par des circonstances et donc variable dans le temps et l’espace.
- Moyens d’action : l’administration poursuit ses finalités par la réglementation, l’incitation et la prestation (ex : limitations de vitesse, campagnes de sensibilisation, travaux et aménagements).
- Personnes juridiques : elles peuvent disposer d’un patrimoine, élaborer des actes et agir en justice, contrairement aux choses qui n’ont aucun droit.
💡 Astuce mémo
Ordre public d’abord, puis besoins d’intérêt général : Police → autres besoins ; moyens = Réglementer, Inciter, Protéger (prestations).
📖 3. Fonctions de l’administration publique
🔑 Notions clés & Définitions
- Subordination politique : Principe selon lequel l’administration agit sous la direction des institutions politiques, sans pouvoir définir seule ses finalités.
- Intérêt général : Finalité qui s’impose à l’administration et oriente son action, car elle ne possède pas d’idéologie propre.
- Fonctions normatives : Fonctions par lesquelles l’administration produit des règles de droit applicables aux administrés.
- Fonctions de prestation : Fonctions par lesquelles l’administration fournit des services et des missions aux administrés.
- Organes d’information : Fonctions administratives consistant à recueillir et traiter des informations pour améliorer la connaissance de la société.
📝 Points essentiels
- La Constitution affirme que le Gouvernement « dispose de l’administration » (art. 20), ce qui traduit la subordination du politique à l’administration.
- L’administration est présentée comme dépourvue d’idéologie : elle ne définit pas par principe ce qui la guide, c’est l’intérêt général qui fixe ses finalités.
- Synthèse de Prosper Weil : l’institution administrative est un appareil mis à disposition du gouvernement pour faire prévaloir sa volonté dans l’ordre interne.
- Eisenmann distingue deux fonctions principales : fonctions normatives et fonctions de prestation.
- Dans la logique d’Eisenmann, la séparation ordonnateur/comptable vise le contrôle en amont et la probité par réduction des tentations.
- Debbasch complète Eisenmann en proposant quatre fonctions : information, prévision, préparation, exécution.
💡 Astuce mémo
Subordination → Intérêt général ; Eisenmann = Normes/Prestations ; Debbasch = Info-Prévision-Préparation-Exécution.
📖 4. Approche organique et personnalité juridique
🔑 Notions clés & Définitions
- Bureaucratie : Organisation administrative fondée sur une hiérarchie, des procédures et une spécialisation, analysée comme un modèle social pouvant être jugé positivement ou négativement.
- Idéal-type wébérien : Modèle théorique de la bureaucratie qui décrit ses traits typiques pour comprendre les faits sociaux, notamment dans la sphère publique.
- Professionnalisation bureaucratique : Principe selon lequel l’organisation vise l’expertise maximale pour atteindre sa mission avec compétence plutôt qu’avec improvisation.
- Sociologie critique : Courant associé à Bourdieu qui cherche à dépasser une vision neutre pour mettre en évidence les mécanismes produisant des inégalités.
- Phénomène bureaucratique : Analyse de Crozier qui décrit la bureaucratie comme un système ayant des difficultés structurelles à se transformer et à se réformer.
📝 Points essentiels
- La bureaucratie a une double lecture : elle peut être valorisée pour sa rationalité et critiquée pour ses effets déshumanisants.
- Dans l’idéal-type wébérien, la bureaucratie est hiérarchique : des chaînes de commandement relient subordonnés et supérieurs jusqu’au sommet.
- Dans l’idéal-type wébérien, la bureaucratie est procédurale : les décisions sont encadrées par des règles de procédure plutôt que laissées à l’intuition.
- Dans l’idéal-type wébérien, la bureaucratie est spécialisée : l’organisation poursuit une fin précise sans élargir son but initial.
- Dans l’idéal-type wébérien, la bureaucratie est professionnalisée : la compétence des agents prime et l’organisation cherche l’expertise la plus élevée.
- Weber étend l’analyse : la bureaucratie n’est pas seulement administrative, on la retrouve aussi dans partis politiques, grandes entreprises et congrégations.
💡 Astuce mémo
Weber = HPPF : Hiérarchie, Procédures, Professionnalisation, Finalité spécialisée.
🔑 Notions clés & Définitions
- Faire faire : Mode d’action où l’État commande à des acteurs privés des prestations réalisées en son nom plutôt que d’exécuter lui-même.
- Administration qui fait : Mode d’action où l’État mobilise directement ses propres services et entreprises publiques pour assurer l’exécution.
- Doctrine de Keynes : Doctrine économique qui admet que le marché peut défaillir et justifie une intervention publique pour garantir des équilibres économiques et sociaux.
- Dilemme de l’administration : Tension pratique qui oblige l’administration à choisir entre intervenir directement ou faire intervenir l’activité privée en son nom.
📝 Points essentiels
- Après la crise de 1929, la question de l’encadrement des marchés s’impose, en réaction aux catastrophes liées à un État « laisse faire ».
- La théorie keynésienne affirme que le marché peut être défaillant et que l’État doit garantir les grands équilibres économiques et sociaux.
- Le keynésianisme place l’administration devant un choix : intervenir avec ses moyens et son personnel ou solliciter le privé pour agir en son nom.
- Dans la culture américaine, le « faire faire » domine : des grands travaux (ex. chemins de fer) sont commandés à des entreprises privées plutôt que réalisés par l’État.
- Dans de nombreux États latins, notamment la France, le choix inverse est fréquent : une administration qui « fait » via des entreprises publiques (ex. EDF).
- Le choix entre « faire faire » et « faire » dépend donc du modèle d’organisation retenu pour l’intervention publique.
💡 Astuce mémo
Faire faire = l’État commande ; Administration qui fait = l’État exécute (avec ses entreprises publiques).
📖 6. Système administratif bureaucratique et professionnalisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrôle exécutif de l’administration : Mécanisme de contrôle où l’exécutif peut surveiller l’administration et sanctionner ses agents pour défaut de suivi ou incompétence.
- Contrôle parlementaire de l’administration : Mécanisme de contrôle où le législatif peut auditionner et examiner l’action des agents administratifs via des commissions.
- Motion de censure : Procédure parlementaire permettant au législatif d’engager la responsabilité du gouvernement et d’obtenir sa démission.
- Responsabilité collégiale du gouvernement : Principe selon lequel la responsabilité est assumée par l’ensemble du gouvernement, et non par un membre isolé, devant le Parlement.
- État de droit : Régime où l’État se soumet à des règles juridiques qu’il ne peut pas ignorer, ce qui limite les dérives de puissance publique.
📝 Points essentiels
- Dans le cadre présidentiel, le contrôle de l’administration par l’exécutif est présenté comme légitime car le Président peut révoquer des agents pour incompétence ou défaut de suivi de sa politique.
- Comme le Président n’engage pas sa responsabilité devant le Parlement, un contrôle supplémentaire est décrit : le contrôle du législatif sur l’administration via des commissions.
- Le contrôle parlementaire peut aller jusqu’à des auditions au niveau militaire et permettre, par commission d’enquête, d’obtenir des informations sur l’action administrative.
- Le régime parlementaire est décrit comme une séparation souple des pouvoirs grâce à des moyens de destitution mutuels : dissolution par l’exécutif et mise en jeu de la responsabilité du gouvernement par le législatif.
- L’origine anglaise du parlementarisme est reliée à l’idée que le Parlement pouvait engager la responsabilité des membres du gouvernement, d’abord individuelle puis remplacée par une responsabilité collégiale pour se prém
- Dans un régime parlementaire, le Parlement contrôle surtout le gouvernement sur le plan politique, l’administration étant considérée comme à la disposition du gouvernement, ce qui réduit la dérive bureaucratique par la “
💡 Astuce mémo
Présidentiel = exécutif contrôle direct + Congrès auditionne ; Parlementaire = gouvernement responsable politiquement (collégial) donc moins de dérive.
📖 7. Interventionnisme étatique et théories de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Privilège du préalable : Notion de droit administratif selon laquelle l’administration impose sa décision unilatéralement sans devoir obtenir l’accord préalable du destinataire.
- Juge administratif : Juridiction administrative qui tranche les litiges entre une personne publique et un particulier, c’est-à-dire entre des parties inégales.
- Juge judiciaire : Juridiction judiciaire qui règle les litiges entre particuliers, donc entre parties placées sur un pied d’égalité.
- Administrative law : En common law, ensemble de règles permettant à l’administration de disposer de pouvoirs exorbitants tout en encadrant leur usage.
- Décentralisation 1982 : Réforme de 1982 qui met fin à la tutelle de l’État sur les collectivités territoriales et consolide leur autonomie.
📝 Points essentiels
- Dans les pays romano-germaniques, l’administration n’a pas les mêmes moyens que les particuliers, ce qui se traduit par des prérogatives spécifiques.
- Le recouvrement d’une dette illustre la différence : l’État peut procéder à des saisies sans saisir le juge, alors qu’un particulier doit passer par le juge pour l’exécution forcée.
- Maurice Hauriou qualifie l’idée d’imposition unilatérale de l’administration par le « privilège du préalable ».
- Dans les pays de common law, l’administration est soumise au même droit que les particuliers et n’a pas plus de prérogatives : elle n’est qu’une partie au procès.
- La « summa divisio » (fondement romano-germanique) n’existe pas dans les pays de common law, ce qui modifie la logique de séparation des contentieux.
- Le contraste « exorbitance totale » vs « absence d’exorbitance » est trompeur : la common law connaît aussi des règles d’exorbitance via l’« administrative law » et la romano-germanique peut rechercher le compromis par l
💡 Astuce mémo
Romano-germanique = « privilège du préalable » (adm impose) ; Common law = « même armes » (adm partie au procès) ; Décentralisation 1982 = fin de la tutelle.
📖 8. Neutralité de l’administration et lien au politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Neutralité administrative : Principe selon lequel l’administration doit agir de façon impartiale, même si le pouvoir politique influence son fonctionnement.
- Présidentialisme majoritaire : Phénomène politique où la majorité à l’Assemblée sert surtout de relais au Président, et non au gouvernement pris isolément.
- Fait majoritaire : Mécanisme politique né en 1958 visant à stabiliser l’action gouvernementale grâce à une majorité à l’Assemblée.
- Contresignature : Formalité de validité des actes du Président, qui impose la signature du Premier ministre et des ministres responsables.
- Secrétariat général de l’Élysée : Structure propre à la présidence chargée d’assurer la liaison permanente entre l’Élysée, les ministres et les assemblées.
📝 Points essentiels
- Dans le régime parlementaire, le chef de l’État dispose de compétences très limitées, la plupart étant partagées avec le gouvernement.
- En 1958, la Vᵉ République confie au Président des compétences propres, exercées sans participation gouvernementale et sans contreseing.
- Compétence propre de nomination : le Président nomme aux emplois civils et militaires, avec des nominations aux plus hautes fonctions (ex. préfets, recteurs d’académie).
- Compétence propre exceptionnelle : l’article 16 permet au Président de prendre des pleins pouvoirs, y compris en matière législative et réglementaire, sans partage.
- Actes réglementaires : les décrets peuvent relever du Président ou du Premier ministre, et leur validité dépend de la contreseignature du Premier ministre et des ministres responsables de l’exécution.
- Ordonnances de l’article 38 : elles prennent en pratique la forme d’un décret délibéré en Conseil des ministres, donc rattaché au Président ; en cohabitation, Mitterrand a refusé de signer plusieurs ordonnances en appli
💡 Astuce mémo
Président = pouvoirs propres (nomme, article 16) ; gouvernement = pouvoirs partagés (décrets/contreseing) ; cohabitation = le Président peut bloquer par la signature.
📖 9. État de droit et distinction droit public droit privé
🔑 Notions clés & Définitions
- État de droit : Notion d’organisation politique où l’action des pouvoirs publics est encadrée par des règles et contrôlée par des juridictions.
- Droit public : Droit qui régit l’organisation et l’action des personnes publiques ainsi que leurs relations avec les particuliers.
- Droit privé : Droit qui régit les rapports entre personnes privées selon des règles issues principalement de l’autonomie des parties.
- Contrôle des activités commerciales : Mécanisme de surveillance d’activités économiques visant à vérifier leur conformité, souvent confié à des structures distinctes de celles qui agissent elles-mêmes.
📝 Points essentiels
- L’État de droit implique que les actes de l’exécutif ne sont pas arbitraires et peuvent être contestés devant des juges.
- La distinction droit public/droit privé sert à déterminer quel régime juridique s’applique selon la nature des acteurs et du rapport en cause.
- Le contrôle d’activités commerciales pose un problème de légitimité quand l’État contrôle ses propres activités.
- La crainte centrale est le risque de favoritisme si un service de l’État contrôle un autre service de l’État.
- La réponse à cette crise passe par la création de structures spécialisées pour assurer un contrôle plus crédible et efficace.
- La logique de restructuration vise à sortir d’une centralisation excessive en confiant des missions à des entités plus autonomes.
💡 Astuce mémo
Public = pouvoirs publics et contrôle juridictionnel ; Privé = relations entre particuliers (autonomie).
📖 10. Droit administratif et privilège du préalable
🔑 Notions clés & Définitions
- Privilège du préalable : Le privilège du préalable désigne le fait qu’une décision administrative peut produire des effets avant d’être contestée en justice.
- Recours hiérarchique : Le recours hiérarchique est une contestation adressée à l’autorité supérieure contre une décision prise par une autorité subordonnée.
- Autorité administrative indépendante : Une autorité administrative indépendante est une autorité rattachée à l’État mais protégée contre les ordres du gouvernement.
- Autonomie budgétaire des AAI : L’autonomie budgétaire des AAI signifie que leur budget est géré sans interférence du gouvernement.
- Déconcentration : La déconcentration est un mode d’organisation qui répartit l’exercice du pouvoir de l’État au niveau local tout en gardant la hiérarchie.
📝 Points essentiels
- Le privilège du préalable permet à une décision administrative d’être appliquée immédiatement, ce qui explique l’existence de mécanismes de contestation comme le recours hiérarchique.
- En contentieux administratif, le recours hiérarchique constitue une voie de contestation interne avant ou en parallèle d’un contrôle juridictionnel.
- Une autorité administrative indépendante ne reçoit pas d’ordres du gouvernement, ce qui garantit son indépendance dans la régulation et la protection des droits.
- L’indépendance d’une AAI dépend notamment de mandats longs (souvent 7 à 9 ans) et de l’impossibilité de révocation et de renouvellement.
- L’autonomie budgétaire d’une AAI vise à éviter que l’exécutif influence ses décisions par des moyens financiers.
- La déconcentration repose sur des autorités locales soumises au pouvoir hiérarchique du Premier ministre ou d’un ministre, avec des pouvoirs d’instruction, de réformation/évocation et de suppression.
💡 Astuce mémo
Préalable = décision d’abord, contestation ensuite ; hiérarchie = ordres + modification + suppression.
📖 11. Président de la République et compétences administratives
🔑 Notions clés & Définitions
- Déconcentration : La déconcentration est une organisation qui renforce la présence de l’État au niveau local en confiant davantage de pouvoirs à ses représentants territoriaux.
- Décentralisation : La décentralisation transfère des compétences de l’État vers des collectivités territoriales, qui gèrent ensuite ces compétences à leur niveau.
- Organisation classique : L’organisation classique est un modèle territorial appliqué sur tout le territoire métropolitain sans tenir compte des particularités locales.
- Organisation particulière : L’organisation particulière est un modèle territorial qui adapte l’organisation aux spécificités et particularismes des territoires.
- Dualité de fonctions du maire : La dualité de fonctions du maire signifie qu’il exerce à la fois comme autorité exécutive de la commune et comme agent de l’État.
📝 Points essentiels
- La déconcentration a été mise en place sous Napoléon puis renforcée à chaque loi de décentralisation par une loi parallèle de déconcentration.
- La réforme dite « Acte III » (2010-2014) vise à réformer l’organisation des collectivités territoriales et à introduire un niveau intercommunal.
- La loi du 16 décembre 2010, confirmée en 2014, cherche à réduire le « mille-feuille » territorial en organisant l’ensemble autour de deux couples : communes/intercommunes et départements/régions.
- Le territoire métropolitain peut être organisé selon deux logiques : une organisation classique sans prise en compte des spécificités, ou une organisation particulière qui les intègre.
- Le maire exerce une dualité : il prépare et exécute les décisions du conseil municipal, tout en agissant aussi comme agent de l’État sur le territoire communal.
- En tant qu’agent de l’État, le maire peut être démis par le préfet s’il n’assume pas ses attributions.
💡 Astuce mémo
Décentralisation = compétences pour les collectivités ; Déconcentration = État présent localement (Napoléon puis renforcée à chaque loi de décentralisation).
📖 12. Organisation ministérielle et hiérarchie des ministres
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil départemental : Institution décentralisée du département, chargée de voter le budget et d’organiser les services publics départementaux.
- Président du conseil départemental : Autorité exécutive du département, chargée d’exécuter les délibérations du conseil et de représenter le département en justice.
- Préfet de département : Autorité de l’État dans le département, responsable notamment de la police et de la coordination des services déconcentrés.
- Conseil régional : Institution décentralisée de la région, équivalente fonctionnellement au conseil municipal, mais orientée vers le développement économique.
- Président du conseil régional : Autorité exécutive de la région, chargé d’exécuter les décisions du conseil régional et d’en assurer la représentation.
📝 Points essentiels
- Deux propositions de découpage s’opposent en 1789 : Thouret propose 80 départements géométriques, Mirabeau privilégie les diocèses pour respecter les réalités historiques et géographiques.
- En 1790, la répartition aboutit à 83 départements, puis leur nombre augmente avec l’extension métropolitaine et l’intégration de territoires colonisés en départements de la République.
- Aujourd’hui, la France compte 99 départements : 94 en métropole et 5 d’outre-mer.
- Le département est une collectivité décentralisée gérée par un conseil départemental (délibérant) et un président (exécutif).
- Les départements disposent de compétences coûteuses : action sociale, aménagement du territoire et gestion des collèges, dont le versement du RSA.
- La présence de l’État au niveau départemental passe surtout par le préfet, qui exerce l’autorité de police et supervise les services de l’État déconcentrés (ex. police nationale).
💡 Astuce mémo
Département = Délibère (conseil) + Exécute (président) ; État = Préfet (police + services).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1641 | Thomas Hobbes, De cive |
| 1651 | Thomas Hobbes, Léviathan |
| 1576 | Jean Bodin, Les six livres de la République |
📊 Tableaux de synthèse
Conceptions de l’intérêt général
| Conception | Auteurs cités | Idée centrale | Conséquence pour l’État |
|---|
| Utilitariste | Bentham | Intérêt général = somme des intérêts particuliers | Justifie une intervention quand il y a convergence d’intérêts privés |
| Holiste/volontariste | Saint Thomas d’Aquin | Intérêt général = plus que la somme des intérêts particuliers | Exige le dépassement des intérêts particuliers et laisse plus de place à l’autorité de définir les besoins |
Régimes de séparation des pouvoirs et contrôle de l’administration
| Régime | Caractéristique | Contrôle de l’administration | Risque |
|---|
| Dictatorial | Confusion des pouvoirs, exécutif ou législatif domine | Soumission totale de l’administration au pouvoir dominant | Politisation extrême de l’administration |
| Présidentiel | Séparation stricte des pouvoirs | Contrôle à la fois par l’exécutif et par le législatif (commissions, auditions) | Contrôle jugé légitime car l’exécutif peut révoquer pour incompétence/défaut de suivi |
| Parlementaire | Séparation souple des pouvoirs | Parlement contrôle surtout le gouvernement politiquement (motion de censure, dissolution) | Moins de dérive bureaucratique car l’administration est à disposition du gouvernement |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre démocratie directe (citoyens décident eux-mêmes) et démocratie représentative (représentants agissent pour le compte du peuple).
- Croire que la séparation des pouvoirs supprime tout risque : le cours insiste surtout sur la confusion due à l’exécutif et sur la dangerosité de l’exécutif (force publique + gestion quotidienne).
- Mélanger intérêt général et intérêts privés : l’administration poursuit le bien commun, alors que les individus/personnes morales poursuivent leurs intérêts privés.
- Inverser l’ordre des finalités de l’administration : l’ordre public (police administrative) vient d’abord, puis les autres besoins d’intérêt général.
- Confondre déconcentration et décentralisation : la déconcentration garde la hiérarchie (PM/ministres), la décentralisation transfère des compétences à des collectivités indépendantes de l’État.
- Se tromper sur le privilège du préalable : il signifie que la décision administrative produit des effets avant contestation, ce qui explique l’existence de recours internes comme le recours hiérarchique.
- Penser que l’État de droit = absence de droit spécial : au contraire, le droit administratif est un droit protecteur et inégalitaire, encadré notamment par le juge administratif (ex : recours pour excès de pouvoir).
✅ Checklist Examen
- Définir l’« animal politique » et expliquer l’idée de « bien vivre-ensemble » chez Aristote, puis relier l’apparition de l’État à la domination acceptée.
- Expliquer comment Hobbes justifie la soumission à une autorité suprême (état de nature dangereux, paix et survie) et distinguer l’autorité royale de l’État.
- Définir la souveraineté chez Bodin (puissance perpétuelle et absolue) et relier la « force légitime » et le « dernier mot » à la domination de l’État.
- Présenter Montesquieu : les trois pouvoirs, l’exigence d’éviter qu’un même organe les cumule, et le lien avec la démocratie (directe puis représentative).
- Maîtriser l’article 16 de la DDHC de 1789 comme critère de constitution (garantie des droits + séparation des pouvoirs) et expliquer le risque de confusion des pouvoirs par l’exécutif.
- Définir l’administration publique et distinguer l’approche fonctionnelle (finalités puis moyens) de l’approche organique (par les organes/personnes morales).
- Expliquer les finalités de l’administration selon Georges Vedel : maintien de l’ordre public (police administrative) puis satisfaction des autres besoins d’intérêt général, avec variabilité dans le temps et l’espace.
- Savoir détailler les moyens d’action : réglementation, incitation, prestation, avec l’exemple de la sécurité routière (limitations, campagnes, aménagements).
- Expliquer la summa divisio et la personnalité juridique (personnes vs choses) et relier cela aux catégories d’institutions administratives (conception large vs conception restreinte).
- Exposer la subordination du politique à l’administration (principe de subordination, art. 20) puis l’ambiguïté : raisons techniques (politique partout, ministre) et sociologiques (esprit de corps, continuité, compétence/
- Maîtriser les spécificités des institutions administratives (droit administratif, agents de la fonction publique, juridiction administrative) et les fonctions d’Eisenmann (normatives/probité via séparation ordonnateur/
- Savoir comparer Eisenmann et Debbasch : 2 fonctions vs 4 fonctions (information, prévision, préparation, exécution) et le rôle de l’information dans la protection des données.
- Décrire l’idéal-type wébérien de la bureaucratie (hiérarchie, procédures, spécialisation, professionnalisation) et rappeler la double lecture (favorable vs péjorative) avec les auteurs cités (Kafka, Bourdieu, Crozier).
- Expliquer les dérives du modèle bureaucratique (encadrement de l’interventionnisme, politisation des agents, soumission au droit) et relier cela aux régimes de séparation des pouvoirs (dictatorial/presidentiel/parlementa
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