Лист за преговор: Introduction à la théorie du cinéma

📋 Plan du Cours

  1. Théorie du cinéma et définition de la théorie
  2. Le cinéma et la vie moderne
  3. Le cinéma entre photographie animée et magie
  4. Regards exogènes sur le cinéma
  5. Bergson et le cinéma comme photographie animée
  6. Le film comme fonctionnement de l’esprit
  7. Statut de la représentation au cinéma
  8. Les quatre bords de l’image
  9. Fragmentation de l’espace-temps cinématographique
  10. Cinéma et arts : spécificités et nombre d’arts
  11. Cinéma comme réalité et utopie du scénario
  12. Filmologie, sociologie et langage du cinéma

📖 1. Théorie du cinéma et définition de la théorie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théorie : La théorie est un ensemble de notions abstraites appliquées à un domaine pour organiser la compréhension et l’explication des phénomènes.
  • Théorie du cinéma : La théorie du cinéma est un ensemble de thèses, plus ou moins structurées, qui sert de référence à des chercheurs pour comprendre et expliquer le phénomène cinématographique.
  • Étymologie de théorie : L’étymologie de théorie renvoie à l’idée de regarder, observer et examiner, ce qui relie la théorie à une forme de vision.
  • Théorie comme boussole : La théorie est présentée comme une boussole du développement d’un art, guidant sa trajectoire plutôt que la remplaçant.
  • Théories normatives : Les théories normatives sont des approches qui décrivent ce que le cinéma devrait être, en formulant des exigences sur sa forme ou sa finalité.

📝 Points essentiels

  • La théorie peut être comprise en trois sens : réunion d’opinions pour observer et parler du réel, projet scientifique, puis construction axiomatique visant à expliquer et prévoir des faits.
  • Le cinéma ne se réduit pas à l’image en mouvement : la salle de cinéma et l’économie du ticket distinguent le cinéma de la télévision.
  • Les théories du cinéma posent des questions variées : définition du cinéma, rôle du cinéma, moment où il y a du cinéma, et ce que le cinéma peut faire.
  • La théorie se distingue de la critique et de l’analyse filmique, et aussi de l’histoire et de la poétique, même si des recouvrements existent chez les “théoriciens”.
  • Les catégories de producteurs de théories incluent critiques, intellectuels, cinéastes, chercheurs et philosophes.
  • Les théories du cinéma peuvent être classées par périodes : institutions (1895-1915), fondatrices (1915-1945), classiques (1945-1960), modernes (1960-1980), postmodernes (1980-2000), contemporaines (2000-2020).

💡 Astuce mémo

Vision→regarder : théorie = regarder/observer/examiner, puis guider (boussole) la compréhension du cinéma.

📖 2. Le cinéma et la vie moderne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cinématographe historique : Institution cinématographique pensée comme un dépôt d’archives pour conserver et transmettre des faits, pas seulement des divertissements.
  • Point de vue de l’image : Principe selon lequel une image animée dépend de choix humains (réalisateur, producteur, chef opérateur), donc n’est jamais neutre.
  • Pulsion scopique : Notion désignant la force qui pousse le spectateur à regarder et à aimer ce qu’il voit, notamment via le hors-champ.
  • Illusion de réalité : Effet produit par la séance et la mise en scène qui donne l’impression d’être face à un fragment de vie.
  • Cinématographe cérébral : Métaphore du cinéma comme “machine pensante” intérieure, où l’esprit semble agir comme un mécanisme observé de l’extérieur.

📝 Points essentiels

  • En 1898, Bolesław Matuszewski défend l’idée d’un dépôt muséal pour l’image animée, capable d’aller du récréatif au documentaire historique.
  • Le cinéma peut donner une “vision directe” du moment, mais cette vision reste une construction car le point de vue est choisi par des acteurs de la production.
  • Le fait historique ne se produit pas toujours là où on l’attend, ce qui pose des questions pratiques sur le moment de saisir l’information.
  • Avoir des images ne garantit pas d’avoir toutes les informations : les archives et musées impliquent des absences, car on ne peut pas filmer 24h/24 toute la planète.
  • En 1895, l’idée d’un usage domestique du cinématographe est déjà envisagée, ce qui relie l’image à l’outil du quotidien.
  • L’homme à la caméra (1929) illustre l’ambition de tout saisir en multipliant les caméras dans de nombreux lieux en Russie, mais l’exhaustivité reste impossible.

💡 Astuce mémo

Vision = choix humains : image “directe” mais jamais “totale”.

📖 3. Le cinéma entre photographie animée et magie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cinématographe cérébral : Métaphore du cinéma comme projection intérieure, où ce qui se voit renvoie à des mécanismes de l’esprit.
  • Homologie cinéma et cerveau : Idée d’analogie structurale entre le fonctionnement mental et le déroulement du film, comme si les deux “marchaient” de façon proche.
  • Cinématographe comme outil pédagogique : Vision où le cinéma sert à produire de la connaissance en rendant visibles des opérations de l’esprit plutôt qu’en reproduisant la vie brute.
  • Cinématographe comme photographie animée : Caractérisation du cinéma comme suite d’images qui se succèdent, permettant de reconstituer un mouvement à partir de fragments.
  • Cinématographique : Terme employé pour désigner le dispositif cinématographique comme phénomène de civilisation et de divertissement à analyser, pas seulement comme curiosité.

📝 Points essentiels

  • Le cinéma peut produire un effet de continuité imparfaite (scintillement, luminosité instable), ce qui réduit la sensation de matérialité et peut rendre l’image “transparente”.
  • La métaphore du “cinématographe cérébral” présente le cinéma comme un équivalent de ce qui se passe dans la pensée, avec une projection intérieure.
  • L’approche analogique relie des domaines différents (nouveau/ancien, inconnu/connu) pour comprendre le cinéma et l’esprit via des correspondances.
  • En 1916, un psychologue traite le cinéma comme un outil reproduisant des phénomènes de l’esprit humain, avec des exemples comme le flash-back.
  • Giovanni Papini demande aux philosophes de s’intéresser au cinématographe car il révèle des tendances de la civilisation moderne et fait partie du quotidien culturel.
  • Walter Benjamin considère le cinéma comme une “civilisation”, ce qui élargit l’analyse au-delà de l’esthétique pure.

💡 Astuce mémo

Cinéma = cerveau en projection : analogie (esprit ↔ film) + civilisation (quotidien).

📖 4. Regards exogènes sur le cinéma

🔑 Notions clés & Définitions

  • Avant-gardes : Les avant-gardes sont des mouvements artistiques qui cherchent à renouveler les formes et à tester de nouvelles expériences de perception.
  • Esthétique du cinéma : L’esthétique du cinéma désigne l’étude philosophique d’une beauté nouvelle propre au cinéma, distincte d’une simple description des sensations.
  • Sociologie du cinéma : La sociologie du cinéma étudie le cinéma comme fait social, en analysant ses publics, ses usages et ses effets dans la vie urbaine.
  • Pensées sur une esthétique du cinéma : L’ouvrage de György Lukács propose une réflexion sur la beauté nouvelle du cinéma et sur sa différence avec le théâtre.
  • Photoplay : Le photoplay est le film envisagé comme expérience psychologique, capable d’agencer l’histoire selon l’esprit du spectateur.

📝 Points essentiels

  • Le montage du cinéma fait passer d’un élément à un autre dans la même séance, ce qui donne l’impression de franchir des limites de perception.
  • Canudo défend l’idée d’une adaptation entre le public moderne et le cinéma, présenté comme un nouveau spectacle de masse.
  • Lukács (1913) distingue l’usage pédagogique et l’intérêt économique du cinéma, tout en affirmant que sa beauté relève de l’esthétique.
  • Lukács oppose la corporalité au cinéma à celle du théâtre, en soulignant l’étrangeté réaliste de l’image 2D.
  • Altenloh (1913/1914) explique que le cinéma correspond au temps présent et à l’agitation nerveuse des hommes modernes, contrairement aux arts demandant une concentration stable.
  • Altenloh décrit la salle de cinéma (kino) comme un produit typique du temps moderne, où le spectateur se laisse emporter par le flux plutôt que par une tension volontaire.

💡 Astuce mémo

Modernité = flux + agitation : le cinéma “capte” le présent plutôt que d’exiger une concentration comme le théâtre.

📖 5. Bergson et le cinéma comme photographie animée

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cinéma du réel : Le cinéma du réel désigne une pratique qui privilégie le monde observable et ses masses plutôt qu’une fiction autonome réservée à quelques auteurs.
  • Peuple-masse : Le peuple-masse est l’idée du peuple comme unité agissante, capable de faire bouger l’histoire et d’être le sujet central du cinéma.
  • Œil et caméra : Le dispositif œil-caméra désigne l’articulation entre la vision humaine et la prise de vue, où la caméra prolonge et déplace le point de vue.
  • Gros plan : Le gros plan est une puissance spécifique du cinéma qui isole des détails et fait “entrer” l’œil du spectateur dans l’espace du film.
  • Pensée visuelle : La pensée visuelle est l’ambition de rendre visible une pensée sans passer par les mots, en s’appuyant sur l’image et le montage.

📝 Points essentiels

  • Le cinéma est pensé comme accessible au plus grand nombre, avec une vocation poétique et politique centrée sur le réel et la masse.
  • L’objectif est de réinventer le regard : aller au-delà du point de vue ordinaire pour vraiment voir le monde et ne plus “fermer les yeux”.
  • Le film documentaire et l’art documentaire sont valorisés comme formes capables de remplacer ou de concurrencer la fiction par une approche du réel.
  • Le dispositif œil-caméra met en jeu un passage matériel entre l’obturateur et l’œil, donnant un sens surtout par l’image plutôt que par le dialogue.
  • Chez Béla Balazs, le gros plan sert à déchiffrer la vie en isolant des voix et des expressions, et la caméra “emmène” l’œil dans l’image.
  • Balazs insiste sur l’idée que “rien n’est plus subjectif qu’un objectif” : une impression captée devient une expression, intentionnelle ou non, ce qui lie objectivité et subjectivité dans l’image.

💡 Astuce mémo

Œil + caméra = nouveau point de vue : le gros plan “fait entrer” l’œil dans l’image.

📖 6. Le film comme fonctionnement de l’esprit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Temporalité du chaos : La temporalité du chaos désigne une expérience du temps éclatée, liée aux rues et à la violence, que le cinéma peut faire sentir plutôt que raconter.
  • Photogénie : La photogénie est la capacité du cinéma à transformer le réel filmé en quelque chose de chargé de sens, grâce au regard de la caméra.
  • Psychanalyse : La psychanalyse est une démarche d’interprétation de l’inconscient, qui cherche à rendre lisibles des contenus invisibles comme les rêves.
  • Animisme cinématographique : L’animisme cinématographique est l’idée que le film fait “vivre” l’inanimé en lui donnant une présence signifiante, notamment par le gros plan.
  • Regard de verre : Le regard de verre est une métaphore de l’objectif cinématographique, qui révèle et interprète en transformant l’invisible en visible.

📝 Points essentiels

  • Woolf situe le cinéma dans une temporalité du chaos des rues, en écho à une réflexion sur la théorie et les films.
  • Le dynamisme des vues Lumière met en avant la ville et ses mouvements comme nouveaux acteurs du monde filmé.
  • Jean Epstein attribue à l’objectif deux pouvoirs : une force analytique (psychanalytique) et une puissance animiste.
  • Le gros plan fait “s’animer” un objet inerte (ex. un revolver) et le transforme en symbole de possibilités.
  • Epstein relie le cinéma à l’invisible : il rend l’accessoire théâtral porteur de sens en le faisant devenir signe.
  • Dans Félistaire (1920), le gros plan explore l’intériorité et suspend la logique du récit, tandis que la lumière du phare donne une temporalité mécanique.

💡 Astuce mémo

Objectif = Analyse + Âme : gros plan = accessoire → symbole.

📖 7. Statut de la représentation au cinéma

🔑 Notions clés & Définitions

  • Montage cinématographique : Le montage est l’enchaînement de fragments qui fait passer d’une image à une autre et construit le sens du film.
  • Photogénie : La photogénie est une qualité des êtres, des choses et des âmes qui s’accroît par la reproduction cinématographique.
  • Cinéplastique : La cinéplastique désigne l’idée que le cinéma est une forme plastique, proche d’une architecture en mouvement.
  • Facteurs différenciants : Les facteurs différenciants sont des moyens formateurs qui permettent au cinéma de se définir comme art spécifique.
  • Scénario d’avant-garde : Le scénario d’avant-garde est une matrice de création autonome, pensée pour stimuler l’imagination plutôt que pour reproduire un réalisme réalisable.

📝 Points essentiels

  • En 1918, le cinéma est présenté comme un art de la lumière et du montage, où le sens produit par l’enchaînement compte autant que le cadre.
  • Le montage sert à passer d’une chose à une autre, et l’essence du cinéma se cherche dans la chaîne de fragments (notamment chez Eisenstein).
  • Le cinéma peut choquer et fonctionne comme une arme culturelle, reflétant des visions conflictuelles des sociétés.
  • La photogénie renvoie à une valeur ajoutée par la reproduction cinématographique, et ce qui n’est pas majoré par cette reproduction n’est pas photogénique.
  • La photogénie est liée à une beauté particulière et à un travail du visage dans le star system, rendu plus efficace par la caméra.
  • Chez Jean Epstein, la photogénie concerne ce qui accroît la qualité morale par l’image filmique, et elle s’oppose à une simple recherche du “joli”.

💡 Astuce mémo

Montage = sens par “enchaînement”, Photogénie = “qualité morale ajoutée”, Cinéplastique = “architecture en mouvement”.

📖 8. Les quatre bords de l’image

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cinéma de l’image : Le cinéma de l’image désigne une conception où l’essentiel du sens et de l’effet passe par ce que l’image donne à voir, plus que par l’intrigue écrite.
  • Scénario autonome : Le scénario autonome est une œuvre littéraire pouvant exister par elle-même, indépendamment de son passage à l’écran.
  • Cinéma de l’âme : Le cinéma de l’âme renvoie à l’idée que le film conserve une valeur propre même si sa forme matérielle change, car il touche une dimension intérieure.
  • Défi au figurable : Le défi au figurable désigne une mise en scène qui tente de représenter l’impossible, en étirant ce que les mots peuvent seulement suggérer.
  • Montage interdit : Le montage interdit est une règle esthétique attribuée à Bazin : il devient inacceptable quand l’essentiel dépend de la présence simultanée de plusieurs facteurs.

📝 Points essentiels

  • Fernand Léger associe le cinéma à une exploration de choses jamais vues et jamais ressenties, ce qui place l’image au centre de l’expérience.
  • Kirsanoff revendique un scénario sans intrigue ni action ni décor, pour faire émerger l’effet du film au-delà du récit.
  • Kurt Pinthus présente le cinéma comme une extériorisation durable de l’intériorité, au point que la projection sur une surface ou la forme initiale ne déterminent pas la valeur du cinéma.
  • Artaud décrit le temps à l’écran comme un temps intérieur, où les événements filmés relèvent d’images intérieures à l’homme.
  • Artaud pose le problème du “figurable” : certains contenus dépassent les mots et exigent d’étendre le possible vers l’impossible.
  • Bazin et Kracauer relient l’analyse du cinéma à la maîtrise des techniques (prise de vue, prise de son, montage) avant de juger l’esthétique des films avec précision plutôt qu’avec une impression globale.

💡 Astuce mémo

Image d’abord : Léger (jamais vu) → Kirsanoff (sans récit) → Pinthus (âme) → Artaud (temps intérieur) ; puis Bazin : montage seulement si la simultanéité n’est pas trahie.

📖 9. Fragmentation de l’espace-temps cinématographique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Plan séquence : Technique de tournage qui enregistre une action sur une durée continue, pour rester au plus près du déroulement réel.
  • Profondeur de champ : Caractéristique de l’image qui maintient simultanément plusieurs plans dans une relative netteté, renforçant la sensation de réalité.
  • Rédemption de la réalité matérielle : Idée selon laquelle le cinéma ne se contente pas de montrer le réel, mais le transforme pour en révéler davantage de sens.
  • Bouclier de Méduse : Métaphore du cinéma comme intermédiaire qui permet d’approcher une réalité insupportable sans la regarder directement.
  • Filmologie : Démarche d’étude du fait filmique qui analyse le cinéma comme phénomène perceptif et comme langage.

📝 Points essentiels

  • Bazin oppose des cinéastes centrés sur l’image à d’autres centrés sur la réalité, dans un rapport privilégié au réel.
  • Le plan séquence vise une durée plus proche du réel, tandis que la profondeur de champ augmente l’impression de continuité et de “plus grande réalité”.
  • Kracauer décrit le cinéma comme interprète de la logique de la modernité, notamment parce qu’il s’adresse à la masse plutôt qu’au public bourgeois traditionnel.
  • Pour Kracauer, le cinéma est à la fois symptôme d’une situation historique nouvelle et interprète d’une nouvelle perception du monde.
  • Le cinéma fonctionne comme un spectacle adapté à un public homogène, où la masse se retrouve dans un ensemble unifié.
  • Dans la théorie du film (1960), le médium est décrit par deux tendances (réaliste et formatrice) et par deux fonctions (enregistrement et révélation).

💡 Astuce mémo

Plan séquence = “durée réelle”, profondeur de champ = “réalité en profondeur”.

📖 10. Cinéma et arts : spécificités et nombre d’arts

🔑 Notions clés & Définitions

  • Filmologie : La filmologie est une approche qui cherche à comprendre le cinéma en le croisant avec plusieurs disciplines pour saisir ce qu’il produit sur la perception et la culture.
  • Fait filmique : Le fait filmique désigne l’expression, par le film, de la vie et des idées sous forme d’images et de sons mis en forme par le cinéma.
  • Fait cinématographique : Le fait cinématographique correspond à la mise en circulation, dans des groupes humains, de documents de sensation, d’idées et de sentiments transformés par le film.
  • Cinéma comme langage : Le cinéma comme langage considère le film comme un système de signification, où montrer ne suffit pas et où signifiant et signifié doivent être distingués.
  • Cinéma impur : Le cinéma impur défend l’idée que le cinéma peut dialoguer avec d’autres arts sans chercher une pureté exclusive, notamment via l’adaptation.

📝 Points essentiels

  • Cohen-Séat présente la filmologie comme une synthèse de psycho-psychologie de la perception, sociologie/psychologie de l’éducation et esthétique filmique.
  • Cohen-Séat distingue des caractéristiques filmophaniques, et le zoom n’en est pas une car il ne se voit pas comme procédé perceptible en tant que tel.
  • Le fait filmique relève de l’expression de la vie du monde ou de l’esprit, via des images visuelles (naturelles ou conventionnelles) et des images auditives (sonores ou verbales).
  • Le fait cinématographique consiste à faire circuler, dans des groupes humains, un fonds de documents de sensation, d’idées et de sentiments mis en forme par le film.
  • Les formalistes russes (1915-1930) élaborent l’idée du cinéma comme langage, avec des auteurs comme Tynianov, Eikhenbaum et Chklovski.
  • Mitry (1963-1965) refuse l’« immédiateté absolue » du cinéma : le film signifie plus qu’il ne montre, en articulant signifiant et signifié (références à Saussure, Barthes, Metz).

💡 Astuce mémo

Filmologie = Perception + Éducation/Société + Esthétique (P-E-E).

📖 11. Cinéma comme réalité et utopie du scénario

🔑 Notions clés & Définitions

  • Adaptation Bazin : L’adaptation bazinienne vise à conserver la structure et la forme d’une œuvre tout en renouvelant l’expression grâce aux moyens techniques du cinéma.
  • Cinéma pur : Le cinéma pur désigne un cinéma qui s’appuie sur ses propres moyens et refuse de dépendre d’autres arts pour produire son effet.
  • Cinéma impur : Le cinéma impur correspond à un cinéma qui emprunte à la littérature, à la peinture ou à d’autres arts au point de brouiller la spécificité filmique.
  • Voix off littéraire : La voix off littéraire est une technique où la littérature est intégrée au film par la voix tout en restant une ressource cinématographique.
  • Politique des auteurs : La politique des auteurs attribue au metteur en scène un statut d’auteur, avec une autonomie relative, et valorise les poétiques personnelles.

📝 Points essentiels

  • Le débat fidélité vs adaptation est présenté comme un contresens : les adaptations de valeur montrent que l’enjeu n’est pas de copier l’“exigence de l’écran” au détriment des œuvres.
  • Dans l’art impur, littérature et cinéma peuvent coexister sans qu’un des deux domine, ce qui permet des formes hybrides plutôt qu’une hiérarchie stricte.
  • Chez Bazin, l’objectif est de retranscrire structure et forme en ajoutant une créativité nouvelle rendue possible par les techniques propres au cinéma.
  • Le cinéma devient “impur” s’il s’appuie sur des arts extérieurs (littérature, peinture, etc.), tandis que le “pur” renvoie à l’usage exclusif des ressources cinématographiques.
  • Bresson réussit en assumant le littéraire par la voix, sans subordonner le film au texte : la voix off fait le lien entre littérature et dispositif filmique.
  • Les cinémas de la modernité (Nouvelles vagues) favorisent une circulation internationale accrue et une diversification des productions nationales des films.

💡 Astuce mémo

Bazin = Structure + Forme + Créativité technique ; Bresson = Littéraire par la voix, pas au service du texte.

📖 12. Filmologie, sociologie et langage du cinéma

🔑 Notions clés & Définitions

  • Filmologie : La filmologie étudie le cinéma en le rapprochant du fonctionnement psychique, notamment du rêve, pour analyser la réception et les effets sur le spectateur.
  • Sémiologie : La sémiologie étudie les signes en général, pour comprendre comment des systèmes de signes produisent du sens.
  • Sémiotique : La sémiotique analyse les signes et leurs relations, en mobilisant des typologies (comme icône, indice, symbole) pour décrire la signification.
  • Langage cinématographique : Le langage cinématographique désigne la manière dont le cinéma produit du sens, sans être assimilé à une langue fondée sur une double articulation.
  • Psychanalyse du cinéma : La psychanalyse du cinéma interprète la séance comme une expérience proche du rêve, en mobilisant des notions comme identification et projection.

📝 Points essentiels

  • Metz distingue langue et langage : le cinéma n’est pas une langue car il ne possède pas la double articulation (ni première ni deuxième) propre aux langues.
  • Metz souligne que le cinéma ne fournit pas d’équivalents de type “mots” : un plan peut déjà correspondre à un ou plusieurs énoncés.
  • Metz critique l’analogie signifiant/signifié : le signifiant n’est pas réductible à une image qui “représente” un signifié.
  • Metz formule une universalité à deux faces : perception visuelle relativement stable (face positive) et absence d’une articulation de type langue (face négative).
  • Metz relie mouvement et impression de réalité : le mouvement ajoute un indice de réalité et donne une corporalité aux objets.
  • Pasolini affirme qu’il n’existe pas de “dictionnaire des images” prêt à l’usage : le cinéma recompose la réalité à partir du langage premier du corps et des comportements.

💡 Astuce mémo

Metz = pas de double articulation ; Pasolini = pas de dictionnaire d’images ; psychanalyse = cinéma comme rêve.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1895Envisagement d’un usage domestique du cinématographe et début de la réflexion sur le potentiel de l’image animée
1898Bolesław Matuszewski défend la création d’un dépôt muséal/dépôt cinématographique historique
1929L’homme à la caméra (Dziga Vertov) illustre l’ambition de tout saisir via la multiplication des caméras

📊 Tableaux de synthèse

Périodes des théories du cinéma

PériodeBornesType d’approche
Institutions1895 - 1915Premières intuitions et impulsions théoriques face au cinématographe
Fondatrices1915 - 1945Floraison de théories, pensée comparative/prospective souvent normative
Classiques1945 - 1960Spécialisation et affirmation d’un domaine théorique séparé de la poétique/technique
Modernes1960 - 1980Approches disciplinaires (sémiologie, psychanalyse, etc.)
Postmodernes1980 - 2000Évolutions théoriques après 1980
Contemporaines2000 - 2020Théories contemporaines (2000-2020)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre théorie et critique : la théorie sert de référence pour comprendre/expliquer, tandis que la critique juge un film et l’analyse décrit/interprète.
  2. Croire que “cinéma = image en mouvement” : le cours insiste aussi sur la salle, l’économie du ticket et la différence avec la télévision.
  3. Prendre la “vision directe” comme neutre : le point de vue est choisi (réalisateur, producteur, chef opérateur), donc la vision est une construction.
  4. Assimiler le cinéma à une langue : avec Metz, il n’y a pas de double articulation et un plan peut déjà valoir un ou plusieurs énoncés.
  5. Réduire la photogénie au “joli” : pour Epstein, c’est une qualité morale/valeur ajoutée par la reproduction, pas une simple beauté.
  6. Penser que le montage “fait” la réalité : chez Bazin, le montage est interdit quand l’essentiel dépend d’une présence simultanée de facteurs.
  7. Croire que l’adaptation est forcément un contresens : chez Bazin, l’enjeu est de conserver structure/forme tout en renouvelant l’expression par les moyens du cinéma.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la théorie du cinéma (ensemble de thèses servant de référence) et distinguer ses trois sens (réunion d’opinions/projet scientifique/construction axiomatique).
  2. Expliquer pourquoi le cinéma ne se réduit pas à l’image animée : salle, ticket et économie, donc différence avec la télévision.
  3. Lister les grandes questions que posent les théories : qu’est-ce que le cinéma, qu’est-ce que devrait être le cinéma, quand y a-t-il du cinéma, pourquoi le cinéma, que peut le cinéma.
  4. Expliquer la fonction de la théorie comme “boussole” (Balazs) et le rôle prospective du point de vue (Casetti).
  5. Distinguer théorie endogène/exogène et donner les contextes typiques des débuts (attraction, presse spécialisée, techniciens/écrivains).
  6. Présenter le cinématographe comme institution historique chez Matuszewski (dépôt, vision directe, limites liées aux absences/archives).
  7. Expliquer la confusion vie/cinéma et l’illusion de réalité (séance, pulsion scopique, hors-champ) à partir des exemples du cours.
  8. Décrire le “cinématographe cérébral” et l’homologie esprit/film (projection intérieure) ainsi que l’idée d’outil pédagogique (Bergson).
  9. Expliquer les apports des regards exogènes : esthétique (Lukács), sociologie (Altenloh), et avant-gardes (Canudo, etc.).
  10. Expliquer la spécificité du cinéma par les notions de montage et de photogénie (Epstein/Delluc) et le rôle du gros plan (Balazs, Epstein).
  11. Présenter le cinéma comme langage : Metz (pas de double articulation, plan ≠ mots) et Pasolini (pas de dictionnaire d’images).
  12. Présenter la filmologie et ses définitions (fait filmique vs fait cinématographique) et la comparaison avec le rêve (psychanalyse du cinéma).
  13. Expliquer le “cinéma impur” chez Bazin : défense de l’adaptation et principe “montage interdit” quand l’essentiel dépend de la simultanéité.
  14. Expliquer les théories classiques du réalisme (Bazin/Kracauer) : montage interdit, rédemption de la réalité matérielle, bouclier de Méduse et rôle de la masse.

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Théorie du cinéma — définition ?

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Théorie — rôle ?

Organiser compréhension et explication.

Théorie du cinéma — étymologie ?

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