📋 Plan du Cours
- ESS et sociétés à mission
- Entreprises de l’ESS et critères d’utilité
- Raisons de choisir un statut ESS
- RSE et mécénat : frontières et articulation
- Mécénat et parrainage dans le sport
- Organismes éligibles et intérêt général fiscal
- Capacité juridique des associations et fondations
- Formes de mécénat et conditions de contreparties
- Avantages fiscaux du mécénat pour particuliers
- Avantages fiscaux du mécénat pour entreprises
- Fiscalisation des associations : gestion et concurrence
- Coexistence des activités lucratives et non lucratives
📖 1. ESS et sociétés à mission
🔑 Notions clés & Définitions
- ESS : L’économie sociale et solidaire regroupe des entreprises dont l’objectif central est de faire l’économie autrement et de partager la richesse autrement.
- Société à mission : La société à mission est un type de société issu de la loi Pacte, qui porte une mission et/ou une raison d’être à finalité RSE.
- RSE : La RSE désigne une démarche de responsabilité sociétale qui peut se combiner avec l’ESS sans la remplacer.
- Mécénat : Le mécénat est un soutien apporté à une cause, mentionné ici comme élément de contexte autour des formes d’engagement et de financement.
- Démocratie en ESS : La gestion d’une entreprise de l’ESS s’appuie sur une logique démocratique, ce qui influence notamment la possibilité de créer seul.
📝 Points essentiels
- Les entreprises de l’ESS n’ont pas automatiquement le statut de société à mission : ce statut vient de la loi Pacte.
- Les sociétés à mission sont des sociétés conventionnelles qui définissent une mission et/ou une raison d’être, avec une finalité RSE.
- L’ESS vise une priorité à l’impact social plutôt qu’à l’impact économique, même si la RSE peut s’y ajouter.
- L’idée que les entreprises de l’ESS seraient forcément des modèles socio-économiques fragiles à subventionner est présentée comme fausse.
- Un parallèle est fait avec les associations : certaines activités d’intérêt général permettent un soutien public, l’association jouant alors un rôle d’auxiliaire de l’État sur certains sujets.
- Créer une entreprise de l’ESS seul est jugé impossible sur le principe philosophique : la gestion repose sur la démocratie, donc il faut au moins deux personnes.
💡 Astuce mémo
ESS = impact social d’abord ; Société à mission = loi Pacte + mission/raison d’être RSE.
📖 2. Entreprises de l’ESS et critères d’utilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Utilité sociale ou collective : Notion de l’ESS qui impose que l’activité vise un bénéfice social ou collectif plutôt qu’un objectif uniquement lucratif.
- Gouvernance démocratique et participative : Principe de l’ESS où les décisions sont prises selon une logique de participation et de démocratie au sein de l’organisation.
- Lucrativité limitée ou absente : Caractéristique de l’ESS qui limite ou supprime la distribution des bénéfices réalisés.
- Société coopérative d’intérêt collectif : Forme sociale de l’ESS permettant d’associer des travailleurs, des collectivités territoriales et des investisseurs.
- Sociétés commerciales de l’ESS (loi Hamon) : Dispositif issu de la loi Hamon permettant d’utiliser une forme sociale classique tout en répondant à des critères d’appartenance à l’ESS.
📝 Points essentiels
- L’ESS repose sur trois principes : utilité sociale ou collective, gouvernance démocratique et participative, et lucrativité limitée ou absente.
- La lucrativité limitée ou absente implique qu’on ne distribue pas le bénéfice réalisé.
- Les formes d’acteurs de l’ESS incluent associations, fondations, mutuelles et sociétés coopératives.
- La loi Hamon permet des sociétés commerciales de l’ESS : une forme sociale classique peut être compatible avec l’ESS si les critères sont respectés.
- La SCIC est présentée comme la forme sociale du SC Bastia et permet d’associer travailleurs, collectivités territoriales et investisseurs.
- Le parrainage vise l’achat de prestations de services et de communication avec intention commerciale, ce qui constitue une charge déductible du résultat.
💡 Astuce mémo
ESS = Utilité + Démocratie + Lucrativité limitée (UDL).
📖 3. Raisons de choisir un statut ESS
🔑 Notions clés & Définitions
- RSE : La RSE désigne des actions de responsabilité sociale qui peuvent relever d’une logique d’intérêt général ou d’objectifs propres à l’entreprise.
- Mécénat : Le mécénat correspond au soutien apporté à une activité d’intérêt général, distinct d’une simple démarche de RSE.
- Loi Aillagon 2003 : La loi Aillagon de 2003 marque un tournant en confiant davantage aux acteurs économiques le financement de projets d’intérêt général.
- Associations déclarées : Les associations déclarées ont une capacité juridique limitée pour recevoir des dons, en particulier pour les donations et legs notariés.
- Associations et fondations reconnues d’utilité publique : Les associations et fondations reconnues d’utilité publique disposent d’une capacité juridique plus large pour recevoir des dons notariés et des legs.
📝 Points essentiels
- RSE et mécénat ne se confondent pas : une fondation peut agir pour améliorer la vie des salariés, mais cela ne suffit pas à caractériser du mécénat.
- Une RSE peut aussi être structurée pour servir des intérêts commerciaux de l’entreprise, sans que cela empêche l’existence d’une activité d’intérêt général relevant du mécénat.
- Avant 2003, les collectivités territoriales finançaient via l’impôt des projets d’intérêt général ; à partir de 2003, l’État fait davantage confiance au monde économique.
- Attention aux dons des particuliers : si le don dépasse la quotité disponible, des notaires peuvent exiger de rendre tout ou partie des sommes.
- Les associations déclarées (environ 98 %) reçoivent en principe des dons manuels, et ne peuvent pas recevoir en principe des donations notariées ni des legs.
- Les associations et fondations reconnues d’utilité publique peuvent recevoir des dons notariés et des legs, avec une capacité juridique plus large.
💡 Astuce mémo
RSE ≠ mécénat : salariés/commerce ≠ intérêt général ; 2003 = confiance à l’économie ; UP = notarié/legs.
📖 4. RSE et mécénat : frontières et articulation
🔑 Notions clés & Définitions
- Intérêt général fiscal : Notion fiscale désignant les conditions permettant à une structure de bénéficier d’un régime favorable lorsqu’elle agit pour l’intérêt général.
- Gestion désintéressée : Critère fiscal imposant que la gestion de l’organisme ne soit pas guidée par un intérêt personnel ou un avantage financier des dirigeants.
- Cercle restreint : Notion indiquant que l’activité ne doit pas profiter uniquement à un groupe limité de personnes, sinon elle perd le caractère d’intérêt général.
- Organismes sans but lucratif : Terme générique regroupant associations, fondations et fonds de dotation, soumis à une analyse fiscale de leurs activités.
- Lucrativité juridique : Notion correspondant à l’absence de partage des bénéfices, qui ne suffit pas à elle seule à déterminer le traitement fiscal.
📝 Points essentiels
- Pour l’administration fiscale, l’intérêt général suppose notamment une gestion désintéressée et une activité non lucrative au plan fiscal.
- L’activité ne doit pas fonctionner au profit d’un cercle restreint de personnes, car des activités réservées aux membres sont considérées comme un cercle restreint.
- L’activité doit être exercée en France, avec des exceptions prévues par le régime fiscal.
- Les organismes sans but lucratif peuvent être exonérés de certains impôts commerciaux (TVA, IS, impôts de production) tout en restant redevables d’autres impôts (ex. taxe d’habitation, taxe sur les salaires).
- La lucrativité au sens juridique (pas de partage des bénéfices) n’est pas équivalente à la lucrativité fiscale, donc l’analyse doit être faite autrement.
- L’analyse fiscale se fait activité par activité, pas globalement sur la structure entière, pour déterminer le régime applicable à chaque activité.
💡 Astuce mémo
Intérêt général = Désintéressé + Pas de cercle restreint + France (avec exceptions).
📖 5. Mécénat et parrainage dans le sport
🔑 Notions clés & Définitions
- Requalification : La requalification est la requalification fiscale d’une association en activité relevant des impôts commerciaux si ses conditions d’exonération ne sont pas respectées.
- Gestion désintéressée : La gestion désintéressée est un critère fiscal qui exige que l’association agisse pour ses intérêts propres, avec une rémunération non excessive et des dirigeants bénévoles.
- Dirigeants bénévoles : Les dirigeants bénévoles sont les personnes qui dirigent l’association sans rémunération, sauf tolérances légales encadrées.
- Dirigeant de fait : Le dirigeant de fait est la personne qui exerce réellement la direction de l’association, même si elle n’a pas le titre officiel de mandataire social.
- Activité concurrentielle : L’activité concurrentielle est le fait pour une association d’exercer une activité qui peut entrer en concurrence avec un opérateur du secteur marchand.
📝 Points essentiels
- Pour éviter une requalification, une association peut s’orienter vers l’assujettissement aux impôts commerciaux si les risques sont trop élevés.
- Étape 1 : on vérifie si la gestion de l’entreprise est désintéressée, puis on poursuit l’analyse si c’est le cas.
- Étape 2 : si l’organisme ne concurrence pas une entreprise, l’exonération peut s’appliquer ; sinon, il faut continuer le raisonnement.
- La gestion désintéressée suppose une prestation de travail réelle au service des intérêts de l’association et des rémunérations qui ne sont pas excessives.
- Les dirigeants doivent être bénévoles, avec une tolérance d’indemnisation annuelle plafonnée à 3/4 du SMIC pour les dirigeants.
- Une dérogation légale permet de rémunérer entre 1 et 3 dirigeants dans les conditions prévues par le cadre légal évoqué au cours.
💡 Astuce mémo
Gestion désintéressée d’abord, concurrence ensuite : si l’association “sert ses intérêts” et ne “fait pas de l’ombre” au marché, l’exonération devient possible.
📖 6. Organismes éligibles et intérêt général fiscal
🔑 Notions clés & Définitions
- Concurrence réelle : La concurrence s’apprécie activité par activité en tenant compte des aspects concurrentiels fins, comme le produit, le public et la proximité géographique.
- Utilité sociale : L’utilité sociale se déduit des caractéristiques de l’activité, notamment le produit, le public, le prix et la publicité.
- Impôts commerciaux : Les impôts commerciaux peuvent s’appliquer si l’utilité sociale n’est pas démontrée, même si l’association n’est pas en concurrence directe sur tous les plans.
- Affectation des excédents : L’affectation des excédents consiste à décider comptablement de l’usage des résultats, avec une préférence fiscale pour une réinjection dans l’association plutôt qu’un simple report.
- Franchise des impôts commerciaux : La franchise permet de conserver une activité lucrative résiduelle tout en évitant une fiscalisation totale, si les conditions d’organisation sont respectées.
📝 Points essentiels
- La concurrence ne suffit pas à elle seule pour conclure à l’assujettissement aux impôts commerciaux : il faut compléter l’analyse par d’autres critères.
- L’utilité sociale se vérifie via les 4 P : produit, public, prix, publicité.
- Si l’utilité sociale n’est pas démontrée, l’association bascule vers une logique d’impôts commerciaux.
- La présence d’une société commerciale peut créer une concurrence et déclencher une étape plus exigeante d’analyse.
- Un résultat positif peut être un signe de bonne gestion, mais l’administration préfère une réinjection des sommes dans l’association plutôt qu’un report à nouveau.
- Le report à nouveau (RAN) correspond à un report sans décision d’affectation immédiate, ce qui est moins apprécié fiscalement car les montants restent dans le haut de bilan plutôt que dans la trésorerie.
💡 Astuce mémo
Concurrence ≠ impôts : prouver l’utilité sociale (4 P) puis bien affecter les excédents (réinjecter, pas RAN).
📖 7. Capacité juridique des associations et fondations
🔑 Notions clés & Définitions
- Franchise des impôts commerciaux : Régime permettant à une association d’exercer une activité lucrative résiduelle sans basculer dans une fiscalisation totale des impôts commerciaux.
- Sectorisation : Technique de séparation des activités lucratives et non lucratives pour limiter l’imposition aux seuls secteurs lucratifs.
- Filialisation : Opération consistant à transférer l’activité lucrative dans un nouveau véhicule juridique afin que l’association d’origine ne conserve que des activités non lucratives.
- Gestion désintéressée : Critère de fonctionnement d’une association qui conditionne l’accès aux dispositifs limitant la fiscalisation des activités.
📝 Points essentiels
- La franchise vise à éviter la contagion fiscale en ne soumettant que certaines activités, pas l’ensemble des activités de l’association.
- Pour la franchise, les activités non lucratives doivent être prépondérantes, avec un seuil indicatif de 20 % maximum des recettes (pas de chiffre établi par la loi ni en doctrine).
- La franchise dépend aussi d’un plafond annuel de recettes lucratives encaissées, fixé à 77 000 euros en 2024.
- L’exonération de plein droit des impôts commerciaux (IS, CET, TVA) est mentionnée comme conséquence du régime de franchise.
- La sectorisation suppose une dissociabilité des activités et une prépondérance significative du non lucratif, avec un ordre de grandeur d’au moins 65 % de l’activité.
- La sectorisation permet une imposition limitée au secteur lucratif et ouvre la possibilité de bénéficier du dispositif du mécénat pour le secteur non lucratif.
💡 Astuce mémo
Franchise = petit “reste” lucratif (≤20% recettes et plafond 77 000 € en 2024) ; Sectorisation = séparation (≈65% non lucratif) ; Filialisation = on “sort” le lucratif dans une filiale.
🔑 Notions clés & Définitions
- Mécénat sportif : Le mécénat sportif est un soutien financier ou matériel apporté à des activités sportives, généralement pour servir un objectif d’intérêt général plutôt que de rechercher un profit.
- Économie sociale et solidaire (ESS) : L’économie sociale et solidaire regroupe des organisations dont la priorité est l’impact social, environnemental ou sociétal, avant la recherche du profit.
- Intérêt général ou collectif : L’intérêt général ou collectif désigne la finalité sociale, environnementale ou culturelle poursuivie par une organisation de l’ESS.
- Lucrativité limitée : La lucrativité limitée correspond à un encadrement de la recherche de bénéfices, avec réaffectation majoritaire au projet et interdiction de spéculer sur le capital.
- Gouvernance démocratique : La gouvernance démocratique et participative est un mode de décision fondé sur le principe « une personne = une voix ».
📝 Points essentiels
- Une organisation de l’ESS vise la création de richesse collective via le réinvestissement des excédents au service des bénéficiaires, pas la maximisation du profit.
- La loi-cadre du 31 juillet 2014 (n° 2014-856) définit l’ESS par trois principes : intérêt général ou collectif, lucrativité limitée, gouvernance démocratique.
- La lucrativité limitée implique que les bénéfices soient majoritairement réaffectés au projet et qu’il soit impossible de spéculer sur le capital.
- La gouvernance « une personne = une voix » implique la participation de personnes comme salariés, bénévoles, sociétaires ou bénéficiaires.
- Les principales familles de l’ESS sont les coopératives, les mutuelles, les fondations, les associations et certaines sociétés commerciales déclarées entreprises de l’ESS.
- Le sport s’inscrit dans la logique de cohésion sociale portée par l’ESS, via des clubs, associations sportives et fédérations souvent à but non lucratif.
💡 Astuce mémo
ESS = I-L-G : Intérêt général, Lucrativité limitée, Gouvernance démocratique (« une personne = une voix »).
📖 9. Avantages fiscaux du mécénat pour particuliers
🔑 Notions clés & Définitions
- Mécénat : Soutien matériel ou financier à une œuvre ou activité d’intérêt général, sans contrepartie équivalente pour le donateur.
- CGI article 200 : Dispositif du Code général des impôts encadrant la réduction d’impôt liée aux dons effectués au titre du mécénat par les particuliers.
- CGI article 238 bis : Dispositif du Code général des impôts encadrant la réduction d’impôt liée aux dons au titre du mécénat pour les entreprises.
- Contreparties symboliques : Contreparties possibles au mécénat, à condition de rester symboliques et sans disproportion marquée avec le montant du don.
- BOFIP du 10 mai 2017 : Prise de position fiscale précisant la notion de disproportion marquée des contreparties par rapport au montant du don.
📝 Points essentiels
- Le mécénat est régi par les articles 200 et 238 bis du CGI, selon la qualité du donateur (particulier ou entreprise).
- Pour les particuliers, le régime fiscal du mécénat passe par l’article 200 du CGI, qui ouvre droit à une réduction d’impôt liée aux dons.
- Les contreparties ne doivent pas être équivalentes au don : elles doivent rester symboliques pour conserver la qualification de mécénat.
- La doctrine BOFIP du 10 mai 2017 encadre la limite de la « disproportion marquée » des contreparties par rapport au montant du don.
- Le bénéficiaire du mécénat doit poursuivre une mission d’intérêt général (par exemple sociale, éducative, sportive ou culturelle).
- Pour les entreprises, la réduction d’IS mentionnée dans le texte est de 60% des sommes versées, dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires HT ou 20 000 € (article 238 bis du CGI).
💡 Astuce mémo
Mécénat = don d’intérêt général sans “prix” équivalent : si la contrepartie devient trop chère → ce n’est plus du mécénat.
📖 10. Avantages fiscaux du mécénat pour entreprises
🔑 Notions clés & Définitions
- Mécénat d’entreprise : Le mécénat est un soutien financier ou matériel accordé à un projet d’intérêt général, ouvrant droit à des avantages fiscaux sous conditions.
- Réduction d’IS 60% : La réduction d’impôt sur les sociétés correspond à 60% des sommes versées au titre du mécénat, dans les limites prévues par la loi.
- Plafond 0,5% CA HT : Le bénéfice fiscal du mécénat est plafonné à 0,5% du chiffre d’affaires hors taxes de l’entreprise donatrice.
- Plafond 20 000 € : Le montant de la réduction d’IS liée au mécénat est aussi limité à 20 000 € par période, même si le plafond en pourcentage n’est pas atteint.
📝 Points essentiels
- Les contreparties au mécénat peuvent exister, mais elles doivent rester symboliques ou présenter une disproportion marquée par rapport au montant du don (doctrine BOFIP du 10 mai 2017).
- Le mécénat ouvre pour les entreprises une réduction d’IS de 60% des sommes versées.
- La réduction d’IS de 60% est plafonnée à 0,5% du chiffre d’affaires HT.
- La réduction d’IS de 60% est aussi plafonnée à 20 000 €.
- La loi n° 2003-709 du 1er août 2003 (loi Aillagon) a modernisé le mécénat et renforcé les incitations fiscales en faveur du financement de projets d’intérêt général.
💡 Astuce mémo
60% d’IS pour l’entreprise, mais plafonds : 0,5% du CA HT ou 20 000 € (et les contreparties doivent rester symboliques).
📖 11. Fiscalisation des associations : gestion et concurrence
🔑 Notions clés & Définitions
- Libéralités entre vifs : Les libéralités entre vifs sont des donations réalisées immédiatement, qui peuvent être fiscalisées et encadrées par la réserve héréditaire.
- Legs testamentaires : Les legs sont des libéralités prévues par testament, qui prennent effet au décès du testateur.
- Réserve héréditaire : La réserve héréditaire limite les donations et legs pour protéger les droits des héritiers réservataires via la quotité disponible.
- Mécénat d’entreprise : Le mécénat d’entreprise est un soutien sans contrepartie directe, accordé à des organismes d’intérêt général, ouvrant droit à une réduction d’IS.
- Dons manuels : Les dons manuels sont des remises directes de biens ou d’argent, utilisables notamment par les associations simplement déclarées.
📝 Points essentiels
- Les donations entre vifs (art. 894 C. civ.) produisent un effet immédiat, tandis que les legs (art. 895 C. civ.) prennent effet au décès via le testament.
- Les donations et legs sont plafonnés par la quotité disponible, car la réserve héréditaire interdit d’atteindre les droits des héritiers réservataires (art. 912 et s. C. civ.).
- Les dons des entreprises relèvent du mécénat d’entreprise (art. 238 bis CGI) : soutien sans contrepartie directe au profit d’organismes d’intérêt général.
- Le mécénat d’entreprise ouvre droit à une réduction d’IS de 60% dans les limites légales, et ne correspond pas à une donation civile au sens strict.
- Les associations reconnues d’utilité publique peuvent recevoir donations et legs sous contrôle administratif (art. 910 C. civ.).
- Les associations simplement déclarées ne peuvent recevoir que des dons manuels, alors que les fondations reconnues d’utilité publique et les fonds de dotation sont habilitées à recevoir dons et legs.
💡 Astuce mémo
Donation = vivant (immédiat) ; Legs = décès (testament) ; Réserve = plafond pour protéger les héritiers ; Mécénat = entreprise sans contrepartie (réduction IS 60%).
📖 12. Coexistence des activités lucratives et non lucratives
🔑 Notions clés & Définitions
- Mécénat en numéraire : Le mécénat en numéraire correspond à un versement d’argent au profit d’un organisme éligible.
- Mécénat en nature : Le mécénat en nature consiste à donner ou mettre à disposition des biens mobiliers ou immobiliers (matériel, locaux, véhicules…).
- Mécénat de compétence : Le mécénat de compétence correspond à la mise à disposition de salariés sur leur temps de travail pour apporter une expertise.
- Organisme d’intérêt général : Un organisme d’intérêt général est une structure dont la gestion et les activités répondent à des critères fiscaux stricts pour ouvrir droit aux avantages.
- Sectorisation comptable : La sectorisation comptable est la séparation des activités lucratives et non lucratives afin de préserver le régime fiscal lié à l’intérêt général.
📝 Points essentiels
- Pour les particuliers (art. 200 CGI), la réduction d’IR est de 66% des dons, plafonnée à 20% du revenu imposable, avec report possible sur 5 ans.
- Pour les entreprises (art. 238 bis CGI), la réduction d’IS est de 60% des versements, plafonnée au plus élevé entre 20 000 € et 0,5% du chiffre d’affaires HT.
- L’administration fiscale peut contrôler l’éligibilité des organismes et recommande, en cas de doute, de demander un rescrit mécénat (art. L.80 C LPF).
- La gestion désintéressée exige des dirigeants bénévoles ou une rémunération strictement encadrée et l’absence de distribution de bénéfices.
- L’absence de concurrence lucrative impose que l’organisme n’offre pas un service dans des conditions comparables à une entreprise commerciale, pour éviter l’équivalence “association ou société” pour le même besoin.
- En cas de coexistence d’activités lucratives et non lucratives, la doctrine fiscale prévoit la sectorisation (séparation comptable) ou l’application de règles spécifiques, sinon le régime d’intérêt général peut être écar
💡 Astuce mémo
Numéraire/Nature/Compétence = 3 formes de mécénat ; Intérêt général = Gestion désintéressée + Pas de concurrence ; Lucratif + Non lucratif = Sectoriser.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 22 mai 2019 | Loi PACTE introduisant la société à mission |
| 31 juillet 2014 | Loi-cadre définissant l’ESS autour de trois principes |
| 1er août 2003 | Loi Aillagon modernisant le mécénat |
| 10 mai 2017 | BOFiP encadrant la notion de « disproportion marquée » des contreparties |
| 2024 | Plafond de recettes lucratives encaissées pour la franchise : 77 000 € |
📊 Tableaux de synthèse
RSE vs mécénat vs parrainage
| Notion | Finalité | Contrepartie / fiscalité |
|---|
| RSE | Démarche de responsabilité sociétale (peut servir l’intérêt général ou des intérêts commerciaux) | Pas automatiquement du mécénat ; pas une qualification fiscale automatique |
| Mécénat | Mission d’intérêt général (sociale, éducative, sportive, culturelle…) | Don désintéressé avec contreparties mineures/« disproportion marquée » ; réduction fiscale (art. 200 et 238 bis CGI) |
| Parrainage | Visée commerciale (publicité, visibilité, image) | Contrepartie publicitaire ; charge déductible (lien intérêt général non requis) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre société à mission et entreprise de l’ESS : la société à mission vient de la loi Pacte, l’ESS repose sur utilité sociale, démocratie et lucrativité limitée/absente.
- Croire que la RSE équivaut au mécénat : le cours insiste que la RSE n’est pas forcément du mécénat et peut même servir des intérêts commerciaux.
- Mélanger mécénat et parrainage : le parrainage suppose une intention commerciale et une contrepartie publicitaire, alors que le mécénat exige un don désintéressé.
- Penser que la lucrativité juridique (pas de partage des bénéfices) suffit à conclure fiscalement : elle n’est pas équivalente à la lucrativité fiscale.
- Oublier que l’analyse fiscale se fait activité par activité : une association peut être exonérée pour certaines activités et fiscalisée pour d’autres.
- Se tromper sur les conditions d’intérêt général fiscal : il faut gestion désintéressée, absence de cercle restreint, et activité exercée en France (avec exceptions).
- Confondre franchise, sectorisation et filialisation : la franchise vise un reste lucratif (≤20% recettes et plafond 77 000 € en 2024), la sectorisation sépare comptablement (≈65% non lucratif), la filialisation external-
✅ Checklist Examen
- Définir ESS et rappeler que les entreprises de l’ESS ne sont pas automatiquement des sociétés à mission (loi Pacte).
- Expliquer le lien ESS/RSE : la RSE peut se combiner avec l’ESS sans la remplacer.
- Citer les trois principes de l’ESS : utilité sociale/collective, gouvernance démocratique et participative, lucrativité limitée ou absente.
- Identifier les formes d’acteurs de l’ESS mentionnées : associations, fondations, mutuelles, sociétés coopératives et certaines sociétés commerciales déclarées entreprises de l’ESS.
- Expliquer pourquoi un entrepreneur doit privilégier un statut ESS selon le cours : démarche citoyenne valorisable, financements spécifiques, gage de performance/innovation (ex. SCIC).
- Distinguer RSE et mécénat : une fondation pour améliorer la vie des salariés n’est pas automatiquement du mécénat ; l’activité doit relever d’un intérêt général.
- Définir parrainage et préciser la logique fiscale : prestation à visée commerciale, contrepartie publicitaire, charge déductible, intérêt général non requis.
- Rappeler les conditions d’éligibilité au mécénat côté fiscal : mission d’intérêt général et contreparties mineures avec « disproportion marquée » (BOFiP).
- Maîtriser les avantages fiscaux du mécénat : particuliers (art. 200 CGI : 66% dans la limite de 20% du revenu imposable) et entreprises (art. 238 bis CGI : 60% dans la limite 20 000 € ou 0,5% CA HT).
- Expliquer la logique des libéralités : donation entre vifs (effet immédiat) vs legs testamentaires (effet au décès) et rôle de la réserve héréditaire/quotité disponible.
- Connaître les bénéficiaires autorisés à recevoir : associations simplement déclarées (dons manuels), associations/fondations reconnues d’utilité publique (dons notariés et legs).
- Décrire la méthode d’analyse fiscale des associations : gestion désintéressée puis concurrence, utilité sociale via les 4 P, affectation des excédents (réinjection plutôt que report à nouveau), et les outils de coexist-
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