Revision sheet: Fondements et critiques du droit international

Plan du Cours

  1. ProblĂšme de la force obligatoire du DIP
  2. Droit naturel révélé et volonté divine
  3. Droit naturel laïcisé et droit des gens
  4. Écoles volontaristes, positivistes et dualistes
  5. Critique de la théorie volontariste
  6. Théories monistes de la genÚse juridique
  7. Définition sociologique chez Georges Scelle
  8. Technique normative et dédoublement fonctionnel
  9. Conclusion scellienne et primat du DIP

1. ProblĂšme de la force obligatoire du DIP

Notions clés & Définitions

  • Force obligatoire du DIP : La force obligatoire du droit international dĂ©signe la capacitĂ© du DIP Ă  s’imposer aux États malgrĂ© leur souverainetĂ©.
  • Fondement thĂ©orique : Le fondement thĂ©orique est l’explication doctrinale qui justifie pourquoi les États doivent respecter le DIP.
  • Écoles volontaristes : Les Ă©coles volontaristes soutiennent que l’obligation internationale dĂ©coule d’une forme de volontĂ© des États.
  • Écoles positivistes : Les Ă©coles positivistes rattachent l’obligation internationale Ă  des Ă©lĂ©ments de droit posĂ©s et reconnus par la pratique.
  • Écoles dualistes : Les Ă©coles dualistes distinguent le droit international et le droit interne comme deux ordres juridiques sĂ©parĂ©s.

Points essentiels

  • Le problĂšme central est d’expliquer comment le DIP peut s’imposer aux États souverains, donc d’oĂč vient son caractĂšre obligatoire.
  • La rĂ©ponse au fondement thĂ©orique conditionne la libertĂ© des États face au DIP et leur capacitĂ© Ă  se dĂ©gager d’obligations antĂ©rieures.
  • Le cours distingue la force obligatoire de la question des sanctions et de la force exĂ©cutoire en cas de non-respect.
  • Plusieurs controverses doctrinales existent encore sur le fondement thĂ©orique de l’obligation internationale.
  • Les Ă©coles anciennes abordĂ©es ici sont celles inspirĂ©es du droit naturel, avant les Ă©coles volontaristes, positivistes et dualistes.
  • L’école du droit naturel canonique fonde l’obligation sur une volontĂ© divine, l’infraction Ă©tant un pĂ©chĂ© et l’usage des princes Ă©tant dĂ©calĂ© par rapport Ă  ce droit.

Astuce mémo

Question-rĂ©flexe : « Pourquoi les États obĂ©issent-ils au DIP malgrĂ© leur souverainetĂ© ? » → fondement thĂ©orique, pas sanctions.

2. Droit naturel révélé et volonté divine

Notions clés & Définitions

  • Droit naturel : Le droit naturel est un ensemble de principes objectifs inhĂ©rents Ă  la nature humaine et Ă  la sociabilitĂ© des hommes, valables pour tous les lieux et toutes les Ă©poques.
  • Grotius : Grotius est un juriste protestant hollandais (1583-1645) dont les idĂ©es ont fortement marquĂ© le droit international, notamment sur la libertĂ© des mers et la guerre injuste.
  • Droite raison : La droite raison dĂ©signe la facultĂ© qui permet de reconnaĂźtre si une action est moralement honnĂȘte ou dĂ©shonnĂȘte selon sa conformitĂ© Ă  la nature raisonnable et sociable de l’homme.
  • VolontĂ© de Dieu : Pour Grotius, la volontĂ© de Dieu n’est pas la source premiĂšre du droit naturel, mais une manifestation indirecte dans la production des normes.
  • Droit des gens : Le droit des gens regroupe les obligations internationales liĂ©es au droit naturel, qui s’imposent aux États dans leurs relations entre eux.

Points essentiels

  • AprĂšs la RĂ©forme, Grotius (1583-1645) dĂ©veloppe une thĂ©orie du droit naturel qui fonde des conclusions encore actuelles, mais dont le fondement est jugĂ© aujourd’hui moins satisfaisant.
  • Pour Grotius, les États ne crĂ©ent pas le droit international : ils ne font pas naĂźtre les rĂšgles par consentement, ils les dĂ©couvrent par un acte d’intelligence.
  • Le droit naturel est immuable et commun Ă  toutes les rĂ©gions et Ă  toutes les Ă©poques, et il s’applique Ă  la conduite des individus comme Ă  celle des États.
  • Le droit naturel relie la moralitĂ© d’une action Ă  sa convenance ou disconvenance avec la nature raisonnable et sociable de l’homme.
  • La volontĂ© de Dieu intervient seulement indirectement : elle se manifeste dans la production normative, qui Ă©mane d’abord de la nature humaine et de son caractĂšre sociable.
  • Les États sont liĂ©s par des obligations internes (dont la violation ouvre un droit de rĂ©sistance Ă  l’oppression en faveur des sujets) et par des obligations internationales relevant du droit des gens.

Astuce mémo

IdĂ©e-clĂ© : « dĂ©couverte par l’intelligence » (pas crĂ©ation par consentement) + Dieu = « signal indirect » (pas source premiĂšre).

3. Droit naturel laïcisé et droit des gens

Notions clés & Définitions

  • Droit naturel : Droit naturel : ensemble de prescriptions valables indĂ©pendamment des volontĂ©s particuliĂšres des États, notamment pour organiser des relations pacifiques entre eux.
  • Droit des gens : Droit des gens : droit applicable aux rapports entre États, fondĂ© sur leur accord et leur convergence de volontĂ©s plutĂŽt que sur une autoritĂ© supĂ©rieure.
  • Droit volontaire : Droit volontaire : droit issu d’une volontĂ©, pouvant ĂȘtre divine ou humaine, mais dont l’obligation dĂ©pend de l’accord des États.
  • PrimautĂ© du droit naturel : PrimautĂ© du droit naturel : exigence selon laquelle les États doivent reconnaĂźtre la supĂ©rioritĂ© du droit naturel sur le droit volontaire.
  • De jure belli ac pacis : De jure belli ac pacis : ouvrage de rĂ©fĂ©rence de 1625 consacrĂ© au droit de la guerre et de la paix, associĂ© Ă  la doctrine du droit naturel.

Points essentiels

  • Le droit naturel impose des modes de rĂšglement pacifique des diffĂ©rends entre États.
  • Le droit volontaire provient d’une volontĂ© pouvant ĂȘtre divine ou humaine, mais il ne s’impose pas sans accord des États.
  • Le droit des gens ne rĂ©sulte pas d’une volontĂ© supĂ©rieure aux États : il naĂźt de leur accord et de volontĂ©s convergentes issues de la coutume ou de conventions formelles.
  • Les États sont tenus de reconnaĂźtre la primautĂ© du droit naturel sur le droit volontaire.
  • Le texte associe l’idĂ©e de guerre coercitive Ă  la protection d’un patrimoine de l’État, Ă  condition que la violation soit grave.
  • La citation donnĂ©e illustre que repousser une injure mĂȘme par la force n’est pas contraire au droit naturel.

Astuce mémo

Accord = droit des gens ; PrimautĂ© = droit naturel au-dessus du volontaire ; Paix = rĂšglement pacifique entre États.

4. Écoles volontaristes, positivistes et dualistes

Notions clés & Définitions

  • VolontĂ© commune : Notion de doctrine allemande dĂ©signant les accords oĂč les signataires poursuivent le mĂȘme but.
  • UnitĂ© de volontĂ© : Notion de doctrine allemande utilisĂ©e pour distinguer les accords fondĂ©s sur un but commun des contrats Ă  buts rĂ©ciproques.
  • Dualisme juridique : ThĂšse selon laquelle droit international et droit interne constituent deux ordres distincts et indĂ©pendants.
  • RĂ©ception des traitĂ©s : Acte par lequel un État introduit une norme internationale dans son ordre juridique interne pour la rendre applicable aux particuliers.
  • ThĂ©orie du chiffon de papier : Critique qui prĂ©sente le droit comme fragile lorsque sa validitĂ© dĂ©pend entiĂšrement de la volontĂ© des États.

Points essentiels

  • La doctrine allemande distingue les accords Ă  but commun de ceux oĂč les buts sont apposĂ©s, synallagmatiques.
  • La volontĂ© des États fonde Ă  la fois le droit international et le droit interne, ce qui conduit Ă  l’indĂ©pendance des deux ordres juridiques.
  • Pour TRIEPEL, les systĂšmes interne et international sont deux cercles en contact intime mais qui ne se superposent jamais.
  • Le traitĂ© lie l’État, mais ne lie les particuliers qu’aprĂšs introduction de la norme dans l’ordre interne par rĂ©ception.
  • Le droit international rĂ©git les relations entre États, tandis que le droit interne rĂ©git les relations de l’État avec les personnes privĂ©es et celles entre personnes privĂ©es.
  • Critique : si la volontĂ© peut crĂ©er le droit, elle peut aussi le dĂ©truire, ce qui empĂȘche stabilitĂ© et sĂ©curitĂ© dans la sociĂ©tĂ© internationale (chiffon de papier).

Astuce mémo

Dualisme = 2 cercles : traitĂ© lie l’État, rĂ©ception = pont vers les particuliers.

5. Critique de la théorie volontariste

Notions clés & Définitions

  • ThĂ©orie volontariste : ThĂ©orie selon laquelle la volontĂ© des États serait la source dĂ©cisive du droit international et de ses obligations.
  • SouverainetĂ© absolue : IdĂ©e selon laquelle la souverainetĂ© d’un État serait sans limites et ne rencontrerait aucune contrainte extĂ©rieure.
  • Georges Scelle : Juriste prĂ©sentĂ© comme un adversaire majeur des thĂšses volontaristes et auteur d’une dĂ©monstration contre la souverainetĂ© absolue.
  • Droit international supĂ©rieur : Notion selon laquelle l’opposabilitĂ© des actes Ă©tatiques dĂ©pend de normes issues d’un niveau juridique supĂ©rieur.

Points essentiels

  • La critique vise l’écart entre la thĂ©orie volontariste et la rĂ©alitĂ© des comportements Ă©tatiques, notamment quand des États ne respectent pas le droit international.
  • L’opinion considĂšre de plus en plus les manquements au droit international comme une conception dĂ©passĂ©e de la souverainetĂ©.
  • Des obligations juridiques peuvent ĂȘtre imposĂ©es aux États par des organismes internationaux, mĂȘme contre leur volontĂ©, ce qui rĂ©duit l’idĂ©e de souverainetĂ© totale.
  • Le raisonnement de Scelle : si chaque État Ă©tait souverain au sens absolu, il ne devrait rencontrer aucune limite dans l’expression de sa volontĂ©.
  • Exemple des eaux territoriales : un État ne peut pas Ă©tendre indĂ©finiment ses eaux, car les autres États formuleraient des prĂ©tentions analogues.
  • Exemple de la nationalitĂ© : un État ne peut pas attribuer librement une nationalitĂ© opposable aux autres sans normes issues d’un droit supĂ©rieur, donc la limitation vient du droit international.

Astuce mémo

Scelle = « volontĂ© sans limites » impossible : eaux territoriales et nationalitĂ© montrent qu’un droit supĂ©rieur borne l’action Ă©tatique.

6. Théories monistes de la genÚse juridique

Notions clés & Définitions

  • Monisme juridique : Doctrine selon laquelle le droit forme un systĂšme unique et cohĂ©rent, dont la validitĂ© s’explique par un principe supĂ©rieur commun.
  • Pyramide juridique : ModĂšle hiĂ©rarchique oĂč chaque norme tire sa force obligatoire d’une norme supĂ©rieure, jusqu’à un fondement ultime.
  • Grundnorm : Norme fondamentale hypothĂ©tique qui, chez Kelsen, sert de base Ă  l’obligation des normes dans l’ordre juridique.
  • Pacta sunt servanda : Principe selon lequel les engagements conventionnels doivent ĂȘtre respectĂ©s, prĂ©sentĂ© comme fondement de la force obligatoire du droit conventionnel.
  • SolidaritĂ© sociale : IdĂ©e selon laquelle la force du droit provient des liens d’interdĂ©pendance entre les hommes et des nĂ©cessitĂ©s de vivre ensemble.

Points essentiels

  • Dans une logique moniste, les normes juridiques forment un systĂšme ordonnĂ© et hiĂ©rarchisĂ©, oĂč la validitĂ© d’une norme dĂ©pend d’une norme supĂ©rieure.
  • Au sommet de la hiĂ©rarchie, une norme fondatrice rend possible l’ensemble du systĂšme, mais son existence peut ĂȘtre prĂ©sentĂ©e comme indĂ©montrable.
  • En droit international, la force obligatoire du droit conventionnel est rattachĂ©e Ă  une norme coutumiĂšre, associĂ©e Ă  l’idĂ©e pacta sunt servanda.
  • Le fondement de la coutume est dĂ©crit comme plus difficile Ă  expliquer, ce qui motive la construction kelsĂ©nienne de la Grundnorm.
  • Chez Kelsen, une norme est obligatoire parce qu’une norme supĂ©rieure l’exige, la Grundnorm Ă©tant hypothĂ©tique car non prouvable.
  • Pour Duguit, le droit ne vient pas de la volontĂ© de l’État : il naĂźt de la vie sociale et des nĂ©cessitĂ©s de la solidaritĂ© entre individus, puis devient juridique quand la sociĂ©tĂ© exige une sanction.

Astuce mémo

HiĂ©rarchie→Grundnorm : « du haut vers le bas » (Kelsen) ; Solidarité→Sanction : « du social vers le juridique » (Duguit).

7. Définition sociologique chez Georges Scelle

Notions clés & Définitions

  • Animal politique : Notion sociologique selon laquelle l’ĂȘtre humain est fait pour vivre en sociĂ©tĂ© et dĂ©pend des autres pour satisfaire ses besoins.
  • SolidaritĂ© sociale : Notion dĂ©crivant le lien nĂ© de l’interdĂ©pendance entre groupes humains, qui produit des formes de cohĂ©sion.
  • SolidaritĂ© par similitude : Forme de solidaritĂ© interne Ă  un mĂȘme groupe, fondĂ©e sur des ressemblances et un passĂ© commun, base de la nation.
  • SolidaritĂ© par dissemblance : Forme de solidaritĂ© entre groupes diffĂ©rents, produite par des Ă©changes intergroupaux et orientĂ©e par la raison.
  • Éthique sociale : Ensemble des sentiments collectifs du bien et du mal engendrĂ© par la sociabilitĂ© et qui nourrit les normes.

Points essentiels

  • L’interdĂ©pendance des hommes crĂ©e une solidaritĂ©, car les besoins ne sont satisfaits que par des Ă©changes sociaux de produits, services, connaissances et sentiments.
  • La solidaritĂ© sociale se dĂ©ploie en deux degrĂ©s : par similitude Ă  l’intĂ©rieur d’un groupe et par dissemblance entre groupes.
  • La solidaritĂ© par similitude repose sur des caractĂ©ristiques ethniques, provient d’un passĂ© commun, est innĂ©e et prĂ©sentĂ©e comme indĂ©fectible.
  • La solidaritĂ© par dissemblance correspond Ă  des Ă©changes entre groupes, doit ĂȘtre voulue pour produire ses effets, et est combattue par la solidaritĂ© par similitude.
  • La solidaritĂ© par dissemblance se manifeste par une division du travail entre groupes et freine les antagonismes intercollectifs.
  • Le pouvoir est une force sociale progressivement organisĂ©e, d’origine spontanĂ©e, d’abord liĂ©e Ă  la force physique puis Ă  la force morale, et exige au niveau intergroupal une organisation commune avec une hiĂ©rarchie d’in­

Astuce mémo

Similitude = mĂȘme groupe (nation, passĂ© commun) ; Dissemblance = groupes diffĂ©rents (raison, division du travail).

8. Technique normative et dédoublement fonctionnel

Notions clés & Définitions

  • Milieu social international : Le milieu social international dĂ©signe le contexte de solidaritĂ© entre États qui conditionne l’évolution et l’efficacitĂ© de l’ordre normatif.
  • Sources matĂ©rielles du Droit : Les sources matĂ©rielles du Droit sont le fondement rĂ©el de la force obligatoire des normes, indĂ©pendamment de la volontĂ© des organes.
  • Sources formelles du Droit : Les sources formelles du Droit sont les formes par lesquelles le Droit se manifeste, notamment coutume, droit Ă©crit et jurisprudence.
  • Technique de traduction du Droit : La technique de traduction du Droit dĂ©crit l’idĂ©e que les organes ne crĂ©ent pas le Droit, mais le mettent en Ɠuvre en le rendant effectif.
  • DĂ©doublement fonctionnel : Le dĂ©doublement fonctionnel est le mĂ©canisme par lequel, faute d’organes internationaux propres, les gouvernements nationaux exercent aussi des fonctions internationales.

Points essentiels

  • Pour SCELLE, aucun ordre juridique n’existe sans un milieu social dĂ©terminĂ©, car ce milieu conditionne l’évolution des normes.
  • La faiblesse du droit international public s’explique par la faiblesse de la cohĂ©sion du milieu social international et par une solidaritĂ© internationale limitĂ©e par dissemblance.
  • Les normes tirent leur force obligatoire de leur conformitĂ© Ă  la source matĂ©rielle du Droit, et non de la seule volontĂ© des organes.
  • Les sources du Droit se prĂ©sentent comme trois sources distinctes : coutume, droit Ă©crit et jurisprudence.
  • L’action des corps constituĂ©s est une traduction du Droit, donc une technique, plutĂŽt qu’une crĂ©ation autonome du Droit.
  • Au niveau international, l’absence d’organes propres rend l’ordre juridique inefficace sans institutions, rĂ©glementation, juridictions et sanctions ; d’oĂč l’exĂ©cution empirique et prĂ©caire des fonctions essentielles.

Astuce mémo

Milieu social = nappe : si le milieu est faible, le Droit international l’est aussi ; sans organes internationaux, les États font le travail Ă  deux niveaux (dĂ©doublement).

9. Conclusion scellienne et primat du DIP

Notions clés & Définitions

  • Conclusion scellienne : La conclusion scellienne est l’idĂ©e que le Droit international s’impose comme ordre supĂ©rieur au sein de la sociĂ©tĂ© internationale.
  • Primat du Droit international : Le primat du Droit international dĂ©signe la supĂ©rioritĂ© de la rĂšgle internationale sur la rĂšgle nationale dans l’ordre juridique.
  • Monisme juridique : Le monisme juridique affirme qu’il n’existe qu’un seul ordre juridique, hiĂ©rarchisĂ© au profit de la norme internationale.
  • Fondement sociologique du DIP : Le fondement sociologique du DIP explique l’obligation du Droit international par le rĂŽle des faits sociaux et des interactions entre peuples.
  • Dualisme de facto : Le dualisme de facto correspond au maintien pratique de mĂ©canismes sĂ©parant DIP et droit interne malgrĂ© des proclamations monistes.

Points essentiels

  • La sociĂ©tĂ© internationale rĂ©sulte de l’interpĂ©nĂ©tration des peuples par le commerce international au sens large, et non de la simple juxtaposition des États.
  • La solidaritĂ© internationale n’est pas innĂ©e : elle dĂ©pend de rapports internationaux qui peuvent ĂȘtre faibles quand les relations entre peuples sont difficiles.
  • La dynamique historique tend vers l’interdĂ©pendance des États, ce qui favorise un dĂ©veloppement du Droit international.
  • La hiĂ©rarchie scellienne soumet les ordres juridiques des collectivitĂ©s Ă  l’ordre juridique global, ce qui implique la supĂ©rioritĂ© de la rĂšgle internationale.
  • La thĂ©orie scellienne est critiquĂ©e car elle dĂ©crit imparfaitement la place rĂ©elle du DIP, mais cette limite n’annule pas ses concepts fondamentaux.
  • Les juridictions, internes ou internationales, admettent la force obligatoire du DIP lorsqu’elles sont confrontĂ©es Ă  cette question de validitĂ© et d’application.

Astuce mémo

Commerce (interpĂ©nĂ©tration) → sociĂ©tĂ© internationale ; hiĂ©rarchie des ordres → primat du DIP ; faits sociaux → obligation ; proclamations monistes ≠ pratiques dualistes (dualism de facto).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1583-1645PĂ©riode d’activitĂ© de Grotius (droit naturel laĂŻcisĂ©)
1625Publication de De jure belli ac pacis (droit de la guerre et de la paix)
1899Ouvrage de base de TRIEPEL sur les thĂšses volontaristes/dualistes

Tableaux de synthĂšse

Écoles sur le fondement de l’obligation internationale

CourantFondement de l’obligationIdĂ©e centrale
Droit naturel d’inspiration canoniqueVolontĂ© divineL’infraction est un pĂ©chĂ© ; dĂ©calage avec l’usage des princes
Droit naturel laĂŻcisĂ© (Grotius)Droit naturel objectif dĂ©couvert par l’intelligenceLes États ne crĂ©ent pas le droit international : ils le dĂ©couvrent ; droite raison et sociabilitĂ©
Volontarisme/positivisme (TRIEPEL)VolontĂ© des ÉtatsLe traitĂ© lie l’État ; rĂ©ception nĂ©cessaire pour lier les particuliers
Monisme (Kelsen/Duguit/Scelle)Source supérieure commune / fait socialSystÚme hiérarchisé (Kelsen) ou solidarité sociale (Duguit/Scelle) ; primat du DIP

Monisme vs dualisme de fonctionnement (selon Scelle)

PointDualisme (de facto)Monisme (primat)
Rapport DIP/droit interneMécanismes séparés maintenus en pratiqueHiérarchie : supériorité de la rÚgle internationale sur la nationale
RĂŽle des organesTraduction incomplĂšte faute d’organes propresDroit issu d’une source matĂ©rielle (fait social) ; organes traduisent
Efficacité internationaleFonctions assurées empiriquementDédoublement fonctionnel : gouvernements nationaux agissent aussi pour la collectivité internationale

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre force obligatoire et sanctions : le cours exclut la question des sanctions et de la force exĂ©cutoire pour traiter le fondement de l’obligation.
  2. Croire que, chez Grotius, les États « crĂ©ent » le droit international : le cours insiste qu’ils le dĂ©couvrent et ne sont pas libres de leur consentement.
  3. MĂ©langer droit volontaire et droit des gens : le droit volontaire dĂ©pend de l’accord des États, tandis que le droit des gens est rattachĂ© au droit naturel et Ă  la primautĂ© du droit naturel.
  4. Interpréter le dualisme comme une simple séparation théorique sans conséquence : le cours souligne la réception nécessaire pour lier les particuliers.
  5. Penser que la critique volontariste dit seulement que « les États ne respectent pas » : elle vise aussi l’instabilitĂ© (chiffon de papier) et les contradictions possibles avec le droit interne.
  6. Croire que la Grundnorm est une norme « prouvée » : chez Kelsen elle est hypothétique et indémontrable, servant à expliquer la normativité.
  7. Confondre solidarité par similitude et par dissemblance : la premiÚre est interne au groupe (caractéristiques ethniques, passé commun), la seconde est intergroupale (raison, division du travail) et combattue par la simil

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi la question du fondement thĂ©orique de la force obligatoire est centrale et ce qu’elle permet aux États (libertĂ©/dĂ©gagement d’obligations).
  2. Distinguer explicitement la force obligatoire de la question des sanctions et de la force exécutoire (ce que le cours ne traite pas).
  3. PrĂ©senter l’école du droit naturel d’inspiration canonique : source (volontĂ© divine), nature de l’infraction (pĂ©chĂ©) et idĂ©e de dĂ©calage avec l’usage des princes.
  4. PrĂ©senter l’école du droit naturel laĂŻcisĂ© (Grotius) : États qui ne crĂ©ent pas le droit, dĂ©couverte par l’intelligence, droite raison et sociabilitĂ©, rĂŽle indirect de Dieu.
  5. Expliquer le lien entre droit naturel et droit des gens : obligations internes (rĂ©sistance Ă  l’oppression) et obligations internationales ; rappeler la primautĂ© du droit naturel sur le droit volontaire.
  6. DĂ©crire les guerres justes chez Grotius : guerres dĂ©fensives (agression, population/patrimoine) et guerres coercitives (punir, violation grave) et l’idĂ©e que repousser une injure par la force n’est pas contraire au droit
  7. Exposer les thĂšses volontaristes/positivistes (TRIEPEL) : volontĂ© des États comme fondement, distinction but commun vs buts apposĂ©s (Vereinbarung), indĂ©pendance des ordres et rĂ©ception des traitĂ©s.
  8. Expliquer la critique de la théorie volontariste : instabilité (chiffon de papier), contradictions possibles avec le droit interne, et démonstration de Scelle sur la non-absorption de la souveraineté absolue (eaux/n at i
  9. Exposer les thĂ©ories monistes : idĂ©e d’une source unique et hiĂ©rarchie des normes ; rappeler Kelsen (pyramide, norme coutumiĂšre, pacta sunt servanda, Grundnorm hypothĂ©tique) et Duguit (droit issu de la solidaritĂ©, juridĂ©
  10. Décrire la définition sociologique chez Scelle : animal politique, solidarité sociale à deux degrés, éthique sociale, pouvoir organisé ; puis la technique normative (nappe phréatique, trois sources formelles).
  11. Expliquer le dĂ©doublement fonctionnel au niveau international : absence d’organes propres, fonctions assumĂ©es empiriquement par les gouvernements nationaux, exemple du Canal de Suez (1888, application ~90 ans).
  12. Conclure sur le primat du DIP chez Scelle : hiérarchie des ordres juridiques, primauté de la rÚgle internationale, et notion de dualisme de facto malgré proclamations monistes.

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1. Quel est le problĂšme central que pose la force obligatoire du droit international public ?

2. Selon la conception du droit naturel révélé, quel rÎle la volonté divine joue-t-elle dans la genÚse du droit naturel et du droit des gens ?

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Force obligatoire du DIP

Le DIP s’impose aux États malgrĂ© leur souverainetĂ©.

Force obligatoire du DIP

Doit s’imposer aux États souverains.

Droit naturel révélé

Principes objectifs dĂ©couverts par l’intelligence, non créés par les États.

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