Revision sheet: Introduction aux principes fiscaux et politiques

Plan du Cours

  1. Notion d’impĂŽt et prĂ©lĂšvements obligatoires
  2. Caractùre politique et juridique de l’impît
  3. Lien entre impît et État
  4. Consentement fiscal et régimes politiques
  5. Assiette de l’impĂŽt et critĂšres de dĂ©termination
  6. Liquidation et évaluation de la matiÚre imposable
  7. Recouvrement et redevable de l’impît
  8. Évasion fiscale et fraude fiscale

1. Notion d’impĂŽt et prĂ©lĂšvements obligatoires

Notions clés & Définitions

  • ImpĂŽt : L’impĂŽt est une prestation pĂ©cuniaire imposĂ©e par l’autoritĂ©, versĂ©e dĂ©finitivement sans contrepartie et destinĂ©e Ă  financer la couverture des charges publiques.
  • PrĂ©lĂšvements obligatoires : Les prĂ©lĂšvements obligatoires sont une notion Ă©conomique utilisĂ©e pour comparer les systĂšmes, regroupant certains versements obligatoires pesant sur l’activitĂ© publique.
  • Imposition de toute nature : L’imposition de toute nature dĂ©signe un prĂ©lĂšvement traitĂ© comme un impĂŽt lorsqu’il est perçu par voie d’autoritĂ©, sans contrepartie et sans caractĂšre de sanction.

Points essentiels

  • La doctrine classique de Gaston GaĂŻze dĂ©finit l’impĂŽt comme une prestation pĂ©cuniaire requise par l’autoritĂ©, Ă  titre dĂ©finitif, sans contrepartie et pour couvrir des charges publiques.
  • Les personnes morales peuvent aussi ĂȘtre redevables d’impĂŽts (ex : impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s) et certains paiements peuvent exister en nature (ex : dation pour le droit des successions).
  • Un prĂ©lĂšvement est qualifiĂ© de prĂ©lĂšvement obligatoire si les flux sont effectifs, si les destinataires sont des administrations publiques (au sens de la comptabilitĂ© nationale) et si le versement est obligatoire.
  • Les prĂ©lĂšvements obligatoires ont fortement augmentĂ© depuis 1959, passant d’environ 32,79% du PIB (1959-1974) Ă  37,81% (1975-1981), puis 41,33% (1982-1995) et 44,55% (2013-2017).
  • Les prĂ©lĂšvements sont dits “imposition de toute nature” lorsque le prĂ©lĂšvement est perçu par voie d’autoritĂ© sans contrepartie et sans caractĂšre de sanction, ce qui entraĂźne l’intervention du lĂ©gislateur.
  • Le critĂšre “obligatoire” des prĂ©lĂšvements obligatoires ne se dĂ©duit pas de critĂšres juridiques dans la logique de l’OCDE, qui privilĂ©gie la qualification de l’effectivitĂ© et du destinataire des flux.

2. Caractùre politique et juridique de l’impît

Notions clés & Définitions

  • Consentement fiscal : Le consentement fiscal traduit l’idĂ©e que l’impĂŽt ne peut ĂȘtre Ă©tabli sans l’accord des reprĂ©sentants des contribuables, fondant un rapport entre pouvoir politique et contribuables.
  • Principe de lĂ©galitĂ© de l’impĂŽt : Le principe de lĂ©galitĂ© impose que les rĂšgles essentielles de l’impĂŽt soient fixĂ©es par la loi, car l’administration ne peut crĂ©er ou aggraver l’imposition seule.
  • Doctrine administrative fiscale : La doctrine administrative fiscale dĂ©signe les instructions et circulaires de l’administration qui guident l’application pratique du droit fiscal par les services.

Points essentiels

  • La notion d’imposition de toute nature est tirĂ©e de la jurisprudence constitutionnelle quand le prĂ©lĂšvement est Ă©tabli par autoritĂ©, sans contrepartie et ne revĂȘt pas le caractĂšre d’une sanction.
  • Historiquement, le consentement des reprĂ©sentants devient un fondement du rĂ©gime politique britannique avec la Magna Carta de 1215, puis rĂ©apparaĂźt en France avec la RĂ©volution de 1789.
  • Constitutionnellement, les rĂšgles fiscales doivent respecter la hiĂ©rarchie des normes : les traitĂ©s rĂ©guliĂšrement ratifiĂ©s priment sur les lois en vertu de l’article 55 de la Constitution.
  • Les articles 13 et 14 de la DĂ©claration de 1789 encadrent la nĂ©cessitĂ© de l’impĂŽt, l’égalitĂ© devant celui-ci et le principe de consentement avec contrĂŽle de l’usage par l’exĂ©cutif.
  • L’article 34 alinĂ©a 3 de la Constitution confie au lĂ©gislateur la fixation prĂ©cise des rĂšgles d’assiette, de taux, de liquidation, d’exonĂ©ration et du systĂšme de recouvrement de l’impĂŽt.
  • En prĂ©sence d’une circulaire, le juge Ă©carte celle-ci si elle conduit Ă  un impĂŽt plus lourd que la loi, et l’administration peut ensuite abroger sa doctrine pour revenir sur l’erreur avec des limites pour les contribuables de bonne foi (dĂ©lai de reprise de 3 ans et protection via l’article L 80 A du LPF).

Astuce mémo

Consentez puis encadrez : Magna Carta→consentement, puis Loi→lĂ©galitĂ©, et Circulaire→si elle aggrave, le juge l’écarte.

3. Lien entre impît et État

Notions clés & Définitions

  • Magna Carta 1215 : La Magna Carta de 1215 Ă©nonce pour la premiĂšre fois l’exigence de consentement des reprĂ©sentants des contribuables.
  • États gĂ©nĂ©raux 1314 : Les États gĂ©nĂ©raux convoquĂ©s en 1314 sous l’initiative de Philippe le Bel formalisent le principe de consentement fiscal.
  • RĂ©volution 1789 : La RĂ©volution française de 1789 fait revenir le principe de consentement et conduit Ă  l’encadrement moderne par la loi.

Points essentiels

  • Le roi ne pouvait pas lever seul les impĂŽts et devait demander le consentement des reprĂ©sentants des contribuables.
  • La Magna Carta de 1215 sert de fondement au rĂ©gime politique britannique reposant sur le consentement fiscal.
  • Les États gĂ©nĂ©raux sont convoquĂ©s en 1314 Ă  l’initiative de Philippe le Bel afin d’énoncer le principe de consentement.
  • La guerre de 100 ans favorise la permanence de l’impĂŽt et inverse les rĂŽles, aboutissant en Angleterre Ă  l’émergence du rĂ©gime parlementaire.
  • En France, le principe de consentement se dĂ©veloppe moins avec les États gĂ©nĂ©raux, et l’évolution mĂšne vers la monarchie absolue.
  • Depuis la RĂ©volution de 1789, les impĂŽts sont Ă©tablis par des lois, rapprochant le rĂ©gime politique contemporain.

Astuce mémo

1215 Magna Carta = accord avant impĂŽt ; 1314 États gĂ©nĂ©raux = consentement ; 1789 = retour du consentement + impĂŽt par la loi.

4. Consentement fiscal et régimes politiques

Notions clés & Définitions

  • ImpĂŽt rĂ©el : L’impĂŽt rĂ©el frappe la matiĂšre imposable sans tenir compte de la situation personnelle du contribuable.
  • ImpĂŽt personnel : L’impĂŽt personnel vise la richesse en intĂ©grant des Ă©lĂ©ments propres au contribuable pour mieux tenir compte de sa capacitĂ© contributive.
  • Exigence de capacitĂ© contributive : L’exigence constitutionnelle impose que la justice fiscale tienne compte des facultĂ©s contributives des contribuables, notamment via la dĂ©finition de l’assiette.
  • Imposition par signes extĂ©rieurs : L’imposition par signes extĂ©rieurs dĂ©duit la matiĂšre imposable Ă  partir d’indices de richesse visibles liĂ©s au train de vie.

Points essentiels

  • Avec l’impĂŽt rĂ©el, deux contribuables ayant la mĂȘme matiĂšre imposable paient le mĂȘme impĂŽt, quel que soit leur contexte personnel.
  • L’impĂŽt rĂ©el rĂ©duit l’espace des arrangements politiques et rend la fraude thĂ©oriquement plus difficile car il repose sur une matiĂšre ostensible.
  • L’impĂŽt rĂ©el peut ĂȘtre jugĂ© injuste car il ne reflĂšte pas toujours les facultĂ©s contributives exigĂ©es par l’art 13 DDHC, ce jugement dĂ©pendant de choix idĂ©ologiques.
  • En rĂ©ponse Ă  la mĂ©fiance envers l’État, le systĂšme des rĂ©volutionnaires de 1789 privilĂ©giait les impĂŽts rĂ©els fondĂ©s sur des signes extĂ©rieurs comme portes et fenĂȘtres (loi 4 frimaire an 7 (4 nov 1968)).
  • L’impĂŽt personnel augmente les investigations administratives et peut mener Ă  une intrusion dans la vie privĂ©e pouvant exiger une autorisation du JLD pour l’inquisition fiscale.
  • L’impĂŽt de capitation (AR fin XVII – dĂ©but XVIII) illustre l’idĂ©e d’une imposition par personne pour assurer une Ă©galitĂ© formelle, avant d’ĂȘtre abandonnĂ© sous pression sociale.

Astuce mémo

RĂ©el = matiĂšre + signes visibles (moins d’arrangements), Personnel = personne + capacitĂ© (plus d’enquĂȘte).

5. Assiette de l’impĂŽt et critĂšres de dĂ©termination

Notions clés & Définitions

  • Foyer fiscal : Le foyer fiscal est l’unitĂ© retenue en droit français pour l’impĂŽt sur le revenu, dĂ©finie Ă  l’art. 6 du CGI.
  • ImpĂŽt synthĂ©tique : L’impĂŽt synthĂ©tique apprĂ©hende la matiĂšre imposable de façon globale, en visant l’ensemble de la situation Ă©conomique et sociale.
  • ImpĂŽt analytique : L’impĂŽt analytique ne frappe qu’une partie de la richesse, selon une fraction d’assiette liĂ©e Ă  la nature du revenu ou du capital.

Points essentiels

  • La fiscalitĂ© directe frappe directement la richesse du contribuable via un rĂŽle nominatif, tandis que la fiscalitĂ© indirecte atteint la richesse lors d’actes ou faits sans rĂŽle nominatif.
  • L’impĂŽt personnel vise une personnalisation fondĂ©e sur des Ă©lĂ©ments individuels, alors que l’impĂŽt rĂ©el abstrait le contribuable du rattachement de l’assiette.
  • En impĂŽt synthĂ©tique, l’assiette est apprĂ©hendĂ©e globalement, avec des exemples comme l’impĂŽt sur le revenu et la TVA.
  • En impĂŽt analytique, l’assiette est fractionnĂ©e et on applique des rĂšgles propres au type de richesse, comme la CSG ou les droits de mutation.
  • Avec l’évaluation indiciaire (signes extĂ©rieurs), l’administration dĂ©duit la matiĂšre imposable et peut exiger du contribuable une justification en cas de disproportion marquĂ©e entre train de vie et revenus dĂ©clarĂ©s (art. 168 CGI).
  • Avec la libre Ă©valuation, le contribuable dĂ©clare son chiffre d’affaires et l’administration applique un abattement, puis en cas de contestation le contribuable doit prouver le contraire.

Astuce mémo

Réel=chose, Personnel=personne; Direct= rÎle nominatif, Indirect= acte/fait; Synthétique=global, Analytique=morceau; Indiciaire=preuves du train de vie.

6. Liquidation et évaluation de la matiÚre imposable

Notions clés & Définitions

  • Liquidation de l’impĂŽt : La liquidation de l’impĂŽt correspond Ă  l’ensemble des opĂ©rations qui permettent de dĂ©terminer la somme due par chaque contribuable au titre d’un impĂŽt donnĂ©.
  • Évaluation par les particuliers : L’évaluation par les particuliers consiste Ă  faire dĂ©clarer la matiĂšre imposable par le contribuable ou Ă  la confirmer via une dĂ©claration d’un tiers.
  • Évaluation indiciaire : L’évaluation indiciaire dĂ©duit la matiĂšre imposable Ă  partir de signes extĂ©rieurs de richesse, en obligeant le contribuable Ă  justifier l’origine de son train de vie.
  • Libre Ă©valuation : La libre Ă©valuation laisse le contribuable choisir certains paramĂštres dĂ©claratifs, puis applique un abattement administratif pour calculer l’impĂŽt.
  • Tarif de l’impĂŽt : Le tarif de l’impĂŽt regroupe les rĂšgles permettant de passer de la matiĂšre imposable au montant final de l’impĂŽt, via taux, abattements et tranches.

Points essentiels

  • L’évaluation de la matiĂšre imposable se fait soit par le contribuable (dĂ©claration), soit par recoupement avec une dĂ©claration d’un tiers pour limiter la fraude.
  • En cas de disproportion marquĂ©e entre le train de vie et les revenus dĂ©clarĂ©s, l’évaluation indiciaire impose au contribuable de prouver que ses revenus, son capital ou ses emprunts justifient ce train de vie.
  • Le systĂšme forfait a Ă©tĂ© abandonnĂ© en droit français faute de prĂ©cision suffisante et de prise en compte complĂšte des richesses.
  • La libre Ă©valuation rĂ©duit le contrĂŽle et rend la fraude quasi impossible, mais elle peut ignorer des richesses non recouvrables via des Ă©lĂ©ments dĂ©clarables.
  • En cas de contestation aprĂšs Ă©valuation, le contribuable doit prouver le contraire, ce qui renverse la charge de la preuve et rend la contestation difficile.
  • Le tarif d’impĂŽt peut rĂ©partir la dĂ©termination selon deux logiques : quotitĂ© (taux fixĂ©) ou rĂ©partition (produit fixĂ© puis rĂ©parti), et peut aussi ĂȘtre proportionnel ou progressif selon l’évolution du taux avec la matiĂšre imposable.

Astuce mémo

Double verrou : dĂ©claration du contribuable + recoupement d’un tiers (si ça ne colle pas, la fraude devient risquĂ©e).

7. Recouvrement et redevable de l’impît

Notions clés & Définitions

  • Contribuable : Le contribuable est la personne qui supporte la charge juridique de l’impĂŽt.
  • Redevable de l’impĂŽt : Le redevable est la personne Ă  laquelle l’administration peut rĂ©clamer le paiement de l’impĂŽt mĂȘme si ce n’est pas elle qui en supporte la charge juridique.
  • SolidaritĂ© fiscale : La solidaritĂ© fiscale est un mĂ©canisme oĂč plusieurs personnes peuvent ĂȘtre tenues de payer la dette d’impĂŽt afin de garantir le recouvrement.
  • Retenue Ă  la source : La retenue Ă  la source est un mode de paiement de l’impĂŽt sur le revenu oĂč le payeur du revenu verse aussi l’impĂŽt au fisc.
  • ImpĂŽt en argent : L’impĂŽt en argent est le paiement de l’impĂŽt par des sommes, via virement, prĂ©lĂšvement Ă  la source ou espĂšces.

Points essentiels

  • En cas de solidaritĂ©, le lĂ©gislateur permet Ă  l’administration de poursuivre le paiement contre des personnes distinctes du contribuable afin de sĂ©curiser la perception de l’impĂŽt en cas d’insolvabilitĂ©.
  • La retenue Ă  la source fait coĂŻncider paiement de l’impĂŽt et versement du revenu, ce qui Ă©vite d’attendre une dĂ©claration du contribuable et lui laisse un revenu net d’impĂŽt.
  • L’administration ne peut pas compter une crĂ©ance privĂ©e contre l’État pour “compenser” l’impĂŽt, car cela reviendrait Ă  laisser l’administrĂ© se faire justice et Ă  contourner l’exĂ©cution forcĂ©e contre l’État interdite.
  • Les droits au comptant imposent un paiement sans dĂ©lai au moment de la dĂ©claration, notamment via l’art 1692 CGI.
  • Pour un mĂȘme contentieux, l’administration dispose d’un dĂ©lai de reprise de 3 ans puis d’un dĂ©lai de recouvrement de 4 ans pour corriger l’impĂŽt ou en rĂ©clamer le paiement.
  • L’impĂŽt en argent est le principe et le paiement en espĂšces est limitĂ© Ă  300 €, tandis que l’impĂŽt en nature n’existe notamment que pour les droits de succession via l’art 1716 bis CGI.

Astuce mémo

SolidaritĂ© = “caution lĂ©gale” du fisc : plusieurs peuvent ĂȘtre appelĂ©s Ă  payer si le dĂ©biteur principal ne peut pas.

8. Évasion fiscale et fraude fiscale

Notions clés & Définitions

  • Évasion fiscale : L’évasion fiscale regroupe des comportements du contribuable visant Ă  soustraire tout ou partie de la matiĂšre imposable en utilisant les mailles du systĂšme fiscal.
  • Fraude fiscale : La fraude fiscale est un ensemble de comportements illĂ©gaux visant Ă  rĂ©duire frauduleusement l’impĂŽt dĂ», ouvrant droit Ă  des poursuites pĂ©nales.
  • Abus de droit fiscal : L’abus de droit fiscal sanctionne un acte fictif, une simulation, ou un montage principalement motivĂ© par un objectif fiscal.
  • Acte anormal de gestion : L’acte anormal de gestion dĂ©signe une charge dĂ©ductible normalement selon le rĂ©gime fiscal mais remise en cause si elle relĂšve d’une gestion manifestement Ă©trangĂšre Ă  l’entreprise.
  • DĂ©lit de fraude fiscale : Le dĂ©lit de fraude fiscale correspond au fait de se soustraire ou tenter de se soustraire frauduleusement Ă  l’établissement ou au paiement total ou partiel de l’impĂŽt.

Points essentiels

  • L’évasion fiscale n’est pas nĂ©cessairement illĂ©gale et peut relever de l’optimisation, tandis que la fraude fiscale constitue une incrimination pĂ©nale sanctionnable.
  • L’abus de droit fiscal (art 64 LPF) vise l’acte fictif, la simulation, ou le montage principalement fiscal et l’administration doit Ă©tablir ce motif principalement fiscal.
  • Le contrĂŽle de la fraude fiscale repose notamment sur le droit de communication (art L81 LPF), la vĂ©rification de comptabilitĂ© (art L13 LPF) et l’examen contradictoire de situation fiscale personnelle (art L12 LPF) pour l’impĂŽt sur le revenu.
  • Le dĂ©lit de fraude fiscale (art 1741 CGI) peut prendre une dissimulation matĂ©rielle, comptable ou juridique, le fisc n’étant pas liĂ© par la qualification juridique donnĂ©e par le contribuable.
  • La rĂ©pression relĂšve du tribunal correctionnel et, pour engager des poursuites avant le pĂ©nal, le pouvoir de poursuite est conditionnĂ© par un filtrage par la commission des fraudes fiscales jusqu’au seuil de 100 000 € (50 000 € pour les hommes politiques).

Astuce mémo

Évasion = optimiser (pas forcĂ©ment illĂ©gal) ; Fraude = dĂ©lit (sanction pĂ©nale).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1215Magna Carta : premiÚre exigence de consentement des représentants des contribuables (régime britannique)
1314États gĂ©nĂ©raux convoquĂ©s par Philippe le Bel : formalisation du principe de consentement fiscal
1789Révolution française : retour du consentement et impÎt établi par la loi (encadrement moderne)
1959Hausse du poids des prélÚvements obligatoires (début de la période mesurée)
1983Dernier emprunt forcé pour une réorientation majeure de la politique économique et financiÚre du pays
1901Introduction en droit français d’un impĂŽt synthĂ©tique (ex. TVA ; selon le cours)
1843PremiĂšre convention fiscale signĂ©e (FR–Belgique) : principe de territorialitĂ© de la loi fiscale
1982CE : bail fictif utilisĂ© pour dĂ©duire des charges (ex. de rĂ©fĂ©rence pour l’abus de droit)
2014Loi de finance pour 2014 : modification visant le motif « principalement fiscal » et censure par le CC via 2013-685 DC
2021EntrĂ©e en vigueur de l’article 64 du LPF (abus de droit complĂ©tĂ© par une procĂ©dure)

Tableaux de synthĂšse

ImpÎt réel vs impÎt personnel

CritÚreImpÎt réelImpÎt personnel
AssietteMatiÚre imposable (sans tenir compte de la situation personnelle)Richesse intégrant des éléments propres au contribuable
Effort/contrÎleFraude théoriquement plus difficile car matiÚre ostensibleInvestigations plus intrusives (inquisition fiscale possible)
Risques de justicePeut ĂȘtre injuste faute de prise en compte des facultĂ©s contributivesMeilleure prise en compte des facultĂ©s contributives mais atteinte Ă  la libertĂ©/vie privĂ©e et rendement limitĂ© (foyer)]}]}],

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre impĂŽt et emprunt public : l’impĂŽt n’ouvre pas de remboursement intĂ©gral comme un emprunt (le cours oppose aussi Ă  l’emprunt forcĂ© de 1983).
  2. Croire que le critĂšre « obligatoire » des prĂ©lĂšvements obligatoires se dĂ©duit de critĂšres juridiques : selon le cours, l’OCDE privilĂ©gie l’effectivitĂ© des flux et le destinataire, pas une qualification juridique.
  3. Assimiler systĂ©matiquement « impĂŽt rĂ©el » Ă  « Ă©quitable » : le cours rappelle qu’il peut ĂȘtre jugĂ© injuste car il ne reflĂšte pas toujours les facultĂ©s contributives (art 13 DDHC).
  4. MĂ©langer Ă©valuation indiciaire et logique de la preuve : en cas de disproportion marquĂ©e, c’est au contribuable de prouver que ses revenus/capital/emprunts justifient le train de vie.
  5. Inverser la charge de la preuve lors d’une contestation : aprĂšs Ă©valuation (puis contestation), le contribuable doit prouver le contraire, rendant la contestation difficile.
  6. Confondre contribuable et redevable : le redevable est celui Ă  qui l’administration peut rĂ©clamer le paiement (retenue Ă  la source/solidaritĂ©).
  7. Assimiler Ă©vasion fiscale et fraude fiscale : l’évasion n’est pas nĂ©cessairement illĂ©gale (optimisation), alors que la fraude constitue une incrimination pĂ©nale.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’impĂŽt selon Gaston GaĂŻze et expliquer pourquoi l’impĂŽt doit ĂȘtre distinguĂ© du prĂ©lĂšvement obligatoire.
  2. Donner les critÚres cumulatifs des prélÚvements obligatoires (nature des flux effectifs, destinataires administrations publiques, caractÚre obligatoire au sens OCDE).
  3. Expliquer l’« imposition de toute nature » : voie d’autoritĂ©, sans contrepartie, sans caractĂšre de sanction, et consĂ©quence sur la compĂ©tence du lĂ©gislateur.
  4. Relier impĂŽt et caractĂ©ristiques politiques : justification par la condition sine qua non de la sociĂ©tĂ© politique et rĂŽle de l’État/collectivitĂ©s.
  5. Retracer le fil historique du consentement (Magna Carta 1215 → États gĂ©nĂ©raux 1314 → retour en France avec la RĂ©volution 1789).
  6. Comparer impÎt réel et impÎt personnel : assiette, rapport à la capacité contributive, et effets sur contrÎle/intrusion.
  7. Identifier les critĂšres Ă©conomiques d’assiette (revenu, capital, dĂ©pense) et savoir ce que recouvre chacun selon le cours (moment oĂč la richesse est frappĂ©e).
  8. Distinguer fiscalitĂ© directe vs indirecte et l’impact sur la logique de recensement (rĂŽle nominatif vs actes/faits).
  9. Lister les types d’évaluation de la matiĂšre imposable (par les particuliers, par l’administration : indiciaire, forfait abandonnĂ©, libre Ă©valuation) et le sens de la charge de la preuve.
  10. Expliquer la liquidation : évaluation puis tarif (quotité/répartition ; proportionnel/progressif ; uniforme/discriminé) selon les notions du cours.
  11. Distinguer contribuable et redevable et maßtriser solidarité fiscale, retenue à la source, impÎt en argent vs en nature, ainsi que délais (reprise 3 ans, recouvrement 4 ans).
  12. Distinguer évasion fiscale et fraude fiscale, puis décrire les limites (abus de droit fiscal et acte anormal de gestion) et la prévention/contrÎle (droit de communication, vérification de comptabilité, examen contradictoire).
  13. Définir le délit de fraude fiscale (art 1741 CGI) et ses formes (dissimulation matérielle, comptable, juridique) puis situer la répression pénale et le filtrage par la commission des fraudes pour les montants du cours.

Test your knowledge

Test your knowledge on Introduction aux principes fiscaux et politiques with 11 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel principe impose que les rĂšgles essentielles de l’impĂŽt soient fixĂ©es par la loi ?

2. Quelle est la définition de l'impÎt selon Gaston Gaïze ?

Take the quiz →

Review with flashcards

Memorize the key concepts of Introduction aux principes fiscaux et politiques with 9 interactive flashcards.

ImpĂŽt — dĂ©finition ?

Prestation pĂ©cuniaire dĂ©finitive versĂ©e Ă  l’État.

ImpÎt définition

Prestation pécuniaire imposed par l'autorité, sans contrepartie.

PrĂ©lĂšvements obligatoires — rĂŽle ?

Comparer et mesurer la charge fiscale globale.

See flashcards →

Similar courses

Create your own revision sheets

Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.

Sheet generator