Forces sociales en activitĂ© (1830-1835) : Ensemble des groupes et mouvements qui sâopposent ou soutiennent le rĂ©gime de la monarchie de Juillet, notamment les ouvriers, les bourgeois, et les patriotes rĂ©publicains fidĂšles aux idĂ©aux de 1793. Ces forces se manifestent par des contestations sociales et politiques, ainsi que par des mouvements de rĂ©pression.
SoulĂšvement lĂ©gitimiste en VendĂ©e (1832) : Mouvement de rĂ©sistance royaliste en faveur du fils du duc de Berry, qui sâinscrit dans la lutte contre la monarchie de Juillet. Ce soulĂšvement, motivĂ© par la volontĂ© de restaurer la monarchie lĂ©gitime, est rĂ©primĂ© par le gouvernement, mais tĂ©moigne de lâopposition intĂ©rieure au rĂ©gime.
Monarchie de Juillet et ses ennemis intérieurs : Régime politique instauré en 1830 aprÚs la Révolution de Juillet, soutenu par la bourgeoisie et les monarchistes modérés, mais confronté à une opposition venant des légitimistes, des républicains, et des ouvriers. Ces ennemis cherchent à remettre en cause la légitimité du régime par la contestation sociale, la révolte ou la propagande républicaine.
Entre 1830 et 1835, la monarchie de Juillet doit faire face Ă des forces sociales diverses : les ouvriers en lutte pour de meilleures conditions (hausse des salaires, droit dâassociation), et les patriotes rĂ©publicains fidĂšles Ă lâidĂ©al de 1793, qui dĂ©noncent la trahison des idĂ©aux rĂ©volutionnaires par la monarchie de Juillet. La rĂ©pression de ces mouvements est violente, notamment lors des insurrections ouvriĂšres et des Ă©meutes rĂ©publicaines.
La rĂ©volte en VendĂ©e en 1832, menĂ©e par des royalistes lĂ©gitimistes, sâinscrit dans la contestation contre le rĂ©gime, en faveur du fils du duc de Berry. Ce soulĂšvement est rapidement Ă©crasĂ©, illustrant la difficultĂ© pour la monarchie de maintenir lâordre face Ă une opposition armĂ©e et idĂ©ologique.
La rĂ©organisation de la garde nationale en 1831, composĂ©e principalement de bourgeois payant lâimpĂŽt, vise Ă dĂ©fendre le rĂ©gime contre ces mouvements. La loi dâavril 1831 autorise cette force Ă utiliser ses armes contre le peuple et les mouvements sociaux, renforçant la nature rĂ©pressive du rĂ©gime face Ă la contestation.
La contestation rĂ©publicaine, portĂ©e par des patriotes fidĂšles aux idĂ©es de 1793, sâappuie sur la diffusion dans la presse et la crĂ©ation de sociĂ©tĂ©s telles que la SociĂ©tĂ© des droits de lâhomme. Le gouvernement rĂ©pond par des lois dâexception en 1834 contre les associations, et en 1835 contre la presse, pour limiter la propagation de ces idĂ©es.
La violence contre les mouvements ouvriers est marquĂ©e par la rĂ©pression sanglante des insurrections, notamment celle des canuts en 1831, et par la mise en place de lois restrictives sur la presse et lâorganisation politique des rĂ©publicains radicaux.
Les idĂ©ologies ouvriĂšres naissent dans ce contexte, avec des courants socialistes et rĂ©publicains, tels que ceux de Saint-Simon, qui prĂŽnent une organisation de la sociĂ©tĂ© par lâĂtat, la rĂ©partition selon les capacitĂ©s, et la modernisation industrielle. Ces idĂ©es influencent des figures comme Auguste Comte, et alimentent la critique du capitalisme naissante.
La critique sociale sâaccompagne dâinitiatives philanthropiques, notamment pour rĂ©glementer le travail des enfants, avec la loi de 1841, bien que son application soit limitĂ©e par lâabsence dâinspection et de sanctions efficaces.
Entre 1830 et 1835, la monarchie de Juillet doit faire face à des forces sociales variées, allant des insurgés ouvriers et républicains aux royalistes légitimistes, dans un contexte de répression et de contestation idéologique, qui marque la naissance de mouvements sociaux et politiques opposés au régime.
Révolte légitimiste en Vendée (1832) : SoulÚvement des partisans de la monarchie légitimiste, en faveur du fils du duc de Berry, contre le régime de la monarchie de Juillet, considéré comme une tentative de restaurer la monarchie absolue ou constitutionnelle selon la légitimité dynastique.
Ălimination du soulĂšvement vendĂ©en : OpĂ©ration menĂ©e par le gouvernement pour rĂ©primer et dissoudre la rĂ©volte, utilisant la force militaire pour restaurer lâordre et supprimer dĂ©finitivement ce mouvement insurrectionnel.
Parti lĂ©gitimiste (voir section 3) : Courant royaliste fidĂšle Ă la dynastie des Bourbons, qui soutenait le retour dâune monarchie lĂ©gitime selon la loi de succession, en opposition Ă la monarchie de Juillet.
La rĂ©volte en VendĂ©e en 1832 constitue une rĂ©volte lĂ©gitimiste, incarnĂ©e par des partisans du fils du duc de Berry, mort en 1820 lors dâun attentat attribuĂ© Ă un ouvrier, dans le contexte de la lutte contre la monarchie de Juillet. Ce soulĂšvement visait Ă restaurer la monarchie lĂ©gitime, perçue comme trahie par la nouvelle dynastie orlĂ©aniste. La rĂ©volte fut rapidement rĂ©primĂ©e par le gouvernement, qui utilisa la force militaire pour Ă©liminer ce mouvement, marquant la fin du soulĂšvement vendĂ©en. La rĂ©pression fut totale, visant Ă faire disparaĂźtre toute rĂ©sistance lĂ©gitimiste dans cette rĂ©gion. La victoire du rĂ©gime de la monarchie de Juillet sur cette insurrection a permis dâaffirmer la stabilitĂ© du rĂ©gime face aux tentatives de restauration monarchique.
La révolte légitimiste en Vendée en 1832 fut une tentative de restauration monarchique qui fut violemment réprimée, consolidant la domination du régime de la monarchie de Juillet et éliminant définitivement le soulÚvement vendéen.
Contestations sociales ouvriĂšres (1831) : Mouvement de protestation des ouvriers, notamment lors de lâinsurrection des canuts, rĂ©clamant des hausses de salaire et la reconnaissance du droit dâassociation. Ces mouvements sont rĂ©primĂ©s violemment par le gouvernement, illustrant la nature rĂ©pressive de lâĂtat face Ă la contestation sociale (Casimir PĂ©rier, 1831).
Contestations rĂ©publicaines inspirĂ©es de 1793 : Mouvement patriote fidĂšle aux idĂ©aux de la RĂ©volution française de 1793, notamment Robespierre, qui considĂšrent que la monarchie de Juillet trahit ces principes. Favorables au suffrage universel et Ă lâinstruction populaire, ils diffusent leurs idĂ©es via la SociĂ©tĂ© des droits de lâhomme et la presse, tout en Ă©tant rĂ©primĂ©s par des lois dâexception (1834) et des lois sur la presse (1835).
Lois dâexception contre les associations (1834) : Dispositions lĂ©gislatives visant Ă interdire ou Ă limiter les activitĂ©s des sociĂ©tĂ©s et associations rĂ©publicaines, considĂ©rĂ©es comme menaçant lâordre Ă©tabli. Ces lois provoquent des Ă©meutes que le gouvernement rĂ©prime par la force, renforçant la rĂ©pression contre la contestation rĂ©publicaine.
Lois sur la presse de 1835 : Textes lĂ©gislatifs interdisant toute propagande rĂ©publicaine ou toute expression favorable Ă la RĂ©publique dans la presse. Toute attaque contre la forme du gouvernement ou toute dĂ©claration rĂ©publicaine devient passible de poursuites, ce qui limite la libertĂ© dâexpression et freine la diffusion des idĂ©es rĂ©publicaines (Thiers).
Auteurs et thĂ©oriciens : La contestation rĂ©publicaine sâappuie sur des idĂ©es inspirĂ©es de la RĂ©volution de 1793, notamment celles de Robespierre, et sur la diffusion dans la presse et les sociĂ©tĂ©s telles que la SociĂ©tĂ© des droits de lâhomme, qui promeuvent la libertĂ©, lâĂ©galitĂ© et la fraternitĂ©, malgrĂ© la rĂ©pression.
La période est marquée par une forte contestation sociale, notamment ouvriÚre, qui se manifeste par des insurrections comme celle des canuts en 1831, réprimée violemment par Casimir Périer, illustrant la politique répressive du régime face aux mouvements populaires (1831).
La contestation rĂ©publicaine, fidĂšle aux idĂ©aux de 1793, se dĂ©veloppe parallĂšlement Ă la contestation sociale, avec la crĂ©ation de sociĂ©tĂ©s comme la SociĂ©tĂ© des droits de lâhomme et la diffusion dâidĂ©es dans la presse. Ces mouvements sont considĂ©rĂ©s comme subversifs par le rĂ©gime, qui adopte des lois dâexception en 1834 et restreint la libertĂ© de la presse en 1835.
La rĂ©pression est violente : arrestations, dĂ©portations, interdictions, et suppression des activitĂ©s rĂ©publicaines, visant Ă maintenir lâordre monarchique. La loi de 1835 interdit toute expression en faveur de la RĂ©publique, ce qui pousse ces mouvements Ă se faire appeler radicaux ou dĂ©mocrates.
La rĂ©pression ouvriĂšre et rĂ©publicaine est symbolisĂ©e par la dĂ©claration de Casimir PĂ©rier en 1831 : « il faut que les ouvriers sachent bien quâil nây a de remĂšde pour eux que la patience et la rĂ©signation ». La rĂ©volution de 1848, qui prĂ©sente des similitudes avec 1789, montre que ces contestations restent vivaces, portĂ©es par des idĂ©aux romantiques.
Les idĂ©es socialistes naissent dans ce contexte, avec des penseurs comme Saint-Simon, qui critique le capitalisme et prĂŽne une organisation de la sociĂ©tĂ© par lâĂtat, et Proudhon, anarchiste, qui dĂ©nonce la propriĂ©tĂ© comme vol et prĂŽne la disparition des classes sociales.
La pĂ©riode est caractĂ©risĂ©e par une forte opposition entre un rĂ©gime rĂ©pressif et des mouvements de contestation sociale et rĂ©publicaine, qui cherchent Ă dĂ©fendre ou Ă promouvoir les idĂ©aux de libertĂ©, dâĂ©galitĂ© et de fraternitĂ©, malgrĂ© la rĂ©pression systĂ©matique.
La rĂ©organisation de la garde nationale en 1831, renforcĂ©e par la loi dâavril autorisant son usage des armes contre les mouvements sociaux, illustre la volontĂ© du rĂ©gime de la monarchie de Juillet de contrĂŽler et rĂ©primer toute contestation intĂ©rieure, en sâappuyant sur une force bourgeoise loyale et armĂ©e.
Insurrection ouvriĂšre de 1831 (canuts)
Mouvement de révolte des ouvriers tisserands lyonnais, appelés canuts, en 1831, contre la précarité et pour de meilleures conditions de travail. Ces révoltes sont marquées par une forte violence et une répression militaire.
Demande de hausse de salaire et droit dâassociation
Les ouvriers revendiquent une augmentation de leur rĂ©munĂ©ration et le droit de se regrouper en sociĂ©tĂ©s pour dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts, dans un contexte oĂč le salaire minimum nâest pas respectĂ© par les industriels.
Refus des industriels dâappliquer le salaire minimum
Les industriels, soutenus par lâĂtat, refusent de respecter le salaire minimal fixĂ© par le prĂ©fet, arguant que lâĂtat nâa pas vocation Ă intervenir dans les affaires privĂ©es, ce qui entraĂźne des mouvements sociaux violents.
Répression militaire des mouvements ouvriers
LâĂtat rĂ©pond aux insurrections ouvriĂšres par la force armĂ©e, ce qui conduit Ă des affrontements sanglants, notamment lors des rĂ©voltes de 1831, avec arrestations, dĂ©portations et morts parmi les insurgĂ©s.
Canuts
Ouvriers tisserands lyonnais, figures emblĂ©matiques des premiers mouvements ouvriers, dont la rĂ©volte de 1831 est un symbole de la contestation sociale face Ă la domination industrielle et Ă lâĂtat.
SociĂ©tĂ© des droits de lâhomme (voir section 3)
SociĂ©tĂ© fondĂ©e par des patriotes rĂ©publicains, qui diffuse des idĂ©es en faveur du suffrage universel et de lâinstruction populaire, en opposition aux mesures rĂ©pressives du rĂ©gime.
Les mouvements ouvriers de 1831-1835, notamment la rĂ©volte des canuts, illustrent la tension entre revendications sociales et rĂ©pression Ă©tatique, marquant le dĂ©but dâun conflit social qui remet en question la lĂ©gitimitĂ© du rĂ©gime face aux classes populaires.
IdĂ©ologies ouvriĂšres rĂ©publicaines et socialistes : Courants de pensĂ©e qui prĂŽnent lâĂ©mancipation des classes populaires par la mise en place de principes rĂ©publicains (suffrage universel, instruction populaire) et socialistes (partage des richesses, critique du capitalisme). Ces idĂ©ologies sâopposent au systĂšme capitaliste et Ă la domination bourgeoise, en revendiquant une transformation sociale profonde.
SociĂ©tĂ©s rĂ©publicaines et diffusion dâidĂ©es par la presse : Organisations et rĂ©seaux associatifs qui promeuvent les valeurs rĂ©publicaines (libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ©) et socialistes, notamment via la presse (journaux, pamphlets). Ces sociĂ©tĂ©s jouent un rĂŽle clĂ© dans la mobilisation et la sensibilisation des classes populaires, en diffusant des idĂ©es progressistes et rĂ©volutionnaires.
RĂ©publicains favorables au suffrage universel et Ă lâinstruction populaire : Courant rĂ©publicain qui soutient lâextension du droit de vote Ă tous les citoyens (suffrage universel) et la dĂ©mocratisation de lâĂ©ducation (instruction pour tous). Ces idĂ©es visent Ă renforcer la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique et Ă Ă©manciper la population par la connaissance, en opposition aux Ă©lites conservatrices.
Les idĂ©ologies ouvriĂšres naissent dans un contexte de contestation sociale et politique, avec une opposition Ă la domination bourgeoise et Ă lâexploitation capitaliste. Saint-Simon (mort en 1825) est un prĂ©curseur, critiquant ceux qui ne travaillent pas, et proposant une organisation de la sociĂ©tĂ© par lâĂtat, avec une rĂ©partition selon les Ćuvres et capacitĂ©s. Son influence se retrouve dans lâĂ©mergence du socialisme moderne, notamment chez Auguste Comte et les premiers socialistes.
La critique du capitalisme sâinscrit dans une dĂ©marche de rĂ©forme sociale, avec une attention particuliĂšre Ă la condition ouvriĂšre. La premiĂšre critique sociale apparaĂźt dans les annĂ©es 1830-1840, avec la dĂ©nonciation de lâexploitation et des inĂ©galitĂ©s croissantes.
Les mouvements socialistes se divisent en deux grands camps dans les annĂ©es 1840-1850 : les socialistes chrĂ©tiens, qui prĂŽnent le partage des richesses et lâinstruction populaire selon lâĂvangile, et les socialistes athĂ©es, qui rejettent lâinfluence de lâĂglise et de lâĂtat, favorisant lâĂ©galitĂ© et la disparition des classes sociales. Auguste Blanqui (mort en 1881) formule la « dictature du prolĂ©tariat » comme Ă©tape vers une sociĂ©tĂ© sans classes, tandis que Proudhon (1809-1865) critique la propriĂ©tĂ© privĂ©e, la qualifiant de « vol », et prĂŽne une organisation fĂ©dĂ©rĂ©e autogĂ©rĂ©e.
La presse joue un rĂŽle crucial dans la diffusion des idĂ©es rĂ©publicaines et socialistes, notamment par la crĂ©ation de sociĂ©tĂ©s et journaux qui promeuvent la libertĂ© dâexpression et la critique du rĂ©gime. La rĂ©pression, avec des lois dâexception en 1834 et 1835, limite cependant cette diffusion, mais nâempĂȘche pas la radicalisation des mouvements.
La pĂ©riode voit aussi lâĂ©mergence dâun socialisme scientifique, avec Marx et Engels, qui critiquent le capitalisme et proposent une rĂ©volution prolĂ©tarienne. La pensĂ©e socialiste devient un enjeu majeur dans la lutte pour la dĂ©mocratie et la justice sociale, influençant durablement la politique française.
Les idĂ©ologies ouvriĂšres, issues dâune critique du capitalisme et dâun dĂ©sir dâĂ©mancipation, ont profondĂ©ment façonnĂ© la contestation sociale en France, en prĂŽnant le suffrage universel et lâinstruction populaire comme moyens de transformation dĂ©mocratique et sociale.
Philanthropie bourgeoise et noble envers les ouvriers : Engagement de la classe bourgeoise et aristocratique Ă apporter une aide morale et matĂ©rielle aux ouvriers, souvent sous forme de dons ou dâactions caritatives, sans remise en question du systĂšme Ă©conomique ou social en place. AUTEUR (date) : cette philanthropie vise Ă apaiser les tensions sociales sans rĂ©forme structurelle.
RĂ©glementation du travail des enfants (loi de 1841) : Ensemble de lois visant Ă limiter lâemploi des jeunes enfants dans les industries, notamment en interdisant le travail des enfants de moins de 8 ans. AUTEUR (date) : cette loi marque une premiĂšre Ă©tape dans la reconnaissance des risques liĂ©s au travail des enfants, mais reste limitĂ©e par lâabsence dâinspection et de sanctions effectives.
PremiĂšre critique sociale du travail des enfants : Analyse ou dĂ©nonciation, souvent par des mĂ©decins ou philanthropes, des conditions dĂ©plorables et des effets nĂ©fastes du travail des enfants sur leur santĂ© et leur dĂ©veloppement. AUTEUR (date) : cette critique prĂ©figure les mouvements sociaux et lĂ©gislatifs visant Ă renforcer la protection de lâenfance.
Absence dâinspection et de sanctions effectives : Carence dans la surveillance de lâapplication des lois sur le travail des enfants, ainsi quâun manque de moyens pour faire respecter ces lois, ce qui limite leur impact rĂ©el. AUTEUR (date) : cette faiblesse structurelle explique lâĂ©chec partiel des mesures lĂ©gislatives et la persistance du travail infantile.
La philanthropie bourgeoise et noble se manifeste principalement par des actions caritatives visant Ă soulager la misĂšre ouvriĂšre, mais elle reste paternaliste et ne remet pas en cause le systĂšme capitaliste ou la hiĂ©rarchie sociale. Elle est souvent motivĂ©e par le souci dâĂ©viter des rĂ©voltes ou de prĂ©server lâordre Ă©tabli.
La loi de 1841 sur le travail des enfants est une rĂ©ponse partielle Ă la critique sociale du travail infantile. Elle interdit le travail des enfants de moins de 8 ans, mais son efficacitĂ© est limitĂ©e par lâabsence dâinspecteurs du travail et de sanctions concrĂštes. La mise en Ćuvre reste faible, et le travail des enfants perdure dans certains secteurs.
La premiÚre critique sociale du travail des enfants émane souvent de médecins légistes ou de philanthropes qui dénoncent les effets délétÚres du travail précoce sur la santé et le développement des jeunes. Ces critiques alimentent la réflexion sur la nécessité de réglementer davantage cette pratique.
Lâabsence dâinspection et de sanctions effectives fragilise la portĂ©e des lois, permettant aux industriels de continuer Ă employer des enfants dans des conditions souvent dĂ©plorables. La faiblesse de la rĂ©glementation contribue Ă la persistance du travail infantile malgrĂ© les lois adoptĂ©es.
La philanthropie bourgeoise et noble, bien que visant Ă soulager la misĂšre ouvriĂšre, nâa pas remis en cause le systĂšme social, et la rĂ©glementation du travail des enfants, malgrĂ© la loi de 1841, a Ă©tĂ© peu efficace en raison de lâabsence dâinspection et de sanctions effectives.
Saint-Simon (mort en 1825) : penseur qui critique le capitalisme naissant, notamment la prédominance des rentiers et l'absence de valorisation du travail productif, proposant une organisation sociale basée sur le mérite et la contribution économique.
Rejet des rentiers : condamnation des individus qui vivent des revenus de leur patrimoine sans participer Ă la production, considĂ©rĂ©s comme nuisibles Ă lâamĂ©lioration sociale et Ă©conomique, selon Saint-Simon.
Principe de rĂ©partition selon capacitĂ©s et Ćuvres : idĂ©e que la distribution des richesses doit se faire en fonction des capacitĂ©s de chacun et de ses contributions concrĂštes, prĂ©figurant une conception socialiste de justice sociale.
Modernisation industrielle et sociale : Saint-Simon prĂŽne lâintroduction de mĂ©canismes modernes tels que la mĂ©canisation, les chemins de fer, et lâorganisation rationnelle du travail pour accĂ©lĂ©rer le progrĂšs Ă©conomique et social.
Influence sur Auguste Comte : Saint-Simon, par ses idĂ©es, influence le dĂ©veloppement de la philosophie positive dâAuguste Comte, qui voit dans la sociĂ©tĂ© une organisation scientifique et hiĂ©rarchisĂ©e, moins religieuse et plus rationnelle.
Saint-Simon critique la sociĂ©tĂ© de son temps, notamment la prĂ©dominance des rentiers qui vivent sans travailler, ce qui freine la modernisation et lâamĂ©lioration des conditions sociales. Il valorise le travail et lâorganisation rationnelle de la production, en insistant sur la nĂ©cessitĂ© dâune rĂ©partition des richesses basĂ©e sur les capacitĂ©s et les Ćuvres, plutĂŽt que sur la propriĂ©tĂ© ou le patrimoine.
Sa pensĂ©e constitue une premiĂšre critique du capitalisme, en dĂ©nonçant ses aspects inĂ©galitaires et en proposant une organisation sociale oĂč la production et la distribution seraient planifiĂ©es selon des principes dâefficacitĂ© et de justice. Il souhaite que lâĂtat joue un rĂŽle central dans cette organisation, en modernisant les moyens de production et en favorisant la classe des travailleurs.
Son influence dĂ©passe la simple critique Ă©conomique : il inspire la philosophie positive dâAuguste Comte, qui prĂŽne une sociĂ©tĂ© hiĂ©rarchisĂ©e, basĂ©e sur la science et lâorganisation rationnelle, en opposition aux visions religieuses ou monarchiques traditionnelles.
La pensée saint-simonienne, tout en étant religieusement teintée (avec des aspects messianiques et chrétiens), pose les bases du socialisme moderne, notamment par ses idées sur la redistribution selon le mérite et la contribution.
Saint-Simon critique le capitalisme naissant en dĂ©nonçant lâexploitation des travailleurs par les rentiers et en proposant une organisation sociale basĂ©e sur le mĂ©rite, la contribution et la modernisation industrielle, influençant ainsi le dĂ©veloppement du socialisme et de la philosophie positive.
Le courant socialiste des annĂ©es 1840 se divise entre socialistes chrĂ©tiens et athĂ©es, partageant la volontĂ© de partage des richesses et dâĂ©galitĂ©, avec des figures clĂ©s comme Blanqui et Proudhon qui proposent des visions radicales de transformation sociale, notamment par la suppression de lâĂtat et la mise en place dâune organisation fĂ©dĂ©rĂ©e.
La rĂ©volution de 1848, portĂ©e par des idĂ©aux dĂ©mocratiques et romantiques, cherche Ă instaurer une RĂ©publique, tout en Ă©tant marquĂ©e par la crainte dâune rĂ©pĂ©tition de la Terreur, ce qui conduit Ă une rĂ©pression violente des mouvements ouvriers et rĂ©publicains.
Le gouvernement provisoire de 1848 a initiĂ© des rĂ©formes majeures pour abolir lâesclavage, garantir la libertĂ© de la presse et supprimer les privilĂšges aristocratiques, tout en Ă©tant confrontĂ© Ă des tensions sociales et Ă une rĂ©pression violente, illustrant la fragilitĂ© de la premiĂšre RĂ©publique.
La Constitution du 4 novembre 1848 organise une République équilibrée sur le papier, mais la victoire de Louis Napoléon Bonaparte et ses stratégies de consolidation du pouvoir annoncent la fin progressive de cette démocratie naissante.
| ThÚme | Notions clés | Acteurs / Concepts | Période | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|---|
| Forces sociales 1830-1835 | Oppositions au régime, répression, révoltes ouvriÚres et royalistes | Ouvriers, bourgeois, patriotes, monarchistes légitimistes | 1830-1835 | Connaßtre la définition de Perroux sur la croissance |
| Révolte Vendée 1832 | SoulÚvement légitimiste, opposition dynastique, répression militaire | Partisans du duc de Berry, gouvernement de Juillet | 1832 | - |
| Contestation sociale et rĂ©publicaine | Mouvement ouvrier, idĂ©aux de 1793, lois dâexception, rĂ©pression | Canuts, SociĂ©tĂ© des droits de lâhomme, Robespierre | 1831-1835 | Robespierre, Thiers |
| ThÚme | Comparatif | Points communs | Différences | Auteur / Référence |
|---|---|---|---|---|
| Mouvements ouvriers 1831-1835 | Insurrections (Canuts, etc.) | Revendications sociales, rĂ©pression violente | Origine sociale, formes dâaction | Saint-Simon (idĂ©ologies ouvriĂšres) |
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1. Quelle est la signification principale de la révolte légitimiste en Vendée en 1832 ?
2. Quelle est la date précise du soulÚvement légitimiste en Vendée qui fut rapidement réprimé par le gouvernement de Juillet ?
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Forces sociales 1830-1835 â dĂ©finition ?
Groupes opposés ou soutenant la monarchie de Juillet.
RĂ©volte VendĂ©e 1832 â objectif ?
Restaurer la monarchie légitime du duc de Berry.
Contestations sociales 1831 â revendications ?
Hausse des salaires, droit dâassociation.
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