Revision sheet: Conscience et connaissance de soi

Plan du Cours

  1. Conscience comme savoir qu’on pense
  2. Formes de la conscience et champ
  3. Évolution historique des conceptions de la conscience
  4. Conscience de soi : narcissisme, réflexivité, intériorité
  5. Conscience et condition humaine existentielle
  6. Identité personnelle et responsabilité morale
  7. ThÚse cartésienne du cogito et méthode du doute
  8. Arbre de la connaissance selon Descartes
  9. Critiques empiristes du cogito et de l’ñme
  10. Critique nietzschéenne du sujet pensant
  11. Renouvellement du cogito par la phénoménologie
  12. Conscience comme activité relationnelle de connaissance

1. Conscience comme savoir qu’on pense

Notions clés & Définitions

  • Savoir qu’on pense : La conscience est une forme de connaissance de ses propres pensĂ©es, qui permet d’avoir un retour sur ce qu’on pense.
  • Vie intĂ©rieure : La vie intĂ©rieure dĂ©signe l’accĂšs Ă  l’expĂ©rience psychologique personnelle, comme les sentiments, pensĂ©es et Ă©tats d’ñme.
  • Conscience morale : La conscience morale est la capacitĂ© de juger le bien et le mal, en Ă©valuant la valeur morale de ses actions et intentions.
  • Conscience immĂ©diate : La conscience immĂ©diate est la facultĂ© de se rendre compte, sur le moment, de ses faits et gestes.
  • Terme polysĂ©mique : La conscience est un mot Ă  significations multiples, souvent chargĂ©es de jugements de valeur implicites.

Points essentiels

  • La conscience est prĂ©sentĂ©e comme le fait de savoir qu’on pense, ce qui rend possible une vie intĂ©rieure accessible Ă  l’analyse psychologique.
  • La philosophie classique humaniste dĂ©finit l’homme par la conscience, en faisant d’elle une activitĂ© de l’esprit et un fondement du statut de sujet.
  • La diffĂ©rence de principe entre homme et animal, puis entre homme et machine, est aujourd’hui contestĂ©e par des approches comme la psychologie, la biologie et la technique.
  • Le dĂ©bat sur la conscience animale ou la conscience des robots suppose de clarifier le sens exact du mot conscience, car il est surchargĂ©.
  • Le mot conscience vient de cum-scire, signifiant « avec savoir » ou « en le sachant », ce qui renvoie Ă  une connaissance de soi.
  • La conscience morale se manifeste par des expressions comme bonne ou mauvaise conscience, conscience professionnelle, cas de conscience et conscience tranquille.

Astuce mémo

Cum-scire = « avec savoir » : la conscience, c’est le savoir de ses propres pensĂ©es (et donc de soi).

2. Formes de la conscience et champ

Notions clés & Définitions

  • Bonne conscience : La bonne conscience dĂ©signe un Ă©tat intĂ©rieur oĂč l’on se juge moralement en accord avec le bien.
  • Mauvaise conscience : La mauvaise conscience dĂ©signe un Ă©tat intĂ©rieur oĂč l’on se juge moralement en dĂ©saccord avec le bien.
  • Conscience immĂ©diate : La conscience immĂ©diate est la perception actuelle de soi (monde intĂ©rieur) et du monde extĂ©rieur.
  • Champ de conscience : Le champ de conscience est l’ensemble des perceptions Ă©prouvĂ©es Ă  un moment donnĂ©, avec une Ă©tendue variable.
  • Conscience rĂ©flĂ©chie : La conscience rĂ©flĂ©chie est la capacitĂ© de penser qu’on pense et de mettre ses expĂ©riences Ă  distance pour les intellectualiser.

Points essentiels

  • La conscience morale concerne le sentiment du bien et du mal, ainsi que la capacitĂ© de se voir et de se juger selon des valeurs morales.
  • La conscience morale permet de prendre conscience de la valeur morale de nos actions et de nos intentions.
  • La conscience immĂ©diate varie en intensitĂ© : elle peut ĂȘtre distraite ou attentive, dissipĂ©e ou concentrĂ©e, confuse ou vigilante.
  • Le champ de conscience est plus ou moins Ă©tendu selon le moment et les perceptions prĂ©sentes.
  • Dormir, s’évanouir ou tomber dans le coma font perdre la conscience immĂ©diate, donc la prĂ©sence Ă  soi et au monde extĂ©rieur.
  • La conscience rĂ©flĂ©chie implique un recul entre soi et soi-mĂȘme, et rend possible des idĂ©es, opinions ou connaissances abstraites sur soi et le monde.

Astuce mémo

Moral → Juger (bien/mal) ; ImmĂ©diat → PrĂ©sent (percevoir) ; RĂ©flĂ©chi → Recul (penser qu’on pense) ; Champ → Étendue des perceptions.

3. Évolution historique des conceptions de la conscience

Notions clés & Définitions

  • Descartes : Philosophe dont la pensĂ©e fait de la conscience le principe de la connaissance humaine.
  • Être pensant : Notion qui dĂ©crit l’homme comme un sujet dont l’existence se dĂ©finit par la pensĂ©e.
  • Fonctions cognitives : Ensemble de capacitĂ©s mentales Ă©tudiĂ©es de façon objective pour expliquer la conscience.
  • Conscience animale : Conception oĂč la conscience est dĂ©crite par des capacitĂ©s comportementales observables chez l’animal.
  • Test de TĂŒring : ProcĂ©dure utilisĂ©e en informatique pour interroger si une machine peut manifester une activitĂ© indiscernable d’une activitĂ© consciente.

Points essentiels

  • Chez Descartes, toute vĂ©ritĂ© dĂ©pend d’un sujet qui pense, ce qui fait de la conscience le principe de la connaissance.
  • La conscience fonde l’identitĂ© psychologique, mais aussi morale et juridique, en donnant un statut central Ă  la personne.
  • La subjectivitĂ© de la conscience sert Ă  distinguer l’humain des ĂȘtres seulement physiques, des animaux et des machines.
  • Dans l’approche contemporaine, la conscience est Ă©tudiĂ©e de maniĂšre objective, soit comme rĂ©sultat de l’activitĂ© cĂ©rĂ©brale, soit comme ensemble de fonctions mentales.
  • La biologie relie la conscience Ă  des capacitĂ©s comportementales comme l’adaptation, l’anticipation, l’interaction et l’inhibition.
  • Les neurosciences cherchent Ă  expliquer la conscience par l’activitĂ© cĂ©rĂ©brale, tandis que l’informatique teste l’accĂšs d’une machine Ă  une activitĂ© indiscernable via le test de TĂŒring.

Astuce mémo

Descartes = « sujet pensant » ; contemporain = « cerveau + fonctions » ; informatique = « indiscernable ».

4. Conscience de soi : narcissisme, réflexivité, intériorité

Notions clés & Définitions

  • Moi-sujet : Le moi-sujet dĂ©signe le « je » qui pense et se regarde comme acteur de l’expĂ©rience de conscience de soi.
  • Moi-objet : Le moi-objet dĂ©signe le « soi » observĂ©, pensĂ© et jugĂ©, comme si l’on se prenait pour un objet intĂ©rieur.
  • RĂ©flexivitĂ© de la conscience : La rĂ©flexivitĂ© de la conscience est le fait que la pensĂ©e peut porter sur elle-mĂȘme, crĂ©ant une structure mentale en miroir.
  • DĂ©doublement de la personnalitĂ© : Le dĂ©doublement de la personnalitĂ© est une forme pathologique de trouble de la conscience oĂč l’identitĂ© semble se scinder.
  • Introspection : L’introspection est une dĂ©marche qui consiste Ă  se prendre soi-mĂȘme comme objet d’analyse pour se comprendre.

Points essentiels

  • La conscience de soi implique une relation Ă  soi oĂč l’on existe « pour soi » et oĂč l’on se reprĂ©sente mentalement.
  • La conscience de soi inclut une image du corps, une idĂ©e du caractĂšre et un jugement moral sur ce qu’on est, fait et pense.
  • La rĂ©flexivitĂ© produit une expĂ©rience de « miroir » oĂč l’on peut penser que l’on pense, puis penser que l’on pense encore.
  • La rĂ©flexivitĂ© peut ĂȘtre dĂ©crite comme un dĂ©doublement abstrait entre moi-sujet (regardant) et moi-objet (regardĂ©), sans impliquer deux ĂȘtres rĂ©els.
  • La rĂ©flexivitĂ© normale ne doit pas ĂȘtre confondue avec des formes pathologiques comme le dĂ©doublement de la personnalitĂ© ou la personnalitĂ© dissociĂ©e.
  • Seul un ĂȘtre conscient peut dĂ©velopper ces formes de troubles de la conscience, car elles supposent une conscience de soi prĂ©alable.

Astuce mémo

Miroir mental : je pense → je pense que je pense → je pense que je pense encore.

5. Conscience et condition humaine existentielle

Notions clés & Définitions

  • Forme entiĂšre de la condition humaine : Notion de Montaigne selon laquelle se connaĂźtre soi-mĂȘme rĂ©vĂšle en soi toutes les facettes humaines, permettant de comprendre les autres.
  • DĂ©tachement des objets : CapacitĂ© rendue possible par la conscience de se distancier de ce qu’on perçoit, en soi et hors de soi, pour rĂ©flĂ©chir.
  • Être au monde : IdĂ©e existentialiste selon laquelle vivre humainement, ce n’est pas seulement survivre biologiquement, mais se rapporter au monde comme sujet.
  • Dasein : Concept de Heidegger dĂ©signant l’existence consciente humaine, « ĂȘtre-lĂ  », liĂ©e Ă  la conscience de sa propre mortalitĂ©.
  • Roseau pensant : Formule pascalienne reliant la petitesse de l’homme Ă  sa grandeur : il sait qu’il est fragile parce qu’il pense.

Points essentiels

  • La conscience permet de se raconter et de dĂ©crire ses pensĂ©es et ressentis, comme une forme de connaissance de soi.
  • Montaigne affirme que la recherche de soi fait apparaĂźtre en chacun toutes les qualitĂ©s et dĂ©fauts humains, donc la comprĂ©hension d’autrui devient possible.
  • GrĂące Ă  la conscience, l’ĂȘtre humain peut se questionner sur « qui il est » et se remettre en cause, contrairement aux animaux.
  • Pour l’existentialisme, l’homme ne vit pas seulement « dans » un milieu : il est « face » au monde, ce qui le rend en quelque sorte Ă©tranger Ă  lui-mĂȘme.
  • Heidegger relie l’existence consciente (Dasein) Ă  la conscience d’ĂȘtre mortel, ce qui produit une angoisse et un souci propres Ă  l’humain.
  • Pascal associe la conscience Ă  l’expĂ©rience de l’absurditĂ© de la place humaine dans un univers infini et silencieux, tout en donnant une idĂ©e de la valeur humaine via le « roseau pensant ».

Astuce mémo

Conscience = recul + questionnement : je me dĂ©tache → je cherche qui je suis → je dĂ©couvre ma mortalitĂ© (angoisse) et ma grandeur pensante (roseau).

6. Identité personnelle et responsabilité morale

Notions clés & Définitions

  • Conscience de soi : La conscience de soi est la capacitĂ© Ă  se reconnaĂźtre comme le mĂȘme sujet malgrĂ© les changements vĂ©cus au cours de la vie.
  • Personne : Une personne est un ĂȘtre conscient de soi, capable de se penser comme sujet permanent et auteur de ses actes et pensĂ©es.
  • IdentitĂ© personnelle : L’identitĂ© personnelle est le fait de s’identifier comme le mĂȘme individu, le sujet auquel arrivent les changements, de la naissance Ă  la mort.
  • ResponsabilitĂ© morale : La responsabilitĂ© morale est l’imputabilitĂ© de nos actes Ă  un sujet qui se reconnaĂźt comme auteur, fondĂ©e sur la notion de personne.
  • Cogito : Le cogito est la premiĂšre vĂ©ritĂ© indubitable issue du fait que je pense, donc je suis.

Points essentiels

  • La conscience de soi permet de se reconnaĂźtre comme le sujet permanent des changements, donc de fonder une identitĂ© personnelle.
  • Être une personne, c’est se reconnaĂźtre comme sujet et auteur de ses actes et de ses pensĂ©es.
  • Kant relie la notion de personne au fondement de la responsabilitĂ©, puis Ă  la morale et au droit.
  • Descartes place la conscience au principe de la connaissance philosophique en cherchant une base certaine.
  • Le doute cartĂ©sien sert Ă  Ă©carter toute idĂ©e susceptible d’ĂȘtre mise en doute pour ne garder que des vĂ©ritĂ©s indiscutables et Ă©videntes.
  • Descartes Ă©carte d’abord les connaissances issues de l’expĂ©rience car les sensations peuvent ĂȘtre trompeuses, comme dans les illusions d’optique.

Astuce mémo

Sujet invariant → identitĂ© personnelle → responsabilitĂ© (Kant) ; Cogito = premiĂšre certitude.

7. ThÚse cartésienne du cogito et méthode du doute

Notions clés & Définitions

  • Évidence logique : Notion selon laquelle une proposition est vraie quand elle s’impose par la seule logique, sans dĂ©pendre d’un fait incertain.
  • MĂ©thode du doute : DĂ©marche consistant Ă  rejeter provisoirement tout ce qui peut ĂȘtre mis en doute pour ne garder que ce qui rĂ©siste Ă  l’incertitude.
  • Cogito : ExpĂ©rience de pensĂ©e oĂč l’on doute de tout et oĂč l’on dĂ©couvre qu’on ne peut pas douter du fait de penser.
  • PensĂ©e pure : IdĂ©e cartĂ©sienne selon laquelle l’existence certaine rĂ©vĂ©lĂ©e par le cogito concerne la pensĂ©e considĂ©rĂ©e indĂ©pendamment du monde extĂ©rieur.

Points essentiels

  • Descartes prend l’évidence logique comme critĂšre de vĂ©ritĂ©, donc une certitude doit ĂȘtre garantie par la raison seule.
  • Il Ă©carte d’abord les connaissances issues de l’expĂ©rience, car les sensations peuvent tromper (exemples d’illusions d’optique).
  • Il met aussi Ă  l’écart les raisonnements mathĂ©matiques, en doutant de la perfection et de l’infaillibilitĂ© de la logique humaine.
  • Il doute mĂȘme de la diffĂ©rence veille/rĂȘve, car en rĂȘve on croit vivre une rĂ©alitĂ©.
  • La mĂ©thode du doute conduit Ă  chercher au moins une idĂ©e indubitable pour fonder un savoir humain.
  • Le cogito fournit cette certitude : mĂȘme si tout est faux et mĂȘme si l’on rĂȘve, on est obligĂ© de savoir qu’on pense, donc on existe en tant que penseur.

Astuce mémo

Doute sur tout → reste impossible Ă  nier : « je pense » ; si je pense, j’existe.

8. Arbre de la connaissance selon Descartes

Notions clés & Définitions

  • Cogito : Le cogito est l’évidence de la conscience de penser qui sert de premier principe pour bĂątir la philosophie.
  • MĂ©taphysique : La mĂ©taphysique est la connaissance des rĂ©alitĂ©s spirituelles non observables, prĂ©sentĂ©e comme racines de l’arbre.
  • Physique : La physique est le domaine de connaissance de la rĂ©alitĂ© matĂ©rielle, prĂ©sentĂ© comme tronc issu de la mĂ©taphysique.
  • MĂ©canique : La mĂ©canique est une science appliquĂ©e issue des branches de l’arbre, orientĂ©e vers l’invention de machines.
  • Morale : La morale est une science appliquĂ©e que Descartes voulait redĂ©finir comme prolongement de la science.

Points essentiels

  • Descartes prend l’évidence du cogito comme premier principe et construit ensuite tout le systĂšme Ă  partir de cette base.
  • Le cogito permet de connaĂźtre la nature spirituelle de l’ĂȘtre humain en distinguant pensĂ©e et corps.
  • L’ĂȘtre humain se dĂ©finit par la pensĂ©e et la conscience (esprit/Ăąme) plutĂŽt que par le corps.
  • L’existence de Dieu est dĂ©duite de l’idĂ©e de Dieu prĂ©sente en chacun, sans recourir Ă  une preuve par l’expĂ©rience.
  • Si Dieu existe et est bon, il ne peut pas rendre l’esprit incapable de connaĂźtre, ce qui fonde la fiabilitĂ© de la logique humaine.
  • Dans l’« arbre de la connaissance », les racines sont la mĂ©taphysique, le tronc la physique, et les branches les sciences appliquĂ©es (mĂ©canique, mĂ©decine, morale).

Astuce mémo

Racines mĂ©taphysique → tronc physique → branches sciences (mĂ©canique, mĂ©decine, morale) ; tout part du cogito.

9. Critiques empiristes du cogito et de l’ñme

Notions clés & Définitions

  • Empiristes : Courants philosophiques qui jugent les idĂ©es Ă  partir de l’expĂ©rience vĂ©cue plutĂŽt que de principes mĂ©taphysiques.
  • Cogito : ThĂšse cartĂ©sienne selon laquelle la conscience de penser fournirait une connaissance certaine de soi.
  • Conscience psychologique : Conception de la conscience comme expĂ©rience mentale dĂ©pendante du vĂ©cu, notamment de la mĂ©moire, et non comme rĂ©alitĂ© mĂ©taphysique.
  • Âme distincte du corps : IdĂ©e selon laquelle l’ĂȘtre humain possĂ©derait une Ăąme sĂ©parĂ©e du corps, que la conscience permettrait de connaĂźtre.
  • Sujet pensant : ThĂšse selon laquelle l’ĂȘtre humain serait d’abord dĂ©fini comme un sujet qui pense, donc comme une entitĂ© dont la conscience garantit la vĂ©ritĂ©.

Points essentiels

  • Pour Locke, la conscience n’est pas une substance ni une rĂ©alitĂ© d’une nature diffĂ©rente du corps, donc pas de transcendance de la conscience.
  • Pour Locke, l’expĂ©rience de soi est une expĂ©rience psychologique liĂ©e Ă  la mĂ©moire, et elle peut se dĂ©grader avec l’ñge, la folie ou la maladie.
  • Pour Locke, l’argument du « corps de Paul / esprit de Pierre » sert Ă  montrer l’absurditĂ© d’une conscience conçue comme chose indĂ©pendante du corps.
  • Pour Hume, on ne peut pas rĂ©aliser l’expĂ©rience du cogito car on pense toujours Ă  quelque chose de concret, jamais Ă  une pensĂ©e pure.
  • Pour Hume, la conscience ne donne que des Ă©tats particuliers (ex. chaud, froid, tristesse, gaietĂ©) et ne permet pas de saisir une conscience comme ĂȘtre spirituel.
  • Pour Nietzsche, la thĂšse du sujet pensant est une illusion : la conscience ne garantit pas une connaissance certaine, et il s’appuie sur une thĂ©orie du langage comme convention collective.

Astuce mémo

Locke/Hume/Nietzsche : Locke = conscience non-transcendante ; Hume = pas de pensée pure ; Nietzsche = sujet pensant = illusion (langage convention).

10. Critique nietzschéenne du sujet pensant

Notions clés & Définitions

  • Sujet pensant : Notion selon laquelle l’ĂȘtre humain serait un « moi » qui pense et qui connaĂźtrait ainsi quelque chose de certain sur lui-mĂȘme.
  • Conscience : Fonction mentale comprise comme un langage intĂ©riorisĂ©, sans pouvoir de rĂ©vĂ©ler une vĂ©ritĂ© mĂ©taphysique.
  • Langage convention collective : IdĂ©e selon laquelle le langage est un outil social nĂ© pour exprimer et coordonner des besoins naturels.
  • Langage intĂ©riorisĂ© : Transformation du langage social en monologue intĂ©rieur, qui permettrait de « penser » sans garantie de vĂ©ritĂ©.
  • Habitude grammaticale : MĂ©canisme par lequel nous interprĂ©tons l’expĂ©rience avec des catĂ©gories grammaticales, comme si elles dĂ©crivaient une rĂ©alitĂ© profonde.

Points essentiels

  • Nietzsche critique la thĂšse du sujet pensant en montrant que la conscience ne fournit pas une connaissance certaine et vĂ©ritable.
  • Le langage est prĂ©sentĂ© comme une convention collective nĂ©e pour communiquer des besoins naturels au sein d’un groupe.
  • L’hypothĂšse d’une vie grĂ©gaire explique l’apparition du langage comme capacitĂ© de coordination entre individus.
  • La capacitĂ© de communication serait intĂ©riorisĂ©e par Ă©volution : « penser » devient parler intĂ©rieurement, donc la conscience est un langage silencieux.
  • La conscience est traitĂ©e comme une fonction biologique issue de l’évolution, sans valeur spirituelle ni mĂ©taphysique.
  • ConsĂ©quence mĂ©taphysique : si la conscience n’a pas de privilĂšge de vĂ©ritĂ©, la prĂ©tention cartĂ©sienne du cogito est rĂ©futĂ©e (Descartes).

Astuce mémo

Langage → intĂ©riorisation : la conscience n’est pas une source de vĂ©ritĂ©, juste un monologue grammatical.

11. Renouvellement du cogito par la phénoménologie

Notions clés & Définitions

  • Cogito cartĂ©sien : Le cogito est l’idĂ©e selon laquelle « je pense » fournirait un point de certitude pour fonder la connaissance.
  • Critique nietzschĂ©enne du cogito : La critique nietzschĂ©enne conteste que « je pense » garantisse l’existence d’un « moi » certain, en le traitant comme une interprĂ©tation.
  • PhĂ©nomĂ©nologie : La phĂ©nomĂ©nologie est un courant qui Ă©tudie la conscience comme expĂ©rience vĂ©cue, en privilĂ©giant la subjectivitĂ©.
  • Dualisme mĂ©taphysique : Le dualisme mĂ©taphysique sĂ©pare des plans de rĂ©alitĂ© distincts, et la phĂ©nomĂ©nologie en rejette l’orientation cartĂ©sienne.
  • SubjectivitĂ© : La subjectivitĂ© dĂ©signe le rĂŽle fondamental de la conscience vĂ©cue dans la production de la connaissance humaine.

Points essentiels

  • Nietzsche soutient que « je pense » ne prouve pas qu’un « moi » est l’auteur de la pensĂ©e, car c’est une maniĂšre de parler issue d’une interprĂ©tation.
  • L’analogie avec les Grecs montre une croyance naĂŻve : attribuer une action Ă  un auteur personnel lĂ  oĂč il n’y a que des phĂ©nomĂšnes impersonnels.
  • La pensĂ©e pourrait ĂȘtre un phĂ©nomĂšne impersonnel, comme la pluie ou le tonnerre, ce qui rend suspecte l’idĂ©e d’un sujet rĂ©el derriĂšre « je ».
  • La critique nietzschĂ©enne attaque aussi l’idĂ©e de libre-arbitre et met en difficultĂ© la morale kantienne, en visant l’illusion du « sujet ».
  • Au XXe siĂšcle, la phĂ©nomĂ©nologie reprend l’hĂ©ritage de Descartes tout en rejetant le dualisme mĂ©taphysique.
  • Pour la phĂ©nomĂ©nologie, la conscience est l’origine de la connaissance humaine et la science ne suffit pas Ă  comprendre le rĂ©el car elle laisse de cĂŽtĂ© la subjectivitĂ©.

Astuce mémo

Nietzsche : « Zeus pleut » → mĂȘme naĂŻvetĂ© que « je pense » : on attribue un auteur Ă  un phĂ©nomĂšne impersonnel ; PhĂ©nomĂ©nologie : conscience vĂ©cue = accĂšs au rĂ©el.

12. Conscience comme activité relationnelle de connaissance

Notions clés & Définitions

  • PhĂ©nomĂ©nologie : Courant philosophique qui Ă©tudie la conscience Ă  partir de l’expĂ©rience vĂ©cue, en complĂ©tant la science par l’analyse de la subjectivitĂ©.
  • Conscience de quelque chose : ThĂšse selon laquelle toute conscience porte nĂ©cessairement sur un objet, ce qui exclut une conscience totalement vide de contenu.
  • IntentionnalitĂ© : Notion selon laquelle la conscience vise un objet, comme une visĂ©e, reliant un sujet Ă  ce qui est visĂ©.
  • Relation sujet-objet : IdĂ©e que la conscience n’est pas une substance isolĂ©e mais un rapport entre un sujet et un objet, insĂ©parables dans l’acte de connaĂźtre.
  • SubjectivitĂ© : CaractĂšre d’un sujet impliquĂ© dans la rĂ©alitĂ© perçue, de sorte qu’on ne peut pas se tenir totalement Ă  distance de ce qu’on connaĂźt.

Points essentiels

  • La science a une valeur, mais sa mĂ©thode objectiviste laisse de cĂŽtĂ© l’étude de la subjectivitĂ©, que la philosophie doit complĂ©ter.
  • La phĂ©nomĂ©nologie prend pour point de dĂ©part l’idĂ©e que toute conscience est conscience de quelque chose.
  • La conscience n’est pas une substance pensante : elle se comprend comme une relation entre un sujet et un objet.
  • On ne peut pas dire « je pense » sans penser « Ă  quelque chose », car sujet et objet sont corrĂ©latifs dans l’acte de connaĂźtre.
  • Si rien n’existait, il n’y aurait aucun objet Ă  viser, donc pas de sujet pensant : la thĂšse cartĂ©sienne est jugĂ©e inexacte ici.
  • La conscience humaine est comparĂ©e Ă  une visĂ©e (projecteur) : elle se projette dans le monde extĂ©rieur ou dans le monde intĂ©rieur, ce qui fonde l’intentionnalitĂ©.

Astuce mémo

Conscience = visée : pas de sujet sans objet, donc pas de « je pense » sans « à quelque chose ».

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
XVI° siĂšcleRĂ©fĂ©rence Ă  Montaigne et au statut littĂ©raire de l’introspection dans Les Essais
XVII°Pascal, pĂšre de l’existentialisme, et la rĂ©flexion sur la conscience (roseau pensant)
XX°Heidegger (Dasein, angoisse) et phénoménologie au XXe siÚcle

Tableaux de synthĂšse

Formes de la conscience

FormeCe que c’estCaractĂ©ristique
Conscience moraleSentiment du bien et du mal, capacité de se voir et de se juger selon des valeurs moralesBonne/mauvaise conscience, cas de conscience, conscience tranquille
Conscience immĂ©diatePerception de soi (monde intĂ©rieur) et du monde extĂ©rieurVariable en intensitĂ© ; perte en dormant/s’évanouissant/tombant dans le coma
Conscience rĂ©flĂ©chieCapacitĂ© de penser qu’on pense et d’intellectualiser son expĂ©rienceRecul entre soi et soi-mĂȘme ; idĂ©es/opinions/connaissances abstraites

Approches historiques de la conscience

Période/approcheIdée centraleCritÚre/outil
AntiquitĂ© et Moyen ÂgeConscience surtout pour des raisons morales et spirituellesVoix intĂ©rieure (dĂ©mon) puis prĂ©sence divine
DescartesConscience principe de la connaissance humaineDoute + évidence logique du cogito
Empirisme (Locke/Hume)Refus d’une signification mĂ©taphysique de la conscienceConscience comme expĂ©rience psychologique (mĂ©moire) ; impossibilitĂ© de saisir une pensĂ©e pure
NietzscheLe sujet pensant est une illusion ; conscience comme langage intérioriséLangage convention collective puis monologue intérieur
Phénoménologie (XX°)Conscience comme origine de la connaissance, sans dualisme métaphysiqueToute conscience est conscience de quelque chose ; relation sujet-objet ; intentionnalité

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre conscience morale (juger bien/mal) et conscience immĂ©diate (percevoir sur le moment) : ce ne sont pas le mĂȘme niveau d’expĂ©rience.
  2. Croire que « champ de conscience » signifie une conscience fixe : le cours insiste sur une étendue variable selon le moment et les perceptions présentes.
  3. Prendre la réflexivité pour un trouble : le dédoublement de la personnalité est pathologique, alors que la réflexivité normale est un processus normal.
  4. Penser que le cogito prouve directement une Ăąme sĂ©parĂ©e du corps : les critiques empiristes contestent la portĂ©e mĂ©taphysique de l’expĂ©rience cartĂ©sienne.
  5. Croire que « je pense » donne une certitude sur un « moi » rĂ©el : Nietzsche dit que c’est une maniĂšre de parler/interprĂ©tation liĂ©e Ă  la grammaire.
  6. Confondre phĂ©nomĂ©nologie et dualisme cartĂ©sien : la phĂ©nomĂ©nologie reprend l’hĂ©ritage de Descartes tout en rejetant le dualisme mĂ©taphysique.
  7. Penser que la conscience est une « chose » connaissable comme un objet : le cours conclut qu’elle est une activitĂ© et une condition de la connaissance objective.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir la conscience comme « savoir qu’on pense » et expliquer en quoi cela rend possible la vie intĂ©rieure (retour sur ses pensĂ©es).
  2. Expliquer l’étymologie cum-scire et ce qu’elle suggĂšre sur la connaissance de soi.
  3. Distinguer conscience morale, conscience immĂ©diate et conscience rĂ©flĂ©chie, avec pour chacune ce que l’on perçoit/fait et la caractĂ©ristique centrale.
  4. DĂ©crire la conscience immĂ©diate comme perception variable en intensitĂ© et relier la perte de conscience immĂ©diate Ă  dormir/s’évanouir/coma.
  5. DĂ©finir le champ de conscience comme ensemble des perceptions Ă©prouvĂ©es Ă  un moment donnĂ© et prĂ©ciser qu’il est plus ou moins Ă©tendu.
  6. Expliquer le tournant cartĂ©sien : la conscience devient principe de la connaissance humaine et l’homme est dĂ©fini comme « ĂȘtre pensant ».
  7. PrĂ©senter la mĂ©thode du doute : Ă©carter expĂ©rience (illusions d’optique), mathĂ©matiques (logique humaine non garantie), et rĂȘve (diffĂ©rence rĂ©alitĂ©/illusion).
  8. Expliquer le cogito : impossibilitĂ© de douter qu’on pense, Ă©quivalence pensĂ©e/conscience, et conclusion « je pense donc je suis » comme certitude.
  9. Expliquer l’arbre de la connaissance : racines mĂ©taphysique, tronc physique, branches sciences appliquĂ©es (mĂ©canique, mĂ©decine, morale).
  10. Résumer les critiques empiristes : Locke (pas de transcendance, conscience psychologique liée à la mémoire) et Hume (pas de pensée pure, états particuliers).
  11. Résumer la critique nietzschéenne : langage convention collective, intériorisation en monologue, habitude grammaticale, et analogie « Zeus pleut » contre le sujet pensant.
  12. Expliquer le renouvellement par la phénoménologie : toute conscience est conscience de quelque chose, conscience comme relation sujet-objet, intentionnalité (viser comme un projecteur) et rejet du dualisme métaphysique.

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Test your knowledge on Conscience et connaissance de soi with 11 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Que dĂ©signe principalement l’expression « savoir qu’on pense » ?

2. Quelle est la dĂ©finition de la conscience comme savoir qu’on pense ?

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Memorize the key concepts of Conscience et connaissance de soi with 9 interactive flashcards.

Conscience — dĂ©finition ?

Savoir qu’on pense, connaissance de soi.

Conscience comme savoir qu’on pense - DĂ©finition

Conscience, connaissance de ses propres pensées.

Champ de conscience — qu’est-ce ?

Ensemble des perceptions éprouvées à un moment donné.

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