Revision sheet: Critique linguistique des noms et adjectifs

📋 Plan du Cours

  1. Accéder au sens par paraphrase
  2. Circularité et métalangage
  3. Opposition massif et comptable
  4. Conversion massif vers comptable
  5. Conversion comptable vers massif
  6. Noms d’action et critùres d’identification
  7. DurativitĂ© et ancrage temporel des noms d’action
  8. Dynamicité nominale et verbes supports
  9. Télique et atélique dans le domaine nominal
  10. Paradoxe imperfectif et structure interne
  11. Noms d’objet et noms d’état
  12. Adjectifs qualificatifs et relationnels

📖 1. AccĂ©der au sens par paraphrase

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Paraphrase : La paraphrase est une reformulation qui vise Ă  exprimer le mĂȘme contenu sĂ©mantique avec d’autres mots.
  • CircularitĂ© : La circularitĂ© est un raisonnement oĂč le sens est dĂ©fini par le sens, sans point d’appui extĂ©rieur stable.
  • MĂ©talangage : Un mĂ©talangage est un systĂšme de termes et de rĂšgles utilisĂ© pour dĂ©crire le sens sans retomber dans les dĂ©finitions circulaires.
  • AccĂšs au sens : L’accĂšs au sens dĂ©signe la mĂ©thode permettant de relier des expressions linguistiques Ă  leur interprĂ©tation.

📝 Points essentiels

  • L’accĂšs au sens par paraphrase consiste Ă  approcher l’interprĂ©tation en remplaçant une expression par une autre Ă©quivalente.
  • La circularitĂ© apparaĂźt quand on tente de dĂ©finir le sens d’un mot uniquement Ă  l’aide d’autres mots dont le sens dĂ©pend du premier.
  • Sortir de la circularitĂ© exige un niveau de description distinct, oĂč l’on parle du sens avec des outils qui ne reposent pas sur des dĂ©finitions en boucle.
  • Le mĂ©talangage sert de cadre pour caractĂ©riser le sens de façon contrĂŽlĂ©e, afin que les paraphrases ne soient pas la seule source de justification.
  • Une paraphrase n’est utile pour l’analyse que si elle conserve l’identitĂ© de contenu, pas seulement la proximitĂ© de forme.

💡 Astuce mĂ©mo

Paraphrase = mĂȘme sens avec d’autres mots ; CircularitĂ© = sens dĂ©fini par sens ; MĂ©talangage = “langage pour parler du sens” pour casser la boucle.

📖 2. CircularitĂ© et mĂ©talangage

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • CircularitĂ© : La circularitĂ© est un raisonnement oĂč le sens d’un mot est dĂ©fini Ă  l’aide d’autres mots qui, Ă  leur tour, renvoient au premier.
  • RĂ©fĂ©rent : Le rĂ©fĂ©rent est la chose dĂ©signĂ©e par une expression, c’est-Ă -dire ce qui est pointĂ© dans le monde (ou dans la situation de discours).
  • Paraphrase : Une paraphrase est une expression qui remplace une autre expression tout en gardant Ă  peu prĂšs le mĂȘme sens.
  • MĂ©talangage : Un mĂ©talangage est un langage spĂ©cialisĂ© utilisĂ© pour dĂ©crire la sĂ©mantique d’une langue naturelle sans se confondre avec cette langue.
  • SĂ©mantique formelle : La sĂ©mantique formelle est une approche qui dĂ©crit le sens avec des outils logiques et des notations de type prĂ©dicats.

📝 Points essentiels

  • Le sens ne se confond pas avec le rĂ©fĂ©rent : c’est le rĂ©fĂ©rent qui est observable, pas le sens lui-mĂȘme.
  • Le sens est accessible indirectement via des substitutions paraphrastiques, typiquement utilisĂ©es dans les dictionnaires monolingues.
  • La circularitĂ© apparaĂźt quand on dĂ©finit « table » par « meuble », puis « meuble » par « objet », etc., sans ancrage extĂ©rieur.
  • Un mĂ©talangage sert Ă  sortir de la circularitĂ© en dĂ©crivant le sens avec un langage diffĂ©rent de la langue Ă©tudiĂ©e.
  • La sĂ©mantique formelle utilise des notations de prĂ©dicats, par exemple T(x)T(x) pour « x est une table ».
  • Les mĂ©talangages possibles incluent logique formelle, statistiques/probabilitĂ©s, sĂ©mantique cognitive, approches dĂ©compositionnelles et NSM (Natural Semantic Metalanguage).

💡 Astuce mĂ©mo

Sens ≠ rĂ©fĂ©rent : le rĂ©fĂ©rent « pointe », le sens « se dĂ©crit » ; pour Ă©viter la circularitĂ©, on change de langage (mĂ©talangage) et on remplace par des paraphrases.

📖 3. Opposition massif et comptable

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Nom massif : Un nom massif dĂ©signe une substance ou une matiĂšre perçue comme une masse, gĂ©nĂ©ralement sans comptage naturel.
  • Nom comptable : Un nom comptable dĂ©signe des entitĂ©s comptables, pour lesquelles le pluriel et les numĂ©raux sont naturellement acceptĂ©s.
  • Lecture gĂ©nĂ©rique : Une lecture gĂ©nĂ©rique prĂ©sente un nom comme reprĂ©sentant une catĂ©gorie ou un type, sans viser un ensemble d’individus prĂ©cis.
  • Lecture spĂ©cifique : Une lecture spĂ©cifique vise un ensemble ou des occurrences identifiables, souvent compatibles avec des quantifieurs et des contextes de repĂ©rage.
  • Pluralia tantum : Les pluralia tantum sont des noms qui n’apparaissent pas (ou peu) au singulier et qui se comportent comme des pluriels.

📝 Points essentiels

  • En français, l’opposition massif/comptable se manifeste dans le domaine nominal par la compatibilitĂ© avec les dĂ©terminants et la possibilitĂ© de quantifier.
  • Un nom massif est typiquement singulier avec des dĂ©terminants comme du/de la (ex. de l’eau, de la farine), alors qu’un nom comptable accepte facilement un numĂ©ral (ex. trois farines, trois tables).
  • Certains noms sont polysĂ©miques : ils peuvent basculer d’une lecture massive Ă  une lecture comptable selon le contexte (ex. du sable vs trois sables, du pain vs trois pains).
  • Les dĂ©terminants dĂ©finis (le, la, les) et dĂ©monstratifs (ce, cette, ces) sont compatibles avec des lectures comptables, tandis que l’article partitif (du, de la, de l’) favorise une lecture massive.
  • Les dĂ©terminants numĂ©raux (un, deux, trois, cent, mille) et l’article indĂ©fini (un, une, des) orientent fortement vers une lecture comptable, mais peuvent produire des effets de sens quand le nom est massifs.
  • Le passage massif → comptable peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ© par des “machines” sĂ©mantiques : machine du multiplicateur (pluriel par multiplication d’individus) et machine du trieur/conditionneur (tri ou conditionnement en sous-esp

💡 Astuce mĂ©mo

Massif = “matiĂšre en bloc” ; Comptable = “unitĂ©s Ă  compter” (du/de la → bloc, un/trois → unitĂ©s).

📖 4. Conversion massif vers comptable

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Conditionnement : Le conditionnement est un agencement qui prĂ©pare une matiĂšre en vue d’un usage dĂ©terminĂ©, ce qui peut changer la façon dont le nom se combine avec le comptage.
  • Ellipse du nom de quantitĂ© : L’ellipse du nom de quantitĂ© est une hypothĂšse selon laquelle une Ă©tape intermĂ©diaire implicite (un nom de quantitĂ©) expliquerait une conversion de massif vers comptable.
  • Conversion massif → comptable : La conversion massif → comptable est un changement de comportement syntaxique et sĂ©mantique oĂč un massif est employĂ© comme si c’était un comptable, typiquement via un contexte de conditionnement.
  • Marque de genre aprĂšs conversion : La marque de genre aprĂšs conversion est l’observation du genre grammatical du nom obtenu, utilisĂ©e pour vĂ©rifier s’il existe ou non une Ă©tape intermĂ©diaire implicite.

📝 Points essentiels

  • Le conditionnement dĂ©rive de « conditionner » au sens d’agencer en vue d’un usage dĂ©terminĂ©, et sert de contexte Ă  des emplois oĂč un massif devient comptable.
  • Exemple de conditionnement : Du Ricard → un verre de Ricard, oĂč le massif « Ricard » est associĂ© Ă  un contenant comptable.
  • Contre-exemple visĂ© : si l’ellipse Ă©tait vraie, Du Ricard → un verre de Ricard → un (nom de quantitĂ©) Ricard devrait exister comme Ă©tape intermĂ©diaire.
  • Argument contre l’ellipse via le genre : on dit une Suze et non un Suze, donc il n’y a pas d’étape intermĂ©diaire passant par un « verre » au niveau de l’ellipse.
  • Comparaison avec une ellipse attestĂ©e : Un bateau Ă  vapeur → un (nom) vapeur, oĂč le rĂ©sultat ne conserve pas le mĂȘme comportement que la conversion massif → comptable.
  • Le cas « immeuble » illustre une difficultĂ© : selon l’objet mis dans la machine, la sortie n’est pas l’objet initial mais des matĂ©riaux (gravats/dĂ©combres), ce qui montre que la conversion ne correspond pas Ă  une simple

💡 Astuce mĂ©mo

Conditionnement = contenant/usage ; ellipse = Ă©tape cachĂ©e ; test genre : Ricard (un) vs Suze (une) ⇒ pas d’étape cachĂ©e.

📖 5. Conversion comptable vers massif

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Massif Ă  valeur plurielle : Un massif Ă  valeur plurielle dĂ©signe une lecture oĂč le massif renvoie Ă  une pluralitĂ© d’unitĂ©s, mĂȘme si la forme reste massive.
  • Massifs pluriels : Des massifs pluriels sont des expressions oĂč un nom massif apparaĂźt avec une marque de pluralitĂ©, tout en gardant un comportement proche du massif.
  • PrĂ©dicats collectifs : Des prĂ©dicats collectifs sont des verbes qui dĂ©crivent un rassemblement ou une mise en groupe, compatibles avec massif et pluriel.
  • RĂ©fĂ©rence atomique : La rĂ©fĂ©rence atomique est une propriĂ©tĂ© sĂ©mantique oĂč toute partie d’un Ă©vĂ©nement/objet pertinent ne vĂ©rifie pas le mĂȘme prĂ©dicat que l’ensemble.
  • DivisibilitĂ© : La divisibilitĂ© est une propriĂ©tĂ© sĂ©mantique oĂč toute partie d’un Ă©vĂ©nement/objet pertinent vĂ©rifie le prĂ©dicat.

📝 Points essentiels

  • La divisibilitĂ© du pluriel n’est pas vĂ©rifiĂ©e : une cuillĂšre n’est pas des cuillĂšres.
  • Le massif et le pluriel ont des comportements proches, notamment via des lectures de pluralitĂ© et la compatibilitĂ© avec des prĂ©dicats collectifs.
  • Un massif peut avoir une lecture Ă  valeur plurielle, comme « beaucoup d’immeubles » malgrĂ© la forme massive.
  • Les massifs pluriels existent (ex. Ă©pinards) et montrent une affinitĂ© structurelle avec le pluriel.
  • Massif et pluriel acceptent des prĂ©dicats collectifs du type se rassembler, contrairement Ă  des formes oĂč la lecture collective ne s’obtient pas.
  • Correspondance visĂ©e : verbes atĂ©liques ↔ propriĂ©tĂ©s des massifs, verbes tĂ©liques ↔ propriĂ©tĂ©s des comptables, via rĂ©fĂ©rence atomique, divisibilitĂ© et cumulativitĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Massif/Pluriel : mĂȘme « collectif » (se rassembler) ; AtĂ©lique : « divisible et cumulable » ; TĂ©lique : « atomique et non cumulable ».

📖 6. Noms d’action et critùres d’identification

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Nom d’action : Un nom d’action dĂ©signe une action, c’est-Ă -dire une situation dynamique situĂ©e dans le temps.
  • Nact : Un Nact est un nom d’action qui dĂ©note une situation temporelle dynamique.
  • CritĂšre morphologique : Le critĂšre morphologique identifie les Nact via des schĂ©mas de dĂ©rivation depuis des verbes.
  • CritĂšre temporel : Le critĂšre temporel identifie les Nact grĂące Ă  leur compatibilitĂ© avec des tests de durativitĂ©, d’ancrage et de repĂ©rage.
  • CritĂšre aspectuel dynamicitĂ© : Le critĂšre aspectuel repĂšre la dynamicitĂ© des Nact en les rapprochant de l’aspect dynamique des verbes.

📝 Points essentiels

  • Le critĂšre morphologique est souvent positif quand un verbe sert de base et que le nom apparaĂźt avec un suffixe typique (ex. -ade, -age, -ance, -erie, -ion, -ment, -ure).
  • Le critĂšre morphologique n’est pas suffisant Ă  lui seul : il existe des noms d’action non dĂ©verbal (Nact non dĂ©verbal).
  • Test de durativitĂ© : une tournure du type « le N a durĂ© x Ntemporel » est compatible avec des Nact (ex. tournage, nĂ©gociation, construction) mais pas avec des noms d’évĂ©nements trĂšs brefs (ex. discussion, sieste).
  • Test d’ancrage temporel : « il y a eu un N Ă  MarqueurTemporel » marche avec des Nact (ex. concert, entraĂźnement) et un marqueur d’heure ou de moment (ex. Ă  14h, en ce moment).
  • Test de repĂ©rage temporel : « lors/pendant/durant/au cours de/aprĂšs/avant/dĂšs/depuis lors de N » sert de diagnostic temporel pour les Nact (ex. pendant la dispute, aprĂšs la guĂ©rison).
  • DynamicitĂ© verbale (test) : « il est en train de + V » donne une lecture dynamique pour des verbes d’action (courir, travailler) mais pas pour des verbes non dynamiques (aimer, savoir, connaĂźtre).

💡 Astuce mĂ©mo

Nact = Morphologie (suffixe) + Temps (durée/ancrage/repÚre) + Aspect (dynamique).

📖 7. DurativitĂ© et ancrage temporel des noms d’action

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Nom d’action : Nom d’action : nom qui dĂ©crit un Ă©vĂ©nement se dĂ©roulant dans le temps et qui se prĂȘte Ă  des tests de dynamicitĂ© (action vs non-action).
  • Action durative : Action durative : action dont la durĂ©e peut s’étendre sur une pĂ©riode, compatible avec une mesure de temps longue (ex. « trois mois »).
  • Action non durative : Action non durative : action ponctuelle, compatible avec une durĂ©e trĂšs brĂšve (ex. « dix minutes ») et qui ne se laisse pas profiler comme un processus long.
  • Action culminante : Action culminante : action structurĂ©e vers un point d’aboutissement, oĂč un « arrĂȘt » implique l’existence de l’évĂ©nement.
  • Action non culminante : Action non culminante : action sans point d’aboutissement interne net, oĂč l’arrĂȘt ne garantit pas l’existence de l’évĂ©nement.

📝 Points essentiels

  • Les noms d’action se distinguent des noms non dynamiques par des tests de dynamicitĂ© (pouvoir ĂȘtre mis en contexte d’occurrence temporelle et d’action).
  • Le critĂšre duratif oppose les formes compatibles avec une durĂ©e longue (durative) Ă  celles compatibles seulement avec une durĂ©e brĂšve (non durative).
  • Le critĂšre culminatif oppose les actions orientĂ©es vers un point final (tĂ©lique) Ă  celles sans point final net (atĂ©lique).
  • Le test du « paradoxe imperfectif » : « X a Ă©tĂ© interrompu » implique l’existence de X pour une dispute/discussion, mais pas pour un accouchement.
  • Dans le bilan, les noms non occurrentiels (massif) sont nĂ©cessairement non culminatifs (atĂ©lique).
  • Dans le bilan, les noms non duratifs (ponctuels) sont nĂ©cessairement culminatifs (tĂ©lique).

💡 Astuce mĂ©mo

Duratif = « ça dure », culminatif = « ça aboutit » ; paradoxe imperfectif : interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, mais pas pour accouchement.

📖 8. DynamicitĂ© nominale et verbes supports

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • DynamicitĂ© nominale : La dynamicitĂ© nominale est la propriĂ©tĂ© d’un nom Ă  pouvoir se combiner avec des verbes supports qui expriment une action ou un Ă©vĂ©nement plutĂŽt qu’un simple objet stable.
  • Verbes supports actionnels : Les verbes supports actionnels servent Ă  construire une lecture Ă©vĂ©nementielle d’un nom, comme dans des tournures du type faire/accomplir/ effectuer/ procĂ©der + nom.
  • Verbes supports Ă©vĂ©nementiels : Les verbes supports Ă©vĂ©nementiels permettent d’exprimer qu’un nom renvoie Ă  un Ă©vĂ©nement, via des tournures comme avoir lieu ou se produire + nom.
  • Test de stativitĂ© : Le test de stativitĂ© consiste Ă  vĂ©rifier si un nom accepte des emplois qui dĂ©crivent un Ă©tat ou une expĂ©rience statique, ce qui signale qu’il ne dĂ©note pas une action.
  • Verbes supports : Les verbes supports sont des verbes “vides” sĂ©mantiquement qui portent la dynamique (action/Ă©vĂ©nement) et laissent le nom fournir le contenu.

📝 Points essentiels

  • Un nom Ă  lecture dynamique passe des tests de type action/Ă©vĂ©nement avec des verbes supports, alors qu’un nom statique Ă©choue Ă  ces tests.
  • Pour la dynamique nominale, on utilise des verbes supports actionnels comme faire, accomplir, effectuer, procĂ©der.
  • Pour la dynamique nominale, on utilise des verbes supports Ă©vĂ©nementiels comme avoir lieu et se produire.
  • Le test de stativitĂ© sert Ă  repĂ©rer les noms qui ne se laissent pas interprĂ©ter comme une action (ex. “faire preuve de 
”, “ĂȘtre d’une grande 
”, â€œĂ©tat de 
” deviennent inacceptables).
  • Le contraste “domaine verbal” distingue ĂȘtre en train (lecture en cours) de formes qui ne conviennent pas Ă  certains verbes (ex. aimer vs courir).
  • Dans l’exemple “visite”, la conclusion est que le nom est monosĂ©mique avec une lecture action, car il ne passe pas le test de stativitĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Action/événement = verbes supports (faire/accomplir/effecuer/procéder ; avoir lieu/se produire) ; statique = échec du test de stativité.

📖 9. TĂ©lique et atĂ©lique dans le domaine nominal

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Zeugme : Le zeugme est une figure qui coordonne des Ă©lĂ©ments de sens diffĂ©rents, produisant souvent un effet humoristique.
  • Adjectif relationnel : Un adjectif relationnel relie un nom Ă  un domaine ou Ă  une notion (comme climatique) plutĂŽt qu’à une propriĂ©tĂ© mesurable.
  • Adjectif qualificatif : Un adjectif qualificatif dĂ©note une propriĂ©tĂ© ou une qualitĂ© attribuĂ©e Ă  un ensemble d’entitĂ©s.
  • PropriĂ©tĂ© scalaire : Une propriĂ©tĂ© scalaire est une qualitĂ© reprĂ©sentable sur une Ă©chelle de degrĂ©s ordonnĂ©s.
  • GradabilitĂ© : La gradabilitĂ© est la possibilitĂ© d’exprimer une propriĂ©tĂ© Ă  diffĂ©rents degrĂ©s, notamment via comparatif et superlatif.

📝 Points essentiels

  • Un zeugme peut associer un adjectif relationnel et un adjectif qualificatif, mĂȘme si leurs types de sens ne sont pas du mĂȘme ordre.
  • La circularitĂ© est un piĂšge quand on dĂ©finit une propriĂ©tĂ© par des synonymes (qualitĂ©, trait, caractĂ©ristique) sans critĂšre distinctif.
  • Une bonne approche linguistique traite les propriĂ©tĂ©s comme des qualitĂ©s exprimĂ©es par des adjectifs, pas comme une simple liste de synonymes.
  • Les propriĂ©tĂ©s sont souvent (mais pas toujours) scalaires/gradables et souvent (mais pas toujours) en relation d’antonymie.
  • Une Ă©chelle correspond Ă  un ensemble de degrĂ©s, Ă  une dimension (tempĂ©rature, coĂ»t, taille, etc.) et Ă  une relation d’ordre sur ces degrĂ©s.
  • Les Ă©chelles peuvent avoir des structures variĂ©es : minimum sans maximum, maximum sans minimum, bornĂ©e (plein/vide), ou sans bornes (long/court).

💡 Astuce mĂ©mo

Zeugme = « réunion de sens incompatibles » : relationnel + qualificatif = souvent drÎle.

📖 10. Paradoxe imperfectif et structure interne

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Antonymes complĂ©mentaires : Antonymes dont l’assertion de l’un entraĂźne la nĂ©gation de l’autre, et inversement.
  • Antonymes contraires : Antonymes dont l’assertion de l’un implique la nĂ©gation de l’autre, mais dont la nĂ©gation ne garantit pas l’assertion du second.
  • Antonymes converses : Antonymes correspondant Ă  une relation Ă  deux arguments, oĂč l’inversion des arguments produit la relation converse.
  • PolaritĂ© adjectivale : PropriĂ©tĂ© qui distingue un terme adjectival comme « positif » ou « nĂ©gatif » dans une opposition, indĂ©pendamment de la polaritĂ© naturelle.

📝 Points essentiels

  • Les opposĂ©s peuvent paraĂźtre Ă  la fois proches et distants : leurs distributions peuvent ĂȘtre presque identiques tout en restant sĂ©mantiquement opposĂ©s.
  • La proximitĂ© se reflĂšte aussi dans des erreurs de parole oĂč le mot visĂ© est remplacĂ© par son opposĂ©.
  • Antonymes complĂ©mentaires : X prĂ©sent ⇒ X non absent, et X non prĂ©sent ⇒ X absent.
  • Antonymes contraires : X chaud ⇒ X non froid, mais X non chaud n’implique pas X froid (possibilitĂ© d’un Ă©tat intermĂ©diaire).
  • Antonymes converses : si R est une relation Ă  deux places, alors R(x,y)=R’(y,x) pour sa converse.
  • Antonymes directionnels : monter/descendre s’organisent via une orientation sur une Ă©chelle (ex. Ă©chelle et sens).

💡 Astuce mĂ©mo

ComplĂ©mentaire = double implication (prĂ©sent↔absent), Contraire = implication seulement d’un cĂŽtĂ© (chaud→non froid).

📖 11. Noms d’objet et noms d’état

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Adjectifs non gradables : Adjectifs non gradables : ils ne se prĂȘtent pas Ă  une Ă©chelle de degrĂ©s, car ils ne comportent que deux valeurs (positive vs nĂ©gative) sans standard intermĂ©diaire.
  • Adjectifs relatifs : Adjectifs relatifs : ils ont un standard qui dĂ©pend du contexte (souvent du nom recteur), ce qui permet des comparaisons comme plus X que Y.
  • Adjectifs absolus : Adjectifs absolus : ils ont un standard fixĂ© (souvent un maximum ou un minimum), ce qui rend les comparaisons contextuelles moins libres.
  • Adjectifs totaux : Adjectifs totaux : ils ont un standard maximal atteint au bout de l’échelle, typiquement avec un antonyme dont le standard est minimal.
  • Adjectifs partiels : Adjectifs partiels : ils ont un standard minimal atteint au bas de l’échelle, et leur antonyme a alors un standard maximal.

📝 Points essentiels

  • Adjectifs non gradables avec degrĂ© : les formes comme trĂšs/trop, assez, un peu, Ă  peine, lĂ©gĂšrement sont incompatibles avec des adjectifs du type mariĂ©, mort, enceinte (#Il est trĂšs mariĂ©, #Il est assez mort).
  • Adjectifs non gradables avec comparatif/superlatif : les comparaisons et superlatifs sont aussi dĂ©fectueux (#plus mariĂ© que, #le plus mariĂ©) car il n’y a pas d’échelle de degrĂ©s.
  • Adjectifs non gradables Ă  deux points : ils se comportent comme une Ă©chelle Ă  deux degrĂ©s seulement, sans zone intermĂ©diaire.
  • Adjectif absolu vs adjectif relatif : dans absolu, la comparaison se fait par un standard fixe (plein/vide), tandis que dans relatif le standard glisse selon le nom recteur (grand/petit).
  • Test de description dĂ©finie (relatif vs absolu) : avec un relatif, la description dĂ©finie vise l’élĂ©ment au standard le plus haut du contexte (la bouteille la plus grande).
  • Test de description dĂ©finie (relatif vs absolu) : avec un absolu, la description dĂ©finie peut viser l’extrĂȘme opposĂ© sur l’échelle (la bouteille la plus vide / la moins pleine).

💡 Astuce mĂ©mo

Non gradable = 2 cases seulement (oui/non) ; relatif = standard variable (glisse avec le nom) ; absolu = standard fixĂ© (extrĂȘme repĂ©rable).

📖 12. Adjectifs qualificatifs et relationnels

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Adjectifs absolus : Adjectifs dont le standard maximal est fixĂ© et ne dĂ©pend pas du contexte, ce qui rend les degrĂ©s comme « complĂštement » compatibles mais « trĂšs » souvent inadaptĂ©s.
  • Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le standard varie selon le nom recteur ou le contexte, ce qui permet des degrĂ©s partiels comme « trĂšs » ou « lĂ©gĂšrement ».
  • Coercition : PhĂ©nomĂšne oĂč un Ă©lĂ©ment (souvent un adverbe de degrĂ©) force l’adjectif Ă  changer de lecture, par exemple d’absolu vers relatif.
  • Adjectifs fermĂ©s : Adjectifs qui ont une structure Ă  deux bornes (maximum/minimum) et dont l’interprĂ©tation de « trĂšs » ou « complĂštement » suit une logique de fermeture.

📝 Points essentiels

  • Certaines lectures donnent un standard fixe (adjectif absolu), tandis que d’autres donnent un standard variable selon le nom recteur ou le contexte (adjectif relatif).
  • Le couple certain/incertain illustre un standard fixe pour « certain » et « incertain », alors que des cas comme « propre » peuvent devenir relatifs selon le nom recteur (rat vs salle de bain).
  • Sec/humide montre deux lectures possibles : « chemise sĂšche » peut viser un standard fixe, tandis que « climat sec » dĂ©pend fortement du lieu (donc standard variable).
  • AllumĂ©/Ă©teint pour une lampe est non gradable : on dĂ©crit l’état par tout ou rien, pas par « lĂ©gĂšrement » ou « Ă  moitiĂ© » allumĂ©/Ă©teint.
  • Droit/tordu suit une structure scale : « complĂštement droit » correspond au total, « lĂ©gĂšrement/trĂšs tordu » au partiel, et « Ă  moitiĂ© tordu » ne doit pas ĂȘtre confondu avec une moitiĂ© de la barre droite.
  • HabillĂ©/nu et plein/vide sont plus faciles car l’adjectif vise une surface/quantitĂ© mĂ©rĂ©ologique (surface du corps couverte, volume de liquide), ce qui rend « Ă  moitiĂ© nu/habillĂ© » cohĂ©rent.

💡 Astuce mĂ©mo

Absolu = standard fixe (tout ou presque), Relatif = standard qui bouge (selon le contexte).

📊 Tableaux de synthùse

Correspondances massif/comptable et atélique/télique (verbes)

DistinctionAtéliqueTélique
Référence atomiquenon vérifiéevérifiée (faible)
Divisibilitévérifiéenon vérifiée
Cumulativitévérifiéenon vérifiée
Exemples (verbes)courir ; penser à qqchdécider qqch ; trouver la solution

Typologie des noms d’action (bilan)

ClasseOccurrentielDuratifCulminatif
Jardinage / natation-+-
Promenade / manifestation / conversation / dispute / discussion++-
Accouchement / cambriolage+++
Assassinat / découverte+-+

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre sens et rĂ©fĂ©rent : le rĂ©fĂ©rent est observable, le sens n’est accessible qu’indirectement via des signes et des paraphrases.
  2. Croire qu’une paraphrase suffit Ă  dĂ©finir le sens : on retombe vite dans la circularitĂ© (table→meuble→objet→
→table).
  3. Penser que la tĂ©licitĂ© dĂ©pend du COD comptable : en rĂ©alitĂ©, pour manger, c’est la cumulativitĂ© du COD qui module tĂ©lique vs atĂ©lique.
  4. Confondre “diviser” (rĂ©fĂ©rence/divisibilitĂ©) et “interrompre” : l’interruption sert au diagnostic tĂ©lique/atĂ©lique, pas Ă  la divisibilitĂ©.
  5. Dire que “trouver” est tĂ©lique parce que le complĂ©ment est comptable : trouver impose la tĂ©licitĂ© au GV complet (ce n’est pas un incremental theme verb).
  6. Croire que “trĂšs” fonctionne avec tous les adjectifs : avec les non gradables (mariĂ©/mort/enceinte) ou les fermĂ©s (plein/vide), les tests Ă©chouent sauf coercition.
  7. Pour les adjectifs, confondre absolu et relatif : “la bouteille la plus vide” (absolu) ne se lit pas comme “la bouteille la plus grande” (relatif).

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer comment la substitution paraphrastique permet un accÚs indirect au sens, et pourquoi elle devient circulaire sans métalangage.
  2. Définir métalangage et donner au moins 3 types cités (logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, etc.).
  3. Rappeler la différence massif/comptable en français via déterminants et tests (partitif vs numéral) et donner un exemple de polysémie.
  4. DĂ©crire les deux machines de conversion massif→comptable : machine du trieur et machine du conditionneur, avec exemples.
  5. Expliquer l’argument contre l’ellipse (test de genre aprĂšs conversion) en comparant Ricard vs Suze, et rappeler le cas d’ellipse attestĂ©e (bateau Ă  vapeur→vapeur).
  6. DĂ©crire la conversion comptable→massif via massifs Ă  valeur plurielle, massifs pluriels, prĂ©dicats collectifs, et les notions de rĂ©fĂ©rence atomique/divisibilitĂ©/cumulativitĂ©.
  7. Donner les critĂšres d’identification des Nact : morphologique, temporel (durativitĂ©/ancrage/repĂ©rage) et aspectuel (dynamicitĂ©) avec au moins un test par critĂšre.
  8. Distinguer duratif vs non duratif et culminant vs non culminant, et utiliser le paradoxe imperfectif (interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement).
  9. Expliquer la dynamicité nominale avec verbes supports actionnels vs événementiels, et le test de stativité (échec pour noms statiques).
  10. Relier tĂ©lique/atĂ©lique (domaine verbal) Ă  massif/comptable (domaine nominal) en s’appuyant sur les propriĂ©tĂ©s : rĂ©fĂ©rence atomique, divisibilitĂ©, cumulativitĂ©.
  11. Identifier noms d’action vs noms d’objet vs noms d’état Ă  l’aide des tests de dynamicitĂ©, localisation spatiale et stativitĂ© (faire preuve de / ĂȘtre d’un grand N / ressentir du N).
  12. Classer adjectifs relationnels vs qualificatifs en suivant les 3 Ă©tapes (morphologique, sĂ©mantique, syntaxique) et donner un exemple oĂč l’antĂ©position/postposition tranche.
  13. Classer adjectifs sur une échelle (gradable/non gradable, relatif/absolu, total/partiel) et justifier avec les tests (description définie, compatibilité avec trÚs/complÚtement/légÚrement/à moitié, polarité).

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1. Quel Ă©noncĂ© rend le mieux l’idĂ©e d’une paraphrase en linguistique ?

2. Pourquoi la paraphrase peut-elle aider Ă  accĂ©der au sens d’une expression ?

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Paraphrase — dĂ©finition ?

Reformulation exprimant le mĂȘme sens avec d’autres mots.

CircularitĂ© — problĂšme ?

DĂ©finir le sens par sens sans point d’appui extĂ©rieur.

MĂ©talangage — rĂŽle ?

Décrire le sens sans retomber dans la boucle circulaire.

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