đ Plan du Cours
- Accéder au sens par paraphrase
- Circularité et métalangage
- Opposition massif et comptable
- Conversion massif vers comptable
- Conversion comptable vers massif
- Noms dâaction et critĂšres dâidentification
- DurativitĂ© et ancrage temporel des noms dâaction
- Dynamicité nominale et verbes supports
- Télique et atélique dans le domaine nominal
- Paradoxe imperfectif et structure interne
- Noms dâobjet et noms dâĂ©tat
- Adjectifs qualificatifs et relationnels
đ 1. AccĂ©der au sens par paraphrase
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Paraphrase : La paraphrase est une reformulation qui vise Ă exprimer le mĂȘme contenu sĂ©mantique avec dâautres mots.
- CircularitĂ© : La circularitĂ© est un raisonnement oĂč le sens est dĂ©fini par le sens, sans point dâappui extĂ©rieur stable.
- Métalangage : Un métalangage est un systÚme de termes et de rÚgles utilisé pour décrire le sens sans retomber dans les définitions circulaires.
- AccĂšs au sens : LâaccĂšs au sens dĂ©signe la mĂ©thode permettant de relier des expressions linguistiques Ă leur interprĂ©tation.
đ Points essentiels
- LâaccĂšs au sens par paraphrase consiste Ă approcher lâinterprĂ©tation en remplaçant une expression par une autre Ă©quivalente.
- La circularitĂ© apparaĂźt quand on tente de dĂ©finir le sens dâun mot uniquement Ă lâaide dâautres mots dont le sens dĂ©pend du premier.
- Sortir de la circularitĂ© exige un niveau de description distinct, oĂč lâon parle du sens avec des outils qui ne reposent pas sur des dĂ©finitions en boucle.
- Le métalangage sert de cadre pour caractériser le sens de façon contrÎlée, afin que les paraphrases ne soient pas la seule source de justification.
- Une paraphrase nâest utile pour lâanalyse que si elle conserve lâidentitĂ© de contenu, pas seulement la proximitĂ© de forme.
đĄ Astuce mĂ©mo
Paraphrase = mĂȘme sens avec dâautres mots ; CircularitĂ© = sens dĂ©fini par sens ; MĂ©talangage = âlangage pour parler du sensâ pour casser la boucle.
đ 2. CircularitĂ© et mĂ©talangage
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- CircularitĂ© : La circularitĂ© est un raisonnement oĂč le sens dâun mot est dĂ©fini Ă lâaide dâautres mots qui, Ă leur tour, renvoient au premier.
- RĂ©fĂ©rent : Le rĂ©fĂ©rent est la chose dĂ©signĂ©e par une expression, câest-Ă -dire ce qui est pointĂ© dans le monde (ou dans la situation de discours).
- Paraphrase : Une paraphrase est une expression qui remplace une autre expression tout en gardant Ă peu prĂšs le mĂȘme sens.
- MĂ©talangage : Un mĂ©talangage est un langage spĂ©cialisĂ© utilisĂ© pour dĂ©crire la sĂ©mantique dâune langue naturelle sans se confondre avec cette langue.
- Sémantique formelle : La sémantique formelle est une approche qui décrit le sens avec des outils logiques et des notations de type prédicats.
đ Points essentiels
- Le sens ne se confond pas avec le rĂ©fĂ©rent : câest le rĂ©fĂ©rent qui est observable, pas le sens lui-mĂȘme.
- Le sens est accessible indirectement via des substitutions paraphrastiques, typiquement utilisées dans les dictionnaires monolingues.
- La circularité apparaßt quand on définit « table » par « meuble », puis « meuble » par « objet », etc., sans ancrage extérieur.
- Un métalangage sert à sortir de la circularité en décrivant le sens avec un langage différent de la langue étudiée.
- La sémantique formelle utilise des notations de prédicats, par exemple T(x) pour « x est une table ».
- Les métalangages possibles incluent logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, approches décompositionnelles et NSM (Natural Semantic Metalanguage).
đĄ Astuce mĂ©mo
Sens â rĂ©fĂ©rent : le rĂ©fĂ©rent « pointe », le sens « se dĂ©crit » ; pour Ă©viter la circularitĂ©, on change de langage (mĂ©talangage) et on remplace par des paraphrases.
đ 3. Opposition massif et comptable
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Nom massif : Un nom massif désigne une substance ou une matiÚre perçue comme une masse, généralement sans comptage naturel.
- Nom comptable : Un nom comptable désigne des entités comptables, pour lesquelles le pluriel et les numéraux sont naturellement acceptés.
- Lecture gĂ©nĂ©rique : Une lecture gĂ©nĂ©rique prĂ©sente un nom comme reprĂ©sentant une catĂ©gorie ou un type, sans viser un ensemble dâindividus prĂ©cis.
- Lecture spécifique : Une lecture spécifique vise un ensemble ou des occurrences identifiables, souvent compatibles avec des quantifieurs et des contextes de repérage.
- Pluralia tantum : Les pluralia tantum sont des noms qui nâapparaissent pas (ou peu) au singulier et qui se comportent comme des pluriels.
đ Points essentiels
- En français, lâopposition massif/comptable se manifeste dans le domaine nominal par la compatibilitĂ© avec les dĂ©terminants et la possibilitĂ© de quantifier.
- Un nom massif est typiquement singulier avec des dĂ©terminants comme du/de la (ex. de lâeau, de la farine), alors quâun nom comptable accepte facilement un numĂ©ral (ex. trois farines, trois tables).
- Certains noms sont polysĂ©miques : ils peuvent basculer dâune lecture massive Ă une lecture comptable selon le contexte (ex. du sable vs trois sables, du pain vs trois pains).
- Les dĂ©terminants dĂ©finis (le, la, les) et dĂ©monstratifs (ce, cette, ces) sont compatibles avec des lectures comptables, tandis que lâarticle partitif (du, de la, de lâ) favorise une lecture massive.
- Les dĂ©terminants numĂ©raux (un, deux, trois, cent, mille) et lâarticle indĂ©fini (un, une, des) orientent fortement vers une lecture comptable, mais peuvent produire des effets de sens quand le nom est massifs.
- Le passage massif â comptable peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ© par des âmachinesâ sĂ©mantiques : machine du multiplicateur (pluriel par multiplication dâindividus) et machine du trieur/conditionneur (tri ou conditionnement en sous-esp
đĄ Astuce mĂ©mo
Massif = âmatiĂšre en blocâ ; Comptable = âunitĂ©s Ă compterâ (du/de la â bloc, un/trois â unitĂ©s).
đ 4. Conversion massif vers comptable
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Conditionnement : Le conditionnement est un agencement qui prĂ©pare une matiĂšre en vue dâun usage dĂ©terminĂ©, ce qui peut changer la façon dont le nom se combine avec le comptage.
- Ellipse du nom de quantitĂ© : Lâellipse du nom de quantitĂ© est une hypothĂšse selon laquelle une Ă©tape intermĂ©diaire implicite (un nom de quantitĂ©) expliquerait une conversion de massif vers comptable.
- Conversion massif â comptable : La conversion massif â comptable est un changement de comportement syntaxique et sĂ©mantique oĂč un massif est employĂ© comme si câĂ©tait un comptable, typiquement via un contexte de conditionnement.
- Marque de genre aprĂšs conversion : La marque de genre aprĂšs conversion est lâobservation du genre grammatical du nom obtenu, utilisĂ©e pour vĂ©rifier sâil existe ou non une Ă©tape intermĂ©diaire implicite.
đ Points essentiels
- Le conditionnement dĂ©rive de « conditionner » au sens dâagencer en vue dâun usage dĂ©terminĂ©, et sert de contexte Ă des emplois oĂč un massif devient comptable.
- Exemple de conditionnement : Du Ricard â un verre de Ricard, oĂč le massif « Ricard » est associĂ© Ă un contenant comptable.
- Contre-exemple visĂ© : si lâellipse Ă©tait vraie, Du Ricard â un verre de Ricard â un (nom de quantitĂ©) Ricard devrait exister comme Ă©tape intermĂ©diaire.
- Argument contre lâellipse via le genre : on dit une Suze et non un Suze, donc il nây a pas dâĂ©tape intermĂ©diaire passant par un « verre » au niveau de lâellipse.
- Comparaison avec une ellipse attestĂ©e : Un bateau Ă vapeur â un (nom) vapeur, oĂč le rĂ©sultat ne conserve pas le mĂȘme comportement que la conversion massif â comptable.
- Le cas « immeuble » illustre une difficultĂ© : selon lâobjet mis dans la machine, la sortie nâest pas lâobjet initial mais des matĂ©riaux (gravats/dĂ©combres), ce qui montre que la conversion ne correspond pas Ă une simple
đĄ Astuce mĂ©mo
Conditionnement = contenant/usage ; ellipse = Ă©tape cachĂ©e ; test genre : Ricard (un) vs Suze (une) â pas dâĂ©tape cachĂ©e.
đ 5. Conversion comptable vers massif
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Massif Ă valeur plurielle : Un massif Ă valeur plurielle dĂ©signe une lecture oĂč le massif renvoie Ă une pluralitĂ© dâunitĂ©s, mĂȘme si la forme reste massive.
- Massifs pluriels : Des massifs pluriels sont des expressions oĂč un nom massif apparaĂźt avec une marque de pluralitĂ©, tout en gardant un comportement proche du massif.
- Prédicats collectifs : Des prédicats collectifs sont des verbes qui décrivent un rassemblement ou une mise en groupe, compatibles avec massif et pluriel.
- RĂ©fĂ©rence atomique : La rĂ©fĂ©rence atomique est une propriĂ©tĂ© sĂ©mantique oĂč toute partie dâun Ă©vĂ©nement/objet pertinent ne vĂ©rifie pas le mĂȘme prĂ©dicat que lâensemble.
- DivisibilitĂ© : La divisibilitĂ© est une propriĂ©tĂ© sĂ©mantique oĂč toute partie dâun Ă©vĂ©nement/objet pertinent vĂ©rifie le prĂ©dicat.
đ Points essentiels
- La divisibilitĂ© du pluriel nâest pas vĂ©rifiĂ©e : une cuillĂšre nâest pas des cuillĂšres.
- Le massif et le pluriel ont des comportements proches, notamment via des lectures de pluralité et la compatibilité avec des prédicats collectifs.
- Un massif peut avoir une lecture Ă valeur plurielle, comme « beaucoup dâimmeubles » malgrĂ© la forme massive.
- Les massifs pluriels existent (ex. épinards) et montrent une affinité structurelle avec le pluriel.
- Massif et pluriel acceptent des prĂ©dicats collectifs du type se rassembler, contrairement Ă des formes oĂč la lecture collective ne sâobtient pas.
- Correspondance visĂ©e : verbes atĂ©liques â propriĂ©tĂ©s des massifs, verbes tĂ©liques â propriĂ©tĂ©s des comptables, via rĂ©fĂ©rence atomique, divisibilitĂ© et cumulativitĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Massif/Pluriel : mĂȘme « collectif » (se rassembler) ; AtĂ©lique : « divisible et cumulable » ; TĂ©lique : « atomique et non cumulable ».
đ 6. Noms dâaction et critĂšres dâidentification
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Nom dâaction : Un nom dâaction dĂ©signe une action, câest-Ă -dire une situation dynamique situĂ©e dans le temps.
- Nact : Un Nact est un nom dâaction qui dĂ©note une situation temporelle dynamique.
- CritÚre morphologique : Le critÚre morphologique identifie les Nact via des schémas de dérivation depuis des verbes.
- CritĂšre temporel : Le critĂšre temporel identifie les Nact grĂące Ă leur compatibilitĂ© avec des tests de durativitĂ©, dâancrage et de repĂ©rage.
- CritĂšre aspectuel dynamicitĂ© : Le critĂšre aspectuel repĂšre la dynamicitĂ© des Nact en les rapprochant de lâaspect dynamique des verbes.
đ Points essentiels
- Le critĂšre morphologique est souvent positif quand un verbe sert de base et que le nom apparaĂźt avec un suffixe typique (ex. -ade, -age, -ance, -erie, -ion, -ment, -ure).
- Le critĂšre morphologique nâest pas suffisant Ă lui seul : il existe des noms dâaction non dĂ©verbal (Nact non dĂ©verbal).
- Test de durativitĂ© : une tournure du type « le N a durĂ© x Ntemporel » est compatible avec des Nact (ex. tournage, nĂ©gociation, construction) mais pas avec des noms dâĂ©vĂ©nements trĂšs brefs (ex. discussion, sieste).
- Test dâancrage temporel : « il y a eu un N Ă MarqueurTemporel » marche avec des Nact (ex. concert, entraĂźnement) et un marqueur dâheure ou de moment (ex. Ă 14h, en ce moment).
- Test de repérage temporel : « lors/pendant/durant/au cours de/aprÚs/avant/dÚs/depuis lors de N » sert de diagnostic temporel pour les Nact (ex. pendant la dispute, aprÚs la guérison).
- DynamicitĂ© verbale (test) : « il est en train de + V » donne une lecture dynamique pour des verbes dâaction (courir, travailler) mais pas pour des verbes non dynamiques (aimer, savoir, connaĂźtre).
đĄ Astuce mĂ©mo
Nact = Morphologie (suffixe) + Temps (durée/ancrage/repÚre) + Aspect (dynamique).
đ 7. DurativitĂ© et ancrage temporel des noms dâaction
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Nom dâaction : Nom dâaction : nom qui dĂ©crit un Ă©vĂ©nement se dĂ©roulant dans le temps et qui se prĂȘte Ă des tests de dynamicitĂ© (action vs non-action).
- Action durative : Action durative : action dont la durĂ©e peut sâĂ©tendre sur une pĂ©riode, compatible avec une mesure de temps longue (ex. « trois mois »).
- Action non durative : Action non durative : action ponctuelle, compatible avec une durée trÚs brÚve (ex. « dix minutes ») et qui ne se laisse pas profiler comme un processus long.
- Action culminante : Action culminante : action structurĂ©e vers un point dâaboutissement, oĂč un « arrĂȘt » implique lâexistence de lâĂ©vĂ©nement.
- Action non culminante : Action non culminante : action sans point dâaboutissement interne net, oĂč lâarrĂȘt ne garantit pas lâexistence de lâĂ©vĂ©nement.
đ Points essentiels
- Les noms dâaction se distinguent des noms non dynamiques par des tests de dynamicitĂ© (pouvoir ĂȘtre mis en contexte dâoccurrence temporelle et dâaction).
- Le critÚre duratif oppose les formes compatibles avec une durée longue (durative) à celles compatibles seulement avec une durée brÚve (non durative).
- Le critÚre culminatif oppose les actions orientées vers un point final (télique) à celles sans point final net (atélique).
- Le test du « paradoxe imperfectif » : « X a Ă©tĂ© interrompu » implique lâexistence de X pour une dispute/discussion, mais pas pour un accouchement.
- Dans le bilan, les noms non occurrentiels (massif) sont nécessairement non culminatifs (atélique).
- Dans le bilan, les noms non duratifs (ponctuels) sont nécessairement culminatifs (télique).
đĄ Astuce mĂ©mo
Duratif = « ça dure », culminatif = « ça aboutit » ; paradoxe imperfectif : interrompu â existence pour dispute/discussion, mais pas pour accouchement.
đ 8. DynamicitĂ© nominale et verbes supports
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DynamicitĂ© nominale : La dynamicitĂ© nominale est la propriĂ©tĂ© dâun nom Ă pouvoir se combiner avec des verbes supports qui expriment une action ou un Ă©vĂ©nement plutĂŽt quâun simple objet stable.
- Verbes supports actionnels : Les verbes supports actionnels servent Ă construire une lecture Ă©vĂ©nementielle dâun nom, comme dans des tournures du type faire/accomplir/ effectuer/ procĂ©der + nom.
- Verbes supports Ă©vĂ©nementiels : Les verbes supports Ă©vĂ©nementiels permettent dâexprimer quâun nom renvoie Ă un Ă©vĂ©nement, via des tournures comme avoir lieu ou se produire + nom.
- Test de stativitĂ© : Le test de stativitĂ© consiste Ă vĂ©rifier si un nom accepte des emplois qui dĂ©crivent un Ă©tat ou une expĂ©rience statique, ce qui signale quâil ne dĂ©note pas une action.
- Verbes supports : Les verbes supports sont des verbes âvidesâ sĂ©mantiquement qui portent la dynamique (action/Ă©vĂ©nement) et laissent le nom fournir le contenu.
đ Points essentiels
- Un nom Ă lecture dynamique passe des tests de type action/Ă©vĂ©nement avec des verbes supports, alors quâun nom statique Ă©choue Ă ces tests.
- Pour la dynamique nominale, on utilise des verbes supports actionnels comme faire, accomplir, effectuer, procéder.
- Pour la dynamique nominale, on utilise des verbes supports événementiels comme avoir lieu et se produire.
- Le test de stativitĂ© sert Ă repĂ©rer les noms qui ne se laissent pas interprĂ©ter comme une action (ex. âfaire preuve de âŠâ, âĂȘtre dâune grande âŠâ, âĂ©tat de âŠâ deviennent inacceptables).
- Le contraste âdomaine verbalâ distingue ĂȘtre en train (lecture en cours) de formes qui ne conviennent pas Ă certains verbes (ex. aimer vs courir).
- Dans lâexemple âvisiteâ, la conclusion est que le nom est monosĂ©mique avec une lecture action, car il ne passe pas le test de stativitĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Action/événement = verbes supports (faire/accomplir/effecuer/procéder ; avoir lieu/se produire) ; statique = échec du test de stativité.
đ 9. TĂ©lique et atĂ©lique dans le domaine nominal
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Zeugme : Le zeugme est une figure qui coordonne des éléments de sens différents, produisant souvent un effet humoristique.
- Adjectif relationnel : Un adjectif relationnel relie un nom Ă un domaine ou Ă une notion (comme climatique) plutĂŽt quâĂ une propriĂ©tĂ© mesurable.
- Adjectif qualificatif : Un adjectif qualificatif dĂ©note une propriĂ©tĂ© ou une qualitĂ© attribuĂ©e Ă un ensemble dâentitĂ©s.
- Propriété scalaire : Une propriété scalaire est une qualité représentable sur une échelle de degrés ordonnés.
- GradabilitĂ© : La gradabilitĂ© est la possibilitĂ© dâexprimer une propriĂ©tĂ© Ă diffĂ©rents degrĂ©s, notamment via comparatif et superlatif.
đ Points essentiels
- Un zeugme peut associer un adjectif relationnel et un adjectif qualificatif, mĂȘme si leurs types de sens ne sont pas du mĂȘme ordre.
- La circularité est un piÚge quand on définit une propriété par des synonymes (qualité, trait, caractéristique) sans critÚre distinctif.
- Une bonne approche linguistique traite les propriétés comme des qualités exprimées par des adjectifs, pas comme une simple liste de synonymes.
- Les propriĂ©tĂ©s sont souvent (mais pas toujours) scalaires/gradables et souvent (mais pas toujours) en relation dâantonymie.
- Une Ă©chelle correspond Ă un ensemble de degrĂ©s, Ă une dimension (tempĂ©rature, coĂ»t, taille, etc.) et Ă une relation dâordre sur ces degrĂ©s.
- Les échelles peuvent avoir des structures variées : minimum sans maximum, maximum sans minimum, bornée (plein/vide), ou sans bornes (long/court).
đĄ Astuce mĂ©mo
Zeugme = « réunion de sens incompatibles » : relationnel + qualificatif = souvent drÎle.
đ 10. Paradoxe imperfectif et structure interne
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Antonymes complĂ©mentaires : Antonymes dont lâassertion de lâun entraĂźne la nĂ©gation de lâautre, et inversement.
- Antonymes contraires : Antonymes dont lâassertion de lâun implique la nĂ©gation de lâautre, mais dont la nĂ©gation ne garantit pas lâassertion du second.
- Antonymes converses : Antonymes correspondant Ă une relation Ă deux arguments, oĂč lâinversion des arguments produit la relation converse.
- Polarité adjectivale : Propriété qui distingue un terme adjectival comme « positif » ou « négatif » dans une opposition, indépendamment de la polarité naturelle.
đ Points essentiels
- Les opposĂ©s peuvent paraĂźtre Ă la fois proches et distants : leurs distributions peuvent ĂȘtre presque identiques tout en restant sĂ©mantiquement opposĂ©s.
- La proximitĂ© se reflĂšte aussi dans des erreurs de parole oĂč le mot visĂ© est remplacĂ© par son opposĂ©.
- Antonymes complĂ©mentaires : X prĂ©sent â X non absent, et X non prĂ©sent â X absent.
- Antonymes contraires : X chaud â X non froid, mais X non chaud nâimplique pas X froid (possibilitĂ© dâun Ă©tat intermĂ©diaire).
- Antonymes converses : si R est une relation Ă deux places, alors R(x,y)=Râ(y,x) pour sa converse.
- Antonymes directionnels : monter/descendre sâorganisent via une orientation sur une Ă©chelle (ex. Ă©chelle et sens).
đĄ Astuce mĂ©mo
ComplĂ©mentaire = double implication (prĂ©sentâabsent), Contraire = implication seulement dâun cĂŽtĂ© (chaudânon froid).
đ 11. Noms dâobjet et noms dâĂ©tat
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Adjectifs non gradables : Adjectifs non gradables : ils ne se prĂȘtent pas Ă une Ă©chelle de degrĂ©s, car ils ne comportent que deux valeurs (positive vs nĂ©gative) sans standard intermĂ©diaire.
- Adjectifs relatifs : Adjectifs relatifs : ils ont un standard qui dépend du contexte (souvent du nom recteur), ce qui permet des comparaisons comme plus X que Y.
- Adjectifs absolus : Adjectifs absolus : ils ont un standard fixé (souvent un maximum ou un minimum), ce qui rend les comparaisons contextuelles moins libres.
- Adjectifs totaux : Adjectifs totaux : ils ont un standard maximal atteint au bout de lâĂ©chelle, typiquement avec un antonyme dont le standard est minimal.
- Adjectifs partiels : Adjectifs partiels : ils ont un standard minimal atteint au bas de lâĂ©chelle, et leur antonyme a alors un standard maximal.
đ Points essentiels
- Adjectifs non gradables avec degré : les formes comme trÚs/trop, assez, un peu, à peine, légÚrement sont incompatibles avec des adjectifs du type marié, mort, enceinte (#Il est trÚs marié, #Il est assez mort).
- Adjectifs non gradables avec comparatif/superlatif : les comparaisons et superlatifs sont aussi dĂ©fectueux (#plus mariĂ© que, #le plus mariĂ©) car il nây a pas dâĂ©chelle de degrĂ©s.
- Adjectifs non gradables à deux points : ils se comportent comme une échelle à deux degrés seulement, sans zone intermédiaire.
- Adjectif absolu vs adjectif relatif : dans absolu, la comparaison se fait par un standard fixe (plein/vide), tandis que dans relatif le standard glisse selon le nom recteur (grand/petit).
- Test de description dĂ©finie (relatif vs absolu) : avec un relatif, la description dĂ©finie vise lâĂ©lĂ©ment au standard le plus haut du contexte (la bouteille la plus grande).
- Test de description dĂ©finie (relatif vs absolu) : avec un absolu, la description dĂ©finie peut viser lâextrĂȘme opposĂ© sur lâĂ©chelle (la bouteille la plus vide / la moins pleine).
đĄ Astuce mĂ©mo
Non gradable = 2 cases seulement (oui/non) ; relatif = standard variable (glisse avec le nom) ; absolu = standard fixĂ© (extrĂȘme repĂ©rable).
đ 12. Adjectifs qualificatifs et relationnels
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Adjectifs absolus : Adjectifs dont le standard maximal est fixé et ne dépend pas du contexte, ce qui rend les degrés comme « complÚtement » compatibles mais « trÚs » souvent inadaptés.
- Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le standard varie selon le nom recteur ou le contexte, ce qui permet des degrés partiels comme « trÚs » ou « légÚrement ».
- Coercition : PhĂ©nomĂšne oĂč un Ă©lĂ©ment (souvent un adverbe de degrĂ©) force lâadjectif Ă changer de lecture, par exemple dâabsolu vers relatif.
- Adjectifs fermĂ©s : Adjectifs qui ont une structure Ă deux bornes (maximum/minimum) et dont lâinterprĂ©tation de « trĂšs » ou « complĂštement » suit une logique de fermeture.
đ Points essentiels
- Certaines lectures donnent un standard fixe (adjectif absolu), tandis que dâautres donnent un standard variable selon le nom recteur ou le contexte (adjectif relatif).
- Le couple certain/incertain illustre un standard fixe pour « certain » et « incertain », alors que des cas comme « propre » peuvent devenir relatifs selon le nom recteur (rat vs salle de bain).
- Sec/humide montre deux lectures possibles : « chemise sÚche » peut viser un standard fixe, tandis que « climat sec » dépend fortement du lieu (donc standard variable).
- AllumĂ©/Ă©teint pour une lampe est non gradable : on dĂ©crit lâĂ©tat par tout ou rien, pas par « lĂ©gĂšrement » ou « Ă moitiĂ© » allumĂ©/Ă©teint.
- Droit/tordu suit une structure scale : « complĂštement droit » correspond au total, « lĂ©gĂšrement/trĂšs tordu » au partiel, et « Ă moitiĂ© tordu » ne doit pas ĂȘtre confondu avec une moitiĂ© de la barre droite.
- HabillĂ©/nu et plein/vide sont plus faciles car lâadjectif vise une surface/quantitĂ© mĂ©rĂ©ologique (surface du corps couverte, volume de liquide), ce qui rend « Ă moitiĂ© nu/habillĂ© » cohĂ©rent.
đĄ Astuce mĂ©mo
Absolu = standard fixe (tout ou presque), Relatif = standard qui bouge (selon le contexte).
đ Tableaux de synthĂšse
Correspondances massif/comptable et atélique/télique (verbes)
| Distinction | Atélique | Télique |
|---|
| Référence atomique | non vérifiée | vérifiée (faible) |
| Divisibilité | vérifiée | non vérifiée |
| Cumulativité | vérifiée | non vérifiée |
| Exemples (verbes) | courir ; penser à qqch | décider qqch ; trouver la solution |
Typologie des noms dâaction (bilan)
| Classe | Occurrentiel | Duratif | Culminatif |
|---|
| Jardinage / natation | - | + | - |
| Promenade / manifestation / conversation / dispute / discussion | + | + | - |
| Accouchement / cambriolage | + | + | + |
| Assassinat / découverte | + | - | + |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre sens et rĂ©fĂ©rent : le rĂ©fĂ©rent est observable, le sens nâest accessible quâindirectement via des signes et des paraphrases.
- Croire quâune paraphrase suffit Ă dĂ©finir le sens : on retombe vite dans la circularitĂ© (tableâmeubleâobjetââŠâtable).
- Penser que la tĂ©licitĂ© dĂ©pend du COD comptable : en rĂ©alitĂ©, pour manger, câest la cumulativitĂ© du COD qui module tĂ©lique vs atĂ©lique.
- Confondre âdiviserâ (rĂ©fĂ©rence/divisibilitĂ©) et âinterrompreâ : lâinterruption sert au diagnostic tĂ©lique/atĂ©lique, pas Ă la divisibilitĂ©.
- Dire que âtrouverâ est tĂ©lique parce que le complĂ©ment est comptable : trouver impose la tĂ©licitĂ© au GV complet (ce nâest pas un incremental theme verb).
- Croire que âtrĂšsâ fonctionne avec tous les adjectifs : avec les non gradables (mariĂ©/mort/enceinte) ou les fermĂ©s (plein/vide), les tests Ă©chouent sauf coercition.
- Pour les adjectifs, confondre absolu et relatif : âla bouteille la plus videâ (absolu) ne se lit pas comme âla bouteille la plus grandeâ (relatif).
â
Checklist Examen
- Expliquer comment la substitution paraphrastique permet un accÚs indirect au sens, et pourquoi elle devient circulaire sans métalangage.
- Définir métalangage et donner au moins 3 types cités (logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, etc.).
- Rappeler la différence massif/comptable en français via déterminants et tests (partitif vs numéral) et donner un exemple de polysémie.
- DĂ©crire les deux machines de conversion massifâcomptable : machine du trieur et machine du conditionneur, avec exemples.
- Expliquer lâargument contre lâellipse (test de genre aprĂšs conversion) en comparant Ricard vs Suze, et rappeler le cas dâellipse attestĂ©e (bateau Ă vapeurâvapeur).
- DĂ©crire la conversion comptableâmassif via massifs Ă valeur plurielle, massifs pluriels, prĂ©dicats collectifs, et les notions de rĂ©fĂ©rence atomique/divisibilitĂ©/cumulativitĂ©.
- Donner les critĂšres dâidentification des Nact : morphologique, temporel (durativitĂ©/ancrage/repĂ©rage) et aspectuel (dynamicitĂ©) avec au moins un test par critĂšre.
- Distinguer duratif vs non duratif et culminant vs non culminant, et utiliser le paradoxe imperfectif (interrompu â existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement).
- Expliquer la dynamicité nominale avec verbes supports actionnels vs événementiels, et le test de stativité (échec pour noms statiques).
- Relier tĂ©lique/atĂ©lique (domaine verbal) Ă massif/comptable (domaine nominal) en sâappuyant sur les propriĂ©tĂ©s : rĂ©fĂ©rence atomique, divisibilitĂ©, cumulativitĂ©.
- Identifier noms dâaction vs noms dâobjet vs noms dâĂ©tat Ă lâaide des tests de dynamicitĂ©, localisation spatiale et stativitĂ© (faire preuve de / ĂȘtre dâun grand N / ressentir du N).
- Classer adjectifs relationnels vs qualificatifs en suivant les 3 Ă©tapes (morphologique, sĂ©mantique, syntaxique) et donner un exemple oĂč lâantĂ©position/postposition tranche.
- Classer adjectifs sur une échelle (gradable/non gradable, relatif/absolu, total/partiel) et justifier avec les tests (description définie, compatibilité avec trÚs/complÚtement/légÚrement/à moitié, polarité).
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