Revision sheet: Histoire de la France contemporaine

Plan du Cours

  1. Aide américaine et plan Marshall en France
  2. Opposition française au plan Marshall
  3. Schuman et la solidarité européenne
  4. Réconciliation franco-allemande et CECA
  5. Décolonisation et Union française sous la IVe République
  6. Guerre d’AlgĂ©rie et basculement politique
  7. Crise du 13 mai et naissance de la Ve République
  8. Conceptions de la République de Gaulle et MendÚs-France
  9. Institutions de la Ve République et présidentialisation
  10. Politique de grandeur nationale et indépendance

1. Aide américaine et plan Marshall en France

Notions clés & Définitions

  • Plan Marshall : Programme d’aide des États-Unis Ă  l’Europe occidentale aprĂšs 1945, visant la reconstruction Ă©conomique et la stabilisation du continent.
  • Aide Ă©tats-unienne multiforme : Ensemble d’aides amĂ©ricaines Ă  la France combinant dons et prĂȘts en dollars, destinĂ©s Ă  financer l’achat de biens et de ressources.
  • SouverainetĂ© nationale : CapacitĂ© d’un État Ă  dĂ©cider librement de ses choix politiques et Ă©conomiques sans dĂ©pendance extĂ©rieure imposĂ©e.
  • Doctrine Jdanov : Doctrine de la guerre froide qui encadre l’opposition idĂ©ologique entre blocs et alimente une lecture manichĂ©enne des États-Unis.
  • Campagne « les AmĂ©ricains en AmĂ©rique » : Campagne du parti communiste français qui dĂ©nonce la politique amĂ©ricaine en Europe occidentale dans un cadre de guerre froide.

Points essentiels

  • Entre 1945 et les annĂ©es 1970, la France cherche Ă  retrouver une place mondiale malgrĂ© la perte de son empire colonial et la contrainte de la Guerre froide.
  • L’aide amĂ©ricaine Ă  la France prend la forme de dons et de prĂȘts en dollars, permettant d’acheter des biens d’équipement, des produits agricoles et des matiĂšres premiĂšres.
  • Des achats de matĂ©riel militaire sont aussi financĂ©s par cette aide, comme l’indique le document 1.
  • L’opposition au plan Marshall vient de la crainte que la politique amĂ©ricaine rĂ©duise ou fasse disparaĂźtre la souverainetĂ© nationale française.
  • Le parti communiste français est dĂ©crit comme l’opposant le plus virulent, avec une campagne « les AmĂ©ricains en AmĂ©rique ».
  • La campagne s’appuie sur un anti-impĂ©rialisme prĂ©sentĂ© dans le contexte de la guerre froide en diabolisant les États-Unis sous une image de « pieuvre » liĂ©e Ă  la doctrine Jdanov.

Astuce mémo

Aide = dollars pour reconstruire (biens + agriculture + matiĂšres + mĂȘme militaire) ; Plan Marshall = peur de perdre la souverainetĂ©, donc PCF attaque les États-Unis (pieuvre, anti-impĂ©rialisme, Jdanov).

2. Opposition française au plan Marshall

Notions clés & Définitions

  • Parti communiste français : Parti politique français qui se trouve dans l’opposition et mĂšne une campagne trĂšs critique envers les États-Unis dans le contexte de la guerre froide.
  • Campagne « les AmĂ©ricains en AmĂ©rique » : Campagne du Parti communiste français qui prĂ©sente les États-Unis comme une menace, sous couvert d’anti-impĂ©rialisme.
  • Doctrine Jdanov : Doctrine de guerre froide utilisĂ©e comme leitmotiv pour structurer la dĂ©nonciation des États-Unis par les communistes.
  • IntĂ©gration Ă©conomique europĂ©enne : Solution proposĂ©e pour maintenir la paix en organisant une solidaritĂ© de fait par la coopĂ©ration Ă©conomique, d’abord en Europe puis en citant aussi l’Afrique.

Points essentiels

  • Le Parti communiste français est prĂ©sentĂ© comme l’opposant le plus vĂ©hĂ©ment au sujet des États-Unis dans l’aprĂšs-guerre.
  • La campagne « les AmĂ©ricains en AmĂ©rique » diabolise les États-Unis sous la forme d’une pieuvre.
  • Le discours communiste s’appuie sur un anti-impĂ©rialisme prĂ©sentĂ© comme un leitmotiv de la doctrine Jdanov.
  • Schuman Ă©voque des dangers menaçant la paix mondiale, en lien avec les tensions de la guerre froide et les guerres d’indĂ©pendance dans les colonies.
  • Pour maintenir la paix, Schuman propose une intĂ©gration Ă©conomique crĂ©ant une « solidaritĂ© de fait », visant l’Europe et citant aussi l’Afrique.
  • La rĂ©conciliation France-Allemagne est dĂ©crite comme un point d’articulation de la construction europĂ©enne, car l’« opposition sĂ©culaire » doit ĂȘtre Ă©liminĂ©e pour pacifier et reconstruire l’Europe.

Astuce mémo

Pieuvre + Jdanov = anti-impĂ©rialisme communiste contre les États-Unis ; paix = intĂ©gration Ă©conomique + rĂ©conciliation France-Allemagne.

3. Schuman et la solidarité européenne

Notions clés & Définitions

  • Robert Schuman : PersonnalitĂ© politique française qui propose en 1950 un projet de coopĂ©ration europĂ©enne pour pacifier le continent.
  • RFA : RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d’Allemagne, partenaire de la France dans la mise en commun de la production d’acier et de charbon.
  • CommunautĂ© europĂ©enne du charbon et de l’acier : Organisation créée en 1951 pour rassembler plusieurs États europĂ©ens autour d’une production commune de charbon et d’acier.
  • CECA : Sigle de la CommunautĂ© europĂ©enne du charbon et de l’acier, structure supranationale issue du projet de Schuman.

Points essentiels

  • Schuman propose le 9 mai 1950 de mettre en commun la production d’acier et de charbon entre la France et la RFA.
  • La CECA est instaurĂ©e en 1951 Ă  partir de ce projet de coopĂ©ration franco-allemande.
  • La CECA rĂ©unit la France, la RFA, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
  • Le projet de rĂ©conciliation europĂ©enne est prĂ©sentĂ© comme Ă  la fois cause et effet de la politique Ă©trangĂšre française.
  • La CECA est dĂ©crite comme une organisation politique supranationale commune dirigĂ©e, visant la pacification et le dĂ©veloppement de l’Europe.

Astuce mémo

9/5/1950 = Schuman : acier + charbon (France ↔ RFA) → CECA en 1951.

4. Réconciliation franco-allemande et CECA

Notions clés & Définitions

  • Robert Schuman : PersonnalitĂ© politique française qui propose la mise en commun de la production de charbon et d’acier pour relancer la coopĂ©ration europĂ©enne.
  • CommunautĂ© europĂ©enne du charbon et de l’acier (CECA) : Organisation europĂ©enne créée en 1951 pour mettre en commun la production de charbon et d’acier entre plusieurs États, sous une autoritĂ© supranationale.
  • Haute AutoritĂ© : Organe supranational de la CECA chargĂ© de diriger la communautĂ©, prĂ©sidĂ© par Jean Monnet.
  • Jean Monnet : PrĂ©sident de la Haute AutoritĂ© de la CECA, figure centrale de la direction de la communautĂ©.
  • CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne (CEE) : CommunautĂ© créée par les traitĂ©s de Rome signĂ©s en 1957 par les six pays de la CECA, visant un marchĂ© commun.

Points essentiels

  • La rĂ©conciliation franco-allemande passe par la proposition de Robert Schuman de mutualiser charbon et acier entre la France et la RFA.
  • La CECA est instaurĂ©e en 1951 et regroupe finalement la France, la RFA, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
  • La CECA est dirigĂ©e par une Haute AutoritĂ© prĂ©sidĂ©e par Jean Monnet.
  • Le projet de dĂ©fense commune (CommunautĂ© europĂ©enne de dĂ©fense, CED) divise les partis français et est abandonnĂ© en 1954.
  • En mars 1957, les six pays de la CECA signent les traitĂ©s de Rome qui crĂ©ent la CEE, orientĂ©e vers un marchĂ© commun.

Astuce mémo

Schuman → CECA (charbon+acier) ; Monnet dirige la Haute AutoritĂ© ; Rome 1957 → CEE (marchĂ© commun).

5. Décolonisation et Union française sous la IVe République

Notions clés & Définitions

  • Guerre d'indĂ©pendance algĂ©rienne : Conflit armĂ© entre le FLN et la France, marquĂ© par une forte violence et une extension des effets au territoire mĂ©tropolitain.
  • FLN et ALN : Organisation politique du FLN et bras armĂ© l’ALN, responsables d’attentats pendant la guerre d’indĂ©pendance algĂ©rienne.
  • Plan de Constantine : Programme social proposĂ© par de Gaulle pour apaiser la situation en AlgĂ©rie dans le cadre de sa politique de rĂšglement.
  • AutodĂ©termination des AlgĂ©riens : Principe politique proposĂ© par de Gaulle en 1959, ouvrant la voie Ă  des nĂ©gociations menant Ă  l’indĂ©pendance.
  • OAS : Organisation créée en fĂ©vrier 1961 qui s’oppose Ă  l’indĂ©pendance algĂ©rienne et mĂšne des attentats.

Points essentiels

  • La guerre d’indĂ©pendance algĂ©rienne touche Ă  la fois l’AlgĂ©rie et la mĂ©tropole et vise aussi des populations civiles.
  • L’armĂ©e et la police françaises recourent Ă  la torture et Ă  d’autres violences illĂ©gales contre la guĂ©rilla.
  • À partir de 1954, l’État envoie un nombre croissant d’appelĂ©s du contingent, ce qui radicalise les opinions jusqu’au 13 mai 1958.
  • Le discours du 3 juin 1958 de Charles de Gaulle Ă  Alger fait croire aux pieds-noirs que l’AlgĂ©rie resterait française.
  • De Gaulle lance des mesures d’apaisement : un plan social (Constantine) et une rĂ©forme politique avec un collĂšge Ă©lectoral unique pour EuropĂ©ens et AlgĂ©riens.
  • Le 16 septembre 1959, de Gaulle propose l’autodĂ©termination et ouvre des nĂ©gociations avec le GPRA, prĂ©sidĂ© par Ferhat Abbas.

Astuce mémo

Constantine → CollĂšge → AutodĂ©termination : de Gaulle apaise puis ouvre la voie aux nĂ©gociations.

6. Guerre d’AlgĂ©rie et basculement politique

Notions clés & Définitions

  • Charles de Gaulle : Charles de Gaulle : dirigeant politique qui dĂ©fend une RĂ©publique oĂč le prĂ©sident arbitre et s’impose face au Parlement.
  • Pierre MendĂšs-France : Pierre MendĂšs-France : responsable politique qui privilĂ©gie un exĂ©cutif responsable devant le Parlement et un dialogue constant avec lui.
  • PrimautĂ© du prĂ©sident : PrimautĂ© du prĂ©sident : idĂ©e selon laquelle le prĂ©sident, par ses prĂ©rogatives, garantit la capacitĂ© de diriger le pays face au Parlement.
  • Dialogue exĂ©cutif-Parlement : Dialogue exĂ©cutif-Parlement : principe selon lequel le gouvernement doit entretenir quotidiennement des Ă©changes avec le Parlement et le pays.

Points essentiels

  • De Gaulle craint que l’exĂ©cutif « procĂšde » du lĂ©gislatif, ce qui rendrait la direction du pays impuissante et disqualifiĂ©e.
  • Pour De Gaulle, le prĂ©sident de la RĂ©publique s’affirme comme arbitre face au Parlement grĂące Ă  ses prĂ©rogatives.
  • Pour De Gaulle, le Premier ministre appuie le prĂ©sident et dirige l’action, la politique et le travail du gouvernement.
  • Pour MendĂšs-France, le gouvernement agit avec l’accord du Parlement et doit surtout maintenir un dialogue quotidien avec le Parlement et le pays.
  • De Gaulle veut une certaine primautĂ© de l’exĂ©cutif sur le lĂ©gislatif pour prĂ©server l’unitĂ© et la cohĂ©sion du gouvernement.
  • De Gaulle critique le « rĂ©gime des partis » de la IIIĂšme RĂ©publique, jugĂ© instable quand aucune majoritĂ© n’apparaĂźt Ă  l’AssemblĂ©e.

Astuce mémo

De Gaulle = Président arbitre (exécutif fort) ; MendÚs-France = Gouvernement responsable (dialogue quotidien).

7. Crise du 13 mai et naissance de la Ve République

Notions clés & Définitions

  • Crise du 13 mai 1958 : ÉvĂ©nement politique de mai 1958 qui rĂ©vĂšle l’épuisement de la IVe RĂ©publique et ouvre la voie Ă  un changement de rĂ©gime.
  • RĂ©fĂ©rendum de 1958 : ProcĂ©dure de ratification utilisĂ©e pour approuver la Constitution de la Ve RĂ©publique par une trĂšs large majoritĂ©.
  • Article 16 : Dispositif constitutionnel accordant des pouvoirs exceptionnels au chef de l’État en cas de menaces pesant sur les institutions.
  • Élection prĂ©sidentielle au suffrage universel direct : Mode d’élection du prĂ©sident qui, Ă  partir de 1962, renforce le lien direct avec les citoyens et alimente les critiques sur une dĂ©rive despotique.

Points essentiels

  • Les Ă©vĂ©nements de mai 1958 montrent l’épuisement de la IVe RĂ©publique et conduisent Ă  l’octroi, le 2 juin 1958, de pleins pouvoirs Ă  de Gaulle par l’AssemblĂ©e nationale.
  • La Constitution de la Ve RĂ©publique est prĂ©sentĂ©e par de Gaulle et par Michel DebrĂ©, son garde des Sceaux.
  • La Constitution est acceptĂ©e au rĂ©fĂ©rendum du 28 septembre 1958 par 82,6 % des suffrages exprimĂ©s.
  • Les adversaires de la nouvelle Constitution dĂ©noncent, depuis la crise du 13 mai et le retour de de Gaulle, des risques d’abus de pouvoir du chef de l’État.
  • La Ve RĂ©publique met fin Ă  la double investiture et permet la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale sans condition.
  • L’article 49-3 permet au Premier ministre de faire adopter un texte sans vote en engageant la responsabilitĂ© du gouvernement devant l’AssemblĂ©e.

Astuce mémo

13 mai → IVe RĂ©publique Ă  bout → 2 juin pleins pouvoirs → 28 sept Constitution validĂ©e (82,6%).

8. Conceptions de la République de Gaulle et MendÚs-France

Notions clés & Définitions

  • Projet gaulliste de Bayeux : Le projet institutionnel gaulliste prĂ©sentĂ© dĂšs 1946 dans le discours de Bayeux sert de base aux institutions de la Ve RĂ©publique.
  • PrĂ©sident de la Ve RĂ©publique : Le prĂ©sident de la Ve RĂ©publique dispose de prĂ©rogatives renforcĂ©es, notamment pour nommer le Premier ministre, dissoudre l’AssemblĂ©e et agir en cas de crise.
  • Élection du prĂ©sident au suffrage universel direct : L’élection du prĂ©sident au suffrage universel direct, approuvĂ©e en 1962, transforme le rĂ©gime en semi-prĂ©sidentiel.
  • Conseil constitutionnel : Le Conseil constitutionnel est une institution créée pour Ă©quilibrer les pouvoirs dans le fonctionnement de la Ve RĂ©publique.
  • Scrutin uninominal Ă  deux tours : Le scrutin uninominal Ă  deux tours utilisĂ© dĂšs 1958 pour les lĂ©gislatives favorise la formation d’une majoritĂ© stable et rĂ©duit le poids des petits partis.

Points essentiels

  • Le 2 juin 1958, l’AssemblĂ©e nationale accorde Ă  de Gaulle les pleins pouvoirs pour rĂ©soudre la crise algĂ©rienne et lancer une nouvelle Constitution.
  • La Constitution est acceptĂ©e par rĂ©fĂ©rendum le 28 septembre 1958 avec 82,6 % des suffrages exprimĂ©s.
  • Le 21 dĂ©cembre 1958, 81 700 grands Ă©lecteurs Ă©lisent de Gaulle prĂ©sident avec 78,5 % des suffrages exprimĂ©s.
  • Le prĂ©sident nomme le Premier ministre et peut dissoudre l’AssemblĂ©e nationale.
  • L’article 16 confĂšre au prĂ©sident des pouvoirs exceptionnels en cas de menaces sur la nation.
  • Le prĂ©sident est garant de l’indĂ©pendance nationale, de l’intĂ©gritĂ© du territoire, du respect des accords de CommunautĂ© et des traitĂ©s, selon la Constitution citĂ©e dans le cours.

Astuce mémo

Bayeux → 1946 ; 1958 pleins pouvoirs + Constitution ; 1962 suffrage direct = semi-prĂ©sidentiel.

9. Institutions de la Ve République et présidentialisation

Notions clés & Définitions

  • PrĂ©sidentialisation du rĂ©gime : MĂ©canisme institutionnel qui renforce le rĂŽle du prĂ©sident dans la conduite des dĂ©cisions politiques sous la Ve RĂ©publique.
  • Politique de grandeur nationale : Orientation gaulliste visant Ă  affirmer l’indĂ©pendance et la puissance de la France par des choix Ă©conomiques, stratĂ©giques et diplomatiques.
  • Dissuasion nuclĂ©aire : StratĂ©gie de dĂ©fense fondĂ©e sur la capacitĂ© nuclĂ©aire pour dissuader toute agression.
  • TraitĂ© de l’ÉlysĂ©e : Accord signĂ© en 1963 qui renforce la coopĂ©ration franco-allemande en Europe.
  • Politique de la chaise vide : Action menĂ©e en 1965-1966 qui consiste Ă  bloquer le fonctionnement des institutions europĂ©ennes pour peser sur les dĂ©cisions.

Points essentiels

  • Le fonctionnement de la Ve RĂ©publique entraĂźne une prĂ©sidentialisation du rĂ©gime, ce qui centralise davantage les dĂ©cisions politiques autour du prĂ©sident.
  • La politique de « grandeur nationale » combine modernisation du pays et volontĂ© d’indĂ©pendance nationale.
  • La modernisation Ă©conomique passe par un État entrepreneur, la planification et des infrastructures comme les autoroutes, avec une dynamique de croissance du PIB et d’innovations technologiques.
  • La dissuasion nuclĂ©aire s’inscrit dans la logique gaulliste de refus de l’hĂ©gĂ©monie des « Deux Grands » et de sortie de la logique des blocs.
  • Le retrait de l’OTAN est dĂ©cidĂ© en 1966 et s’accompagne d’une ouverture diplomatique vers des pays communistes.
  • En Europe, de Gaulle privilĂ©gie une Europe d’États-nations : traitĂ© de l’ÉlysĂ©e (1963), refus de l’entrĂ©e du Royaume-Uni (1963 et 1967) et politique de la chaise vide (1965-1966).

Astuce mémo

PrĂ©sident = centre de gravitĂ© : Ve RĂ©publique → prĂ©sidentialisation ; De Gaulle = grandeur nationale : Ă©conomie (État entrepreneur) + puissance (nuclĂ©aire) + Europe (États-nations).

10. Politique de grandeur nationale et indépendance

Notions clés & Définitions

  • DĂ©centralisation industrielle : Politique d’amĂ©nagement du territoire qui consiste Ă  dĂ©placer des activitĂ©s industrielles des zones les plus industrialisĂ©es vers des zones moins industrialisĂ©es.
  • Nouveau franc : RĂ©forme monĂ©taire française introduite en 1960 pour viser la stabilitĂ© monĂ©taire dans le contexte de la modernisation de l’État.
  • MinistĂšre des Affaires culturelles : Institution créée en 1959 pour structurer et dĂ©velopper le rayonnement culturel de la France.
  • ORTF : Organisme créé en 1964 qui regroupe les mĂ©dias audiovisuels sous un contrĂŽle Ă©troit de l’État.
  • DATAR : DĂ©lĂ©gation interministĂ©rielle créée en 1963 pour l’amĂ©nagement du territoire et l’attractivitĂ© rĂ©gionale.

Points essentiels

  • Sous la IVe RĂ©publique, la France cherche Ă  reconstruire sa puissance en lançant la reconstruction Ă©conomique et en s’alliant avec les États-Unis.
  • La IVe RĂ©publique s’engage dans la construction europĂ©enne tout en refusant l’indĂ©pendance de ses colonies.
  • Le retour du gĂ©nĂ©ral de Gaulle en 1958 marque le passage Ă  la Ve RĂ©publique et renforce la puissance internationale du pays.
  • La France devient une puissance europĂ©enne et mondiale : elle est au cƓur de la construction europĂ©enne et dispose de l’arme nuclĂ©aire.
  • La modernisation gaullienne renforce un État intervenant directement dans l’économie, notamment via la dĂ©centralisation industrielle.
  • Sur le plan financier, la stabilitĂ© monĂ©taire est recherchĂ©e avec le nouveau franc en 1960.

Astuce mémo

Puissance = État fort + culture/medias + territoire (dĂ©centralisation/DATAR) + monnaie (nouveau franc) + nuclĂ©aire (monde) ; colonies : refus avant 1958 puis indĂ©pendance acceptĂ©e ensuite.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1945SiĂšge permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU (droit de veto) obtenu grĂące Ă  Churchill auprĂšs de Roosevelt
9 mai 1950Proposition de Robert Schuman de mettre en commun la production d’acier et de charbon (France-RFA)
13 octobre 1946Référendum approuvant la Constitution de la IVÚme République
27 octobre 1946Promulgation de la Constitution de la IVÚme République
13 mai 1958Émeute Ă  Alger rĂ©vĂ©lant l’épuisement de la IVe RĂ©publique
2 juin 1958Assemblée nationale accorde les pleins pouvoirs à de Gaulle
28 septembre 1958Référendum acceptant la Constitution de la Ve République (82,6 %)
21 dĂ©cembreÉlection de de Gaulle prĂ©sident par un collĂšge de 81 700 grands Ă©lecteurs
28 octobre 1962RĂ©fĂ©rendum approuvant l’élection du prĂ©sident au suffrage universel direct
1er novembre 1954DĂ©but de la guerre d’AlgĂ©rie (insurrection du FLN)

Tableaux de synthĂšse

Opposition de conceptions de la République (De Gaulle vs MendÚs-France)

AxeDe GaulleMendĂšs-France
RĂŽle de l’exĂ©cutifNe doit pas « procĂ©der » du lĂ©gislatif ; prĂ©sident arbitre face au ParlementGouvernement agit avec l’accord du Parlement ; dialogue quotidien avec Parlement et pays
Rapport exĂ©cutif/lĂ©gislatifPrimautĂ© de l’exĂ©cutif pour prĂ©server unitĂ© et cohĂ©sionPrimautĂ© du lĂ©gislatif : « le pouvoir vient du Parlement »
Régime des partisCritique du « régime des partis » de la IIIÚme RépubliqueFidélité à la démocratie parlementaire via élus et responsabilité
Place des citoyensCitoyens surtout via l’engagement vis-Ă -vis de l’État (promulgation/dĂ©crets)DĂ©mocratie reprĂ©sentative : soutien des Ă©lus et respect de la volontĂ© des reprĂ©sentĂ©s

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre la souverainetĂ© nationale (peur de sa diminution par la politique Ă©tats-unienne) avec l’idĂ©e que le Plan Marshall serait seulement une aide Ă©conomique sans enjeu politique.
  2. Croire que la campagne « les AmĂ©ricains en AmĂ©rique » critique l’URSS ou l’Europe : elle vise les États-Unis, sous couvert d’anti-impĂ©rialisme et via la doctrine Jdanov.
  3. Mélanger CECA et CEE : la CECA (1951) met en commun acier/charbon sous Haute Autorité, tandis que la CEE (traités de Rome, 1957) vise un marché commun.
  4. Penser que la CED (CommunautĂ© europĂ©enne de dĂ©fense) est créée : le cours indique qu’elle divise et est abandonnĂ©e en 1954.
  5. InterprĂ©ter le 13 mai 1958 comme un Ă©vĂ©nement liĂ© directement Ă  la dĂ©colonisation : c’est une crise politique Ă  Alger qui ouvre la voie au changement de rĂ©gime.
  6. Croire que la Constitution de la Ve République est adoptée uniquement par référendum en 1958 : elle est aussi critiquée (article 16, référendum, élection du président) et le lien avec 1962 est essentiel.
  7. Confondre l’OAS (créée en fĂ©vrier 1961, contre l’indĂ©pendance) avec le FLN/ALN (insurrection et guĂ©rilla) : ce sont des acteurs opposĂ©s dans la guerre d’AlgĂ©rie.

Checklist Examen

  1. Expliquer en quoi l’aide Ă©tats-unienne Ă  la France est multiforme (dons et prĂȘts en dollars) et Ă  quoi elle sert (biens d’équipement, produits agricoles, matiĂšres premiĂšres, matĂ©riel militaire).
  2. Décrire pourquoi le Plan Marshall est combattu : inquiétude sur la souveraineté nationale et rÎle du PCF avec la campagne « les Américains en Amérique » (anti-impérialisme, doctrine Jdanov, image de pieuvre).
  3. PrĂ©senter la logique de Schuman pour maintenir la paix : dangers liĂ©s Ă  la guerre froide et aux guerres d’indĂ©pendance, « opposition sĂ©culaire » France-Allemagne, et intĂ©gration Ă©conomique comme « solidaritĂ© de fait » (y
  4. Maßtriser la chronologie de la construction européenne : 9 mai 1950 (Schuman), 1951 (CECA), 1954 (CED abandonnée), mars 1957 (traités de Rome créant la CEE).
  5. Expliquer la rĂ©conciliation franco-allemande comme point d’articulation : elle doit Ă©liminer « l’opposition sĂ©culaire » et sert Ă  pacifier, reconstruire et dĂ©velopper l’Europe (cause et effet).
  6. Rappeler le dĂ©but de la guerre d’AlgĂ©rie (1er novembre 1954) et les caractĂ©ristiques du conflit (violence, cibles civiles, torture/violences illĂ©gales, attentats FLN/ALN).
  7. Expliquer le basculement politique : 13 mai 1958 (Ă©meute Ă  Alger), enchaĂźnement jusqu’aux mesures de de Gaulle (Constantine, collĂšge Ă©lectoral unique) et Ă  l’autodĂ©termination (16 septembre 1959) avec nĂ©gociations GPRA/F
  8. Identifier les acteurs et dates clĂ©s de la guerre d’AlgĂ©rie : OAS (fĂ©vrier 1961), coup d’État Ă  Alger (21 avril 1961), rĂ©fĂ©rendum du 8 janvier 1961, accords d’Évian (18 mars 1962) et indĂ©pendance (1er juillet 1962).
  9. Comparer les conceptions de la RĂ©publique : De Gaulle (prĂ©sident arbitre, primautĂ© de l’exĂ©cutif, critique du « rĂ©gime des partis ») vs MendĂšs-France (gouvernement responsable, dialogue quotidien, primautĂ© du lĂ©gislatif,
  10. Réciter les étapes institutionnelles de la Ve République : pleins pouvoirs (2 juin 1958), Constitution acceptée au référendum (28 septembre 1958), élection présidentielle (21 décembre), et critiques (article 16, référend
  11. Expliquer la prĂ©sidentialisation et la politique de grandeur nationale : lien direct avec les citoyens (rĂ©fĂ©rendum/allocutions), modernisation (État entrepreneur, planification, infrastructures), dissuasion nuclĂ©aire, et

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1. Quel effet politique l’envoi croissant d’appelĂ©s du contingent produit-il Ă  partir de 1954 ?

2. Quelle formation mÚne la campagne « les Américains en Amérique » ?

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Plan Marshall — dĂ©finition ?

Programme d’aide amĂ©ricain pour la reconstruction europĂ©enne.

Opposition française au Plan Marshall ?

Crainte de perte de souveraineté, campagne PCF « les Américains en Amérique ».

Schuman — rîle ?

Propose la coopération européenne pour pacifier le continent.

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