đ Plan du Cours
- Approches pour Ă©crire lâhistoire des migrations
- Flux dâexilĂ©s politiques vers la France
- Josephins et arrivée en France
- Pratiques politiques des exilés en France
- Facteurs explicatifs des migrations et exils
- Voyage transatlantique et conditions dâĂ©migration
- Origines des migrants européens au XIXe siÚcle
- RĂ©ception des immigrants europĂ©ens aux Ătats-Unis
- Xénophobie et violences en France au XIXe siÚcle
- HCR 1951, UNRRA et OIR des réfugiés
- XĂ©nophobie et politiques dâimmigration en Grande-Bretagne
- Expulsions polonaises et antisémitisme populaire
đ 1. Approches pour Ă©crire lâhistoire des migrations
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Approche lexicale : Approche consistant à analyser les mots utilisés pour désigner les personnes concernées par les migrations et les exils.
- Approche quantitative et statistique : Approche qui mesure les migrations Ă partir de donnĂ©es chiffrĂ©es sur immigrĂ©s, demandeurs dâasile et rĂ©fugiĂ©s.
- Approche juridique : Approche qui définit les statuts des personnes à partir de catégories produites par des institutions et conventions internationales.
- Approche géo-historique et cartographique : Approche qui étudie les migrations en localisant les lieux, les trajectoires et les connexions spatiales.
- Approche culturelle : Approche qui examine la reprĂ©sentation des migrations dans les images, les Ćuvres et les productions artistiques.
đ Points essentiels
- Lâhistoire des migrations mobilise plusieurs disciplines et commence par clarifier les catĂ©gories de mots employĂ©es par les contemporains.
- Le lexique migratoire sâest fortement dĂ©veloppĂ© et renvoie souvent Ă des catĂ©gories juridiques et administratives.
- Les recensements en France (à partir de Napoléon) servent à dénombrer les étrangers, puis les instruments se perfectionnent.
- LâenquĂȘte Te O (Trajectoire et Origine) vise Ă intĂ©grer Ă la mesure de lâimmigration les rĂ©ponses des petits enfants dâimmigrĂ©s.
- Lâapproche statistique permet de suivre comment les EuropĂ©ens nomment et quantifient immigrĂ©s, asile et rĂ©fugiĂ©s.
- Lâapproche juridique sâappuie sur des statuts confĂ©rĂ©s ou encadrĂ©s par des institutions internationales, notamment la logique de la Convention de GenĂšve pour le rĂ©fugiĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Mots â Chiffres â Statuts â Cartes â Images (M-C-S-C-I).
đ 2. Flux dâexilĂ©s politiques vers la France
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Daniel Roche : Historien qui dĂ©fend lâidĂ©e de circulations europĂ©ennes et corrige une vision trop sĂ©dentaire des sociĂ©tĂ©s modernes.
- Circulations dans lâEurope moderne : Ouvrage qui recense et explique les mobilitĂ©s europĂ©ennes pour des raisons variĂ©es, dont les mobilitĂ©s liĂ©es Ă la guerre.
- MarĂ©chaussĂ©e : Institution militaire de police dont les soldats, aprĂšs le service, ne retournent pas tous Ă leur village dâorigine.
- Huguenots : Protestants français dont lâexil aprĂšs lâEdit de Nantes provoque une diaspora en lien constant malgrĂ© la dispersion.
- Ămigration contre-rĂ©volutionnaire : Mouvement dâexil politique des opposants Ă la RĂ©volution, surtout issu de la noblesse, avec des dĂ©parts massifs.
đ Points essentiels
- Daniel Roche insiste sur la fluiditĂ© des mouvements des hommes et des capitaux et sur une mobilitĂ© structurelle plutĂŽt quâune sociĂ©tĂ© immobile.
- Les armĂ©es europĂ©ennes grossissent fortement au XVIIIe siĂšcle, avec des effectifs citĂ©s : 50 000 en Espagne, 100 000 en Angleterre, 150 000 en Prusse, 200 000 en Autriche, jusquâĂ 300 000 en Russie.
- AprĂšs le service, la mobilitĂ© devient une habitude : parmi les soldats de la MarĂ©chaussĂ©e, 1/3 ne rentre pas dans son village dâorigine.
- Les guerres rĂ©volutionnaires et napolĂ©oniennes amplifient les mobilitĂ©s, avec des exemples comme lâarmĂ©e napolĂ©onienne en Espagne passant de 100 000 Ă 350 000.
- En 1812, lors de lâassaut de la Russie, seulement 1/3 de lâarmĂ©e est constituĂ© de soldats français, le reste provenant notamment dâItaliens, de Polonais et de Suisses.
- Les prisonniers de guerre relĂąchĂ©s contribuent Ă des remises en circulation dâhommes, prolongeant des mobilitĂ©s aprĂšs le conflit.
đĄ Astuce mĂ©mo
Guerre â armĂ©es Ă©normes â service â habitudes de bouger â exils et retours en chaĂźne.
đ 3. Josephins et arrivĂ©e en France
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Exode rural : Mouvement de dĂ©part des populations rurales vers les villes, qui sâintensifie au XIXe siĂšcle et modifie les Ă©quilibres dĂ©mographiques.
- Migrations temporaires : DĂ©placements de travail Ă durĂ©e limitĂ©e, souvent sectoriels, qui permettent de saisir des opportunitĂ©s sans forcĂ©ment sâinstaller durablement.
- Alphabétisation : Capacité à lire et écrire, évaluée dans certains contextes administratifs et liée à la distance parcourue par les migrants.
- Noria italienne : SchĂ©ma migratoire oĂč des hommes partent, reviennent rĂ©guliĂšrement, puis font venir progressivement leur famille aprĂšs une phase de travail.
- Padrone : IntermĂ©diaire dans certains recrutements italiens, organisant lâembauche et pouvant exploiter les familles via des pratiques illĂ©gales.
đ Points essentiels
- Les migrations internes vers la capitale sâaccompagnent dâun allongement des distances parcourues par les populations les plus mobiles.
- AprĂšs 1840, les carriĂšres ascendantes deviennent plus rares, notamment Ă cause dâune fiĂšvre immobiliĂšre et du recours accru Ă une main dâĆuvre Ă©trangĂšre.
- Les migrants temporaires français se concentrent dans certains secteurs (chantiers, agriculture, économie de service, colportage), ce qui contribue à un exode rural plus tardif.
- En 1848, la population rurale reprĂ©sente 75% de la population totale, et lâexode rural est ensuite ralenti par les migrations.
- Les villages de moins de 2000 habitants sont particuliÚrement concernés par des micro-déplacements vers des distances de plus en plus longues.
- La capacité à signer des documents administratifs (acte de mariage, conscription) relie alphabétisation et distance parcourue par les migrants.
đĄ Astuce mĂ©mo
Distance â documents â alphabĂ©tisation : plus on sâĂ©loigne, plus on doit savoir lire/Ă©crire pour gĂ©rer lâadministratif.
đ 4. Pratiques politiques des exilĂ©s en France
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ExilĂ© politique : Personne contrainte de quitter sa patrie, souvent Ă cause de lâaction ou de lâopposition politique.
- Réfugié politique : Personne obligée de fuir son pays en raison de ses opinions politiques et trouvant en France un lieu de refuge.
- SociabilitĂ© politique : Forme dâengagement fondĂ©e sur la vie collective, oĂč se construisent et circulent des idĂ©es politiques.
- Salons politiques : Espaces mondains oĂč des exilĂ©s, surtout issus de milieux dâĂ©lite, tissent des rĂ©seaux et discutent dâidĂ©es.
- ComitĂ©s philhellĂšnes : Mouvements de soutien Ă la cause grecque qui inspirent des pratiques transnationales de collecte et dâengagement.
đ Points essentiels
- La politisation des exilĂ©s en France passe par plusieurs formes dâengagement, notamment la sociabilitĂ© et les rĂ©seaux transnationaux.
- Le contrĂŽle policier sur lâactivitĂ© politique existe depuis le code pĂ©nal de 1810, ce qui rend les pratiques politiques plus surveillĂ©es.
- Sous la monarchie de Juillet, les salons (ex. salon de Lafayette) servent de lieux dâaccueil et de mise en relation pour des patriotes Ă©trangers.
- Les salons permettent aussi aux femmes dâexercer un rĂŽle de leadership, comme le montre lâexemple de Madame Belgiojoso.
- Les banquets et toasts sont utilisés pour porter publiquement des causes, tout en restant sous surveillance policiÚre.
- Les comitĂ©s philhellĂšnes popularisent la collecte de fonds et la mobilisation, et inspirent ensuite des comitĂ©s pour dâautres causes (ex. Pologne).
đĄ Astuce mĂ©mo
Sociabilité + salons + comités = politique en exil, sous surveillance.
đ 5. Facteurs explicatifs des migrations et exils
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- XĂ©nophobie populaire : La xĂ©nophobie populaire est un rejet collectif de lâĂ©tranger qui sâintensifie en pĂ©riode de crise et vise aussi des travailleurs et des rĂ©fugiĂ©s.
- Facteur push : Le facteur push désigne les mécanismes de répulsion qui poussent à partir quand on subit discrimination, rejet ou oppression.
- Révolution des transports : La révolution des transports correspond aux innovations (notamment la vapeur) qui rendent la traversée plus rapide et favorisent les départs.
- Migration transatlantique : La migration transatlantique est le dĂ©placement de populations entre lâEurope et les AmĂ©riques, avec des rythmes et des volumes qui varient selon les pĂ©riodes.
- Nativisme amĂ©ricain : Le nativisme amĂ©ricain est une rĂ©action politique et sociale des « natifs » contre lâimmigration, en revendiquant une identitĂ© amĂ©ricaine exclusive.
đ Points essentiels
- En 1848-1849, les heurts deviennent plus fréquents et la tension augmente, avec des manifestations xénophobes contre des travailleurs étrangers.
- Les slogans « à bas les étrangers » visent surtout des étrangers en général, pas uniquement les exilés politiques.
- Des récriminations portent sur les secours : un Français pauvre ne toucherait rien, et des logiques similaires apparaissent en Suisse (ex. consignation des réfugiés à Berne en septembre 1849).
- Le profil du rĂ©fugiĂ© change : la stigmatisation sâaffirme davantage Ă partir de 1870, avec des liens possibles avec la Commune de Paris.
- Des politiques dâincitation visent Ă garder les « bons » et Ă faire partir les « encombrants », tandis quâen Angleterre lâexpulsion est relativisĂ©e par lâenvoi vers New York.
- En France, lâordre public est appliquĂ© de façon souple : Ă partir de dĂ©cembre 1849, une loi permet au prĂ©fet des dĂ©partements frontaliers dâexpulser sans passer par Paris, avec circulaires dâinterprĂ©tation des modalitĂ©s.
đĄ Astuce mĂ©mo
Push = pression dehors (discrimination/rejet) ; exil = pression dedans (crise/tension) : quand ça repousse, on part.
đ 6. Voyage transatlantique et conditions dâĂ©migration
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ellis Island : Ellis Island : centre de transit amĂ©ricain oĂč passent de nombreux immigrants europĂ©ens avant lâentrĂ©e sur le territoire.
- Immigration Act de 1882 : Immigration Act de 1882 : loi fĂ©dĂ©rale visant Ă empĂȘcher lâinstallation de certains immigrants aux Ătats-Unis.
- Nansen (certificat) : Certificat Nansen : document dâidentitĂ© dĂ©livrĂ© aux rĂ©fugiĂ©s pour leur permettre de voyager sans garantir un droit de retour.
- Apatride : Apatride : personne privĂ©e de son lien juridique et de son passeport, ce qui rend la circulation et lâaccĂšs aux statuts beaucoup plus difficiles.
- Naturalisation amĂ©ricaine : Naturalisation amĂ©ricaine : procĂ©dure permettant dâobtenir la citoyennetĂ©, avec des conditions liĂ©es Ă la naissance et Ă lâĂ©ligibilitĂ© des personnes blanches libres.
đ Points essentiels
- La rĂ©ception des immigrants europĂ©ens sâaccompagne dâune forte xĂ©nophobie dĂšs 1840, avec des rĂ©actions vives contre certaines vagues migratoires.
- Le nativisme (parti nativiste) vise Ă maintenir les Ă©trangers dehors, notamment les Irlandais catholiques, et connaĂźt un pic dans les annĂ©es 1850 avec lâĂ©meute de Philadelphie.
- La prise en charge de lâimmigration devient progressivement une compĂ©tence fĂ©dĂ©rale, avec des lois restrictives comme la Californie (1862) contre les travailleurs chinois.
- En 1882, lâImmigration Act sert Ă empĂȘcher des immigrants de sâinstaller, et en 1891 des contrĂŽles frontaliers sont mis en place.
- Le contrĂŽle des entrĂ©es se fait dans les ports, avec Ellis Island comme centre de transit oĂč certains peuvent rester 3 Ă 5 heures (1907 : plus dâ1 million en une annĂ©e).
- La naturalisation est encadrĂ©e par des rĂšgles dâĂ©ligibilitĂ© : la Constitution de 1787 efface la diffĂ©rence naissance/naturalisation, mais la naturalisation reste accessible aux personnes blanches libres seulement, pas ât
đĄ Astuce mĂ©mo
Ellis Island = âentrĂ©e rapideâ : 3â5 h, et si suspicion de maladie, quarantaine possible.
đ 7. Origines des migrants europĂ©ens au XIXe siĂšcle
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Certificat Nansen : Document international liĂ© Ă la protection des rĂ©fugiĂ©s, utilisĂ© pour organiser lâaide et la reconnaissance des personnes dĂ©placĂ©es.
- Haut-commissariat Nansen : Institution chargée de la protection des réfugiés, dissoute aprÚs la mort de Nansen en 1930.
- Office Nansen : Structure de remplacement du haut-commissariat aprĂšs 1930, avec une prise en charge plus directe par la SDN.
- SDN : Organisation internationale qui encadre la reconnaissance et la gestion des statuts de rĂ©fugiĂ©s Ă lâentre-deux-guerres.
- Statut de rĂ©fugiĂ© international : Reconnaissance internationale du statut de rĂ©fugiĂ©, mais fondĂ©e sur lâappartenance nationale plutĂŽt que sur la personne.
đ Points essentiels
- Le certif Nansen ne sâapplique pas Ă certains rĂ©fugiĂ©s politiques, notamment les Italiens antifascistes aprĂšs lâarrivĂ©e de Mussolini.
- La SDN cherche Ă reconnaĂźtre des statuts de rĂ©fugiĂ©s et propose un systĂšme qui pĂ©renniserait lâarrangement de 1928.
- Les mesures dâexpulsion ne peuvent pas ĂȘtre mises en Ćuvre si les personnes nâont pas de visa pour un autre pays.
- Seuls 11 Ătats membres ratifient cet arrangement, et la France le ratifie.
- AprĂšs la mort de Nansen en 1930, le haut-commissariat est dissous et remplacĂ© par lâoffice Nansen, tandis que la SDN prend en charge lâaide juridique, ce qui ralentit certaines actions.
- La protection internationale des rĂ©fugiĂ©s reste un embryon, mais elle internationalise le statut avec des limites liĂ©es Ă la nationalitĂ© plutĂŽt quâĂ lâindividu.
đĄ Astuce mĂ©mo
Nansen = papier de protection; 1930 = mort â office; SDN = cadre qui ralentit.
đ 8. RĂ©ception des immigrants europĂ©ens aux Ătats-Unis
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Displaced Persons : Les Displaced Persons dĂ©signent les personnes dĂ©placĂ©es aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, prises en charge par les Ătats-Unis plutĂŽt que par un retour immĂ©diat.
- Politique de germanisation forcĂ©e : La politique de germanisation forcĂ©e est une politique menĂ©e dans les territoires conquis visant Ă imposer lâidentitĂ© allemande aux populations dĂ©placĂ©es.
- Conférence de Yalta : La conférence de Yalta est un sommet de 1945 qui fixe des accords, notamment sur le rapatriement des prisonniers et le principe du retour.
- UNRRA : LâUNRRA est une organisation créée pour organiser lâaide et la rĂ©habilitation des populations dĂ©placĂ©es aprĂšs la guerre, avec un commandement militaire dirigĂ© par les Ătats-Unis.
- OIR : LâOIR est lâorganisation internationale des rĂ©fugiĂ©s chargĂ©e de placer les personnes dĂ©placĂ©es dans des refuges et points dâaccueil plutĂŽt que de les rapatrier.
đ Points essentiels
- En 1945, la germanisation forcée dans les territoires conquis entraßne plus de 4 millions de personnes déplacées et des expulsions rapides, avec des violences notamment en région des SudÚtes.
- En 1945, environ 800 000 Allemands sont expulsés, et le printemps 45 est marqué par des déplacements massifs et des infrastructures largement inopérantes.
- AprĂšs Yalta (avril 45), un principe domine : chacun doit rentrer chez soi et les politiques de germanisation doivent ĂȘtre terminĂ©es.
- Aux Ătats-Unis, les personnes dĂ©placĂ©es sont appelĂ©es Displaced Persons (DP), et certains refusent le retour par peur dâĂȘtre accusĂ©s de trahison ou dâĂȘtre emprisonnĂ©s/jugĂ©s.
- En été 45, le rapatriement est massif mais une partie refuse encore de rentrer, ce qui transforme la question en enjeu international et alimente les tensions alliées vers 1946.
- LâUNRRA (1943-1947) organise le rapatriement sans enfermer, avec des camps de dĂ©placĂ©s et une prise en charge humanitaire (formations, scolarisation, sport).
đĄ Astuce mĂ©mo
DP = « retour refusé » : aprÚs 45, certains ne veulent pas rentrer et deviennent un problÚme international.
đ 9. XĂ©nophobie et violences en France au XIXe siĂšcle
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- XĂ©nophobie : La xĂ©nophobie dĂ©signe la peur ou le rejet dâĂ©trangers, pouvant nourrir des discriminations et des violences.
- AntisĂ©mitisme populaire : LâantisĂ©mitisme populaire est une hostilitĂ© envers les Juifs portĂ©e par des milieux populaires, mĂȘlant explications religieuses et politiques.
- AntijudaĂŻsme : LâantijudaĂŻsme est une forme dâhostilitĂ© dâinspiration catholique centrĂ©e sur la dimension religieuse des Juifs.
- AntisĂ©mitisme politique : LâantisĂ©mitisme politique attribue aux Juifs un rĂŽle dâinstigateurs dans la rĂ©volution et une influence sur le capitalisme.
đ Points essentiels
- Le cours distingue lâantijudaĂŻsme (religieux, dâinspiration catholique) de lâantisĂ©mitisme populaire, qui ajoute une lecture politique des Juifs.
- LâantisĂ©mitisme populaire prĂ©sente les Juifs comme manĆuvrant la rĂ©volution et comme liĂ©s au fonctionnement du capitalisme.
- Gustave Le Bon théorise une inégalité intellectuelle entre les « races », idée mobilisée dans des discours antisémites.
- Ădouard Drumont dĂ©fend lâantisĂ©mitisme populaire et sâappuie sur des rĂ©cits de migrations juives et de persĂ©cutions.
- La grande migration juive de lâEst vers lâOuest alimente les discours hostiles, avec des exemples de flux vers des villes comme Brody.
- Le massacre de Kichinev (1903) est cité comme événement marquant dans la montée des violences et de la haine antijuive.
đĄ Astuce mĂ©mo
Antijudaïsme = religion ; Antisémitisme populaire = religion + politique (révolution + capitalisme).
đ 10. HCR 1951, UNRRA et OIR des rĂ©fugiĂ©s
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- HCR 1951 : Organisation internationale créée en 1951 pour protéger les réfugiés et coordonner des solutions durables.
- UNRRA : Organisation des Nations Unies chargĂ©e dâaider les populations dĂ©placĂ©es et sinistrĂ©es aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.
- OIR des rĂ©fugiĂ©s : Institution internationale dâaprĂšs-guerre dĂ©diĂ©e Ă lâorganisation de lâaccueil et du dĂ©placement des rĂ©fugiĂ©s.
- Exode de 1940 : Déplacement massif de civils en France lors de la débùcle de mai-juin 1940, souvent sans destination fixée.
đ Points essentiels
- La Seconde Guerre mondiale produit des dĂ©placements de masse, dĂ©jĂ en crise avant 1939, et lâĂ©clatement du conflit amplifie les flux.
- Quatre catĂ©gories de personnes contraintes au dĂ©placement sont distinguĂ©es : exilĂ©s persĂ©cutĂ©s, travailleurs de force, dĂ©portĂ©s vers camps dâextermination, et personnes dĂ©placĂ©es immĂ©diatement aprĂšs-guerre.
- En Pologne, lâinvasion de septembre 1939 sâaccompagne dâenviron 300 000 fuyards, dont environ 200 000 juifs, avec des dĂ©parts vers Roumanie, Hongrie, Balkans, France et Grande-Bretagne.
- En France, une politique dâĂ©vacuation est mise en place avant lâoffensive, avec environ 350 000 personnes du nord vers le sud ou lâouest, puis des ordres dâĂ©vacuation gĂ©nĂ©ralisĂ©s Ă partir de mai 1940.
- LâExode (mai-juin 1940) concerne entre 6 et 8 millions de personnes quittant le nord, lâest et la rĂ©gion parisienne, reprĂ©sentant environ 1/5 de la population française de lâĂ©poque.
- Parmi lâExode, environ 90 000 enfants sont perdus, et des sources comme des dessins dâenfants permettent dâaccĂ©der Ă leur expĂ©rience.
đĄ Astuce mĂ©mo
HCR-UNRRA-OIR = « aprĂšs-guerre, on organise et on protĂšge » : HCR pour la protection, UNRRA pour lâaide, OIR pour lâorganisation des rĂ©fugiĂ©s.
đ 11. XĂ©nophobie et politiques dâimmigration en Grande-Bretagne
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Commonwealth : Le Commonwealth désigne un ensemble de pays liés par des liens historiques, dont les ressortissants peuvent migrer plus facilement vers le Royaume-Uni.
- Pieds-noirs : Les pieds-noirs sont les EuropĂ©ens installĂ©s en AlgĂ©rie, dont une partie se retrouve en exil lors de la guerre dâAlgĂ©rie.
- Harkis : Les harkis sont des groupes liĂ©s Ă lâarmĂ©e ou aux structures coloniales françaises en AlgĂ©rie, concernĂ©s par un exil aprĂšs la guerre.
- DĂ©colonisation : La dĂ©colonisation correspond Ă la fin des empires coloniaux, qui entraĂźne des dĂ©placements contraints et des flux migratoires vers lâEurope.
đ Points essentiels
- AprÚs 1945, la question des déplacements de populations reste conflictuelle entre Alliés, car beaucoup de personnes refusent le rapatriement et deviennent un problÚme politique.
- Les DP (displaced persons) sont des personnes dĂ©placĂ©es qui peuvent refuser de rentrer chez elles par crainte dâĂȘtre accusĂ©es de trahison, emprisonnĂ©es ou exĂ©cutĂ©es.
- La Convention de GenÚve encadre la définition du réfugié avec une logique centrée sur la persécution individuelle et une borne temporelle et géographique au départ.
- En 1967, la Convention de Bellagio (à New York) fait sauter la limite temporelle et géographique de la Convention de GenÚve.
- La dĂ©colonisation produit des flux dâexil du Sud vers le Nord, en particulier vers lâancienne mĂ©tropole britannique, avec une migration facilitĂ©e par le statut de citoyens du Commonwealth.
- La partition de 1947 (Inde/Pakistan) sâaccompagne de massacres et de dĂ©placements massifs, estimĂ©s Ă 14,5 millions de personnes dĂ©placĂ©es sous la contrainte, avec un refuge notamment au Pendjab.
đĄ Astuce mĂ©mo
Commonwealth = âpasseport de lienâ vers lâancienne mĂ©tropole ; DĂ©colonisation = âfin dâempire â exils SudâNordâ.
đ 12. Expulsions polonaises et antisĂ©mitisme populaire
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Expulsions polonaises : ĂvĂ©nements dâexclusion visant des populations considĂ©rĂ©es indĂ©sirables, entraĂźnant des dĂ©parts forcĂ©s et des ruptures de vie.
- AntisĂ©mitisme populaire : HostilitĂ© envers les Juifs portĂ©e par des acteurs ordinaires, qui peut sâexprimer par des violences ou des discriminations.
- RapatriĂ©s (harkis) : CatĂ©gorie administrative française utilisĂ©e pour des personnes musulmanes contraintes de quitter lâAlgĂ©rie, sans ĂȘtre juridiquement assimilĂ©es Ă des rĂ©fugiĂ©s.
- Camps de Rivesaltes : Lieu de dĂ©tention utilisĂ© par lâadministration française pour des populations considĂ©rĂ©es comme Ă risque aprĂšs la guerre dâAlgĂ©rie.
- Laissez-passer : Titre de voyage provisoire permettant de franchir des frontiĂšres, servant de filtre avant lâaccĂšs au territoire.
đ Points essentiels
- Les expulsions polonaises sâinscrivent dans des logiques dâexclusion qui provoquent des dĂ©placements forcĂ©s et une prĂ©carisation des personnes visĂ©es.
- LâantisĂ©mitisme populaire peut alimenter des persĂ©cutions en crĂ©ant un climat social favorable aux discriminations et aux violences.
- AprĂšs 1954-1962 (guerre dâAlgĂ©rie), des populations musulmanes liĂ©es aux harkis vivent un arrachement prĂ©sentĂ© par lâadministration comme un rapatriement plutĂŽt quâun statut de rĂ©fugiĂ©.
- Lâadministration hĂ©site Ă nommer « rapatriĂ©s musulmans » et place ces personnes dans des camps, dont Rivesaltes.
- Ă Rivesaltes, des groupes se succĂšdent (dâabord des Espagnols puis des Juifs), et une partie des dĂ©tenus est liĂ©e Ă des transferts durant la Seconde Guerre mondiale.
- Le texte relie aussi lâexistence de Rivesaltes Ă des transferts vers les « camps de la mort » pendant la WWII, avec environ 20 000 harkis, soit environ 1/4 des effectifs mentionnĂ©s.
đĄ Astuce mĂ©mo
Exclusion = départ forcé ; antisémitisme = climat social ; « rapatrié » = statut administratif qui masque une logique de contrainte (camps).
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| mai-juin 1940 | Exode (dĂ©placement massif de civils quittant le nord, lâest et la rĂ©gion parisienne) |
| 1830-48 | Monarchie de Juillet : grandes vagues dâexilĂ©s politiques vers la France |
| 1951 | Création du HCR et adoption de la Convention de GenÚve (définition du réfugié) |
| 1967 | Protocole de Bellagio : suppression des limites temporelles et géographiques de la Convention de GenÚve |
| 1930 | Mort de Nansen : dissolution du haut-commissariat et remplacement par lâoffice Nansen |
đ Tableaux de synthĂšse
Approches pour Ă©crire lâhistoire des migrations
| Approche | Ce quâelle Ă©tudie | Exemple de rĂ©sultat |
|---|
| lexicale | les mots pour désigner migrants/exilés | inflation du lexique migratoire renvoyant à des catégories juridiques/administratives |
| quantitative et statistique | les flux via donnĂ©es chiffrĂ©es | recensements en France (Ă partir de NapolĂ©on) et enquĂȘte Te O |
| juridique | les statuts produits par institutions/conventions | logique de la Convention de GenÚve pour le réfugié |
| géo-historique et cartographique | lieux, trajectoires, connexions spatiales | localiser les mobilités et leurs connexions |
| culturelle | représentations des migrations | lithographie, photographie, iconographie ; artistes ayant connu la migration |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre migrant et réfugié : dans le cours, tous les réfugiés sont des migrants, mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés.
- Croire que la Convention de GenĂšve garantit un droit dâasile : elle garantit surtout le principe de non-refoulement, pas un droit automatique dâasile.
- MĂ©langer exil et immigration : lâexil est une migration sous contrainte (vivre hors du pays dâorigine), alors que lâimmigration renvoie Ă un cadre plus administratif.
- Prendre lâapatridie pour une simple absence de passeport : le cours insiste sur la perte du lien juridique et la difficultĂ© dâaccĂšs aux statuts.
- Oublier que le statut de réfugié a évolué : avant 1951, puis aprÚs 1967 (suppression des bornes), et la logique peut rester centrée sur la nationalité.
- Confondre Ă©vacuation et rĂ©fugiĂ©s pendant lâExode de 1940 : lâĂ©vacuation est une dĂ©cision ciblĂ©e, les rĂ©fugiĂ©s partent sous contrainte mais avec un choix.
- Réduire la xénophobie à la crise économique : le cours insiste aussi sur la médiatisation, les différences juridiques et les discours pseudo scientifiques.
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Checklist Examen
- DĂ©finir lâapproche lexicale et expliquer pourquoi lâinflation du lexique migratoire renvoie Ă des catĂ©gories juridiques/administratives.
- DĂ©finir lâapproche quantitative et statistique, citer le rĂŽle des recensements en France (Ă partir de NapolĂ©on) et lâobjectif de lâenquĂȘte Te O.
- DĂ©finir lâapproche juridique et relier la notion de rĂ©fugiĂ© Ă la logique de la Convention de GenĂšve.
- DĂ©crire lâapproche gĂ©o-historique et cartographique (localiser, trajectoires, connexions spatiales) et lâapproche culturelle (reprĂ©senter les migrations).
- Expliquer comment Daniel Roche dĂ©fend la fluiditĂ© des circulations (hommes/capitaux) et donner au moins un ordre de grandeur dâeffectifs militaires citĂ©s.
- Relier la mobilitĂ© Ă la guerre rĂ©volutionnaire/napolĂ©onienne (ex. armĂ©e napolĂ©onienne en Espagne) et rappeler lâidĂ©e de remises en circulation via prisonniers relĂąchĂ©s.
- Décrire les migrations internes au XIXe (capitale, allongement des distances) et relier alphabétisation à la distance et aux documents administratifs.
- Expliquer le rĂŽle des migrations temporaires dans le calendrier de lâexode rural (secteurs concernĂ©s, ralentissement de lâexode) et rappeler le repĂšre 1848 (75% population rurale).
- Définir exilé politique et réfugié politique, puis décrire les pratiques politiques en exil : sociabilité, salons, banquets/toasts, comités philhellÚnes.
- Expliquer le contrĂŽle policier de lâactivitĂ© politique (code pĂ©nal de 1810) et donner un exemple de salon (salon de Lafayette) et de rĂŽle des femmes (Madame Belgiojoso).
- Présenter les facteurs explicatifs : xénophobie populaire, facteur push, révolution des transports, migration transatlantique, nativisme américain.
- DĂ©crire le voyage transatlantique et les conditions dâĂ©migration : Ellis Island (durĂ©e 3â5 h), Immigration Act de 1882, contrĂŽles frontaliers (1891) et quarantaine possible.
- Expliquer lâĂ©volution des origines europĂ©ennes au XIXe (Nord/Ouest puis Sud/Est) et donner au moins un exemple de groupe (Irlandais, Italiens, Polonais).
- DĂ©crire la rĂ©ception aux Ătats-Unis : nativisme (pic annĂ©es 1850, Ă©meute de Philadelphie) et prise en charge progressive par lâĂtat fĂ©dĂ©ral (Californie 1862, Immigration Act 1882).
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