Revision sheet: Histoire des migrations et exils

📋 Plan du Cours

  1. Approches pour Ă©crire l’histoire des migrations
  2. Flux d’exilĂ©s politiques vers la France
  3. Josephins et arrivée en France
  4. Pratiques politiques des exilés en France
  5. Facteurs explicatifs des migrations et exils
  6. Voyage transatlantique et conditions d’émigration
  7. Origines des migrants européens au XIXe siÚcle
  8. RĂ©ception des immigrants europĂ©ens aux États-Unis
  9. Xénophobie et violences en France au XIXe siÚcle
  10. HCR 1951, UNRRA et OIR des réfugiés
  11. XĂ©nophobie et politiques d’immigration en Grande-Bretagne
  12. Expulsions polonaises et antisémitisme populaire

📖 1. Approches pour Ă©crire l’histoire des migrations

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Approche lexicale : Approche consistant Ă  analyser les mots utilisĂ©s pour dĂ©signer les personnes concernĂ©es par les migrations et les exils.
  • Approche quantitative et statistique : Approche qui mesure les migrations Ă  partir de donnĂ©es chiffrĂ©es sur immigrĂ©s, demandeurs d’asile et rĂ©fugiĂ©s.
  • Approche juridique : Approche qui dĂ©finit les statuts des personnes Ă  partir de catĂ©gories produites par des institutions et conventions internationales.
  • Approche gĂ©o-historique et cartographique : Approche qui Ă©tudie les migrations en localisant les lieux, les trajectoires et les connexions spatiales.
  • Approche culturelle : Approche qui examine la reprĂ©sentation des migrations dans les images, les Ɠuvres et les productions artistiques.

📝 Points essentiels

  • L’histoire des migrations mobilise plusieurs disciplines et commence par clarifier les catĂ©gories de mots employĂ©es par les contemporains.
  • Le lexique migratoire s’est fortement dĂ©veloppĂ© et renvoie souvent Ă  des catĂ©gories juridiques et administratives.
  • Les recensements en France (Ă  partir de NapolĂ©on) servent Ă  dĂ©nombrer les Ă©trangers, puis les instruments se perfectionnent.
  • L’enquĂȘte Te O (Trajectoire et Origine) vise Ă  intĂ©grer Ă  la mesure de l’immigration les rĂ©ponses des petits enfants d’immigrĂ©s.
  • L’approche statistique permet de suivre comment les EuropĂ©ens nomment et quantifient immigrĂ©s, asile et rĂ©fugiĂ©s.
  • L’approche juridique s’appuie sur des statuts confĂ©rĂ©s ou encadrĂ©s par des institutions internationales, notamment la logique de la Convention de GenĂšve pour le rĂ©fugiĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Mots → Chiffres → Statuts → Cartes → Images (M-C-S-C-I).

📖 2. Flux d’exilĂ©s politiques vers la France

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Daniel Roche : Historien qui dĂ©fend l’idĂ©e de circulations europĂ©ennes et corrige une vision trop sĂ©dentaire des sociĂ©tĂ©s modernes.
  • Circulations dans l’Europe moderne : Ouvrage qui recense et explique les mobilitĂ©s europĂ©ennes pour des raisons variĂ©es, dont les mobilitĂ©s liĂ©es Ă  la guerre.
  • MarĂ©chaussĂ©e : Institution militaire de police dont les soldats, aprĂšs le service, ne retournent pas tous Ă  leur village d’origine.
  • Huguenots : Protestants français dont l’exil aprĂšs l’Edit de Nantes provoque une diaspora en lien constant malgrĂ© la dispersion.
  • Émigration contre-rĂ©volutionnaire : Mouvement d’exil politique des opposants Ă  la RĂ©volution, surtout issu de la noblesse, avec des dĂ©parts massifs.

📝 Points essentiels

  • Daniel Roche insiste sur la fluiditĂ© des mouvements des hommes et des capitaux et sur une mobilitĂ© structurelle plutĂŽt qu’une sociĂ©tĂ© immobile.
  • Les armĂ©es europĂ©ennes grossissent fortement au XVIIIe siĂšcle, avec des effectifs citĂ©s : 50 000 en Espagne, 100 000 en Angleterre, 150 000 en Prusse, 200 000 en Autriche, jusqu’à 300 000 en Russie.
  • AprĂšs le service, la mobilitĂ© devient une habitude : parmi les soldats de la MarĂ©chaussĂ©e, 1/3 ne rentre pas dans son village d’origine.
  • Les guerres rĂ©volutionnaires et napolĂ©oniennes amplifient les mobilitĂ©s, avec des exemples comme l’armĂ©e napolĂ©onienne en Espagne passant de 100 000 Ă  350 000.
  • En 1812, lors de l’assaut de la Russie, seulement 1/3 de l’armĂ©e est constituĂ© de soldats français, le reste provenant notamment d’Italiens, de Polonais et de Suisses.
  • Les prisonniers de guerre relĂąchĂ©s contribuent Ă  des remises en circulation d’hommes, prolongeant des mobilitĂ©s aprĂšs le conflit.

💡 Astuce mĂ©mo

Guerre → armĂ©es Ă©normes → service → habitudes de bouger → exils et retours en chaĂźne.

📖 3. Josephins et arrivĂ©e en France

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Exode rural : Mouvement de dĂ©part des populations rurales vers les villes, qui s’intensifie au XIXe siĂšcle et modifie les Ă©quilibres dĂ©mographiques.
  • Migrations temporaires : DĂ©placements de travail Ă  durĂ©e limitĂ©e, souvent sectoriels, qui permettent de saisir des opportunitĂ©s sans forcĂ©ment s’installer durablement.
  • AlphabĂ©tisation : CapacitĂ© Ă  lire et Ă©crire, Ă©valuĂ©e dans certains contextes administratifs et liĂ©e Ă  la distance parcourue par les migrants.
  • Noria italienne : SchĂ©ma migratoire oĂč des hommes partent, reviennent rĂ©guliĂšrement, puis font venir progressivement leur famille aprĂšs une phase de travail.
  • Padrone : IntermĂ©diaire dans certains recrutements italiens, organisant l’embauche et pouvant exploiter les familles via des pratiques illĂ©gales.

📝 Points essentiels

  • Les migrations internes vers la capitale s’accompagnent d’un allongement des distances parcourues par les populations les plus mobiles.
  • AprĂšs 1840, les carriĂšres ascendantes deviennent plus rares, notamment Ă  cause d’une fiĂšvre immobiliĂšre et du recours accru Ă  une main d’Ɠuvre Ă©trangĂšre.
  • Les migrants temporaires français se concentrent dans certains secteurs (chantiers, agriculture, Ă©conomie de service, colportage), ce qui contribue Ă  un exode rural plus tardif.
  • En 1848, la population rurale reprĂ©sente 75% de la population totale, et l’exode rural est ensuite ralenti par les migrations.
  • Les villages de moins de 2000 habitants sont particuliĂšrement concernĂ©s par des micro-dĂ©placements vers des distances de plus en plus longues.
  • La capacitĂ© Ă  signer des documents administratifs (acte de mariage, conscription) relie alphabĂ©tisation et distance parcourue par les migrants.

💡 Astuce mĂ©mo

Distance → documents → alphabĂ©tisation : plus on s’éloigne, plus on doit savoir lire/Ă©crire pour gĂ©rer l’administratif.

📖 4. Pratiques politiques des exilĂ©s en France

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ExilĂ© politique : Personne contrainte de quitter sa patrie, souvent Ă  cause de l’action ou de l’opposition politique.
  • RĂ©fugiĂ© politique : Personne obligĂ©e de fuir son pays en raison de ses opinions politiques et trouvant en France un lieu de refuge.
  • SociabilitĂ© politique : Forme d’engagement fondĂ©e sur la vie collective, oĂč se construisent et circulent des idĂ©es politiques.
  • Salons politiques : Espaces mondains oĂč des exilĂ©s, surtout issus de milieux d’élite, tissent des rĂ©seaux et discutent d’idĂ©es.
  • ComitĂ©s philhellĂšnes : Mouvements de soutien Ă  la cause grecque qui inspirent des pratiques transnationales de collecte et d’engagement.

📝 Points essentiels

  • La politisation des exilĂ©s en France passe par plusieurs formes d’engagement, notamment la sociabilitĂ© et les rĂ©seaux transnationaux.
  • Le contrĂŽle policier sur l’activitĂ© politique existe depuis le code pĂ©nal de 1810, ce qui rend les pratiques politiques plus surveillĂ©es.
  • Sous la monarchie de Juillet, les salons (ex. salon de Lafayette) servent de lieux d’accueil et de mise en relation pour des patriotes Ă©trangers.
  • Les salons permettent aussi aux femmes d’exercer un rĂŽle de leadership, comme le montre l’exemple de Madame Belgiojoso.
  • Les banquets et toasts sont utilisĂ©s pour porter publiquement des causes, tout en restant sous surveillance policiĂšre.
  • Les comitĂ©s philhellĂšnes popularisent la collecte de fonds et la mobilisation, et inspirent ensuite des comitĂ©s pour d’autres causes (ex. Pologne).

💡 Astuce mĂ©mo

Sociabilité + salons + comités = politique en exil, sous surveillance.

📖 5. Facteurs explicatifs des migrations et exils

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • XĂ©nophobie populaire : La xĂ©nophobie populaire est un rejet collectif de l’étranger qui s’intensifie en pĂ©riode de crise et vise aussi des travailleurs et des rĂ©fugiĂ©s.
  • Facteur push : Le facteur push dĂ©signe les mĂ©canismes de rĂ©pulsion qui poussent Ă  partir quand on subit discrimination, rejet ou oppression.
  • RĂ©volution des transports : La rĂ©volution des transports correspond aux innovations (notamment la vapeur) qui rendent la traversĂ©e plus rapide et favorisent les dĂ©parts.
  • Migration transatlantique : La migration transatlantique est le dĂ©placement de populations entre l’Europe et les AmĂ©riques, avec des rythmes et des volumes qui varient selon les pĂ©riodes.
  • Nativisme amĂ©ricain : Le nativisme amĂ©ricain est une rĂ©action politique et sociale des « natifs » contre l’immigration, en revendiquant une identitĂ© amĂ©ricaine exclusive.

📝 Points essentiels

  • En 1848-1849, les heurts deviennent plus frĂ©quents et la tension augmente, avec des manifestations xĂ©nophobes contre des travailleurs Ă©trangers.
  • Les slogans « Ă  bas les Ă©trangers » visent surtout des Ă©trangers en gĂ©nĂ©ral, pas uniquement les exilĂ©s politiques.
  • Des rĂ©criminations portent sur les secours : un Français pauvre ne toucherait rien, et des logiques similaires apparaissent en Suisse (ex. consignation des rĂ©fugiĂ©s Ă  Berne en septembre 1849).
  • Le profil du rĂ©fugiĂ© change : la stigmatisation s’affirme davantage Ă  partir de 1870, avec des liens possibles avec la Commune de Paris.
  • Des politiques d’incitation visent Ă  garder les « bons » et Ă  faire partir les « encombrants », tandis qu’en Angleterre l’expulsion est relativisĂ©e par l’envoi vers New York.
  • En France, l’ordre public est appliquĂ© de façon souple : Ă  partir de dĂ©cembre 1849, une loi permet au prĂ©fet des dĂ©partements frontaliers d’expulser sans passer par Paris, avec circulaires d’interprĂ©tation des modalitĂ©s.

💡 Astuce mĂ©mo

Push = pression dehors (discrimination/rejet) ; exil = pression dedans (crise/tension) : quand ça repousse, on part.

📖 6. Voyage transatlantique et conditions d’émigration

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Ellis Island : Ellis Island : centre de transit amĂ©ricain oĂč passent de nombreux immigrants europĂ©ens avant l’entrĂ©e sur le territoire.
  • Immigration Act de 1882 : Immigration Act de 1882 : loi fĂ©dĂ©rale visant Ă  empĂȘcher l’installation de certains immigrants aux États-Unis.
  • Nansen (certificat) : Certificat Nansen : document d’identitĂ© dĂ©livrĂ© aux rĂ©fugiĂ©s pour leur permettre de voyager sans garantir un droit de retour.
  • Apatride : Apatride : personne privĂ©e de son lien juridique et de son passeport, ce qui rend la circulation et l’accĂšs aux statuts beaucoup plus difficiles.
  • Naturalisation amĂ©ricaine : Naturalisation amĂ©ricaine : procĂ©dure permettant d’obtenir la citoyennetĂ©, avec des conditions liĂ©es Ă  la naissance et Ă  l’éligibilitĂ© des personnes blanches libres.

📝 Points essentiels

  • La rĂ©ception des immigrants europĂ©ens s’accompagne d’une forte xĂ©nophobie dĂšs 1840, avec des rĂ©actions vives contre certaines vagues migratoires.
  • Le nativisme (parti nativiste) vise Ă  maintenir les Ă©trangers dehors, notamment les Irlandais catholiques, et connaĂźt un pic dans les annĂ©es 1850 avec l’émeute de Philadelphie.
  • La prise en charge de l’immigration devient progressivement une compĂ©tence fĂ©dĂ©rale, avec des lois restrictives comme la Californie (1862) contre les travailleurs chinois.
  • En 1882, l’Immigration Act sert Ă  empĂȘcher des immigrants de s’installer, et en 1891 des contrĂŽles frontaliers sont mis en place.
  • Le contrĂŽle des entrĂ©es se fait dans les ports, avec Ellis Island comme centre de transit oĂč certains peuvent rester 3 Ă  5 heures (1907 : plus d’1 million en une annĂ©e).
  • La naturalisation est encadrĂ©e par des rĂšgles d’éligibilitĂ© : la Constitution de 1787 efface la diffĂ©rence naissance/naturalisation, mais la naturalisation reste accessible aux personnes blanches libres seulement, pas “t

💡 Astuce mĂ©mo

Ellis Island = “entrĂ©e rapide” : 3–5 h, et si suspicion de maladie, quarantaine possible.

📖 7. Origines des migrants europĂ©ens au XIXe siĂšcle

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Certificat Nansen : Document international liĂ© Ă  la protection des rĂ©fugiĂ©s, utilisĂ© pour organiser l’aide et la reconnaissance des personnes dĂ©placĂ©es.
  • Haut-commissariat Nansen : Institution chargĂ©e de la protection des rĂ©fugiĂ©s, dissoute aprĂšs la mort de Nansen en 1930.
  • Office Nansen : Structure de remplacement du haut-commissariat aprĂšs 1930, avec une prise en charge plus directe par la SDN.
  • SDN : Organisation internationale qui encadre la reconnaissance et la gestion des statuts de rĂ©fugiĂ©s Ă  l’entre-deux-guerres.
  • Statut de rĂ©fugiĂ© international : Reconnaissance internationale du statut de rĂ©fugiĂ©, mais fondĂ©e sur l’appartenance nationale plutĂŽt que sur la personne.

📝 Points essentiels

  • Le certif Nansen ne s’applique pas Ă  certains rĂ©fugiĂ©s politiques, notamment les Italiens antifascistes aprĂšs l’arrivĂ©e de Mussolini.
  • La SDN cherche Ă  reconnaĂźtre des statuts de rĂ©fugiĂ©s et propose un systĂšme qui pĂ©renniserait l’arrangement de 1928.
  • Les mesures d’expulsion ne peuvent pas ĂȘtre mises en Ɠuvre si les personnes n’ont pas de visa pour un autre pays.
  • Seuls 11 États membres ratifient cet arrangement, et la France le ratifie.
  • AprĂšs la mort de Nansen en 1930, le haut-commissariat est dissous et remplacĂ© par l’office Nansen, tandis que la SDN prend en charge l’aide juridique, ce qui ralentit certaines actions.
  • La protection internationale des rĂ©fugiĂ©s reste un embryon, mais elle internationalise le statut avec des limites liĂ©es Ă  la nationalitĂ© plutĂŽt qu’à l’individu.

💡 Astuce mĂ©mo

Nansen = papier de protection; 1930 = mort → office; SDN = cadre qui ralentit.

📖 8. RĂ©ception des immigrants europĂ©ens aux États-Unis

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Displaced Persons : Les Displaced Persons dĂ©signent les personnes dĂ©placĂ©es aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, prises en charge par les États-Unis plutĂŽt que par un retour immĂ©diat.
  • Politique de germanisation forcĂ©e : La politique de germanisation forcĂ©e est une politique menĂ©e dans les territoires conquis visant Ă  imposer l’identitĂ© allemande aux populations dĂ©placĂ©es.
  • ConfĂ©rence de Yalta : La confĂ©rence de Yalta est un sommet de 1945 qui fixe des accords, notamment sur le rapatriement des prisonniers et le principe du retour.
  • UNRRA : L’UNRRA est une organisation créée pour organiser l’aide et la rĂ©habilitation des populations dĂ©placĂ©es aprĂšs la guerre, avec un commandement militaire dirigĂ© par les États-Unis.
  • OIR : L’OIR est l’organisation internationale des rĂ©fugiĂ©s chargĂ©e de placer les personnes dĂ©placĂ©es dans des refuges et points d’accueil plutĂŽt que de les rapatrier.

📝 Points essentiels

  • En 1945, la germanisation forcĂ©e dans les territoires conquis entraĂźne plus de 4 millions de personnes dĂ©placĂ©es et des expulsions rapides, avec des violences notamment en rĂ©gion des SudĂštes.
  • En 1945, environ 800 000 Allemands sont expulsĂ©s, et le printemps 45 est marquĂ© par des dĂ©placements massifs et des infrastructures largement inopĂ©rantes.
  • AprĂšs Yalta (avril 45), un principe domine : chacun doit rentrer chez soi et les politiques de germanisation doivent ĂȘtre terminĂ©es.
  • Aux États-Unis, les personnes dĂ©placĂ©es sont appelĂ©es Displaced Persons (DP), et certains refusent le retour par peur d’ĂȘtre accusĂ©s de trahison ou d’ĂȘtre emprisonnĂ©s/jugĂ©s.
  • En Ă©tĂ© 45, le rapatriement est massif mais une partie refuse encore de rentrer, ce qui transforme la question en enjeu international et alimente les tensions alliĂ©es vers 1946.
  • L’UNRRA (1943-1947) organise le rapatriement sans enfermer, avec des camps de dĂ©placĂ©s et une prise en charge humanitaire (formations, scolarisation, sport).

💡 Astuce mĂ©mo

DP = « retour refusé » : aprÚs 45, certains ne veulent pas rentrer et deviennent un problÚme international.

📖 9. XĂ©nophobie et violences en France au XIXe siĂšcle

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • XĂ©nophobie : La xĂ©nophobie dĂ©signe la peur ou le rejet d’étrangers, pouvant nourrir des discriminations et des violences.
  • AntisĂ©mitisme populaire : L’antisĂ©mitisme populaire est une hostilitĂ© envers les Juifs portĂ©e par des milieux populaires, mĂȘlant explications religieuses et politiques.
  • AntijudaĂŻsme : L’antijudaĂŻsme est une forme d’hostilitĂ© d’inspiration catholique centrĂ©e sur la dimension religieuse des Juifs.
  • AntisĂ©mitisme politique : L’antisĂ©mitisme politique attribue aux Juifs un rĂŽle d’instigateurs dans la rĂ©volution et une influence sur le capitalisme.

📝 Points essentiels

  • Le cours distingue l’antijudaĂŻsme (religieux, d’inspiration catholique) de l’antisĂ©mitisme populaire, qui ajoute une lecture politique des Juifs.
  • L’antisĂ©mitisme populaire prĂ©sente les Juifs comme manƓuvrant la rĂ©volution et comme liĂ©s au fonctionnement du capitalisme.
  • Gustave Le Bon thĂ©orise une inĂ©galitĂ© intellectuelle entre les « races », idĂ©e mobilisĂ©e dans des discours antisĂ©mites.
  • Édouard Drumont dĂ©fend l’antisĂ©mitisme populaire et s’appuie sur des rĂ©cits de migrations juives et de persĂ©cutions.
  • La grande migration juive de l’Est vers l’Ouest alimente les discours hostiles, avec des exemples de flux vers des villes comme Brody.
  • Le massacre de Kichinev (1903) est citĂ© comme Ă©vĂ©nement marquant dans la montĂ©e des violences et de la haine antijuive.

💡 Astuce mĂ©mo

Antijudaïsme = religion ; Antisémitisme populaire = religion + politique (révolution + capitalisme).

📖 10. HCR 1951, UNRRA et OIR des rĂ©fugiĂ©s

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • HCR 1951 : Organisation internationale créée en 1951 pour protĂ©ger les rĂ©fugiĂ©s et coordonner des solutions durables.
  • UNRRA : Organisation des Nations Unies chargĂ©e d’aider les populations dĂ©placĂ©es et sinistrĂ©es aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.
  • OIR des rĂ©fugiĂ©s : Institution internationale d’aprĂšs-guerre dĂ©diĂ©e Ă  l’organisation de l’accueil et du dĂ©placement des rĂ©fugiĂ©s.
  • Exode de 1940 : DĂ©placement massif de civils en France lors de la dĂ©bĂącle de mai-juin 1940, souvent sans destination fixĂ©e.

📝 Points essentiels

  • La Seconde Guerre mondiale produit des dĂ©placements de masse, dĂ©jĂ  en crise avant 1939, et l’éclatement du conflit amplifie les flux.
  • Quatre catĂ©gories de personnes contraintes au dĂ©placement sont distinguĂ©es : exilĂ©s persĂ©cutĂ©s, travailleurs de force, dĂ©portĂ©s vers camps d’extermination, et personnes dĂ©placĂ©es immĂ©diatement aprĂšs-guerre.
  • En Pologne, l’invasion de septembre 1939 s’accompagne d’environ 300 000 fuyards, dont environ 200 000 juifs, avec des dĂ©parts vers Roumanie, Hongrie, Balkans, France et Grande-Bretagne.
  • En France, une politique d’évacuation est mise en place avant l’offensive, avec environ 350 000 personnes du nord vers le sud ou l’ouest, puis des ordres d’évacuation gĂ©nĂ©ralisĂ©s Ă  partir de mai 1940.
  • L’Exode (mai-juin 1940) concerne entre 6 et 8 millions de personnes quittant le nord, l’est et la rĂ©gion parisienne, reprĂ©sentant environ 1/5 de la population française de l’époque.
  • Parmi l’Exode, environ 90 000 enfants sont perdus, et des sources comme des dessins d’enfants permettent d’accĂ©der Ă  leur expĂ©rience.

💡 Astuce mĂ©mo

HCR-UNRRA-OIR = « aprĂšs-guerre, on organise et on protĂšge » : HCR pour la protection, UNRRA pour l’aide, OIR pour l’organisation des rĂ©fugiĂ©s.

📖 11. XĂ©nophobie et politiques d’immigration en Grande-Bretagne

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Commonwealth : Le Commonwealth dĂ©signe un ensemble de pays liĂ©s par des liens historiques, dont les ressortissants peuvent migrer plus facilement vers le Royaume-Uni.
  • Pieds-noirs : Les pieds-noirs sont les EuropĂ©ens installĂ©s en AlgĂ©rie, dont une partie se retrouve en exil lors de la guerre d’AlgĂ©rie.
  • Harkis : Les harkis sont des groupes liĂ©s Ă  l’armĂ©e ou aux structures coloniales françaises en AlgĂ©rie, concernĂ©s par un exil aprĂšs la guerre.
  • DĂ©colonisation : La dĂ©colonisation correspond Ă  la fin des empires coloniaux, qui entraĂźne des dĂ©placements contraints et des flux migratoires vers l’Europe.

📝 Points essentiels

  • AprĂšs 1945, la question des dĂ©placements de populations reste conflictuelle entre AlliĂ©s, car beaucoup de personnes refusent le rapatriement et deviennent un problĂšme politique.
  • Les DP (displaced persons) sont des personnes dĂ©placĂ©es qui peuvent refuser de rentrer chez elles par crainte d’ĂȘtre accusĂ©es de trahison, emprisonnĂ©es ou exĂ©cutĂ©es.
  • La Convention de GenĂšve encadre la dĂ©finition du rĂ©fugiĂ© avec une logique centrĂ©e sur la persĂ©cution individuelle et une borne temporelle et gĂ©ographique au dĂ©part.
  • En 1967, la Convention de Bellagio (Ă  New York) fait sauter la limite temporelle et gĂ©ographique de la Convention de GenĂšve.
  • La dĂ©colonisation produit des flux d’exil du Sud vers le Nord, en particulier vers l’ancienne mĂ©tropole britannique, avec une migration facilitĂ©e par le statut de citoyens du Commonwealth.
  • La partition de 1947 (Inde/Pakistan) s’accompagne de massacres et de dĂ©placements massifs, estimĂ©s Ă  14,5 millions de personnes dĂ©placĂ©es sous la contrainte, avec un refuge notamment au Pendjab.

💡 Astuce mĂ©mo

Commonwealth = “passeport de lien” vers l’ancienne mĂ©tropole ; DĂ©colonisation = “fin d’empire → exils Sud→Nord”.

📖 12. Expulsions polonaises et antisĂ©mitisme populaire

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Expulsions polonaises : ÉvĂ©nements d’exclusion visant des populations considĂ©rĂ©es indĂ©sirables, entraĂźnant des dĂ©parts forcĂ©s et des ruptures de vie.
  • AntisĂ©mitisme populaire : HostilitĂ© envers les Juifs portĂ©e par des acteurs ordinaires, qui peut s’exprimer par des violences ou des discriminations.
  • RapatriĂ©s (harkis) : CatĂ©gorie administrative française utilisĂ©e pour des personnes musulmanes contraintes de quitter l’AlgĂ©rie, sans ĂȘtre juridiquement assimilĂ©es Ă  des rĂ©fugiĂ©s.
  • Camps de Rivesaltes : Lieu de dĂ©tention utilisĂ© par l’administration française pour des populations considĂ©rĂ©es comme Ă  risque aprĂšs la guerre d’AlgĂ©rie.
  • Laissez-passer : Titre de voyage provisoire permettant de franchir des frontiĂšres, servant de filtre avant l’accĂšs au territoire.

📝 Points essentiels

  • Les expulsions polonaises s’inscrivent dans des logiques d’exclusion qui provoquent des dĂ©placements forcĂ©s et une prĂ©carisation des personnes visĂ©es.
  • L’antisĂ©mitisme populaire peut alimenter des persĂ©cutions en crĂ©ant un climat social favorable aux discriminations et aux violences.
  • AprĂšs 1954-1962 (guerre d’AlgĂ©rie), des populations musulmanes liĂ©es aux harkis vivent un arrachement prĂ©sentĂ© par l’administration comme un rapatriement plutĂŽt qu’un statut de rĂ©fugiĂ©.
  • L’administration hĂ©site Ă  nommer « rapatriĂ©s musulmans » et place ces personnes dans des camps, dont Rivesaltes.
  • À Rivesaltes, des groupes se succĂšdent (d’abord des Espagnols puis des Juifs), et une partie des dĂ©tenus est liĂ©e Ă  des transferts durant la Seconde Guerre mondiale.
  • Le texte relie aussi l’existence de Rivesaltes Ă  des transferts vers les « camps de la mort » pendant la WWII, avec environ 20 000 harkis, soit environ 1/4 des effectifs mentionnĂ©s.

💡 Astuce mĂ©mo

Exclusion = départ forcé ; antisémitisme = climat social ; « rapatrié » = statut administratif qui masque une logique de contrainte (camps).

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
mai-juin 1940Exode (dĂ©placement massif de civils quittant le nord, l’est et la rĂ©gion parisienne)
1830-48Monarchie de Juillet : grandes vagues d’exilĂ©s politiques vers la France
1951Création du HCR et adoption de la Convention de GenÚve (définition du réfugié)
1967Protocole de Bellagio : suppression des limites temporelles et géographiques de la Convention de GenÚve
1930Mort de Nansen : dissolution du haut-commissariat et remplacement par l’office Nansen

📊 Tableaux de synthùse

Approches pour Ă©crire l’histoire des migrations

ApprocheCe qu’elle Ă©tudieExemple de rĂ©sultat
lexicaleles mots pour désigner migrants/exilésinflation du lexique migratoire renvoyant à des catégories juridiques/administratives
quantitative et statistiqueles flux via donnĂ©es chiffrĂ©esrecensements en France (Ă  partir de NapolĂ©on) et enquĂȘte Te O
juridiqueles statuts produits par institutions/conventionslogique de la Convention de GenÚve pour le réfugié
géo-historique et cartographiquelieux, trajectoires, connexions spatialeslocaliser les mobilités et leurs connexions
culturellereprésentations des migrationslithographie, photographie, iconographie ; artistes ayant connu la migration

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre migrant et réfugié : dans le cours, tous les réfugiés sont des migrants, mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés.
  2. Croire que la Convention de Genùve garantit un droit d’asile : elle garantit surtout le principe de non-refoulement, pas un droit automatique d’asile.
  3. MĂ©langer exil et immigration : l’exil est une migration sous contrainte (vivre hors du pays d’origine), alors que l’immigration renvoie Ă  un cadre plus administratif.
  4. Prendre l’apatridie pour une simple absence de passeport : le cours insiste sur la perte du lien juridique et la difficultĂ© d’accĂšs aux statuts.
  5. Oublier que le statut de réfugié a évolué : avant 1951, puis aprÚs 1967 (suppression des bornes), et la logique peut rester centrée sur la nationalité.
  6. Confondre Ă©vacuation et rĂ©fugiĂ©s pendant l’Exode de 1940 : l’évacuation est une dĂ©cision ciblĂ©e, les rĂ©fugiĂ©s partent sous contrainte mais avec un choix.
  7. Réduire la xénophobie à la crise économique : le cours insiste aussi sur la médiatisation, les différences juridiques et les discours pseudo scientifiques.

✅ Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’approche lexicale et expliquer pourquoi l’inflation du lexique migratoire renvoie Ă  des catĂ©gories juridiques/administratives.
  2. DĂ©finir l’approche quantitative et statistique, citer le rĂŽle des recensements en France (Ă  partir de NapolĂ©on) et l’objectif de l’enquĂȘte Te O.
  3. DĂ©finir l’approche juridique et relier la notion de rĂ©fugiĂ© Ă  la logique de la Convention de GenĂšve.
  4. DĂ©crire l’approche gĂ©o-historique et cartographique (localiser, trajectoires, connexions spatiales) et l’approche culturelle (reprĂ©senter les migrations).
  5. Expliquer comment Daniel Roche dĂ©fend la fluiditĂ© des circulations (hommes/capitaux) et donner au moins un ordre de grandeur d’effectifs militaires citĂ©s.
  6. Relier la mobilitĂ© Ă  la guerre rĂ©volutionnaire/napolĂ©onienne (ex. armĂ©e napolĂ©onienne en Espagne) et rappeler l’idĂ©e de remises en circulation via prisonniers relĂąchĂ©s.
  7. Décrire les migrations internes au XIXe (capitale, allongement des distances) et relier alphabétisation à la distance et aux documents administratifs.
  8. Expliquer le rĂŽle des migrations temporaires dans le calendrier de l’exode rural (secteurs concernĂ©s, ralentissement de l’exode) et rappeler le repĂšre 1848 (75% population rurale).
  9. Définir exilé politique et réfugié politique, puis décrire les pratiques politiques en exil : sociabilité, salons, banquets/toasts, comités philhellÚnes.
  10. Expliquer le contrĂŽle policier de l’activitĂ© politique (code pĂ©nal de 1810) et donner un exemple de salon (salon de Lafayette) et de rĂŽle des femmes (Madame Belgiojoso).
  11. Présenter les facteurs explicatifs : xénophobie populaire, facteur push, révolution des transports, migration transatlantique, nativisme américain.
  12. DĂ©crire le voyage transatlantique et les conditions d’émigration : Ellis Island (durĂ©e 3–5 h), Immigration Act de 1882, contrĂŽles frontaliers (1891) et quarantaine possible.
  13. Expliquer l’évolution des origines europĂ©ennes au XIXe (Nord/Ouest puis Sud/Est) et donner au moins un exemple de groupe (Irlandais, Italiens, Polonais).
  14. DĂ©crire la rĂ©ception aux États-Unis : nativisme (pic annĂ©es 1850, Ă©meute de Philadelphie) et prise en charge progressive par l’État fĂ©dĂ©ral (Californie 1862, Immigration Act 1882).

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1. Quelle approche consiste à analyser les mots utilisés pour désigner les personnes concernées par les migrations et les exils ?

2. Quelle approche étudie les migrations en localisant les lieux, les trajectoires et les connexions spatiales ?

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Approche lexicale — dĂ©finition ?

Analyse des mots pour désigner migrants et exilés.

Approche quantitative — rîle ?

Mesure des flux migratoires par données chiffrées.

Approche juridique — dĂ©finition ?

Étude des statuts lĂ©gaux produits par institutions.

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