đ Plan du Cours
- Monarchie absolue de droit divin
- Chute de la monarchie absolue
- Ătat royal au Moyen Ăge
- ApogĂ©e de l Ăglise et rĂ©forme grĂ©gorienne
- Allégorie des deux glaives et pouvoir
- Justification savante de la souveraineté royale
- Explication de la souveraineté par Beaumanoir
- Statut de la couronne et lois fondamentales
- Masculinité et indisponibilité de la succession
- Diffusion de la théorie du droit divin
- Prétentions politiques des parlementaires
- Réformes de Brienne et crise parlementaire
đ 1. Monarchie absolue de droit divin
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit divin : Le droit divin dĂ©signe lâidĂ©e que le pouvoir politique tire sa lĂ©gitimitĂ© dâune source religieuse, et non dâun contrat ou dâune simple dĂ©cision humaine.
- Monarchie absolue : La monarchie absolue est un rĂ©gime oĂč le roi concentre lâessentiel des pouvoirs et ne reconnaĂźt pas de limite politique supĂ©rieure Ă son autoritĂ©.
- Souveraineté de droit : La souveraineté de droit est une autorité reconnue comme juridiquement légitime, par opposition à une simple domination de fait.
- Tutelle impĂ©riale : La tutelle impĂ©riale correspond Ă la prĂ©tention dâun empereur dâexercer une supĂ©rioritĂ© politique sur les rois, mĂȘme quand son contrĂŽle effectif est limitĂ©.
- Tutelle pontificale : La tutelle pontificale est lâidĂ©e dâune supĂ©rioritĂ© de lâautoritĂ© religieuse sur le pouvoir temporel, pouvant peser sur la souverainetĂ© des rois.
đ Points essentiels
- Le cours oppose une logique moderne centrĂ©e sur la volontĂ© humaine Ă une logique classique oĂč la vie en sociĂ©tĂ© et le pouvoir sont vus comme naturels.
- Dans la perspective classique, le juriste cherche des signes dâune harmonie naturelle et encadre ensuite cette rĂ©alitĂ© par des rĂšgles, ce qui explique le poids de la coutume et de lâhistoire.
- Lâaffirmation de lâindĂ©pendance du roi de France se construit dâabord contre les prĂ©tentions impĂ©riales, puis contre la papautĂ©.
- La thĂšse impĂ©riale sâappuie sur une conception verticale du pouvoir, avec lâempereur comme source unique du droit public.
- Les lĂ©gistes royaux formulent lâidĂ©e que le roi est empereur en son royaume, pour dĂ©fendre une souverainetĂ© de jure distincte de la papautĂ© et de lâempereur.
- La papautĂ© renforce lâidĂ©e dâune supĂ©rioritĂ© spirituelle sur le temporel, ce qui nourrit les conflits entre pouvoirs politiques et religieux.
đĄ Astuce mĂ©mo
Divin = lĂ©gitimitĂ© religieuse ; Absolu = pouvoir concentrĂ© ; SouverainetĂ© de droit = lĂ©galitĂ©, pas seulement force ; contre tutelles : dâabord empereur, puis pape.
đ 2. Chute de la monarchie absolue
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Potestas : Notion de pouvoir politique, oĂč la lĂ©gitimitĂ© vient dâune origine supĂ©rieure Ă lâhomme.
- Distinction spirituel et temporel : Principe chrétien séparant le religieux et le politique, tout en imposant une collaboration.
- Raison du pĂ©chĂ© : Doctrine liant la sanction religieuse Ă la faute morale commise dans lâaction politique.
- Simonie : Pratique de trafic de dignitĂ©s ecclĂ©siastiques, qui compromet lâindĂ©pendance de lâĂglise.
- Ration peccati : Idée selon laquelle le pouvoir spirituel peut intervenir dans le politique quand un péché est en jeu.
đ Points essentiels
- Le christianisme fonde la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir sur son origine divine, ce qui limite aussi lâautoritĂ© politique en la rendant dĂ©pendante de Dieu.
- La formule « rendez Ă CĂ©sar⊠» exprime une distinction sans sĂ©paration totale : les deux pouvoirs doivent collaborer, mais pas sur un pied dâĂ©galitĂ©.
- La supĂ©rioritĂ© du spirituel sur le temporel sâexplique par la hiĂ©rarchie des fins (vie Ă©ternelle > prĂ©occupations terrestres) et par lâidĂ©e que le chef politique reste un homme soumis Ă la morale ecclĂ©siale.
- Le massacre de Thessalonique (390) sert de cas : Ambroise refuse lâaccĂšs Ă lâĂglise Ă ThĂ©odose tant quâil nâa pas fait pĂ©nitence, ce qui illustre lâexcommunication comme sanction.
- Ambroise distingue la sanction politique de la forme pécheresse : il condamne le massacre aveugle, pas la répression en tant que telle.
- La rĂ©forme grĂ©gorienne rĂ©pond Ă la crise de lâĂglise depuis lâan 1000, liĂ©e Ă la fĂ©odalisation qui affaiblit unitĂ© et indĂ©pendance, notamment via la simonie et le nicolaĂŻsme.
đĄ Astuce mĂ©mo
Origine divine = légitime mais limite ; spirituel > temporel ; sanction = forme pécheresse (raison du péché).
đ 3. Ătat royal au Moyen Ăge
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- PrivilÚge du for : Le privilÚge du for est une rÚgle ecclésiastique qui soustrait les clercs aux juridictions royales en les rattachant au pouvoir spirituel.
- SouverainetĂ© pontificale : La souverainetĂ© pontificale dĂ©signe lâidĂ©e que le pape, en tant quâautoritĂ© suprĂȘme instituĂ©e par Dieu, ne peut ĂȘtre jugĂ© par personne.
- ManichĂ©ens : Les ManichĂ©ens sont des hĂ©rĂ©tiques citĂ©s comme exemple dâopposition Ă lâunitĂ© chrĂ©tienne et Ă la volontĂ© divine.
- Antequam essent clerici : Antequam essent clerici est un manifeste invoquĂ© pour soutenir lâantĂ©rioritĂ© du pouvoir politique sur le sacerdoce.
- Res publica : La res publica est un terme médiéval emprunté aux Romains pour désigner la puissance politique et la chose publique abstraite.
đ Points essentiels
- Boniface VIII relie le pouvoir politique Ă Dieu via lâĂglise, ce qui fonde la supĂ©rioritĂ© du spirituel sur le temporel.
- Boniface VIII affirme que le pouvoir spirituel peut juger le pouvoir temporel et que lâĂglise peut juger toute la hiĂ©rarchie ecclĂ©siastique, justifiant le privilĂšge du for.
- Avec le privilĂšge du for, un clerc ne peut pas ĂȘtre jugĂ© par un infĂ©rieur comme le roi, et seul le pape peut juger un Ă©vĂȘque.
- Boniface VIII prĂ©sente le pape comme pouvant dĂ©vier, mais soutient quâil ne peut ĂȘtre jugĂ© que par celui qui lâa instituĂ©, donc Dieu.
- Les conseillers de Philippe le Bel justifient la séparation des pouvoirs par des citations du Nouveau Testament, notamment « Rendez à César⊠» en contexte fiscal.
- Philippe le Bel et ses lĂ©gistes dĂ©fendent lâantĂ©rioritĂ© du politique sur le sacerdoce via Antequam essent clerici, mĂȘme si lâargument historique est jugĂ© faux dans le cours pour des raisons chronologiques de lâĂglise.
đĄ Astuce mĂ©mo
For = For ecclésiastique : le roi ne juge pas les clercs ; seul le pape (et Dieu pour le pape).
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Coutumes de Beauvaisis : Recueil coutumier médiéval attribué à PDB, qui formule notamment une idée de hiérarchie entre barons et roi.
- SouverainetĂ© hiĂ©rarchisĂ©e : IdĂ©e mĂ©diĂ©vale selon laquelle plusieurs souverainetĂ©s peuvent coexister en niveaux, le roi dominant lâensemble du royaume.
- Potestas : Notion de pouvoir de droit en droit romain, opposée aux pouvoirs de fait dans la qualification juridique des autorités.
- Per venerabilem : DĂ©crĂ©tale dâInnocent III (1202) utilisĂ©e pour soutenir que le roi ne reconnaĂźt pas de supĂ©rieur temporel.
- Crime de lĂšse-majestĂ© : Infraction romaine servant Ă interdire lâinsurrection contre le roi, en protĂ©geant la potestas royale assimilĂ©e Ă lâimpĂ©riale.
đ Points essentiels
- PDB affirme que chaque baron est souverain dans sa baronnie, tout en ajoutant que le roi est souverain au-dessus de tous.
- La formule de PDB distingue le général (le royaume) du particulier (les seigneuries) et présente le roi comme responsable du tout.
- La conception mĂ©diĂ©vale dâune hiĂ©rarchie des souverainetĂ©s est ensuite abandonnĂ©e Ă lâĂ©poque moderne.
- Jean de Blanot pose trois questions sur la vassalitĂ© et lâaide due au seigneur, puis en dĂ©duit le rapport entre pouvoir royal et ordre fĂ©odal.
- Blanot reprend la distinction potestas (pouvoir de droit) / pouvoir de fait, puis nuance en assimilant le pouvoir du roi de France à la potestas impériale.
- Pour justifier lâassimilation, Blanot sâappuie sur lâidĂ©e dâun royaume cohĂ©rent et indĂ©pendant, notamment via la dĂ©crĂ©tale Per venerabilem (1202).
đĄ Astuce mĂ©mo
Baronsâparties, Roiâtout : PDB = « baron dans sa baronnie, roi au-dessus de tous ».
đ 5. AllĂ©gorie des deux glaives et pouvoir
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- AllĂ©gorie des lys : InterprĂ©tation symbolique des lys qui sert Ă justifier lâexclusion des femmes du gouvernement du royaume.
- Royaume en quenouille : Formule adage qui exprime lâidĂ©e que le royaume de France ne doit pas ĂȘtre transmis Ă une femme.
- PlĂ©nitude de puissance : Notion juridique qui renvoie Ă lâidĂ©e que le dĂ©tenteur du pouvoir peut modifier le droit antĂ©rieur dans certaines conditions.
- Certain savoir : Exigence de capacitĂ© et de conscience de dĂ©roger au droit existant lors de lâĂ©tablissement dâune nouvelle norme.
đ Points essentiels
- Au dĂ©but du XIVe siĂšcle, Philippe le Bel rĂ©affirme lâinterdiction des guerres privĂ©es en invoquant le conseil, la plĂ©nitude de puissance et la certaine science.
- La plénitude de puissance reprend un vocabulaire pontifical pour expliquer que le pape peut modifier la législation antérieure.
- La certaine science exige que celui qui Ă©dicte sache quâil dĂ©roge au droit existant, et que la dĂ©rogation soit faite en connaissance de cause.
- Au XIVe siĂšcle, le critĂšre de modification de la coutume se dĂ©place : on passe dâune logique centrĂ©e sur le caractĂšre dĂ©raisonnable Ă une logique centrĂ©e sur le fait de modifier.
- Les lĂ©gistes de la fin du Moyen Ăge ne dĂ©crivent pas le roi comme un lĂ©gislateur au sens moderne : lâaction normative reste liĂ©e au raisonnable et au commun profit.
- MĂȘme avec la plĂ©nitude de puissance, la loi doit ĂȘtre comprise comme le fruit dâun consensus (gouverner par conseil), pas comme une norme purement unilatĂ©rale.
đĄ Astuce mĂ©mo
Lys â quenouille : symbole religieux pour exclure les femmes ; Conseil + plĂ©nitude + science : capacitĂ© + conscience de dĂ©roger.
đ 6. Justification savante de la souverainetĂ© royale
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Loi salique : La loi salique est une rĂšgle des Francs Saliens relative Ă la transmission des terres familiales, excluant lâhĂ©ritage fĂ©minin pour la terre.
- Terra saliqua : Terra saliqua dĂ©signe la terre salique, câest-Ă -dire le bien ancestral transmis selon des rĂšgles propres, notamment lâexclusion des femmes.
- Regnum : Regnum est lâexpression qui remplace terra saliqua pour prĂ©senter le royaume comme un objet soumis Ă la mĂȘme logique que la terre salique.
- IndisponibilitĂ© de la couronne : LâindisponibilitĂ© de la couronne est lâidĂ©e que le roi ne peut pas disposer de la couronne comme dâun bien privĂ©, car la succession obĂ©it Ă des rĂšgles propres.
- Succession quasi hĂ©rĂ©ditaire : La succession quasi hĂ©rĂ©ditaire est une succession qui ressemble Ă une succession hĂ©rĂ©ditaire sans lâĂȘtre rĂ©ellement, car la volontĂ© du roi nâen est pas la source.
đ Points essentiels
- Jean de Vignay qualifie une coutume de « constitution » en la rattachant à la loi salique, assimilant le royaume à une terre transmissible selon des rÚgles masculines.
- La loi salique ne contient pas de disposition sur la succession royale : lâargument vise le titre des alleux et la rĂšgle sur la terre salique excluant lâhĂ©ritage fĂ©minin.
- Robert Lescot (annĂ©es 1350) renforce lâargument en remplaçant lâexpression terra saliqua par regnum, ce qui donne une portĂ©e plus directe au raisonnement.
- Au XVe siĂšcle, Jean de Montreuil reprend lâidĂ©e en la reliant Ă Pharamond, prĂ©sentĂ© comme recevant la loi salique de Dieu Ă lâimage de MoĂŻse.
- La rĂ©fĂ©rence Ă la loi salique reste marginale au XIVe siĂšcle, mais lâidĂ©e fausse connaĂźt ensuite un succĂšs durable : la rĂšgle de masculinitĂ© est couramment appelĂ©e « loi salique » tout en Ă©tant comprise comme coutumiĂšre.
- Le traitĂ© de Troyes (1420) pose la question de savoir si un roi peut disposer du royaume comme dâun bien, ou si la couronne est indisponible par nature et par rĂšgles propres, ce qui exclut lâhĂ©ritier lĂ©gitime (le dauphin
đĄ Astuce mĂ©mo
Terre â Sexe viril : lâargument « loi salique » passe par la terre (terra) puis devient royaume (regnum) ; pour la couronne, câest « pas un bien » donc indisponible.
đ 7. Explication de la souverainetĂ© par Beaumanoir
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Mandat impĂ©ratif du dĂ©putĂ© : Notion politique selon laquelle le dĂ©putĂ© Ă©lu est liĂ© par les pouvoirs reçus de ses Ă©lecteurs et peut ĂȘtre rĂ©voquĂ©.
- Cahiers de doléance : Documents de baillage qui consignent les attentes des électeurs et servent de base au mandat du député.
- Conseil requis : Forme ancienne du conseil des Ătats-GĂ©nĂ©raux oĂč le roi fixe Ă lâavance les questions soumises Ă dĂ©libĂ©ration.
- Conseil spontanĂ© : Forme de conseil oĂč les membres des Ătats-GĂ©nĂ©raux adressent au roi des remontrances aprĂšs les sessions.
- CompĂ©tence dâaide : Attribution des Ătats-GĂ©nĂ©raux consistant Ă consentir Ă des demandes dâargent du pouvoir royal via des levĂ©es dâimpĂŽts.
đ Points essentiels
- Le passage de la convocation personnelle Ă lâĂ©lection conduit Ă traiter les dĂ©putĂ©s comme titulaires dâun mandat impĂ©ratif au nom de leurs Ă©lecteurs.
- Dans le mandat impĂ©ratif, le dĂ©putĂ© doit respecter les termes du mandat et peut ĂȘtre rĂ©voquĂ© par ses Ă©lecteurs.
- Si une question non prĂ©vue surgit aux Ătats-GĂ©nĂ©raux, le dĂ©putĂ© doit retourner vers ses Ă©lecteurs pour obtenir des consignes.
- Les Ătats-GĂ©nĂ©raux nâont pas de compĂ©tence fixe de conseil : ils fonctionnent comme un cadre institutionnel dont la pratique varie selon les pĂ©riodes.
- Dans le conseil requis, les dĂ©putĂ©s nâont aucune initiative : ils ne dĂ©libĂšrent que sur les questions expressĂ©ment soumises par le roi.
- Lâavis rendu dans le conseil requis ne lie pas juridiquement le souverain, qui reste libre de suivre ou non les conseils des dĂ©putĂ©s.
đĄ Astuce mĂ©mo
Mandat = lié + révocable ; Conseil requis = questions imposées ; Conseil spontané = doléances au roi ; Aide = argent contre consentement.
đ 8. Statut de la couronne et lois fondamentales
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ătats gĂ©nĂ©raux : Les Ătats gĂ©nĂ©raux sont une assemblĂ©e du royaume dont lâautoritĂ© fiscale et, plus largement, politique a Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©e Ă plusieurs reprises au XVIe siĂšcle.
- PĂ©riodicitĂ© des Ătats gĂ©nĂ©raux : La pĂ©riodicitĂ© des rĂ©unions des Ătats gĂ©nĂ©raux est lâidĂ©e que leur convocation rĂ©guliĂšre conditionne tout partage durable de la souverainetĂ©.
- Commission des dolĂ©ances : La commission des dolĂ©ances est un groupe créé pour discuter avec le roi des suites Ă donner aux dolĂ©ances, puis revendiquĂ© comme base dâun pouvoir normatif.
- Monarchie mixte : La monarchie mixte est un modĂšle visant un partage de lâautoritĂ© suprĂȘme entre le roi et une assemblĂ©e lĂ©gislative.
- Souveraineté : La souveraineté est la puissance de la République, conçue comme commandement absolu, indivisible et perpétuel chez Jean Bodin.
đ Points essentiels
- Ă la fin du XVe et au dĂ©but du XVIe, lâautoritĂ© royale perçoit des impĂŽts sans renouveler ceux votĂ©s par les Ătats gĂ©nĂ©raux et lĂšve aussi de nouveaux impĂŽts sans consultation prĂ©alable.
- Entre 1561, 1576 et 1588, les Ătats gĂ©nĂ©raux rĂ©affirment leur compĂ©tence fiscale en accordant de lâargent Ă la rĂ©gente, en refusant un impĂŽt nouveau, puis en sâopposant au pouvoir royal lors de la rĂ©union de Blois.
- La tradition invoquĂ©e par les Ătats gĂ©nĂ©raux affirme que seuls eux autorisent la levĂ©e dâun impĂŽt, et que cette autorisation doit ĂȘtre limitĂ©e dans le temps.
- Le pouvoir normatif des Ătats gĂ©nĂ©raux est recherchĂ© via une commission dont le projet constitutionnel vise Ă donner force de loi aux textes adoptĂ©s avec lâaccord unanime des trois ordres.
- Le projet prĂ©voit que la loi adoptĂ©e par cette voie soit transmise aux parlements pour ĂȘtre appliquĂ©e sans opposition possible, ce qui suscite des rĂ©sistances du pouvoir royal, des parlements et du tiers-Ă©tat.
- La souveraineté chez Jean Bodin est une puissance absolue au sens de déliée, une puissance de commandement, indivisible, et perpétuelle tant que dure la République.
đĄ Astuce mĂ©mo
ImpĂŽts + temps + assemblĂ©e : sans pĂ©riodicitĂ© des Ătats gĂ©nĂ©raux, pas de partage durable de la souverainetĂ©.
đ 9. MasculinitĂ© et indisponibilitĂ© de la succession
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- IndisponibilitĂ© de la succession : Principe successoral qui empĂȘche de modifier librement la dĂ©volution des biens aprĂšs le dĂ©cĂšs, afin de prĂ©server lâordre familial et patrimonial.
- Masculinité successorale : RÚgle de dévolution qui privilégie la ligne ou les héritiers masculins, ce qui influence la répartition du patrimoine entre les descendants.
- Succession nobiliaire : Transmission des biens et droits dâune famille noble, souvent encadrĂ©e par des rĂšgles coutumiĂšres visant Ă maintenir lâintĂ©gritĂ© du patrimoine.
- Coutume successorale : RĂšgle locale de droit privĂ© qui fixe les modalitĂ©s de la succession et peut imposer des contraintes comme la masculinitĂ© ou lâindisponibilitĂ©.
đ Points essentiels
- La section fournie ne contient pas de contenu explicite sur la masculinitĂ© ni sur lâindisponibilitĂ© de la succession, donc aucun mĂ©canisme, rĂšgle ou exception ne peut ĂȘtre extrait fidĂšlement.
- Le texte traite surtout de souverainetĂ©, de loi et dâordonnances royales, sans articuler ces notions avec le droit successoral.
- Pour Ă©viter dâinventer, je ne peux pas relier ces concepts Ă des rĂšgles, dates, auteurs ou exemples prĂ©sents dans la source fournie.
đ 10. Diffusion de la thĂ©orie du droit divin
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Législateur timide : Le roi est présenté comme intervenant peu dans le droit privé, laissant surtout la coutume régir ce domaine.
- Justice royale : La souverainetĂ© royale est dâabord justifiĂ©e par le devoir de rendre la justice, mĂȘme quand le roi lĂ©gifĂšre.
- Unification du droit : Les ordonnances royales visent Ă harmoniser certaines branches du droit existantes plutĂŽt quâĂ crĂ©er un ordre entiĂšrement nouveau.
- Monarchie mixte : La monarchie est dite « mixte » quand le parlement revendique un pouvoir issu de la Constitution initiale, donc indépendant du roi.
- Lois fixes et stables : Des lois « fixes et stables » sont invoquées comme normes supérieures au pouvoir royal, rapprochant la monarchie du modÚle anglais.
đ Points essentiels
- Le roi nâa jamais eu une rĂ©partition stricte des compĂ©tences : il pouvait intervenir en droit privĂ© (coutumes, fiscalitĂ©, procĂ©dure, bonne justice).
- JusquâĂ la fin de lâAncien RĂ©gime, la coutume reste le « domaine naturel » du droit privĂ©, ce qui fait apparaĂźtre le roi comme un lĂ©gislateur prudent.
- Au XVIIIe siĂšcle, la loi est pensĂ©e comme un instrument de justice : le roi agit par ordonnances pour limiter les effets de lâinstabilitĂ© jurisprudentielle et des coutumes.
- Les ordonnances de Louis XV affichent une finalitĂ© prĂ©ventive et stabilisatrice : elles visent Ă prĂ©venir les procĂšs et Ă rĂ©duire lâincertitude de la jurisprudence.
- La lĂ©gislation royale ne cherche pas une uniformisation totale : elle part du droit existant et procĂšde par enquĂȘtes, sans « table rase » du passĂ©.
- La souverainetĂ© royale reste affirmĂ©e malgrĂ© les limites : le roi sort victorieux jusquâĂ la fin du XVIIIe siĂšcle face aux menaces ponctuelles et aux parlements revendiquant un partage de souverainetĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Justice dâabord : « loi = pacifier les procĂšs » (prĂ©venir, stabiliser, unifier sans effacer le passĂ©).
đ 11. PrĂ©tentions politiques des parlementaires
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Parlements corps intermĂ©diaires : Les parlements sont prĂ©sentĂ©s comme des corps situĂ©s entre lâĂtat et les individus, jouant un rĂŽle politique et institutionnel.
- Surprise des actes royaux : La vĂ©rification des actes du souverain est justifiĂ©e par lâidĂ©e quâils peuvent contenir des « surprises » contraires Ă lâordre attendu.
- Parlements gardiens des lois : Les parlements sont dĂ©crits comme dĂ©positaires des lois, chargĂ©s dâen conserver la substance et dâen rappeler le contenu.
- ThĂ©orie des classes : La thĂ©orie affirme quâil nâexiste quâun seul Parlement, divisĂ© en plusieurs classes pour des raisons pratiques, mais solidaire.
- Contrat social : Le contrat social est mobilisĂ© pour lier roi et Nation, en faisant de la lĂ©gislation lâexpression dâune justice contrĂŽlable.
đ Points essentiels
- Les parlementaires soutiennent que le Parlement apprécie la conformité des actes du souverain à un ordre juridique transcendant.
- Ils partent de deux idées admises par la monarchie : les parlements comme corps intermédiaires et leur mission de déceler des surprises faites au roi.
- Lâinspiration attribuĂ©e Ă Montesquieu prĂ©sente les parlements comme chargĂ©s dâannoncer les lois et de les rappeler quand on les oublie.
- La logique du « dĂ©pĂŽt » conduit Ă lâidĂ©e que les parlements doivent conserver la substance des lois et veiller Ă lâordre juridique.
- Les parlementaires Ă©tendent la vĂ©rification Ă tous les actes du roi, avec ou sans requĂȘte, car une surprise peut exister dans les deux cas.
- Ils thĂ©orisent un rapport nouveau entre roi et Nation en gommant la subordination implicite des « sujets » au profit dâune Ă©galitĂ© contractuelle entre deux entitĂ©s distinctes.
đĄ Astuce mĂ©mo
Corps intermĂ©diaires + surprise â Parlement gardien : il contrĂŽle tout, mĂȘme sans requĂȘte.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Réforme de Maupeou : La réforme de Maupeou désigne la mesure de réorganisation judiciaire voulue par le pouvoir royal, ensuite annulée par Louis XVI au début de son rÚgne.
- Lit de justice : Le lit de justice est une procĂ©dure royale qui impose lâenregistrement dâactes par le parlement, mĂȘme en cas dâopposition.
- AssemblĂ©e de notables : LâassemblĂ©e de notables est une instance convoquĂ©e par le roi, composĂ©e de membres dĂ©signĂ©s, utilisĂ©e pour obtenir lâacceptation de rĂ©formes sans passer par les Ătats gĂ©nĂ©raux.
- Réforme de Brienne : La réforme de Brienne est un programme de réformes administrative et fiscale visant à sortir la monarchie de la crise financiÚre tout en maintenant une organisation par ordres.
- Cour plĂ©niĂšre : La cour plĂ©niĂšre est une instance imaginĂ©e par Lamoignon pour transfĂ©rer le contrĂŽle des ordonnances et limiter lâopposition des parlements.
đ Points essentiels
- Au début du rÚgne de Louis XVI (1774), le roi rétablit les prérogatives traditionnelles en abolissant la réforme de Maupeou, ce que les parlements interprÚtent comme une faiblesse royale.
- Les projets de Turgot (1774-1776) sont bloquĂ©s par les parlements, puis Turgot est renvoyĂ© en mai 1776, ce qui renforce lâidĂ©e dâune faiblesse du pouvoir royal.
- La crise financiĂšre de la fin du XVIIIe siĂšcle est liĂ©e notamment aux dĂ©penses de la guerre dâindĂ©pendance amĂ©ricaine et Ă la politique dâemprunts de Necker.
- Necker refuse dâaugmenter ou de crĂ©er des impĂŽts nouveaux et finance les dĂ©penses par emprunts, ce qui alimente un engrenage dâintĂ©rĂȘts et conduit Ă des conflits avec le parlement de Paris.
- Calonne reprend lâidĂ©e dâune rĂ©forme fiscale et administrative plus large, supprime la corvĂ©e des routes et crĂ©e une subvention territoriale, puis cherche lâaval via une assemblĂ©e de notables.
- LâassemblĂ©e de notables sâoppose aux rĂ©formes jugĂ©es contraires Ă la libertĂ©, et Brienne est appelĂ© aprĂšs le renvoi de Calonne (1787).
đĄ Astuce mĂ©mo
MaupeouâRĂ©tabli, TurgotâRenvoi, BrienneâLit de justice, LamoignonâCour plĂ©niĂšre.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2 fĂ©vrier 962 | couronnement dâOtton Ier (jour de la Chandeleur) |
| 1202 | décrétale Per venerabilem (Innocent III) |
| 390 | massacre de Thessalonique ; Ambroise refuse lâaccĂšs Ă lâĂglise Ă ThĂ©odose tant quâil nâa pas fait pĂ©nitence |
| 24 février 1296 | bulle Clerisis laicos (Boniface VIII) |
| 13 avril 1302 | convocation dâune assemblĂ©e (prĂ©figuration des Ătats gĂ©nĂ©raux) par Philippe le Bel |
| 7 septembre 1303 | Nogaret pĂ©nĂštre dans le chĂąteau dâAnagni |
| 9 septembre 1303 | retour du pape Ă Rome sous escorte aprĂšs la rĂ©bellion dâAnagni |
| 13 octobre 1303 | mort de Boniface VIII |
| 1311 | Clément V lÚve les condamnations contre le roi de France et ses conseillers |
| 1316 | mort de Louis X le Hutin sans fils ; Jeanne de Navarre évincée |
đ Tableaux de synthĂšse
Rapports spirituel/temporal et sanctions
| Notions | Idée centrale | Conséquence |
|---|
| Rendez à César⊠| distinction sans séparation totale | collaboration inégalitaire des pouvoirs |
| Ration peccati | sanction religieuse liĂ©e Ă la faute morale dans lâaction politique | lâĂglise peut sanctionner la forme pĂ©cheresse (ex. Thessalonique) |
| Réforme grégorienne | réaffirmer supériorité du spirituel sur le temporel | lutte contre simonie et nicolaïsme |
Conseil aux Ătats gĂ©nĂ©raux : requis vs spontanĂ©
| Forme | Initiative | Effet sur le souverain |
|---|
| Conseil requis | questions fixĂ©es Ă lâavance par le roi | avis non juridiquement contraignant |
| Conseil spontané | remontrances aprÚs les sessions | doléances adressées au roi (cadre variable) |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre « distinction » et « séparation » : le cours insiste sur « rendez à César⊠» comme collaboration, pas égalité ni séparation totale.
- Croire que la sanction religieuse vise lâacte politique en tant que tel : Ambroise condamne la « forme pĂ©cheresse » (ration peccati), pas toute rĂ©pression.
- Assimiler la souverainetĂ© mĂ©diĂ©vale Ă une lĂ©gislation moderne : au Moyen Ăge, lâaction normative reste liĂ©e au raisonnable et au commun profit, mĂȘme avec la plĂ©nitude de puissance.
- Penser que le privilĂšge du for supprime toute justice royale : il soustrait les clercs aux juridictions royales, mais le roi conserve une justice suprĂȘme et des mĂ©canismes de contrĂŽle.
- Interpréter « absolutisme » comme synonyme de tyrannie : le cours distingue puissance déliée (absolue) et orientation vers le bien propre (tyrannie).
- Croire que les parlements « font la loi » : ils vĂ©rifient/enregistrent et conseillent, mais la loi reste lâexpression de la souverainetĂ© royale (avec enjeux de pouvoir).
- Confondre lois fondamentales et constitution moderne : le cours parle de « constitution coutumiÚre » et insiste sur le caractÚre coutumier et modifiable des rÚgles.
â
Checklist Examen
- DĂ©finir lâinstitution selon le cours (crĂ©ation humaine vs naturel) et expliquer pourquoi la philosophie classique ne retient pas le mĂȘme critĂšre que la dĂ©finition moderne.
- Expliquer comment les rois de France affirment lâindĂ©pendance : rejet de la tutelle impĂ©riale puis rejet de la tutelle pontificale (Innocent III, lĂ©gistes royaux).
- Présenter la conception chrétienne du pouvoir : origine divine, distinction spirituel/temporal, collaboration inégalitaire, et la doctrine de la ratione peccati (Thessalonique).
- Expliquer la rĂ©forme grĂ©gorienne (depuis lâan 1000) : crise de lâunitĂ©/indĂ©pendance, simonie, nicolaĂŻsme, et rĂ©affirmation de la supĂ©rioritĂ© du spirituel.
- Rappeler lâallĂ©gorie des deux glaives (Bernard de Clairvaux) et la logique de dĂ©lĂ©gation du glaive temporel « pour lâĂglise ».
- Exposer la justification savante de la souveraineté royale : PDB (« chaque baron⊠roi au-dessus de tous ») puis Jean de Blanot (potestas, assimilation à la potestas impériale, crime de lÚse-majesté).
- DĂ©crire lâexpression de la souverainetĂ© par la justice : organisation des justices (seigneuriale/ecclĂ©siastique/royale) et moyens de subordination (appel, prĂ©vention, cas royaux, appel comme dâabus).
- Expliquer la naissance du roi législateur : lien justice/loi, conditions de législation chez Beaumanoir (commun profit, raisonnable cause, trÚs grand conseil) puis évolution XIVe-XVe (plénitude de puissance, certaine/« l
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