Revision sheet: Histoire du pouvoir royal en France

Plan du Cours

  1. Monarchie absolue de droit divin
  2. Chute de la monarchie absolue
  3. État royal au Moyen Âge
  4. ApogĂ©e de l Église et rĂ©forme grĂ©gorienne
  5. Allégorie des deux glaives et pouvoir
  6. Justification savante de la souveraineté royale
  7. Explication de la souveraineté par Beaumanoir
  8. Statut de la couronne et lois fondamentales
  9. Masculinité et indisponibilité de la succession
  10. Diffusion de la théorie du droit divin
  11. Prétentions politiques des parlementaires
  12. Réformes de Brienne et crise parlementaire

1. Monarchie absolue de droit divin

Notions clés & Définitions

  • Droit divin : Le droit divin dĂ©signe l’idĂ©e que le pouvoir politique tire sa lĂ©gitimitĂ© d’une source religieuse, et non d’un contrat ou d’une simple dĂ©cision humaine.
  • Monarchie absolue : La monarchie absolue est un rĂ©gime oĂč le roi concentre l’essentiel des pouvoirs et ne reconnaĂźt pas de limite politique supĂ©rieure Ă  son autoritĂ©.
  • SouverainetĂ© de droit : La souverainetĂ© de droit est une autoritĂ© reconnue comme juridiquement lĂ©gitime, par opposition Ă  une simple domination de fait.
  • Tutelle impĂ©riale : La tutelle impĂ©riale correspond Ă  la prĂ©tention d’un empereur d’exercer une supĂ©rioritĂ© politique sur les rois, mĂȘme quand son contrĂŽle effectif est limitĂ©.
  • Tutelle pontificale : La tutelle pontificale est l’idĂ©e d’une supĂ©rioritĂ© de l’autoritĂ© religieuse sur le pouvoir temporel, pouvant peser sur la souverainetĂ© des rois.

Points essentiels

  • Le cours oppose une logique moderne centrĂ©e sur la volontĂ© humaine Ă  une logique classique oĂč la vie en sociĂ©tĂ© et le pouvoir sont vus comme naturels.
  • Dans la perspective classique, le juriste cherche des signes d’une harmonie naturelle et encadre ensuite cette rĂ©alitĂ© par des rĂšgles, ce qui explique le poids de la coutume et de l’histoire.
  • L’affirmation de l’indĂ©pendance du roi de France se construit d’abord contre les prĂ©tentions impĂ©riales, puis contre la papautĂ©.
  • La thĂšse impĂ©riale s’appuie sur une conception verticale du pouvoir, avec l’empereur comme source unique du droit public.
  • Les lĂ©gistes royaux formulent l’idĂ©e que le roi est empereur en son royaume, pour dĂ©fendre une souverainetĂ© de jure distincte de la papautĂ© et de l’empereur.
  • La papautĂ© renforce l’idĂ©e d’une supĂ©rioritĂ© spirituelle sur le temporel, ce qui nourrit les conflits entre pouvoirs politiques et religieux.

Astuce mémo

Divin = lĂ©gitimitĂ© religieuse ; Absolu = pouvoir concentrĂ© ; SouverainetĂ© de droit = lĂ©galitĂ©, pas seulement force ; contre tutelles : d’abord empereur, puis pape.

2. Chute de la monarchie absolue

Notions clés & Définitions

  • Potestas : Notion de pouvoir politique, oĂč la lĂ©gitimitĂ© vient d’une origine supĂ©rieure Ă  l’homme.
  • Distinction spirituel et temporel : Principe chrĂ©tien sĂ©parant le religieux et le politique, tout en imposant une collaboration.
  • Raison du pĂ©chĂ© : Doctrine liant la sanction religieuse Ă  la faute morale commise dans l’action politique.
  • Simonie : Pratique de trafic de dignitĂ©s ecclĂ©siastiques, qui compromet l’indĂ©pendance de l’Église.
  • Ration peccati : IdĂ©e selon laquelle le pouvoir spirituel peut intervenir dans le politique quand un pĂ©chĂ© est en jeu.

Points essentiels

  • Le christianisme fonde la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir sur son origine divine, ce qui limite aussi l’autoritĂ© politique en la rendant dĂ©pendante de Dieu.
  • La formule « rendez Ă  CĂ©sar
 » exprime une distinction sans sĂ©paration totale : les deux pouvoirs doivent collaborer, mais pas sur un pied d’égalitĂ©.
  • La supĂ©rioritĂ© du spirituel sur le temporel s’explique par la hiĂ©rarchie des fins (vie Ă©ternelle > prĂ©occupations terrestres) et par l’idĂ©e que le chef politique reste un homme soumis Ă  la morale ecclĂ©siale.
  • Le massacre de Thessalonique (390) sert de cas : Ambroise refuse l’accĂšs Ă  l’Église Ă  ThĂ©odose tant qu’il n’a pas fait pĂ©nitence, ce qui illustre l’excommunication comme sanction.
  • Ambroise distingue la sanction politique de la forme pĂ©cheresse : il condamne le massacre aveugle, pas la rĂ©pression en tant que telle.
  • La rĂ©forme grĂ©gorienne rĂ©pond Ă  la crise de l’Église depuis l’an 1000, liĂ©e Ă  la fĂ©odalisation qui affaiblit unitĂ© et indĂ©pendance, notamment via la simonie et le nicolaĂŻsme.

Astuce mémo

Origine divine = légitime mais limite ; spirituel > temporel ; sanction = forme pécheresse (raison du péché).

3. État royal au Moyen Âge

Notions clés & Définitions

  • PrivilĂšge du for : Le privilĂšge du for est une rĂšgle ecclĂ©siastique qui soustrait les clercs aux juridictions royales en les rattachant au pouvoir spirituel.
  • SouverainetĂ© pontificale : La souverainetĂ© pontificale dĂ©signe l’idĂ©e que le pape, en tant qu’autoritĂ© suprĂȘme instituĂ©e par Dieu, ne peut ĂȘtre jugĂ© par personne.
  • ManichĂ©ens : Les ManichĂ©ens sont des hĂ©rĂ©tiques citĂ©s comme exemple d’opposition Ă  l’unitĂ© chrĂ©tienne et Ă  la volontĂ© divine.
  • Antequam essent clerici : Antequam essent clerici est un manifeste invoquĂ© pour soutenir l’antĂ©rioritĂ© du pouvoir politique sur le sacerdoce.
  • Res publica : La res publica est un terme mĂ©diĂ©val empruntĂ© aux Romains pour dĂ©signer la puissance politique et la chose publique abstraite.

Points essentiels

  • Boniface VIII relie le pouvoir politique Ă  Dieu via l’Église, ce qui fonde la supĂ©rioritĂ© du spirituel sur le temporel.
  • Boniface VIII affirme que le pouvoir spirituel peut juger le pouvoir temporel et que l’Église peut juger toute la hiĂ©rarchie ecclĂ©siastique, justifiant le privilĂšge du for.
  • Avec le privilĂšge du for, un clerc ne peut pas ĂȘtre jugĂ© par un infĂ©rieur comme le roi, et seul le pape peut juger un Ă©vĂȘque.
  • Boniface VIII prĂ©sente le pape comme pouvant dĂ©vier, mais soutient qu’il ne peut ĂȘtre jugĂ© que par celui qui l’a instituĂ©, donc Dieu.
  • Les conseillers de Philippe le Bel justifient la sĂ©paration des pouvoirs par des citations du Nouveau Testament, notamment « Rendez Ă  CĂ©sar
 » en contexte fiscal.
  • Philippe le Bel et ses lĂ©gistes dĂ©fendent l’antĂ©rioritĂ© du politique sur le sacerdoce via Antequam essent clerici, mĂȘme si l’argument historique est jugĂ© faux dans le cours pour des raisons chronologiques de l’Église.

Astuce mémo

For = For ecclésiastique : le roi ne juge pas les clercs ; seul le pape (et Dieu pour le pape).

4. ApogĂ©e de l Église et rĂ©forme grĂ©gorienne

Notions clés & Définitions

  • Coutumes de Beauvaisis : Recueil coutumier mĂ©diĂ©val attribuĂ© Ă  PDB, qui formule notamment une idĂ©e de hiĂ©rarchie entre barons et roi.
  • SouverainetĂ© hiĂ©rarchisĂ©e : IdĂ©e mĂ©diĂ©vale selon laquelle plusieurs souverainetĂ©s peuvent coexister en niveaux, le roi dominant l’ensemble du royaume.
  • Potestas : Notion de pouvoir de droit en droit romain, opposĂ©e aux pouvoirs de fait dans la qualification juridique des autoritĂ©s.
  • Per venerabilem : DĂ©crĂ©tale d’Innocent III (1202) utilisĂ©e pour soutenir que le roi ne reconnaĂźt pas de supĂ©rieur temporel.
  • Crime de lĂšse-majestĂ© : Infraction romaine servant Ă  interdire l’insurrection contre le roi, en protĂ©geant la potestas royale assimilĂ©e Ă  l’impĂ©riale.

Points essentiels

  • PDB affirme que chaque baron est souverain dans sa baronnie, tout en ajoutant que le roi est souverain au-dessus de tous.
  • La formule de PDB distingue le gĂ©nĂ©ral (le royaume) du particulier (les seigneuries) et prĂ©sente le roi comme responsable du tout.
  • La conception mĂ©diĂ©vale d’une hiĂ©rarchie des souverainetĂ©s est ensuite abandonnĂ©e Ă  l’époque moderne.
  • Jean de Blanot pose trois questions sur la vassalitĂ© et l’aide due au seigneur, puis en dĂ©duit le rapport entre pouvoir royal et ordre fĂ©odal.
  • Blanot reprend la distinction potestas (pouvoir de droit) / pouvoir de fait, puis nuance en assimilant le pouvoir du roi de France Ă  la potestas impĂ©riale.
  • Pour justifier l’assimilation, Blanot s’appuie sur l’idĂ©e d’un royaume cohĂ©rent et indĂ©pendant, notamment via la dĂ©crĂ©tale Per venerabilem (1202).

Astuce mémo

Barons→parties, Roi→tout : PDB = « baron dans sa baronnie, roi au-dessus de tous ».

5. Allégorie des deux glaives et pouvoir

Notions clés & Définitions

  • AllĂ©gorie des lys : InterprĂ©tation symbolique des lys qui sert Ă  justifier l’exclusion des femmes du gouvernement du royaume.
  • Royaume en quenouille : Formule adage qui exprime l’idĂ©e que le royaume de France ne doit pas ĂȘtre transmis Ă  une femme.
  • PlĂ©nitude de puissance : Notion juridique qui renvoie Ă  l’idĂ©e que le dĂ©tenteur du pouvoir peut modifier le droit antĂ©rieur dans certaines conditions.
  • Certain savoir : Exigence de capacitĂ© et de conscience de dĂ©roger au droit existant lors de l’établissement d’une nouvelle norme.

Points essentiels

  • Au dĂ©but du XIVe siĂšcle, Philippe le Bel rĂ©affirme l’interdiction des guerres privĂ©es en invoquant le conseil, la plĂ©nitude de puissance et la certaine science.
  • La plĂ©nitude de puissance reprend un vocabulaire pontifical pour expliquer que le pape peut modifier la lĂ©gislation antĂ©rieure.
  • La certaine science exige que celui qui Ă©dicte sache qu’il dĂ©roge au droit existant, et que la dĂ©rogation soit faite en connaissance de cause.
  • Au XIVe siĂšcle, le critĂšre de modification de la coutume se dĂ©place : on passe d’une logique centrĂ©e sur le caractĂšre dĂ©raisonnable Ă  une logique centrĂ©e sur le fait de modifier.
  • Les lĂ©gistes de la fin du Moyen Âge ne dĂ©crivent pas le roi comme un lĂ©gislateur au sens moderne : l’action normative reste liĂ©e au raisonnable et au commun profit.
  • MĂȘme avec la plĂ©nitude de puissance, la loi doit ĂȘtre comprise comme le fruit d’un consensus (gouverner par conseil), pas comme une norme purement unilatĂ©rale.

Astuce mémo

Lys → quenouille : symbole religieux pour exclure les femmes ; Conseil + plĂ©nitude + science : capacitĂ© + conscience de dĂ©roger.

6. Justification savante de la souveraineté royale

Notions clés & Définitions

  • Loi salique : La loi salique est une rĂšgle des Francs Saliens relative Ă  la transmission des terres familiales, excluant l’hĂ©ritage fĂ©minin pour la terre.
  • Terra saliqua : Terra saliqua dĂ©signe la terre salique, c’est-Ă -dire le bien ancestral transmis selon des rĂšgles propres, notamment l’exclusion des femmes.
  • Regnum : Regnum est l’expression qui remplace terra saliqua pour prĂ©senter le royaume comme un objet soumis Ă  la mĂȘme logique que la terre salique.
  • IndisponibilitĂ© de la couronne : L’indisponibilitĂ© de la couronne est l’idĂ©e que le roi ne peut pas disposer de la couronne comme d’un bien privĂ©, car la succession obĂ©it Ă  des rĂšgles propres.
  • Succession quasi hĂ©rĂ©ditaire : La succession quasi hĂ©rĂ©ditaire est une succession qui ressemble Ă  une succession hĂ©rĂ©ditaire sans l’ĂȘtre rĂ©ellement, car la volontĂ© du roi n’en est pas la source.

Points essentiels

  • Jean de Vignay qualifie une coutume de « constitution » en la rattachant Ă  la loi salique, assimilant le royaume Ă  une terre transmissible selon des rĂšgles masculines.
  • La loi salique ne contient pas de disposition sur la succession royale : l’argument vise le titre des alleux et la rĂšgle sur la terre salique excluant l’hĂ©ritage fĂ©minin.
  • Robert Lescot (annĂ©es 1350) renforce l’argument en remplaçant l’expression terra saliqua par regnum, ce qui donne une portĂ©e plus directe au raisonnement.
  • Au XVe siĂšcle, Jean de Montreuil reprend l’idĂ©e en la reliant Ă  Pharamond, prĂ©sentĂ© comme recevant la loi salique de Dieu Ă  l’image de MoĂŻse.
  • La rĂ©fĂ©rence Ă  la loi salique reste marginale au XIVe siĂšcle, mais l’idĂ©e fausse connaĂźt ensuite un succĂšs durable : la rĂšgle de masculinitĂ© est couramment appelĂ©e « loi salique » tout en Ă©tant comprise comme coutumiĂšre.
  • Le traitĂ© de Troyes (1420) pose la question de savoir si un roi peut disposer du royaume comme d’un bien, ou si la couronne est indisponible par nature et par rĂšgles propres, ce qui exclut l’hĂ©ritier lĂ©gitime (le dauphin

Astuce mémo

Terre → Sexe viril : l’argument « loi salique » passe par la terre (terra) puis devient royaume (regnum) ; pour la couronne, c’est « pas un bien » donc indisponible.

7. Explication de la souveraineté par Beaumanoir

Notions clés & Définitions

  • Mandat impĂ©ratif du dĂ©putĂ© : Notion politique selon laquelle le dĂ©putĂ© Ă©lu est liĂ© par les pouvoirs reçus de ses Ă©lecteurs et peut ĂȘtre rĂ©voquĂ©.
  • Cahiers de dolĂ©ance : Documents de baillage qui consignent les attentes des Ă©lecteurs et servent de base au mandat du dĂ©putĂ©.
  • Conseil requis : Forme ancienne du conseil des États-GĂ©nĂ©raux oĂč le roi fixe Ă  l’avance les questions soumises Ă  dĂ©libĂ©ration.
  • Conseil spontanĂ© : Forme de conseil oĂč les membres des États-GĂ©nĂ©raux adressent au roi des remontrances aprĂšs les sessions.
  • CompĂ©tence d’aide : Attribution des États-GĂ©nĂ©raux consistant Ă  consentir Ă  des demandes d’argent du pouvoir royal via des levĂ©es d’impĂŽts.

Points essentiels

  • Le passage de la convocation personnelle Ă  l’élection conduit Ă  traiter les dĂ©putĂ©s comme titulaires d’un mandat impĂ©ratif au nom de leurs Ă©lecteurs.
  • Dans le mandat impĂ©ratif, le dĂ©putĂ© doit respecter les termes du mandat et peut ĂȘtre rĂ©voquĂ© par ses Ă©lecteurs.
  • Si une question non prĂ©vue surgit aux États-GĂ©nĂ©raux, le dĂ©putĂ© doit retourner vers ses Ă©lecteurs pour obtenir des consignes.
  • Les États-GĂ©nĂ©raux n’ont pas de compĂ©tence fixe de conseil : ils fonctionnent comme un cadre institutionnel dont la pratique varie selon les pĂ©riodes.
  • Dans le conseil requis, les dĂ©putĂ©s n’ont aucune initiative : ils ne dĂ©libĂšrent que sur les questions expressĂ©ment soumises par le roi.
  • L’avis rendu dans le conseil requis ne lie pas juridiquement le souverain, qui reste libre de suivre ou non les conseils des dĂ©putĂ©s.

Astuce mémo

Mandat = lié + révocable ; Conseil requis = questions imposées ; Conseil spontané = doléances au roi ; Aide = argent contre consentement.

8. Statut de la couronne et lois fondamentales

Notions clés & Définitions

  • États gĂ©nĂ©raux : Les États gĂ©nĂ©raux sont une assemblĂ©e du royaume dont l’autoritĂ© fiscale et, plus largement, politique a Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©e Ă  plusieurs reprises au XVIe siĂšcle.
  • PĂ©riodicitĂ© des États gĂ©nĂ©raux : La pĂ©riodicitĂ© des rĂ©unions des États gĂ©nĂ©raux est l’idĂ©e que leur convocation rĂ©guliĂšre conditionne tout partage durable de la souverainetĂ©.
  • Commission des dolĂ©ances : La commission des dolĂ©ances est un groupe créé pour discuter avec le roi des suites Ă  donner aux dolĂ©ances, puis revendiquĂ© comme base d’un pouvoir normatif.
  • Monarchie mixte : La monarchie mixte est un modĂšle visant un partage de l’autoritĂ© suprĂȘme entre le roi et une assemblĂ©e lĂ©gislative.
  • SouverainetĂ© : La souverainetĂ© est la puissance de la RĂ©publique, conçue comme commandement absolu, indivisible et perpĂ©tuel chez Jean Bodin.

Points essentiels

  • À la fin du XVe et au dĂ©but du XVIe, l’autoritĂ© royale perçoit des impĂŽts sans renouveler ceux votĂ©s par les États gĂ©nĂ©raux et lĂšve aussi de nouveaux impĂŽts sans consultation prĂ©alable.
  • Entre 1561, 1576 et 1588, les États gĂ©nĂ©raux rĂ©affirment leur compĂ©tence fiscale en accordant de l’argent Ă  la rĂ©gente, en refusant un impĂŽt nouveau, puis en s’opposant au pouvoir royal lors de la rĂ©union de Blois.
  • La tradition invoquĂ©e par les États gĂ©nĂ©raux affirme que seuls eux autorisent la levĂ©e d’un impĂŽt, et que cette autorisation doit ĂȘtre limitĂ©e dans le temps.
  • Le pouvoir normatif des États gĂ©nĂ©raux est recherchĂ© via une commission dont le projet constitutionnel vise Ă  donner force de loi aux textes adoptĂ©s avec l’accord unanime des trois ordres.
  • Le projet prĂ©voit que la loi adoptĂ©e par cette voie soit transmise aux parlements pour ĂȘtre appliquĂ©e sans opposition possible, ce qui suscite des rĂ©sistances du pouvoir royal, des parlements et du tiers-Ă©tat.
  • La souverainetĂ© chez Jean Bodin est une puissance absolue au sens de dĂ©liĂ©e, une puissance de commandement, indivisible, et perpĂ©tuelle tant que dure la RĂ©publique.

Astuce mémo

ImpĂŽts + temps + assemblĂ©e : sans pĂ©riodicitĂ© des États gĂ©nĂ©raux, pas de partage durable de la souverainetĂ©.

9. Masculinité et indisponibilité de la succession

Notions clés & Définitions

  • IndisponibilitĂ© de la succession : Principe successoral qui empĂȘche de modifier librement la dĂ©volution des biens aprĂšs le dĂ©cĂšs, afin de prĂ©server l’ordre familial et patrimonial.
  • MasculinitĂ© successorale : RĂšgle de dĂ©volution qui privilĂ©gie la ligne ou les hĂ©ritiers masculins, ce qui influence la rĂ©partition du patrimoine entre les descendants.
  • Succession nobiliaire : Transmission des biens et droits d’une famille noble, souvent encadrĂ©e par des rĂšgles coutumiĂšres visant Ă  maintenir l’intĂ©gritĂ© du patrimoine.
  • Coutume successorale : RĂšgle locale de droit privĂ© qui fixe les modalitĂ©s de la succession et peut imposer des contraintes comme la masculinitĂ© ou l’indisponibilitĂ©.

Points essentiels

  • La section fournie ne contient pas de contenu explicite sur la masculinitĂ© ni sur l’indisponibilitĂ© de la succession, donc aucun mĂ©canisme, rĂšgle ou exception ne peut ĂȘtre extrait fidĂšlement.
  • Le texte traite surtout de souverainetĂ©, de loi et d’ordonnances royales, sans articuler ces notions avec le droit successoral.
  • Pour Ă©viter d’inventer, je ne peux pas relier ces concepts Ă  des rĂšgles, dates, auteurs ou exemples prĂ©sents dans la source fournie.

10. Diffusion de la théorie du droit divin

Notions clés & Définitions

  • LĂ©gislateur timide : Le roi est prĂ©sentĂ© comme intervenant peu dans le droit privĂ©, laissant surtout la coutume rĂ©gir ce domaine.
  • Justice royale : La souverainetĂ© royale est d’abord justifiĂ©e par le devoir de rendre la justice, mĂȘme quand le roi lĂ©gifĂšre.
  • Unification du droit : Les ordonnances royales visent Ă  harmoniser certaines branches du droit existantes plutĂŽt qu’à crĂ©er un ordre entiĂšrement nouveau.
  • Monarchie mixte : La monarchie est dite « mixte » quand le parlement revendique un pouvoir issu de la Constitution initiale, donc indĂ©pendant du roi.
  • Lois fixes et stables : Des lois « fixes et stables » sont invoquĂ©es comme normes supĂ©rieures au pouvoir royal, rapprochant la monarchie du modĂšle anglais.

Points essentiels

  • Le roi n’a jamais eu une rĂ©partition stricte des compĂ©tences : il pouvait intervenir en droit privĂ© (coutumes, fiscalitĂ©, procĂ©dure, bonne justice).
  • Jusqu’à la fin de l’Ancien RĂ©gime, la coutume reste le « domaine naturel » du droit privĂ©, ce qui fait apparaĂźtre le roi comme un lĂ©gislateur prudent.
  • Au XVIIIe siĂšcle, la loi est pensĂ©e comme un instrument de justice : le roi agit par ordonnances pour limiter les effets de l’instabilitĂ© jurisprudentielle et des coutumes.
  • Les ordonnances de Louis XV affichent une finalitĂ© prĂ©ventive et stabilisatrice : elles visent Ă  prĂ©venir les procĂšs et Ă  rĂ©duire l’incertitude de la jurisprudence.
  • La lĂ©gislation royale ne cherche pas une uniformisation totale : elle part du droit existant et procĂšde par enquĂȘtes, sans « table rase » du passĂ©.
  • La souverainetĂ© royale reste affirmĂ©e malgrĂ© les limites : le roi sort victorieux jusqu’à la fin du XVIIIe siĂšcle face aux menaces ponctuelles et aux parlements revendiquant un partage de souverainetĂ©.

Astuce mémo

Justice d’abord : « loi = pacifier les procĂšs » (prĂ©venir, stabiliser, unifier sans effacer le passĂ©).

11. Prétentions politiques des parlementaires

Notions clés & Définitions

  • Parlements corps intermĂ©diaires : Les parlements sont prĂ©sentĂ©s comme des corps situĂ©s entre l’État et les individus, jouant un rĂŽle politique et institutionnel.
  • Surprise des actes royaux : La vĂ©rification des actes du souverain est justifiĂ©e par l’idĂ©e qu’ils peuvent contenir des « surprises » contraires Ă  l’ordre attendu.
  • Parlements gardiens des lois : Les parlements sont dĂ©crits comme dĂ©positaires des lois, chargĂ©s d’en conserver la substance et d’en rappeler le contenu.
  • ThĂ©orie des classes : La thĂ©orie affirme qu’il n’existe qu’un seul Parlement, divisĂ© en plusieurs classes pour des raisons pratiques, mais solidaire.
  • Contrat social : Le contrat social est mobilisĂ© pour lier roi et Nation, en faisant de la lĂ©gislation l’expression d’une justice contrĂŽlable.

Points essentiels

  • Les parlementaires soutiennent que le Parlement apprĂ©cie la conformitĂ© des actes du souverain Ă  un ordre juridique transcendant.
  • Ils partent de deux idĂ©es admises par la monarchie : les parlements comme corps intermĂ©diaires et leur mission de dĂ©celer des surprises faites au roi.
  • L’inspiration attribuĂ©e Ă  Montesquieu prĂ©sente les parlements comme chargĂ©s d’annoncer les lois et de les rappeler quand on les oublie.
  • La logique du « dĂ©pĂŽt » conduit Ă  l’idĂ©e que les parlements doivent conserver la substance des lois et veiller Ă  l’ordre juridique.
  • Les parlementaires Ă©tendent la vĂ©rification Ă  tous les actes du roi, avec ou sans requĂȘte, car une surprise peut exister dans les deux cas.
  • Ils thĂ©orisent un rapport nouveau entre roi et Nation en gommant la subordination implicite des « sujets » au profit d’une Ă©galitĂ© contractuelle entre deux entitĂ©s distinctes.

Astuce mémo

Corps intermĂ©diaires + surprise → Parlement gardien : il contrĂŽle tout, mĂȘme sans requĂȘte.

12. Réformes de Brienne et crise parlementaire

Notions clés & Définitions

  • RĂ©forme de Maupeou : La rĂ©forme de Maupeou dĂ©signe la mesure de rĂ©organisation judiciaire voulue par le pouvoir royal, ensuite annulĂ©e par Louis XVI au dĂ©but de son rĂšgne.
  • Lit de justice : Le lit de justice est une procĂ©dure royale qui impose l’enregistrement d’actes par le parlement, mĂȘme en cas d’opposition.
  • AssemblĂ©e de notables : L’assemblĂ©e de notables est une instance convoquĂ©e par le roi, composĂ©e de membres dĂ©signĂ©s, utilisĂ©e pour obtenir l’acceptation de rĂ©formes sans passer par les États gĂ©nĂ©raux.
  • RĂ©forme de Brienne : La rĂ©forme de Brienne est un programme de rĂ©formes administrative et fiscale visant Ă  sortir la monarchie de la crise financiĂšre tout en maintenant une organisation par ordres.
  • Cour plĂ©niĂšre : La cour plĂ©niĂšre est une instance imaginĂ©e par Lamoignon pour transfĂ©rer le contrĂŽle des ordonnances et limiter l’opposition des parlements.

Points essentiels

  • Au dĂ©but du rĂšgne de Louis XVI (1774), le roi rĂ©tablit les prĂ©rogatives traditionnelles en abolissant la rĂ©forme de Maupeou, ce que les parlements interprĂštent comme une faiblesse royale.
  • Les projets de Turgot (1774-1776) sont bloquĂ©s par les parlements, puis Turgot est renvoyĂ© en mai 1776, ce qui renforce l’idĂ©e d’une faiblesse du pouvoir royal.
  • La crise financiĂšre de la fin du XVIIIe siĂšcle est liĂ©e notamment aux dĂ©penses de la guerre d’indĂ©pendance amĂ©ricaine et Ă  la politique d’emprunts de Necker.
  • Necker refuse d’augmenter ou de crĂ©er des impĂŽts nouveaux et finance les dĂ©penses par emprunts, ce qui alimente un engrenage d’intĂ©rĂȘts et conduit Ă  des conflits avec le parlement de Paris.
  • Calonne reprend l’idĂ©e d’une rĂ©forme fiscale et administrative plus large, supprime la corvĂ©e des routes et crĂ©e une subvention territoriale, puis cherche l’aval via une assemblĂ©e de notables.
  • L’assemblĂ©e de notables s’oppose aux rĂ©formes jugĂ©es contraires Ă  la libertĂ©, et Brienne est appelĂ© aprĂšs le renvoi de Calonne (1787).

Astuce mémo

Maupeou→RĂ©tabli, Turgot→Renvoi, Brienne→Lit de justice, Lamoignon→Cour plĂ©niĂšre.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
2 fĂ©vrier 962couronnement d’Otton Ier (jour de la Chandeleur)
1202décrétale Per venerabilem (Innocent III)
390massacre de Thessalonique ; Ambroise refuse l’accĂšs Ă  l’Église Ă  ThĂ©odose tant qu’il n’a pas fait pĂ©nitence
24 février 1296bulle Clerisis laicos (Boniface VIII)
13 avril 1302convocation d’une assemblĂ©e (prĂ©figuration des États gĂ©nĂ©raux) par Philippe le Bel
7 septembre 1303Nogaret pĂ©nĂštre dans le chĂąteau d’Anagni
9 septembre 1303retour du pape Ă  Rome sous escorte aprĂšs la rĂ©bellion d’Anagni
13 octobre 1303mort de Boniface VIII
1311Clément V lÚve les condamnations contre le roi de France et ses conseillers
1316mort de Louis X le Hutin sans fils ; Jeanne de Navarre évincée

Tableaux de synthĂšse

Rapports spirituel/temporal et sanctions

NotionsIdée centraleConséquence
Rendez à César
distinction sans séparation totalecollaboration inégalitaire des pouvoirs
Ration peccatisanction religieuse liĂ©e Ă  la faute morale dans l’action politiquel’Église peut sanctionner la forme pĂ©cheresse (ex. Thessalonique)
Réforme grégorienneréaffirmer supériorité du spirituel sur le temporellutte contre simonie et nicolaïsme

Conseil aux États gĂ©nĂ©raux : requis vs spontanĂ©

FormeInitiativeEffet sur le souverain
Conseil requisquestions fixĂ©es Ă  l’avance par le roiavis non juridiquement contraignant
Conseil spontanéremontrances aprÚs les sessionsdoléances adressées au roi (cadre variable)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « distinction » et « sĂ©paration » : le cours insiste sur « rendez Ă  CĂ©sar
 » comme collaboration, pas Ă©galitĂ© ni sĂ©paration totale.
  2. Croire que la sanction religieuse vise l’acte politique en tant que tel : Ambroise condamne la « forme pĂ©cheresse » (ration peccati), pas toute rĂ©pression.
  3. Assimiler la souverainetĂ© mĂ©diĂ©vale Ă  une lĂ©gislation moderne : au Moyen Âge, l’action normative reste liĂ©e au raisonnable et au commun profit, mĂȘme avec la plĂ©nitude de puissance.
  4. Penser que le privilĂšge du for supprime toute justice royale : il soustrait les clercs aux juridictions royales, mais le roi conserve une justice suprĂȘme et des mĂ©canismes de contrĂŽle.
  5. Interpréter « absolutisme » comme synonyme de tyrannie : le cours distingue puissance déliée (absolue) et orientation vers le bien propre (tyrannie).
  6. Croire que les parlements « font la loi » : ils vĂ©rifient/enregistrent et conseillent, mais la loi reste l’expression de la souverainetĂ© royale (avec enjeux de pouvoir).
  7. Confondre lois fondamentales et constitution moderne : le cours parle de « constitution coutumiÚre » et insiste sur le caractÚre coutumier et modifiable des rÚgles.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’institution selon le cours (crĂ©ation humaine vs naturel) et expliquer pourquoi la philosophie classique ne retient pas le mĂȘme critĂšre que la dĂ©finition moderne.
  2. Expliquer comment les rois de France affirment l’indĂ©pendance : rejet de la tutelle impĂ©riale puis rejet de la tutelle pontificale (Innocent III, lĂ©gistes royaux).
  3. Présenter la conception chrétienne du pouvoir : origine divine, distinction spirituel/temporal, collaboration inégalitaire, et la doctrine de la ratione peccati (Thessalonique).
  4. Expliquer la rĂ©forme grĂ©gorienne (depuis l’an 1000) : crise de l’unitĂ©/indĂ©pendance, simonie, nicolaĂŻsme, et rĂ©affirmation de la supĂ©rioritĂ© du spirituel.
  5. Rappeler l’allĂ©gorie des deux glaives (Bernard de Clairvaux) et la logique de dĂ©lĂ©gation du glaive temporel « pour l’Église ».
  6. Exposer la justification savante de la souverainetĂ© royale : PDB (« chaque baron
 roi au-dessus de tous ») puis Jean de Blanot (potestas, assimilation Ă  la potestas impĂ©riale, crime de lĂšse-majestĂ©).
  7. DĂ©crire l’expression de la souverainetĂ© par la justice : organisation des justices (seigneuriale/ecclĂ©siastique/royale) et moyens de subordination (appel, prĂ©vention, cas royaux, appel comme d’abus).
  8. Expliquer la naissance du roi législateur : lien justice/loi, conditions de législation chez Beaumanoir (commun profit, raisonnable cause, trÚs grand conseil) puis évolution XIVe-XVe (plénitude de puissance, certaine/« l

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1. Que désigne le droit divin dans la monarchie absolue ?

2. Quelle caractéristique définit le mieux la monarchie absolue ?

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Droit divin — dĂ©finition ?

Légitimité du pouvoir par Dieu.

Monarchie absolue — rîle ?

Pouvoir concentré sans limite politique.

SouverainetĂ© de droit — principe ?

Autorité légitime, reconnue par la loi.

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